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	<title>Live Aveyron</title>
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	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
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	<title>Live Aveyron</title>
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	<item>
		<title>Nicole PUECH, le combat contre le cancer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Oct 2021 01:34:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Aveyron Cancer]]></category>
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					<description><![CDATA[Après avoir été frappée par la maladie, Nicole Puech s’est impliquée pour la Ligue contre le Cancer, et depuis sept ans, elle se mobilise pour le projet de la Belle de Millau, qui a réuni plus de 2000 participants en 2019, sa dernière édition. La marche-course programmée le dimanche 24 octobre se prépare activement pour la 7ème année. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">Nicole PUECH, le combat contre le cancer</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Ni<span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">cole Puech compte parmi les chevilles ouvrières de la lutte contre le cancer en Aveyron. Après avoir été frappée par la maladie, la</span> Mi<span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">llavoise s’est impliquée pour la Ligue contre le Cancer, et depuis sept ans, elle se mobilise pour le projet de la Belle de Millau, qui a réuni plus de 2000 participants en 2019, sa dernière édition. La marche-course programmée le dimanche 24 octobre se prépare activement pour la 7<sup>ème</sup> année.</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8482" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <strong>Odile Baudrier </strong>: <em>Pour la 7<sup>ème</sup> année, tu es impliquée dans le projet de la « Belle de Millau », dans le cadre d’Octobre Rose, qui mobilise beaucoup de monde, avec également de nombreuses animations mises en place chaque samedi au cœur de Millau. Cette édition 2021 suscite visiblement beaucoup d’enthousiasme ?</em></p>



<p>. <strong>Nicole Puech</strong> : Oui, je suis agréablement surprise de voir l’enthousiasme des gens qui viennent s’inscrire. Depuis deux ans, ça leur manquait.</p>



<p>. <em>C’est aussi la preuve que la vie redevient normale.</em></p>



<p>. Tout à fait. Et une chose importante aussi est qu’on leur demande s’ils ont le pass sanitaire, et pratiquement tout le monde l’a. Seulement deux personnes ont indiqué qu’elles ne l’avaient pas.</p>



<p>. <em>Tu as commencé à t’impliquer dans ce projet il y a 7 ans, il s’est intégré dans Octobre Rose, une opération nationale qui est montée en charge depuis 4 ou 5 ans. Comment accueilles tu cet enthousiasme ?</em></p>



<p>. Déjà que je suis très enthousiaste, je suis vraiment ravie. Et je me repète, c’est grâce aux Templiers et à Kévin (Bertrand) qu’on a pu avoir cette belle manifestation. Nous, tous seuls, à Sud Aveyron Cancer, on aurait été incapables de mener cette opération. A l’origine, Sud Aveyron Cancer menait des quines, des ventes aux marchés, recevait des dons. Nous avons environ 250 adhérents, qui ramènent 2500 euros de recettes. Mais grâce à la Belle, nos dons pour la recherche ont beaucoup augmenté.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-3-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-8481" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <em>Comment avait été créée l’association Sud Aveyron Cancer ?</em></p>



<p>. Cela fait 14 ans, en 2007, qu’elle a été créée. Suite à ma maladie, un cancer du sein. J’ai été contactée par des gens de la Ligue contre le Cancer de Rodez pour représenter la Ligue sur Millau. Nous avons créé une association distincte, qui fait partie intégrante du Comité Départemental.</p>



<p>. <em>Qu’est ce qui a motivé qu’après cette maladie, tu aies voulu t’impliquer aux côtés des malades, de la recherche. Pourquoi vouloir aller plus loin que la plupart des malades, qui, finalement tournent la page et reprennent leur vie normale ?</em></p>



<p>. Il se trouve que trois ans après moi, j’ai aussi vécu la maladie d’une personne très proche de ma famille. Ma motivation a été multipliée, je ne peux pas dire par combien ! En plus, c’était une gamine qui avait 16 ans. Je l’ai accompagnée pendant une semaine dans un service en pédiatrie à l’hôpital. J’ai vu tellement d’enfants malades pendant une semaine que c’était impossible, une fois revenue à Millau, de m’arrêter là, de ne pas continuer cette aventure.</p>



<p>. <em>Cela t’a donné une motivation supérieure</em></p>



<p>. Oui, quand on l’a vécu vraiment, c’est vraiment différent que de simplement cotoyer les malades.</p>



<p>. <em>Le cancer marque aussi souvent un changement radical de la vie, un stop aux projets.</em></p>



<p>. Moi, j’avais 64 ans, je ne travaillais plus, je n’avais plus de projets de travail. Mais une gamine de 16 ans, ça change tout. Au point de vue projet scolaire, la personne est déboussolée. Elle est désemparée et se cherche pendant un moment.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8483" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <em>Tu as voulu t’impliquer dans cette lutte qui oblige à beaucoup de contacts avec des malades. N’est-ce pas parfois difficile d’être constamment plongée dans la maladie ?</em></p>



<p>. Non, pas du tout. Parce que je l’ai tellement vécu. Quand on l’a vécu, on ne peut pas ne pas s’intéresser aux autres.</p>



<p><em>. Pourtant beaucoup d’anciens malades ne s’y intéressent pas.</em></p>



<p>. Oui. C’est vrai aussi que certains ont envie d’en parler et d’autres non. On respecte.</p>



<p><em>. Tu es souvent une bouée de secours pour les malades ?</em></p>



<p>. Oui, beaucoup de téléphone. Beaucoup de rencontres. Mais c’est très intéressant et enrichissant.</p>



<p><em>. On recherche tes conseils ?</em></p>



<p>. Des conseils, je n’ai pas le droit d’en donner. C’est du domaine du médical. Chacun a sa façon d’être soigné. Moi, ce que j’amène, c’est de la joie, de la gaieté et l’envie de se battre. Toujours positif, jamais négatif.</p>



<p><em>. Cette aventure t’a aussi amenée à côtoyer des médecins, des chercheurs. Quelles sont les rencontres que tu as pu faire en 14 ans ?</em></p>



<p>. J’ai été marquée par ce premier samedi de décembre où l’on rencontre à Rodez ces chercheurs d’une simplicité incroyable. Ils sont là pour recevoir leur allocation de recherche, certains ont les larmes aux yeux. Ils sont tellement heureux de recevoir ces allocations. Il faut rappeler que la Ligue est le premier financeur privé de la recherche en France. Et les chercheurs disent bien que s’ils n’avaient pas les aides de la Ligue et des autres associations, ils ne savent pas trop où ils en seraient.</p>



<p><em>. Ensuite, as-tu eu l’occasion d’avoir des retours sur les études faites grâce à cet argent donné par le Comité de l’Aveyron ?</em></p>



<p>. Quand ils reviennent, ils nous expliquent ce qu’ils ont fait pendant l’année.</p>



<p><em>. Parfois, n’y a-t-il pas du découragement de voir qu’il y a beaucoup de chercheurs, de mobilisation, mais que malgré tout, la maladie ne diminue pas, voire augmente. Comment l’appréhendes-tu ?</em></p>



<p>. La maladie augmente, mais les traitements sont devenus de plus en plus pointus. Beaucoup de cancers se guérissent maintenant. Le cancer du sein, grâce à un dépistage. Un cancer dépisté, cela donne 90% de guérison. Le souci actuellement est le cancer du pancréas, qui guérit difficilement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8484" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p><em>Justement, durant les confinements et cette crise du COVID, la prévention a beaucoup souffert.</em></p>



<p>Oui, le président de la Ligue a écrit à tous les adhérents, pour informer qu’il y avait de gros soucis. Et qu’il y a aussi des médicaments qui ont manqué. La Ligue s’en préoccupe.</p>



<p><em>Avant de t’engager dans Sud Aveyron Cancer, tu étais une commerçante à Millau. Avais-tu déjà eu des engagements associatifs&nbsp;?</em></p>



<p>Je m’occupe depuis de très longues années de l’association des Amis de l’Hôpital. Je suis trésorière depuis une douzaine d’années. L’association intervient financièrement ou physiquement dans les maisons de retraite, pour des animations auprès des pensionnaires, chorale, quines, peinture… Mais cela fait deux ans que c’est un peu à l’arrêt.</p>



<p><em>Comment t’es-tu intéressée à cette association&nbsp;?</em></p>



<p>Je ne peux pas rester sans rien faire. Il me faut le contact avec les gens. Quand je me suis arrêtée de travailler, il fallait que je trouve quelque chose à faire. Je dois dire aussi puisqu’on parle de l’hôpital, que l’association Sud Aveyron Cancer paie une esthéticienne pour épauler les malades du service oncologie. Cela fonctionne très bien. La semaine dernière, elle a reçu 22 personnes. Et la Ligue paie aussi une sophrologue pour aider aux soins, que la perfusion se passe mieux.</p>



<p><em>Toi-même, tu as bénéficié de soins de ce type&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, j’ai été opérée à Montpellier, et j’ai effectué mon protocole de soins à Rodez, où j’ai pu bénéficier d’une sophrologue. De tels soins sont importants pour les malades. La perfusion passe mieux quand on s’occupe d’eux. Et l’esthéticienne apporte du confort.</p>



<p><em>Tout le mois d’octobre, on te retrouve au Chalet de la Belle de Millau tous les après-midis pour recevoir les inscriptions. Est-ce de bons moments&nbsp;?</em> Oui, on voit plein de gens différents. Des malades, d’anciens malades. Un monsieur âgé du quartier vient souvent bavarder. Il y a aussi des animations tous les samedis, des majorettes, un danseur brésilien… C’est enthousiasmant de voir tous ces jeunes s’impliquer dans cette lutte&nbsp;!</p>



<p>Interview Odile Baudrier </p>



<p>Photos : Gilles Bertrand</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Hervé Seitz, la biologie sans bornes, la course cent bornes</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/23/herve-seitz-la-biologie-sans-bornes-la-course-cent-bornes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Sep 2021 15:03:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[100 km de Millau]]></category>
		<category><![CDATA[CNRS]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Seitz]]></category>
		<category><![CDATA[micro-ARN]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 25 septembre 2021, Hervé Seitz aurait été au départ des 100 km de Millau pour la 12ème fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong><br /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8463" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #a6690d;"><strong>HERVE S</strong><strong>EITZ, LA BIOLOGIE SANS BORNES, LA COURSE CENT BORNES</strong></span></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #c47b0c;"><strong>Le samedi 25 septembre 2021, Hervé Seitz se serait présenté au départ des 100 km de Millau pour la 12<sup>ème</sup> fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 2 secondes places et 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant dès le 26 mars les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.</strong></span></p>
<p> </p>
<p>Habituellement, le trajet Millau &#8211; Montpellier ne dure que 1h15. En ce mardi matin, il était donné pour 1h 45. Et pour une fois, je n&#8217;allais pas râler et trépigner, les mains crispées sur le volant sur ces inévitables bouchons asphyxiant les abords de Juvignac.</p>
<p>Cela me laisserait le temps de réviser cette petite fiche de bristol à portée de mains, collée sur l’écran de la radio, un œil sur la route, parfois le regard porté loin sur le St-Guiral se découpant dans la brume.</p>
<p>De ma plus belle écriture j&#8217;avais noté la définition du génome, de l&#8217;ARN, de la micro ARN, de l’acide nucléique…Les raisons d’un tel bachotage express, version la génétique pour les nuls, j&#8217;avais rendez-vous avec Hervé Seitz, biologiste émérite, chercheur spécialiste sur la micro-ARN et chef de laboratoire au CNRS de Montpellier mais pas que, également coureur de 100 kilomètres, connu dans la sphère ultra pour avoir remporté à quatre reprises l’épreuve iconique millavoise.  </p>
<p>Je l&#8217;avoue, même avec la meilleure volonté du monde, en me garant aux portes de la guérite marquant l&#8217;entrée de ce Centre National de Recherche Scientifique, je nageais encore en eaux troubles dans ces structures tridimensionnelles et le « plasma » de l&#8217;infiniment petit, grand ordonnancier et gouverneur du monde vivant.  J&#8217;ai présenté mon pass sanitaire, le QR code validant mon autorisation à pénétrer dans ces lieux sensibles et mon passeport, la barrière s&#8217;est levée, je suis rentré.</p>
<p>J’ai poussé la porte de l’entrée principale, j’ai descendu quelques marches, j’ai suivi les flèches « HERVE SEITZ, impact systémique des petits ARN régulateurs ».  Je n’ai pas eu de mal à trouver la pièce 506, à droite, d’un long couloir sombre. Sur la porte d’entrée, deux blouses blanches pendues, scotchée, l’annonce d’une conférence programmée symboliquement le 11 septembre, date anniversaire de l’attentat des Twin Towers à New York  « Epidémies, catastrophes, peurs, le terreau des sectes et des charlatans de la santé » et puis cette Une du Journal de Millau reconstituée « Hervé Seitz la déchéance ».</p>
<p>J’étais en avance, j’ai attendu en lisant sur un panneau d’affichage des bouts de BD découpés et punaisés. Sur l’une d’entre elles, Dieu se grattant la tête, un ange battant des ailes l’interpellant « ils ont découvert le génome humain », Dieu très perplexe de répondre « salops de hackers, il va falloir que je change le mot de passe ».</p>
<p>Hervé Seitz est arrivé, cinq minutes de retard, ce n’est rien. Il s’est excusé en garant dans la partie labo son demi-course au cadre rouge, marque Véran, nom de notre ministre de la santé…ça ne s’invente pas, comme un clin d’œil appuyé. Cheveux bouclés en bataille, barbe de deux jours, short long jusqu’aux genoux, jambes bronzées et musclées, tee-shirt des 100 km de Millau sur les épaules, pas vraiment le plus sexy, mais ce n’est plus à démontrer, au diable les convenances, l’habit ne fait pas le coureur, ni le chercheur, ni le patron d’un labo au CNRS, ni le pourfendeur des fraudeurs sur Youtube en pleine crise Covid, ni l’ancienne grosse tête de l’Ecole Normale Supérieure. Il raconte ce souvenir « l’ENS, j’y suis rentré en 1997. Ce fut l’un des évènements les plus heureux de ma vie. Là, j’ai les yeux qui se mouillent rien que d‘en parler. C’est un endroit, tu as moitié de scientifiques et l’autre moitié des littéraires dans chaque promotion. C’est l’endroit qui te sélectionne et qui met ensemble tous les asociaux, tous les intellos à lunettes comme j’avais l’impression d’avoir été ».</p>
<p>« On visite ? », pas d’entrée en matière, un franc-parler bien marqué avec un sourire de gamin juvénile sur les lèvres pour ce jeune quadra au verbe facile, au débit chute du Niagara. A la seconde porte ouverte sur une réserve de pipettes et d’éprouvettes, je savais déjà tout sur les difficultés à trouver des financements « là, je viens de trouver 500 000 euros sur 4 ans auprès de l’ANR », embrayant direct sur la mise en commun des équipements, le chercheur d’expliquer « On ne travaille plus comme les érudits du 17<sup>ème</sup> siècle, où chacun dans son château fait ses observations astronomiques avec son propre télescope. Là, on peut avoir un super télescope que tu partages. Pour notre science qui est une science expérimentale, l’important, ce sont les échanges humains. Tes collègues peuvent avoir une idée que toi tu n’as jamais eu même s’il s’agit de ton sujet de recherche depuis des années. Ils peuvent poser la question que tu ne t’es jamais posée et vice-versa. C’est de la confrontation des cerveaux que naît parfois la vérité ».</p>
<p>Puis, nous sommes allés saluer Sophie, au fond d’un petit bureau, le nez sur son écran à rédiger sa thèse. Bientôt, elle volera de ses propres ailes comme le jeune Hervé lorsqu’il s’envole pour les Etats Unis, quatre ans durant, avant d’être recruté par le CNRS pour monter son propre laboratoire.</p>
<p>Nous étions dans le couloir adjacent, un « éméritat » de passer à nos côtés, Hervé Seitz m’expliquant à brûle-pourpoint, qui sont ces chercheurs retraités autorisés à hanter les labos du CNRS. En deux couloirs et trois portes ouvertes, j’étais déjà bombardé d’informations, j’ai levé le nez de mon cahier noirci d’une écriture hiéroglyphe que j’étais bien incapable de relire. J’ai osé « Hervé, je pense que nous allons nous assoir pour mener l’entretien car, là, c’est comme si je devais te suivre sur 100 km. Je ne tiens pas le rythme ». Nous avons quitté le bâtiment, nous nous sommes assis près du parking, face à face, chacun les deux coudes sur une table en bois. Yeux dans les yeux, j’étais enfin à armes égales pour suivre la pensée vive de ce chercheur à la fois émotif mais explicite, un brin libertaire m’embarquant sur cette grande scène imaginaire où un chef d’orchestre à la baguette allume et éteint des gènes dans tout le génome comme on appuie bêtement sur un interrupteur pour ne pas descendre les escaliers dans le noir.</p>
<p>Un petit vent frissonnant s’invitait dans notre conversation. Je souhaitais revenir à ce 26 mars 2020, lorsque Hervé Seitz sortait de sa coquille, tel le bernard-l’hermite, pour croquer à vif le professeur Raoult. L’entretien pouvait débuter.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8461" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg" alt="" width="2048" height="1352" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1024x676.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1536x1014.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p><strong>. G.B. : En mars 2020, en pleine crise Covid, le biologiste que tu es, se fait connaître en rentrant dans le débat public en intervenant sur la plate-forme Youtube pour dénoncer ce que tu estimais être une fraude commise dans une étude menée par le professeur Raoult. Etait-ce un besoin de rétablir la vérité ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Là, la course à pied a joué un rôle très actif dans ce processus. Car mes collègues coureurs non seulement m’ont posé des questions mais surtout, ils n’ont pas voulu entendre les réponses. Nous sommes au début du premier confinement, dans un état de sidération et arrive un héros qui annonce « cette maladie respiratoire, c’est la plus facile du monde à soigner ». Ce héros, c’est le docteur Raoult, le professeur Raoult qui acquière très rapidement le titre de héros national et mondial en disant « on va vous soigner, on va vous sauver ».</p>
<p>Il se trouve que je suis toujours en contact avec des copains de Normale Sup. Un jour, nous discutions de l’actualité et on en vient à parler de cela et un de mes copains, chimiste, me dit « moi, mon petit frère qui est biologiste a fait son stage dans ce labo-là. Ce gars-là, c’est un tyran qui a son idée arrêtée sur ce que doit être le résultat. Et pour être étudiant dans son labo, tu as intérêt à avoir le résultat que le chef attend ». Et ça, c’est la porte ouverte à toutes les fraudes. C’est souvent comme cela que se passent les fraudes scientifiques et c’est plus fréquent que ce que le grand public peut penser. Et là où c’est très insidieux, c’est quand le chef a son idée de ce que doit être le résultat alors que c’est l’étudiant qui fait l’expérience. Et si la fraude est découverte, qui est coupable ? C’est l’étudiant qui prend les coups et qui est vite dégagé avec pertes et fracas, sa carrière scientifique terminée et le chef qui dit « j’ai été abusé par cet étudiant ». C’est un comportement très dangereux.</p>
<p><strong>G.B. : On sent que la curiosité du scientifique est piquée à vif. Ce qui explique sans doute ce désir d’en savoir plus sur les études réalisées dans le laboratoire du professeur Raoult ?</strong></p>
<p><strong>. H. S. :</strong> J’ai donc lu l’article en utilisant mon expertise en biologie. C’était de la médecine et des données statistiques, du jargon que je comprenais. Et là, je m’aperçois, mais je n’étais pas le premier à le signaler qu’il y avait une fraude statistique. Ils avaient exclu de leurs statistiques les patients traités à l’hydroxychloroquine pour qui cela c’était mal terminé. Alors évidemment, si tu élimines les décès de la cohorte et que tu gardes uniquement ceux pour qui cela se passe bien et qu’ensuite tu fais tes statistiques en concluant « regardez, ça s’est bien passé », mais c’est malhonnête. Et cela se voit dans l’article. Mais au moins il faut leur reconnaître qu’ils ont eu dans leur malhonnêteté, l’honnêteté de mettre les vraies données mais si tu sais lire la science, les données, tu te rends compte qu’ils avaient menti dans leurs analyses statistiques et dans leurs conclusions.</p>
<p><strong>. G.B. : Comment naît alors le besoin de communiquer pour dénoncer ce que tu estimes être une fraude ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Mon seul accès au grand public était Facebook. Je poste donc un message pour expliquer que le traitement du Professeur Raoult ne marche pas et qu’il ne va pas vous sauver. De plus, c’est un traitement qui n’est pas anodin donc prudence. Sur ma page, j’ai des amis scientifiques et des amis coureurs pour mon environnement loisir. Les scientifiques ont tous été plus ou moins d’accord avec moi, il n’y a pas eu trop de discussions. Mais chez les coureurs à pied, c’est l’autre moitié de ma vie, j’entendais « tu as tort de dire cela. Oui, ils n’ont pas fait cela dans les règles de l’art mais ils n’ont pas eu le temps. Ils n’ont pas fait comme vous les scientifiques vous l’entendez mais là c’est la médecine de guerre, c’est l’urgence et ils sauvent des vies, donc fermez votre gueule ». C’était l’état d’esprit de l’époque</p>
<p><strong>. G.B. : Comment as-tu répondu pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je me souviens avoir engagé une discussion avec un bon copain qui est Ludovic Dilmi. Il a eu un rôle moteur dans cette histoire. Il m’a battu aux 100 km de Millau en 2013 et je l’ai battu à mon tour aux 100 km de Belvès en 2016. Le mercredi 25 mars, je me couche en me disant, ça m’embête, Ludo c’est un copain, je lui explique mais en retour, il me poste une énième vidéo racontant des choses que je venais de démentir par écrit. Des vidéos réalisées par un youtuber, Idriss Aberkane, connu dans le milieu de la fake science. Il en a fait son métier, il raconte beaucoup de bêtises mais ça sonne bien aux oreilles du grand public. Et le 26 mars, lorsque je me réveille, je dis à ma femme « je vais faire une vidéo car tout ce que je dis est juste inaudible car c’est écrit ».</p>
<p> </p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8467" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p><strong>. G.B. : Cette date du 26 mars marque le début d’une série de 9 vidéos. Comment doit-on se positionner pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Le 26 mars, je fais donc cette vidéo sur Youtube. Il se trouve que dans le contexte de l’époque alors que Raoult était considéré comme un héros mondial, le monde politique se pressant pour le soutenir, il n’y avait pas de voix discordante pour le contredire. Déjà le monde politique n’avait pas les compétences pour comprendre qu’il s’agissait d’une fraude et nous scientifiques, nous n’avons pas cette culture d’aller dans cette espèce d’arène pour dire « vous êtes un menteur ». Il y avait bien des PDF qui circulaient pour dire dans un langage scientifique très soft « nous pensons que cette étude n’a pas été faite dans les règles de l’art » mais en réalité cela voulait dire « ça été mal fait, c’est un mensonge ». J’ai donc utilisé un langage clair « c’est un mensonge, c’est une fraude » et là pour le coup, j’ai été le premier à utiliser ce langage pour appeler un chat un chat. Et cette vidéo est devenue un peu virale car ensuite je suis intervenu plusieurs fois sur des chaînes comme LCI pour alimenter le débat, la controverse. Ils n’avaient personne à opposer à Raoult qui, lui-même, était une grande gueule.</p>
<p><strong>. G.B. : As-tu le sentiment d’avoir rempli ton rôle ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ici dans mon bâtiment mais d’une manière générale, j’ai reçu beaucoup de messages de félicitations et de remerciements de collègues qui ont dit « c’est génial ce que tu as fait, il fallait vraiment le faire ». Mais la question c’est « mais pourquoi eux ne l’ont-ils pas fait ? ». Même un an et demi après, des scientifiques qui ont pris la parole ouvertement contre Raoult, ils sont rares. L’Académie des Sciences a publié un petit communiqué mais dans le langage de l’Académie des Sciences qui n’a circulé qu’entre chercheurs, en vase clos, en atteignant que des gens déjà convaincus. J’ai également reçu beaucoup d’insultes des fanatiques de Raoult. Ce fut un peu pénible car moi, j’ai vraiment cet idéal un peu pédagogique pour répondre à chacun « alors que contestez-vous ? ».</p>
<p><strong>. G.B. : Finalement, as-tu réussi à convaincre ton cercle d’amis coureurs ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Dès le départ, sur cette question scientifique ou médicale, se sont greffées des considérations politiques. Aujourd’hui, des gens attribuent toute la politique sanitaire, les masques, les vaccins, à la personnalité de Macron. C’est pour cela que j’ai fait cette dernière vidéo pour dire « séparez la politique du scientifique, du médical. Si vous êtes un opposant à Macron faites-vous vacciner pour être certain de pouvoir voter contre Macron en 2022 ». Aujourd’hui, les gens que je croise comme à Grabels où j’habite m’interpellent « Hervé, toi qui es scientifique, tu ne trouves pas que ce vaccin est dangereux ? ». Donc on parle mais systématiquement, la discussion retombe sur «oui, mais Macron nous a mentis sur les masques au départ ». Ca, c’est le péché originel. Donc quand les gens te ramènent «le vaccin ne marche pas car je n’aime pas Macron «  tu réponds « mais c’est juste pas la même question ». Maintenant la question est tellement polarisée, tu peux donner les arguments les plus intelligents, il reste une frange impossible à convaincre.</p>
<p><strong>. G.B. : Par ces vidéos, as-tu le sentiment d’avoir affirmé d’une certaine façon tes convictions ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je ne me suis jamais engagé dans le débat politique. Je n’ai participé qu’à une seule manifestation dans ma vie, c’était en 2003 contre la guerre en Irak mais je ne m’étais pas senti à ma place. Moi, je n’aime pas le consensus, je n’aime pas l’unisson. C’est peut-être pour cela que j’ai pris position contre Raoult. Je me rends compte que quand quelqu’un devient vénéré, une espèce de maître à penser, moi systématiquement, dans mon fonctionnement inconscient, j’ai un mouvement épidermique de recul. J’ai été beaucoup froissé par cette ambiance que l’on vit depuis un an et demi avec ces gens qui sont de véritables héros de l’autoritarisme, de la malhonnête et qui ont réussi, c’est leur grand tour de passe-passe, à se faire passer pour des héros de la liberté, de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle alors qu’ils sont l’exact opposé. Je ne m’estime pas libertaire mais attaché aux valeurs de la liberté.</p>
<p>Avec mes vidéos, j’estime que j’ai apporté ma petite contribution à l’édifice. On a une responsabilité en tant que chercheur public car nous sommes des agents du service public. On a des comptes à rendre devant le public.</p>
<p><strong>. G.B. : D’où ce besoin de vouloir expliquer, vulgariser…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui je suis issu d’une famille d’enseignants. J’ai toujours eu ce grand attrait pour ces démarches intellectuelles, pour apprendre, dans les deux sens, moi apprendre en tant qu’élève mais également apprendre aux autres. J’aime beaucoup la vulgarisation scientifique en termes simples pour le grand public, les associations, les clubs de retraités, des collèges, des lycées. A Grabels, là où j’habite, il y a une association Rando Loisirs Culture pour laquelle j’ai donné un séminaire sur le thème de la génétique et je garde le souvenir d’une dame, une ancienne institutrice, une petite dame toute riquiqui qui s’appuyait sur sa canne et qui regardait avec des yeux pétillants au premier rang et à la fin je demandais « vous avez des questions ? » et elle levait toujours le doigt comme une élève. Tu vois, on a toujours besoin de connaissance et c’est cette philosophie qui m’a toujours guidé. Il y a peut-être aussi l’aspect course à pied où tu es habitué à souffrir, on sent une proximité avec le coureur à côté de toi, tu te sens égal et identique à l’autre. Moi mon souvenir de course à pied le plus intense, c’est mon arrivée aux 100 km de Millau en 2014 à la lutte avec Mickael Janne. Je fais second, il me bat, ce fut une défaite mais en termes de force de souvenirs, on courait comme des morts de faim, nous étions au bout de la souffrance, je perdais la lucidité, ma cervelle ne réfléchissait même plus. Je pense que si un jour, je suis sur mon lit de mort, dans les vapes, c’est l’image qui me restera car on a vécu ensemble un tel moment de proximité.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><strong><img decoding="async" class="size-full wp-image-8465 aligncenter" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg" alt="" width="2048" height="1380" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1024x690.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-768x518.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1536x1035.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p style="text-align: left;"><strong>. G.B. : Puisque que tu me tends une perche à propos des 100 km, quittons la sphère chercheur, pourfendeur des fraudes scientifiques, venons-en aux 100 km de Millau. Pourquoi avoir un tel attachement à cette épreuve avec 10 participations et pourquoi verser dans l’ultra. Pourquoi cette quête, toi le chercheur qui semble comblé ici dans cet institut ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Et s’il n’y avait pas eu le Covid, j’en serai peut-être à 12. C’est la course qui me correspond le mieux. Plus jeune, j’étais cycliste, j’ai commencé en minime 2 mais à cause de mes études, je n’avais plus trop le temps de rouler, je me suis mis à courir à Paris en 97-98 lorsque j’étais à l’ENS. Pour moi, les bonheurs intellectuels ont toujours été les plus intenses. Je t’ai parlé de l’intensité de cette lutte avec Mickael Jeanne, j’ai connu cela une fois dans ma vie. Mais des moments fusionnels avec l’intellect où tu t’oublies dans ton effort intellectuel, tu es tellement passionné par ce que tu fais, j’en ai connu plusieurs dans ma vie. Il y a une beauté intrinsèque là-dedans qui te donne une grande satisfaction « ha !!! quel soulagement », un peu orgasmique que j’aime énormément. Et comme tu le disais, maintenant que j’ai choisi d’être chef d’équipe avec beaucoup d’activités qui viennent parasiter cela, comme la recherche de financements, je tâche de garder beaucoup de temps pour discuter Science comme avec Sophie mon étudiante, ce sont des discussions qui me plaisent énormément. Et en même temps, j’ai besoin de me dépenser physiquement, j’ai besoin des deux pour être bien dans ma peau. Courir, ce n’est ni spécialement opposé à l’activité intellectuelle, ni automatiquement associé. Il se trouve que moi, j’aime la science et il se trouve que moi, j’aime la course à pied. Donc je fais les deux.</p>
<p><strong>. G.B. : Quel fut le déclic pour courir les 100 km de Millau ?</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : C’est Jérôme Cavaillé qui m’a décidé. Il était mon directeur de thèse à Toulouse. Il courait, on était devenu copains de course à pied puis on est devenu collègues quand je suis revenu travailler dans son labo. Il y avait aussi Denis Jullien, un autre grand copain. On était tous les trois à courir à Toulouse et dès qu’il y avait un relais, on faisait équipe. Fin 2009, je fais un long footing le long du canal du Midi et au bout de deux heures de course, je me sentais bien. Je me suis dit « un jour, il faudrait essayer une course encore plus longue que le marathon ». Je reviens au labo et je dis à Jérôme « il faudrait que l’on coure les 100 km de Millau ». Nous avions deux copains du labo qui les avaient courus en 14-15 heures et je me souviens de Yves raconter « dans la côte de St-Georges, tu vois les lumières du Viaduc à l’infini et tu avances comme cela et elles ne bougent pas, tu es dans ton monde. Tu souffres, t’as mal, t’es triste mais tu es content, tu as plein d’émotions mélangées » et nous, on disait « ouahh ».</p>
<p><strong>. G.B. : Les 100 km de Millau avaient contaminé le labo…</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : La course à pied, c’est vraiment un sport d’intello, je me souviens avoir expliqué cela à Guy Durand qui était le Maire de Millau à l’époque, à mon arrivée. Il m’avait dit « vous, vous devez être prof ?»… Je lui avais répondu « enfin presque, je suis chercheur, c’est un peu le même milieu »… « ah, oui, ça se voit à votre façon de parler, ah vous êtes chercheur et coureur à pied ?!»…Je lui réponds «la course à pied, c’est un sport d’intello ».</p>
<p>Donc en rentrant du footing, je dis à Jérôme « il faudrait qu’on fasse les 100 Bornes un jour ». Ca c’était en novembre et pour les fêtes de Noël, Jérôme nous envoie ses vœux en nous précisant « pour mes 40 ans, on va faire les 100 km de Millau ». On lui répond « ah mais t’es idiot, on n’y arrivera jamais ». Et ça a maturé un peu et au printemps, on s’est décidés et on s’est préparés.</p>
<p><strong>. G.B. : A la fin d’une première course de ce genre, on se dit « plus jamais ». Qu’en a-t-il été pour toi et tes 2 comparses ? </strong></p>
<p><strong>. H. S.</strong> : On y est venu par accident. Moi, je termine dixième ex-equo, on  a adoré. Bien évidemment, le soir, tu as mal partout, tu es fatigué. Alors effectivement, avec Jérôme et Denis, on s’est dit « oui, on l’a fait » et un mois après « peut-être qu’il faudrait qu’on le refasse un jour » et peut-être deux mois après « allez, on va le refaire l’an prochain ». Et donc en 2011 puis en 2012, nous étions encore là et depuis on n’a pas laissé passer une édition, tous les trois ensemble. Et pour Jérôme qui m’est très précieux, c’était mon directeur de thèse, il m’a beaucoup appris au labo, ce que je fais depuis quelque temps après mon arrivée, après l’interview qui peut être interminable, surtout avec moi (rires… !!!). Après la douche et manger un morceau, je prends un vélo et je vais le chercher. Ca me fait mal partout mais ça m’aide à récupérer. Et quelle que soit son allure, sans se coordonner, il y avait quelque chose de magique car on se retrouvait toujours au kilomètre 90.</p>
<p> </p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8464" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg" alt="" width="2048" height="1341" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-300x196.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1024x671.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-768x503.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1536x1006.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p><strong>. G.B. : Finalement, à Millau, il y a deux courses en une…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> En pleine nuit, ce n’est plus la même ambiance, ce sont deux courses différentes. Nous en tête de course, quand tu arrives, il y a un endroit que j’aime, c’est la borne 99 car il y a toujours une foule qui se masse. En 2015, à ma première victoire, j’ai eu les larmes qui ont coulé sur mes joues. Et mon suiveur, Jean Christophe, me dit « mais tu pleures ? »… «  ben oui, c’est trop beau » et on s’est mis à pleurer tous les deux en passant la borne.</p>
<p>C’est la fête, la kermesse (il s’excuse et se sèche les yeux…. !!!)  alors qu’à une heure du matin, c’est la lune, il n’y a plus personne, chaque coureur dans sa bulle avec sa petite loupiote. Tu vois une enfilade de petites loupiotes dans la côte du Viaduc, chacun dans son monde, dans son silence, tu entends pof pof pof. Les vrais héros sont là avec leur douleur.</p>
<p><strong>G.B. : Deux secondes places puis quatre victoires d’affilée, la victoire devient-t-elle un but ultime ? Une obsession ?  </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui, dans la période préparatoire de la course, je peux me dire « oui, il ne faut pas que je déçoive ». J’ai pu ressentir ce genre de pensée. Mais après, le jour de la course, c’est une telle fête, c’est une peu une délivrance des deux mois et demi d’entraînement vraiment intenses. Pour moi, c’est cela le plus dur. Et le jour où j’arrêterai de courir cette épreuve, ce ne sera pas à cause de la course mais à cause de l’entraînement qui me sera insupportable. Je me suis amusé à regarder les photos de mes départs, j’ai un sourire, je suis heureux de dévaler l’avenue Jean Jaurès, c’est une griserie. Je me revois, la même joie d’être là, la même joie qui se cumule aux joies passées. C’est le moment de l’année « on est à Millau » et la pression s’évapore.</p>
<p><strong>. G.B. : Aujourd’hui, pour cet entretien, tu as mis le tee-shirt de l’édition 2019. Cela a-t-il une signification particulière ? </strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : Mon dernier Millau, c’était donc en 2019. C’était mon premier 100 km de Millau en tant que Papa après un été spécial, avec moins de sommeil, beaucoup moins de temps, beaucoup moins de motivation pour aller courir et même pour aller à Millau. Même dans la voiture pour se rendre à Millau, je disais à Chloé mon accompagnatrice « j’ai l’impression d’abandonner ma fille ». Pendant tout le début de la course, je me suis posé la question de savoir ce que je faisais là et finalement je gagne. Mais c’est surtout lié au fait que Cédric Gazulla, qui était mon principal adversaire, a perdu en partant trop vite. Au sommet de Tiergues, en attaquant la descente sur St-Affrique, quand j’ai vu la voiture ouvreuse au détour d’un virage, j’ai compris que Cédric était là et j’ai retrouvé mes instincts. Et lorsque je l’ai dépassé, je suis revenu mentalement avec ma petite fille et il fallait rentrer à Millau, à la maison et j’ai gagné très détaché.</p>
<p><strong>. G.B. : Comme scientifique, tu as nécessairement un regard tourné vers l’avenir. Quel regard portes-tu sur les 100 km de Millau, une épreuve très attachée à ses racines, à son histoire, à une façon de faire que l’on pourrait juger hors du temps ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ce que j’apprécie beaucoup dans cette course, c’est l’aspect associatif. Tu vois les gens, chacun dans son village cherchant à faire mieux que le village d’à côté. Ils se déguisent, font de la musique et tu vois des gens qui ont beaucoup d’amour pour préparer les tartines. Cela fait partie de mon amour pour cette course. Ils sont heureux de te recevoir. Comme ce couple de personnes âgées, il y a longtemps que je ne les ai pas vues, j’espère qu’ils vont bien. Ils se mettaient toujours avant l’entrée de St-Georges au pied de la descente, kilomètre 53-54, avec des petites chaises de camping, un parasol. Ils avaient la liste des participants et ils s’amusaient à regarder les coureurs passer en entourant les numéros.</p>
<p>A Millau, tu as ton numéro de dossard en fonction du moment où ils reçoivent ton inscription. C’est une illustration de cette religion qu’ils se font de traiter tout le monde sur un même pied d’égalité.  C’est ce que j’adore, c’est cette particularité, il n’y a pas un prix pour le premier, on a tous le même cadeau souvenir, il n’y a même pas un trophée, même pas un podium protocolaire. Même Belvès qui est une course bon enfant, tu as qu’en même un podium et une coupe pour le premier et ils donnent des numéros de dossards aux favoris. Mais rien de cela à Millau.</p>
<p><strong>. G.B. : Cela ne cache-t-il un petit fond de superstition à propos de ton numéro de dossard ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Il se trouve que j’ai eu deux fois le même numéro, le 744 qui est multiple de 3 et en 2019, j’ai eu un dossard qui n’était pas un multiple de 3. Donc je me suis inquiété, le 1019, mais c’était un nombre premier et je n’avais jamais eu de nombre premier. Finalement, cela s’est bien passé aussi. Du coup avec 406 pour l’an prochain, ce n’est ni un multiple de 3, ni un nombre premier, il faudra que je fasse de mon mieux. Les dieux de la numérologie ne seront pas là pour moi.</p>
<p><strong>. G.B. : Tu parles des spectateurs assis sur le bord de la chaussée, j’ai le sentiment que cela s’est un peu perdu. Je me souviens de Tiergues où des fidèles venaient effectivement s’assoir chaque année face à la route de St-Rome marquant le sommet de la montée comme Jo Vors par exemple, une figure locale…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ah la côte de Tiergues, avec ces deux lacets, c’est mon passage préféré. Quand tu montes de St-Rome, c’est une route de montagne…(un silence)… Les deux lacets de Tiergues, ah, le jour où je serai enterré, je demanderai à être dirigé dans cette direction.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8462" width="1160" height="760"/></figure>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Serge Sécail, le sens du collectif</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/22/serge-secail-le-sens-du-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 03:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Sécail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8428</guid>

					<description><![CDATA[Voilà 47 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, qu’il adule pour son esprit collectif. Educateur sportif toute sa carrière, il a assumé durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, et la sortie de son livre, « Millau l’inspirante ». ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#11700a" class="has-inline-color">Serge Sécail, le sens du collectif</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color:#2d6706" class="has-inline-color"><strong>Voilà 57 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, et depuis, de joueur à entraîneur et dirigeant, ce sport l’a façonné par cet esprit collectif qu’il conserve dans toutes les facettes de sa vie. Des années durant, cet éducateur a initié au sport les jeunes scolaires de Millau, avant d’assumer durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, qu’il préside, en parallèle de la sortie de son livre, « Millau l’inspirante »</strong>,<strong> consacré aux grosses associations sportives de Millau.</strong></span></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8434" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Je voulais d’abord revenir sur le beau week-end associatif que tu as pu provoquer en reprenant la direction du Forum des Associations.</strong></em></li><li>Ce forum des associations est une chose très importante à la rentrée pour redémarrer la vie associative, et encore plus après cet épisode COVID où la vie associative a été pratiquement arrêtée. A ce moment-là, beaucoup de personnes ont remarqué que cet arrêt était préjudiciable à la vie de tous les jours, et encore plus pour les gens qui ne sont pas en activité professionnelle. Notamment les retraités, qui sont privés de contacts, de lien social. Je faisais partie de l’équipe précédente, mais je n’avais aucune fonction dirigeante. Quand l’équipe a arrêté, j’ai dit qu’il fallait faire quelque chose pour ne pas que ça s’arrête complètement. Il était question de le confier à la mairie, mais s’il n’y a pas une implication motivée et citoyenne pour donner une autre dimension que commerciale, ce n’est pas bon. Nous avons voulu ajouter un côté festif, convivial. Et la première décision a été de délocaliser le forum, de l’amener du centre ville avec les avantages et inconvénients que ça représentait, au Parc de la Victoire avec les avantages et inconvénients. Au vu des retours, 100% d’associations ont trouvé le lieu plus adapté. Au départ, nous l’avions choisi pour être plus aéré par rapport au COVID, mais il a permis d’ajouter une dimension d’animation et sportive très appréciée.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8432" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Un bilan très positif avec pour clôturer le forum, un spectacle inter-générationnel, réunissant des plus jeunes aux plus âgés.</strong></em></li><li>Là aussi, il s’est agi d’un pari. J’ai l’avantage et l’inconvénient d’avoir un peu d’âge. Donc j’ai un réseau associatif important. A travers une rubrique rédigée dans le journal de Millau, j’ai pu rencontrer des gens du milieu associatif. Dans ce cadre, j’ai rencontré Silva Ricard. Nous avons pu parler de sa vie antérieure. Silva, une femme de talent, qui a du caractère, de la pugnacité, m’a dit Il faut qu’on fasse quelque chose pour redonner le sourire aux gens. Dès le mois de mars, on a démarré sans savoir vraiment ce qu’on allait faire. Et puis de rencontre en rencontre, Silva, qui est très fédératrice, a su mobiliser une équipe à un moment où tout le monde était à l’arrêt. Malgré tout, elle a pu faire travailler par petits groupes,&nbsp;avec deux répétitions générales. Mais avec le cœur, elle a donné du bonheur aux gens. Cela n’a pas de valeur. Quand on voyait les personnes âgées du Foyer Soleil, avec la doyenne de 95 ans, prendre une bouffée d’oxygène, partager avec des petites. C’est beau&nbsp;! Le but du jeu était de redonner espoir et sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La réussite a donc été totale.</strong></em></li><li>Comme on n’avait pas de budget, on est passés par des moments difficiles. La sono a pris l’eau pendant l’averse de midi. Il a fallu trouver une sono de remplacement, Anne Marie Couvert nous a prêté une petite sono pour faire l’après-midi, mais cela ne suffisait pas pour le spectacle de Silva. J’ai appelé mon frère qui est dans la sonorisation, et vit à 1 heure d’ici. Je l’ai joint à 15 heures, et je lui ai demandé de venir nous dépanner. Mais tout cela a ses limites&nbsp;! L’année prochaine, on va repartir sur un format amélioré, avec des professionnels.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton automne est chargé, puisque tu publies le livre sur lequel tu travaillais depuis près d’une année, consacré à des associations de Millau. Comment est né ce projet&nbsp;?</strong></em></li><li>Ce projet est né avec l’arrêt de la vie associative. Moi qui suis impliqué tous les jours, je me suis retrouvé à l’arrêt. J’ai mis à profit cette période-là pour faire remonter toutes les belles initiatives locales que je connais pour y avoir trempé de près ou de loin, et pour apprécier les personnes qui portent ces grandes manifestations. L’idée est venue d’articles sur le Journal de Millau, en plusieurs chapitres. Et le directeur, Thierry Favier, m’a parlé d’un livre où je compile ces articles. Cela a été lancé à Noël dernier. J’ai donc publié ce livre que j’ai appelé <strong>Millau l’Inspirante</strong> car Millau inspire beaucoup de gens dans le milieu associatif, et beaucoup de gens sont peut-être venus à Millau à cause de cette qualité de la vie associative.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Combien d’associations sont présentées dans ce livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai limité par le fait que j’ai voulu transcrire que les associations porteuses d’une manifestation de notoriété et sur la longueur. Que ce ne soit pas éphémère, pour présenter des gens présents sur la durée qui permettent que Millau soit reconnu comme l’excellence associative.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8431" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>C’était la première fois que quelqu’un se lançait dans un tel projet. As-tu été bien accueilli&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai été très bien accueilli. Parfois, les gens étaient surpris. Puis on parle à bâtons rompus. Les gens me connaissent avec mes qualités et mes défauts. Mais ils savent que je ne suis pas un tricheur, et que j’aime les gens. Volontairement, j’ai limité à des manifestations de notoriété, et qui amenaient beaucoup à la ville.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce n’est pas ton premier livre.</strong></em></li><li>Mon premier livre était né d’une déception après l’échec aux Municipales en 2014. J’ai été un peu perturbé. Pour laver les esprits, je me suis mis à écrire un livre autobiographique, que j’ai appelé, en clin d’œil avec le rugby, «&nbsp;<strong>De mêlée en démêlé</strong>&nbsp;». Je lie ma vie à Millau, à travers l’école, le sport, la politique. Ce livre retrace une carrière de bénévole. Il a rencontré un bon succès, avec 550 exemplaires vendus. Les gens se reconnaissent à travers les anecdotes croustillantes de la vie millavoise.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La déception avait été très forte lorsque tu n’as pas été réélu avec la liste de Guy Durand.</strong></em></li><li>Oui, très forte, car pour moi, elle était inattendue. Quand on n’est pas conditionné à quelque chose, cela a été un choc que j’ai maîtrisé grâce à l’écriture de ce livre, à ma famille, ma femme, qui me supporte depuis 45 ans.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu étais d’abord et avant tout un éducateur sportif dans les écoles. Sur quelle période&nbsp;?</strong></em></li><li>C’était une belle période, au service des sports de la ville de Millau, où on enseignait dans les écoles l’éducation physique à tous les enfants du CP au CM2. Avec une équipe d’éducateurs hors pair et innovants, puisque dès 1986, on avait mis en place des stages sportifs multi-activités, qui continuent encore aujourd’hui. Maintenant, c’est la troisième génération d’enfants qui arrivent, les parents, les grands-parents ont connu ces stages&nbsp;! j’ai eu la chance de travailler dans un milieu où nous étions des amis. Avec une très grosse solidarité entre nous, une très grosse confiance. Et je pense qu’on n’est pas étrangers à ce que Millau ait un développement associatif sportif de qualité. En 1986, déjà, on enseignait dans les écoles des sports qui n’étaient pas encore au goût du jour, le kayak, l’escalade. On a donné goût à l’effort. Millau peut se targuer d’être une petite capitale des sports, notamment de pleine nature.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8433" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton implication dans l’associatif s’est surtout manifestée dans le rugby.</strong></em></li><li>Oui, je suis arrivé dans le rugby à 15-16 ans. Auparavant, j’étais passé par les Eclaireurs, l’Hirondelle Millavoise. A l’époque, il n’y avait pas d’école de sport, la seule société sportive qui accueillait des enfants était l’Hirondelle Millavoise. J’y suis resté trois ans. Puis à 12 ans, j’ai rejoint les Eclaireurs avec des copains, j’étais un peu aventureux. On sortait un week-end sur deux en autonomie, avec un chef de patrouille qui avait 14 ans. C’était système débrouille d’entrée&nbsp;!</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et après, tu as découvert le rugby.</strong></em></li><li>J’aurais aimé commencer avant, mais il n’y avait pas de cours. J’étais un petit gabarit. A l’époque, à 16 ans, certains faisaient 25 ou 30 kilos de plus que moi. Avec ténacité, je me suis fait ma place et j’ai trouvé un endroit où j’ai pu m’épanouir. Et on a eu une aventure fantastique puisqu’en 4 saisons, on a franchi 4 étapes, de division d’honneur à division nationale, avec le même groupe. Ce sont des moments uniques, qui te marquent à vie. Et tout le bonheur que j’ai pris, je voudrais le restituer. Donc transmission. C’est ce que je me suis appliqué à faire avec mes copains du service des sports, pour donner le goût, pour avoir envie. Maintenant, nous avons une équipe d’éducateurs, que, pour la plupart, j’ai eu en élèves. Cette transmission est une grande réussite pour moi. Donner envie, que des gens puissent continuer ce que toi, tu as commencé petitement, et qu’ils font maintenant avec plus de talent, c’est une grande satisfaction.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu commences le rugby à 15 ans, et depuis, tu n’en es jamais sorti&nbsp;?</strong></em></li><li>Non. Je suis rentré en 1964 à 15 ans. J’ai quitté le club pendant un an quand j’étais militaire, j’étais sur Toulon. J’ai joué un an, junior, à Toulon. Ma seule infidélité au club&nbsp;! Cela m’a permis de côtoyer des grands noms du rugby qui ont joué en Equipe de France. J’ai eu la chance de jouer avec Daniel Herrero, qui a mon âge, et était le capitaine de l’équipe junior. C’est un personnage, prof de sports, chercheur. C’est un gars qui avait beaucoup d’avance, et une façon de s’exprimer hors du commun. Grâce à ces gens-là, ça m’a permis de prendre confiance. A 20 ans, l’officier des sports m’a dit d’entraîner l’équipe de la base militaire, formée à 80% d’officiers. Moi, j’entraînais des capitaines et des commandants de la Marine, j’ai pris confiance. En rentrant de l’armée, je suis devenu éducateur au club, je me suis formé. A l’époque, ça ne se faisait pas beaucoup, c’était surtout empirique. Je suis parti dès 1971 faire des stages d’initiateur, pour une semaine. Je suis arrivé en 1978 au 3<sup>ème</sup> degré, qui était le plus haut niveau de l’époque. En 1978, je me suis retrouvé propulsé à 30 ans à entraîner l’équipe de Millau, formé de mes anciens partenaires&nbsp;! Moi, j’ai décroché rapidement le jeu, j’ai eu deux accidents de rugby, et je me suis reconverti dans l’encadrement.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu es ensuite devenu un dirigeant du club.</strong></em></li><li>Je suis devenu responsable de l’école de rugby pendant 20 ans. Puis je suis revenu en équipe 1. <strong>On m’appelait Manpower</strong>&nbsp;! Quand il y avait un problème, on faisait appel à moi. J’ai entraîné les seniors 2 fois en cinq ans, pour dépanner. Puis je suis devenu secrétaire du club. Je suis licencié au club depuis 1964.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8435" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce credo école de rugby, entraîneur, cela correspond aussi à des valeurs que tu souhaites transmettre&nbsp;?</strong></em></li><li>Ces valeurs sont importantes et primordiales. Ce sont des valeurs de respect. Le rugby est un sport de combat collectif, avec des règles. Si on transgresse ces règles, on peut tomber dans la violence. Ces règles strictes imposent le respect pour l’arbitrage, même s’il y a parfois des fautes d’arbitrage. Cette forme de respect perdure, et j’espère que malgré le rugby professionnel qui tire vers le haut, avec des exemples pas toujours à suivre, le rugby gardera ces valeurs de respect indispensables. On le voit dans notre société où plus personne ne respecte rien. Il faut qu’il y ait des règles, qu’elles soient acceptées, par tout le monde. N’importe quel joueur qui fait une bêtise doit être sanctionné même si c’est un bon joueur.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et de quand datent tes opinions socialistes&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai toujours eu des idées de gauche parce que mon père a été militant dans ses jeunes années. J’ai toujours baigné dans le militantisme à la maison. Cela nous a donné le goût de la politique. Mon père avait des idées de gauche, il nous a transmis inconsciemment les valeurs dans lesquelles je me retrouvais et qui continuent à m’animer. Je n’ai adhéré au Parti Socialiste qu’en 2012 quand le PS était au plus mal. Moi, j’ai fait l’inverse de beaucoup, qui adhèrent quand tout va bien. J’ai pensé que c’était normal d’adhérer à un parti car sans partis, c’est l’anarchie. Même si ces règles sont parfois transgressées par le milieu politique. On a tendance à dire que c’était mieux avant. Je pense que c’est mieux maintenant. Avant, c’était pire, mais on ne le savait pas. Maintenant, les dérapages sont plus connus.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Lorsque tu as été élu en 2008 sur la piste de Guy Durand, tu n’étais donc pas encarté socialiste à ce moment-là. Tu avais donc été choisi car issu de la société civile et associative.</strong></em></li><li>Guy Durand m’avait choisi car venant de la société civile, et de l’associatif. J’étais à la fois éducateur sportif, et très engagé dans le club de rugby.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc connu un mandat d’élu de 6 ans et une très longue vie associative. Où t’es tu senti le plus utile&nbsp;?</strong></em></li><li>Moi, je dirais qu’on est utile partout. Mais à des postes différents. Educateur, donner de l’éducation, ça n’a pas de prix. C’est la base d’une société bien constituée. Après, quand je me suis retrouvé élu, le regard des autres a changé par rapport à moi. Mais moi, je n’ai pas changé ma façon de fonctionner. Je suis resté le même. Je n’étais pas Dieu le père. Je faisais le maximum pour être utile au milieu associatif à travers la délégation sports et vie associative. Je pense que j’ai été respecté, et que j’ai respecté les gens. Je pense avoir fait des erreurs comme tout le monde, mais je pense avoir été honnête. Mais j’ai vécu aussi comme un échec les «&nbsp;Pieds sur Terre&nbsp;» initiés pendant la campagne. Là, mon manque d’expérience politique a fait qu’on a manqué un acte fondateur. Nous étions en avance en 2009 pour créer cette grande fête autour de l’écologie. Je me suis fais manger par des gens qui, politiquement, avaient de l’expérience, et qui nous ont entraîné dans un créneau trop politisé, qui nous a fermés d’un certain milieu associatif. Alors que l’idée était noble et généreuse de faire de Millau une vitrine et un exemple de ce que pourrait être la vie associative, sport ou culture, en respectant l’environnement, les autres. Nous étions initiateurs d’une belle idée, mais on était peut-être trop en avance à l’époque pour un tel projet. Et on a jeté l’éponge au bout de deux ans.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-8-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8436" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Concernant la nouvelle élection de 2020, pour quelle raison n’as-tu pas souhaité te représenter&nbsp;?</strong></em></li><li>On ne va pas poser le problème comme ça. C’est vrai que j’aurais aimé être pris sur la liste, mais comme toute liste d’ouverture que Manu Gazel a fait, il fallait faire des arbitrages, des équilibrages. Quand Manu m’en a parlé, je lui ai répondu Je viens d’un sport collectif, ne te fais pas de souci, je ne serai pas un caillou dans ta chaussure. Prends des gens plus jeunes, peut-être moins marqués que moi de l’époque Durand, et qui pourrait être un frein à cette envie de fédérer autour d’une belle personne qui est Manu Gazel.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc renoncé sans amertume.</strong></em></li><li>Disons qu’il a fallu que je l’avale, que je le digère. Je n’ai pas du tout d’aigreur. Avec du recul, je me dis aussi que mon épouse est maintenant à la retraite, et qu’être élu est un engagement de tous les jours, matin et soir car moi, je ne me vois pas ne pas être sr le terrain à l’écoute des gens. Là, j’ai un peu plus de liberté, qui permet de faire des choses sans contrainte et avec grand plaisir. Mais je suis attentif à la vie associative et municipale. Manu, je la considère comme une amie, elle m’a d’ailleurs préfacé mon livre et j’ai beaucoup d’affection et d’estime pour cette fille. Mais il y avait trois personnes issues du Rugby sur sa liste, et avec moi, cela faisait quatre. C’était trop&nbsp;! Moi, j’ai 73 ans, j’ai fait mon temps, je serai utile autrement. Tant que j’ai la santé et la pêche, je le ferai.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Le Forum des associations a aussi été un projet qui t’a permis d’atténuer cette déception et de t’impliquer dans un projet collectif comme tu les aimes.</strong></em></li><li>Moi, j’aime cet aspect collectif, comme le rugby. Rien n’est plus beau que les réussites collectives. Elles sont toujours boostées par des hommes et des femmes qui sont à la tête, mais sans cette capacité à fédérer les bénévoles…, on ne pourrait rien faire. Pour moi, et pour les autres personnes de Grands Causses Bénévolat, c’est une grande satisfaction d’avoir su fédérer le milieu associatif pour redonner un peu de couleur et de sourire.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>As-tu un autre projet de livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai un autre projet, toujours dans le milieu associatif local, mais dans d’autres domaines, celui du domaine social, où il y a de belles réussites associatives, avec de belles personnes qui portent ces projets. Cet hiver, je vais commencer les rencontres, je vais attaquer avec une amie, Josette Hart, pour le Jardin du Chayran, qui va fêter ces 20 ans, et qui est une réussite associative exemplaire, qui permet de donner de l’espoir à des gens mal embarqués dans la vie. Je vais m’atteler à ça cet hiver.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> le 20 septembre 2021</p>



<p>Photos&nbsp;: <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8454" width="1160" height="760"/></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8442" width="1160" height="760"/></figure></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Fest&#8217;Trail, ce serait bien pour mamie Galtier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Sep 2021 07:26:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
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					<description><![CDATA[FEST’TRAIL : « ce serait bien pour mamie Galtier » &#160; Au pied de la vierge, sur le marbre craquelé,...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<h2 dir="auto" style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8412" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011.jpg" alt="" width="2048" height="1367" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-1024x684.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-768x513.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-1536x1025.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></h2>
<h2 dir="auto" style="text-align: center;"><span style="color: #808080;">FEST’TRAIL : « ce serait bien pour mamie Galtier »</span></h2>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Au pied de la vierge, sur le marbre craquelé, une bouteille de lait et des fleurs séchées, composition incongrue, posée là sans savoir pourquoi. A côté, une bougie, sur le verre, de fines gouttelettes en dégoulinade, un message « Vierge Miraculeuse, priez pour nous ».</div>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
<div dir="auto">9 heures du mat, un dimanche à déambuler dans les ruelles du village de Lapeyre par un temps saule pleureur sous un ciel pleurnicheur. Je croise Joël, Monsieur chemin de rando au Parc des Grands Causses. Il habite à deux pas, sa maman encore plus près, la maison au-dessus du porche où autrefois une petite bergerie sous la roche abritait les brebis à l’abris du loup. Joel porte des bottes et un ciré «mon cheval a de la fièvre. Il a sans doute été piqué par une tique». Il ne dissimule pas son inquiétude, il craint une piroplasmose.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En cette journée du patrimoine, petite visite guidée, improvisée dans les pas de ce fin connaisseur du moindre sentier, du moindre ravin, du moindre muret bâti par des mains caleuses et râpeuses. Nous descendons vers la rivière, nous passons sous le porche, au centre d’une placette, posée sur un socle, une ancienne roue pour autrefois, écraser le plâtre, dernier vestige sauvé de la mine de la Frégière.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En remontant, nous passons dans une petite ruelle, grande baie vitrée, quelques pots de fleurs bien alignés, Joël raconte « autrefois, c’était l’épicerie ». Derrière le carreau, une mamie assise dans un fauteuil prend son petit déjeuner « c’est Madame Galtier, c’est notre centenaire, elle a 103 ans ». Je suis impressionné, je quitte Joël, son cheval l’attend dans son pré détrempé sur l’autre versant de la vallée. Je rejoins le vieux pont de Lapeyre.</div>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Le ravitaillement du Fest’Trail est installé juste en contrebas. On devine le toit pointu de la petite tente bienfaitrice protégeant de la pluie trois bénévoles enrôlés au service du jour. Au menu, coca local, chips artisanales, fruits secs, carrés de melons et grappes de raisins. Des fidèles de toutes les courses locales, des discrets, des enjoués, parfois le dossard sur la poitrine, parfois à donner le coup de main. Il y a Samuel, le nouveau président du comité des sports de St-Affrique, également président d’un club de tir à l’arc. Il plaisante en parlant de Mathias Hervas l’organisateur de cette course « Si Mathias est un bon organisateur, c’est qu’il a eu un bon prof de sport ». Christine à ses côtés se marre, elle a le sourire facile et éclatant, elle désigne du doigt Samuel « le prof de sport, c’était lui ».</div>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">La pluie crépite sur la bâche mais n’attaque pas le moral du trio en attente des premiers. Chacun y va de son pronostic « Mathias a dit, le premier, il sera là au bout de 30 minutes ». On fait la moue le temps de recalculer la moyenne, le troisième larron interpelle le tireur à l’arc « attends un peu mais ça fait du 24 km/heure ». Samuel se marre «il a juste dit cela pour être certains que nous soyons à l’heure ».</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Le premier passe, à fond, le second passe, à fond, le troisième passe, à fond, le quatrième toujours à fond. Ca chasse, ça se pourchasse. Pas même un regard aux grappes de raisin. Qu’importe, les trois bénévoles n’en prennent pas ombrage et encouragent. La suite du peloton, des crispés, des détrempés, des timides, des réservés, des bavards, des souriants, des cools, des inquiets mais au final, une fois le verre de coca colt avalé, une fois les talons tournés, c’est toujours un petit « merci » de dégainé et en retour un « bonne course « décroché pour encourager.</div>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">11 heures au clocher de l&#8217;église, le ciel ne s’est toujours pas déchiré, sur les hauteurs, des nuages accrocheurs, moqueurs. En prévision, un dimanche canapé pour certains, un dimanche champignon pour les plus courageux, un dimanche Fest’Trail qui prend déjà fin pour les plus valeureux.</div>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Samuel part à la rencontre du fermeur attardé. je m&#8217;esquive avec moi aussi un « merci » de l’accueil et de la petite causette, Christine me renvoie «à bientôt aux Templiers ». Sur le chemin du retour, dans la petite rue conduisant à l’église, Mamie Galtier est toujours devant sa fenêtre, assise, un plaide sur les genoux. A mon passage, elle jette un regard vif. Par politesse, je fais un signe de tête. Une idée perce l&#8217;écran de pluie et me traverse « si la course passait là, devant sa fenêtre, ce serait bien pour mamie Galtier ».</div>
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<p class="has-text-align-center"><strong><span class="has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color">Photographies réalisées le 19 septembre 2021 au vieux pont de Lapeyre, vallée de la Sorgue, à l&#8217;occasion du Fest&#8217;Trail des 7 Collines</span></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Betty Gonzalez, un combat pour l’autisme</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/04/betty-gonzalez-un-combat-pour-lautisme/</link>
					<comments>https://www.liveaveyron.com/2021/09/04/betty-gonzalez-un-combat-pour-lautisme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Sep 2021 09:03:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[autisme]]></category>
		<category><![CDATA[Betty Gonzalez]]></category>
		<category><![CDATA[Millau Autisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis près de deux ans, la Millavoise Betty Gonzales s’implique dans l’association « Millau Autisme » pour mieux faire comprendre ce handicap, qu’elle vit au quotidien avec son fils de huit ans. L’idée originale de « Millau Autisme » est de faciliter la participation des enfants autistes à des activités sportives.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Betty Gonzalez, un combat pour l’autisme</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Depuis près de deux ans, la Millavoise Betty Gonzalez s’implique dans l’association « Millau Autisme » pour mieux faire comprendre ce handicap, qu’elle vit au quotidien avec son fils de huit ans. L’idée originale de « Millau Autisme » est de faciliter la participation des enfants autistes à des activités sportives, avec l’objectif d’augmenter leur autonomie, et aussi de créer des moments de répit pour les familles confrontées à un handicap quelque peu méconnu, et si complexe à gérer.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8381" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Vous êtes présidente de l’Association «&nbsp;Millau Autisme&nbsp;», qui organise ce dimanche la «&nbsp;Marche Bleue&nbsp;» destinée à sensibiliser sur l’autisme. Pourquoi avoir créé «&nbsp;Millau Autisme&nbsp;»&nbsp;?</em></p>



<p>L’association a été créée en décembre 2019, suite à une période difficile que j’ai passée avec mon fils, qui est autiste, sur l’idée lancée par mon beau-père, Guy Marolleau, ancien directeur du Foyer Soleil à Millau, me voyant désespérée et en difficulté. Nous avions passé des vacances ensemble en Espagne. Moi, je n’avais pas pu manger avec eux, pas pu faire de sorties, car le quotidien était très lourd et je m’étais épuisée pendant ces vacances. En rentrant, il a dit « Il faut faire quelque chose pour les enfants, mais aussi pour vous, les parents, pour vous aider. Je te vois, tu es en train de sombrer. Ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas un organisme, une association, qui vienne te soulager un petit peu, qui te permete de passer un bon moment, et lui aussi, pour que tu sois sereine un moment. » L’association est née de là. Guy Marolleau a fait toutes les démarches pour la créer, et m’a demandé de devenir présidente. Puis le COVID est arrivé, mais on n’a rien lâché et l’association a pris son envol depuis un an. Nous avons été suivis par la ville de Millau, le Département, à petites échelles, mais cela a permis de débuter les prises en charge. Nous avons commencé la « Marche Bleue » l’année dernière, avec le soutien des Gazelles, du Rotary.</p>



<p><em>Quelle est l’action choisie par cette association&nbsp;?</em></p>



<p>Nous proposons essentiellement du loisir et du sport, et nous n’agissons pas dans l’éducatif, comme le fait l’association «&nbsp;Autisme Aveyron&nbsp;». L’idée est plutôt de soulager les aidants et les parents de Millau et alentours, et de financer l’inscription à des activités sportives et de loisirs.&nbsp;Il y a une quinzaine de familles adhérentes et huit enfants autistes sont suivis régulièrement. Nous proposons des activités gratuites, par exemple Micropolis ou Pitchouland pendant les vacances, et nous finançons trois éducatrices spécialisées, qui accompagnent les enfants sur les activités sportives et extra-scolaires. Par exemple, un enfant faisait du vélo, c’était compliqué pour lui&nbsp;: on se moquait de lui car il avait des réactions différentes des autres. L’éducatrice a fait tout un travail d’accompagnement avec lui, et d’information auprès des autres enfants pour expliquer ses réactions. Mon fils fera du rugby cette année, accompagné de l’éducatrice. C’est du rugby entre guillemets&nbsp;: il va participer au cours, mais il n’a pas les compétences sociales, surtout qu’il est non verbal, pour effectuer les exercices. C’est plutôt de la psychomotricité, et lui, il s’amuse, il prend plaisir. Il est obligatoire de mettre quelqu’un avec ces enfants-là. Du coup, il peut prendre plaisir et moi, j’ai un peu de répit. L’autisme, c’est vaste, cela va de l’autisme lourd, comme pour mon fils, aux autistes Asperger, qui parlent très bien, et raisonnent. Mais les autistes, qui ont des difficultés au niveau du langage, doivent être accompagnés pour tout. L’accompagnement sur des activités régulières, surtout s’il démarre jeune, permet de gagner en autonomie. C’est aussi le but. Pourquoi pas un jour pourra-t-il y aller tout seul&nbsp;?</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="819" height="516" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1.png" alt="" class="wp-image-8382" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1.png 819w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1-300x189.png 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1-768x484.png 768w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure></div>



<p><em>Votre association s’implique dans le périscolaire et le loisir. Le problème scolaire est-il important en Aveyron pour les enfants autistes&nbsp;?</em></p>



<p>Nous sommes tout de même privilégiés en Aveyron, et à Millau. Nous n’avons pas les problèmes des grandes villes, où énormément d’enfants autistes ne sont pas scolarisés. Il y a de gros problèmes car il n’y a pas assez d’Assistantes de Vie Scolaire, qui doivent être en permanence en classe avec l’enfant. Mais à Millau, il n’y a pas trop ce problème-là, les enfants sont bien accompagnés. La prise en charge est bien faite, tous les professionnels de santé se mettent en lien, pour faire avancer ensemble l’enfant. Pour le mien, ça se passe ainsi. J’ai rencontré pas mal de familles, qui ont fait le même constat que les professionnels avancent ensemble.</p>



<p><em>Avant cette association, faisiez-vous partie d’un groupe de parole de parents d’enfants autistes ou bien viviez-vous plus cette situation en solitaire&nbsp;?</em></p>



<p>Je vivais ça toute seule. C’est lourd parfois car on a l’impression d’être seule à vivre ça. En créant l’association, j’ai rencontré énormément de parents d’enfants autistes. On se sent moins seule. Nous avons pu échanger, au niveau des professionnels de santé, ou des astuces de la vie courante, nous partageons nos expériences. L’association Millau Autisme organise aussi des rencontres parents-enfants, autour d’un repas, d’un apéritif, pour créer un moment d’échanges. Nous avons aussi invité un intervenant qui a fait une formation sur l’autisme pendant une journée, destinée aux adhérents, à tous les parents, et aux personnes intéressées d’en savoir plus sur l’autisme. Moi, avant que le diagnostic tombe pour mon fils, je ne savais pas ce qu’était l’autisme. J’en avais entendu parler, mais pas plus. Quand on est touchés, on s’implique plus, on est dedans toute la journée, on se renseigne, on a beaucoup plus de compétences.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="547" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1024x547.jpg" alt="" class="wp-image-8389" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1024x547.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-300x160.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-768x410.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1536x821.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-2048x1095.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>L’autisme est souvent détecté très tardivement. Selon votre expérience, est-ce que dans l’Aveyron, la détection fonctionne bien&nbsp;?</em></p>



<p>Pour l’Aveyron, ça va. Il faut compter 6 à 9 mois avant d’avoir un diagnostic. Le bilan se fait au Centre Autisme de Rodez. C’est relativement correct quand on voit les délais dans d’autres départements. C’est plus rapide quand le médecin le voit avant les trois ans. Mais j’ai vu des ados de 16 ans en difficulté, et le diagnostic est plus long car ils ne sont pas prioritaires.</p>



<p><em>En quoi consiste le diagnostic&nbsp;?</em></p>



<p>Ce sont des tests, au niveau visuel, sonore, différents selon les âges. A partir de là, un bilan est établi. Mais déjà, on avait des éléments. Il ne regardait pas dans les yeux. Il ne répondait pas à son prénom. Tous les autistes ont des traits de caractère identiques. Ils sont tous captivés par la lumière. Les sons peuvent vraiment les déranger.</p>



<p><em>Pourquoi est-ce important d’effectuer le diagnostic tôt puisqu’il n’y a pas vraiment de traitement pour l’autisme. Est-ce que tout de même cela sécurise mentalement de voir un diagnostic posé sur les difficultés rencontrées&nbsp;avec son enfant ?</em></p>



<p>Généralement, les parents s’en doutent. Quand l’annonce se fait, c’est la douche froide bien sûr. Car là, il n’y a plus de doutes. Mais tous les parents le voient avant même les professionnels. C’est vrai qu’au début, on reste un peu dans le déni, on se dit que c’est une mauvaise période, que ça va passer. Mais en grandissant, on voit bien que ça ne passe pas, que les problèmes grandissent avec lui. Au départ, on se sent seuls, on a l’impression que ça n’arrive qu’à nous. Mais c’est bien que l’autisme soit pris en compte très très tôt car à l’époque, ce n’était pas le cas. On a la mauvaise expérience de voir que des autistes ont 30-35 ans et n’ont pas eu de prise en charge adaptée. Ils n’ont pas développé la parole, les gestes quotidiens. Alors qu’avec une prise en charge dès le plus jeune âge, il y aura une évolution, bien sûr en fonction des enfants. A force de travail, il y a une progression. Il ne faut rien lâcher. Ils peuvent essayer de se construire, et gagner en autonomie.</p>



<p><em>L’autonomie est votre objectif prioritaire.</em></p>



<p>Moi, mon objectif est qu’il parle, qu’il puisse s’habiller. Je ne demande pas grand-chose. Juste les gestes du quotidien. Il n’a que 8 ans, je ne peux pas trop voir l’avenir. Je ne sais pas s’il pourra vivre tout seul, dans un appartement, se faire à manger. C’est un chemin qu’on doit faire aussi dans la tête, nous les parents. Je pense qu’il va arriver à faire plein de choses, car il fait des choses étonnantes. Mais c’est dur pour lui.</p>



<p><em>Peut-on dire qu’il se situe plutôt comme un enfant de 4 ans&nbsp;??</em></p>



<p>En fait, l’autisme n’est pas de la déficience. Pour certains domaines, il réagit comme un enfant de son âge. Et pour d’autres domaines, il n’y arrive pas. Dessiner un bonhomme, il le fera comme un enfant de 4 ans, ou même 3 ans. Mais il comprend tout, il analyse tout différemment. En classe, pour des exercices, il fait différent, mais c’est logique. C’est vraiment une différence, ce n’est pas de la déficience mentale. Ils voient les choses différemment. J’ai fait une formation sur l’autisme. La formatrice nous montrait un landau, et disait que l’Autiste, lui, ne voit pas un landau, il voit 16 triangles, 8 cercles. Il visualise autrement. Les sons sont amplifiés. Tout est différent pour eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8384" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><em>C’est une maladie dont on tend à dire maintenant qu’elle est d’origine génétique. Mais durant toute une période, on a aussi beaucoup culpabilisé les mamans. Avez-vous été confrontée à ça&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, et encore maintenant. En fait, c’est un handicap, pas une maladie. Car une maladie, on en guérit. Mais on naît autiste et on meurt autiste. Il y a une progression durant la vie, mais il ne deviendra jamais non autiste. Oui, la culpabilité est le problème majeur des parents d’autistes. On me dit qu’il est comme ça car tu le couves trop, qu’il ne parle pas car tu ne fais pas bien. Et encore récemment, une maman m’en a parlé à l’association, je suis désespérée, les gens disent que c’est de ma faute. Toutes les mamans s’entendent dire qu’il est comme ça car tu le protèges trop. Mais c’est complètement faux. Et cela ajoute une difficulté. On peut même parler de sur-handicap. L’autisme, ce n’est pas facile, c’est un handicap, une différence, mais ce n’est pas facile de le faire accepter dès qu’on sort de la maison. Pour nous, on ne voit pas qu’il est autiste, ses deux sœurs vivent très bien avec lui. On l’aime comme il est, on l’accepte comme il est. Faire accepter cette différence est très compliqué, car elle est mal comprise. Et ce qui est aussi difficile, ce sont les dossiers de prises en charge, MDPH, trouver les bons professionnels, les problèmes financiers. Cela s’ajoute et c’est difficile à gérer.</p>



<p><em>Cette situation impose certainement une adaptation du travail pour la maman ou le papa. D’où les problèmes financiers que vous évoquez&nbsp;?</em></p>



<p>Cela pèse aussi sur les couples. C’est difficile à gérer, et parfois, cela provoque des séparations. Dans les parents de l’association, rarement les deux travaillent. Car il y a beaucoup de rendez-vous, et donc on doit diminuer le temps de travail. En parallèle, pour certaines familles, l’orthophoniste ou d’autres soins restent à leur charge en partie. Mais on a envie de les faire car on veut les faire avancer, et on veut tout tenter. L’orthophonie est à pratiquer au moins deux fois par semaine, dès le plus jeune âge, leur travail est remarquable, il faut que ce soit régulier et sur la durée. C’est pareil pour les accompagnements sur les activités sportives financés par l’association. Pour qu’il y ait un résultat, qu’ils gagnent en autonomie.</p>



<p><em>Avec l’objectif d’une amélioration pas seulement du point de vue physique, mais plus globalement.</em></p>



<p>Egalement par rapport au groupe. Pour aussi expliquer aux autres enfants ce qu’est l’autisme, et qu’ils l’acceptent mieux. Plus on fait accepter les choses jeunes, mieux c’est. L’année dernière, je suis intervenue pour la fête de l’autisme dans la classe de mon fils, auprès des enfants qui sont avec lui depuis l’âge de deux ans. Je leur ai demandé s’ils savaient ce qu’est l’autisme, et ils ne savaient pas. Je leur ai parlé de la différence de Yohan, ils m’ont répondu que c’est le petit garçon qui est timide. Pourtant, il crie en classe. Mais ils l’ont intégré&nbsp;! Il faut expliquer pourquoi il crie, pourquoi il fait du flapping. Les autistes sautent sur eux-mêmes, avec les mains qui bougent. Il faut expliquer qu’il ne faut pas avoir peur, leur dire que toi, tu as besoin de lunettes pour voir, et lui, il a besoin du flapping pour être bien.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1024x889.png" alt="" class="wp-image-8385" width="512" height="445" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1024x889.png 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-300x261.png 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-768x667.png 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1536x1334.png 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-2048x1779.png 2048w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px" /></figure></div>



<p><em>Vous avez passé beaucoup d’heures sur internet pour essayer de comprendre l’autisme&nbsp;? Avez-vous suivi des formations ?</em></p>



<p>J’ai fait pas mal de formations. J’ai pris des infos un peu partout. J’ai passé beaucoup de temps à m’informer, à comprendre pourquoi il réagit comme ça. J’ai fait deux formations, dont une à Toulouse, une fois par semaine sur trois mois, financée par la Région. J’ai beaucoup appris là-bas, j’apprends tous les jours, avec mon enfant et les enfants de l’association.</p>



<p><em>Est-ce un choc de comprendre que toutes les dimensions de la vie de l’enfant seront modifiées&nbsp;par l’autisme&nbsp;?</em></p>



<p>Cela se fait petit à petit. Au début, je pensais que tout allait vite rentrer dans l’ordre, j’étais dans le déni complet. Maintenant, je veux faire accepter cette différence au maximum de personnes possibles. Et je veux aussi faire comprendre les compétences des enfants autistes. Ils sont extraordinaires. Ils ont des capacités énormes dans plein de domaines différents. C’est une richesse. La différence est une richesse pour les autres et pour nous-mêmes. Je vois des hommes politiques se servir du mot autisme, cela me choque. Cela veut dire «&nbsp;Ne fais pas semblant de ne pas m’entendre&nbsp;». Or l’autisme, ce n’est pas du tout ça. Au contraire, ils comprennent tout, ils entendent tout. Ces enfants sont extraordinaires, ils sont bienveillants, d’une gentillesse incroyable. Mais ils sont différents car ils réagissent différemment à plein de choses. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont fous. Il faut accepter cette différence comme plein d’autres différences.</p>



<p>Entretien réalisée par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="748" height="249" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2.png" alt="" class="wp-image-8386" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2.png 748w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2-300x100.png 300w" sizes="(max-width: 748px) 100vw, 748px" /></figure></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Simon Massbaum, la mémoire de la déportation juive en Aveyron</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Aug 2021 09:02:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Simon Massbaum]]></category>
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					<description><![CDATA[Simon Massbaum se consacre depuis plus de 20 ans à des recherches sur la déportation des Juifs d’Aveyron durant la seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1943, ce sont 398 personnes qui ont été raflées dans l’Aveyron et envoyées dans les camps, avec seulement 33 survivants. Ce travail de mémoire a levé le voile sur sa propre tragédie familiale, l’exécution de son grand-père par les Nazis dans le transport du dernier convoi parti de Drancy en août 1944.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">SIMON mASSBAUM, la mémoire de la déportation juive en Aveyron</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Simon Massbaum se consacre depuis plus de 20 ans à des recherches sur la déportation des Juifs d’Aveyron durant la seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1943, ce sont 398 personnes qui ont été raflées dans l’Aveyron et envoyées dans les camps, avec seulement 33 survivants. Par un travail minutieux dans les archives départementales et européennes, Simon Massbaum a ainsi pu identifier des dizaines de personnes mortes dans les camps de concentration, et leurs noms figurent sur les plaques commémoratives déposées dans huit villes de l’Aveyron par son association, l’ADEJMA. Ce travail de mémoire a levé le voile sur sa propre tragédie familiale, l’exécution de son grand-père par les Nazis dans le transport du dernier convoi parti de Drancy en août 1944. Une mission aux allures de quête qu’il a débutée en réaction aux positions racistes et antisémites du Front National, et qu’il poursuit inlassablement dans un contexte antisémite toujours plus pesant.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="885" height="500" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM.jpg" alt="" class="wp-image-8350" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM.jpg 885w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM-300x169.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 885px) 100vw, 885px" /><figcaption>Simon Massbaum</figcaption></figure></div>



<p><em>Une date importante dans l’histoire de la déportation juive pendant la guerre est celle du 17 août. Cette année marquera le 77<sup>ème</sup>ème anniversaire du départ du dernier convoi de Drancy vers Buchenwald, le 17 août 1944. Votre grand père Simon Zygler faisait partie des 53 personnes. A quel moment avez-vous découvert que votre grand père avait voyagé dans ce convoi&nbsp;? Et qu’il avait été victime de l’extermination&nbsp;? Car il semble que très souvent, ces tragédies demeurent secrètes dans les familles.</em></p>



<p>Effectivement, je suis né dans une famille de déportés. Vous évoquez celle qui concerne l’homme dont on m’a attribué le prénom. Mon grand père a été arrêté à Paris à deux reprises. La première fois lors de la première rafle importante, en mai 1941, qui touchait uniquement des hommes dans certains arrondissements où il y avait des juifs. On l’a appelée la rafle des billets verts. A tous les juifs d’origine étrangère, on avait remis un billet vert, qui les convoquait à différents endroits, pour clarifier les choses avec les occupants. L’inverse s’est produit. Tous ces hommes ont été piégés. Mon grand père a été envoyé à Drancy, qui venait juste d’ouvrir. Il a été libéré un an plus tard car chef de famille. Mes grands-parents tenaient un petit café-restaurant dans le Marais. Ce bien a été spolié et aryanisé, ils n’ont quasiment pas été dédommagés. Ma grand-mère a été femme de ménage, et pâtissière. Mon grand père était handicapé suite au traitement reçu dans le camp, il avait été tabassé et était devenu sourd, et il boîtait. Il ne pouvait plus travailler. Mais mes grands-parents étaient non pas naïfs, mais ils avaient l’attitude de beaucoup de juifs d’origine étrangère. Pour eux, la France avait une aura exceptionnelle, un proverbe yeddish dit «&nbsp;C’est là où Dieu vit&nbsp;». Mes grands parents ne pensaient pas que l’arrestation subie pouvait les mettre en danger. Les femmes certainement pas, et les enfants surtout pas. L’avenir montrera que c’est l’inverse. En 43, mon grand père refuse d’aller au Service du Travail Obligatoire. Il est arrêté quelques mois plus tard, et à nouveau envoyé à Drancy, puis dans un camp très dur, à Compiègne. Les conditions étaient terribles, 10 fois pire que celles de Drancy. On arrive à cette date fatidique du 17 août 44 où une cinquantaine de personnes sont embarquées dans un convoi qui porte le numéro 79.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30.jpg" alt="" class="wp-image-8344" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Pourquoi ce convoi a-t-il démarré aussi tardivement, alors que Paris est libéré entre le 19 et le 24 août ?</em></p>



<p>Il aurait dû partir plus tôt. Paris est quasiment libéré. Il s’agissait d’une tractation, entre les autorités parisiennes de l’époque, et le responsable de la SS en France, Alois Brunner, qui négocie son départ. Les nazis menacent de ravager Paris. Il demande à avoir 3 wagons, 1 au milieu avec 50 prisonniers et 2 wagons avec des militaires en armes, qui partent vers le Nord de l’Allemagne. Le train est d’abord empêché par la résistance locale des cheminots. Au bout de 2-3 jours, malgré tout, ce train s’en va. Il y a une vingtaine de résistants, Marcel Bloch (Dassault), René Frydman, la famille du Docteur Kohn. Ces personnalités sont là comme otages. Mon grand-père est arrivé le dernier dans ce wagon. Dans la nuit du 21 au 22 août, les résistants organisent leur évasion par un petit hublot du wagon à bestiaux. Mon grand-père, sourd, n’entend pas, et refuse sans doute de partir pour ne pas mettre en danger ses camarades. Le train s’arrête plus tard. Les SS ouvrent et fusillent mon grand-père dans le bois de Morteau. Le train continue, vers Buchenwald. Il s’arrête à Bergam, les enfants sont enlevés et font l’objet d’expériences sur leur corps&nbsp;: ils sont dépecés vivants. Il ne restera dans ce train que deux familles, dont les Smith, qui ont témoigné après la guerre, dans un livre «&nbsp;Le dernier convoi&nbsp;». Voilà l’histoire de mon grand-père.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25.jpg" alt="" class="wp-image-8346" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>L’autre partie de votre famille a également été victime de la déportation nazie.</em></p>



<p>Elle vivait en Pologne. La quasi-totalité a été assassinée, à Auschwitz, à Treblinka, ou dans le ghetto de Varsovie. Mon père a été l’un des rares survivants du Ghetto à être envoyé à Auschwitz. Il a fait partie des derniers «&nbsp;Sonderkommandos&nbsp;», ces hommes chargés de vider les chambres à gaz, de les mettre au crématoire. Mon père avait 17 ans, il a débuté dans l’ignoble. Je laisse imaginer la dureté de cet homme. Toute sa vie, il n’a eu peur de personne. Il s’est évadé d’Auschwitz avec une quarantaine de personnes quelques heures avant que l’Armée Russe arrive. Il a réussi à traverser vers l’Ouest de l’Europe en plein hiver. Cela montre la résistance de ces hommes, leur envie de vivre. Il a été récupéré dans un train par la Papauté, envoyé pour se remettre dans le sud de l’Italie, près de Bari. Ensuite, il a été envoyé en France, inséré dans le centre de réadaptation à la vie sociale et professionnelle de Rotschild. C’est ainsi qu’il est resté en France.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20.jpg" alt="" class="wp-image-8347" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Cette histoire familiale que vous décrivez, en aviez-vous eu connaissance étant petit&nbsp;?</em></p>



<p>Non, petit, j’ai connu le silence. Un silence parlant. Par bribes de mots. Ma grand-mère parlait yeddish pour éviter qu’on comprenne. Mais les enfants comprennent rapidement les choses. Ma grand-mère me disait, à ma sœur et moi, Ne pose pas de questions à ton père, ni à ta mère. Je comprenais que leur poser une question allait les mettre en souffrance. Donc c’était d’abord un grand mystère. Même si la guerre était finie, j’étais tout petit, quand on m’a expliqué de ne jamais dire à personne que tu es juif. C’est une position handicapante pour la suite de votre vie. C’est comme si on vous désidentifie, comme si c’est une maladie. Par rapport à mon grand-père, ma grand-mère a tout fait pour ne pas le mettre sur un piédestal. Pour éviter peut-être qu’il y ait une attirance pour l’héroïsme. Elle nous a raconté autre chose, qu’il était un joueur de cartes, qu’il avait été raflé pendant une partie de cartes. On l’a cru. Toute ma famille l’a cru. Ses filles l’ont cru. Moi, en 1989, j’avais commencé des recherches par rapport aux Juifs de l’Aveyron. J’ai alors entamé des recherches sur ma famille. Elles se sont révélées très difficiles psychologiquement. J’ai commencé en 92-93. Et j’arrêtais pendant 4-5 ans. Le temps que je digère, que je réintègre cette identité. J’ai eu les documents aux archives à Paris, prouvant que mon grand-père a vécu ce parcours. J’ai aussi appris qu’avant la guerre, mon grand-père était soupçonné d’appartenance au Parti Communiste. Il y a eu plusieurs fouilles à son domicile, mais ils n’ont rien trouvé de probant. Réellement et concrètement, j’ai appris l’histoire de mon grand-père en 2004. J’ai transmis ces informations aux rares membres de ma famille, dont son fils.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="754" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4.jpg" alt="" class="wp-image-8348" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4-300x226.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4-768x579.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous aviez tenu à être présent au Mémorial de la Shoa en août 2019 pour un rappel de cet évènement tragique. Vous y aviez prononcé</em> <em>le nom de votre grand père. Cette date a représenté un moment important pour votre famille&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, car le mythe du «&nbsp;par hasard&nbsp;», un peu «&nbsp;dilettante&nbsp;», s’effondre. Au contraire, on parle de résistant. Car quelqu’un qui ose dire non au STO alors qu’il est juif, c’est une forme de résistance. Je m’occupe de décerner les médailles des «&nbsp;Justes&nbsp;» parmi la nation, et j’ai appris que les résistances ne sont pas fermées. Me concernant, cela a déterré une partie sombre de ma mémoire. Cela m’a fait du bien. Cela m’a donné une sorte d’auto-légitimité par rapport aux autres. Hélas, Maman a perdu la mémoire au fur et à mesure. Elle ne comprenait pas quand je lui expliquais que son père était un héros. Longtemps, j’ai posé des questions. Quand mon grand-père a été arrêté pour la deuxième fois, en 43, la voisine cordonnière, qui était une bonne amie, a proposé d’aider à cacher le reste de la famille à travers sa famille agricultrice dans toute la France. D’où mon attachement à ces Justes. Quand je posais des questions à ma mère, c’était une souffrance pour elle. C’est par mes recherches que j’ai pu savoir, et en allant aussi à Chevilly Larue, où elle était cachée. Elle a été sauvée grâce au Commissaire de Police du 4<sup>ème</sup> arrondissement, il a prévenu de l’arrestation de mon grand-père. Ils ont pu être cachés. Ma mère a été cachée par une amie de la cordonnière, qui était mère supérieure au couvent de Chevilly Larue. Pour la transporter là-bas de manière légale, le commissaire a inventé un faux mandat d’arrêt, justifiant que ma mère était une délinquante. Elle a pu être envoyée dans ce couvent pour délinquantes qu’on appelait les «&nbsp;Fresnettes&nbsp;», par référence à Fresnes. Elle a vécu avec des délinquantes, a été traitée comme une délinquante pour sa propre protection, avec obligation de prières, des heures allongées sur un dallage en pierre. Je l’ai appris par mes recherches. Je lui en ai parlé, mais elle se mettait à pleurer. La seule chose qu’elle a réussi à me dire est que lorsque sa mère est venue la chercher en août 45, elle n’a pas reconnu sa mère, qui avait été cachée en Bretagne, et avait beaucoup maigri. Elle a demandé à la mère supérieure, qui s’appelait Mère Combat, qui elle était.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10.jpg" alt="" class="wp-image-8351" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Le mois d’août correspond également à plusieurs rafles de juifs dans l’Aveyron, 185 déportés en août 1942, incluant 48 à St Affrique, tous déportés à Auschwitz. Ce sont au total 398 Juifs qui ont été déportés, à Auschwitz, Sobibor, Maïdanek. Estimez-vous que ces faits étaient suffisamment connus quand vous êtes arrivé dans l’Aveyron, en 1976, il y a 40 ans&nbsp;?</em></p>



<p>Ce n’est pas une estimation. Ces faits étaient absolument inconnus. Il m’est même arrivé lors de recherches dans une archive municipale de rencontrer des résistants qui niaient l’existence des juifs. Or par exemple, à Villefranche de Rouergue, dans la rue de la République, la majorité des commerçants étaient juifs. C’était extrêmement minimisé par certaines associations d’anciens combattants. &nbsp;</p>



<p><em>Selon vous, pour quelle raison cette partie de l’histoire de l’Aveyron a-t-elle été gommée&nbsp;?</em></p>



<p>La première raison est historique. Le discours de De Gaulle est la France toute entière s’est battue et a été libérée. Alors la France n’a pas pu arrêter des gens parce qu’ils étaient juifs. Les seuls documents qui apparaissent dans un parti pro soviétique de l’époque font état d’étrangers. Le mot Juif n’est pas employé. Il y avait une volonté de minimisation pour mettre en valeur, à juste titre, la valeur profonde de la résistance. C’est mon analyse, un peu polémique, partagée par des historiens. Même si on comprend que De Gaulle ait voulu qu’il n’y ait pas cette continuité de guerre civile larvée, de règlements de comptes d’après-guerre. Un travail remarquable a été fait par mon ami Serge Klarsfeld, j’ai lu l’essentiel de ses ouvrages, historiques. Il a très vite fait cette analyse.</p>



<p><em>La majorité des juifs déportés n’a en fait pas été vraiment identifiée. Les nazis ont détruit beaucoup d’archives pour empêcher leur identification, et conserver leur anonymat. Estimez-vous que c’est une injustice supplémentaire pour vous&nbsp;dans cette tragédie&nbsp;?</em></p>



<p>C’est un double assassinat. Nier ce qui est arrivé à un être humain est un deuxième assassinat. Mais quand la guerre est finie, on n’en parle plus. Quand des juifs voulaient parler, il y avait un «&nbsp;essoufflement&nbsp;» dans leur entourage, y compris familial, et dans les institutions. On ne peut pas reconstruire la France sur un tel passé, on ne peut la reconstruire que sur un passé glorieux&nbsp;! D’où la mise en avant exceptionnelle de la Résistance. Même si dans certains pays, elle a agi beaucoup plus, et plus rapidement. En France, certains maquis n’ont pris leur importance qu’à l’été 44. Mais les réseaux existaient. En Grèce ou Yougoslavie, c’était massif. Selon des recherches d’historiens, 25% de la population juive européenne faisait partie d’un réseau de résistance. Pas obligatoirement résistance armée. Ainsi les Eclaireurs et Eclaireuses Israëlites de France ont créé des réseaux qui ont sauvé la vie de milliers d’enfants. Cela n’a pas empêché le massacre, mais a diminué le nombre de victimes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="736" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11.jpg" alt="" class="wp-image-8349" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11-300x221.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11-768x565.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous êtes investi dans un travail de mémoire depuis de nombreuses années. Pourquoi vous êtes engagé dans cette recherche&nbsp;qui prend une allure de quête&nbsp;?</em></p>



<p>J’ai commencé en novembre 1989. J’étais en Aveyron depuis plusieurs années, heureux dans le paradis que je croyais être. Je pensais qu’il ne s’était rien passé dans le département. En 1989, je lis un article dans le Monde sur les 49 propositions du Front National. A l’époque, le Front National ne représente quasiment rien, environ 3%. Quand je lis ce programme, j’ai l’impression de relire le programme nazi de 1933, avec des naturalisations sur trois générations, et d’autres mesures sur les étrangers. Je rappelle que les premières lois antisémites sont des lois contre les étrangers, le mot juif n’est pas prononcé. J’ai reçu alors un choc terrible. On sait que les gens du Front national sont une bande de facistes et racistes primaires, mais là, ils écrivent un programme. D’un seul coup, j’ai eu une prise de conscience. D’abord de ma judaïté, que j’avais mise complètement de côté. Mes parents ne m’avaient pas envoyé en école religieuse, je n’avais pas fait ma «&nbsp;bat mitsvah&nbsp;». Le ciel m’est tombé sur la tête. J’ai téléphoné à beaucoup d’associations parisiennes, et j’ai été mis en relation avec l’association des Juifs et Juives de France, présidée par Serge Klarsfeld. J’ai demandé une entrevue, il m’a accueilli, m’a expliqué son travail. Et m’a demandé de faire une recherche dans les archives de l’Aveyron pour lui. Mais quand je suis arrivé aux archives départementales, la porte était difficilement ouvrable quand je prononçais le mot Juif. J’ai insisté, et j’ai découvert la quantité incroyable de documents concernant les Juifs. Je le dois au chef de la résistance en 1944, qui avait empêché la destruction à la fin de la guerre. J’ai commencé par curiosité à consulter ces archives. Ca a commencé en 1990-91-92. Puis j’ai créé avec trois amis une association, ADEMA (Association pour la Mémoire des Déportés Juifs de l’Aveyron). Le but essentiel est de transmettre au travers de plaques nominatives. Puis il y a quelques années, Serge Klarsfeld m’a dit que ce serait bien que j’écrive le parcours de chacun. Pour moi, qui ne suis pas un intellectuel, c’était difficile. Il m’a répondu «&nbsp;Tu connais l’alphabet, tu vas y arriver&nbsp;!&nbsp;» A partir de 2016, j’ai continué mes recherches dans toute la France et l’Europe, avec l’aide financière de mon association, et de dons, y compris d’associations juives et non juives et d’hommes politiques locaux. Cela a permis de couvrir tous les frais, de voyage, hébergement. J’ai recueilli environ 40.000 documents. Durant le premier confinement, j’ai commencé à écrire les parcours et je continue quotidiennement et inlassablement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12.jpg" alt="" class="wp-image-8354" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Que représente pour vous la découverte d’un nom supplémentaire&nbsp;? Comment réagissent les familles lorsque vous leur dévoilez l’identité d’un proche mort en déportation&nbsp;? Est-ce que des familles vous contactent pour vous demander d’effectuer des recherches&nbsp;?</em></p>



<p>C’est une bonne question. Chaque fois que je tombe sur un nom, j’ai un choc. Je me dis Encore un&nbsp;! Le pire est quand je tombe sur le nom d’un enfant. Il me faut un jour ou deux pour m’en remettre. En général, dès que j’ai la certitude, je fais tout pour me mettre en contact avec la famille. C’est assez difficile car quelques fois, les survivant.es ont changé de nom&nbsp;à travers 2 ou 3 générations. Grâce à certaines archives en Belgique, entre autres du Service des Victimes de la Guerre à Anderlecht, j’ai réussi à avoir des dossiers où il y a allusion à la personne qui demande les indemnités des déportés. Je me mets en relation avec eux. Je suis aussi en relation avec les Juifs qui ont réussi à survivre à la déportation. A chaque fois, c’est un soulagement de leur part, extraordinaire, vraiment extraordinaire. Car comme je l’ai vécu, les parents ont été généralement silencieux ou très vagues, sibyllins. Je leur apporte les documents, c’est un devoir. Ensuite nous gardons des relations. J’ai pu en revoir certains. Ils m’apportent quelques rares éléments. Grâce à ces recherches, on me connaît et certaines archives indiquent M. Massbaum en Aveyron aux personnes qui recherchent leurs origines. Ou cela vient de la mairie de Rodez ou de St Affrique. C’est ainsi que je trouve les contacts. Car parfois aussi, les noms se sont francisés.</p>



<p><em>Vous avez évoqué les plaques commémoratives posées en Aveyron par l’Association pour la Mémoire des Déportés Juifs de l’Aveyron. Combien de plaques ont été apposées&nbsp;? J’ai pu voir que vous les enrichissez régulièrement, pourquoi&nbsp;?</em></p>



<p>Il y a 8 plaques en Aveyron. Plus ou moins importante sur le village. La plus petite est à Entraygues, avec le peintre Weissberg, et un vieux monsieur arrêté le même jour. Les autres sont à St Affrique, Millau, Rodez, Nauviale, Espalion, Villefranche de Rouergue, Naucelle. Effectivement, suite à mes recherches, j’ai dû modifier les noms, souvent par homonymat. Hélas, parfois, il faut ajouter des noms, comme à Rodez et Millau. On va sans doute modifier un nom et ajouter deux noms sur la plaque d’Espalion.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15.jpg" alt="" class="wp-image-8356" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Comme vous l’avez fréquemment expliqué, vous avez souffert de l’anti sémitisme dès votre enfance. Estimez-vous aussi que l’anti sémitisme s’est accru dans les 10 dernières années&nbsp;? Est-ce également une motivation pour poursuivre ce travail de mémoire&nbsp;?</em></p>



<p>Dès que j’ai quitté le quartier du Marais, où j’étais né dans le 4<sup>ème</sup> arrondissement, j’ai découvert l’antisémitisme. D’abord de la part des enseignants. Un instituteur, puis un professeur. Puis dans ma vie militaire. Jamais dans ma vie professionnelle. J’ai découvert l’antisémitisme dans ma vie amicale. A travers un mot bien connu qui est l’antisionisme. Certains de mes copains en Aveyron étaient anti-sionistes. C’est un point de vue politique. Comme si on était anti-républicain parce que la France a colonisé la moitié du monde. Encore plus à partir des années 90 quand j’ai commencé à travailler sur l’histoire de l’Aveyron. J’ai entendu dire «&nbsp;C’était la guerre&nbsp;» ou encore «&nbsp;Il faut bien mourir un jour&nbsp;». Cela de gens intelligents et proches de ma pensée politique. J’ai connu l’antisémitisme. On m’a traité de sale juif. J’ai entendu dans un restaurant des ouvriers dire «&nbsp;Il n’y a pas de juifs dans le bâtiment, ils ne se salissent pas les mains.&nbsp;» Je suis venu leur montrer mes mains, et je leur ai dit «&nbsp;Ce sont les mains d’un ouvrier du bâtiment&nbsp;». Ils se sont excusés tout de suite. Ce que n’ont jamais fait les intellectuels de mes amis. Un jour, un ami, ou du moins je le croyais ami, est même venu me voir pour me dire «&nbsp;Simon, j’aimerais que tu me pardonnes d’avance, je suis antisémite, j’ai peur des Juifs&nbsp;». Tout cela vous remet à votre place, place que vous n’avez pas choisie. La chance que j’ai est que j’ai vécu dans une famille athée. La laïcité m’a construit et m’a donné les armes pour être vigilant.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6.jpg" alt="" class="wp-image-8361" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Dans ces dernières années, vous avez assisté à l’apparition de réactions hostiles lors de cérémonies commémoratives, comme en 2016 à Millau, où des manifestants contre la loi travail avaient perturbé la pose d’une plaque souvenir pour les juifs du Sud Aveyron. Est-ce que cette manifestation vous a surpris et choqué&nbsp;? Estimez-vous juste leur argument de refus que le ministre de l’intérieur, J. Cazeneuve, soit présent sur une telle commémoration&nbsp;?</em></p>



<p>Surpris, oui. Atterré, oui. Attristé, oui. J’ai été choqué de cette manifestation de la CGT, j’y ai été moi-même syndiqué. Les gens de ce syndicat, sous prétexte de profiter de la venue d’un Ministre, Cazeneuve, ont manifesté avec beaucoup de bruit. Au début de la cérémonie, je suis allé les voir pour leur demander pour qu’au moins pendant la chanson «&nbsp;Nuit et Brouillard&nbsp;», ils gardent le silence. Ils ont ricané et pendant la chanson, ils ont commis ce déshonneur. Ces gens-là ne font plus partie de ma sphère. D’autant qu’à l’endroit même où ils ont commis ça, c’était sous les fenêtres de deux jeunes résistants juifs qui avaient été arrêtés. Cela m’a profondément troublé, et chagriné à vie. La déception a été grande, sachant aussi qu’à la tête de ce syndicat, ils ont eu Krasucki, rescapé d’Auschwitz. La transmission ne s’est pas produite. Juste avant ou après, il y a aussi eu une manifestation à Paris, des «&nbsp;Gens en colère&nbsp;». Environ 10.000 personnes qui criaient devant les Juifs «&nbsp;La France n’est pas à toi&nbsp;». Je vais d’effondrement en effondrement. Ensuite, toutes les manifestations des Gilets jaunes. Avec cette agression contre le philosophe Finkielkraut, qui même s’il est de droite, ne mérite pas ce qu’on lui dit.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="532" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-532x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8353" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-532x1024.jpg 532w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-156x300.jpg 156w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-768x1477.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-799x1536.jpg 799w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-1065x2048.jpg 1065w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-scaled.jpg 1331w" sizes="(max-width: 532px) 100vw, 532px" /></figure></div>



<p><em>Ces dernières semaines, certaines personnes du mouvement hostile au Pass Sanitaire n’ont pas hésité à arborer des étoiles jaunes en estimant qu’elles seraient, elles aussi, désignées. Quelle réaction vous inspire cette attitude&nbsp;?</em></p>



<p>Cette évolution est historiquement prévisible. Ce qui se passe avec le vaccin était prévisible. A partir de 2014, beaucoup d’entre nous savions que les choses allaient progressivement se transformer. L’histoire nous montre que c’est toujours un climat social difficile, par désespoir de la population lassée par les partis politiques, et que la délégation ne fonctionne plus, que les Juifs, qu’ils soient riches ou pauvres, sont désignés. Beaucoup d’entre nous ne sont pas surpris, mais profondément attristés. Surtout de voir l’apathie de ceux qui devraient être extrêmement vigilants, et qui représentent la laïcité républicaine.</p>



<p><em>Vous avez évoqué Serge Klarsfeld, votre ami. Je pense qu’il a beaucoup compté dans votre parcours. A-t-il été une motivation pour votre engagement&nbsp;?</em></p>



<p>Pas dans mon engagement. Dans le soutien, oui. J’avais mon envie d’engagement dès 89. Par contre, n’étant pas un chercheur, ni un enseignant, je ne savais pas comment faire. Il m’a aidé, soutenu et encouragé. Lui, et un autre historien, qui est devenu un ami, Alexandre Duluth, qui n’est pas juif. Il a produit des ouvrages remarquables, très pédagogiques sur les parcours. Il me guide, me conseille. Ce sont deux hommes, un Juif, un non Juif, auxquels je rends hommage.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21.jpg" alt="" class="wp-image-8363" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous avez mentionné votre état d’esprit, votre tristesse. Est-ce que ces recherches absorbent votre vie au quotidien&nbsp;? Arrivez-vous à faire cohabiter deux sphères, celle des recherches, et celle de la vie personnelle&nbsp;?</em></p>



<p>Le travail que je fais est un travail inlassable. Quoi qu’il arrive&nbsp;! Je l’ai dit à mon épouse «&nbsp;Cela va durer de nombreuses années. Il est possible que je sois complètement pris&nbsp;». J’ai la contrainte de m’occuper de ma vieille maman. Mais dès que la minute le permet, je retourne dans mon bureau, dans un grenier à l’écart de tout. Ce qui se passe en-dehors confirme la crainte depuis longtemps. Il y a un proverbe juif inventé par un philosophe après la guerre qui dit «&nbsp;Les optimistes sont à Auschwitz&nbsp;». Je fais partie des pessimistes. Cela ne modifie pas la mission que je me suis donné, de réaliser cet ouvrage. Le climat social, le climat international sont lourds. La seule chose qui manque est un personnage didactique. Le seul où il sera là, homme ou femme, ce sera à craindre. Mais il manque encore…</p>



<p><strong>Entretien réalisé par Odile Baudrier à Rodez le 4 août 2021</strong> &#8211; <strong>Photos réalisées par Gilles Bertrand au Camp Auschwitz &#8211; Birkenau le 26 juillet</strong></p>



<h5 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>LES RAFLES DES JUIFS EN AVEYRON par Simon Maussbam</strong></h5>



<p>Le 5 août 1942, le recensement des Juifs compte 899 juifs, étrangers et français, et environ 400 ont été déportés. Les rafles en Aveyron correspondent aux grandes rafles du Sud-Est. La première rafle des juifs étrangers s’est déroulée le <strong>26 août 1942</strong>, dans tout le sud de la France. Selon un accord entre Bousquet et le régime nazi, avec l’objectif de rafler 10.000 Juifs. Ils n’ont raflé que 6000. En Aveyron, dans une soixantaine de villages et villes, un peu plus de 200 Juifs ont été arrêtés : 185 ont été internés au camp de Rivesaltes, et ont été l&#8217;objet d&#8217;un &#8220;tri&#8221;. Cela en application des décisions de la commission de criblage, présente dans tous les départements, regroupant des officiels locaux, avec ou pas des représentants des Nazis. En Aveyron, il n’y avait que des autorités du département. La commission constatait si les personnes arrêtées correspondaient aux exemptions. Par exemple, on n’arrêtait pas les enfants de moins de 6 ans, les Français… cette commission faisait le tri. Ensuite, ce sont environ 145 personnes qui ont été déportées, avec femmes et enfants. C’était la première fois dans le Sud de la France (après Paris en juillet) que les femmes et enfants étaient arrêtées. Avant, seuls les hommes étaient arrêtés. D’où une certaine naïveté. En Aveyron, comme ailleurs, à la rumeur de cette rafle, les hommes s’étaient cachés. Ils se sont ensuite livrés, pour accompagner leur famille. Sur les 200 arrêtés, 145 ont été déportés et 11 sont revenus. Pour cette rafle, Rodez a été peu touchée. Peut-être parce que les autorités françaises ont craint un retentissement néfaste de la rafle dans cette ville très catholique.</p>



<p>A partir de ce moment-là, beaucoup de personnes se sont organisées pour cacher des Juifs. C’est aussi le côté magnifique de cette période sombre. Car non, tous les Français n’étaient pas des salauds. Toutefois l’Aveyron a la malchance d’être dirigée par un Préfet, Charles Marion, ancien militaire, collaborateur zélé et antisémite notoire. Il fait la chasse aux Juifs jusqu’en octobre 1942, avec l’aide des gendarmes. Dans les jours suivant cette rafle, des personnes réagissent, s’étonnent que des familles entières aient été raflées, à Millau, Villefranche de Rouergue, Decazeville, dans des petits villages.</p>



<p>Le <strong>11 novembre 1942</strong>, après le débarquement en Afrique, les Allemands envahissent toute la zone libre, qui devient zone sud. Tous les Juifs qui vivent sur une bande de 3 km sur la Méditerranée doivent être expulsés vers 4-5 départements à l’intérieur, dont l’Aveyron. Fin 1942, environ 150 juifs arrivent en Aveyron, puis seront transférés plus tard, vers le Cantal. Ils servent de stock aux autorités françaises et occupantes, en cas de manque de Juifs dans d’autres convois. Début janvier 43, ils arrivent en Aveyron, par le train.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23.jpg" alt="" class="wp-image-8367" width="500" height="375" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure></div>



<p>Puis entre le <strong>15 et le 20 février 1943</strong>, dans tout le sud de la France, environ 80 Juifs, seulement des hommes, sont raflés. Ceci suite à un attentat à Paris contre des gradés SS abattus par la Résistance. Il est prévu l’arrestation de 2000 juifs en représailles, avec la complicité du gouvernement de Vichy. Jusqu’en novembre 1942, il n’y a aucun Allemand dans le Sud de la France, et en Aveyron. A nouveau, les rafles sont faites par les gendarmes français, sur ordre du Préfet Marion. Ils seront tous envoyés dans un camp situé dans les Basses Pyrénées, à Gurs, puis à Drancy. Puis dans deux convois, 50 et 51, les 4 et 6 mars 1943, à Maïdanek au sud de la Pologne, et exterminés à Sabibore.</p>



<p>Puis entre 42 et 43, ces hommes font partie de GTE, groupement de travailleurs étrangers. Ils partent à droite, à gauche selon les besoins de l’économie. A noter que beaucoup d’agriculteurs ont fait de fausses déclarations pour garder ces hommes en exagérant leurs capacités. Egalement, des médecins, sauf un, ont fait de faux certificats médicaux, car les gens malades et contagieux n’étaient pas raflés.</p>



<p>La dernière rafle aura lieu en <strong>avril 1944,</strong> exclusivement à Rodez. Elle concerne des juifs français, venus de Paris rejoindre leur famille. Environ 40 sont arrêtés, et enfermés à la Caserne Burloup, devenue l’Université Champollion. Certains sont tabassés, torturés, avec une seule question Ou se trouve votre argent&nbsp;? Ils ont été arrêtés par la Milice accompagnée de la Gestapo allemande, grâce au fichier constitué par le Préfet Marion. C’est à cause du travail minutieux de la Préfecture et des commissariats que la Gestapo a pu arrêter ces 38 personnes, y compris des enfants, les sœurs Blum au sein même de l’école. Toutes ont été déportées dans les convois 73 et 74. Une partie est partie en Estonie et en Lituanie. Toutes sont quasiment mortes dans des conditions atroces, sauf les plus jeunes d’entre elles. Madame Herzog, Jeanine Blum, et trois autres.</p>



<p>En tout, en Aveyron, 33 hommes, jeunes enfants, sont revenus de la déportation.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27.jpg" alt="" class="wp-image-8365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Antoine Dubruel, la peinture, c&#8217;est un moment de grâce</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jul 2021 14:37:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[Antoine Dubruel]]></category>
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					<description><![CDATA[Antoine Dubruel, artiste peintre, a posé son chevalet et sa besace de « vagabond », écartelé entre les gorges de la Dourbie à St-Jean du Bruel et les Gorges du Tarn pour trouver l’inspiration à créer des paysages « rêvés », un monde, son monde, entre réalité et tumultes de ses souvenirs d’une jeunesse révoltée. Rencontre, entretien et portrait]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><img decoding="async" width="2048" height="1365" class="alignright size-full wp-image-8321" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10.jpg" alt="" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></h2>



<p></p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#0b549d" class="has-inline-color">ANTOINE DUBRUEL, LA PEINTURE, C’EST UN MOMENT DE GRACE</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#0b549d" class="has-inline-color">Antoine Dubruel, artiste peintre, a posé son chevalet et sa besace de «vagabond» dans le Sud-Aveyron, écartelé entre les gorges de la Dourbie à St-Jean du Bruel et les Gorges du Tarn pour trouver l’inspiration à créer des paysages «&nbsp;rêvés&nbsp;», un monde, son monde, entre réalité et tumultes de ses souvenirs d’une jeunesse révoltée. Rencontre, entretien et portrait.</span></strong></p>



<p>J’ai sonné à la porte de cette belle demeure de la rue de Planard. Un déclic, j’ai entendu distinctement «c’est au second, le chien est imposant mais il n’est pas méchant». Je suis monté.</p>



<p>En grimpant sur la pointe des pieds, marche après marche, comment se défaire de cette petite appréhension à franchir la porte d’un inconnu ? A poser sa besace dans le recoin d’une pièce sans que cela ne gêne, à découvrir un visage, une posture, à découvrir une voix, son intonation, sa gravité ou sa fragilité, à découvrir une lumière, des odeurs, à poser son regard sur des titres de livres soigneusement rangés ou nonchalamment posés sur un guéridon ou sur ces morceaux de bois sec tortueux et noueux allongés comme des lézards pétrifiés sur les rebords de fenêtres. Est-ce de l’audace ? Le premier pas, la première impression, le premier regard, une main tendue que l’on évite, que l’on ne peut saisir. Un bonjour poing fermé contre poing fermé. J’étais chez Antoine Dubruel, artiste peintre. Je suis rentré.</p>



<p>Le chien était bien imposant, pattes puissantes, babines palpitantes, mais pas méchant, juste reniflant. Quelques caresses, quelques gratouilles et chatouilles, il s’est frotté puis il s’est couché sur le carrelage d’une pièce demi-ovale, baignée d’une lumière douce. Une fenêtre était ouverte, petit air frais, la Pouncho en ligne de mire. Je me suis assis dans le moelleux d’un fauteuil. Devant moi, une table basse, face à moi, accroché au mur, le tableau «&nbsp;les sillons de la Colère&nbsp;» pour plonger droit sans retenue dans l’univers d’Antoine Dubruel, comme debout, les deux pieds sur le vernis craquelé d’une table d’orientation, le vide sous vos pieds à caresser les lignes de fuite, un océan imaginaire et l’horizon sous tension.</p>



<p>Le cadre était posé. Nous étions l’un en face de l’autre dans cette pièce en forme de boudoir et de fumoir où autrefois les bourgeoises, épouses de gantiers et mégissiers bien nommés, les soirs de dîners, devaient jacasser en sourdine et rires pincés sur les infidélités des unes et les caprices des autres. Nous avons bu un café. Devant moi, un homme au visage sec, les bras secs, fine moustache en arc de cercle, regards sombres, un petit air d’aviateur époque illustre de l’Aérospatiale ou de danseur argentin. Entre deux clopes roulées et fumées sur le balcon, on a parlé basket «je voulais être pro, j’étais meneur de jeu. J’étais fan de Freddy Hufnagel. Il jouait à Pau – Orthez». On a parlé tango. Les airs de Francisco Canaro ont vite bourdonné à nos oreilles dans l’énergie de l’abrazo et du milonga «A Toulouse, pendant deux ans, j’ai été de tous les bals, je dansais dans la rue à St Georges, j’allais au Tangueando, la maison du Tango, rue Bayard». On a parlé du grand père, André Dubruel, résistant dans le réseau Brutus, puis au front avec une unité de 40 hommes et blessé à la frontière allemande. L’artiste raconte «nous avions des réunions de famille très animées. Souvent, il disait «vous voyez là, en montrant son entre jambe, si la balle avait dévié de 2 centimètres, y’a aucun de vous qui serait ici ce soir» et d’ajouter «&nbsp;avec lui, je suis même allé assister au procès Papon&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-4-1024x695.jpg" alt="" class="wp-image-8316" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Il faut toujours une intro pour se découvrir, un café, une clope, des anecdotes, des potins «&nbsp;je suis d’ici, je suis de là&nbsp;» pour que les épaules se relâchent, que le dos s’arrondisse, que la respiration s’apaise, que les jambes se croisent. Simplement pour être bien, pour quitter le pardessus d’une histoire parfois lourde à porter, pour dégrafer le col de chemise et laisser filer les mots comme on saute à cloche pied pour traverser un cours d’eau. La trouille des miradors et des sables mouvants, qu’importe, la vie à fleur de peau, ses intrigues, ses énigmes, le grand voyage, Bordeaux, Arcachon, Toulouse, Sète, Dolan dans les gorges du Tarn et enfin Millau, l’itinéraire de ce «vagabond«&nbsp;était déjà brièvement tracé sur ce vaste échiquier où les pions entre reines et rois, entre fous et cavaliers avancent souvent dans l’imprévu, dans l’indécision avant que les portes du palais ne s’entrouvrent. Le chien dormait allongé sur une carpette, les yeux mi-clos. Peut-être nous écoutait-il&nbsp;?</p>



<p><strong>. Gilles Bertrand</strong>&nbsp;<strong>: Dans vos entretiens accordés aux médias dans l’avant-première d’une exposition, vous revenez souvent sur les origines sociales de votre famille, sur une période de révolte qui vous écarte d’un chemin tout tracé. Pouvons-nous refaire ce bout de chemin qui est peut-être fondateur dans votre parcours d’artiste&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Antoine Dubruel</strong> : Je suis originaire d’une vieille famille de notables du Bordelais et du Lot. Mon arrière-grand père a créé la faculté de droit à Beyrouth, mon grand-père fut, lui aussi, juriste et mon père, lui aussi, est rentré en fac de droit. Gosse, j’aimais le droit mais j’ai traversé une période intense de révolte. J’étais un dilettante et peu studieux mais j’ai quand même obtenu ma licence en droit. J’étais en révolte contre le père, contre un milieu, dans une forme d’autodestruction. Ma vie était débridée.  Je lisais le Monde Diplomatique, je le lis d’ailleurs toujours (il me montre du doigt le dernier numéro posé plié sur la table ronde devant nous). Je connaissais la marche du monde, je regardais ce monde en me disant « mais quelle horreur ! ». J’ai tourné le dos au droit et je me suis inscrit en histoire de l’art, un univers qui m’était totalement étranger. Un jour, en cours, on nous passe une diapo, c’était une représentation d’un tableau de Van Gogh « Le Semeur » et là, je me suis dit « c’est cela que je veux faire ». Et pendant un an, je disais « je vais peindre, je vais peindre », mais j’avais peur de passer à l’acte. Un jour, avec ma compagne d’alors, nous passons devant une vieille boutique à Toulouse, elle me prend par le bras et nous rentrons. J’ai acheté un pinceau, un couteau et trois tubes, trois couleurs primaires et un blanc et un noir.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Comment pourriez-vous qualifier cette période de révolte&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : J’étais un homme révolté. Je prenais des risques. Comme de grimper dans une grue  à mains nues. Je n’étais pas suicidaire mais nihiliste. C’était comme au poker, on joue tout sur un coup même si j’avais qu’en même cet instinct de survie. La musique était très importante pour moi, ma famille était fan de jazz, j’ai assisté aux concerts de Stan Getz, Miles Davis, Michel Portal, Michel Petrucciani. Ce fut une période de grande désillusion, très sombre, très noire. Mes premiers coups de pinceau, ce fut sur du carton mais très vite, c’est devenu une obsession. J’enchaînais les petits boulots mais ma vie prenait enfin du sens. Ma vie ne tournait plus qu’autour de la peinture. Je peux dire que la peinture m’a sauvé. J’étais en lutte contre le système, à ma façon, j’avais besoin de donner une autre représentation du monde, de dire les choses à ma façon. J’étais prêt à tout sacrifier. C’était la peinture ou rien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-7-1024x666.jpg" alt="" class="wp-image-8319" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: La vie d’artiste débute parfois par une période plus ou moins longue d’errance, de vaches maigres, une quête pour s’affirmer, pour se réaliser. Avez-vous connu cette période délicate ?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : A 30 ans, je suis parti pour Sète. Je me souviens, je cherchais un appartement. Un jour, je rentre dans un immeuble, vraiment affreux, je monte et j’arrive dans un taudis mais je m’y suis installé et pendant six mois, je l’ai rénové et j’en ai fait un petit bijou. C’est devenu mon atelier. J’avais la vue sur l’Etang de Thau au soleil couchant et le matin le lever de soleil sur toute la ville qui descend, le vieux port, la mer et le ciel. C’était rue de la Révolution dans un quartier populaire. Et là, je peux dire que j’ai connu la pauvreté. J’avais souvent le frigo vide. Plusieurs fois, j’ai eu recours à la distribution alimentaire organisée par le CCAS, le lieu s’appelait le Café de la Paix.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Ici, dans cet appartement, nous sommes entourés de toiles exprimant des paysages, certaines ont été exposées dernièrement à Carcassonne. Mais dans quel style avez-vous évolué à vos premiers coups de pinceaux&nbsp;?&nbsp; </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: J’ai commencé par le corps humain. C’est devenu obsessionnel. Je me suis formé avec le nu et le vivant en travaillant le corps abstrait. Puis j’ai été influencé par le peintre Jackson Pollock. J’avais une table anglaise et comme lui, je peignais en tournant autour de la toile. Et en prenant des cours, j’ai fini par redresser mes tableaux et travailler sur chevalet. Puis j’ai été formé par le peintre Jean Louis Ducros, il m’a enseigné l’histoire de l’art à sa façon, au broyage des pigments. Il apprenait sans apprendre. Il parlait peu mais ça me parlait beaucoup.</p>



<p><strong>.G.B.</strong> <strong>: Aujourd’hui vous vivez dans le Sud-Aveyron et vous partagez votre temps entre St Jean du Bruel où vous avez votre atelier et Millau après un séjour long à Dolan au-dessus des Vignes. Les Gorges du Tarn semblent avoir pris une place importante dans votre inspiration, comment l’expliquez-vous ? </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: Fin 2019, je me suis installé à Dolan dans une maison de famille d’une amie. Comme à Sète, j’ai rénové cette maison qui n’avait pas de chauffage. J’ai souvent fait cela dans ma vie. Et le premier confinement est arrivé. J’étais sidéré. Une période qui m’a beaucoup perturbé. J’étais très en colère. J’avais besoin de liberté, de me sentir libre pour peindre. Dans les Gorges du Tarn, j’étais loin de tout, ces paysages m’ont obsédé. J’ai passé beaucoup de temps à regarder la lune, le soleil. Nous avions des lunes exceptionnelles. J’ai un rapport cosmogonique avec le ciel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8313" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;: <strong>Sur certaines de vos toiles, soit à l’encre de chine ou bien à l’huile, une boule trouve une place prenante dans le ciel, cela exprime-t-il votre colère, ce feu interne, intense qui brûle&nbsp;encore en vous ?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: La boule de feu, c’est une révolte, c’est une révolte lumineuse. Pierre Bourdieu disait «&nbsp;la sociologie, c’est un sport de combat&nbsp;». Moi aussi, quand je peins, je rentre sur le ring et ça dure le temps que cela doit durer. Quand je peins, c’est un contre un. C’est le feu qui monte. Je suis comme un débutant. J’ai le sentiment de repartir à zéro. A ce moment-là, y’a plus personne. A Sète, je vivais dans un quartier très bruyant. Je me disais «&nbsp;tu ne peux pas arriver à peindre&nbsp;» mais au premier coup de crayon, je n’entendais plus rien et à la signature du tableau, le bruit revenait. Ma peinture, c’est un sport de combat. Dans le geste, je danse, c’est une danse. C’est l’instant où je suis serein, je suis en accord avec moi-même.</p>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;<strong>: L’homme, la femme, sont absents de vos tableaux, par contre des éléments naturels sont récurrents dans vos composition. Comment expliquez-vous cette présence d’arbres aux formes si particulières, ces rangées de piquets…&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : Ces végétaux sont comme des monstres, comme des figures anthropiques. On ne sait pas s’il s’agit d’un arbre ou d’un être. J’aime le motif de l’arbre mort. Ca me parle. Oui, on peut y trouver un geste propre au tango. Les piquets, ce sont ceux du bassin d’Arcachon. Cela me permet d’accentuer la profondeur du tableau. Le bois n’a plus de vie mais l’eau lui redonne vie.</p>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;: <strong>Sur certains de vos tableaux, on reconnaît très distinctement certains lieux dans les Gorges du Tarn ou comme ici la Pouncho d’Agast mais vous ne vous arrêtez pas à une représentation fidèle de ces paysages, vous ajoutez votre propre monde. De quel monde s’agit-il&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: C’est tout d’abord un état d’esprit dans lequel je suis. Tel que je vois le monde, tel que je le ressens. Je fais un tableau monde. J’ai un rapport au monde très particulier, j’ai un rapport politique au monde. J’ai toujours été en conflit avec certaines valeurs actuelles. Je me sens dissident dans ma façon de vivre. Il y a des évènements qui me marquent et cela se traduit dans ma peinture, dans mes titres de tableaux qui ne sont pas choisis par hasard.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-6-1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-8318" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Extraire un monde pour reconstruire un monde, Antoine Dubruel «le vagabond» en équilibre, en transe, au pas de danse, funambule sur son échafaudage à bâtir de nouveaux horizons, dans cette pièce balayée d’une lumière montante. Midi était proche, les Gorges du Tarn devenaient envahissantes, majestueuses, impératrices et magnétiques.&nbsp; Nous étions entourés de grands cadres &nbsp;vernis de noir, étreignant de grandes falaises plongeantes, le minéral titubant dans le végétal. En contre bas, ce Tarn devenu vaste mer avant même qu’il ne se jette dans la Garonne, ces couleurs rougeoyantes, des contrastes, le trait fort, puissant où le pigment du jaune trouve des brèches pour s’extraire, pour jaillir. Et puis cet arbre torturé comme une vénérable danseuse de flamenco claquant des doigts et du talon et ces piquets comme des balises pour s’accrocher au romantisme de ces doux souvenirs, les plus doux pour apaiser des souvenirs de jeunesse malmenée passés à caboter dans la baie d’Arcachon, ses odeurs, des saveurs, les embruns, le sel mordant les lèvres, à combattre les fièvres. L’artiste l’affirme «&nbsp;je crée un monde qui est le mien. J’arrive en position haute et j’ouvre le paysage. Quand je pense peinture, je pense au paysage qui est en moi&nbsp;» pour faire renaître en urgence, comme une brusque résurgence, l’île aux oiseaux, ces prés salés, ces ciels zébrés du bassin d’Arcachon, «&nbsp;des oeuvres qui s’« oxygènent » et se « végétalisent » chaque jour un peu plus au sein d’une nature luxuriante, désormais omniprésente&nbsp;» comme l’écrit Elida Fabre témoin de cette mutation.. L’artiste s’échappe ainsi «&nbsp;je rentre dans ma peinture. Plus rien d’autre n’existe que la toile. C’est un moment de grâce. Je ne suis plus vraiment sur terre. Puis à la fin, je me fais un café. Je regarde mon tableau en biais. J’ai un sourire qui dure trois à quatre jours. J’ai décollé&nbsp;».</p>



<p>Le site internet d&#8217;Antoine Dubruel : <strong>www.antoinedubruel.fr</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8315" width="1159" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-5-1024x698.jpg" alt="" class="wp-image-8317" width="1160" height="760"/></figure>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Vladislav Nikolov, un air de Bulgarie à Millau</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/29/vladislav-nikolov-un-air-de-bulgarie-a-millau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jun 2021 10:49:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[RELAIS VIH 12]]></category>
		<category><![CDATA[Vladislav Nikolov]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a cinq ans que Barthelémy a convaincu Vladislav Nikolov, son compagnon, de s’installer à Millau, où le couple a été si bien accueilli. Vladislav Nikolov, ancien journaliste, a dupliqué en France l’engagement politique qu’il déploie en Bulgarie, son pays natal. Avec une volonté inébranlable, celle de défendre bec et ongles la démocratie. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Vladislav Nikolov, un air de Bulgarie à Millau</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>«&nbsp;Un endroit magique&nbsp;». C’est ainsi que Barthelémy a présenté Millau, qu’il avait connu dans son enfance, à Vladislav Nikolov, son compagnon, pour l’inciter à s’y installer il y a cinq ans. Un choix que le couple n’a jamais regretté tellement tous les deux s’y sont sentis très bien accueillis. Vladislav Nikolov, ancien journaliste, a dupliqué en France l’engagement politique qu’il déploie en Bulgarie, son pays natal. Avec une volonté inébranlable, celle de défendre bec et ongles la démocratie, et le droit de vote qu’il vénère après avoir vécu dans une Bulgarie totalitaire.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="693" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1024x693.jpg" alt="" class="wp-image-8300" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1024x693.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1536x1039.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Odile Baudrier&nbsp;: Vous êtes né en Bulgarie, vous avez été journaliste pour la BBC, RFI… Pouvez-vous nous détailler votre parcours de journaliste&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Vladislav Nikolov</strong>&nbsp;: Alors, voilà un peu de préhistoire&nbsp;! Je suis né en Bulgarie dans les années 70. J’ai voyagé dans mon enfance avec mes parents, on a passé du temps en Irak à Bagdad, puis à l’adolescence en Indonésie. Jeune adulte, j’ai commencé mes études en Union Soviétique, à Moscou. Mais je voulais absolument découvrir l’Occident, qui jusqu’à ce moment-là, avait été «&nbsp;imaginaire&nbsp;». Je la recevais beaucoup par les sons, car j’écoutais les radios internationales. Je me créais mon monde à moi, qui n’était que virtuel. En 1989, le lendemain de la chute du mur de Berlin, un coup d’état «&nbsp;de palais&nbsp;» est arrivé en Bulgarie. J’ai su alors que je devais partir assez rapidement. Car je voulais finir mes études ailleurs qu’à Moscou, où j’étais arrivé par accident. Et la deuxième raison qui me guidait aussi est que je voulais vivre ma vie comme je l’entendais, et donc mon homosexualité librement. Je me suis retrouvé à Paris un peu par hasard. J’étais seulement anglophone, je devais partir dans une université américaine ou britannique. Quand je suis allé à l’ambassade américaine pour voir les possibilités, le catalogue était très gros et il s’est fermé sur la dernière page, sur l’Université Américaine de Paris. C’est là que j’ai atterri&nbsp;! j’ai passé haut la main les examens d’entrée et du coup, j’ai été le premier d’Europe de l’Est dans cette Université, qui est assez internationale. Elle m’a aidé à plonger à Paris et dans le monde. Mes études étaient payées par une bourse vu mes résultats. Mais il me fallait aussi travailler en parallèle pour vivre. On m’a incité à contacter la rédaction de Radio Free Europe. Ils m’ont demandé de faire un petit reportage sur la France. Je débarquais, j’avais déjà écouté, mais jamais écrit. J’ai fait un sujet sur le thème de la rentrée, une institution en France. Et peu après, ils m’ont demandé d’autres sujets. Je suis ainsi devenu le correspondant pour la Bulgarie pour Radio Free Europe&nbsp;!</p>



<p><em>Vous vous retrouvez ainsi propulsé comme journaliste.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’ai appris sur le tas. J’ai fait un tour en Bretagne pour ma maîtrise. De retour à Paris, j’ai pu devenir stagiaire à Radio France Internationale, puis 5 ans au service des programmes. Puis le chemin m’a mené, avec des hauts et des bas. Début 2003, Radio Free Europe a fermé, le gouvernement Bush a coupé les financements. J’ai travaillé alors pour la BBC, comme correspondant pour la Bulgarie. Puis eux aussi ont fermé. J’ai aussi été correspondant pour le principal journal de Bulgarie, «&nbsp;&#8216;Dnevnik&nbsp;». Voilà ma carrière de journaliste.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8301" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Qu’est-ce qui vous a amené à vous installer à Millau&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>En 2006, la vie nous a fait rencontrer avec un garçon. On a vécu ensemble assez rapidement. Lui, il est du Nord. Il était venu en vacances dans le sud avec ses parents, et il avait de super souvenirs de Millau. Il s’y sentait bien. Chaque année, il achetait son cartable en cuir au Mandarous, chez André Sales. Il me disait «&nbsp;Il faut qu’on aille à Millau. C’est un endroit magique&nbsp;». Moi, je ne connaissais pas du tout le Sud-Ouest. Je me suis retrouvé là, il y a 5 ans, et pour tous les deux, c’est une sorte de révélation. On respire. Il y a les vibrations des causses. Les gens nous ont super accueillis. Après Paris, on était passés par la Bourgogne, et ce n’était pas pareil. On a passé deux années là-bas, ce n’était pas facile. Ici, on a été très agréablement surpris, ça a très bien marché pour tous les deux.</p>



<p><em>Vous avez découvert une ville séduisante, accueillante et tolérante. Je comprends que c’est un point compliqué à appréhender&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>C’est difficile. C’est vrai que c’est plus facile dans les grandes villes. Car il y a l’anonymat. Pourtant cela ne veut pas dire qu’on est plus acceptés que ça. Mais on a la possibilité d’y vivre plus facilement. C’est pour cela que les jeunes gays vont souvent dans les grandes villes. En Bourgogne, nous étions dans une ancienne ville industrielle de 10.000 habitants. Nous nous sommes faits jeter par les dentistes. Cela existe en France&nbsp;! Le contraste est important avec Millau, qui est une ville très ouverte. L’Aveyron peut être une terre assez conservatrice, avec un caractère propre. Les gens essaient d’abord de voir à qui ils ont affaire. Ce n’est pas comme dans le Sud est où on ouvre les bras à tout le monde. Ici, petit à petit, les choses se passent bien. Le fait d’arriver comme un couple n’a pas provoqué de remous. Les gens étaient juste un peu curieux.</p>



<p><em>Vous êtes donc un couple marié depuis combien de temps&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>On s’est mariés ici à Millau il y a 3 ans, en 2018. On a fait une grande fête avec une cinquantaine de personnes, venues d’un peu partout en France, et aussi une partie de ma famille est venue de Bulgarie, en décalé. Au début du mariage gay, ce n’était pas forcément important pour nous, mais ici, justement, cela symbolisait quelque chose. A l’époque, nous avons été le premier mariage gay à Millau, célébré par Hugues Richard. On essaie, par la vie qu’on mène ici, de servir d’exemple. Des jeunes gays de l’Aveyron peuvent se dire qu’ils ne sont pas obligés de partir à Montpellier. Même si c’est plus difficile pour eux car ils sont du coin, ils ont des racines.</p>



<p><em>Vous travaillez donc maintenant pour l’association Relais VIH 12.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’ai été d’abord bénévole. Mon mari et moi, nous sommes tous les deux séropositifs. Nous sommes suivis à l’hôpital de Rodez, et nous avons pu rencontrer cette association qui s’occupe très bien des patients, et fait de la prévention. Puis un poste s’est libéré, je l’ai pris en septembre dernier. C’est un job vraiment super. Cela me permet d’être utile, de faire quelque chose que je connais, d’avoir des convictions. Et concrètement de pouvoir faire bouger les choses. Sur une petite échelle, c’est vrai. Dans le journalisme, cela arrive aussi, mais c’est plus ténu. Là, c’est vraiment gratifiant. On a des permanences à l’accueil de jour, aux Restaus du Cœur, on fait des interventions dans les lycées, les missions locales. Petit à petit, on fait bouger. On les aide, même au niveau affectif. On est là pour dédramatiser certaines choses, pour les épauler pour les tests, les dépistages. C’est un travail et un plaisir. C’est un peu une «&nbsp;mission&nbsp;».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8302" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Etiez-vous déjà engagé dans la lutte contre le sida lorsque vous viviez à Paris&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Je suis un peu un vieux de la vieille&nbsp;! J’ai été contaminé peu de temps après mon arrivée en France, il y a 30 ans. J’ai connu tout le parcours. Au début, je n’étais pas tellement engagé. Je voulais faire partie des protocoles. A un moment, j’ai travaillé pour le Journal du Sida, j’ai pu réunir mes deux aspects. J’ai fait des enquêtes sur l’Europe de l’Est. J’ai eu une période pas forcément militante, mais où j’ai pu contribuer concrètement. J’ai eu des petits copains très engagés, je suivais la lutte. Puis avec Barthélémy, on a mis nos parcours ensemble. J’ai laissé un peu les choses de côté pendant un moment. Cela a été bienvenu de pouvoir s’impliquer à nouveau. L’année dernière, nous avons monté une petite réunion autour de l’homosexualité dans la ruralité. J’ai aussi été proche de l’association «&nbsp;Alertes&nbsp;», très active dans la région. D’autant plus que la nouvelle municipalité est ouverte et réceptive. Des choses se mettent en place. C’est gratifiant d’être dans le mouvement.</p>



<p><em>Quels liens conservez-vous avec votre pays, la Bulgarie&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Là, il me faudra 4 heures&nbsp;! Je suis devenu français en 2007, et j’ai pu voter pour la première fois. J’ai gardé exprès la double nationalité. Pour moi, ce n’est pas que symbolique. Je suis né là-bas même si physiquement, je n’y ai pas beaucoup vécu, j’y ai fait mon service militaire. Mais cela fait partie de moi. Avec la transition difficile qu’ils sont en train de vivre, du totalitarisme, c’est un peu un combat de Sisyphe. Là-bas, je fais partie du parti des «&nbsp;Verts&nbsp;», qui s’intègre dans une coalition de 3 partis, «&nbsp;Bulgarie Démocratique&nbsp;». C’est eux qui gardent la flamme de la démocratie dans un paysage politique très difficile car il y a eu 12 ans d’un gouvernement très lourd, avec des liens avec la mafia, beaucoup de corruption. Moi, je suis impliqué à distance, par les réseaux sociaux. Sur l’angle de la démocratie, et aussi de la communauté LGBT, qui a été très malmenée pendant la campagne par des forces conservatrices, chauvinistes. Il y a eu des violences contre des jeunes LGBT. J’essaie d’aider indirectement par des parallèles, par des appuis à des actions. C’est un peu dichotomie. J’y mets le pied rarement. D’un côté, je ne me sens pas vraiment en sécurité là-bas. J’y vais mais je sais que j’ai mon billet de retour&nbsp;!</p>



<p><em>L’insécurité est-elle surtout liée à votre activisme politique ou à votre statut de gay&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N. : </strong>Les deux. La société est difficile. Tout a été fait pour rompre les liens entre les gens, et cela a marché. On travaille sur les instincts très primaires, très basiques. Il y a vraiment un déclin sur plusieurs aspects. La distance me permet d’être préservé, de faire les choses et d’avoir un cercle de sécurité et de sérénité.</p>



<p><em>Et votre famille, vit-elle toujours là-bas&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Justement, je vais en Bulgarie en juillet pour quelques jours pour chercher ma mère, qui a 82 ans. Elle va venir vivre à Millau. Elle ne peut plus être autonome. Ma cousine et son mari vont partir en Angleterre. Il n’y aura plus personne là-bas. Cela me permettra de renouer les liens avec ma mère. Mon mari a beaucoup insisté pour la faire venir.</p>



<p><em>Votre famille a-t-elle approuvé vos choix de vie, par rapport à l’exil et à votre couple&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>C’était progressif. Ma mère a été une mère téléphonique pendant toutes ces années. Cela va changer. Par rapport à l’homosexualité, et à la séropositivité, la distance m’a aidé. J’avais le double verrou à faire sauter. Je voulais choisir le bon moment. Mais il n’y a en fait jamais de bon moment. Je me disais que j’allais le faire quand je serai heureux, mais ça ne n’est pas passé comme ça. Ca ne se passe jamais comme ça&nbsp;! Ce n’est pas arrivé à un très bon moment. Ce n’est pas par rapport à l’homosexualité, c’est par rapport à la séropositivité. Cela les a fait paniquer.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="673" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-8303" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1024x673.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-300x197.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-768x505.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1536x1010.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Surtout à l’époque&nbsp;!</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, c’était début des années 2000. J’ai vécu une dizaine d’années sans problème. Puis quand les trithérapies ont commencé à marcher, il fallait expliquer. Moi, début des années 90, je le disais très peu, sauf à mes partenaires. J’ai toujours été assez serein par rapport à ça. Je l’utilisais comme une sorte de coup de pied.</p>



<p><em>Vous avez donc suivi une trithérapie.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, très tard. J’ai eu la chance de passer 15 ans sans en avoir besoin. C’est rare. Je me faisais suivre régulièrement. Quand on s’est rencontrés avec mon compagnon, j’avais commencé à en avoir besoin. Et on a commencé ensemble. Cela nous a aidés tous les deux. Cela remonte maintenant à 2007.</p>



<p><em>Pour la famille, cette maladie est une source d’inquiétudes&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, c’est une source de peur. De me perdre. J’ai dû expliquer, rassurer. Ce n’est pas anodin, il y a des effets secondaires, il y a des fatigues. Même s’il y a maintenant un seul comprimé par jour, c’est à base de chimiothérapie. A la longue, il faut suivre ça de près. Et aussi, le virus demeure toujours présent, même s’il est indétectable. Il est tapi dans des réservoirs, l’infection est là.</p>



<p><em>Votre mère était-elle venue pour votre mariage&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Elle n’avait pas pu venir car elle était malade. Ma tante, ma cousine et son mari étaient venus, en décalé car mon neveu avait des examens. Ils ont bien aimé, ils ont raconté à ma mère.</p>



<p><em>Du coup, votre mère arrive dans une ville qu’elle ne connaît pas&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Elle était venue à Paris 2 ou 3 fois. Elle adore la France. Elle regarde la télé française de Bulgarie, même si elle ne parle pas français. Notamment le samedi soir, Patrick Sébastien&nbsp;! On a beaucoup parlé de son installation ici. J’essaie d’aplanir les choses pour que ça se passe bien pour tout le monde. Pour qu’on structure une famille.</p>



<p><em>Vous disiez que vous étiez impliqué dans la politique bulgarienne notamment via les réseaux sociaux, mais vous êtes également très actif en France dans ce domaine. On a pu voir que dans la période avant les régionales, vous avez beaucoup incite au vote en rappelant qu’en France, on a la chance de pouvoir voter car vous venez d’un pays où le droit de vote n’a pas toujours pu s’exercer.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Pour moi, c’est viscéral. Je mesure la chance. Et pas seulement la chance car les gens se sont battus pour le droit de vote et ont réussi. Je suis admiratif par rapport à la vitalité de la démocratie française. C’est dommage que les gens la prennent pour acquise. Elle n’est jamais acquise. Moi, j’ai des souvenirs de la Bulgarie totalitaire, de mascarades de votes. C’était une fête avec la musique, tout le monde devait y aller, mais il y avait un seul candidat… C’était fantoche. J’ai participé un peu aux évènements de 1989. Il y a eu un grand rassemblement le 14 décembre 1989, mon copain de l’époque et moi, on était en première ligne, on avait encerclé le Parlement. On l’appelait le Parlement, mais ils confirmaient juste les décisions du Parti. On voyait les parlementaires derrière les rideaux, des visages terrifiés. Nous étions à côté, nous le peuple, et notre seule demande était l’abrogation de l’article 1<sup>er</sup> de la Constitution, qui postulait que le Parti est Père-Mère et tout sur terre. On voulait juste ça. On avait appris ensuite qu’à un moment, le Président de l’époque, qui avait remplacé le dictateur, qui était le Ministre des Affaires Etrangères, censé être un peu plus ouvert, avait appelé les chars. Cela a tenu à très peu que ça bascule. J’ai vécu ces tensions-là, et du coup, depuis que j’ai la possibilité de voter, depuis 2007, je n’ai pas raté une élection. J’ai tenu un bureau de vote à Paris, ici à Millau. Pour moi, c’est une fête, une vraie fête, ce n’est pas quelque chose qui nous est imposée. Effectivement, je suis impliqué à deux endroits. J’essaie de servir de facilitateur pour expliquer aux uns et aux autres ce qui se passe de l’autre côté, et apporter un regard. Je me suis retrouvé à défendre les mêmes valeurs. Ici, j’étais vert-PS. Là-bas, une coalition qui se disait de droite mais qui était progressiste car le Parti Communiste rebaptisé socialiste est conservateur et réactionnaire. Le pouvoir est mafieux, et ce petit pays est facile à contrôler.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="842" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1024x842.jpg" alt="" class="wp-image-8305" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1024x842.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-300x247.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-768x632.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1536x1263.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Et en France, à quel moment, vous êtes-vous engagé politiquement&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’étais dans un bureau de vote à Paris. Mais c’est à Millau que je me suis vraiment engagé. J’avais besoin de contribuer là où j’étais. J’en avais envie. Je voulais aussi rendre à la ville, aux gens. C’était assez naturel. C’est aussi très gratifiant. Je peux à ma façon expliquer certaines choses. J’ai été un soutien proche de la liste d’Emmanuelle Gazel. Mais même ici, je revendique mon indépendance. C’est la première fois que je m’engage. Je le fais en fonction de mes sensations. Je l’ai fait il y a 4 ans pour la Présidentielle. Pour moi, venant de Bulgarie, les étiquettes n’ont pas d’importance. A l’époque, on était devant un ballotage Le Pen- Fillon. Pour nous, c’était l’horreur des deux côtés. Je me disais qu’il faudra monter sur le Larzac pour faire une résistance&nbsp;! Et j’ai entendu Emmanuel Macron parler de l’Europe en février 2017. J’étais convaincu. C’était un peu miraculeux, il nous a sauvé d’un grand danger. Car Fillon prenait son thé avec Poutine dans sa datcha de la Mer Noire. Et le Pen pareil. Pour moi, Poutine, c’est l’incarnation de la destruction. Il essaie de détruire la démocratie en Europe de l’Ouest. C’est plus dangereux en Bulgarie, mais il faut aussi se méfier ici. Je vois que plus les gens se désintéressent, et plus c’est dangereux pour la démocratie.</p>



<p><em>Allez-vous vous engager à nouveau pour la campagne présidentielle&nbsp;2022&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Maintenant, je m’engage différemment. J’ai eu une période militante, sur le terrain. Mais là, ma mère arrive, j’ai mon travail, je vais être engagé, mais peut-être pas directement. J’ai mes convictions. Paradoxalement, je me sens viscéralement français. Comme j’ai été si bien accueilli, je pense avoir le devoir de traduire ce que je comprends de la France, de son histoire, de ses traditions, et de défendre ça. C’est aussi mon rôle comme «&nbsp;nouveau&nbsp;» Français. J’y tiens beaucoup. C’est aussi une grande richesse pour la France, des gens comme moi. On s’implique, on s’intègre. Moi, je me sens complètement intégré. Je n’ai jamais senti de discrimination. J’ai des convictions tranquilles, mais sereines. J’échange avec des personnes partout en France avec lesquelles je me sens en proximité intellectuelle, où on se retrouve sur des valeurs fondamentales. Je m’intéresse à la Bulgarie, à la France, à l’Europe. C’est mon identité. Une identité un peu patchwork&nbsp;! &nbsp;</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> à Millau le 26 juin 2021</p>
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		<item>
		<title>Benoît Séverac, ton personnage faut le faire bouillir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Jun 2021 17:15:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît Séverac]]></category>
		<category><![CDATA[Festival Polar et Vin]]></category>
		<category><![CDATA[Polar]]></category>
		<category><![CDATA[roman policier]]></category>
		<category><![CDATA[Tuer le Fils]]></category>
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					<description><![CDATA[Benoît Sévenac est auteur de polars à succès. Invité au Festival Polars et Vins, le romancier acceptait un temps de lecture à la Maison d’Arrêt de Rodez. Devant 6 détenus, il expliquait son métier d’écrivain et la genèse de son dernier livre « Tuer le fils » inspiré d’une expérience personnelle pour avoir conduit un atelier de lecture mené en 2017 à la prison de Muret. Nous l’avons suivi et écouté.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/benoit-severac-polar-2.jpg" alt="" class="wp-image-8272" width="1160" height="760"/></figure></div>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #262669;">BENOIT SEVERAC, TON PERSONNAGE FAUT LE FAIRE BOUILLIR</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color: #1d3682;"><strong>Benoît Séverac est auteur de polars à succès. Invité au Festival Polars et Vins, le romancier acceptait un temps de lecture à la Maison d’Arrêt de Rodez. Devant 6 détenus, il expliquait son métier d’écrivain et la genèse de son dernier livre «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» inspiré d’une expérience personnelle pour avoir conduit un atelier de lecture mené en 2017 à la prison de Muret. Nous l’avons suivi et écouté.</strong></span></p>



<p>J’étais prévenu «je ne viendrai pas en moto mais en 2 CV». Nous avions rendez-vous à 8h45. A 8h45 précise, la deuche est arrivée.</p>



<p>Couleur crème, peinture flaque, vitre avant gauche à demi ouverte, une série «&nbsp;Spécial&nbsp;». De toute façon, une Deuche, c’est toujours spécial, comme un art de vivre, comme un art de conduire, pied au plancher, la route à 80, au max, le pif sur ce gros volant, le dos rond dans le moelleux des sièges, les genoux au menton, le cliquetis dans les oreilles, les freins en pédalage, les courbes en tangage.</p>



<p>Devant le 971 de la Rue des Routiers, Benoît Séverac s’extirpa de sa docile «&nbsp;Deux Pattes&nbsp;», veste en jean froissé et jean fripé. Devoir accompli, une petite virée matinale, un Toulouse – Rodez sans encombre, à bon port, le pilote mal rasé, un genou endolori mais la mine réjouie, ça valait bien une petite claque amicale sur le capot bombé.</p>



<p><strong>Benoît Séverac</strong> est auteur de roman noir. Une notoriété enfin bien installée dans l’univers du polar, un récent passage remarqué à La Grande Librairie du très lettré et stylé François Busnel, avec en poche son dernier roman à succès «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» et un CV dans lequel on peut fouiller et piocher à foison pour construire un personnage de roman, il fut même à 15 ans gardien de troupeau chez un cousin du côté du Caylar et du Pas de l’Escalette dans le Sud Larzac.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/benoit-severac-polar-1.jpg" alt="" class="wp-image-8271" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p></p>



<p>Lorsque Paule Haminat, la présidente du Festival Polar et Vins, lui propose un temps de lecture à la Maison d’Arrêt de Rodez, l’auteur ne peut décemment refuser. Il viendra en moto ou en deuche mais il sera présent, comme en 2018, fidèle à ce salon littéraire où le noir de l’écriture fait bon ménage avec le rouge carmin d’un bon merlot. Car son dernier opus «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» prend justement&nbsp; source et inspiration dans un atelier de lecture que Benoît Séverac anima en 2017 dans le centre de détention de Muret pendant sept mois dans le cadre du «Marathon des Mots».</p>



<p>Sur le bas côté de la chaussée, nous sommes attendus par Marion, elle bosse depuis 2016 dans le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation comme coordinatrice des actions culturelles. Un petit bout de femme, vive et enjouée, pétillante et chaleureuse «&nbsp;faut respecter les horaires, on est juste à l’heure, on va monter, on aura le temps de prendre un café&nbsp;». Entre le parking et la porte d’entrée verrouillée, présentation vite faite «&nbsp;le SPIP, c’est quoi&nbsp;?&nbsp;» elle résume vite fait, bien fait, les actions de son service allant de la lutte contre l’illettrisme à faciliter les accès aux aides sociales et au travail lorsque vient le temps du retour à une liberté retrouvée.</p>



<p>Premier sas, une surveillante derrière une vitre teintée, lumière basse. Elle est blonde, elle est grande, un avant bras tatoué, sur son épaule gauche, un écusson, Marion taquine «&nbsp;c’est autorisé ça&nbsp;?&nbsp;». Un message en surpiqure sur le macaron «&nbsp;la patronne, c’est qui&nbsp;?&nbsp;». Benoît Séverac plaisante «&nbsp;ça, ça va se retrouver dans un polar&nbsp;».</p>



<p>Nous vidons nos poches, nous dégrafons nos ceintures et nos montres. Le casier 15 nous est attribué pour nos sacs. Pas de clefs dans les poches, pas de téléphone,&nbsp; nous passons le portique, puis une seconde porte. Grande cour, un mat blanc porte drapeau, de grands massifs de lavande, nous suivons Marion. Une porte, un ascenseur, étage 3, un couloir, une odeur de café, surveillants et cadres sont réunis dans le bureau de droite. Ca discute entre collègues «&nbsp;tu devrais visiter cette prison, elle a du être construite dans les années soixante dix, ça c’est une prison&nbsp;!».</p>



<p>Sur la grande table, une radio, le magazine «&nbsp;Etapes&nbsp;», la revue des personnels de l’administration pénitentiaire. Dans un angle du couloir, une photo de cette prison construite en 2013 posée sur un chevalet «&nbsp;tu vois, nous sommes là&nbsp;» précise Marion.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000080;">TROIS SYMBOLES DE LA RESISTANCE ET DE LA LIBERTE</span></strong></h3>



<p>Nous nous esquivons poliment. Maggie nous rejoint, étudiante en droit à Toulouse, en stage pour découvrir l’univers carcéral. Nous rejoignons un second sas, la salle des API, nous écoutons attentivement les explications sur le fonctionnement de cette alarme portative. Benoît Séverac se saisit de la radio et clipse l’émetteur sur sa ceinture. Nous sortons.</p>



<p>Sur notre gauche, encore un grand escalier métallique à grimper, nuages en édredon, ciel sous tension, quelques gouttes de pluie, sur notre droite, le terrain de foot, grand rectangle de lumière posé comme un drap blanc. Nous saluons Martine en charge du quartier socio-culturel. Grand couloir, peinture verte pâle, lumière acide, de grandes fresques au mur, les visages de Simone Weil, Nelson Mandela, Jean Moulin, trois symboles de la résistance et de la liberté. Nous entrons.</p>



<p>Romuald passe la tête. En mars dernier, à la libération de Karim, la direction le choisit pour gérer la bibliothèque de la Maison d’Arrêt. Avec Marion, ils se vouvoient. Tous les deux se tiennent dans l’embrasure de la porte «&nbsp;j’ai réorganisé la bibliothèque, j’ai trié les livres, les BD, par genres. J’avais besoin de cela, pour moi, c’est une ouverture. J’aimerais créer une activité littéraire en formule libre&nbsp;». Marion écoute «&nbsp;j’aimerais que l’on travaille sur l’idée de la liberté lorsque nous en sommes privés. Pour réfléchir à plusieurs. Quand on travaille l’esprit, on peut changer la donne&nbsp;».&nbsp; Marion l’encourage, il précise «&nbsp;en ce moment je passe une licence en droit commercial&nbsp;».</p>



<p>Romuald se tourne vers moi, il croise mon regard, je lui pose cette question «&nbsp;mais vous aviez le Bac&nbsp;pour rentrer en licence&nbsp;?&nbsp;». Il répond «&nbsp;moi, j’ai quitté l’école à la fin de mes 16 ans. J’ai enchaîné les petits boulots, en menuiserie, en boulangerie&nbsp;». Il sourit et ajoute avec la formule suivante «&nbsp;moi, je suis passé de Bac – 2 à Bac +2 en obtenant un BTS en transport&nbsp;». Il enchaîne «&nbsp;Moi, mon objectif, c’est d’avancer dans la vie. Même ici. Le choc carcéral, ça a duré deux jours et je me suis dit «&nbsp;faut que j’avance. Car la vie, ce n’est pas d’attendre. J’avais ma propre entreprise, je l’ai perdue, mais j’ai bon espoir de la rouvrir. Vous savez, de ma cellule, j’ai la chance de voir la route. Je vois passer les camions. Les camions, c’est ma passion. Quand ils passent, je les regarde, je suis comme un gamin, c’est ma liberté&nbsp;».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright"><img decoding="async" width="176" height="240" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/mail.ovh_.jpg" alt="" class="wp-image-8278"/></figure></div>



<p>Six détenus arrivent dans la salle. Des bonjours polis, rien de plus. Nous organisons les chaises en cercle. Marion se charge de l’introduction «&nbsp;si vous êtes curieux, n’hésitez jamais à vous inscrire à ces temps d’échanges et de rencontres. Des fois, ça plaît, des fois non. Ca ne rapporte pas de RPS mais d’être ensemble, parfois, on peut voir où on peut aller&nbsp;».</p>



<p>Benoît Séverac se présente, le buste plié en deux, les deux coudes sur les genoux, son livre «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» serré entre les mains comme un missel de messe. Des pages sont annotées, des morceaux choisis quand viendra le temps de la lecture «je vous proposerai quelques lectures et ensuite on parle&nbsp;» il s’excuse en précisant «&nbsp;je ne m’attends à rien&nbsp;» pour laisser filer les mots, capter des regards, ouvrir des brèches aussi étroites soient-elles, la taille de la pointe d’un BIC pour lâcher une impression, un sentiment «&nbsp;je suis dans le roman noir. Finalement, les enquêtes de police ne m’intéressent pas&nbsp;». Une première question fuse d’un jeune homme, cheveux mi-longs assis face à l’auteur «&nbsp;et Mary Higgins Clark, ça ne vous intéresse pas&nbsp;?&nbsp;». Réponse du romancier «&nbsp;moi, j’aime les enquêtes simples. On n’est jamais dans une scène de crime. Je suis là pour explorer les phénomènes de société. Je rentre par le biais de la psychologie. Ca part d’un coup de gueule. Ca part d’une émotion forte. Mon dernier livre est né d’une expérience personnelle en prison à l’occasion d’un atelier de lecture. On faisait ce que l’on voulait. On parlait de ce que l’on voulait. J’y ai vu des gens avec leur sensibilité, à parler de leur enfance, à revenir sans cesse à leur relation avec le père, ça m’a marqué. Ce fut une expérience super forte. Pour le livre, j’ai exploré ces relations père &#8211; fils&nbsp;».</p>



<p>Les hommes sont attentifs, parfois regards directs, parfois yeux mi-clos, jambes croisées, l’un d’entre d’eux griffonne des notes en triturant nerveusement son stylo. Parfois des petits mouvements de tête pour acquiescer aux propos du narrateur, sans mot dire. Benoît Séverac en vient aux faits «&nbsp;je vais vous faire le pitch du livre. Le père, c’est un salopard&nbsp;». Ca fuse encore en face «&nbsp;c’est un gentil mot&nbsp;»…&nbsp;» le mot juste serait délétère&nbsp;». Le jeune homme poursuit «&nbsp;vous faisiez quoi comme boulot&nbsp;?&nbsp;»…&nbsp;«&nbsp;j’ai longtemps été prof&nbsp;»…&nbsp;»Ah, je m’en doutais, à cause de votre dégaine&nbsp;». Dégaine des détenus, baskets Nike, tee-shirt, pantalon souple. Le jeune homme a 27 ans dont 7 dans la rue, gare du Nord, gare de l’Est, le soir à dormir sous une tente à fumer une saloperie achetée avec le fric de la mendicité «&nbsp;je me faisais 400, 600 mais tout partait dans la cocaïne. Le soir, j’étais à zéro sous la tente. J’ai quitté la rue pour ma copine. Pourtant, je m’y plaisais même si c‘était la crasse. J’ai arrêté pour elle. D’un coup, j’ai fumé deux galettes et je suis parti, j’ai tout arrêté&nbsp;».</p>



<p>Premier instant de lecture, le silence s’installe dans cette salle où la lumière des dix néons plaqués au plafond est écrasante. Le romancier balaie les pages, un marque page de fortune indique le passage à lire. Voix posée, débit lent, brève respiration après chacune des phrases, petit accent toulousain dans les déliés. Le morceau choisi, le chapitre consacré à présenter Sylvia, l’épouse du flic Cérisol, chargé de l’enquête. Ecoute attentive, seul l’homme de gauche s’écroule sur sa chaise, le buste penché sur une table, yeux fermés. Benoît Séverac explique les contours de ce personnage «&nbsp;c’est la seule femme du livre. Son rôle est important car c’est grâce à elle que beaucoup de choses avancent&nbsp;». Le bibliothécaire intervient «&nbsp;comme lecteur, on s’attache à un personnage comme par exemple dans les romans d’Harlan Coben. On apprend à les connaître, on devient presque copains&nbsp;». Rien de tel dans les romans de Benoît Séverac, pas d’inspecteur fétiche comme chez Mankell avec Kurt Wallander ou Harry Bosch chez Michael Connelly, l’auteur précise «&nbsp;j’adore mes personnages mais mes héros «&nbsp;meurent&nbsp;» à la fin et Cérisol va mourir à la fin&nbsp;». S’en suit une digression entre thriller et polar, Romuald précise sa pensée «&nbsp;les gens sont fascinés car potentiellement au fond de nous, nous sommes fascinés par cette ligne rouge qu’il ne faut pas franchir&nbsp;»…réponse du romancier «&nbsp;on est attiré par les grands fauves&nbsp;». Dans la salle, on se tortille sur sa chaise, des noms fusent de policiers héros des vieilles séries policières, Colombo, Maigret, Derrick. Ca rigole, l’atmosphère se détend, il est temps de se plonger à nouveau dans les pages de ce roman pour mieux comprendre qui est Matthieu Fabas, tout juste sorti de taule après avoir commis un crime homophobe odieux et déjà présumé coupable du meurtre de son père. Chapitre 4, lecture du carnet intime écrit par Matthieu Fabas participant à un atelier d’écriture lors de ses 13 années à l’ombre à purger une peine longue. Le morceau choisit se termine ainsi «&nbsp;«&nbsp;il y en a dehors pour considérer que nous jouissons de conditions bien trop confortables. «&nbsp;Ils ont même la télévision dans leur cellule&nbsp;!&nbsp;»&#8230;.&nbsp;» «&nbsp;et on a même le frigo» L’homme que l’on croyait endormi brame une phrase, l’auteur est interrompu net, Benoît Séverac envoie un direct «&nbsp;Tu m’as pété ma dernière phrase&nbsp;». Un détenu se retourne «&nbsp;allez, continue à faire dodo&nbsp;». Benoît reprend son souffle et termine sa phrase «&nbsp;comme si la télévision rendait libre&nbsp;».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="color: #000080;">&#8220;Vous êtes motard ? Vous roulez avec quoi ?</span></h3>



<p>Troisième temps de lecture, l’heure tourne, le temps autorisé est dépassé, une surveillante baraquée comme David Douillet met une épaule dans la porte déverrouillée «&nbsp;OK, vous pouvez aller jusqu’à 25-30&nbsp;». Nous remercions, la porte claque, Benoît Séverac ouvre son roman, ses doigts s’arrêtent sur le chapitre 15. En haut de page 94 est précisé en gras «&nbsp;cahier de Matthieu Fabas, centre de détention de Poissy, mardi 3 avril 2018, atelier d’écriture n°4&nbsp;». Matthieu écrit dans son carnet intime «&nbsp;j’ai choisi de parler du concert de Johnny que je suis allé voir avec mon père en 2012 au stade de France. J’avais 18 ans. C’est un des souvenirs les plus forts de ma vie, et les plus amers&nbsp;». Les détenus écoutent avec plus d’attention que lors des deux premiers passages. Il est question  d’un concert et d&#8217;un Johnny endiablé, de moto et de motards enflammés, est-ce la raison&nbsp;? Un détenu qui, jusqu’alors, était resté muet et impassible sur sa chaise demande d’une voix douce «&nbsp;vous êtes motard, vous roulez avec quoi&nbsp;?&nbsp;»…&nbsp;«&nbsp;je roule avec une XSR 900&nbsp;» le détenu de répondre «&nbsp;moi, j’ai une SV1000&nbsp;». Benoît Séverac explique «je suis motard et dans mon roman, j’ai voulu montrer certains aspects méconnus de la moto. Car vous savez, dans ce milieu, il n&#8217;y a pas que des anges. A Toulouse, j’étais pote avec un chef d’atelier d’un garage. Le soir, les copains s’y retrouvaient à la fermeture. On passe par derrière, on sert le whisky, ça fume, ça picole, ça bricole. Je laisse trainer mes oreilles et je récolte du matériau dont je me sers dans mes romans…». Le détenu motard embraye «&nbsp;j’ai grandi aux Antilles, quand un gars avait la peau plus noire que les autres, on lui disait «&nbsp;t’es noir comme un Haïtien&nbsp;».</p>



<p>Sans temps mort, sans craindre une réponse fuyant dans les corridors, le bibliothécaire pose cette question très personnelle «&nbsp;lorsque tu as une âme littéraire, que tu as toujours écrit, comment sais-tu que tu peux passer du texte personnel à un roman&nbsp;?&nbsp;». Peut-être était-ce l’instant attendu pour Romuald, dans l’urgence du temps qui passe si vite à écouter l’homme porte-plume à la fois fragile et robuste de dire «&nbsp;je suis assez désespéré par l’être humain mais j’aime trop l’humain. Je suis toujours entre dépression et exaltation » à écouter l’album Harvest de Niel Young «&nbsp;allons-nous lâcher prise ou nous fondre dans le soleil&nbsp;?&nbsp;» saoulé par une ravageuse mais savoureuse mélancolie. La réponse de l’auteur aux 17 romans est directe «&nbsp;il n’y a que toi qui peut le sentir. Il n’y a que toi qui sait que tu as un truc important à raconter, qu’il est urgent de raconter pour les autres. C’est non contrôlable. C’est un acte très fragilisant. Ca va devenir une obsession et tu vas te donner le droit de le faire en passant du temps à donner de la chair à un personnage. Je t’ai entendu parler de discipline, là c’est pareil. Tu dois écrire tous les jours&nbsp;». Romuald tient &nbsp;un journal de bord, déjà 80 pages noircies. Il glisse «&nbsp;Ca canalise l’esprit. Tu pars moins en vrille car parfois tu as des remontées». &nbsp;Le romancier ajoute «&nbsp;tu vas faire vivre tes personnages dans ta tête. Il faut les faire bouillir pour les faire sortir&nbsp;»… Pour tuer le fils ou tuer le père&nbsp;?</p>



<p><strong>. RPS :</strong> Réduction de Peines Supplémentaires</p>



<p>. Tous les prénoms ont été modifiés</p>



<p><strong>. Tuer le Fils</strong> aux éditions <strong>La Manufacture des Livres</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/benoit-severac-polar-3.jpg" alt="" class="wp-image-8273" width="1160" height="760"/></figure></div>
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		<title>Laurent et Laurence Glinz, les autodidactes de la vente en ligne bio</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jun 2021 18:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Espace bio santé]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Glinz]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a près de 15 ans, Laurence et Laurent Glinz n’ont pas hésité à bazarder leur travail et leur maison pour s’installer à Millau, pour y gérer une boutique de produits biologiques. Il y a huit ans, le couple décide de s’orienter vers un site de la vente de produits diététiques bio, entièrement créé par Laurent, un autodidacte d’internet]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Laurent et Laurence Glinz, autodidactes de la vente en ligne bio</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Sous leurs dehors tranquilles, Laurence et Laurent Glinz dissimulent un sérieux goût du risque. Il y a près de 15 ans, ces deux Parisiens bon teint n’ont pas hésité à bazarder leur travail et leur maison pour rompre avec leur vie parisienne et s’installer à Millau pour y gérer une boutique de produits biologiques. Un choix osé à considérer que le couple ne connaissait en fait même pas la ville ! Ce premier grand virage fut suivi d’un autre changement radical, il y a huit ans, l’abandon de l’activité d’épicerie biologique pour un site internet de ventes en ligne de produits diététiques et compléments alimentaires, espace-produits-bio.com, entièrement créé par Laurent, pourtant un autodidacte d’internet.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8262" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Pouvez-vous présenter votre activité de vente par internet de produits diététiques&nbsp;?</em></p>



<p>Laurent Glinz&nbsp;: Nous sommes arrivés ici en 2007, c’était une épicerie de fruits et légumes BIO, il n’y avait pas de site internet. Je n’y connaissais rien. D’ailleurs, à l’époque, je n’avais même pas un ordinateur&nbsp;! Et puis, je me suis dit Pourquoi ne pas vendre sur internet&nbsp;? J’ai mis une dizaine de produits sur internet, on a reçu des commandes avec règlement par chèque, après, j’ai travaillé avec PayPal et par carte bancaire. Puis, c’est monté, c’est monté, il y a eu beaucoup de commandes. Il devenait compliqué de gérer les fruits et légumes et le site internet. On a décidé d’arrêter les fruits et légumes en 2013. On a voulu garder le magasin, on l’a rénové, car à l’époque, il n’y avait pas de chauffage et pas de clim. Au départ, j’avais débuté internet avec un site très simple, gratuit. A ce moment-là, je suis passé sur un site plus perfectionné, avec beaucoup plus de choix pour mettre en valeur les produits, de plus belles photos. C’est un site vraiment professionnel, avec un abonnement élevé chaque mois. Je passe entre 3 et 4 heures par jour à installer de nouveaux produits, les mettre en valeur, vérifier les allégations, mettre de belles photos, avoir des prix compétitifs. Je fais un peu de pub sur Google, le budget peut vite devenir gros, un clic coûte environ 1 euro. Moi, je veux travailler, je fais des grosses journées, mais je ne veux pas me développer pour avoir 10 ou 20 employés. Je préfère que nous soyons seulement tous les deux, moi et ma femme. Un site internet demande beaucoup de travail&nbsp;! Même le week-end, je suis sur l’ordinateur.</p>



<p><em>Vous aviez déjà pris un premier virage de taille lorsque vous avez décidé de quitter Paris, et vous avez pris à nouveau un gros risque, de transformer une épicerie bio en site de vente de compléments alimentaires.</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8257" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p>Laurent&nbsp;: oui, c’est prendre un risque. C’est comme quand on a quitté la région parisienne. On est arrivés à Millau sans connaître personne. On a quitté les deux boulots, vendu la maison, on ne voulait pas la garder pour ne pas avoir la tentation de revenir un jour. Cela fait 14 ans qu’on est partis, et on ne regrette rien. Comme je dis à mes amis, ici, je suis en vacances tous les jours. Nous, on ne prend jamais de vacances, on prend juste des week-ends de 3-4 jours, et en 14 ans, on n’a pas pris 3 semaines de vacances.</p>



<p>Laurence&nbsp;: On suit le mouvement. On ne se projette pas dans le futur assez loin. Il y a des gens qui pensent les choses loin. Nous, certains changements se sont faits parce qu’on a suivi. On n’a pas subi, mais on a suivi. A un moment, on a bien vu que les fruits et légumes Bio, les céréales pouvaient se trouver dans les grandes surfaces. On s’est dit qu’il fallait prendre le tournant. Le site se développait, on a su prendre le virage. En fait, on a suivi l’évolution de la société&nbsp;: internet est incontournable. Même en local, et on l’a d’ailleurs vu pendant le premier confinement.</p>



<p>Laurent&nbsp;: on vend environ 90% sur internet et 10% en magasin. On savait qu’en arrêtant l’épicerie, on aurait moins de monde. Mais on savait aussi que le travail serait plus agréable pour nous. Chaque jour, il fallait trier, ranger, porter les cartons. Je recevais des palettes énormes. Maintenant, j’ai des livraisons tous les jours, mais de petits colis.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8254" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Avez-vous suivi une formation ou avez-vous été conseillé pour créer votre site&nbsp;? &nbsp;</em></p>



<p>Laurent&nbsp;: J’ai tout fait, j’ai intégré des produits qui me semblaient qu’ils allaient marcher. D’autres où j’hésitais. Sur internet, il faut être bien référencé, mettre de bonnes URL. J’ai tout appris par moi-même. J’ai acheté un bouquin il y a une dizaine d’années. Encore actuellement, je me forme. Je retravaille les URL, il faut avoir un bon code HTML. J’ai appris à aller dans le code source.</p>



<p><em>Combien de produits proposez-vous sur le site&nbsp;? Quels sont les produits phares&nbsp;? Qui sont vos clients&nbsp;?</em></p>



<p>J’ai environ 800 produits sur le site. Le produit phare, c’est le silicium, pour les articulations, les produits pour le transit, le sommeil, le stress, le foie, et les colorations cheveux. Les gens sont plus stressés avec le COVID. Les commandes viennent de toute la France et de l’étranger aussi, Suisse, Allemagne, Espagne, Italie, et aussi du Canada et du Japon. Nous avons beaucoup de clients d’Europe, d’Angleterre. L’important, c’est le référencement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8255" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Pourquoi aviez-vous décidé de quitter Paris pour vous installer à Millau&nbsp;?</em></p>



<p>Laurence&nbsp;: mon mari était dans la restauration. Moi, j’étais gestionnaire de sinistres au siège d’une grande compagnie d’assurances, avec beaucoup d’avantages. Nous vivions à l’est de Paris, je travaillais à l’Ouest. Ce sont surtout les transports qui nous ont donné envie de quitter. On ne voulait pas imposer à nos enfants d’avoir la même vie que nous, de prendre les transports pour aller au collège. On s’est dit que ce n’était pas humain.</p>



<p>Laurent&nbsp;: avoir 3 heures de transport chaque jour, partir travailler, revenir pour faire les courses, s’occuper des enfants. Même maintenant, je me demande comment on faisait&nbsp;! Ma femme me répond «&nbsp;On le fait car on ne se pose pas de questions&nbsp;». Je disais toujours qu’on partirait dans le sud quand je serai à la retraite. Ma femme m’a dit «&nbsp;Quand tu vas arriver là-bas, tu vas connaître qui&nbsp;? tu seras tout seul dans ton coin&nbsp;». Puis j’ai laissé tomber, mais elle m’en reparlait souvent. Du coup, on s’est décidés. J’avais envisagé d’acheter un petit snack dans la restauration. Nous avons vu une annonce rue de la Capelle à Millau. En fait, nous ne connaissions pas Millau&nbsp;! Nous sommes venus au mois de novembre, la rue de la Capelle ne nous a pas plu. Nous sommes passés rue du Mandarous devant le magasin Bio. Ma femme a réalisé que l’agence nous l’avait proposé, et qu’on avait dit non. Comme nous étions là, nous sommes entrés. Nous avons fait une offre et voilà&nbsp;!</p>



<p><em>Souhaitiez-vous aussi bâtir un projet en couple&nbsp;?</em></p>



<p>Laurence&nbsp;: Pour les fruits et légumes, il fallait être deux. Pour le site, il faut être entre 1 et 2. Alors, je travaille à mi-temps pour le site, et j’ai un emploi à temps plein en plus, dans les assurances. L’avantage d’internet est qu’une partie du travail peut être faite à temps choisi. Le matin, on fait la facturation. A midi, je peux faire les colis, prêts à partir pour 14 heures. J’ai préféré saisir une opportunité dans les assurances, car on savait que nos enfants allaient partir en études supérieures, et qu’il fallait anticiper pour les budgets. Les deux boulots me plaisent. Je ne supporte pas de rester sans rien faire&nbsp;! Le soir, quand il va courir, je fais la compta. Finalement, ce rythme qu’on avait à Paris, on ne l’a pas complètement arrêté. J’ai besoin d’être en mouvement.</p>



<p><em>Comment se sont passés vos débuts à Millau&nbsp;? &nbsp;</em></p>



<p>Laurent : Au début, j’ai eu du mal car ce n’est pas évident quand on ne connaît personne, ce n’est pas évident. Cela a duré 2-3 ans. En fait, j’ai rencontré du monde quand j’ai commencé à courir. Maintenant, je connais plein de monde. Quand j’amène mes colis à la poste, je rencontre toujours quelqu’un. Je discute 5 minutes ou un quart d’heure, ou je reviens directement. J’ai une grande qualité de vie malgré les heures de travail. Jamais je ne voudrais repartir d&#8217;ici.</p>



<p>Laurence : au début, le magasin lui a demandé beaucoup de concentration. Il n’était pas ouvert aux autres. Moi, je voyais plus de monde, avec les enfants, l’école.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="688" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-8253" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1024x688.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-768x516.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1536x1032.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Aviez-vous déjà couru avant de reprendre ici à Millau&nbsp;?</em></p>



<p>Laurent&nbsp;: je n’avais jamais fait de sport de ma vie. J’avais couru une fois sur les bords de la Marne, et j’ai trouvé que ce n’était pas pour moi&nbsp;!</p>



<p>Laurence&nbsp;: Vous savez comment il est arrivé à la course à pied&nbsp;? J’avais une amie qui voulait faire la Course du Viaduc en 2014. J’ai dit Si tu le fais, chiche, moi aussi&nbsp;! Je me suis inscrite, je me suis préparée, et j’ai couru toute seule car elle était blessée. Quand je suis arrivée, il m’a dit Moi aussi, je peux le faire. Et il s’est mis à courir.</p>



<p>Laurent&nbsp;: Du jour au lendemain, je courais tous les jours 7 sur 7, pendant 2 ou 3 mois. J’étais à bout, je n’en pouvais plus. J’ai fait le Viaduc en 2016 et 2018. J’avais eu du mal. La deuxième année, j’avais mis le même temps, mais j’avais moins souffert. Moi, je suis plus trail que route. J’ai fait pas mal de courses du Festival des Templiers, j’ai été aussi bénévole pour l’association 12.COM. La première année, je courais seul, je faisais beaucoup de route. Ma femme me disait d’aller en club. Je suis rentré à 12.com. Les deux premières fois à la piste, j’avais l’impression qu’ils se connaissaient tous. Ils se parlaient, de leur oncle, de leur copain. Je pensais qu’ils n’allaient jamais me parler&nbsp;! Et puis, je me suis intégré. Maintenant, on se voit, on se fait des soirées, des restaus.</p>



<p>Je dis souvent à ma femme que j’aurais bien voulu naître à Millau. Je connaîtrai tout le monde. Ils ont une chance, ils ne s’en rendent pas compte. C’est un luxe d’aller quelque part et de connaître les gens, le garagiste, le pharmacien. A Paris, dans le métro, vous ne connaissez personne. J’aurais aimé avoir grandi ici pour connaître tout le monde. Je dis souvent Ici, c’est chez moi.</p>



<p>Laurence : il a fait le marathon de Paris, il ne s’est pas senti bien, il s’est assis sur les marches d’une station de métro. Les gens se sont attroupés, et lui ont demandé s’il était français. Et il a répondu « <strong>Je suis Aveyronnais</strong> ».</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos : <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



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