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	<title>Sport &#8211; Live Aveyron</title>
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	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
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	<title>Sport &#8211; Live Aveyron</title>
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		<title>Hervé Seitz, la biologie sans bornes, la course cent bornes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Sep 2021 15:03:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 25 septembre 2021, Hervé Seitz aurait été au départ des 100 km de Millau pour la 12ème fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong><br /><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8463" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #a6690d;"><strong>HERVE S</strong><strong>EITZ, LA BIOLOGIE SANS BORNES, LA COURSE CENT BORNES</strong></span></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #c47b0c;"><strong>Le samedi 25 septembre 2021, Hervé Seitz se serait présenté au départ des 100 km de Millau pour la 12<sup>ème</sup> fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 2 secondes places et 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant dès le 26 mars les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.</strong></span></p>
<p> </p>
<p>Habituellement, le trajet Millau &#8211; Montpellier ne dure que 1h15. En ce mardi matin, il était donné pour 1h 45. Et pour une fois, je n&#8217;allais pas râler et trépigner, les mains crispées sur le volant sur ces inévitables bouchons asphyxiant les abords de Juvignac.</p>
<p>Cela me laisserait le temps de réviser cette petite fiche de bristol à portée de mains, collée sur l’écran de la radio, un œil sur la route, parfois le regard porté loin sur le St-Guiral se découpant dans la brume.</p>
<p>De ma plus belle écriture j&#8217;avais noté la définition du génome, de l&#8217;ARN, de la micro ARN, de l’acide nucléique…Les raisons d’un tel bachotage express, version la génétique pour les nuls, j&#8217;avais rendez-vous avec Hervé Seitz, biologiste émérite, chercheur spécialiste sur la micro-ARN et chef de laboratoire au CNRS de Montpellier mais pas que, également coureur de 100 kilomètres, connu dans la sphère ultra pour avoir remporté à quatre reprises l’épreuve iconique millavoise.  </p>
<p>Je l&#8217;avoue, même avec la meilleure volonté du monde, en me garant aux portes de la guérite marquant l&#8217;entrée de ce Centre National de Recherche Scientifique, je nageais encore en eaux troubles dans ces structures tridimensionnelles et le « plasma » de l&#8217;infiniment petit, grand ordonnancier et gouverneur du monde vivant.  J&#8217;ai présenté mon pass sanitaire, le QR code validant mon autorisation à pénétrer dans ces lieux sensibles et mon passeport, la barrière s&#8217;est levée, je suis rentré.</p>
<p>J’ai poussé la porte de l’entrée principale, j’ai descendu quelques marches, j’ai suivi les flèches « HERVE SEITZ, impact systémique des petits ARN régulateurs ».  Je n’ai pas eu de mal à trouver la pièce 506, à droite, d’un long couloir sombre. Sur la porte d’entrée, deux blouses blanches pendues, scotchée, l’annonce d’une conférence programmée symboliquement le 11 septembre, date anniversaire de l’attentat des Twin Towers à New York  « Epidémies, catastrophes, peurs, le terreau des sectes et des charlatans de la santé » et puis cette Une du Journal de Millau reconstituée « Hervé Seitz la déchéance ».</p>
<p>J’étais en avance, j’ai attendu en lisant sur un panneau d’affichage des bouts de BD découpés et punaisés. Sur l’une d’entre elles, Dieu se grattant la tête, un ange battant des ailes l’interpellant « ils ont découvert le génome humain », Dieu très perplexe de répondre « salops de hackers, il va falloir que je change le mot de passe ».</p>
<p>Hervé Seitz est arrivé, cinq minutes de retard, ce n’est rien. Il s’est excusé en garant dans la partie labo son demi-course au cadre rouge, marque Véran, nom de notre ministre de la santé…ça ne s’invente pas, comme un clin d’œil appuyé. Cheveux bouclés en bataille, barbe de deux jours, short long jusqu’aux genoux, jambes bronzées et musclées, tee-shirt des 100 km de Millau sur les épaules, pas vraiment le plus sexy, mais ce n’est plus à démontrer, au diable les convenances, l’habit ne fait pas le coureur, ni le chercheur, ni le patron d’un labo au CNRS, ni le pourfendeur des fraudeurs sur Youtube en pleine crise Covid, ni l’ancienne grosse tête de l’Ecole Normale Supérieure. Il raconte ce souvenir « l’ENS, j’y suis rentré en 1997. Ce fut l’un des évènements les plus heureux de ma vie. Là, j’ai les yeux qui se mouillent rien que d‘en parler. C’est un endroit, tu as moitié de scientifiques et l’autre moitié des littéraires dans chaque promotion. C’est l’endroit qui te sélectionne et qui met ensemble tous les asociaux, tous les intellos à lunettes comme j’avais l’impression d’avoir été ».</p>
<p>« On visite ? », pas d’entrée en matière, un franc-parler bien marqué avec un sourire de gamin juvénile sur les lèvres pour ce jeune quadra au verbe facile, au débit chute du Niagara. A la seconde porte ouverte sur une réserve de pipettes et d’éprouvettes, je savais déjà tout sur les difficultés à trouver des financements « là, je viens de trouver 500 000 euros sur 4 ans auprès de l’ANR », embrayant direct sur la mise en commun des équipements, le chercheur d’expliquer « On ne travaille plus comme les érudits du 17<sup>ème</sup> siècle, où chacun dans son château fait ses observations astronomiques avec son propre télescope. Là, on peut avoir un super télescope que tu partages. Pour notre science qui est une science expérimentale, l’important, ce sont les échanges humains. Tes collègues peuvent avoir une idée que toi tu n’as jamais eu même s’il s’agit de ton sujet de recherche depuis des années. Ils peuvent poser la question que tu ne t’es jamais posée et vice-versa. C’est de la confrontation des cerveaux que naît parfois la vérité ».</p>
<p>Puis, nous sommes allés saluer Sophie, au fond d’un petit bureau, le nez sur son écran à rédiger sa thèse. Bientôt, elle volera de ses propres ailes comme le jeune Hervé lorsqu’il s’envole pour les Etats Unis, quatre ans durant, avant d’être recruté par le CNRS pour monter son propre laboratoire.</p>
<p>Nous étions dans le couloir adjacent, un « éméritat » de passer à nos côtés, Hervé Seitz m’expliquant à brûle-pourpoint, qui sont ces chercheurs retraités autorisés à hanter les labos du CNRS. En deux couloirs et trois portes ouvertes, j’étais déjà bombardé d’informations, j’ai levé le nez de mon cahier noirci d’une écriture hiéroglyphe que j’étais bien incapable de relire. J’ai osé « Hervé, je pense que nous allons nous assoir pour mener l’entretien car, là, c’est comme si je devais te suivre sur 100 km. Je ne tiens pas le rythme ». Nous avons quitté le bâtiment, nous nous sommes assis près du parking, face à face, chacun les deux coudes sur une table en bois. Yeux dans les yeux, j’étais enfin à armes égales pour suivre la pensée vive de ce chercheur à la fois émotif mais explicite, un brin libertaire m’embarquant sur cette grande scène imaginaire où un chef d’orchestre à la baguette allume et éteint des gènes dans tout le génome comme on appuie bêtement sur un interrupteur pour ne pas descendre les escaliers dans le noir.</p>
<p>Un petit vent frissonnant s’invitait dans notre conversation. Je souhaitais revenir à ce 26 mars 2020, lorsque Hervé Seitz sortait de sa coquille, tel le bernard-l’hermite, pour croquer à vif le professeur Raoult. L’entretien pouvait débuter.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8461" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg" alt="" width="2048" height="1352" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1024x676.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1536x1014.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p><strong>. G.B. : En mars 2020, en pleine crise Covid, le biologiste que tu es, se fait connaître en rentrant dans le débat public en intervenant sur la plate-forme Youtube pour dénoncer ce que tu estimais être une fraude commise dans une étude menée par le professeur Raoult. Etait-ce un besoin de rétablir la vérité ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Là, la course à pied a joué un rôle très actif dans ce processus. Car mes collègues coureurs non seulement m’ont posé des questions mais surtout, ils n’ont pas voulu entendre les réponses. Nous sommes au début du premier confinement, dans un état de sidération et arrive un héros qui annonce « cette maladie respiratoire, c’est la plus facile du monde à soigner ». Ce héros, c’est le docteur Raoult, le professeur Raoult qui acquière très rapidement le titre de héros national et mondial en disant « on va vous soigner, on va vous sauver ».</p>
<p>Il se trouve que je suis toujours en contact avec des copains de Normale Sup. Un jour, nous discutions de l’actualité et on en vient à parler de cela et un de mes copains, chimiste, me dit « moi, mon petit frère qui est biologiste a fait son stage dans ce labo-là. Ce gars-là, c’est un tyran qui a son idée arrêtée sur ce que doit être le résultat. Et pour être étudiant dans son labo, tu as intérêt à avoir le résultat que le chef attend ». Et ça, c’est la porte ouverte à toutes les fraudes. C’est souvent comme cela que se passent les fraudes scientifiques et c’est plus fréquent que ce que le grand public peut penser. Et là où c’est très insidieux, c’est quand le chef a son idée de ce que doit être le résultat alors que c’est l’étudiant qui fait l’expérience. Et si la fraude est découverte, qui est coupable ? C’est l’étudiant qui prend les coups et qui est vite dégagé avec pertes et fracas, sa carrière scientifique terminée et le chef qui dit « j’ai été abusé par cet étudiant ». C’est un comportement très dangereux.</p>
<p><strong>G.B. : On sent que la curiosité du scientifique est piquée à vif. Ce qui explique sans doute ce désir d’en savoir plus sur les études réalisées dans le laboratoire du professeur Raoult ?</strong></p>
<p><strong>. H. S. :</strong> J’ai donc lu l’article en utilisant mon expertise en biologie. C’était de la médecine et des données statistiques, du jargon que je comprenais. Et là, je m’aperçois, mais je n’étais pas le premier à le signaler qu’il y avait une fraude statistique. Ils avaient exclu de leurs statistiques les patients traités à l’hydroxychloroquine pour qui cela c’était mal terminé. Alors évidemment, si tu élimines les décès de la cohorte et que tu gardes uniquement ceux pour qui cela se passe bien et qu’ensuite tu fais tes statistiques en concluant « regardez, ça s’est bien passé », mais c’est malhonnête. Et cela se voit dans l’article. Mais au moins il faut leur reconnaître qu’ils ont eu dans leur malhonnêteté, l’honnêteté de mettre les vraies données mais si tu sais lire la science, les données, tu te rends compte qu’ils avaient menti dans leurs analyses statistiques et dans leurs conclusions.</p>
<p><strong>. G.B. : Comment naît alors le besoin de communiquer pour dénoncer ce que tu estimes être une fraude ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Mon seul accès au grand public était Facebook. Je poste donc un message pour expliquer que le traitement du Professeur Raoult ne marche pas et qu’il ne va pas vous sauver. De plus, c’est un traitement qui n’est pas anodin donc prudence. Sur ma page, j’ai des amis scientifiques et des amis coureurs pour mon environnement loisir. Les scientifiques ont tous été plus ou moins d’accord avec moi, il n’y a pas eu trop de discussions. Mais chez les coureurs à pied, c’est l’autre moitié de ma vie, j’entendais « tu as tort de dire cela. Oui, ils n’ont pas fait cela dans les règles de l’art mais ils n’ont pas eu le temps. Ils n’ont pas fait comme vous les scientifiques vous l’entendez mais là c’est la médecine de guerre, c’est l’urgence et ils sauvent des vies, donc fermez votre gueule ». C’était l’état d’esprit de l’époque</p>
<p><strong>. G.B. : Comment as-tu répondu pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je me souviens avoir engagé une discussion avec un bon copain qui est Ludovic Dilmi. Il a eu un rôle moteur dans cette histoire. Il m’a battu aux 100 km de Millau en 2013 et je l’ai battu à mon tour aux 100 km de Belvès en 2016. Le mercredi 25 mars, je me couche en me disant, ça m’embête, Ludo c’est un copain, je lui explique mais en retour, il me poste une énième vidéo racontant des choses que je venais de démentir par écrit. Des vidéos réalisées par un youtuber, Idriss Aberkane, connu dans le milieu de la fake science. Il en a fait son métier, il raconte beaucoup de bêtises mais ça sonne bien aux oreilles du grand public. Et le 26 mars, lorsque je me réveille, je dis à ma femme « je vais faire une vidéo car tout ce que je dis est juste inaudible car c’est écrit ».</p>
<p> </p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8467" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p><strong>. G.B. : Cette date du 26 mars marque le début d’une série de 9 vidéos. Comment doit-on se positionner pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Le 26 mars, je fais donc cette vidéo sur Youtube. Il se trouve que dans le contexte de l’époque alors que Raoult était considéré comme un héros mondial, le monde politique se pressant pour le soutenir, il n’y avait pas de voix discordante pour le contredire. Déjà le monde politique n’avait pas les compétences pour comprendre qu’il s’agissait d’une fraude et nous scientifiques, nous n’avons pas cette culture d’aller dans cette espèce d’arène pour dire « vous êtes un menteur ». Il y avait bien des PDF qui circulaient pour dire dans un langage scientifique très soft « nous pensons que cette étude n’a pas été faite dans les règles de l’art » mais en réalité cela voulait dire « ça été mal fait, c’est un mensonge ». J’ai donc utilisé un langage clair « c’est un mensonge, c’est une fraude » et là pour le coup, j’ai été le premier à utiliser ce langage pour appeler un chat un chat. Et cette vidéo est devenue un peu virale car ensuite je suis intervenu plusieurs fois sur des chaînes comme LCI pour alimenter le débat, la controverse. Ils n’avaient personne à opposer à Raoult qui, lui-même, était une grande gueule.</p>
<p><strong>. G.B. : As-tu le sentiment d’avoir rempli ton rôle ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ici dans mon bâtiment mais d’une manière générale, j’ai reçu beaucoup de messages de félicitations et de remerciements de collègues qui ont dit « c’est génial ce que tu as fait, il fallait vraiment le faire ». Mais la question c’est « mais pourquoi eux ne l’ont-ils pas fait ? ». Même un an et demi après, des scientifiques qui ont pris la parole ouvertement contre Raoult, ils sont rares. L’Académie des Sciences a publié un petit communiqué mais dans le langage de l’Académie des Sciences qui n’a circulé qu’entre chercheurs, en vase clos, en atteignant que des gens déjà convaincus. J’ai également reçu beaucoup d’insultes des fanatiques de Raoult. Ce fut un peu pénible car moi, j’ai vraiment cet idéal un peu pédagogique pour répondre à chacun « alors que contestez-vous ? ».</p>
<p><strong>. G.B. : Finalement, as-tu réussi à convaincre ton cercle d’amis coureurs ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Dès le départ, sur cette question scientifique ou médicale, se sont greffées des considérations politiques. Aujourd’hui, des gens attribuent toute la politique sanitaire, les masques, les vaccins, à la personnalité de Macron. C’est pour cela que j’ai fait cette dernière vidéo pour dire « séparez la politique du scientifique, du médical. Si vous êtes un opposant à Macron faites-vous vacciner pour être certain de pouvoir voter contre Macron en 2022 ». Aujourd’hui, les gens que je croise comme à Grabels où j’habite m’interpellent « Hervé, toi qui es scientifique, tu ne trouves pas que ce vaccin est dangereux ? ». Donc on parle mais systématiquement, la discussion retombe sur «oui, mais Macron nous a mentis sur les masques au départ ». Ca, c’est le péché originel. Donc quand les gens te ramènent «le vaccin ne marche pas car je n’aime pas Macron «  tu réponds « mais c’est juste pas la même question ». Maintenant la question est tellement polarisée, tu peux donner les arguments les plus intelligents, il reste une frange impossible à convaincre.</p>
<p><strong>. G.B. : Par ces vidéos, as-tu le sentiment d’avoir affirmé d’une certaine façon tes convictions ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je ne me suis jamais engagé dans le débat politique. Je n’ai participé qu’à une seule manifestation dans ma vie, c’était en 2003 contre la guerre en Irak mais je ne m’étais pas senti à ma place. Moi, je n’aime pas le consensus, je n’aime pas l’unisson. C’est peut-être pour cela que j’ai pris position contre Raoult. Je me rends compte que quand quelqu’un devient vénéré, une espèce de maître à penser, moi systématiquement, dans mon fonctionnement inconscient, j’ai un mouvement épidermique de recul. J’ai été beaucoup froissé par cette ambiance que l’on vit depuis un an et demi avec ces gens qui sont de véritables héros de l’autoritarisme, de la malhonnête et qui ont réussi, c’est leur grand tour de passe-passe, à se faire passer pour des héros de la liberté, de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle alors qu’ils sont l’exact opposé. Je ne m’estime pas libertaire mais attaché aux valeurs de la liberté.</p>
<p>Avec mes vidéos, j’estime que j’ai apporté ma petite contribution à l’édifice. On a une responsabilité en tant que chercheur public car nous sommes des agents du service public. On a des comptes à rendre devant le public.</p>
<p><strong>. G.B. : D’où ce besoin de vouloir expliquer, vulgariser…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui je suis issu d’une famille d’enseignants. J’ai toujours eu ce grand attrait pour ces démarches intellectuelles, pour apprendre, dans les deux sens, moi apprendre en tant qu’élève mais également apprendre aux autres. J’aime beaucoup la vulgarisation scientifique en termes simples pour le grand public, les associations, les clubs de retraités, des collèges, des lycées. A Grabels, là où j’habite, il y a une association Rando Loisirs Culture pour laquelle j’ai donné un séminaire sur le thème de la génétique et je garde le souvenir d’une dame, une ancienne institutrice, une petite dame toute riquiqui qui s’appuyait sur sa canne et qui regardait avec des yeux pétillants au premier rang et à la fin je demandais « vous avez des questions ? » et elle levait toujours le doigt comme une élève. Tu vois, on a toujours besoin de connaissance et c’est cette philosophie qui m’a toujours guidé. Il y a peut-être aussi l’aspect course à pied où tu es habitué à souffrir, on sent une proximité avec le coureur à côté de toi, tu te sens égal et identique à l’autre. Moi mon souvenir de course à pied le plus intense, c’est mon arrivée aux 100 km de Millau en 2014 à la lutte avec Mickael Janne. Je fais second, il me bat, ce fut une défaite mais en termes de force de souvenirs, on courait comme des morts de faim, nous étions au bout de la souffrance, je perdais la lucidité, ma cervelle ne réfléchissait même plus. Je pense que si un jour, je suis sur mon lit de mort, dans les vapes, c’est l’image qui me restera car on a vécu ensemble un tel moment de proximité.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><strong><img decoding="async" class="size-full wp-image-8465 aligncenter" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg" alt="" width="2048" height="1380" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1024x690.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-768x518.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1536x1035.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p style="text-align: left;"><strong>. G.B. : Puisque que tu me tends une perche à propos des 100 km, quittons la sphère chercheur, pourfendeur des fraudes scientifiques, venons-en aux 100 km de Millau. Pourquoi avoir un tel attachement à cette épreuve avec 10 participations et pourquoi verser dans l’ultra. Pourquoi cette quête, toi le chercheur qui semble comblé ici dans cet institut ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Et s’il n’y avait pas eu le Covid, j’en serai peut-être à 12. C’est la course qui me correspond le mieux. Plus jeune, j’étais cycliste, j’ai commencé en minime 2 mais à cause de mes études, je n’avais plus trop le temps de rouler, je me suis mis à courir à Paris en 97-98 lorsque j’étais à l’ENS. Pour moi, les bonheurs intellectuels ont toujours été les plus intenses. Je t’ai parlé de l’intensité de cette lutte avec Mickael Jeanne, j’ai connu cela une fois dans ma vie. Mais des moments fusionnels avec l’intellect où tu t’oublies dans ton effort intellectuel, tu es tellement passionné par ce que tu fais, j’en ai connu plusieurs dans ma vie. Il y a une beauté intrinsèque là-dedans qui te donne une grande satisfaction « ha !!! quel soulagement », un peu orgasmique que j’aime énormément. Et comme tu le disais, maintenant que j’ai choisi d’être chef d’équipe avec beaucoup d’activités qui viennent parasiter cela, comme la recherche de financements, je tâche de garder beaucoup de temps pour discuter Science comme avec Sophie mon étudiante, ce sont des discussions qui me plaisent énormément. Et en même temps, j’ai besoin de me dépenser physiquement, j’ai besoin des deux pour être bien dans ma peau. Courir, ce n’est ni spécialement opposé à l’activité intellectuelle, ni automatiquement associé. Il se trouve que moi, j’aime la science et il se trouve que moi, j’aime la course à pied. Donc je fais les deux.</p>
<p><strong>. G.B. : Quel fut le déclic pour courir les 100 km de Millau ?</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : C’est Jérôme Cavaillé qui m’a décidé. Il était mon directeur de thèse à Toulouse. Il courait, on était devenu copains de course à pied puis on est devenu collègues quand je suis revenu travailler dans son labo. Il y avait aussi Denis Jullien, un autre grand copain. On était tous les trois à courir à Toulouse et dès qu’il y avait un relais, on faisait équipe. Fin 2009, je fais un long footing le long du canal du Midi et au bout de deux heures de course, je me sentais bien. Je me suis dit « un jour, il faudrait essayer une course encore plus longue que le marathon ». Je reviens au labo et je dis à Jérôme « il faudrait que l’on coure les 100 km de Millau ». Nous avions deux copains du labo qui les avaient courus en 14-15 heures et je me souviens de Yves raconter « dans la côte de St-Georges, tu vois les lumières du Viaduc à l’infini et tu avances comme cela et elles ne bougent pas, tu es dans ton monde. Tu souffres, t’as mal, t’es triste mais tu es content, tu as plein d’émotions mélangées » et nous, on disait « ouahh ».</p>
<p><strong>. G.B. : Les 100 km de Millau avaient contaminé le labo…</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : La course à pied, c’est vraiment un sport d’intello, je me souviens avoir expliqué cela à Guy Durand qui était le Maire de Millau à l’époque, à mon arrivée. Il m’avait dit « vous, vous devez être prof ?»… Je lui avais répondu « enfin presque, je suis chercheur, c’est un peu le même milieu »… « ah, oui, ça se voit à votre façon de parler, ah vous êtes chercheur et coureur à pied ?!»…Je lui réponds «la course à pied, c’est un sport d’intello ».</p>
<p>Donc en rentrant du footing, je dis à Jérôme « il faudrait qu’on fasse les 100 Bornes un jour ». Ca c’était en novembre et pour les fêtes de Noël, Jérôme nous envoie ses vœux en nous précisant « pour mes 40 ans, on va faire les 100 km de Millau ». On lui répond « ah mais t’es idiot, on n’y arrivera jamais ». Et ça a maturé un peu et au printemps, on s’est décidés et on s’est préparés.</p>
<p><strong>. G.B. : A la fin d’une première course de ce genre, on se dit « plus jamais ». Qu’en a-t-il été pour toi et tes 2 comparses ? </strong></p>
<p><strong>. H. S.</strong> : On y est venu par accident. Moi, je termine dixième ex-equo, on  a adoré. Bien évidemment, le soir, tu as mal partout, tu es fatigué. Alors effectivement, avec Jérôme et Denis, on s’est dit « oui, on l’a fait » et un mois après « peut-être qu’il faudrait qu’on le refasse un jour » et peut-être deux mois après « allez, on va le refaire l’an prochain ». Et donc en 2011 puis en 2012, nous étions encore là et depuis on n’a pas laissé passer une édition, tous les trois ensemble. Et pour Jérôme qui m’est très précieux, c’était mon directeur de thèse, il m’a beaucoup appris au labo, ce que je fais depuis quelque temps après mon arrivée, après l’interview qui peut être interminable, surtout avec moi (rires… !!!). Après la douche et manger un morceau, je prends un vélo et je vais le chercher. Ca me fait mal partout mais ça m’aide à récupérer. Et quelle que soit son allure, sans se coordonner, il y avait quelque chose de magique car on se retrouvait toujours au kilomètre 90.</p>
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<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8464" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg" alt="" width="2048" height="1341" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-300x196.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1024x671.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-768x503.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1536x1006.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
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<p><strong>. G.B. : Finalement, à Millau, il y a deux courses en une…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> En pleine nuit, ce n’est plus la même ambiance, ce sont deux courses différentes. Nous en tête de course, quand tu arrives, il y a un endroit que j’aime, c’est la borne 99 car il y a toujours une foule qui se masse. En 2015, à ma première victoire, j’ai eu les larmes qui ont coulé sur mes joues. Et mon suiveur, Jean Christophe, me dit « mais tu pleures ? »… «  ben oui, c’est trop beau » et on s’est mis à pleurer tous les deux en passant la borne.</p>
<p>C’est la fête, la kermesse (il s’excuse et se sèche les yeux…. !!!)  alors qu’à une heure du matin, c’est la lune, il n’y a plus personne, chaque coureur dans sa bulle avec sa petite loupiote. Tu vois une enfilade de petites loupiotes dans la côte du Viaduc, chacun dans son monde, dans son silence, tu entends pof pof pof. Les vrais héros sont là avec leur douleur.</p>
<p><strong>G.B. : Deux secondes places puis quatre victoires d’affilée, la victoire devient-t-elle un but ultime ? Une obsession ?  </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui, dans la période préparatoire de la course, je peux me dire « oui, il ne faut pas que je déçoive ». J’ai pu ressentir ce genre de pensée. Mais après, le jour de la course, c’est une telle fête, c’est une peu une délivrance des deux mois et demi d’entraînement vraiment intenses. Pour moi, c’est cela le plus dur. Et le jour où j’arrêterai de courir cette épreuve, ce ne sera pas à cause de la course mais à cause de l’entraînement qui me sera insupportable. Je me suis amusé à regarder les photos de mes départs, j’ai un sourire, je suis heureux de dévaler l’avenue Jean Jaurès, c’est une griserie. Je me revois, la même joie d’être là, la même joie qui se cumule aux joies passées. C’est le moment de l’année « on est à Millau » et la pression s’évapore.</p>
<p><strong>. G.B. : Aujourd’hui, pour cet entretien, tu as mis le tee-shirt de l’édition 2019. Cela a-t-il une signification particulière ? </strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : Mon dernier Millau, c’était donc en 2019. C’était mon premier 100 km de Millau en tant que Papa après un été spécial, avec moins de sommeil, beaucoup moins de temps, beaucoup moins de motivation pour aller courir et même pour aller à Millau. Même dans la voiture pour se rendre à Millau, je disais à Chloé mon accompagnatrice « j’ai l’impression d’abandonner ma fille ». Pendant tout le début de la course, je me suis posé la question de savoir ce que je faisais là et finalement je gagne. Mais c’est surtout lié au fait que Cédric Gazulla, qui était mon principal adversaire, a perdu en partant trop vite. Au sommet de Tiergues, en attaquant la descente sur St-Affrique, quand j’ai vu la voiture ouvreuse au détour d’un virage, j’ai compris que Cédric était là et j’ai retrouvé mes instincts. Et lorsque je l’ai dépassé, je suis revenu mentalement avec ma petite fille et il fallait rentrer à Millau, à la maison et j’ai gagné très détaché.</p>
<p><strong>. G.B. : Comme scientifique, tu as nécessairement un regard tourné vers l’avenir. Quel regard portes-tu sur les 100 km de Millau, une épreuve très attachée à ses racines, à son histoire, à une façon de faire que l’on pourrait juger hors du temps ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ce que j’apprécie beaucoup dans cette course, c’est l’aspect associatif. Tu vois les gens, chacun dans son village cherchant à faire mieux que le village d’à côté. Ils se déguisent, font de la musique et tu vois des gens qui ont beaucoup d’amour pour préparer les tartines. Cela fait partie de mon amour pour cette course. Ils sont heureux de te recevoir. Comme ce couple de personnes âgées, il y a longtemps que je ne les ai pas vues, j’espère qu’ils vont bien. Ils se mettaient toujours avant l’entrée de St-Georges au pied de la descente, kilomètre 53-54, avec des petites chaises de camping, un parasol. Ils avaient la liste des participants et ils s’amusaient à regarder les coureurs passer en entourant les numéros.</p>
<p>A Millau, tu as ton numéro de dossard en fonction du moment où ils reçoivent ton inscription. C’est une illustration de cette religion qu’ils se font de traiter tout le monde sur un même pied d’égalité.  C’est ce que j’adore, c’est cette particularité, il n’y a pas un prix pour le premier, on a tous le même cadeau souvenir, il n’y a même pas un trophée, même pas un podium protocolaire. Même Belvès qui est une course bon enfant, tu as qu’en même un podium et une coupe pour le premier et ils donnent des numéros de dossards aux favoris. Mais rien de cela à Millau.</p>
<p><strong>. G.B. : Cela ne cache-t-il un petit fond de superstition à propos de ton numéro de dossard ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Il se trouve que j’ai eu deux fois le même numéro, le 744 qui est multiple de 3 et en 2019, j’ai eu un dossard qui n’était pas un multiple de 3. Donc je me suis inquiété, le 1019, mais c’était un nombre premier et je n’avais jamais eu de nombre premier. Finalement, cela s’est bien passé aussi. Du coup avec 406 pour l’an prochain, ce n’est ni un multiple de 3, ni un nombre premier, il faudra que je fasse de mon mieux. Les dieux de la numérologie ne seront pas là pour moi.</p>
<p><strong>. G.B. : Tu parles des spectateurs assis sur le bord de la chaussée, j’ai le sentiment que cela s’est un peu perdu. Je me souviens de Tiergues où des fidèles venaient effectivement s’assoir chaque année face à la route de St-Rome marquant le sommet de la montée comme Jo Vors par exemple, une figure locale…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ah la côte de Tiergues, avec ces deux lacets, c’est mon passage préféré. Quand tu montes de St-Rome, c’est une route de montagne…(un silence)… Les deux lacets de Tiergues, ah, le jour où je serai enterré, je demanderai à être dirigé dans cette direction.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8462" width="1160" height="760"/></figure>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Serge Sécail, le sens du collectif</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/22/serge-secail-le-sens-du-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 03:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Sécail]]></category>
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					<description><![CDATA[Voilà 47 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, qu’il adule pour son esprit collectif. Educateur sportif toute sa carrière, il a assumé durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, et la sortie de son livre, « Millau l’inspirante ». ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#11700a" class="has-inline-color">Serge Sécail, le sens du collectif</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color:#2d6706" class="has-inline-color"><strong>Voilà 57 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, et depuis, de joueur à entraîneur et dirigeant, ce sport l’a façonné par cet esprit collectif qu’il conserve dans toutes les facettes de sa vie. Des années durant, cet éducateur a initié au sport les jeunes scolaires de Millau, avant d’assumer durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, qu’il préside, en parallèle de la sortie de son livre, « Millau l’inspirante »</strong>,<strong> consacré aux grosses associations sportives de Millau.</strong></span></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8434" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Je voulais d’abord revenir sur le beau week-end associatif que tu as pu provoquer en reprenant la direction du Forum des Associations.</strong></em></li><li>Ce forum des associations est une chose très importante à la rentrée pour redémarrer la vie associative, et encore plus après cet épisode COVID où la vie associative a été pratiquement arrêtée. A ce moment-là, beaucoup de personnes ont remarqué que cet arrêt était préjudiciable à la vie de tous les jours, et encore plus pour les gens qui ne sont pas en activité professionnelle. Notamment les retraités, qui sont privés de contacts, de lien social. Je faisais partie de l’équipe précédente, mais je n’avais aucune fonction dirigeante. Quand l’équipe a arrêté, j’ai dit qu’il fallait faire quelque chose pour ne pas que ça s’arrête complètement. Il était question de le confier à la mairie, mais s’il n’y a pas une implication motivée et citoyenne pour donner une autre dimension que commerciale, ce n’est pas bon. Nous avons voulu ajouter un côté festif, convivial. Et la première décision a été de délocaliser le forum, de l’amener du centre ville avec les avantages et inconvénients que ça représentait, au Parc de la Victoire avec les avantages et inconvénients. Au vu des retours, 100% d’associations ont trouvé le lieu plus adapté. Au départ, nous l’avions choisi pour être plus aéré par rapport au COVID, mais il a permis d’ajouter une dimension d’animation et sportive très appréciée.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8432" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Un bilan très positif avec pour clôturer le forum, un spectacle inter-générationnel, réunissant des plus jeunes aux plus âgés.</strong></em></li><li>Là aussi, il s’est agi d’un pari. J’ai l’avantage et l’inconvénient d’avoir un peu d’âge. Donc j’ai un réseau associatif important. A travers une rubrique rédigée dans le journal de Millau, j’ai pu rencontrer des gens du milieu associatif. Dans ce cadre, j’ai rencontré Silva Ricard. Nous avons pu parler de sa vie antérieure. Silva, une femme de talent, qui a du caractère, de la pugnacité, m’a dit Il faut qu’on fasse quelque chose pour redonner le sourire aux gens. Dès le mois de mars, on a démarré sans savoir vraiment ce qu’on allait faire. Et puis de rencontre en rencontre, Silva, qui est très fédératrice, a su mobiliser une équipe à un moment où tout le monde était à l’arrêt. Malgré tout, elle a pu faire travailler par petits groupes,&nbsp;avec deux répétitions générales. Mais avec le cœur, elle a donné du bonheur aux gens. Cela n’a pas de valeur. Quand on voyait les personnes âgées du Foyer Soleil, avec la doyenne de 95 ans, prendre une bouffée d’oxygène, partager avec des petites. C’est beau&nbsp;! Le but du jeu était de redonner espoir et sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La réussite a donc été totale.</strong></em></li><li>Comme on n’avait pas de budget, on est passés par des moments difficiles. La sono a pris l’eau pendant l’averse de midi. Il a fallu trouver une sono de remplacement, Anne Marie Couvert nous a prêté une petite sono pour faire l’après-midi, mais cela ne suffisait pas pour le spectacle de Silva. J’ai appelé mon frère qui est dans la sonorisation, et vit à 1 heure d’ici. Je l’ai joint à 15 heures, et je lui ai demandé de venir nous dépanner. Mais tout cela a ses limites&nbsp;! L’année prochaine, on va repartir sur un format amélioré, avec des professionnels.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton automne est chargé, puisque tu publies le livre sur lequel tu travaillais depuis près d’une année, consacré à des associations de Millau. Comment est né ce projet&nbsp;?</strong></em></li><li>Ce projet est né avec l’arrêt de la vie associative. Moi qui suis impliqué tous les jours, je me suis retrouvé à l’arrêt. J’ai mis à profit cette période-là pour faire remonter toutes les belles initiatives locales que je connais pour y avoir trempé de près ou de loin, et pour apprécier les personnes qui portent ces grandes manifestations. L’idée est venue d’articles sur le Journal de Millau, en plusieurs chapitres. Et le directeur, Thierry Favier, m’a parlé d’un livre où je compile ces articles. Cela a été lancé à Noël dernier. J’ai donc publié ce livre que j’ai appelé <strong>Millau l’Inspirante</strong> car Millau inspire beaucoup de gens dans le milieu associatif, et beaucoup de gens sont peut-être venus à Millau à cause de cette qualité de la vie associative.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Combien d’associations sont présentées dans ce livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai limité par le fait que j’ai voulu transcrire que les associations porteuses d’une manifestation de notoriété et sur la longueur. Que ce ne soit pas éphémère, pour présenter des gens présents sur la durée qui permettent que Millau soit reconnu comme l’excellence associative.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8431" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>C’était la première fois que quelqu’un se lançait dans un tel projet. As-tu été bien accueilli&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai été très bien accueilli. Parfois, les gens étaient surpris. Puis on parle à bâtons rompus. Les gens me connaissent avec mes qualités et mes défauts. Mais ils savent que je ne suis pas un tricheur, et que j’aime les gens. Volontairement, j’ai limité à des manifestations de notoriété, et qui amenaient beaucoup à la ville.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce n’est pas ton premier livre.</strong></em></li><li>Mon premier livre était né d’une déception après l’échec aux Municipales en 2014. J’ai été un peu perturbé. Pour laver les esprits, je me suis mis à écrire un livre autobiographique, que j’ai appelé, en clin d’œil avec le rugby, «&nbsp;<strong>De mêlée en démêlé</strong>&nbsp;». Je lie ma vie à Millau, à travers l’école, le sport, la politique. Ce livre retrace une carrière de bénévole. Il a rencontré un bon succès, avec 550 exemplaires vendus. Les gens se reconnaissent à travers les anecdotes croustillantes de la vie millavoise.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La déception avait été très forte lorsque tu n’as pas été réélu avec la liste de Guy Durand.</strong></em></li><li>Oui, très forte, car pour moi, elle était inattendue. Quand on n’est pas conditionné à quelque chose, cela a été un choc que j’ai maîtrisé grâce à l’écriture de ce livre, à ma famille, ma femme, qui me supporte depuis 45 ans.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu étais d’abord et avant tout un éducateur sportif dans les écoles. Sur quelle période&nbsp;?</strong></em></li><li>C’était une belle période, au service des sports de la ville de Millau, où on enseignait dans les écoles l’éducation physique à tous les enfants du CP au CM2. Avec une équipe d’éducateurs hors pair et innovants, puisque dès 1986, on avait mis en place des stages sportifs multi-activités, qui continuent encore aujourd’hui. Maintenant, c’est la troisième génération d’enfants qui arrivent, les parents, les grands-parents ont connu ces stages&nbsp;! j’ai eu la chance de travailler dans un milieu où nous étions des amis. Avec une très grosse solidarité entre nous, une très grosse confiance. Et je pense qu’on n’est pas étrangers à ce que Millau ait un développement associatif sportif de qualité. En 1986, déjà, on enseignait dans les écoles des sports qui n’étaient pas encore au goût du jour, le kayak, l’escalade. On a donné goût à l’effort. Millau peut se targuer d’être une petite capitale des sports, notamment de pleine nature.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8433" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton implication dans l’associatif s’est surtout manifestée dans le rugby.</strong></em></li><li>Oui, je suis arrivé dans le rugby à 15-16 ans. Auparavant, j’étais passé par les Eclaireurs, l’Hirondelle Millavoise. A l’époque, il n’y avait pas d’école de sport, la seule société sportive qui accueillait des enfants était l’Hirondelle Millavoise. J’y suis resté trois ans. Puis à 12 ans, j’ai rejoint les Eclaireurs avec des copains, j’étais un peu aventureux. On sortait un week-end sur deux en autonomie, avec un chef de patrouille qui avait 14 ans. C’était système débrouille d’entrée&nbsp;!</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et après, tu as découvert le rugby.</strong></em></li><li>J’aurais aimé commencer avant, mais il n’y avait pas de cours. J’étais un petit gabarit. A l’époque, à 16 ans, certains faisaient 25 ou 30 kilos de plus que moi. Avec ténacité, je me suis fait ma place et j’ai trouvé un endroit où j’ai pu m’épanouir. Et on a eu une aventure fantastique puisqu’en 4 saisons, on a franchi 4 étapes, de division d’honneur à division nationale, avec le même groupe. Ce sont des moments uniques, qui te marquent à vie. Et tout le bonheur que j’ai pris, je voudrais le restituer. Donc transmission. C’est ce que je me suis appliqué à faire avec mes copains du service des sports, pour donner le goût, pour avoir envie. Maintenant, nous avons une équipe d’éducateurs, que, pour la plupart, j’ai eu en élèves. Cette transmission est une grande réussite pour moi. Donner envie, que des gens puissent continuer ce que toi, tu as commencé petitement, et qu’ils font maintenant avec plus de talent, c’est une grande satisfaction.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu commences le rugby à 15 ans, et depuis, tu n’en es jamais sorti&nbsp;?</strong></em></li><li>Non. Je suis rentré en 1964 à 15 ans. J’ai quitté le club pendant un an quand j’étais militaire, j’étais sur Toulon. J’ai joué un an, junior, à Toulon. Ma seule infidélité au club&nbsp;! Cela m’a permis de côtoyer des grands noms du rugby qui ont joué en Equipe de France. J’ai eu la chance de jouer avec Daniel Herrero, qui a mon âge, et était le capitaine de l’équipe junior. C’est un personnage, prof de sports, chercheur. C’est un gars qui avait beaucoup d’avance, et une façon de s’exprimer hors du commun. Grâce à ces gens-là, ça m’a permis de prendre confiance. A 20 ans, l’officier des sports m’a dit d’entraîner l’équipe de la base militaire, formée à 80% d’officiers. Moi, j’entraînais des capitaines et des commandants de la Marine, j’ai pris confiance. En rentrant de l’armée, je suis devenu éducateur au club, je me suis formé. A l’époque, ça ne se faisait pas beaucoup, c’était surtout empirique. Je suis parti dès 1971 faire des stages d’initiateur, pour une semaine. Je suis arrivé en 1978 au 3<sup>ème</sup> degré, qui était le plus haut niveau de l’époque. En 1978, je me suis retrouvé propulsé à 30 ans à entraîner l’équipe de Millau, formé de mes anciens partenaires&nbsp;! Moi, j’ai décroché rapidement le jeu, j’ai eu deux accidents de rugby, et je me suis reconverti dans l’encadrement.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu es ensuite devenu un dirigeant du club.</strong></em></li><li>Je suis devenu responsable de l’école de rugby pendant 20 ans. Puis je suis revenu en équipe 1. <strong>On m’appelait Manpower</strong>&nbsp;! Quand il y avait un problème, on faisait appel à moi. J’ai entraîné les seniors 2 fois en cinq ans, pour dépanner. Puis je suis devenu secrétaire du club. Je suis licencié au club depuis 1964.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8435" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce credo école de rugby, entraîneur, cela correspond aussi à des valeurs que tu souhaites transmettre&nbsp;?</strong></em></li><li>Ces valeurs sont importantes et primordiales. Ce sont des valeurs de respect. Le rugby est un sport de combat collectif, avec des règles. Si on transgresse ces règles, on peut tomber dans la violence. Ces règles strictes imposent le respect pour l’arbitrage, même s’il y a parfois des fautes d’arbitrage. Cette forme de respect perdure, et j’espère que malgré le rugby professionnel qui tire vers le haut, avec des exemples pas toujours à suivre, le rugby gardera ces valeurs de respect indispensables. On le voit dans notre société où plus personne ne respecte rien. Il faut qu’il y ait des règles, qu’elles soient acceptées, par tout le monde. N’importe quel joueur qui fait une bêtise doit être sanctionné même si c’est un bon joueur.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et de quand datent tes opinions socialistes&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai toujours eu des idées de gauche parce que mon père a été militant dans ses jeunes années. J’ai toujours baigné dans le militantisme à la maison. Cela nous a donné le goût de la politique. Mon père avait des idées de gauche, il nous a transmis inconsciemment les valeurs dans lesquelles je me retrouvais et qui continuent à m’animer. Je n’ai adhéré au Parti Socialiste qu’en 2012 quand le PS était au plus mal. Moi, j’ai fait l’inverse de beaucoup, qui adhèrent quand tout va bien. J’ai pensé que c’était normal d’adhérer à un parti car sans partis, c’est l’anarchie. Même si ces règles sont parfois transgressées par le milieu politique. On a tendance à dire que c’était mieux avant. Je pense que c’est mieux maintenant. Avant, c’était pire, mais on ne le savait pas. Maintenant, les dérapages sont plus connus.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Lorsque tu as été élu en 2008 sur la piste de Guy Durand, tu n’étais donc pas encarté socialiste à ce moment-là. Tu avais donc été choisi car issu de la société civile et associative.</strong></em></li><li>Guy Durand m’avait choisi car venant de la société civile, et de l’associatif. J’étais à la fois éducateur sportif, et très engagé dans le club de rugby.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc connu un mandat d’élu de 6 ans et une très longue vie associative. Où t’es tu senti le plus utile&nbsp;?</strong></em></li><li>Moi, je dirais qu’on est utile partout. Mais à des postes différents. Educateur, donner de l’éducation, ça n’a pas de prix. C’est la base d’une société bien constituée. Après, quand je me suis retrouvé élu, le regard des autres a changé par rapport à moi. Mais moi, je n’ai pas changé ma façon de fonctionner. Je suis resté le même. Je n’étais pas Dieu le père. Je faisais le maximum pour être utile au milieu associatif à travers la délégation sports et vie associative. Je pense que j’ai été respecté, et que j’ai respecté les gens. Je pense avoir fait des erreurs comme tout le monde, mais je pense avoir été honnête. Mais j’ai vécu aussi comme un échec les «&nbsp;Pieds sur Terre&nbsp;» initiés pendant la campagne. Là, mon manque d’expérience politique a fait qu’on a manqué un acte fondateur. Nous étions en avance en 2009 pour créer cette grande fête autour de l’écologie. Je me suis fais manger par des gens qui, politiquement, avaient de l’expérience, et qui nous ont entraîné dans un créneau trop politisé, qui nous a fermés d’un certain milieu associatif. Alors que l’idée était noble et généreuse de faire de Millau une vitrine et un exemple de ce que pourrait être la vie associative, sport ou culture, en respectant l’environnement, les autres. Nous étions initiateurs d’une belle idée, mais on était peut-être trop en avance à l’époque pour un tel projet. Et on a jeté l’éponge au bout de deux ans.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-8-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8436" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Concernant la nouvelle élection de 2020, pour quelle raison n’as-tu pas souhaité te représenter&nbsp;?</strong></em></li><li>On ne va pas poser le problème comme ça. C’est vrai que j’aurais aimé être pris sur la liste, mais comme toute liste d’ouverture que Manu Gazel a fait, il fallait faire des arbitrages, des équilibrages. Quand Manu m’en a parlé, je lui ai répondu Je viens d’un sport collectif, ne te fais pas de souci, je ne serai pas un caillou dans ta chaussure. Prends des gens plus jeunes, peut-être moins marqués que moi de l’époque Durand, et qui pourrait être un frein à cette envie de fédérer autour d’une belle personne qui est Manu Gazel.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc renoncé sans amertume.</strong></em></li><li>Disons qu’il a fallu que je l’avale, que je le digère. Je n’ai pas du tout d’aigreur. Avec du recul, je me dis aussi que mon épouse est maintenant à la retraite, et qu’être élu est un engagement de tous les jours, matin et soir car moi, je ne me vois pas ne pas être sr le terrain à l’écoute des gens. Là, j’ai un peu plus de liberté, qui permet de faire des choses sans contrainte et avec grand plaisir. Mais je suis attentif à la vie associative et municipale. Manu, je la considère comme une amie, elle m’a d’ailleurs préfacé mon livre et j’ai beaucoup d’affection et d’estime pour cette fille. Mais il y avait trois personnes issues du Rugby sur sa liste, et avec moi, cela faisait quatre. C’était trop&nbsp;! Moi, j’ai 73 ans, j’ai fait mon temps, je serai utile autrement. Tant que j’ai la santé et la pêche, je le ferai.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Le Forum des associations a aussi été un projet qui t’a permis d’atténuer cette déception et de t’impliquer dans un projet collectif comme tu les aimes.</strong></em></li><li>Moi, j’aime cet aspect collectif, comme le rugby. Rien n’est plus beau que les réussites collectives. Elles sont toujours boostées par des hommes et des femmes qui sont à la tête, mais sans cette capacité à fédérer les bénévoles…, on ne pourrait rien faire. Pour moi, et pour les autres personnes de Grands Causses Bénévolat, c’est une grande satisfaction d’avoir su fédérer le milieu associatif pour redonner un peu de couleur et de sourire.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>As-tu un autre projet de livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai un autre projet, toujours dans le milieu associatif local, mais dans d’autres domaines, celui du domaine social, où il y a de belles réussites associatives, avec de belles personnes qui portent ces projets. Cet hiver, je vais commencer les rencontres, je vais attaquer avec une amie, Josette Hart, pour le Jardin du Chayran, qui va fêter ces 20 ans, et qui est une réussite associative exemplaire, qui permet de donner de l’espoir à des gens mal embarqués dans la vie. Je vais m’atteler à ça cet hiver.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> le 20 septembre 2021</p>



<p>Photos&nbsp;: <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8454" width="1160" height="760"/></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8442" width="1160" height="760"/></figure></div>
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			</item>
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		<title>Fest&#8217;Trail, ce serait bien pour mamie Galtier</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/20/festtrail-ce-serait-bien-pour-mamie-galtier/</link>
					<comments>https://www.liveaveyron.com/2021/09/20/festtrail-ce-serait-bien-pour-mamie-galtier/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Sep 2021 07:26:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
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		<category><![CDATA[Fest'Trail]]></category>
		<category><![CDATA[Fest'Trail des 7 collines]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Affrique]]></category>
		<category><![CDATA[Vallée de la Sorgue]]></category>
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		<category><![CDATA[Vieux pont de Lapeyre]]></category>
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					<description><![CDATA[FEST’TRAIL : « ce serait bien pour mamie Galtier » &#160; Au pied de la vierge, sur le marbre craquelé,...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<h2 dir="auto" style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8412" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011.jpg" alt="" width="2048" height="1367" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-1024x684.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-768x513.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-1536x1025.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></h2>
<h2 dir="auto" style="text-align: center;"><span style="color: #808080;">FEST’TRAIL : « ce serait bien pour mamie Galtier »</span></h2>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Au pied de la vierge, sur le marbre craquelé, une bouteille de lait et des fleurs séchées, composition incongrue, posée là sans savoir pourquoi. A côté, une bougie, sur le verre, de fines gouttelettes en dégoulinade, un message « Vierge Miraculeuse, priez pour nous ».</div>
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<div dir="auto">9 heures du mat, un dimanche à déambuler dans les ruelles du village de Lapeyre par un temps saule pleureur sous un ciel pleurnicheur. Je croise Joël, Monsieur chemin de rando au Parc des Grands Causses. Il habite à deux pas, sa maman encore plus près, la maison au-dessus du porche où autrefois une petite bergerie sous la roche abritait les brebis à l’abris du loup. Joel porte des bottes et un ciré «mon cheval a de la fièvre. Il a sans doute été piqué par une tique». Il ne dissimule pas son inquiétude, il craint une piroplasmose.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En cette journée du patrimoine, petite visite guidée, improvisée dans les pas de ce fin connaisseur du moindre sentier, du moindre ravin, du moindre muret bâti par des mains caleuses et râpeuses. Nous descendons vers la rivière, nous passons sous le porche, au centre d’une placette, posée sur un socle, une ancienne roue pour autrefois, écraser le plâtre, dernier vestige sauvé de la mine de la Frégière.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En remontant, nous passons dans une petite ruelle, grande baie vitrée, quelques pots de fleurs bien alignés, Joël raconte « autrefois, c’était l’épicerie ». Derrière le carreau, une mamie assise dans un fauteuil prend son petit déjeuner « c’est Madame Galtier, c’est notre centenaire, elle a 103 ans ». Je suis impressionné, je quitte Joël, son cheval l’attend dans son pré détrempé sur l’autre versant de la vallée. Je rejoins le vieux pont de Lapeyre.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Le ravitaillement du Fest’Trail est installé juste en contrebas. On devine le toit pointu de la petite tente bienfaitrice protégeant de la pluie trois bénévoles enrôlés au service du jour. Au menu, coca local, chips artisanales, fruits secs, carrés de melons et grappes de raisins. Des fidèles de toutes les courses locales, des discrets, des enjoués, parfois le dossard sur la poitrine, parfois à donner le coup de main. Il y a Samuel, le nouveau président du comité des sports de St-Affrique, également président d’un club de tir à l’arc. Il plaisante en parlant de Mathias Hervas l’organisateur de cette course « Si Mathias est un bon organisateur, c’est qu’il a eu un bon prof de sport ». Christine à ses côtés se marre, elle a le sourire facile et éclatant, elle désigne du doigt Samuel « le prof de sport, c’était lui ».</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">La pluie crépite sur la bâche mais n’attaque pas le moral du trio en attente des premiers. Chacun y va de son pronostic « Mathias a dit, le premier, il sera là au bout de 30 minutes ». On fait la moue le temps de recalculer la moyenne, le troisième larron interpelle le tireur à l’arc « attends un peu mais ça fait du 24 km/heure ». Samuel se marre «il a juste dit cela pour être certains que nous soyons à l’heure ».</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Le premier passe, à fond, le second passe, à fond, le troisième passe, à fond, le quatrième toujours à fond. Ca chasse, ça se pourchasse. Pas même un regard aux grappes de raisin. Qu’importe, les trois bénévoles n’en prennent pas ombrage et encouragent. La suite du peloton, des crispés, des détrempés, des timides, des réservés, des bavards, des souriants, des cools, des inquiets mais au final, une fois le verre de coca colt avalé, une fois les talons tournés, c’est toujours un petit « merci » de dégainé et en retour un « bonne course « décroché pour encourager.</div>
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<div dir="auto">11 heures au clocher de l&#8217;église, le ciel ne s’est toujours pas déchiré, sur les hauteurs, des nuages accrocheurs, moqueurs. En prévision, un dimanche canapé pour certains, un dimanche champignon pour les plus courageux, un dimanche Fest’Trail qui prend déjà fin pour les plus valeureux.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Samuel part à la rencontre du fermeur attardé. je m&#8217;esquive avec moi aussi un « merci » de l’accueil et de la petite causette, Christine me renvoie «à bientôt aux Templiers ». Sur le chemin du retour, dans la petite rue conduisant à l’église, Mamie Galtier est toujours devant sa fenêtre, assise, un plaide sur les genoux. A mon passage, elle jette un regard vif. Par politesse, je fais un signe de tête. Une idée perce l&#8217;écran de pluie et me traverse « si la course passait là, devant sa fenêtre, ce serait bien pour mamie Galtier ».</div>
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<div dir="auto"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8402" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></div>


<p class="has-text-align-center"><strong><span class="has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color">Photographies réalisées le 19 septembre 2021 au vieux pont de Lapeyre, vallée de la Sorgue, à l&#8217;occasion du Fest&#8217;Trail des 7 Collines</span></strong></p>
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		<title>Charlotte Majorel et Victor Heck, de l’audit financier à l’Aubrac</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 09:50:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
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		<category><![CDATA[Les Clés de l&#039;Aubrac]]></category>
		<category><![CDATA[Victor Heck]]></category>
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					<description><![CDATA[Charlotte Majorel et Victor Heck étaient promis à de belles carrières dans la finance, mais l’attrait de l’Aubrac a ramené le couple à Laguiole pour y créer un projet ambitieux, de bâtir des séminaires d’entreprises. Le dynamique duo s’attaque maintenant au Sud Aveyron, en imaginant des séjours autour du Trail des Templiers. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Charlotte Majorel et Victor Heck, de l’audit financier à l’Aubrac</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Charlotte Majorel et Victor Heck étaient promis à de belles carrières dans la finance, mais l’attrait de l’Aubrac, terre natale de Charlotte Majorel, a ramené le couple à Laguiole pour y créer un projet ambitieux, de bâtir des séminaires d’entreprises dans ce cadre authentique. Le dynamique duo s’attaque maintenant au Sud Aveyron, en imaginant des séjours autour du Trail des Templiers. C’est du cousu main que fabriquent Charlotte et Victor, soucieux de promouvoir l’Aveyron, dans l’esprit d’un tourisme qualitatif, à taille humaine.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8233" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Charlotte Majorel, vous êtes originaire de l’Aveyron. Qu’est-ce qui vous a incité à revenir dans l’Aveyron avec Victor Heck, votre compagnon&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Je suis originaire d’Espalion, mon grand-père était le propriétaire de la Banque Majorel, et de Lacam du côté de maman. Nous, on a toujours vécu à Paris, fait des expériences à Paris, à l’étranger. On a commencé à travailler dans la finance. Et on a décidé de revenir sur ce territoire qu’on apprécie beaucoup. Victor le connaît depuis 10 ans. On a trouvé qu’il y a un énorme potentiel par rapport à ce territoire, qu’il fallait conserver, mettre en valeur. A notre échelle bien sûr, puisqu’on n’est que deux pour l’instant. Cela nous touchait beaucoup de pouvoir promouvoir ce territoire. On a trouvé que l’idée de l’événementiel et du tourisme était dans l’air du temps. Avec le côté retour à la nature, aux valeurs, se ressourcer.</li><li><em>Et vous, Victor, d’où êtes-vous originaire&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Moi, je ne suis pas du tout aveyronnais. Je pense qu’avant de rencontrer Charlotte, je ne savais pas placer l’Aveyron, et encore moins l’Aubrac sur une carte&nbsp;! Moi, ma famille est de Marseille du côté de ma mère, et Strasbourgeoise du côté de mon père. J’ai de très fortes attaches surtout sur la région marseillaise. Mais j’ai toujours vécu à Paris. C’est là où nous nous sommes rencontrés il y a 9 ans. J’ai découvert l’Aveyron avec Charlotte en venant en vacances. Très rapidement, on s’est rendus compte qu’il y avait un vrai potentiel dans cette région. Naturel, car c’est très beau, mais aussi économique et social. Les gens sont très dynamiques et ont la fibre entreprenariale, avec de très belles réussites économiques. Si on prend le village de Laguiole, qui a 8000 habitants, il y a une effervescence économique assez impressionnante. C’est singulier. Nous avions commencé notre carrière professionnelle sur Paris, et nous serions restés sur Paris si on n’avait pas eu ce projet. Car ce n’est pas un burn out&nbsp;: on n’a pas dit J’en ai marre de Paris, je quitte tout, je pars à l’autre bout de la France. Il y avait vraiment cette idée de construire un projet à deux, et de pouvoir contribuer à notre échelle, la préservation et à la promotion de cette région.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Une région où on s’épanouit aussi. On sent qu’on est utiles pour faire quelque chose qu’on aime et qui est utile au territoire.</li><li>Victor Heck&nbsp;: on est partis du Pourquoi on veut faire ça&nbsp;? Et pour créer cette vie à deux, on est arrivés aux Clés de l’Aubrac, cette agence événementielle et touristique, créée il y a deux ans. Aucun regret. Très épanouis.</li><li><em>Vos études se sont déroulées dans le domaine de la finance. Vos jobs précédents étaient-ils tournés vers le tourisme&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: pas du tout. Moi, j’ai travaillé un peu à l’étranger, j’ai eu un stage d’audit en Italie dans une agence de l’ONU. Puis je suis rentrée à la COFACE (assurance crédits pour les entreprises) pendant deux ans, en tant qu’analyste financière.</li><li>Victor Heck&nbsp;: moi, après mes études, j’ai été un an dans la Marine Nationale comme officier volontaire. Puis je suis parti au Maroc dans une entreprise française de conseils. Ensuite, j’ai bossé dans l’hôtellerie, dans la partie financière, dans une entreprise franchisée. Je faisais de l’analyse financière, du développement commercial. Donc pas vraiment de contacts avec le client.</li><li></li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-8234" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1024x682.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-768x511.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1536x1022.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Pour résumer votre projet, vous êtes tous les deux des analystes financiers qui ont choisi de devenir des acteurs du tourisme, mais d’un tourisme différent&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: c’est ce qu’on essaie de faire. On voulait développer un tourisme à taille humaine, quelque chose de qualitatif. Surtout pas de quantitatif, car on est sur un territoire qui ne s’y prête absolument pas. Et nous, on est plutôt opposés à ça. On n’a pas envie qu’il se mette en place un tourisme de masse, car c’est quelque chose qui détruit les régions. Par contre, un tourisme de qualité, on trouvait que c’était intéressant d’aider les gens à découvrir autrement notre région. Avec à chaque fois des activités, des expériences ancrées dans le territoire. On aime bien cette idée de dire que ce que vous avez fait sur l’Aubrac ou sur l’Aveyron, vous ne pourriez pas le faire ailleurs.</li><li><em>C’est donc un virage à 180 degrés de votre vie. Puisque vous vivez maintenant à Laguiole. Comment s’est passée votre intégration puisque tu n’avais pas grandi à Laguiole&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Moi, je n’avais jamais vécu sur l’Aubrac et l’Aveyron, toujours à Paris. Et finalement, ça a été un peu une évidence. Ca s’est très bien passé car on savait où on allait.</li><li>Victor Heck&nbsp;: En fait, on a commencé à Lacalm, dans la maison de famille. Ca s’est très bien fait. Car le projet était bien accueilli avec les personnes avec qui on avait échangé.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Notre métier nous permet de rencontrer beaucoup de gens. On travaille avec beaucoup de prestataires locaux. On a eu cette obligation, avec grand plaisir, d’aller voir ces prestataires, de nous présenter professionnellement et personnellement. Tout de suite, il y a eu un échange. L’intégration s’est faite aussi par le travail. Mais cela n’a pas été compliqué. Sur Laguiole, il y a pas mal de jeunes qui sont aussi dans cette démarche. Tout le monde est très aimant de l’Aubrac. On est tous sur la même longueur d’ondes. Il y a une belle dynamique.</li><li><em>L’accueil s’est-il bien fait pour vous&nbsp;? Contrairement à ce qu’on entend souvent, les gens du Nord Aveyron sont accueillants.</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: quand on s’est installés, beaucoup de personnes nous ont dit que ce serait compliqué. Mais ce n’est pas que les gens ne vous intègrent pas. C’est juste que les gens ne vous attendent pas. On est deux nouvelles personnes, on s’installe dans un territoire qu’on ne connaît pas. Il faut aller vers les gens. Sinon, les gens ne vont pas savoir que Charlotte et Victor se sont installés. C’est à nous de faire le premier pas.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: C’est vrai aussi que moi, étant originaire de là-bas, ça aide un peu les premiers contacts. Il y a une vraie volonté de partager avec les gens, d’écouter aussi. Beaucoup de personnes, surtout les Parisiens, nous disaient que ce serait très compliqué de s’intégrer. Mais finalement, cela n’a pas été le cas.</li><li>Victor Heck&nbsp;: il faut être pro-actif. Il faut aller rencontrer les gens. Il faut essayer de s’inclure dans la vie du village.</li><li><em>Et le projet économique, a-t-il vite pris tournure&nbsp;? Avec une réussite rapide&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Il a fallu un peu de temps pour obtenir l’immatriculation obligatoire pour toute agence réceptive. Puis pour rencontrer les prestataires, monter nos produits. On a lancé l’activité concrètement en janvier 2020. Et en mars, il y a eu le confinement&nbsp;! Cela a un peu décalé. Je préfère parler de décalage du début d’activité. Après, on a eu de beaux séminaires l’année dernière, on a eu un été super intéressant. Le Covid a tué l’activité, on n’avait pas pris ça en compte dans notre business plan&nbsp;!</li><li>Victor Heck&nbsp;: Là, c’est en train de bien démarrer, on a de beaux partenariats. L’activité est en effervescence. On mesure le potentiel qu’il y a. Le Covid a renforcé nos convictions qu’il fallait qu’on continue. Cela n’a pas été simple tous les jours. Surtout car on n’avait pas de visibilité sur quand ça se terminait. Aujourd’hui, on voit plus le début de la fin. C’est dur quand on démarre une activité, qu’on démarre de zéro client, et qu’on se demande à partir de quand je vais pouvoir créer des choses.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8236" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Quel est le produit phare que vous proposez dans Les Clés de l’Aubrac&nbsp;? Celui qui représente le mieux votre état d’esprit&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: L’idée est de faire vivre une expérience, unique, exclusive aux personnes qui viendraient sur le plateau de l’Aubrac. Aujourd’hui, notre cible principale est les séminaires d’entreprises. Pour proposer une approche différente, de vivre un séminaire différent, vraiment axé sur l’Aubrac. On aime bien dire l’Aubrac, une terre d’inspiration. La formulation fait très marketing mais c’est vrai. Toutes les expériences sont ancrées sur le plateau de l’Aubrac, et sont uniques au Nord Aveyron. Et bientôt, on l’espère, à la région millavoise. L’idée est qu’on vient vivre une expérience unique pour une entreprise. L’Aubrac a beaucoup à offrir par ses paysages, sa quiétude.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: On met en avant trois valeurs&nbsp;: l’authenticité – le savoir-faire – la transmission. Ce sont des valeurs essentielles dans l’entreprise. Et aujourd’hui, avec ce qui s’est passé, l’entreprise a envie de se recentrer sur les valeurs premières, sur son identité. Et c’est quelque chose qui peut être réfléchi sur l’Aubrac car c’est un territoire où on se ressource. C’est un cadre propice à ce type de réflexions. Et aujourd’hui, beaucoup d‘entreprises se placent dans ce schéma-là. Nous sommes convaincus que l’Aubrac a un réel potentiel dans ce secteur-là.</li><li><em>Vous travaillez maintenant sur un projet lié au Festival des Templiers. Il est très différent, et il vous permet de vous orienter vers une autre sphère. Comment est né ce projet&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: La genèse est un évènement fait avec la JCE, la Jeune Chambre Economique de Rodez et Millau, en visio. Ils nous avaient invité pour qu’on présente notre projet, en octobre dernier. Le thème de la réunion était notre territoire, principale ressource. Kévin (Bertrand) avait présenté la démarche du Festival des Templiers, très ancré dans le territoire et dans les valeurs de l’Aveyron. Cela a fait écho à ce qu’on a proposé. En début d’année, on a recontacté Kévin par rapport à ça. Nous sommes une agence réceptive, les Templiers ont une notoriété nationale sur le territoire. On a parlé d’un partenariat à construire autour des Templiers et de l’Aveyron. Nous avions déjà réfléchi à créer des séjours sportifs sur le vélo de route et le trail, pour la découverte d’un territoire dans sa globalité. C’est ainsi qu’est née cette idée de partenariat Templiers Trail Expérience, où l’on reprend l’idée de la passion d’un sport et d’un territoire. L’idée est de proposer aux coureurs qui ont apprécié la course de revenir sur le territoire de l’Aveyron, et sur la région millavoise. Pouvoir courir sur les parcours des Templiers et venir avec leur accompagnant. Découvrir à plusieurs ce territoire en étant imprégnés de l’univers des Templiers. Nous organisons la totalité du séjour pour l’ensemble de la famille.</li><li><em>C’est un univers que vous ne connaissiez pas&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Je connais le trail car mon père est un grand mordu. Il a d’ailleurs couru les Templiers il y a quelques années. Je l’ai toujours suivi dans ses courses, dans cette passion. On s’intéresse à l’univers du sport de pleine nature, l’Aveyron s’y prête tellement. Nous aurons l’expertise d’organisateurs de séjours, et en s’alliant avec les Templiers, on recherche l’expertise d’organisateurs d’évènements.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Il y a aussi d’autres projets importants pour cette année. Comme celui monté autour du yoga avec le restaurant Bras.</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Nous sommes partis sur deux séjours, avec visite du jardin Bras, randonnée à pied, yoga et méditation, et deux repas au restaurant Bras. C’est un projet à petite échelle, avec des dates fixes pour les particuliers, en juin, et septembre. Nous envisageons de proposer des séminaires pour les entreprises au Suquet, dans l’idée de réflexion sur l’identité de l’entreprise. Il y a une vraie cohérence avec l’expérience de la famille Bras. Il y a des choses à créer pour les entreprises sur ces sujets. Ce sera plus des séminaires, qui seront cousus main en fonction des besoins des entreprises.</li><li><em>On peut dire que vous effectuez un travail de petite fourmi&nbsp;!</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Oui, c’est une forme d’artisanat à notre échelle. C’est ce qu’on aime aussi. On aime prendre le temps d’avoir les clients au téléphone, échanger avec eux, et à la fin, d’obtenir exactement ce que le client avait demandé.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: c’est notre valeur ajoutée. Et c’est aussi ce que recherchent les entreprises sur l’Aubrac, du cousu main, du confidentiel, du sur mesure. C’est l’ADN des Clés de l’Aubrac.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos réalisées au Cade par <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<p></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-les-cles-de-l-039-aubrac wp-block-embed-les-cles-de-l-039-aubrac"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NurVsWksxM"><a href="https://lesclesdelaubrac.com/templiers-trail-experience/">Templiers Trail Experience</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Templiers Trail Experience » &#8212; Les Clés de l&#039;Aubrac" src="https://lesclesdelaubrac.com/templiers-trail-experience/embed/#?secret=NurVsWksxM" data-secret="NurVsWksxM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Rock&#8217;N Bike, bottes de paille et livret Caisse d&#8217;Epargne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 16:17:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
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		<category><![CDATA[Causse Noir]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que le gravel fait une entrée remarquée sur notre territoire, il y a près de 35 ans, le VTT explose en terre caussenarde avec l’organisation de la première compétition, la Rock’N Bike, créée en 1988 au Maubert sur le Causse Noir. Flash back sur cette épreuve pionnière qui ouvre une voie royale pour le développement des sports de pleine nature et du VTT en particulier. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#c2951a" class="has-inline-color">ROCK’N BIKE, BOTTES DE PAILLE ET LIVRET CAISSE D&#8217;EPARGNE</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#bb911b" class="has-inline-color">Alors que le gravel fait une entrée remarquée sur notre territoire, il y a près de 35 ans, le VTT explose en terre caussenarde avec l’organisation de la première compétition, la Rock’N Bike, créée en 1988 au Maubert sur le Causse Noir. Flash back sur cette épreuve pionnière qui ouvre une voie royale pour le développement des sports de pleine nature et du VTT en particulier.&nbsp;&nbsp;</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="654" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1024x654.jpg" alt="" class="wp-image-8174" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1024x654.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-300x191.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-768x490.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1536x980.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jean Gabriel Cordier, pionnier du VTT à Millau</figcaption></figure></div>



<p>Un âne, cinq bottes de paille, une baignoire pour enfant, un égouttoir à spaghetti et un livret Caisse d’Epargne….j’en conviens, cela demande des explications.</p>



<p>Nous sommes donc le 17 avril 1988, un petit matin malin qui n’a rien d’ordinaire du côté du Maubert, cette ferme du Causse Noir, repère de la famille Robert et du grand Louis, et porte d’entrée pour fureter dans le chaos rocheux de Montpellier le Vieux.</p>



<p>Voici donc quelques explications. Commençons par l’âne, ce quadrupède mal luné, mal léché venu fourrer son museau là où il ne faut pas. Se dandinant, l’œil torve, au beau milieu de ces bipèdes la coupe au bol, un pied sur la pédale de droite, une demi-fesse sur la selle, les mains gantées et ce drôle de vélo aux allures de crapaud entre les pattes.</p>



<p>Nous étions donc à quelques minutes du départ de la première édition de la Rock’N Bike, baptisée pompeusement «premier grand raid des causses en VTT». Pas de banderoles, pas d’oriflammes, pas de ganivelles, pas de sono, tout juste deux arbres pour encadrer, gauche droite ce peloton de pionniers et…un âne. Morveux et baveux à renifler de près les gambettes de ces poilus du VTT, mountain bikers de la première heure. Immuable, indécrottable, indéboulonnable, l’air de dire «là, les gars, je suis chez moi, basta».</p>



<p>Ainsi fut donné le départ de cette course pas vraiment officielle, un peu sauvage, non affiliée à la toute jeune Association Française de Mountain Bike lancée par Stéphane Hauvette le créateur du Roc d’Azur en 1984 avec 7 concurrents au départ dont Raymond Creuset le patron visionnaire de Mécacycle et Larbi Midoune, le vainqueur historique de cette grande première.</p>



<p>Argumentaire de cette organisation visionnaire proposant un parcours de 60 km tracés entre Ramatuelle et Fréjus «Il y avait un site enchanteur, baigné de mer et de soleil. Il y avait un long parcours de rêve, à une époque où tous les circuits restaient encore à découvrir. Il y avait tout simplement l&#8217;idée de faire du vélo autrement, plus en contact avec la nature, et de faire partager cette passion avec le plus grand nombre&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="697" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-697x1024.jpg" alt="" data-id="8175" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8175" class="wp-image-8175" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-697x1024.jpg 697w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-204x300.jpg 204w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-768x1129.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-1045x1536.jpg 1045w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1.jpg 1393w" sizes="(max-width: 697px) 100vw, 697px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="708" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-708x1024.jpg" alt="" data-id="8176" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8176" class="wp-image-8176" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-708x1024.jpg 708w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-207x300.jpg 207w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-768x1112.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-1061x1536.jpg 1061w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4.jpg 1415w" sizes="(max-width: 708px) 100vw, 708px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Dans l’énergie du Roc d’Azur, les Grands Causses découvrent ainsi cette discipline naissante. Le calendrier des épreuves s’étoffe. En1988, 8 courses sont déjà affiliées à un pseudo championnat de France, sans oublier les 24 Heures du Rouret, la Fox Sand, le Trophée des Alpes, le Tour du Sancy, les 24 Heures d’Auvergne, la Paris – Deauville, Gigondas &nbsp;et la Rock’N Bike en Occitanie.</p>



<p>Ces épreuves participent à la démocratisation de la discipline avec&nbsp; l’arrivée des premiers destriers à pneus crantés, le Tracker chez MBK, le Maverick chez Raleigh, le VTT1 chez Peugeot, imposantes montures, long cadre en acier, guidon large, triple plateau et le poids d’un âne mort sur la bascule. Pour accompagner ce développement foudroyant, 40&nbsp;000 VTT vendus en 1989 et déjà 1000 concurrents au Roc d’Azur cette année là, Vélo Vert sort en kiosque et sillonne les sites de courses avec sa célèbre caravane, une rutilante et vintage «Airstream» symbole d’un sport new age.</p>



<p>Mais revenons à notre énigme&nbsp;: «un âne, quatre bottes de paille, une baignoire pour enfant, un égouttoir à spaghetti et un livret de Caisse d’Epargne&nbsp;». 33 ans après cette première édition, quelques souvenirs &nbsp;émoussés et quelques vieux clichés troublés, ils demeurent les symboles de cette première Rock’N Bike, organisation à la bonne franquette, un brin amateur, pas vraiment sécuritaire. Les bottes de pailles, vous l’avez compris, ce fut pour le podium.&nbsp; Une baignoire pour enfant, rien de mieux pour nettoyer les salades prévues au repas d’arrivée saupoudrées de noix de Roquefort. L’égouttoir à spaghetti, il était prévu mais fut oublié, comme les louches et bien d’autres ustensiles, vous l’avez compris, le repas pour 200 coureurs servi dans la grange du Maubert fut certes authentique mais couronné d’une grosse galère. Quant au livret de Caisse d’Epargne, ce fut le lot offert par notre banquier, cette fois adoré, pour les premiers, au total 20&nbsp;000 francs pour la seconde édition en 1989.</p>



<p>Le Livret Caisse d’Epargne, Jean-François Vayssette en garde un souvenir ému. En 1988, c’est un grand gaillard aux larges épaules, ado vadrouilleur, déjà aspiré par la grandeur des causses et leurs pistes se débinant à l’infini.&nbsp; De sa voix douce, il raconte «je devais avoir 16 – 17 ans, je faisais déjà du VTT avec mon frère Pierre et un copain Teddy Got. Pour Noël, j’avais eu un MBK acheté chez William Orts, c’est un cadeau qui marque. Je me souviens à l’époque, on ne cherchait pas les descentes. La première fois que l’on a descendu le cirque de Madasse vers l’Ermitage St-Michel (aujourd’hui zone de silence protégée interdite aux VTT, randonneurs, coureurs), on a croisé un paysan, il nous a prévenus «mais vous ne passerez jamais».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="737" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-737x1024.jpg" alt="" data-id="8177" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8177" class="wp-image-8177" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-737x1024.jpg 737w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-216x300.jpg 216w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-768x1067.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-1106x1536.jpg 1106w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5.jpg 1474w" sizes="(max-width: 737px) 100vw, 737px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="722" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-722x1024.jpg" alt="" data-id="8180" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8180" class="wp-image-8180" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-722x1024.jpg 722w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-212x300.jpg 212w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-768x1089.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-1083x1536.jpg 1083w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6.jpg 1444w" sizes="(max-width: 722px) 100vw, 722px" /></figure></li></ul></figure>



<p>La Rock’N Bike se déroule non loin de Madasse, sur le Causse Noir, au total 48 kilomètres par le Riou Sec, Montplo, Roquesaltes puis plongée dans le Riou Sec et belle traversée du causse par Puech Margue, Longuiers, Betpaumes, Longuiers et pour finir le Caoussou, rien d’original certes mais un grand classique du genre. Jean François est donc au départ avec son gros «clou», coiffé d’un bol rigide noir, l’intérieur en mousse épaisse «je n’étais pas majeur. Je me souviens encore être venu rue de la Paulèle glisser mon bulletin dans la boîte aux lettres pour m’inscrire». Des souvenirs de la course, il cherche, silence, regard lointain «&nbsp;non pas vraiment. Je peux juste dire que le retour, ce fut dur. J’ai fini avec Joël Costecalde. Dans tout le Caoussou, j’ai poussé. Je me souviens d’un gars allongé au sol. Il avait des crampes, on s’est arrêté pour lui tirer la jambe».&nbsp; Quant au Livret Caisse d’Epargne, Jean François se fend d’un grand sourire «je termine premier jeune et je gagne un livret. Il était blanc. Il y avait dessus 500 ou 700 francs, je ne me souviens plus très bien&nbsp;».</p>



<p>Changeons de braquet, passons sur la grosse plaque et remontons la tête de course. Première édition, la course fait le plein des coursiers de la grande région de Bordeaux à Marseille, les premières «caté» sont là, affûtés, pattes rasées, un Américain est même au départ, inévitablement bête curieuse mais pas vraiment le biker killer attendu, sans oublier les Millavois en force, Philippe Gilleron en patron et Jean Gabriel Cordier en embuscade.</p>



<p>Pour raconter cette Rock’N Bike opus 1, Jean Gab. est arrivé les mains chargées, une dizaine de photos d’époque en éventail comme des cartes à jouer représentant la première course de descente dans le ravin de Cartayre, le premier trial disputé à la Maladrerie où des casse-cous tentent de grimper sur le toit d’une voiture. Pionnier du triathlon avec son frère Yves (cinq fois vainqueur à Embrun, champion de France en 1988 et champion d’Europe en&nbsp; 1989), Jean Gabriel Cordier, membre du team Go Sport managé par le terrible Alain Dallenbach, serre les cale-pieds et tourne les manivelles sur les chemins du Causse Noir qui n’ont plus de secrets pour lui. La légende veut qu’il fût le premier à craquer pour un gros, grand et lourd MBK, un Tracker, véritable charrue à deux roues «&nbsp;je l’avais acheté chez Alain Odier, un cadre en acier, il était lourd, horrible. Mais très vite, je suis passé sur un Cannondale rigide en alu. En fait, l’hiver je faisais de la route et du VTT pour me préparer pour la saison de tri».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1024x685.jpg" alt="" data-id="8179" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8179" class="wp-image-8179" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1024x685.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-768x514.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1536x1028.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="709" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-709x1024.jpg" alt="" data-id="8182" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8182" class="wp-image-8182" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-709x1024.jpg 709w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-208x300.jpg 208w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-768x1110.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-1063x1536.jpg 1063w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1.jpg 1417w" sizes="(max-width: 709px) 100vw, 709px" /></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">Dans les années qui vont suivre la Rock&#8217;N Bike, plusieurs épreuves seront organisées à Millau par le club local du SOM</figcaption></figure>



<p>A Gigondas, nos parcours se croisent. Au pied des Dentelles de Montmirail, Jean Gab et Philippe Gilleron sont là pour rafler la mise «on est reparti avec le coffre plein de bouteilles», la Rock’N Bike est là pour promotionner une première édition se profilant à l’horizon. Sur le tract, on ne parle pas de flyer, est mentionné «&nbsp;le VTT, c’est l’aventure, des paysages sauvages, la convivialité. Pour la Rock’N Bike, ces trois ingrédients seront réunis et liés par le piment de la compétition&nbsp;». On y parle également d’avens, de lavognes et de buffet caussenard. A Gigondas, le tandem Gilleron &#8211; Cordier explose le suisse Albert Zweifel champion du monde en 1986 et la Rock’N Bike fait son petit trou.</p>



<p>Et qui retrouve-t-on aux commandes de la RNB dans la descente du Riou Sec, Philippe Gilleron auréolé d’une victoire à Gigondas avec l’intention affirmée de faire la peau aux Andouard, Le Peurien, Marty et consorts. Jean Gabriel se souvient «le parcours, on le connaissait par cœur. Il n’y avait que deux marches à passer, une au départ et une autre sur le causse. Le niveau était vraiment relevé, je termine 9<sup>ème</sup> alors que Philippe ne prend que la 5<sup>ème</sup> place».</p>



<p>Philippe Andouard monte ainsi sur la plus haute botte de paille et reçoit une paire de gants de cyclisme made in Millau (offert à tous les participants et réalisés par la ganterie Viguié) et son Livret de Caisse d’Epargne avant de s’assoir au banquet pasta, roquefort et fouace, le début d’une histoire belle, insouciante mais écourtée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1024x692.jpg" alt="" class="wp-image-8183" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1024x692.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1536x1037.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Epreuve de VTT Trial organisée à la Maladrerie ainsi qu&#8217;en indoor à la salle des fêtes</figcaption></figure></div>



<p>Le soir de l’épreuve alors que les dernières nouilles restent collées au fond de la casserole, au fond de la grange du Maubert bien mal éclairée, un petit homme barbu apparaît dans la pénombre, dialogue reconstitué «vous êtes bien l’organisateur ?» «Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?» «Est-ce que vous savez que vous avez détruit toutes les anémones en passant dans le chemin du Riou Sec ?» «Mais Monsieur, sauf erreur de ma part, les concurrents n’étaient pas là pour faire des bouquets de fleur ? Ils étaient là pour découvrir notre territoire mais pas pour le détruire ?». Malgré l’heure tardive, nous proposons à cet honorable caussenard d’établir un constat sur place. L’homme en maugréant refuse et tourne les talons. Fin de l’altercation. D’anémones écrasées, il n’y en eut point mais nous allions découvrir pour la première fois à quel point le territoire est si complexe à partager et à savourer à sa façon.</p>



<p>L’année suivante, la seconde édition accueille 400 vettistes, l’âne est couronné mascotte de l’épreuve et Jean Yves Couput remporte l’épreuve. Mais l’organisation jette le sifflet aux buis et le chrono aux orties. La FFC impose son diktat et interdit les manifestations «&nbsp;libres&nbsp;» non affiliées. La Rock’N Bike disparaît trop précipitamment en laissant son tapis de regrets bien vite fanés mais ouvre une voie royale pour le développement du sport de pleine nature.</p>



<p><strong>PS&nbsp;:</strong> <em>La Caussenarde prendra rapidement le relais de la RNB sur une distance de 100 km à l’initiative des cyclos de Millau alors que de nombreuses épreuves régionales auront lieu également dont une épreuve à Verrières à l’initiative de Jean Gabriel Cordier.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Paul Texier, ultrabiker avant l&#8217;heure</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier-ultrabiker-avant-lheure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Mar 2021 16:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[brevet audax]]></category>
		<category><![CDATA[cyclo randonneur]]></category>
		<category><![CDATA[Paris Brest Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Texier]]></category>
		<category><![CDATA[ultrabike]]></category>
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					<description><![CDATA[A l’âge de 55 ans, tout jeune retraité de la SNCF, Paul Texier s’installe à Millau. Un homme discret connu pour ses œuvres d’art tournées sur bois précieux. Mais ce que l’on sait moins de lui, c’est qu’il fut un ultra-cyclorandonneur collectionnant dès l’âge de 20 ans toutes les grandes aventures françaises et européennes à vélo qu’il archiva minutieusement dans trois petites valises en bois. Par amitié, il accepta d’ouvrir ces petits coffres-forts. Rencontre et émotions.  ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#b26f1d" class="has-inline-color"><strong>PAUL TEXIER,</strong> ultrabiker avant l&#8217;heure</span></h2>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7848" width="1160" height="760"/></figure>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#b26f1d" class="has-inline-color">A l’âge de 55 ans, tout jeune retraité de la SNCF, Paul Texier s’installe à Millau. Un homme discret connu pour ses œuvres d’art tournées sur bois précieux. Mais ce que l’on sait moins de lui, c’est qu’il fut un ultra-cyclorandonneur collectionnant dès l’âge de 20 ans toutes les grandes aventures françaises et européennes à vélo qu’il archiva minutieusement dans trois petites valises en bois. Par amitié, il accepta d’ouvrir ces petits coffres-forts. Rencontre et émotions. &nbsp;</span></strong></p>



<p>De loin, j’ai vite reconnu la silhouette de Paul, les deux mains jointes dans le dos. Sur le trottoir de droite, rue Charles Dutheil, là où la chaussée se partage en deux en un croissant de lune. Il m’attendait à la hauteur du cèdre majestueux, vénérable gendarme des lieux, paisible et impassible et grand sage solitaire.</p>



<p>Il leva la main, j’ai freiné. A sa hauteur, j’ai mis pied à terre, je lui ai souri. Il était pressé de me dire «je savais que vous alliez passer. J’ai quelque chose pour vous. Je sais que vous pourriez être intéressé».</p>



<p>Paul, je l’ai rencontré la première fois à la croisée d’un chemin, loin après la Croix des Prisonniers, à l’aplomb de la cabane forestière du Prat dans la montée du St-Guiral. Moi, plié à affronter les morsures d’un arbuste épineux, lui courbé à affronter d’un bon pas cette longue montée en direction du Col de la Guérite. Nous avions parlé brièvement, lui visiblement intimidé, pour ma part étonné que ce petit bonhomme, d’un âge avancé, mais d’un bon pas alerte, puisse affronter en solitaire le parcours des Templiers.</p>



<p>Puis, nous nous croisions. Une fois par an, parfois plus, à papoter sur le bord d’un trottoir, en voisins, «bonjour, bonsoir», moi toujours un peu pressé, lui en partance pour sa randonnée quotidienne, les mains toujours jointes dans le dos, le buste courbé, d’un pas assuré.</p>



<p>Finalement, je ne connaissais pratiquement rien de cet homme. Peut-être n’avais-je pas été assez curieux&nbsp;? Seulement deux, trois anecdotes, guère plus, celle-ci par exemple, il avait été le suiveur de Claude Faquet, un marcheur de grand fond sur la route de Strasbourg – Paris. C’est peut-être cela qui me reliait à lui. Peut-être avais-je évoqué avec lui mon bref passage dans ce monde suranné de la marche de grand fond à un âge où habituellement on roule en vespa pour affoler les cœurs tendres à chercher l’âme avec qui roucouler.</p>



<p>J’ai laissé traîner cette petite intrigue comme un message mal griffonné que l’on effleure du regard chaque matin sans en faire cas, pour enfin me décider. Je fus hésitant sur l’adresse mais je trouvais avec l’aide d’Hervé, un bénévole croisé sur mon chemin «ah oui, c’est César que tu cherches, c’est la porte là». J’ai pensé «César, ça doit être Paul, alors allons-y». Immeuble années soixante, larges couloirs, murs jaunis mais l’ensemble bien entretenu, j’ai empoigné la rambarde et j’ai grimpé les quatre étages. Avec lenteur, bruits de mes pas claquant, résonnant, sur chaque palier, bruits d’appart en sourdine et odeurs de cuisine. Sur les pas de portes, paillassons gisant, dans les coins, cactus agonisant. J’ai sonné, j’ai entendu «c’est ouvert». J’ai reconnu la voix, j’étais bien chez Paul et non pas chez César.</p>



<p>Je suis entré, au-dessus de la porte, un fer à cheval sur son clou, j’ai pensé «&nbsp;je suis protégé&nbsp;». A gauche, la salle à manger baignée d’un généreux soleil de printemps, la baie vitrée ouverte sur le sud. Il faisait bon, j’ai quitté ma veste, je me suis assis. Devant moi, sur la longue table aux pieds ciselés, Paul avait étalé trois petites valises en bois, du fait main assurément. Il posa ses lunettes sur le bout de son nez, nous étions l’un face à l’autre. Voilà, j’allais enfin en savoir plus. Il n’y a pas eu d’introduction, ni de préalable «voilà, c’est cela que je voulais vous montrer».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7850" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6.jpg" alt="" data-id="7861" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-6/" class="wp-image-7861" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5.jpg" alt="" data-id="7862" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-5/" class="wp-image-7862" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Je me suis penché, la première valisette contenait rangés, année après année, serrés à ne pas glisser un onglet, des centaines de carnets de route, brevets sportifs de cyclotourisme, brevets routiers, feuilles de contrôle, des petites cartes froissées, jaunies publiées à l’encre violette. Dépassant du lot, l’annonce du Paris – Brest – Paris année 56, prévu du 6 au 7 septembre et le programme complet des Audax qualificatifs allant de 200 km à 600 km. Rien que ça&nbsp;!</p>



<p>C’était donc cela le secret de Paul Texier, un secret bien gardé, très peu dévoilé même auprès de ses anciennes amitiés, une vie passée sur un vélo à sillonner la France et l’Europe, longues et foldingues chevauchées fantastiques sur deux roues, les mains sur un guidon comme on met les mains sur les hanches de sa bien aimée, sa petite reine, sa fiancée puis sa belle mariée pour une éternité.</p>



<p>Dans ces trois valises, toute une vie, une passion née à la suite d’une petite annonce lue dans un journal de Rennes là où réside le jeune Paul, menuisier de profession dans l’entreprise familiale aux côtés de ses trois frères «venez rouler ce premier dimanche d’automne»… «j’avais 19 ans, bah…on a du faire 40, 50 kilomètres. Je ne sais plus». Ce fut le début d’une histoire, d’une sacrée histoire. Pas de celles qui se consument et s’évanouissent en un clic avec quelques likes et trois selfies à peine le cul sur la selle. De celles qui appartiennent au silence de l’intime, au secret des &nbsp;grandes aventures et épopées solitaires qui se vivent bien plus que ce qu’elles se racontent.</p>



<p>De la première rangée, j’ai tiré soigneusement une vingtaine de documents rangés sous l’onglet 1955. J’ai feuilleté, le premier sur le devant, un carton rouge, le Tour du Finistère, 340 km, départ et arrivée de Morlaix, face au café de la Renaissance, 7 tampons authentifiant le passage du jeune cycliste chevauchant son destrier, un René André, cadre acier. Second document, le Tour de la Suisse Normande, 165 km, départ devant le restaurant Dadon, la Rando Hague et Saire, 167 km, les 12 heures de Chanteloup, à Rouen un Audax sur 200 km, à Paris un Audax sur 400 km, le Brevet Fédéral du Cyclocampeur, le Brevet des Villes Normandes…</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7851" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-5 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3.jpg" alt="" data-id="7856" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7856" class="wp-image-7856" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="675" height="900" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2.jpg" alt="" data-id="7855" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7855" class="wp-image-7855" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2.jpg 675w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Seconde rangée, année 56, je découvre un petit passeport, format paquet de cigarettes, le livret de son premier Paris – Brest – Paris. Il n’a que 21 ans, 1200 km à parcourir, sans compteur, sans GPS, plaque de cadre le N°76 et la liste des 21 points de contrôle avec pour arrivée finale le Parc des Princes s’il vous plaît. Paul sera au départ de la célèbre PBP, 10 fois, 10 fois finisseur, sans chichi, sans grigri. Enchaînant même en 1971 la version Audax et Randonneur soit 2400 km en 9 jours. Question développement, au rayon des connaisseurs, 26 – 40 et 48 à l’avant et à l’arrière un 5 vitesses étagées de 15 à 25 dents pour mordre les cols de l’arc alpin et pyrénéen. Il sera membre de l’Ordre du Col Dur, commandeur avec 500&nbsp;000 mètres positifs soit l’équivalent de 360 fois le Tourmalet&nbsp;!</p>



<p>Question équipement, un vélo solide comme compagnon de fortune «car quand tu voyages en train pour le retour, on peut te le casser», une selle Brooks en cuir à tanner, pour l’éclairage, une bonne vieille dynamo et une torche à trois piles rondes scotchée au guidon, du Cetavlon pour les fesses en feu, une petite sacoche à l’avant et le plus souvent une chemisette par-dessus le maillot de club car dit-il d’un ton ferme «je n’ai jamais porté un maillot à réclame, pareil pour les gants, je n’ai jamais porté de gants». Sans oublier une housse à se trimballer, bien roulée, bien pliée, pour le retour en train, une simple évidence pour ce cheminot, embauché en 1960 aux ateliers de la maquetterie, Plaine St Denis, banlieue Nord de Paris, comme menuisier affecté à la réalisation des prototypes &nbsp;grandeur nature pour Alsthom ou Dietrich.</p>



<p>«Vous voyez, j’étais sûr que vous seriez intéressé». Peut-être avait-il percé au fil de nos rencontres même furtives, mon côté nostalgie avoué et assumé ? Penché au dessus de ces trois valises, je n’avais pas assez de mains pour aller de l’une à l’autre, extirpant un document puis un autre, tous imprégnés d’une forte odeur de papier jauni, puis d’une boîte en fer, une médaille, un médaillon au bronze terni, vert de gris, une plaque de cadre rouillée.. avec le désir impatient de serrer les courroies et refaire la route, de bistrots en restaus Routiers comme autrefois, accouder au zinc, pour tamponner le carton au nez et barbe de l’aubergiste. De ressortir les Michelin au 200 000ème, le Bic à la main pour suivre d’un trait rouge ces périples, 20 km/heure exigés, &nbsp;dans le grand chambardement d’une France Gaullienne à la dure épreuve des changements de société et d’une Europe en pleine construction. Au hasard, dépassant, les coins écornés, je sortais méticuleusement une feuille A4, au risque de la déchirer, celle-ci rédigée à la main, divisée en 6 cases pour 6 étapes. Départ de Quimper, arrivée à Munich le 26 août 1972 pour l’inauguration des Jeux Olympiques, 1420 km en 6 jours, en bas de la feuille une mention, un conseil, «soyez prudents, bonne route». &nbsp;A son actif également les Traits d’Union Européens, pour relier chacune des capitales européennes, Paris – Vienne et ses 1510 km, Paris – Rome et ses 1612 km…bien avant la naissance des Eurovélos, de l’ultrabike de nos jours en pleine renaissance et du bikepacking, une mode qui n’a strictement rien de plus ni de mieux à offrir que les Audax et leurs musettes bourrées d’audace et de culot. Moralité, on n&#8217;invente jamais rien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7852" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-6 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="675" height="900" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1.jpg" alt="" data-id="7864" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-1/" class="wp-image-7864" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1.jpg 675w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4.jpg" alt="" data-id="7857" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-4/" class="wp-image-7857" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Paul Texier traversa ainsi un demi-siècle, les mains sur les cocottes, le nez bien au-dessus du guidon pour s’imprégner de cette France des champs et des coqs qui gueulent au petit matin, à peine le jour levé, après une nuit passée à dormir dans une grange ou dans un abri de fortune «si on ne trouvait rien pour dormir, on s’arrêtait dans un coin avec de la paille. Mais dans les villages, c’était pas toujours évident car il y avait de la méfiance». &nbsp;Car dans cette France laborieuse, mais de quel bois pouvaient bien se chauffer ces privilégiés mal rasés, ces vagabonds aux nez brûlés&nbsp;? Avec leurs jambes épilées et bronzées, la cuisse galbée, la casquette la houppette relevée, sur leur frêle machine à petits pneus, traversant la France, de Diagonale en Directissime, sans craindre la fatigue, les orages, la faim au ventre, les nuits noires d’encre, les nids de poule, &nbsp;sur ces départementales rugueuses aux allures de vicinales. Pour 5 francs, ils reliaient Brest à Menton ou bien Hendaye à Strasbourg ou pire et mieux encore ce Tour de France Audax, 4300 km en 17 jours. Dans quel but&nbsp;? Pourquoi, pourquoi&nbsp;? Sans que le coursier ne puisse vraiment trouver la bonne réponse, ne sachant peut-être pas l’exprimer, par timidité, par simple et noble sagesse. J’ai osé cette question «mais aviez-vous le sentiment de réaliser des choses extraordinaires&nbsp;«&nbsp;? L’homme de répondre sans forfanterie «mais non, car ce que j’ai fait, tout le monde pouvait le faire» et d’ajouter sans changer de braquet «alors je vous donne le tout, vous le prenez&nbsp;?».</p>



<p>Nous avons refermé ensemble les trois valises ainsi qu’une petite boîte en fer de gâteaux bretons pleine de médailles. J’ai pris les deux plus lourdes, Paul la plus légère. Dans l’escalier, il s’est excusé «je dois me tenir car avec mes oreilles, je peux avoir des problèmes d’équilibre, c’est pour cela que j’ai arrêté le vélo». &nbsp;Nous avons posé les trois valises, dans le coffre, bien alignées. Paul venait de me confier les archives de toute une vie, c’était précieux, j’étais ému.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="677" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-1024x677.jpg" alt="" class="wp-image-7873" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-1024x677.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-1536x1015.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1.jpg 1648w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-1024x667.jpg" alt="" class="wp-image-7875" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-1024x667.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-300x195.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-768x500.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-1536x1001.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2.jpg 1773w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="688" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-7877" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-1024x688.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-768x516.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-1536x1031.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4.jpg 1543w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="676" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-1024x676.jpg" alt="" class="wp-image-7876" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-1024x676.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-1536x1013.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3.jpg 1784w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Paul Texier à gauche avec une équipe avec laquelle il réalise tous groupés  630 km en 24 heures</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-5-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-7849" width="865" height="567"/><figcaption>A la retraite, Paul Texier s&#8217;est spécialisé dans le tournage sur bois précieux pour réaliser de belles oeuvres d&#8217;art</figcaption></figure></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jacques BREFUEL, la plume du jeudi</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/03/09/jacques-brefuel-la-plume-du-jeudi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2021 08:19:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[100 km de Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Bréfuel]]></category>
		<category><![CDATA[Journal de Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
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					<description><![CDATA[Après 31 ans de bons et loyaux services comme journaliste au Journal de Millau, après avoir été au cœur de la vie politique locale, Jacques Bréfuel a tiré sa référence. Il reste cependant très investi dans l’associatif. Il sera cette année aux commandes du 50ème anniversaire des 100 km de Millau, épreuve qu’il a vue naître et seul bénévole à avoir été présent lors des 49 éditions. Entretien.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#5c3580" class="has-inline-color">JACQUES BREFUEL, LA PLUME DU JEUDI</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#5c3580" class="has-inline-color">Après 31 ans de bons et loyaux services comme journaliste au Journal de Millau, après avoir été au cœur de la vie politique locale, Jacques Bréfuel a tiré sa référence. Il reste cependant très investi dans l’associatif. Il sera cette année aux commandes du 50<sup>ème</sup> anniversaire des 100 km de Millau, épreuve qu’il a vue naître et seul bénévole à avoir été présent lors des 49 éditions. Entretien.</span></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-5.jpg" alt="" class="wp-image-7679" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Le journaliste ne se fait guère d’illusions, surtout après 30 ans de métier. On peut écrire avec un crayon de bois, on peut nettoyer son style pour le rendre académique à l’excès, dépouillé de toute sensibilité. A l’inverse, on peut s’aventurer dans la pensée et l’analyse, en jouant sur la réserve et le recul ou bien à l’inverse, en lâchant les chevaux et prendre position au risque de créer des polémiques et courroucer la classe politique …. au final, on ne pourra jamais plaire à tous ses lecteurs. L’écriture est en effet plurielle et diverse et les lecteurs et lectrices le sont tout autant.</p>



<p>Jacques Bréfuel en sait quelque chose. Il a cette phrase résumant bien la position du rédacteur localier qu’il fut «les gens de droite ont souvent pensé que j’étais de gauche. Et les gens de gauche, ont souvent pensé le contraire&nbsp;».</p>



<p>Fin 2020, après une année palpitante sur le plan de la vie locale, la crise sanitaire, une élection à rallonge et un résultat tendu à l’extrême se jouant à un cil, la crue du 12 juin, les annulations en rafale des grands évènements assurant la richesse de ce territoire, Jacques Bréfuel a posé son BIC et tiré sa révérence. 31 ans de bons et loyaux services au sein d’une même rédaction «Le Journal de Millau», une institution dans la cité du gant, le JDM sans qui un jeudi ne serait pas un jeudi. A décortiquer, à effeuiller, à dépouiller la vie locale au plus près des citoyens avec ses temps forts comme tous les 6 ans, les Municipales. 31 années dans l’œilleton du quotidien du Mandarous, ce sont six mandats, six maires, Manuel Diaz, Gérard Deruy, puis Jacques Godfrain, Guy Durand, Christophe Saint Pierre et pour finir en sprint inachevé Emmanuelle Gazel pour voir une ville ankylosée par un passé défunt, se moderniser enfin, se rénover, enfin.</p>



<p>Du plomb aux côtés de Dell Duchon Doris, à l’internet, du minitel à la PAO en naviguant bien sûr dans la toile géante dressée par les réseaux sociaux, Jacques Bréfuel a traversé toutes les grosses évolutions et révolutions qui ont bouleversé la presse. Né dans l’après guerre, le vénérable hebdo a résisté, vaille que vaille, en luttant contre l’usure de la presse régionale. Le JDM, niche respectable et respectée dans l’info locale, c’est aujourd’hui contre vents et marées, un exemple de presse anachronique dans un paysage digitalisé où l’info se consomme comme du chewing gum, vite mâché, vite craché. Un mercredi matin, Jacky pour les intimes et JB pour les lecteurs accepta de se confier mais en posant, avant la toute première question, cette ligne de défense «je n’aime pas être en lumière, je préfère rester dans l’ombre». Nous avons donc branché les lumières, Jacques Bréfuel en chemise bleue a posé ses deux coudes sur la table noire, téléphone éteint…Entretien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-3.jpg" alt="" class="wp-image-7680" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Gilles Bertrand, pour débuter, j’ai une question qui fait appel à ta mémoire, te soutiens-tu de ton premier article comme jeune journaliste&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Bonne question, on rentre dans le vif du sujet. De par mon parcours, mon premier article fut consacré à une équipe de foot-ball corpo. Car avant de rentrer directement au JDM, je pigeais pour Midi Libre. Je devais avoir 20, 21 ans. Et chaque semaine, je faisais un papier sur une équipe corpo car il y avait à cette époque un championnat très intense. Je ne sais pas si tu connais mon parcours. Au départ, j’étais parti pour être prof de gym puis j’ai eu un accident de moto assez grave avec trauma crânien. Un an après l’accident, j’ai fait une crise d’épilepsie temporale et le sport intense me fut interdit. Mon père est décédé, je suis revenu sur Millau et j’ai eu la possibilité de travailler à la SNCF où l’on m’a offert la possibilité de postuler pour un emploi. J’ai fait un dossier mais entre temps, j’ai travaillé rue de la Paulèle dans un magasin de pièces auto car j’étais déjà passionné par le sport automobile. Et au bout de 2 ou 3 ans, Patrick Gineste qui travaillait à l’ANPE me dit «&nbsp;tiens Midi Libre, cherche un jeune comme toi sans formation journalistique particulière, tu devrais postuler. J’ai postulé. Nous étions trois, il y avait Damien Vidal, Hervé Costecalde et moi-même.</p>



<p><strong>. Et c’est toi qui a eu le job&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Non, car est arrivée une quatrième personne en l’occurrence une dame qui avait été secrétaire de Jacques Godfrain pendant les Législatives et c’est elle qui fut recrutée par Henri Martin, le directeur départemental de l’époque. Mais moi je savais que de part l’annonce, ils ne voulaient pas d’une femme, donc au bout d’un an, cela n’a pas fait l’affaire et Ménadier qui était chef d’agence à Midi Libre est venu me chercher. J’ai donc signé mon premier contrat le 1<sup>er</sup> août 1980 et j’ai débuté en travaillant à 80% à Midi Libre et 20% au Journal de Millau.</p>



<p><strong>. Comme journaliste, tu as traversé 31 années de vie locale, six maires, quelle sont les difficultés à exercer ce métier lorsque l’on a cette forte proximité avec le milieu local qu’il soit politique, social, économique&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> J’ai réalisé que les gens de gauche me prenaient pour quelqu’un de droite et ceux de droite me croyaient de gauche. C’était idéal, c’était à la fois habile et confortable. Dans une petite ville, plus on avance dans l’âge, et plus des copains et copines avec toi au collège puis au lycée prennent des responsabilités. Il se trouve que moi et Guy Durand, nous nous connaissions très bien, Christophe Saint-Pierre aussi et dans leurs équipes également. Cela facilite les contacts, certains comprennent très bien, d’autres non. Il faut rester le plus objectif possible même si ce n’est pas toujours facile. On a ses propres convictions et on a aussi un vécu. Il faut rester sur les faits. Mais finalement, je n’ai jamais vraiment eu de gros clashs avec les élus.</p>



<p><strong>. Peut-on devenir le confident de certains, certaines&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>.J.B.&nbsp;:</strong> Si on reste honnête avec le personnage politique, s’il te dit «&nbsp;je te le dis mais ne l’écris pas&nbsp;», on établit une certaine complicité mais il ne faut surtout pas trahir cette confiance. C’est le problème d’une petite ville comme Millau, tu te croises tous les jours, si tu trahis la confiance de quelqu’un…Parfois tu râles, m…, j’aurais bien aimé le sortir mais tu te dis «&nbsp;si je le sors, je me grille&nbsp;» et ceci, ce n’est pas valable que pour les politiques.</p>



<p><strong>. Comment expliques-tu que le Journal de Millau a su lutter contre cette érosion de la presse écrite&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Lorsque je suis arrivé, il y avait une agence La Dépêche, un correspondant Centre Presse, l’agence Midi Libre et nous étions deux hebdos à l’époque avec également l’Avenir qui appartenait à Diaz. La presse locale a suivi le déclin de la presse nationale avec la Dépêche, Midi Libre et Centre Presse qui n’ont plus fait qu’un. Alors pourquoi avons-nous résisté et pourquoi on résiste encore&nbsp;? C’est parce que l’on reste proche de nos lecteurs. On reste à l’écoute. On ne traite pas l’actualité nationale. On essaie surtout de trouver des sujets proches du terrain et proches des lecteurs (<em>dans son édition du 4 mars, le JDM publiait un entretien bien ficelé consacré à Jérémy, le jeune chanteur millavois sélectionné pour The Voice</em>). D’ailleurs, ce fut tout l’intérêt de mon travail, cette grande diversité de rencontres, comme de rencontrer aussi bien le président de la République que le cantonnier du coin. Cette proximité avec nos lecteurs fait le succès du Journal de Millau qui, au départ, lorsque je suis rentré, n’avait que 6 pages. Le Journal de Millau, beaucoup de Millavois le considèrent comme à eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-2.jpg" alt="" class="wp-image-7682" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Dans </strong>q<strong>uel état d’esprit as-tu abordé ce cap parfois difficile à prendre, celui de la retraite&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Je l’avoue, j’ai pris la retraite…<em>long silence</em>…je n’étais pas mécontent de la prendre. Oui, il y a une forme d’usure car les gens deviennent de plus en plus agressifs. Le moindre mot de travers, cela prend vite des proportions. Car ce qui a fait très mal à la presse écrite, ce sont les réseaux sociaux où l’on dit tout et son contraire. Nous, le BA BA de notre travail de journalistes, aussi bien pour toi que pour moi, c’est de vérifier l’information que tu écris. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe sur les réseaux sociaux. C’est la libre pensée, la libre parole et cela prend des proportions….Malheureusement les gens ne font pas l’analyse et ne s’interrogent pas sur la véracité de ce qu’ils lisent.</p>



<p><strong>. D’une manière générale, archivais-tu toute l’information qui te passait entre les mains&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>J.B.&nbsp;:</strong> J’ai toujours archivé, à l’ancienne, en apprenant sur le tas et en me formant car je n’avais aucune formation de journaliste, j’ai fait des stages au CFPJ à Paris. Mais pour te donner une anecdote, quand j’ai vidé mon bureau, j’ai dû faire quinze gros sacs qui sont partis à la déchèterie. Dans ce que j’ai jeté, il y avait les résultats et les articles sur toutes les élections locales. Et j’ai seulement gardé quatre ou cinq sacs que j’ai archivés chez moi, ce sont des dossiers qui peuvent être intéressants….<em>rires</em>…même si je n’ai aucune intention d’écrire un livre…<em>rires à nouveau</em>.</p>



<p><strong>. Les maires passent, le journaliste reste. Tu as vu défiler 6 maires, quel fut le mandat le plus intéressant, le plus palpitant&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Le mandat le plus palpitant, ce fut celui de Gérard Deruy car il a profondément transformé Millau. C’est lui qui a imposé le CREA malgré un gros conflit avec le Crédit Immobilier qui voulait faire des magasins. Puis on lui doit toute la zone du Cap du Crès, c’est lui qui s’est battu pour que Millau ait son premier hyper marché car la ville était vraiment en retard. Je me souviens des manifestations des commerçants devant la mairie. Je ne veux pas dire de bêtises mais ils avaient même fait cramer des pneus, c’était tendu. Gérard Deruy a fait deux mandats et cela lui a laissé du temps.</p>



<p><strong>. En qualité de journaliste local, la période avant élection est un temps fort de la vie de la cité. Lors de la dernière élection, nous n’y avons pas échappé. Comment as-tu vécu ces périodes intenses sur le plan journalistique&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> L’an passé, nous avons essayé de proposer quelque chose de novateur avec Thierry Fabié et Tristan Durand. Et cela a plu car les ventes ont augmenté. Il s’agissait de partir en ballades avec chacun des candidats sur six points différents de la ville, quatre de leur choix et deux que nous proposions. Ce fut ma dernière campagne mais une des plus intenses journalistiquement parlant. Le second tour a été l’un des plus tendus que j’ai pu observer à cause du Covid et de la marge de manœuvre entre les deux candidats. C’est la première fois que nous observions un écart aussi long entre les deux tours (3 mois) où l’on a vu Emmanuelle Gazel réaliser une dernière ligne droite plus punchy.</p>



<p><strong>. Venons-en aux anecdotes, elles ne doivent pas manquer car tu as côtoyé des élus qui avaient de l’étoffe…</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Manuel Diaz, maire, j’ai le souvenir de son cri, enfin façon de parler. C’était un jour de Conseil Municipal, c’était l’époque du Larzac et la salle fut envahie par les militants. Et Diaz a crié «descendez, descendez, sinon le plancher va s’écrouler». Car soit disant la salle du Conseil Municipal ne pouvait supporter qu’un certain poids. Je le revois lever les bras au ciel et répéter «le plancher va s’écrouler&nbsp;». J’ai également servi de chauffeur pour Lionel Jospin pour le 20<sup>ème</sup> anniversaire des 100 km de Millau. J’ouvrais la route, j’avais une 205 décapotable et Deruy, le maire à ce moment-là, me dit «tu es tout seul, ça serait bien que le ministre vienne avec toi». Je lui ai répondu «&nbsp;il n’y a pas de problèmes sauf que je n’ai que trois places et que vous êtes quatre&nbsp;» car il y avait l’agent de sécurité et le préfet. L’agent est resté sur place, le préfet est venu à mes côtés et Jospin et Deruy se sont mis debout pour donner le départ. Cette année là, on partait de la cité du stade et je dis à Jospin «&nbsp;attention, dès que le départ est donné, j’accélère au coup de pétard&nbsp;». J’accélère et pouf, je les retrouve tous les deux assis de manière un peu….<em>silence</em>&#8230; brutale. Puis Jospin est revenu pour les Municipales, on lui avait offert un tee-shirt des 100 km et il me dit «j’ai eu l’occasion d’aller au Marathon de New York et j’ai porté votre tee-shirt et j’ai plein de gens qui m’ont interpellé». Bon, peut-être qu’il disait cela pour me faire plaisir.</p>



<p><strong>. Comme nous l’avons évoqué, les Municipales sont des moments forts dans la vie d’une commune. Quel est pour toi le souvenir le plus marquant de ta carrière&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Ce n’est pas un souvenir à proprement parler mais plus une photo. Il s’agit de Guy Durand lorsqu’il part de la salle des fêtes avec une grosse déception lors de sa défaite alors que Saint Pierre arrive souriant. Cette photo, c’est une image forte car il ne s’attendait absolument pas à être battu. La différence dans le visage des deux était saisissante.</p>



<p><strong>. Pour revenir à Manuel Diaz, nous sommes au début des années 80, François Mitterrand est élu en 81. Donc tu as connu la fin de la lutte du Larzac avec l’annonce officielle de l’arrêt du projet d’extension du camp militaire, comment avez-vous traité cela&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Je me souviens, le 10 mai 1981, au soir, j’étais monté à la ferme de l’Hôpital pour faire des photos des paysans du Larzac. Ils s’étaient regroupés là haut pour fêter la victoire. Puis, ils sont descendus à Creissels car il y avait un rassemblement de prévu. C’est ensuite, avec le recul que j’ai réalisé que j’avais joué un bon coup car j’étais le seul à avoir eu ce réflexe de monter sur le plateau.</p>



<p><strong>. Toujours à propos de Manuel Diaz pour faire suite à l’anecdote sur ce Conseil Municipal, j’ai le sentiment que tu as toujours excellé dans l’exercice très complexe d’écrire le papier retour sur chaque conseil… </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Un Conseil Municipal, parfois tu arrives à la fin en te disant «mais sur quoi je vais titrer&nbsp;?» et puis arrivent les questions diverses et sur une ou deux questions, ça part en live, il y a débat et cela te fait le sujet. Le Conseil Municipal, c’est aussi une tribune pour notamment l’opposition pour faire passer ses idées car ils savent que nous allons reprendre. Surtout quand il y a des sujets comme l’hôpital qui a très souvent animé des Conseils avec la venue de gens extérieurs. Les plus perturbés ont toujours été ceux consacrés à l’avenir de l’hôpital, de sa fusion, un sujet récurrent et qui n’est pas terminé. Et chacun des maires que j’ai connus, ils ont tous eu affaire avec des manifestations sur l’hôpital.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-4.jpg" alt="" class="wp-image-7681" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>Ton nom est connu pour avoir été rédacteur du Journal de Millau mais tu es également très présent sur la scène de l’évènementiel millavois avec deux épreuves phares, les 100 km et les Cardabelles. Ma première question est simple, elle va permettre de dissimuler les doutes, est-ce vrai que tu étais présent à la première édition des 100 km&nbsp;en 1971 ? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> oui oui, car je faisais de l’athlétisme, j’avais 14 ans et j’étais ami avec François Vidal, le fils de Bernard Vidal donc automatiquement on est en âge de s’investir et on se retrouve embringué dans l’organisation. Et à 5 heures du matin, je suis dans la voiture de Bernard Vidal avec François pour le départ et on passe place de l’Industrie. Je m’en souviendrai toujours, il y avait un seul spectateur et qui nous fait comme cela…<em>il met son index sur la tempe</em>…l’air de nous dire ils sont dingues les gars. Et il faut se souvenir du premier parcours, à Raujolles, il n’y avait pas le rond point, on prenait à droite la route qui longe le Tarn en face de Peyre. C’était un peu trail sur le petit chemin et on ressortait à mi côte de St-Georges puis St Geniez de Bertrand, Labro, Brunas, on redescendait et les coureurs faisaient trois fois le parcours. Et dès la seconde année, c’est parti sur le parcours actuel sauf que le départ était donné à la Capelle et on faisait Paulhe, Le Rozier et on revenait par Aguessac. Et depuis cette première édition, je n’en ai manqué aucune et j’ai pris la présidence en 98 ou 99.</p>



<p><strong>. Tout comme ton parcours de journaliste, tu es un grand témoin de cette belle aventure, en 49 éditions, quelle fut ta plus belle émotion&nbsp;ressentie ?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;: </strong>Une qui me…<em>hésitations</em>…en parlant…<em>hésitations</em>…on arrivait encore au stade municipal et Bernard Rosetti était venu la veille, il était allé voir des gamins au Sacré Cœur pour parler des 100 kilomètres. Mais le jour de la course, ça n’a pas marché comme il l’espérait mais il a tenu à arriver jusqu’au bout car il savait que les gamins l’attendaient au stade pour l’applaudir. C’était…<em>hésitations</em>…<em>silence</em>…il y avait…<em>hésitations</em>…beaucoup d’émotions.</p>



<p><strong>. Au fil du temps, vous êtes restés sur une ligne historique sans changer une ligne, pas de primes, pas de cadeaux pour les premiers, pas de podiums sauf pour les championnats de France, pour quelles raisons&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;: </strong>Car c’était l’ADN de l’épreuve pour rester fidèle aux vœux de Bernard Vidal et de Serge Cottereau. Cela permet aux 100 kilomètres de garder cette spécificité.</p>



<p><strong>. La 50<sup>ème</sup> édition est donc dans l’œil du viseur. Je te propose deux choix, réussir une édition telle que la 20<sup>ème</sup> avec 3500 coureurs au départ ou bien décrocher le scoop qui pourrait te donner une notoriété nationale voire plus. Que choisis-tu&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.</strong>&nbsp;: La première évidemment car je préfère faire plaisir à 3500 coureurs et à l’entourage, aux bénévoles par exemple. D’ailleurs, je continue à piger, j’ai débuté une série sur les bénévoles dans le Journal de Millau. Comme je l’ai dit, je préfère l’ombre à la lumière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-1.jpg" alt="" class="wp-image-7685" width="1160" height="760"/></figure>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MALIKA EL ALI, l&#8217;athlétisme la fait quitter Millau pour Rennes</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/12/28/malika-el-ali-lathletisme-la-fait-quitter-millau-pour-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Dec 2020 19:38:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Malika El Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[Milieu des années 90, Malika El Ali compte parmi les meilleures athlètes de sa génération, et choisit de quitter Millau pour Rennes, avec l’ambition de mener sport de haut niveau et études en STAPS. Elle compte maintenant 20 ans d’enseignement à l’université, et exerce également le métier d’éducatrice spécialisée.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#297716" class="has-inline-color">LES MILLAVOIS EN EXIL</span></h2>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#297716" class="has-inline-color">MALIKA EL ALI, l&#8217;ATHLETISME LA FAIT QUITTER MILLAU POUR RENNES</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#297716" class="has-inline-color">Milieu des années 90, Malika El Ali compte parmi les meilleures athlètes de sa génération, et choisit de quitter Millau pour Rennes, avec l’ambition de mener sport de haut niveau et études en STAPS. Les difficultés de la vie la contraindront à renoncer à l’athlétisme, et toute son énergie se reportera sur son parcours universitaire, qui l’amènera à une thèse. Elle compte maintenant 20 ans d’enseignement à l’université, tout en exerçant le métier d’éducatrice spécialisée auprès de la jeunesse en difficulté.</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-3-2.jpg" alt="" class="wp-image-6710" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-3-2.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-3-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-3-2-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><strong>Je voudrais donc revenir sur ton parcours. Tu as grandi à Millau, et tu es partie sur Rennes après ton bac&nbsp;?</strong></p>



<p>Pas tout à fait. J’étais partie l’année de mon bac, en 1993, suite à des contacts de Nicolas Alloké, mon ami de l’époque, avec Jo Beaufils, entraîneur pour le club d’athlétisme de Rennes, Haute Bretagne Athlétisme, classé alors en nationale 1. Il cherchait une ville où il puisse suivre sa formation universitaire en comptable, et un bon club. Moi, je ne voulais pas rester à Millau car c’était compliqué avec mes parents. Ils étaient traditionnels et ne voulait pas accepter que j’aie un copain. C’était un peu une fuite. Je suis partie au début de ma terminale, mais le premier trimestre a été très compliqué pour moi, et je suis revenue au Lycée Jeanne d’Arc à Millau au deuxième trimestre. Je suis ensuite repartie après le bac, en septembre 1994, pour intégrer la filière STAPS à l’Université. Mais nous ne sommes pas restés au club, car on ne s’y plaisait pas, c’était trop pesant.</p>



<p><strong>Tu as fait partie des meilleures athlètes de ta génération, au milieu des années 90. Peux-tu nous rappeler tes références sportives&nbsp;en athlétisme&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai été sélectionnée deux fois en Equipe de France, pour le championnat du monde de cross-country, en 1993 à Amorebieta et 1994 à Budapest. Sur le 1500 mètres, j’avais disputé une Coupe d’Europe en Slovénie, et un relais. En junior, j’avais disputé le Championnat de France senior. J’ai fait plusieurs records départementaux de l’Aveyron. Ensuite, une fois au club HBA de Rennes, j’ai disputé beaucoup de courses en équipes, des courses sur route, des championnats régionaux… Ensuite, j’ai diminué les fréquences d’entraînement, en 1998-1999. Car j’ai commencé à travailler, chez Décathlon, puis comme maîtresse d’internat et d’externat. C’était un peu des bourses masquées pour permettre à des personnes de classe modeste de poursuivre des études. Moi, mes parents ne m’ont jamais financée. A partir de 16-17 ans, je me suis toujours débrouillée, par le club, en travaillant par des petits jobs. A Rennes, j’ai été auxiliaire de vie pour une personne handicapée, puis j’ai fait des ménages. J’allais nettoyer les bureaux chez Thomson de 5 heures à 8 heures le matin, puis je partais en cours à la fac. Cela m’a fait décrocher de l’entraînement. Je me suis retrouvée avec de gros problèmes de fer. Les séances de fractionné ne passaient plus, j’étais trop fatiguée. J’ai dû faire des injections de fer. L’infirmière m’a dit qu’elle n’avait jamais fait d’injections à une personne aussi jeune. Là, j’ai eu un choc, j’ai trouvé que je mettais ma santé en péril. J’ai réfléchi. J’ai vu aussi que l’athlétisme ne nous facilitait pas, pour les emplois ou autre. J’ai décidé de lever le pied. Mais en fait, j’ai arrêté du jour au lendemain, je suis passée de 8 entraînements par semaine à rien. J’ai concentré toute cette énergie du côté universitaire. J’ai aussi beaucoup travaillé, j’avais même deux emplois, à temps plein, et à mi-temps, en parallèle des études.</p>



<p><strong>Les études universitaires t’ont amenée jusqu’à une thèse soutenue en 2005. Pourquoi le choix de la recherche&nbsp;?</strong></p>



<p>Je m’étais rendue compte que le métier de prof d’EPS ne me convenait pas. Il faut être polyvalent en sports. Moi, j’étais trop spécialiste. Et en plus pendant mes années de thèse, je me suis trouvée une passion pour la psychologie. J’ai même suivi un double cursus, STAPS et licence psycho, il me manque 2 modules pour compléter la 3<sup>ème</sup> année de psycho. Ensuite pour la thèse, j’ai choisi la psychologie du sport, j’ai obtenu la maîtrise Education et motricité en 1998. J’ai toujours été passionnée par le marathon, même si je n’en ai jamais couru. Pour moi, c’est une course mythique, et j’ai toujours été admirative des gens qui le finissent. Je me demandais à quoi on pense quand on court pendant 42.195 km, car on a le temps de se faire le déroulé de toute une vie&nbsp;! Et aussi comment ils arrivent à surmonter la douleur. Moi-même, quand j’étais athlète, je m’étais posée la question de comprendre pourquoi on accepte de vomir après une séance, pourquoi on accepte de souffrir. Je me demandais si on n’avait pas quelque chose à se racheter&nbsp;? Si on ne cherchait pas dans la course une thérapie&nbsp;? Finalement, c’est un peu une autobiographie déguisée&nbsp;! J’ai eu l’opportunité de choisir un sujet pour ma maîtrise. Stéphane Héas, un sociologue venait d’arriver à Rennes, et avait travaillé sur la thématique de la douleur. Il a accepté d’être mon directeur de mémoire. Puis j’ai suivi le DEA, la thèse, toujours sur ce thème. J’ai soutenu ma thèse en 2005, après 5 ans, j’avais été ralentie car je travaillais et aussi par la naissance de ma fille en 2004. En fait, j’ai eu 11 cartes universitaires à Rennes 2, de 1994 à 2005.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-4-2.jpg" alt="" class="wp-image-6711" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-4-2.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-4-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-4-2-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><strong>Après ta thèse, tu aurais souhaité devenir enseignant chercheur, mais le projet n’a pas abouti. Pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p>J’ai tenté les qualifications en novembre 2005. Je n’ai pas été qualifiée. Le Conseil Universitaire a estimé que mon dossier scientifique n’était pas assez étoffé. En fait, c’est une cooptation. Le dossier est examiné par le CNU formé d’experts de votre domaine. Ils regardent les publications, le parcours universitaire, l’enseignement, les diplômes sportifs. J’avais obtenu mon Brevet d’Etat option athlétisme en 2003, mon diplôme de Préparation Physique en 2002. J’étais allée deux fois aux Etats Unis, en Arizona, pour des colloques internationaux du sport, où il y avait des grands noms de la psychologie du sport, j’avais publié dans ces colloques en langue anglaise. J’avais publié sur un colloque en Suisse, à Marrakech. Mais pour mon article le plus important, ma signature était en position 2. J’avais demandé à l’être car je n’avais pas analysé les statistiques, j’avais collaboré avec un professeur canadien. J’ai trouvé honnête qu’il se mette en position 1. Finalement, cela m’a nui. J’ai fait une grosse erreur&nbsp;: c’est moi qui avais mené le projet, trouvé le sujet. J’avais collecté les résultats au marathon de New York, j’avais interrogé des marathoniens à l’arrivée, c’était difficile, c’était en 2001, juste après l’attentat. Il n’y avait que la partie analyse statistiques que le prof canadien avait faite car je suis nulle en maths. Il m’avait dit d’être en position 1, mais mon responsable de thèse a estimé qu’il était plus honnête de me placer en 2. J’ai écouté naïvement&nbsp;! Je n’ai pas pensé que ça pouvait me jouer ma qualification. Cela m’a donné un gros choc. On m’a demandé de refaire des articles. Pendant un an, j’ai continué à travailler à temps plein, avec une enfant en bas âge, plus à réécrire des articles. J’en ai passé deux, écrits par moi seule, dans des revues scientifiques, dans les «&nbsp;Annales Médico-psychologiques&nbsp;», et dans la revue sur la douleur «&nbsp;Cinésiologie&nbsp;». Mais à nouveau la qualification a été refusée, car je n’avais pas publié dans des supports spécifiques STAPS. Ils ont compté ces articles comme nuls. A ce moment-là, j’ai lâché&nbsp;! J’ai laissé tomber. Certains m’ont conseillé de contester cette décision. Mais je ne voulais pas être quelqu’un qui obtient quelque chose en passant au forcing. Donc je n’ai pas pu postuler sur les postes de maître de conférences.</p>



<p><strong>Malgré tout, tu as tout de même enseigné à l’Université et tu y enseignes encore.</strong></p>



<p>Oui, c’est terrible. J’ai commencé à enseigner en 1999 à Rennes 2. Tous les ans, j’ai eu des contrats, sous des formes diverses et variées. Parfois, j’ai des postes de certifiés du secondaire. Actuellement, je suis chargée de cours. Il faut justifier un emploi principal à côté, minimum 25 heures, et faire des vacations à la fac, au maximum pour 192 heures par an. Cela pour que la fac ne paie pas les vacances, les indemnités en cas de maladie. C’est notre employeur principal qui assume. Cela fait maintenant 20 ans que j’enseigne à Rennes 2. En parallèle, je travaille donc dans une maison d’enfants à caractère social, où des enfants de la DDASS sont placés. En effet, après STAPS, j’ai validé une VAE d’éducatrice spécialisée en 2009. J’ai travaillé dans des foyers, en postes de nuit, pour me libérer les journées, et pouvoir continuer à enseigner. Car j’adore enseigner et je veux garder un pied à la fac. Cela fait environ 7 à 8 heures de cours par semaine, soit à Rennes 2, soit à Saint Brieuc. J’enseigne l’athlétisme, la psychologie, la préparation physique.</p>



<p><strong>Quand tu regardes ton parcours, te dis-tu qu’il y a des éléments extérieurs, comme le racisme, qui puissent expliquer les problèmes rencontrés&nbsp;? Ou bien cela ne se situe pas dans ton schéma de pensée</strong>&nbsp;?</p>



<p>En fait, moi, je n’y ai pas du tout pensé. Mais des collègues sociologiques de l’Université ont évoqué ça. Car tout le monde était étonné que je ne sois pas qualifiée. Sans vouloir être imbue de ma personne, j’étais un peu motrice des doctorants, j’ai impulsé de faire des thèses en sciences humaines en STAPS. Tout le monde était étonné, car des personnes beaucoup plus effacées, qu’on ne croyait pas capable d’aller au bout de la thèse, sont maintenant en poste. Moi, je n’ai jamais pensé à cette histoire de racisme. Car je ne suis pas du genre à chercher des excuses. Je dis souvent à mes enfants que dans la vie, il faut du TTC. C’est quoi&nbsp;? Du travail, du talent, de la chance. Moi, dans mon cas, je n’ai pas eu de chance. J’ai souvent frôlé&nbsp;! Un moment, j’ai voulu devenir gendarme pour être sur le terrain, mais j’étais trop petite, et maintenant, il n’y a plus de taille exigée… Pour ma thèse, j’ai moi-même, délibérément, demander à être en position 2. Sans cette erreur, je serai maître de conférences. Surtout que je suis très polyvalente. C’est une aubaine, car je peux enseigner sur trois matières. Moi, il m’a manqué le petit C. Maintenant, je me suis résignée, je viens d’avoir 45 ans. Mais cette histoire de la qualif a été vraiment dure à avaler. Je m’étais battue pour la thèse, j’adorais la recherche. C’est un peu un brise cœur. J’ai voulu garder un pied à la fac, pour ne pas avoir fait ma thèse pour rien. J’ai voulu transmettre ce vécu, cette passion.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="672" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-7.jpg" alt="" class="wp-image-6712" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-7.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-7-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/malika-el-ali-malhourtet-millau-7-768x516.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><strong>En tant qu’éducatrice, tu as travaillé avec une palette très large, femmes battues, jeunes migrants, enfants de l’ASE. C’est aussi un domaine qui te plaît&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, j’aime beaucoup. J’ai fait un peu tous les domaines médicaux sociaux. Longtemps un CHRS, centre d’hébergement pour mise à l’abri des femmes battues. Puis des foyers de vie pour handicapés, puis un an de foyer de vie pour schizophrènes. Depuis trois ans, je travaille dans la protection de l’enfance. Ca se passe bien avec les jeunes. Souvent, je prends mon histoire de vie pour leur expliquer qu’il n’y a pas de fatalité, qu’il faut se battre pour y arriver, mais que tout n’est pas condamné parce qu’ils sont en foyer de l’enfance. Parfois, j’explique d’où je suis partie, les rencontres. Ce qui m’a beaucoup aidée, c’est le sport. Déjà, le sport m’a permis de partir de Millau. Je n’aurais pas eu le sport, je ne serais peut-être pas partie à Rennes. D’ailleurs, j’ai rendu hommage à Jo Beaufils, qui est décédé il y a quelques jours. C’était un personnage très controversé. Je l’avais vu il y a un an et demi, et je lui avais dit que des choses peuvent être reprochées de part et d’autre, mais en tout cas, je ne vous remercierai jamais assez de nous avoir fait venir à Rennes. J’ai pu réussir dans cette ville. Cela m’a peut-être permis de changer ma destinée&nbsp;! Je l’ai remercié, car s’il ne nous avait pas demandé de venir, on n’aurait pas fait la même chose. Après, c’est plus une question de chance.</p>



<p><strong>Es-tu maintenant réconciliée avec Millau&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, mes parents sont là, j’ai grandi là. C’est ici que j’ai débuté l’athlétisme. J’aimerais bien y revenir pour ma retraite. C’est une ville où on peut faire du sport. C’est calme. C’est très nature. Le problème, c’est le travail. J’aime revenir à Millau, il y fait bon vivre. Mais il me manquerait l’enseignement. J’adore mes étudiants. Ils me disent souvent qu’ils sentent que je suis passionnée. Par exemple, en athlétisme, même si je ne cours plus beaucoup, je cours avec mes étudiants, je m’échauffe avec eux. Ils apprécient&nbsp;! Je suis la seule à le faire. Ils me disent qu’ils sont plus motivés car la prof fait le cours avec nous. Quand on est passionnée, on a envie de faire, de montrer. Parfois, je finis lessivée. Mais à 45 ans, on peut toujours courir avec les étudiants.</p>



<p><strong>La situation est compliquée pour ta filière actuellement&nbsp;?</strong></p>



<p>Oui, j’avais athlétisme et préparation physique ce trimestre. Je n’ai pu faire que 4 cours en face à face. La rentrée a été décalée d’un mois. Ensuite il y a eu le confinement. Et Rennes 2 a choisi de ne pas continuer les cours pratiques en STAPS. On aurait pu considérer qu’il s’agit d’un TP et en extérieur. Par exemple, en chimie, les TP ont pu continuer, mais pas en STAPS. Déjà, cette année, ils avaient seulement 10 semaines de cours au lieu de 12. Et si on suivait le dédoublement, ils auraient eu seulement 5 semaines. En final, ils n’auront pas de notes pratiques, mais que des notes théoriques. Ce n’est pas correct pour STAPS d’évaluer seulement sur la théorie. On va peut-être mettre 16 à un élève qui n’est pas capable de courir 10 minutes de footing. Ca rime à quoi cette année un diplôme en STAPS avec des étudiants qui n’ont pas pratiqué&nbsp;?? Je plains ces pauvres étudiants, qui ont déjà eu le bac en arrêtant les cours au mois de mars, et qui maintenant, se retrouvent en filière sports, sans faire de sport…</p>



<p><strong>Entretien réalisé par Odile Baudrier</strong></p>



<p><strong>Photos</strong> <strong>Gilles BERTRAND</strong></p>
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		<title>Marine Cabirou, au sommet du VTT descente</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/12/18/cest-vraiment-lobjectif-que-lon-reve-tous-datteindre-un-jour/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Anais Bertrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Dec 2020 16:00:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[]]></description>
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<p>&nbsp;</p>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #ba0f0f;">MARIE CABIROU, AU SOMMET DU VTT DESCENTE</span></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #ba0f0f;"><strong>De sa victoire en Coupe du monde 2020, aux coulisses de sa vie de pilote pro en VTT descente, la Millavoise Marine Cabirou se confie à Live Aveyron. Ses débuts, ses premières gamelles, son team, ses études, ses spots, ses voyages, sa saison 2020 et ses espérances 2021.</strong></span></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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		<title>Maël Alric agriculteur et duathlète de haut niveau</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/11/26/mael-alric-agriculteur-et-duathlete-de-haut-niveau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anais Bertrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Nov 2020 15:55:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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				<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #993300;">MAEL ALRIC, L&#8217;AGRICULTEUR ENGAGE</span></h2>
<p>Éleveur, agriculteur et paysan à Saint-Izaire, Maël Alric est également un athlète de haut niveau. Depuis trois ans il s&#8217;est spécialisé en duathlon et il est aujourd&#8217;hui l&#8217;un des meilleurs français dans cette discipline. Nous l&#8217;avons rencontré dans sa ferme : La Fromagerie du Salze à la veille de la troisième manche de la Coupe de France de duathlon.</p>
<p>&nbsp;</p>

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