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	<title>Flash Back &#8211; Live Aveyron</title>
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	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
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	<title>Flash Back &#8211; Live Aveyron</title>
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		<title>Rock&#8217;N Bike, bottes de paille et livret Caisse d&#8217;Epargne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 16:17:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que le gravel fait une entrée remarquée sur notre territoire, il y a près de 35 ans, le VTT explose en terre caussenarde avec l’organisation de la première compétition, la Rock’N Bike, créée en 1988 au Maubert sur le Causse Noir. Flash back sur cette épreuve pionnière qui ouvre une voie royale pour le développement des sports de pleine nature et du VTT en particulier. ]]></description>
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<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#c2951a" class="has-inline-color">ROCK’N BIKE, BOTTES DE PAILLE ET LIVRET CAISSE D&#8217;EPARGNE</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#bb911b" class="has-inline-color">Alors que le gravel fait une entrée remarquée sur notre territoire, il y a près de 35 ans, le VTT explose en terre caussenarde avec l’organisation de la première compétition, la Rock’N Bike, créée en 1988 au Maubert sur le Causse Noir. Flash back sur cette épreuve pionnière qui ouvre une voie royale pour le développement des sports de pleine nature et du VTT en particulier.&nbsp;&nbsp;</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="654" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1024x654.jpg" alt="" class="wp-image-8174" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1024x654.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-300x191.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-768x490.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1536x980.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jean Gabriel Cordier, pionnier du VTT à Millau</figcaption></figure></div>



<p>Un âne, cinq bottes de paille, une baignoire pour enfant, un égouttoir à spaghetti et un livret Caisse d’Epargne….j’en conviens, cela demande des explications.</p>



<p>Nous sommes donc le 17 avril 1988, un petit matin malin qui n’a rien d’ordinaire du côté du Maubert, cette ferme du Causse Noir, repère de la famille Robert et du grand Louis, et porte d’entrée pour fureter dans le chaos rocheux de Montpellier le Vieux.</p>



<p>Voici donc quelques explications. Commençons par l’âne, ce quadrupède mal luné, mal léché venu fourrer son museau là où il ne faut pas. Se dandinant, l’œil torve, au beau milieu de ces bipèdes la coupe au bol, un pied sur la pédale de droite, une demi-fesse sur la selle, les mains gantées et ce drôle de vélo aux allures de crapaud entre les pattes.</p>



<p>Nous étions donc à quelques minutes du départ de la première édition de la Rock’N Bike, baptisée pompeusement «premier grand raid des causses en VTT». Pas de banderoles, pas d’oriflammes, pas de ganivelles, pas de sono, tout juste deux arbres pour encadrer, gauche droite ce peloton de pionniers et…un âne. Morveux et baveux à renifler de près les gambettes de ces poilus du VTT, mountain bikers de la première heure. Immuable, indécrottable, indéboulonnable, l’air de dire «là, les gars, je suis chez moi, basta».</p>



<p>Ainsi fut donné le départ de cette course pas vraiment officielle, un peu sauvage, non affiliée à la toute jeune Association Française de Mountain Bike lancée par Stéphane Hauvette le créateur du Roc d’Azur en 1984 avec 7 concurrents au départ dont Raymond Creuset le patron visionnaire de Mécacycle et Larbi Midoune, le vainqueur historique de cette grande première.</p>



<p>Argumentaire de cette organisation visionnaire proposant un parcours de 60 km tracés entre Ramatuelle et Fréjus «Il y avait un site enchanteur, baigné de mer et de soleil. Il y avait un long parcours de rêve, à une époque où tous les circuits restaient encore à découvrir. Il y avait tout simplement l&#8217;idée de faire du vélo autrement, plus en contact avec la nature, et de faire partager cette passion avec le plus grand nombre&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="697" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-697x1024.jpg" alt="" data-id="8175" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8175" class="wp-image-8175" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-697x1024.jpg 697w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-204x300.jpg 204w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-768x1129.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-1045x1536.jpg 1045w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1.jpg 1393w" sizes="(max-width: 697px) 100vw, 697px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="708" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-708x1024.jpg" alt="" data-id="8176" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8176" class="wp-image-8176" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-708x1024.jpg 708w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-207x300.jpg 207w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-768x1112.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-1061x1536.jpg 1061w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4.jpg 1415w" sizes="(max-width: 708px) 100vw, 708px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Dans l’énergie du Roc d’Azur, les Grands Causses découvrent ainsi cette discipline naissante. Le calendrier des épreuves s’étoffe. En1988, 8 courses sont déjà affiliées à un pseudo championnat de France, sans oublier les 24 Heures du Rouret, la Fox Sand, le Trophée des Alpes, le Tour du Sancy, les 24 Heures d’Auvergne, la Paris – Deauville, Gigondas &nbsp;et la Rock’N Bike en Occitanie.</p>



<p>Ces épreuves participent à la démocratisation de la discipline avec&nbsp; l’arrivée des premiers destriers à pneus crantés, le Tracker chez MBK, le Maverick chez Raleigh, le VTT1 chez Peugeot, imposantes montures, long cadre en acier, guidon large, triple plateau et le poids d’un âne mort sur la bascule. Pour accompagner ce développement foudroyant, 40&nbsp;000 VTT vendus en 1989 et déjà 1000 concurrents au Roc d’Azur cette année là, Vélo Vert sort en kiosque et sillonne les sites de courses avec sa célèbre caravane, une rutilante et vintage «Airstream» symbole d’un sport new age.</p>



<p>Mais revenons à notre énigme&nbsp;: «un âne, quatre bottes de paille, une baignoire pour enfant, un égouttoir à spaghetti et un livret de Caisse d’Epargne&nbsp;». 33 ans après cette première édition, quelques souvenirs &nbsp;émoussés et quelques vieux clichés troublés, ils demeurent les symboles de cette première Rock’N Bike, organisation à la bonne franquette, un brin amateur, pas vraiment sécuritaire. Les bottes de pailles, vous l’avez compris, ce fut pour le podium.&nbsp; Une baignoire pour enfant, rien de mieux pour nettoyer les salades prévues au repas d’arrivée saupoudrées de noix de Roquefort. L’égouttoir à spaghetti, il était prévu mais fut oublié, comme les louches et bien d’autres ustensiles, vous l’avez compris, le repas pour 200 coureurs servi dans la grange du Maubert fut certes authentique mais couronné d’une grosse galère. Quant au livret de Caisse d’Epargne, ce fut le lot offert par notre banquier, cette fois adoré, pour les premiers, au total 20&nbsp;000 francs pour la seconde édition en 1989.</p>



<p>Le Livret Caisse d’Epargne, Jean-François Vayssette en garde un souvenir ému. En 1988, c’est un grand gaillard aux larges épaules, ado vadrouilleur, déjà aspiré par la grandeur des causses et leurs pistes se débinant à l’infini.&nbsp; De sa voix douce, il raconte «je devais avoir 16 – 17 ans, je faisais déjà du VTT avec mon frère Pierre et un copain Teddy Got. Pour Noël, j’avais eu un MBK acheté chez William Orts, c’est un cadeau qui marque. Je me souviens à l’époque, on ne cherchait pas les descentes. La première fois que l’on a descendu le cirque de Madasse vers l’Ermitage St-Michel (aujourd’hui zone de silence protégée interdite aux VTT, randonneurs, coureurs), on a croisé un paysan, il nous a prévenus «mais vous ne passerez jamais».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="737" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-737x1024.jpg" alt="" data-id="8177" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8177" class="wp-image-8177" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-737x1024.jpg 737w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-216x300.jpg 216w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-768x1067.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-1106x1536.jpg 1106w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5.jpg 1474w" sizes="(max-width: 737px) 100vw, 737px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="722" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-722x1024.jpg" alt="" data-id="8180" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8180" class="wp-image-8180" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-722x1024.jpg 722w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-212x300.jpg 212w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-768x1089.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-1083x1536.jpg 1083w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6.jpg 1444w" sizes="(max-width: 722px) 100vw, 722px" /></figure></li></ul></figure>



<p>La Rock’N Bike se déroule non loin de Madasse, sur le Causse Noir, au total 48 kilomètres par le Riou Sec, Montplo, Roquesaltes puis plongée dans le Riou Sec et belle traversée du causse par Puech Margue, Longuiers, Betpaumes, Longuiers et pour finir le Caoussou, rien d’original certes mais un grand classique du genre. Jean François est donc au départ avec son gros «clou», coiffé d’un bol rigide noir, l’intérieur en mousse épaisse «je n’étais pas majeur. Je me souviens encore être venu rue de la Paulèle glisser mon bulletin dans la boîte aux lettres pour m’inscrire». Des souvenirs de la course, il cherche, silence, regard lointain «&nbsp;non pas vraiment. Je peux juste dire que le retour, ce fut dur. J’ai fini avec Joël Costecalde. Dans tout le Caoussou, j’ai poussé. Je me souviens d’un gars allongé au sol. Il avait des crampes, on s’est arrêté pour lui tirer la jambe».&nbsp; Quant au Livret Caisse d’Epargne, Jean François se fend d’un grand sourire «je termine premier jeune et je gagne un livret. Il était blanc. Il y avait dessus 500 ou 700 francs, je ne me souviens plus très bien&nbsp;».</p>



<p>Changeons de braquet, passons sur la grosse plaque et remontons la tête de course. Première édition, la course fait le plein des coursiers de la grande région de Bordeaux à Marseille, les premières «caté» sont là, affûtés, pattes rasées, un Américain est même au départ, inévitablement bête curieuse mais pas vraiment le biker killer attendu, sans oublier les Millavois en force, Philippe Gilleron en patron et Jean Gabriel Cordier en embuscade.</p>



<p>Pour raconter cette Rock’N Bike opus 1, Jean Gab. est arrivé les mains chargées, une dizaine de photos d’époque en éventail comme des cartes à jouer représentant la première course de descente dans le ravin de Cartayre, le premier trial disputé à la Maladrerie où des casse-cous tentent de grimper sur le toit d’une voiture. Pionnier du triathlon avec son frère Yves (cinq fois vainqueur à Embrun, champion de France en 1988 et champion d’Europe en&nbsp; 1989), Jean Gabriel Cordier, membre du team Go Sport managé par le terrible Alain Dallenbach, serre les cale-pieds et tourne les manivelles sur les chemins du Causse Noir qui n’ont plus de secrets pour lui. La légende veut qu’il fût le premier à craquer pour un gros, grand et lourd MBK, un Tracker, véritable charrue à deux roues «&nbsp;je l’avais acheté chez Alain Odier, un cadre en acier, il était lourd, horrible. Mais très vite, je suis passé sur un Cannondale rigide en alu. En fait, l’hiver je faisais de la route et du VTT pour me préparer pour la saison de tri».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1024x685.jpg" alt="" data-id="8179" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8179" class="wp-image-8179" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1024x685.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-768x514.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1536x1028.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="709" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-709x1024.jpg" alt="" data-id="8182" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8182" class="wp-image-8182" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-709x1024.jpg 709w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-208x300.jpg 208w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-768x1110.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-1063x1536.jpg 1063w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1.jpg 1417w" sizes="(max-width: 709px) 100vw, 709px" /></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">Dans les années qui vont suivre la Rock&#8217;N Bike, plusieurs épreuves seront organisées à Millau par le club local du SOM</figcaption></figure>



<p>A Gigondas, nos parcours se croisent. Au pied des Dentelles de Montmirail, Jean Gab et Philippe Gilleron sont là pour rafler la mise «on est reparti avec le coffre plein de bouteilles», la Rock’N Bike est là pour promotionner une première édition se profilant à l’horizon. Sur le tract, on ne parle pas de flyer, est mentionné «&nbsp;le VTT, c’est l’aventure, des paysages sauvages, la convivialité. Pour la Rock’N Bike, ces trois ingrédients seront réunis et liés par le piment de la compétition&nbsp;». On y parle également d’avens, de lavognes et de buffet caussenard. A Gigondas, le tandem Gilleron &#8211; Cordier explose le suisse Albert Zweifel champion du monde en 1986 et la Rock’N Bike fait son petit trou.</p>



<p>Et qui retrouve-t-on aux commandes de la RNB dans la descente du Riou Sec, Philippe Gilleron auréolé d’une victoire à Gigondas avec l’intention affirmée de faire la peau aux Andouard, Le Peurien, Marty et consorts. Jean Gabriel se souvient «le parcours, on le connaissait par cœur. Il n’y avait que deux marches à passer, une au départ et une autre sur le causse. Le niveau était vraiment relevé, je termine 9<sup>ème</sup> alors que Philippe ne prend que la 5<sup>ème</sup> place».</p>



<p>Philippe Andouard monte ainsi sur la plus haute botte de paille et reçoit une paire de gants de cyclisme made in Millau (offert à tous les participants et réalisés par la ganterie Viguié) et son Livret de Caisse d’Epargne avant de s’assoir au banquet pasta, roquefort et fouace, le début d’une histoire belle, insouciante mais écourtée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1024x692.jpg" alt="" class="wp-image-8183" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1024x692.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1536x1037.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Epreuve de VTT Trial organisée à la Maladrerie ainsi qu&#8217;en indoor à la salle des fêtes</figcaption></figure></div>



<p>Le soir de l’épreuve alors que les dernières nouilles restent collées au fond de la casserole, au fond de la grange du Maubert bien mal éclairée, un petit homme barbu apparaît dans la pénombre, dialogue reconstitué «vous êtes bien l’organisateur ?» «Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?» «Est-ce que vous savez que vous avez détruit toutes les anémones en passant dans le chemin du Riou Sec ?» «Mais Monsieur, sauf erreur de ma part, les concurrents n’étaient pas là pour faire des bouquets de fleur ? Ils étaient là pour découvrir notre territoire mais pas pour le détruire ?». Malgré l’heure tardive, nous proposons à cet honorable caussenard d’établir un constat sur place. L’homme en maugréant refuse et tourne les talons. Fin de l’altercation. D’anémones écrasées, il n’y en eut point mais nous allions découvrir pour la première fois à quel point le territoire est si complexe à partager et à savourer à sa façon.</p>



<p>L’année suivante, la seconde édition accueille 400 vettistes, l’âne est couronné mascotte de l’épreuve et Jean Yves Couput remporte l’épreuve. Mais l’organisation jette le sifflet aux buis et le chrono aux orties. La FFC impose son diktat et interdit les manifestations «&nbsp;libres&nbsp;» non affiliées. La Rock’N Bike disparaît trop précipitamment en laissant son tapis de regrets bien vite fanés mais ouvre une voie royale pour le développement du sport de pleine nature.</p>



<p><strong>PS&nbsp;:</strong> <em>La Caussenarde prendra rapidement le relais de la RNB sur une distance de 100 km à l’initiative des cyclos de Millau alors que de nombreuses épreuves régionales auront lieu également dont une épreuve à Verrières à l’initiative de Jean Gabriel Cordier.</em></p>
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		<title>Flash Back 1988 : Véronique le Guen, dans le tréfonds du Causse Noir</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/04/26/flash-back-1988-veronique-le-guen-dans-le-trefonds-du-causse-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 18:32:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Flash Back]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Siffre]]></category>
		<category><![CDATA[Spéléo Club des Causses]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Véronique le Guen]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a plus de trente ans que Millau et le Causse Noir ont servi de cadre à une expérience insolite, l’immersion pendant plus de 100 jours dans le Valat Nègre, de Véronique le Guen. Le Spéléo Club des Causses, et en particulier Thierry Martin, s’était mobilisé pour cet évènement du spécialiste Michel Siffre, tragiquement marqué par la suite par le suicide de la jeune femme.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">FLASH BACK 1988&nbsp;: Véronique le Guen, dans le tréfonds du Causse Noir</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Il y a plus de trente ans que Millau et le Causse Noir ont servi de cadre à une expérience insolite, l’immersion pendant plus de 100 jours au cœur de l’aven du Valat Nègre, de Véronique le Guen, qui réalisait une expérimentation «&nbsp;hors du temps&nbsp;» sous la conduite de Michel Siffre, un scientifique renommé pour de telles recherches. Le Spéléo Club des Causses s’était mobilisé pour la réussite de cet évènement, et Thierry Martin, en particulier, avait été très actif dans ce projet exceptionnel, tragiquement marqué par la suite par le suicide de la jeune femme.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="838" height="596" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1.jpg" alt="" class="wp-image-8070" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1.jpg 838w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1-300x213.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1-768x546.jpg 768w" sizes="(max-width: 838px) 100vw, 838px" /></figure></div>



<p>«&nbsp;Je me rappelle très bien de ce projet. J’avais 19 ans. J’ai arrêté l’école pour participer à cette expérience. La spéléo est ensuite devenue mon métier&nbsp;!&nbsp;». Plus de trente ans plus tard, Thierry Martin n’a rien oublié de l’expérimentation «&nbsp;hors du temps&nbsp;» menée dans l’aven du Valat Nègre. Elle a radicalement modifié le parcours de celui qui est ensuite parti à l’aventure à travers le monde, avant de devenir Moniteur d’Etat de spéléo dès 1993, puis de créer la boutique Horizon, spécialisée dans la spéléologie, le parapente…</p>



<p>En 1988, <strong>Thierry Martin</strong> fait partie des membres actifs du Spéléo Club des Causses, il a débuté cette activité à l’âge de 12 ans. Et il n’hésite pas longtemps à s’engager dans ce projet que Michel Siffre vient proposer au club. &nbsp;Car pour le spéléo en herbe, Michel Siffre a tout d’un véritable mythe : «&nbsp;Je le connaissais par ses expériences. Les premiers livres qui ont amené la spéléo au grand public, c’est Michel Siffre qui les a faits, il y avait de belles photos, de tous les pays du monde. Ils faisaient rêver. C’est quelqu’un qu’il fallait rencontrer.&nbsp;»</p>



<p>Du haut de ses 82 ans, <strong>Michel Siffre</strong>, non plus, n’a rien oublié de cette période. Même si lorsque je lui explique la raison de mon appel, il s’exclame&nbsp;: «&nbsp;Mais cela remonte à 50 ans&nbsp;!&nbsp;» Et il prend tout son temps pour m’expliquer pourquoi il s’est retrouvé à Millau pour sa 10<sup>ème</sup> expérimentation sous terre&nbsp;: «&nbsp;J’habitais alors dans l’Hérault. Je recherchais quelque chose d’assez proche de chez moi. J’ai fait quelques repérages, et le Valat Nègre est apparu très bien sur le plan topographique.&nbsp;»</p>



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<p>Thierry Martin se souvient avoir visité avec lui trois cavités, l’une au-dessus de Creissels, l’Aven Bob, une autre qu’il a oubliée, puis le<strong> Valat Nègre</strong> sur le Causse Noir : «C’était la cavité idéale, un grand puits, un accès plutôt aisé pour descendre du matériel, et à moins 80 mètres, une base à installer pour faire un campement. »</p>



<p>C’est dans ce campement que Véronique Le Guen va s’installer pour une durée de 110 jours, la plus longue jamais effectuée par une femme. Au préalable, un gros travail technique de mise en place du matériel est entrepris par le Club Spéléo des Causses, et une multitude d’intervenants techniques, comme les équipes d’EDF chargées d’électrifier le site, avec la pose de 2 kilomètres de câbles.</p>



<p>L’installation dure deux mois, durant l’été 1988, Thierry Martin fait partie de cette équipe, et ne va plus quitter le Valat Nègre jusqu’au mois de novembre. Le jeune spéléologue a répondu présent à la sollicitation de Michel Siffre, à la recherche de bénévoles chargés de recevoir les appels de Véronique le Guen.</p>



<p>Un trio se forme, avec<strong> Christian Vasseur, </strong>et <strong>Christophe Vaysset</strong>, un autre membre du Spéléo Causses. La mission est lourde, il faut être présent nuit et jour&nbsp;: «&nbsp;On notait tout, ce qu’elle mangeait, ce qu’elle faisait. Il y avait plein de tests à réaliser. On se relayait avec des horaires totalement différents pour éviter qu’elle ait un rythme de vie par notre présence. Même en pleine nuit, il fallait être éveillé. Et bien éveillé&nbsp;!&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-915x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8080" width="686" height="768" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-915x1024.jpg 915w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-268x300.jpg 268w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-768x859.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577.jpg 924w" sizes="(max-width: 686px) 100vw, 686px" /></figure></div>



<p>Car Michel Siffre mène avec Véronique le Guen une nouvelle étude sur les rythmes humains, dans la lancée de ce qu’il a débuté en 1962, en immersion pendant deux mois dans le gouffre de Scarasson dans le sud est. Ont suivi ensuite les expérimentations avec Antoine Senni en 1964, sous terre pendant 4 mois, Josiane Laures en 1966, pour trois mois, puis une succession à 10 reprises jusqu’à cette année 1988, incluant l’expérience américaine de Michel Siffre en 1972, avec 205 jours au fond d’une grotte au Texas, réalisée grâce à un financement de la<strong> NASA</strong>.</p>



<p>Avec à la clef, des découvertes très inédites, sur la fameuse horloge interne, un concept alors complètement méconnu. En 1962, Michel Siffre constate qu’en l’absence de repères externes, son organisme choisit par lui-même ses horaires de sommeil et veille. En 1964, autre nouveauté inconnue, celle que le rythme humain s’orchestre sur 48 heures, selon l’alternance de 34-36 heures d’éveil et de 12 à 14 heures de sommeil, d’où la conclusion qu’avec 1/3 de sommeil en plus, la durée de l’activité peut doubler. Autant de données très intéressantes dans de nombreux domaines, militaires bien sûr, recherches spatiales, ou encore pour la fixation du timing de la prise de médicaments.</p>



<p>Qu’est-il ressorti de l’immersion de Véronique le Guen au Valat Nègre&nbsp;? Rien de particulier, admet Michel Siffre&nbsp;: «&nbsp;Il n’y a pas eu de découverte. Mais cela n’a pas servi à rien. Les résultats se sont ajoutés aux autres données statistiques.&nbsp;» Car ce sont au total plus de <strong>300 expérimentations </strong>hors du temps qui se sont déroulées à travers le monde, 200 en Allemagne, 70 en ex-URSS, 10 en Grande Bretagne et 10 aux Etats-Unis.</p>



<p>Autant de chiffres qui, pour Michel Siffre, témoignent que de tels protocoles ne sont pas si difficiles à suivre pour les personnes plongées sous terre&nbsp;: «&nbsp;Les gens ne se sont pas plaints. L’isolement n’était pas le problème le plus important. C’était surtout de supporter une sonde rectale H24, d’avoir des électrodes sur les yeux, de subir des tests psychologiques, la prise de tension, la température.&nbsp;»</p>



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<p>Des contraintes évidemment présentées aux candidats à l’expérimentation. Comme le rappelle Michel Siffre, il n’a jamais lancé de recrutement, et ils avaient ainsi été plusieurs volontaires à postuler pour l’expérience&nbsp;du Causse Noir : «&nbsp;Il y avait 3 ou 4 personnes, hommes et femmes.&nbsp;». Véronique le Guen est retenue, au vu de son background dans la plongée spéléo, elle détient notamment le record de plongée en siphon souterrain avec 47 heures d’immersion en Australie.</p>



<p>Malgré tout, son démarrage dans le Valat Nègre fut compliqué, et Thierry Martin&nbsp;peut en témoigner : «&nbsp;Elle a eu des coups de mou au début. Rester dans une cavité à 10 degrés, c’est dur les premiers temps, il faut s’acclimater. Elle ne découvrait pas le milieu, elle était plongeuse spéléo. La cavité où on la mettait, elle pouvait la réaliser sous l’eau sous terre, cela ne l’effrayait pas. Mais là, il y avait l’humidité à 70%, la température 10 degrés, se retrouver seule. Ca ne la gênait pas. C’était un défi sportif. Son mari était habitué aux défis. C’était son expérience à elle, de vivre quelque chose d’exceptionnel.&nbsp;»</p>



<p>Avant cette expérience, Thierry Martin connaît <strong>Francis Le Guen</strong> de réputation, il est un plongeur spéléo de renom, connu pour ses livres, et il anime une émission à la télévision, «&nbsp;Carnets de l’Aventure&nbsp;». Le Millavois fait la connaissance de Véronique par son mari, et le feeling passe très bien&nbsp;: « On a eu une bonne relation quand elle appelait. Si elle avait des choses à dire, je l’écoutais. J’étais un peu le psychologue du groupe. Elle discutait ou pas. C’était elle qui gérait des appels.&nbsp;»</p>



<p>Durant ces 111 jours, une certaine routine se met en place entre la jeune femme, et le trio de veilleurs, supervisé par Michel Siffre. Au cœur du Causse Noir, la tente du camp de base voit un défilé constant de visiteurs. Thierry Martin se rappelle&nbsp;: «Il y avait une bonne équipe. Il y avait un cuisinier. Des scientifiques venaient aussi régulièrement. Beaucoup de monde passait, qui nous aidait. C’était l’esprit bénévoles. C’était magique de participer à ça.&nbsp;»</p>



<p>A mesure que l’expérience avance dans le temps, les curieux deviennent de plus en plus nombreux, jusqu’au final. C’est le <strong>29 novembre,</strong> que le décompte s’interrompt, pour se stopper sur une durée de 111 jours, nouveau record mondial au féminin.</p>



<p>Thierry Martin conserve un souvenir intact de cette ultime phase&nbsp;: «&nbsp;On a annoncé à Véronique la fin de l’expérience par téléphone. On est descendus la rejoindre. On a mis une petite semaine à la remettre en phase avec la vie extérieure, car elle était complètement à l’envers de nous sur les rythmes. Un film a été réalisé en bas par la 5. A la sortie, il y avait beaucoup de monde. Au début, pas grand monde y croyait. Là, il y avait un nombre de journalistes impressionnant.&nbsp;»</p>



<p>Les politiques sont également présents. Le projet a reçu un soutien fort de <strong>Gérard Deruy</strong>, maire de Millau, <strong>Jean Puech</strong> pour le département, qui a participé au financement de l’expérimentation, de même que le Conseil Régional, à travers <strong>Jean-Louis Esperce</strong> et Dominique Baudis.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-1024x703.jpg" alt="" class="wp-image-8081" width="768" height="527" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-1024x703.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-300x206.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-768x527.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-1536x1055.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2.jpg 1695w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p>Véronique Le Guen est alors propulsée d’une solitude totale vers une multitude de sollicitations, de nombreux médias nationaux. Elle rejoint ensuite l’hôpital de Nice, puis de Lyon, pour différents contrôles, en compagnie de Michel Siffre et de Thierry Martin, avide de poursuivre l’aventure.</p>



<p>Puis viendra le temps du retour à la vie «&nbsp;normale&nbsp;». Les bénévoles du club Spéléo démontent l’ensemble des installations du Valat Nègre, évacuent les déchets pour restituer un lieu parfaitement correct. Thierry Martin retrouve ensuite Véronique et son mari pour quelques sorties spéléos.</p>



<p>Et brutalement, 14 mois plus tard, survient le dramatique suicide de Véronique Le Guen, qui est retrouvée le <strong>18 janvier 1990 </strong>dans sa voiture à Paris, vaincue par une absorption massive de barbituriques. Thierry Martin avoue combien il a été choqué : «Ca nous a perturbés. On était très proches. C’était une amie.&nbsp;» &nbsp;</p>



<p>Cette disparition tragique fait les gros titres de la presse, qui relie ce suicide à l’expérience sous terre de la jeune femme. Avec en filigrane, cette question de savoir si ces trois longs mois ont laissé des traces irréversibles dans le mental de Véronique le Guen, et l’ont fragilisée au point qu’elle bascule dans le néant&nbsp;?</p>



<p>Michel Siffre se refuse à relier ce geste et cette longue et dure période de solitude, et le justifie par des problèmes de couple. Thierry Martin ne souhaite pas s’attarder sur cet épisode tragique, mais veut éluder tout lien&nbsp;: «&nbsp;Je ne pense pas que l’expérience ait eu un déclic là-dessus. Des gens ont une faiblesse dans leur couple. Des choses qui font qu’on en arrive là.&nbsp;Cela nous a surpris. On ne s’y attendait pas du tout, surtout de quelqu’un qui a un caractère comme elle. Mais j’ai du mal à croire que ce soit l’expérience qui ait eu un rôle.&nbsp;»</p>



<p>Pourtant dans le bulletin du Spéléo Club des Causses qui rend compte de cette épopée, <strong>Véronique Le Guen</strong> se montre plutôt vindicative sur cette expérience qu’elle qualifie de «&nbsp;travail de nègre&nbsp;», et elle livre un point de vue offensif&nbsp;: «&nbsp;Le génie Siffre avait une idée du tonnerre&nbsp;: enfermer une femme dans une grotte (même le criminel le plus endurci n’y aurait jamais pensé&nbsp;!) et les magiciens du S.C.C. ont modelé le lieu et les instruments du crime.&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-1024x704.jpg" alt="" class="wp-image-8083" width="768" height="528" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-1024x704.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-300x206.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-768x528.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574.jpg 1525w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p>Cette expérimentation marquera l’ultime projet de Michel Siffre, avec des personnes autres que lui. Sans qu’il n’établisse un quelconque lien entre cet arrêt et le drame de cette disparition. Et il évoque plutôt que le champ des découvertes s’était restreint à mesure que les projets s’étaient succédés depuis 1962. Il s’enfermera tout de même plus de deux mois dans la grotte de Clamouse, fin 1999.</p>



<p>Le spéléologue installé maintenant à Nice n’est jamais revenu au <strong>Valat Nègre</strong>. Au contraire, Thierry Martin, qui demeure toujours en contact régulier avec Michel Siffre, s’y immerge très régulièrement. Seul ou avec des clients. Et il avoue l’immense plaisir qu’il ressent à leur faire revivre cette fameuse épopée hors du temps.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Texte&nbsp;: <strong>Odile BAUDRIER</strong></li><li>Photos&nbsp;: D.R. et S.C.C.</li></ul>
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