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	<title>En Politique &#8211; Live Aveyron</title>
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	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
	<lastBuildDate>Wed, 22 Sep 2021 15:13:53 +0000</lastBuildDate>
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	<title>En Politique &#8211; Live Aveyron</title>
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	<item>
		<title>Serge Sécail, le sens du collectif</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/22/serge-secail-le-sens-du-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 03:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Sécail]]></category>
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					<description><![CDATA[Voilà 47 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, qu’il adule pour son esprit collectif. Educateur sportif toute sa carrière, il a assumé durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, et la sortie de son livre, « Millau l’inspirante ». ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#11700a" class="has-inline-color">Serge Sécail, le sens du collectif</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color:#2d6706" class="has-inline-color"><strong>Voilà 57 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, et depuis, de joueur à entraîneur et dirigeant, ce sport l’a façonné par cet esprit collectif qu’il conserve dans toutes les facettes de sa vie. Des années durant, cet éducateur a initié au sport les jeunes scolaires de Millau, avant d’assumer durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, qu’il préside, en parallèle de la sortie de son livre, « Millau l’inspirante »</strong>,<strong> consacré aux grosses associations sportives de Millau.</strong></span></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8434" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Je voulais d’abord revenir sur le beau week-end associatif que tu as pu provoquer en reprenant la direction du Forum des Associations.</strong></em></li><li>Ce forum des associations est une chose très importante à la rentrée pour redémarrer la vie associative, et encore plus après cet épisode COVID où la vie associative a été pratiquement arrêtée. A ce moment-là, beaucoup de personnes ont remarqué que cet arrêt était préjudiciable à la vie de tous les jours, et encore plus pour les gens qui ne sont pas en activité professionnelle. Notamment les retraités, qui sont privés de contacts, de lien social. Je faisais partie de l’équipe précédente, mais je n’avais aucune fonction dirigeante. Quand l’équipe a arrêté, j’ai dit qu’il fallait faire quelque chose pour ne pas que ça s’arrête complètement. Il était question de le confier à la mairie, mais s’il n’y a pas une implication motivée et citoyenne pour donner une autre dimension que commerciale, ce n’est pas bon. Nous avons voulu ajouter un côté festif, convivial. Et la première décision a été de délocaliser le forum, de l’amener du centre ville avec les avantages et inconvénients que ça représentait, au Parc de la Victoire avec les avantages et inconvénients. Au vu des retours, 100% d’associations ont trouvé le lieu plus adapté. Au départ, nous l’avions choisi pour être plus aéré par rapport au COVID, mais il a permis d’ajouter une dimension d’animation et sportive très appréciée.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8432" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Un bilan très positif avec pour clôturer le forum, un spectacle inter-générationnel, réunissant des plus jeunes aux plus âgés.</strong></em></li><li>Là aussi, il s’est agi d’un pari. J’ai l’avantage et l’inconvénient d’avoir un peu d’âge. Donc j’ai un réseau associatif important. A travers une rubrique rédigée dans le journal de Millau, j’ai pu rencontrer des gens du milieu associatif. Dans ce cadre, j’ai rencontré Silva Ricard. Nous avons pu parler de sa vie antérieure. Silva, une femme de talent, qui a du caractère, de la pugnacité, m’a dit Il faut qu’on fasse quelque chose pour redonner le sourire aux gens. Dès le mois de mars, on a démarré sans savoir vraiment ce qu’on allait faire. Et puis de rencontre en rencontre, Silva, qui est très fédératrice, a su mobiliser une équipe à un moment où tout le monde était à l’arrêt. Malgré tout, elle a pu faire travailler par petits groupes,&nbsp;avec deux répétitions générales. Mais avec le cœur, elle a donné du bonheur aux gens. Cela n’a pas de valeur. Quand on voyait les personnes âgées du Foyer Soleil, avec la doyenne de 95 ans, prendre une bouffée d’oxygène, partager avec des petites. C’est beau&nbsp;! Le but du jeu était de redonner espoir et sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La réussite a donc été totale.</strong></em></li><li>Comme on n’avait pas de budget, on est passés par des moments difficiles. La sono a pris l’eau pendant l’averse de midi. Il a fallu trouver une sono de remplacement, Anne Marie Couvert nous a prêté une petite sono pour faire l’après-midi, mais cela ne suffisait pas pour le spectacle de Silva. J’ai appelé mon frère qui est dans la sonorisation, et vit à 1 heure d’ici. Je l’ai joint à 15 heures, et je lui ai demandé de venir nous dépanner. Mais tout cela a ses limites&nbsp;! L’année prochaine, on va repartir sur un format amélioré, avec des professionnels.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton automne est chargé, puisque tu publies le livre sur lequel tu travaillais depuis près d’une année, consacré à des associations de Millau. Comment est né ce projet&nbsp;?</strong></em></li><li>Ce projet est né avec l’arrêt de la vie associative. Moi qui suis impliqué tous les jours, je me suis retrouvé à l’arrêt. J’ai mis à profit cette période-là pour faire remonter toutes les belles initiatives locales que je connais pour y avoir trempé de près ou de loin, et pour apprécier les personnes qui portent ces grandes manifestations. L’idée est venue d’articles sur le Journal de Millau, en plusieurs chapitres. Et le directeur, Thierry Favier, m’a parlé d’un livre où je compile ces articles. Cela a été lancé à Noël dernier. J’ai donc publié ce livre que j’ai appelé <strong>Millau l’Inspirante</strong> car Millau inspire beaucoup de gens dans le milieu associatif, et beaucoup de gens sont peut-être venus à Millau à cause de cette qualité de la vie associative.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Combien d’associations sont présentées dans ce livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai limité par le fait que j’ai voulu transcrire que les associations porteuses d’une manifestation de notoriété et sur la longueur. Que ce ne soit pas éphémère, pour présenter des gens présents sur la durée qui permettent que Millau soit reconnu comme l’excellence associative.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8431" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>C’était la première fois que quelqu’un se lançait dans un tel projet. As-tu été bien accueilli&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai été très bien accueilli. Parfois, les gens étaient surpris. Puis on parle à bâtons rompus. Les gens me connaissent avec mes qualités et mes défauts. Mais ils savent que je ne suis pas un tricheur, et que j’aime les gens. Volontairement, j’ai limité à des manifestations de notoriété, et qui amenaient beaucoup à la ville.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce n’est pas ton premier livre.</strong></em></li><li>Mon premier livre était né d’une déception après l’échec aux Municipales en 2014. J’ai été un peu perturbé. Pour laver les esprits, je me suis mis à écrire un livre autobiographique, que j’ai appelé, en clin d’œil avec le rugby, «&nbsp;<strong>De mêlée en démêlé</strong>&nbsp;». Je lie ma vie à Millau, à travers l’école, le sport, la politique. Ce livre retrace une carrière de bénévole. Il a rencontré un bon succès, avec 550 exemplaires vendus. Les gens se reconnaissent à travers les anecdotes croustillantes de la vie millavoise.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La déception avait été très forte lorsque tu n’as pas été réélu avec la liste de Guy Durand.</strong></em></li><li>Oui, très forte, car pour moi, elle était inattendue. Quand on n’est pas conditionné à quelque chose, cela a été un choc que j’ai maîtrisé grâce à l’écriture de ce livre, à ma famille, ma femme, qui me supporte depuis 45 ans.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu étais d’abord et avant tout un éducateur sportif dans les écoles. Sur quelle période&nbsp;?</strong></em></li><li>C’était une belle période, au service des sports de la ville de Millau, où on enseignait dans les écoles l’éducation physique à tous les enfants du CP au CM2. Avec une équipe d’éducateurs hors pair et innovants, puisque dès 1986, on avait mis en place des stages sportifs multi-activités, qui continuent encore aujourd’hui. Maintenant, c’est la troisième génération d’enfants qui arrivent, les parents, les grands-parents ont connu ces stages&nbsp;! j’ai eu la chance de travailler dans un milieu où nous étions des amis. Avec une très grosse solidarité entre nous, une très grosse confiance. Et je pense qu’on n’est pas étrangers à ce que Millau ait un développement associatif sportif de qualité. En 1986, déjà, on enseignait dans les écoles des sports qui n’étaient pas encore au goût du jour, le kayak, l’escalade. On a donné goût à l’effort. Millau peut se targuer d’être une petite capitale des sports, notamment de pleine nature.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8433" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton implication dans l’associatif s’est surtout manifestée dans le rugby.</strong></em></li><li>Oui, je suis arrivé dans le rugby à 15-16 ans. Auparavant, j’étais passé par les Eclaireurs, l’Hirondelle Millavoise. A l’époque, il n’y avait pas d’école de sport, la seule société sportive qui accueillait des enfants était l’Hirondelle Millavoise. J’y suis resté trois ans. Puis à 12 ans, j’ai rejoint les Eclaireurs avec des copains, j’étais un peu aventureux. On sortait un week-end sur deux en autonomie, avec un chef de patrouille qui avait 14 ans. C’était système débrouille d’entrée&nbsp;!</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et après, tu as découvert le rugby.</strong></em></li><li>J’aurais aimé commencer avant, mais il n’y avait pas de cours. J’étais un petit gabarit. A l’époque, à 16 ans, certains faisaient 25 ou 30 kilos de plus que moi. Avec ténacité, je me suis fait ma place et j’ai trouvé un endroit où j’ai pu m’épanouir. Et on a eu une aventure fantastique puisqu’en 4 saisons, on a franchi 4 étapes, de division d’honneur à division nationale, avec le même groupe. Ce sont des moments uniques, qui te marquent à vie. Et tout le bonheur que j’ai pris, je voudrais le restituer. Donc transmission. C’est ce que je me suis appliqué à faire avec mes copains du service des sports, pour donner le goût, pour avoir envie. Maintenant, nous avons une équipe d’éducateurs, que, pour la plupart, j’ai eu en élèves. Cette transmission est une grande réussite pour moi. Donner envie, que des gens puissent continuer ce que toi, tu as commencé petitement, et qu’ils font maintenant avec plus de talent, c’est une grande satisfaction.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu commences le rugby à 15 ans, et depuis, tu n’en es jamais sorti&nbsp;?</strong></em></li><li>Non. Je suis rentré en 1964 à 15 ans. J’ai quitté le club pendant un an quand j’étais militaire, j’étais sur Toulon. J’ai joué un an, junior, à Toulon. Ma seule infidélité au club&nbsp;! Cela m’a permis de côtoyer des grands noms du rugby qui ont joué en Equipe de France. J’ai eu la chance de jouer avec Daniel Herrero, qui a mon âge, et était le capitaine de l’équipe junior. C’est un personnage, prof de sports, chercheur. C’est un gars qui avait beaucoup d’avance, et une façon de s’exprimer hors du commun. Grâce à ces gens-là, ça m’a permis de prendre confiance. A 20 ans, l’officier des sports m’a dit d’entraîner l’équipe de la base militaire, formée à 80% d’officiers. Moi, j’entraînais des capitaines et des commandants de la Marine, j’ai pris confiance. En rentrant de l’armée, je suis devenu éducateur au club, je me suis formé. A l’époque, ça ne se faisait pas beaucoup, c’était surtout empirique. Je suis parti dès 1971 faire des stages d’initiateur, pour une semaine. Je suis arrivé en 1978 au 3<sup>ème</sup> degré, qui était le plus haut niveau de l’époque. En 1978, je me suis retrouvé propulsé à 30 ans à entraîner l’équipe de Millau, formé de mes anciens partenaires&nbsp;! Moi, j’ai décroché rapidement le jeu, j’ai eu deux accidents de rugby, et je me suis reconverti dans l’encadrement.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu es ensuite devenu un dirigeant du club.</strong></em></li><li>Je suis devenu responsable de l’école de rugby pendant 20 ans. Puis je suis revenu en équipe 1. <strong>On m’appelait Manpower</strong>&nbsp;! Quand il y avait un problème, on faisait appel à moi. J’ai entraîné les seniors 2 fois en cinq ans, pour dépanner. Puis je suis devenu secrétaire du club. Je suis licencié au club depuis 1964.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8435" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce credo école de rugby, entraîneur, cela correspond aussi à des valeurs que tu souhaites transmettre&nbsp;?</strong></em></li><li>Ces valeurs sont importantes et primordiales. Ce sont des valeurs de respect. Le rugby est un sport de combat collectif, avec des règles. Si on transgresse ces règles, on peut tomber dans la violence. Ces règles strictes imposent le respect pour l’arbitrage, même s’il y a parfois des fautes d’arbitrage. Cette forme de respect perdure, et j’espère que malgré le rugby professionnel qui tire vers le haut, avec des exemples pas toujours à suivre, le rugby gardera ces valeurs de respect indispensables. On le voit dans notre société où plus personne ne respecte rien. Il faut qu’il y ait des règles, qu’elles soient acceptées, par tout le monde. N’importe quel joueur qui fait une bêtise doit être sanctionné même si c’est un bon joueur.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et de quand datent tes opinions socialistes&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai toujours eu des idées de gauche parce que mon père a été militant dans ses jeunes années. J’ai toujours baigné dans le militantisme à la maison. Cela nous a donné le goût de la politique. Mon père avait des idées de gauche, il nous a transmis inconsciemment les valeurs dans lesquelles je me retrouvais et qui continuent à m’animer. Je n’ai adhéré au Parti Socialiste qu’en 2012 quand le PS était au plus mal. Moi, j’ai fait l’inverse de beaucoup, qui adhèrent quand tout va bien. J’ai pensé que c’était normal d’adhérer à un parti car sans partis, c’est l’anarchie. Même si ces règles sont parfois transgressées par le milieu politique. On a tendance à dire que c’était mieux avant. Je pense que c’est mieux maintenant. Avant, c’était pire, mais on ne le savait pas. Maintenant, les dérapages sont plus connus.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Lorsque tu as été élu en 2008 sur la piste de Guy Durand, tu n’étais donc pas encarté socialiste à ce moment-là. Tu avais donc été choisi car issu de la société civile et associative.</strong></em></li><li>Guy Durand m’avait choisi car venant de la société civile, et de l’associatif. J’étais à la fois éducateur sportif, et très engagé dans le club de rugby.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc connu un mandat d’élu de 6 ans et une très longue vie associative. Où t’es tu senti le plus utile&nbsp;?</strong></em></li><li>Moi, je dirais qu’on est utile partout. Mais à des postes différents. Educateur, donner de l’éducation, ça n’a pas de prix. C’est la base d’une société bien constituée. Après, quand je me suis retrouvé élu, le regard des autres a changé par rapport à moi. Mais moi, je n’ai pas changé ma façon de fonctionner. Je suis resté le même. Je n’étais pas Dieu le père. Je faisais le maximum pour être utile au milieu associatif à travers la délégation sports et vie associative. Je pense que j’ai été respecté, et que j’ai respecté les gens. Je pense avoir fait des erreurs comme tout le monde, mais je pense avoir été honnête. Mais j’ai vécu aussi comme un échec les «&nbsp;Pieds sur Terre&nbsp;» initiés pendant la campagne. Là, mon manque d’expérience politique a fait qu’on a manqué un acte fondateur. Nous étions en avance en 2009 pour créer cette grande fête autour de l’écologie. Je me suis fais manger par des gens qui, politiquement, avaient de l’expérience, et qui nous ont entraîné dans un créneau trop politisé, qui nous a fermés d’un certain milieu associatif. Alors que l’idée était noble et généreuse de faire de Millau une vitrine et un exemple de ce que pourrait être la vie associative, sport ou culture, en respectant l’environnement, les autres. Nous étions initiateurs d’une belle idée, mais on était peut-être trop en avance à l’époque pour un tel projet. Et on a jeté l’éponge au bout de deux ans.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-8-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8436" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Concernant la nouvelle élection de 2020, pour quelle raison n’as-tu pas souhaité te représenter&nbsp;?</strong></em></li><li>On ne va pas poser le problème comme ça. C’est vrai que j’aurais aimé être pris sur la liste, mais comme toute liste d’ouverture que Manu Gazel a fait, il fallait faire des arbitrages, des équilibrages. Quand Manu m’en a parlé, je lui ai répondu Je viens d’un sport collectif, ne te fais pas de souci, je ne serai pas un caillou dans ta chaussure. Prends des gens plus jeunes, peut-être moins marqués que moi de l’époque Durand, et qui pourrait être un frein à cette envie de fédérer autour d’une belle personne qui est Manu Gazel.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc renoncé sans amertume.</strong></em></li><li>Disons qu’il a fallu que je l’avale, que je le digère. Je n’ai pas du tout d’aigreur. Avec du recul, je me dis aussi que mon épouse est maintenant à la retraite, et qu’être élu est un engagement de tous les jours, matin et soir car moi, je ne me vois pas ne pas être sr le terrain à l’écoute des gens. Là, j’ai un peu plus de liberté, qui permet de faire des choses sans contrainte et avec grand plaisir. Mais je suis attentif à la vie associative et municipale. Manu, je la considère comme une amie, elle m’a d’ailleurs préfacé mon livre et j’ai beaucoup d’affection et d’estime pour cette fille. Mais il y avait trois personnes issues du Rugby sur sa liste, et avec moi, cela faisait quatre. C’était trop&nbsp;! Moi, j’ai 73 ans, j’ai fait mon temps, je serai utile autrement. Tant que j’ai la santé et la pêche, je le ferai.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Le Forum des associations a aussi été un projet qui t’a permis d’atténuer cette déception et de t’impliquer dans un projet collectif comme tu les aimes.</strong></em></li><li>Moi, j’aime cet aspect collectif, comme le rugby. Rien n’est plus beau que les réussites collectives. Elles sont toujours boostées par des hommes et des femmes qui sont à la tête, mais sans cette capacité à fédérer les bénévoles…, on ne pourrait rien faire. Pour moi, et pour les autres personnes de Grands Causses Bénévolat, c’est une grande satisfaction d’avoir su fédérer le milieu associatif pour redonner un peu de couleur et de sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>As-tu un autre projet de livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai un autre projet, toujours dans le milieu associatif local, mais dans d’autres domaines, celui du domaine social, où il y a de belles réussites associatives, avec de belles personnes qui portent ces projets. Cet hiver, je vais commencer les rencontres, je vais attaquer avec une amie, Josette Hart, pour le Jardin du Chayran, qui va fêter ces 20 ans, et qui est une réussite associative exemplaire, qui permet de donner de l’espoir à des gens mal embarqués dans la vie. Je vais m’atteler à ça cet hiver.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> le 20 septembre 2021</p>



<p>Photos&nbsp;: <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8454" width="1160" height="760"/></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8442" width="1160" height="760"/></figure></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Simon Massbaum, la mémoire de la déportation juive en Aveyron</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/08/12/simon-massbaum-la-memoire-de-la-deportation-juive-en-aveyron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Aug 2021 09:02:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Simon Massbaum]]></category>
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					<description><![CDATA[Simon Massbaum se consacre depuis plus de 20 ans à des recherches sur la déportation des Juifs d’Aveyron durant la seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1943, ce sont 398 personnes qui ont été raflées dans l’Aveyron et envoyées dans les camps, avec seulement 33 survivants. Ce travail de mémoire a levé le voile sur sa propre tragédie familiale, l’exécution de son grand-père par les Nazis dans le transport du dernier convoi parti de Drancy en août 1944.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">SIMON mASSBAUM, la mémoire de la déportation juive en Aveyron</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Simon Massbaum se consacre depuis plus de 20 ans à des recherches sur la déportation des Juifs d’Aveyron durant la seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1943, ce sont 398 personnes qui ont été raflées dans l’Aveyron et envoyées dans les camps, avec seulement 33 survivants. Par un travail minutieux dans les archives départementales et européennes, Simon Massbaum a ainsi pu identifier des dizaines de personnes mortes dans les camps de concentration, et leurs noms figurent sur les plaques commémoratives déposées dans huit villes de l’Aveyron par son association, l’ADEJMA. Ce travail de mémoire a levé le voile sur sa propre tragédie familiale, l’exécution de son grand-père par les Nazis dans le transport du dernier convoi parti de Drancy en août 1944. Une mission aux allures de quête qu’il a débutée en réaction aux positions racistes et antisémites du Front National, et qu’il poursuit inlassablement dans un contexte antisémite toujours plus pesant.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="885" height="500" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM.jpg" alt="" class="wp-image-8350" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM.jpg 885w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM-300x169.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 885px) 100vw, 885px" /><figcaption>Simon Massbaum</figcaption></figure></div>



<p><em>Une date importante dans l’histoire de la déportation juive pendant la guerre est celle du 17 août. Cette année marquera le 77<sup>ème</sup>ème anniversaire du départ du dernier convoi de Drancy vers Buchenwald, le 17 août 1944. Votre grand père Simon Zygler faisait partie des 53 personnes. A quel moment avez-vous découvert que votre grand père avait voyagé dans ce convoi&nbsp;? Et qu’il avait été victime de l’extermination&nbsp;? Car il semble que très souvent, ces tragédies demeurent secrètes dans les familles.</em></p>



<p>Effectivement, je suis né dans une famille de déportés. Vous évoquez celle qui concerne l’homme dont on m’a attribué le prénom. Mon grand père a été arrêté à Paris à deux reprises. La première fois lors de la première rafle importante, en mai 1941, qui touchait uniquement des hommes dans certains arrondissements où il y avait des juifs. On l’a appelée la rafle des billets verts. A tous les juifs d’origine étrangère, on avait remis un billet vert, qui les convoquait à différents endroits, pour clarifier les choses avec les occupants. L’inverse s’est produit. Tous ces hommes ont été piégés. Mon grand père a été envoyé à Drancy, qui venait juste d’ouvrir. Il a été libéré un an plus tard car chef de famille. Mes grands-parents tenaient un petit café-restaurant dans le Marais. Ce bien a été spolié et aryanisé, ils n’ont quasiment pas été dédommagés. Ma grand-mère a été femme de ménage, et pâtissière. Mon grand père était handicapé suite au traitement reçu dans le camp, il avait été tabassé et était devenu sourd, et il boîtait. Il ne pouvait plus travailler. Mais mes grands-parents étaient non pas naïfs, mais ils avaient l’attitude de beaucoup de juifs d’origine étrangère. Pour eux, la France avait une aura exceptionnelle, un proverbe yeddish dit «&nbsp;C’est là où Dieu vit&nbsp;». Mes grands parents ne pensaient pas que l’arrestation subie pouvait les mettre en danger. Les femmes certainement pas, et les enfants surtout pas. L’avenir montrera que c’est l’inverse. En 43, mon grand père refuse d’aller au Service du Travail Obligatoire. Il est arrêté quelques mois plus tard, et à nouveau envoyé à Drancy, puis dans un camp très dur, à Compiègne. Les conditions étaient terribles, 10 fois pire que celles de Drancy. On arrive à cette date fatidique du 17 août 44 où une cinquantaine de personnes sont embarquées dans un convoi qui porte le numéro 79.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30.jpg" alt="" class="wp-image-8344" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Pourquoi ce convoi a-t-il démarré aussi tardivement, alors que Paris est libéré entre le 19 et le 24 août ?</em></p>



<p>Il aurait dû partir plus tôt. Paris est quasiment libéré. Il s’agissait d’une tractation, entre les autorités parisiennes de l’époque, et le responsable de la SS en France, Alois Brunner, qui négocie son départ. Les nazis menacent de ravager Paris. Il demande à avoir 3 wagons, 1 au milieu avec 50 prisonniers et 2 wagons avec des militaires en armes, qui partent vers le Nord de l’Allemagne. Le train est d’abord empêché par la résistance locale des cheminots. Au bout de 2-3 jours, malgré tout, ce train s’en va. Il y a une vingtaine de résistants, Marcel Bloch (Dassault), René Frydman, la famille du Docteur Kohn. Ces personnalités sont là comme otages. Mon grand-père est arrivé le dernier dans ce wagon. Dans la nuit du 21 au 22 août, les résistants organisent leur évasion par un petit hublot du wagon à bestiaux. Mon grand-père, sourd, n’entend pas, et refuse sans doute de partir pour ne pas mettre en danger ses camarades. Le train s’arrête plus tard. Les SS ouvrent et fusillent mon grand-père dans le bois de Morteau. Le train continue, vers Buchenwald. Il s’arrête à Bergam, les enfants sont enlevés et font l’objet d’expériences sur leur corps&nbsp;: ils sont dépecés vivants. Il ne restera dans ce train que deux familles, dont les Smith, qui ont témoigné après la guerre, dans un livre «&nbsp;Le dernier convoi&nbsp;». Voilà l’histoire de mon grand-père.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25.jpg" alt="" class="wp-image-8346" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>L’autre partie de votre famille a également été victime de la déportation nazie.</em></p>



<p>Elle vivait en Pologne. La quasi-totalité a été assassinée, à Auschwitz, à Treblinka, ou dans le ghetto de Varsovie. Mon père a été l’un des rares survivants du Ghetto à être envoyé à Auschwitz. Il a fait partie des derniers «&nbsp;Sonderkommandos&nbsp;», ces hommes chargés de vider les chambres à gaz, de les mettre au crématoire. Mon père avait 17 ans, il a débuté dans l’ignoble. Je laisse imaginer la dureté de cet homme. Toute sa vie, il n’a eu peur de personne. Il s’est évadé d’Auschwitz avec une quarantaine de personnes quelques heures avant que l’Armée Russe arrive. Il a réussi à traverser vers l’Ouest de l’Europe en plein hiver. Cela montre la résistance de ces hommes, leur envie de vivre. Il a été récupéré dans un train par la Papauté, envoyé pour se remettre dans le sud de l’Italie, près de Bari. Ensuite, il a été envoyé en France, inséré dans le centre de réadaptation à la vie sociale et professionnelle de Rotschild. C’est ainsi qu’il est resté en France.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20.jpg" alt="" class="wp-image-8347" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Cette histoire familiale que vous décrivez, en aviez-vous eu connaissance étant petit&nbsp;?</em></p>



<p>Non, petit, j’ai connu le silence. Un silence parlant. Par bribes de mots. Ma grand-mère parlait yeddish pour éviter qu’on comprenne. Mais les enfants comprennent rapidement les choses. Ma grand-mère me disait, à ma sœur et moi, Ne pose pas de questions à ton père, ni à ta mère. Je comprenais que leur poser une question allait les mettre en souffrance. Donc c’était d’abord un grand mystère. Même si la guerre était finie, j’étais tout petit, quand on m’a expliqué de ne jamais dire à personne que tu es juif. C’est une position handicapante pour la suite de votre vie. C’est comme si on vous désidentifie, comme si c’est une maladie. Par rapport à mon grand-père, ma grand-mère a tout fait pour ne pas le mettre sur un piédestal. Pour éviter peut-être qu’il y ait une attirance pour l’héroïsme. Elle nous a raconté autre chose, qu’il était un joueur de cartes, qu’il avait été raflé pendant une partie de cartes. On l’a cru. Toute ma famille l’a cru. Ses filles l’ont cru. Moi, en 1989, j’avais commencé des recherches par rapport aux Juifs de l’Aveyron. J’ai alors entamé des recherches sur ma famille. Elles se sont révélées très difficiles psychologiquement. J’ai commencé en 92-93. Et j’arrêtais pendant 4-5 ans. Le temps que je digère, que je réintègre cette identité. J’ai eu les documents aux archives à Paris, prouvant que mon grand-père a vécu ce parcours. J’ai aussi appris qu’avant la guerre, mon grand-père était soupçonné d’appartenance au Parti Communiste. Il y a eu plusieurs fouilles à son domicile, mais ils n’ont rien trouvé de probant. Réellement et concrètement, j’ai appris l’histoire de mon grand-père en 2004. J’ai transmis ces informations aux rares membres de ma famille, dont son fils.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="754" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4.jpg" alt="" class="wp-image-8348" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4-300x226.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4-768x579.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous aviez tenu à être présent au Mémorial de la Shoa en août 2019 pour un rappel de cet évènement tragique. Vous y aviez prononcé</em> <em>le nom de votre grand père. Cette date a représenté un moment important pour votre famille&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, car le mythe du «&nbsp;par hasard&nbsp;», un peu «&nbsp;dilettante&nbsp;», s’effondre. Au contraire, on parle de résistant. Car quelqu’un qui ose dire non au STO alors qu’il est juif, c’est une forme de résistance. Je m’occupe de décerner les médailles des «&nbsp;Justes&nbsp;» parmi la nation, et j’ai appris que les résistances ne sont pas fermées. Me concernant, cela a déterré une partie sombre de ma mémoire. Cela m’a fait du bien. Cela m’a donné une sorte d’auto-légitimité par rapport aux autres. Hélas, Maman a perdu la mémoire au fur et à mesure. Elle ne comprenait pas quand je lui expliquais que son père était un héros. Longtemps, j’ai posé des questions. Quand mon grand-père a été arrêté pour la deuxième fois, en 43, la voisine cordonnière, qui était une bonne amie, a proposé d’aider à cacher le reste de la famille à travers sa famille agricultrice dans toute la France. D’où mon attachement à ces Justes. Quand je posais des questions à ma mère, c’était une souffrance pour elle. C’est par mes recherches que j’ai pu savoir, et en allant aussi à Chevilly Larue, où elle était cachée. Elle a été sauvée grâce au Commissaire de Police du 4<sup>ème</sup> arrondissement, il a prévenu de l’arrestation de mon grand-père. Ils ont pu être cachés. Ma mère a été cachée par une amie de la cordonnière, qui était mère supérieure au couvent de Chevilly Larue. Pour la transporter là-bas de manière légale, le commissaire a inventé un faux mandat d’arrêt, justifiant que ma mère était une délinquante. Elle a pu être envoyée dans ce couvent pour délinquantes qu’on appelait les «&nbsp;Fresnettes&nbsp;», par référence à Fresnes. Elle a vécu avec des délinquantes, a été traitée comme une délinquante pour sa propre protection, avec obligation de prières, des heures allongées sur un dallage en pierre. Je l’ai appris par mes recherches. Je lui en ai parlé, mais elle se mettait à pleurer. La seule chose qu’elle a réussi à me dire est que lorsque sa mère est venue la chercher en août 45, elle n’a pas reconnu sa mère, qui avait été cachée en Bretagne, et avait beaucoup maigri. Elle a demandé à la mère supérieure, qui s’appelait Mère Combat, qui elle était.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10.jpg" alt="" class="wp-image-8351" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Le mois d’août correspond également à plusieurs rafles de juifs dans l’Aveyron, 185 déportés en août 1942, incluant 48 à St Affrique, tous déportés à Auschwitz. Ce sont au total 398 Juifs qui ont été déportés, à Auschwitz, Sobibor, Maïdanek. Estimez-vous que ces faits étaient suffisamment connus quand vous êtes arrivé dans l’Aveyron, en 1976, il y a 40 ans&nbsp;?</em></p>



<p>Ce n’est pas une estimation. Ces faits étaient absolument inconnus. Il m’est même arrivé lors de recherches dans une archive municipale de rencontrer des résistants qui niaient l’existence des juifs. Or par exemple, à Villefranche de Rouergue, dans la rue de la République, la majorité des commerçants étaient juifs. C’était extrêmement minimisé par certaines associations d’anciens combattants. &nbsp;</p>



<p><em>Selon vous, pour quelle raison cette partie de l’histoire de l’Aveyron a-t-elle été gommée&nbsp;?</em></p>



<p>La première raison est historique. Le discours de De Gaulle est la France toute entière s’est battue et a été libérée. Alors la France n’a pas pu arrêter des gens parce qu’ils étaient juifs. Les seuls documents qui apparaissent dans un parti pro soviétique de l’époque font état d’étrangers. Le mot Juif n’est pas employé. Il y avait une volonté de minimisation pour mettre en valeur, à juste titre, la valeur profonde de la résistance. C’est mon analyse, un peu polémique, partagée par des historiens. Même si on comprend que De Gaulle ait voulu qu’il n’y ait pas cette continuité de guerre civile larvée, de règlements de comptes d’après-guerre. Un travail remarquable a été fait par mon ami Serge Klarsfeld, j’ai lu l’essentiel de ses ouvrages, historiques. Il a très vite fait cette analyse.</p>



<p><em>La majorité des juifs déportés n’a en fait pas été vraiment identifiée. Les nazis ont détruit beaucoup d’archives pour empêcher leur identification, et conserver leur anonymat. Estimez-vous que c’est une injustice supplémentaire pour vous&nbsp;dans cette tragédie&nbsp;?</em></p>



<p>C’est un double assassinat. Nier ce qui est arrivé à un être humain est un deuxième assassinat. Mais quand la guerre est finie, on n’en parle plus. Quand des juifs voulaient parler, il y avait un «&nbsp;essoufflement&nbsp;» dans leur entourage, y compris familial, et dans les institutions. On ne peut pas reconstruire la France sur un tel passé, on ne peut la reconstruire que sur un passé glorieux&nbsp;! D’où la mise en avant exceptionnelle de la Résistance. Même si dans certains pays, elle a agi beaucoup plus, et plus rapidement. En France, certains maquis n’ont pris leur importance qu’à l’été 44. Mais les réseaux existaient. En Grèce ou Yougoslavie, c’était massif. Selon des recherches d’historiens, 25% de la population juive européenne faisait partie d’un réseau de résistance. Pas obligatoirement résistance armée. Ainsi les Eclaireurs et Eclaireuses Israëlites de France ont créé des réseaux qui ont sauvé la vie de milliers d’enfants. Cela n’a pas empêché le massacre, mais a diminué le nombre de victimes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="736" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11.jpg" alt="" class="wp-image-8349" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11-300x221.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11-768x565.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous êtes investi dans un travail de mémoire depuis de nombreuses années. Pourquoi vous êtes engagé dans cette recherche&nbsp;qui prend une allure de quête&nbsp;?</em></p>



<p>J’ai commencé en novembre 1989. J’étais en Aveyron depuis plusieurs années, heureux dans le paradis que je croyais être. Je pensais qu’il ne s’était rien passé dans le département. En 1989, je lis un article dans le Monde sur les 49 propositions du Front National. A l’époque, le Front National ne représente quasiment rien, environ 3%. Quand je lis ce programme, j’ai l’impression de relire le programme nazi de 1933, avec des naturalisations sur trois générations, et d’autres mesures sur les étrangers. Je rappelle que les premières lois antisémites sont des lois contre les étrangers, le mot juif n’est pas prononcé. J’ai reçu alors un choc terrible. On sait que les gens du Front national sont une bande de facistes et racistes primaires, mais là, ils écrivent un programme. D’un seul coup, j’ai eu une prise de conscience. D’abord de ma judaïté, que j’avais mise complètement de côté. Mes parents ne m’avaient pas envoyé en école religieuse, je n’avais pas fait ma «&nbsp;bat mitsvah&nbsp;». Le ciel m’est tombé sur la tête. J’ai téléphoné à beaucoup d’associations parisiennes, et j’ai été mis en relation avec l’association des Juifs et Juives de France, présidée par Serge Klarsfeld. J’ai demandé une entrevue, il m’a accueilli, m’a expliqué son travail. Et m’a demandé de faire une recherche dans les archives de l’Aveyron pour lui. Mais quand je suis arrivé aux archives départementales, la porte était difficilement ouvrable quand je prononçais le mot Juif. J’ai insisté, et j’ai découvert la quantité incroyable de documents concernant les Juifs. Je le dois au chef de la résistance en 1944, qui avait empêché la destruction à la fin de la guerre. J’ai commencé par curiosité à consulter ces archives. Ca a commencé en 1990-91-92. Puis j’ai créé avec trois amis une association, ADEMA (Association pour la Mémoire des Déportés Juifs de l’Aveyron). Le but essentiel est de transmettre au travers de plaques nominatives. Puis il y a quelques années, Serge Klarsfeld m’a dit que ce serait bien que j’écrive le parcours de chacun. Pour moi, qui ne suis pas un intellectuel, c’était difficile. Il m’a répondu «&nbsp;Tu connais l’alphabet, tu vas y arriver&nbsp;!&nbsp;» A partir de 2016, j’ai continué mes recherches dans toute la France et l’Europe, avec l’aide financière de mon association, et de dons, y compris d’associations juives et non juives et d’hommes politiques locaux. Cela a permis de couvrir tous les frais, de voyage, hébergement. J’ai recueilli environ 40.000 documents. Durant le premier confinement, j’ai commencé à écrire les parcours et je continue quotidiennement et inlassablement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12.jpg" alt="" class="wp-image-8354" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Que représente pour vous la découverte d’un nom supplémentaire&nbsp;? Comment réagissent les familles lorsque vous leur dévoilez l’identité d’un proche mort en déportation&nbsp;? Est-ce que des familles vous contactent pour vous demander d’effectuer des recherches&nbsp;?</em></p>



<p>C’est une bonne question. Chaque fois que je tombe sur un nom, j’ai un choc. Je me dis Encore un&nbsp;! Le pire est quand je tombe sur le nom d’un enfant. Il me faut un jour ou deux pour m’en remettre. En général, dès que j’ai la certitude, je fais tout pour me mettre en contact avec la famille. C’est assez difficile car quelques fois, les survivant.es ont changé de nom&nbsp;à travers 2 ou 3 générations. Grâce à certaines archives en Belgique, entre autres du Service des Victimes de la Guerre à Anderlecht, j’ai réussi à avoir des dossiers où il y a allusion à la personne qui demande les indemnités des déportés. Je me mets en relation avec eux. Je suis aussi en relation avec les Juifs qui ont réussi à survivre à la déportation. A chaque fois, c’est un soulagement de leur part, extraordinaire, vraiment extraordinaire. Car comme je l’ai vécu, les parents ont été généralement silencieux ou très vagues, sibyllins. Je leur apporte les documents, c’est un devoir. Ensuite nous gardons des relations. J’ai pu en revoir certains. Ils m’apportent quelques rares éléments. Grâce à ces recherches, on me connaît et certaines archives indiquent M. Massbaum en Aveyron aux personnes qui recherchent leurs origines. Ou cela vient de la mairie de Rodez ou de St Affrique. C’est ainsi que je trouve les contacts. Car parfois aussi, les noms se sont francisés.</p>



<p><em>Vous avez évoqué les plaques commémoratives posées en Aveyron par l’Association pour la Mémoire des Déportés Juifs de l’Aveyron. Combien de plaques ont été apposées&nbsp;? J’ai pu voir que vous les enrichissez régulièrement, pourquoi&nbsp;?</em></p>



<p>Il y a 8 plaques en Aveyron. Plus ou moins importante sur le village. La plus petite est à Entraygues, avec le peintre Weissberg, et un vieux monsieur arrêté le même jour. Les autres sont à St Affrique, Millau, Rodez, Nauviale, Espalion, Villefranche de Rouergue, Naucelle. Effectivement, suite à mes recherches, j’ai dû modifier les noms, souvent par homonymat. Hélas, parfois, il faut ajouter des noms, comme à Rodez et Millau. On va sans doute modifier un nom et ajouter deux noms sur la plaque d’Espalion.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15.jpg" alt="" class="wp-image-8356" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Comme vous l’avez fréquemment expliqué, vous avez souffert de l’anti sémitisme dès votre enfance. Estimez-vous aussi que l’anti sémitisme s’est accru dans les 10 dernières années&nbsp;? Est-ce également une motivation pour poursuivre ce travail de mémoire&nbsp;?</em></p>



<p>Dès que j’ai quitté le quartier du Marais, où j’étais né dans le 4<sup>ème</sup> arrondissement, j’ai découvert l’antisémitisme. D’abord de la part des enseignants. Un instituteur, puis un professeur. Puis dans ma vie militaire. Jamais dans ma vie professionnelle. J’ai découvert l’antisémitisme dans ma vie amicale. A travers un mot bien connu qui est l’antisionisme. Certains de mes copains en Aveyron étaient anti-sionistes. C’est un point de vue politique. Comme si on était anti-républicain parce que la France a colonisé la moitié du monde. Encore plus à partir des années 90 quand j’ai commencé à travailler sur l’histoire de l’Aveyron. J’ai entendu dire «&nbsp;C’était la guerre&nbsp;» ou encore «&nbsp;Il faut bien mourir un jour&nbsp;». Cela de gens intelligents et proches de ma pensée politique. J’ai connu l’antisémitisme. On m’a traité de sale juif. J’ai entendu dans un restaurant des ouvriers dire «&nbsp;Il n’y a pas de juifs dans le bâtiment, ils ne se salissent pas les mains.&nbsp;» Je suis venu leur montrer mes mains, et je leur ai dit «&nbsp;Ce sont les mains d’un ouvrier du bâtiment&nbsp;». Ils se sont excusés tout de suite. Ce que n’ont jamais fait les intellectuels de mes amis. Un jour, un ami, ou du moins je le croyais ami, est même venu me voir pour me dire «&nbsp;Simon, j’aimerais que tu me pardonnes d’avance, je suis antisémite, j’ai peur des Juifs&nbsp;». Tout cela vous remet à votre place, place que vous n’avez pas choisie. La chance que j’ai est que j’ai vécu dans une famille athée. La laïcité m’a construit et m’a donné les armes pour être vigilant.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6.jpg" alt="" class="wp-image-8361" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Dans ces dernières années, vous avez assisté à l’apparition de réactions hostiles lors de cérémonies commémoratives, comme en 2016 à Millau, où des manifestants contre la loi travail avaient perturbé la pose d’une plaque souvenir pour les juifs du Sud Aveyron. Est-ce que cette manifestation vous a surpris et choqué&nbsp;? Estimez-vous juste leur argument de refus que le ministre de l’intérieur, J. Cazeneuve, soit présent sur une telle commémoration&nbsp;?</em></p>



<p>Surpris, oui. Atterré, oui. Attristé, oui. J’ai été choqué de cette manifestation de la CGT, j’y ai été moi-même syndiqué. Les gens de ce syndicat, sous prétexte de profiter de la venue d’un Ministre, Cazeneuve, ont manifesté avec beaucoup de bruit. Au début de la cérémonie, je suis allé les voir pour leur demander pour qu’au moins pendant la chanson «&nbsp;Nuit et Brouillard&nbsp;», ils gardent le silence. Ils ont ricané et pendant la chanson, ils ont commis ce déshonneur. Ces gens-là ne font plus partie de ma sphère. D’autant qu’à l’endroit même où ils ont commis ça, c’était sous les fenêtres de deux jeunes résistants juifs qui avaient été arrêtés. Cela m’a profondément troublé, et chagriné à vie. La déception a été grande, sachant aussi qu’à la tête de ce syndicat, ils ont eu Krasucki, rescapé d’Auschwitz. La transmission ne s’est pas produite. Juste avant ou après, il y a aussi eu une manifestation à Paris, des «&nbsp;Gens en colère&nbsp;». Environ 10.000 personnes qui criaient devant les Juifs «&nbsp;La France n’est pas à toi&nbsp;». Je vais d’effondrement en effondrement. Ensuite, toutes les manifestations des Gilets jaunes. Avec cette agression contre le philosophe Finkielkraut, qui même s’il est de droite, ne mérite pas ce qu’on lui dit.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="532" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-532x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8353" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-532x1024.jpg 532w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-156x300.jpg 156w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-768x1477.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-799x1536.jpg 799w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-1065x2048.jpg 1065w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-scaled.jpg 1331w" sizes="(max-width: 532px) 100vw, 532px" /></figure></div>



<p><em>Ces dernières semaines, certaines personnes du mouvement hostile au Pass Sanitaire n’ont pas hésité à arborer des étoiles jaunes en estimant qu’elles seraient, elles aussi, désignées. Quelle réaction vous inspire cette attitude&nbsp;?</em></p>



<p>Cette évolution est historiquement prévisible. Ce qui se passe avec le vaccin était prévisible. A partir de 2014, beaucoup d’entre nous savions que les choses allaient progressivement se transformer. L’histoire nous montre que c’est toujours un climat social difficile, par désespoir de la population lassée par les partis politiques, et que la délégation ne fonctionne plus, que les Juifs, qu’ils soient riches ou pauvres, sont désignés. Beaucoup d’entre nous ne sont pas surpris, mais profondément attristés. Surtout de voir l’apathie de ceux qui devraient être extrêmement vigilants, et qui représentent la laïcité républicaine.</p>



<p><em>Vous avez évoqué Serge Klarsfeld, votre ami. Je pense qu’il a beaucoup compté dans votre parcours. A-t-il été une motivation pour votre engagement&nbsp;?</em></p>



<p>Pas dans mon engagement. Dans le soutien, oui. J’avais mon envie d’engagement dès 89. Par contre, n’étant pas un chercheur, ni un enseignant, je ne savais pas comment faire. Il m’a aidé, soutenu et encouragé. Lui, et un autre historien, qui est devenu un ami, Alexandre Duluth, qui n’est pas juif. Il a produit des ouvrages remarquables, très pédagogiques sur les parcours. Il me guide, me conseille. Ce sont deux hommes, un Juif, un non Juif, auxquels je rends hommage.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21.jpg" alt="" class="wp-image-8363" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous avez mentionné votre état d’esprit, votre tristesse. Est-ce que ces recherches absorbent votre vie au quotidien&nbsp;? Arrivez-vous à faire cohabiter deux sphères, celle des recherches, et celle de la vie personnelle&nbsp;?</em></p>



<p>Le travail que je fais est un travail inlassable. Quoi qu’il arrive&nbsp;! Je l’ai dit à mon épouse «&nbsp;Cela va durer de nombreuses années. Il est possible que je sois complètement pris&nbsp;». J’ai la contrainte de m’occuper de ma vieille maman. Mais dès que la minute le permet, je retourne dans mon bureau, dans un grenier à l’écart de tout. Ce qui se passe en-dehors confirme la crainte depuis longtemps. Il y a un proverbe juif inventé par un philosophe après la guerre qui dit «&nbsp;Les optimistes sont à Auschwitz&nbsp;». Je fais partie des pessimistes. Cela ne modifie pas la mission que je me suis donné, de réaliser cet ouvrage. Le climat social, le climat international sont lourds. La seule chose qui manque est un personnage didactique. Le seul où il sera là, homme ou femme, ce sera à craindre. Mais il manque encore…</p>



<p><strong>Entretien réalisé par Odile Baudrier à Rodez le 4 août 2021</strong> &#8211; <strong>Photos réalisées par Gilles Bertrand au Camp Auschwitz &#8211; Birkenau le 26 juillet</strong></p>



<h5 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>LES RAFLES DES JUIFS EN AVEYRON par Simon Maussbam</strong></h5>



<p>Le 5 août 1942, le recensement des Juifs compte 899 juifs, étrangers et français, et environ 400 ont été déportés. Les rafles en Aveyron correspondent aux grandes rafles du Sud-Est. La première rafle des juifs étrangers s’est déroulée le <strong>26 août 1942</strong>, dans tout le sud de la France. Selon un accord entre Bousquet et le régime nazi, avec l’objectif de rafler 10.000 Juifs. Ils n’ont raflé que 6000. En Aveyron, dans une soixantaine de villages et villes, un peu plus de 200 Juifs ont été arrêtés : 185 ont été internés au camp de Rivesaltes, et ont été l&#8217;objet d&#8217;un &#8220;tri&#8221;. Cela en application des décisions de la commission de criblage, présente dans tous les départements, regroupant des officiels locaux, avec ou pas des représentants des Nazis. En Aveyron, il n’y avait que des autorités du département. La commission constatait si les personnes arrêtées correspondaient aux exemptions. Par exemple, on n’arrêtait pas les enfants de moins de 6 ans, les Français… cette commission faisait le tri. Ensuite, ce sont environ 145 personnes qui ont été déportées, avec femmes et enfants. C’était la première fois dans le Sud de la France (après Paris en juillet) que les femmes et enfants étaient arrêtées. Avant, seuls les hommes étaient arrêtés. D’où une certaine naïveté. En Aveyron, comme ailleurs, à la rumeur de cette rafle, les hommes s’étaient cachés. Ils se sont ensuite livrés, pour accompagner leur famille. Sur les 200 arrêtés, 145 ont été déportés et 11 sont revenus. Pour cette rafle, Rodez a été peu touchée. Peut-être parce que les autorités françaises ont craint un retentissement néfaste de la rafle dans cette ville très catholique.</p>



<p>A partir de ce moment-là, beaucoup de personnes se sont organisées pour cacher des Juifs. C’est aussi le côté magnifique de cette période sombre. Car non, tous les Français n’étaient pas des salauds. Toutefois l’Aveyron a la malchance d’être dirigée par un Préfet, Charles Marion, ancien militaire, collaborateur zélé et antisémite notoire. Il fait la chasse aux Juifs jusqu’en octobre 1942, avec l’aide des gendarmes. Dans les jours suivant cette rafle, des personnes réagissent, s’étonnent que des familles entières aient été raflées, à Millau, Villefranche de Rouergue, Decazeville, dans des petits villages.</p>



<p>Le <strong>11 novembre 1942</strong>, après le débarquement en Afrique, les Allemands envahissent toute la zone libre, qui devient zone sud. Tous les Juifs qui vivent sur une bande de 3 km sur la Méditerranée doivent être expulsés vers 4-5 départements à l’intérieur, dont l’Aveyron. Fin 1942, environ 150 juifs arrivent en Aveyron, puis seront transférés plus tard, vers le Cantal. Ils servent de stock aux autorités françaises et occupantes, en cas de manque de Juifs dans d’autres convois. Début janvier 43, ils arrivent en Aveyron, par le train.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23.jpg" alt="" class="wp-image-8367" width="500" height="375" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure></div>



<p>Puis entre le <strong>15 et le 20 février 1943</strong>, dans tout le sud de la France, environ 80 Juifs, seulement des hommes, sont raflés. Ceci suite à un attentat à Paris contre des gradés SS abattus par la Résistance. Il est prévu l’arrestation de 2000 juifs en représailles, avec la complicité du gouvernement de Vichy. Jusqu’en novembre 1942, il n’y a aucun Allemand dans le Sud de la France, et en Aveyron. A nouveau, les rafles sont faites par les gendarmes français, sur ordre du Préfet Marion. Ils seront tous envoyés dans un camp situé dans les Basses Pyrénées, à Gurs, puis à Drancy. Puis dans deux convois, 50 et 51, les 4 et 6 mars 1943, à Maïdanek au sud de la Pologne, et exterminés à Sabibore.</p>



<p>Puis entre 42 et 43, ces hommes font partie de GTE, groupement de travailleurs étrangers. Ils partent à droite, à gauche selon les besoins de l’économie. A noter que beaucoup d’agriculteurs ont fait de fausses déclarations pour garder ces hommes en exagérant leurs capacités. Egalement, des médecins, sauf un, ont fait de faux certificats médicaux, car les gens malades et contagieux n’étaient pas raflés.</p>



<p>La dernière rafle aura lieu en <strong>avril 1944,</strong> exclusivement à Rodez. Elle concerne des juifs français, venus de Paris rejoindre leur famille. Environ 40 sont arrêtés, et enfermés à la Caserne Burloup, devenue l’Université Champollion. Certains sont tabassés, torturés, avec une seule question Ou se trouve votre argent&nbsp;? Ils ont été arrêtés par la Milice accompagnée de la Gestapo allemande, grâce au fichier constitué par le Préfet Marion. C’est à cause du travail minutieux de la Préfecture et des commissariats que la Gestapo a pu arrêter ces 38 personnes, y compris des enfants, les sœurs Blum au sein même de l’école. Toutes ont été déportées dans les convois 73 et 74. Une partie est partie en Estonie et en Lituanie. Toutes sont quasiment mortes dans des conditions atroces, sauf les plus jeunes d’entre elles. Madame Herzog, Jeanine Blum, et trois autres.</p>



<p>En tout, en Aveyron, 33 hommes, jeunes enfants, sont revenus de la déportation.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27.jpg" alt="" class="wp-image-8365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LOLA CROS, journaliste passionnée par la ruralité de l&#8217;Aveyron</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/05/24/lola-cros-journaliste-passionnee-par-la-ruralite-de-laveyron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 May 2021 12:28:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Lola Cros a fait un choix osé, devenir journaliste indépendante, en créant FINTA !, podcast novateur, pour démontrer le dynamisme de l’Aveyron, et dévoiler des parcours sources d’inspiration. En continuité de cet engagement pour le territoire, elle est devenue récemment la collaboratrice parlementaire du député Stéphane Mazars.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">LOLA CROS, journaliste passionnée par la ruralité DE L&#8217;Aveyron</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Lola Cros a fait un choix osé, à 27 ans seulement, de devenir une journaliste indépendante, en créant FINTA&nbsp;!&nbsp;», un podcast novateur dédié à la ruralité. Depuis quelques mois, la Ruthénoise a tendu son micro à quelques personnes remarquables de l’Aveyron, avec un credo simple, celui de démontrer le dynamisme du département, et de dévoiler des parcours sources d’inspiration. En continuité de cette volonté de s’engager pour le territoire, cette jeune femme curieuse et enthousiaste a accepté récemment de devenir la collaboratrice parlementaire du député Stéphane Mazars, rencontré pour un podcast.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6.jpg" alt="" class="wp-image-8191" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Odile Baudrier&nbsp;: Je voudrais revenir sur ton parcours, qui t’a orientée vers le métier de journaliste indépendante et spécialisée dans le domaine du podcast, un média en grande émergence actuellement. Et ensuite, l’autre question sera celle de savoir pourquoi avoir choisi de travailler exclusivement sur l’Aveyron.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Pour moi, ce n’est pas une vocation d’être devenue journaliste. Ce n’est pas un rêve d’enfant. Je ne l’avais pas forcément tracé ou imaginé. Je crois que j’avais peu idée de ce qu’était le métier de journaliste avant mes 18 ans, mon bac et mes études supérieures. J’ai commencé une licence de sociologie sans trop savoir où j’allais, j’étais intéressée par plein de choses. Ce qui m’a amené au journalisme, c’est un petit stage après ma première année d’études, à Centre Presse. J’ai fait un mois de stage, puis je suis repartie à Londres pour un an. Ils m’ont rappelée pour me proposer un contrat d’alternant. Ils m’ouvraient les portes d’une école spécialisée à Paris, et en même temps, je travaillais sur le terrain. J’avais 20 ans, je n’avais pas fini mes études, j’étais câblée pour faire des études longues. Mais j’ai accepté, j’ai fait deux ans d’étude en alternance avec eux, puis ils m’ont embauchée. Je me suis retrouvée dans le métier, sans l’avoir trop imaginé. Je ne crois pas que j’aurais aimé ce métier si j’avais fait un cursus classique, une école de 5 ans. D’autant plus qu’il y a un truc à Paris, un aspect «&nbsp;hors sol&nbsp;», que je n’aimais pas du tout. Mais j’ai adoré d’apprendre en étant vraiment sur le terrain, en faisant un réseau. Et j’ai adoré le faire en Aveyron. Mais je n’ai pas adoré de grands journalistes, je n’avais pas un rapport fanatique à ce métier, je ne l’ai pas idéalisé non plus. Je l’ai découvert en commençant au CFPJ. J’étais la plus jeune de la promo, j’avais 19 ans, et les autres avaient entre 25 et 32 ans, ils avaient des expériences dans la presse, des masters et compagnie, ils allaient entrer dans la vie active. Alors que pour moi, c’est le début de mes études. Il y avait un décalage, ils avaient une grosse culture métier. J’ai été impressionnée de découvrir ce métier-là, mais je ne l’ai pas aimé à Paris. J’ai adoré faire ce métier en Aveyron. J’ai construit l’attachement pour le territoire. Il y a cette manière de regarder les territoires d’en haut, depuis Paris. Et de Paris, on va te faire l’actualité en province. Je n’avais pas du tout envie de laisser cette place-là aux journalistes parisiens. Moi, je voulais être sur le terrain, le faire en Aveyron et pas de loin.</p>



<p><em>Qu’est-ce qui provoque la rupture qui te pousse à décider de voler de tes propres ailes, après une expérience à Midi Libre Millau&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>C’est vraiment une rupture sociale. C’est la convergence de plein de tendances qui traversent le journalisme. Surtout la défiance. J’ai eu beaucoup de mal à l’accepter alors que tu essaies de faire le métier de la manière la plus honnête, et que tu te retrouves face à des critiques permanentes. C’était au moment des gilets jaunes. Il y avait eu des manifestations dures, on se fait confronter, on se fait insulter sur les réseaux sociaux, ça continue sur nos réseaux sociaux privés. Il y a une grosse pression des lecteurs, dure à gérer. Il y a aussi une grosse pression de la hiérarchie, des groupes, dans un moment où il y a moins de lecteurs, moins d’annonceurs. Il y a une crise économique qui te rappelle tous les jours que tu coûtes trop cher à ton journal. En même temps, ton lecteur te pense manipulée. Alors que le métier, tu l’aimes. Je me sentais prise entre ces deux tendances. Pour moi, la solution était la clef des champs. Il fallait que je m’en sorte. J’avais 25 ans. Je ne voulais pas faire ce métier coûte que coûte. L’idée a été pourquoi ne pas passer par l’indépendance et la pige. Je suis partie à Toulouse, j’ai travaillé à la pige pour différentes rédactions.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="674" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1.jpg" alt="" class="wp-image-8192" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1-768x518.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Ensuite comment est venue l’idée de te lancer dans le podcast FINTA&nbsp;!&nbsp;? Car même si tu as été formée multi canal, tu étais plus une journaliste de presse écrite, à Centre Presse, puis Midi Libre.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>L’idée est venue d’un magazine, qui avait été lancé par deux étudiants de l’Aveyron. C’était un annuel, ils ne voulaient plus le gérer, ils me l’ont proposé. Je suis partie de Midi Libre avec ce projet dans les cartons. J’ai été dans un incubateur à Toulouse, pour essayer de le monter. Mais au bout de 3-4 mois, je comprends que c’est trop loin de mon métier de journaliste. La partie gestion, montage financier, je n’y comprends rien, cela ne m’intéresse pas trop. Le confinement arrive à ce moment-là. Je me dis que je ne vais pas partir sur un média écrit, qui est cher à produire. Et je convertis tout mon matériau dans l’idée du podcast. Pour plusieurs raisons. Je suis une grosse consommatrice de podcasts. Et dans l’esprit de la défiance envers les journalistes, j’avais des agriculteurs qui m’avaient demandé de lire leurs propos avant de les publier. C’est quelque chose auquel on est habitués avec des politiques, des communicants rôdés à gérer leur image, mais venant d’agriculteurs, cela m’avait travaillé. J’étais repartie en me demandant comment ils accepteraient de témoigner sans avoir peur d’être manipulé. C’était l’idée de donner à entendre les gens sans être un filtre. Une journaliste de presse écrite digère la matière donnée pour la remettre en forme. Cette étape-là est subjective. Alors comment réconcilier toutes ces parties&nbsp;? Je me suis dit que par l’oral, c’était bien. On voit dans les enquêtes d’opinion que c’est un média apprécié car il est proche, authentique, intime. J’ai pensé que c’était un média à aller chercher. Et aussi parce qu’en Aveyron, beaucoup de choses passent par l’oralité. Sur des sujets, on manque parfois d’archives écrites. A la croisée de toutes ces réflexions, j’ai pensé qu’un podcast rural pouvait être un défi. Car le podcast est plutôt un média urbain, consommé en ville par des jeunes. Je l’ai transformé en média de ruralité.</p>



<p><em>Obtiens-tu de bons scores&nbsp;sur tes podcasts&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Je n’ai pas trop d’éléments pour comparer. J’ai environ 1200 à 1500 écoutes par moi. Une fois que j’ai dit ça, je ne sais pas trop ce que ça représente. En moyenne, 600 écoutes par épisode. Cela paraît tout petit. Mais parfois, j’imagine 600 personnes dans une salle en train d’écouter un concert ou autre, je trouve que c’est pas mal. Surtout que le podcast est un média que tu vas chercher, à un moment où tu es disponible. C’est une écoute attentive. Ce n’est pas comme la radio qui traîne en fond dans la cuisine. Ce sont 600 personnes qui choisissent de venir, et qui reviennent ensuite. Je suis plutôt contente.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7.jpg" alt="" class="wp-image-8193" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Avec le gantier Olivier Fabre, pour un futur podcast</figcaption></figure></div>



<p><em>Tu as choisi des profils très différents depuis la création de Finta&nbsp;!, avec Cinthia Born, Jérémy Bismuth, Vincent Benoît, Véronique Bras, Sébastien Gache, Stéphane Mazars, Emilie Vialettes. Puis récemment, tu as publié un Hors série, dédié aux «&nbsp;50 ans du Larzac&nbsp;». Ta baseline est «&nbsp;Exporer. Inspirer. S’engager&nbsp;». A travers tes portraits, ta démarche apparaît de positiver sur des gens engagés.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>En fait, j’ai envie de donner envie à des gens de s’engager sur le territoire. De donner des modèles. &nbsp;D’aller chercher des engagements qui habitent l’Aveyron. Pour donner des envies d’engagement, des inspirations. C’est ce qui rythme tous les entretiens. Aller chercher une parole inspirante. Et sur le Larzac, c’est un engagement riche. Il y avait une envie presque pédagogique d’expliquer cette lutte. Je me suis rendue compte que dans ma génération, et encore plus à Rodez où je vis, elle était moins connue. Alors qu’elle est porteuse de réflexion&nbsp;: je pense aux circuits courts, à l’écologie, à l’idée de remettre de la solidarité entre voisins pour se nourrir. Ce sont des problématiques qu’on entend beaucoup aujourd’hui. Pour moi, c’est un discours actuel que le Larzac a contribué à amorcer dans les années 70. Il y a une actualité qui mérite qu’on en parle, ce n’est pas pour aller dépoussiérer de vieux dossiers qui n’ont que peu d’impacts aujourd’hui. C’est d’éclairer aujourd’hui et demain à l’aune de ce passé-là, et montrer l’engagement. Moi, j’ai l’impression d’avoir manqué de modèles en Aveyron. J’ai eu l’impression que pour réussir ma vie, il fallait que je parte de l’Aveyron. Que si tu voulais être dans le coup, dans la tendance, à la pointe des nouvelles technologiques, il fallait être en ville. J’ai l’impression d’avoir grandi avec ça. Mais au-delà de l’exode urbain dont on parle actuellement, il y a déjà plein de gens qui ont fait le choix ici de vivre, de s’engager, et peut-être qu’on ne les connaît pas. Alors qu’il suffit de leur donner la parole pour donner envie à une génération des 20-30 ans, de revenir en Aveyron après leurs études. On m’a trop dit que les gens qui restaient en Aveyron était ceux qui n’avaient pas eu d’autre choix que d’y rester, par manque d’ambition, et qu’ils tombent dans un schéma plan plan.</p>



<p><em>Et toi, tu veux t’inscrire en faux sur cette idée&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Oui. Car je me base sur tous mes reportages sur le terrain pendant 7-8 ans comme journaliste de presse écrite. Tous les gens que je croisais sur le terrain me montraient que cette image était fausse, mais qu’il suffisait peut-être de le dire. C’est un peu la complémentarité entre savoir-faire et faire savoir. En Aveyron, on répète souvent «&nbsp;vivons heureux, vivons cachés&nbsp;». Mais il va peut-être falloir s’exprimer, donner des modèles pour impulser une dynamique commune. C’est peut-être utopiste de dire ça. Mais je veux faire savoir, défricher, pousser des portes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2.jpg" alt="" class="wp-image-8194" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Tu disais que tu n’aurais pas pu faire ce métier ailleurs qu’en Aveyron. Tu as essayé à Toulouse et ça ne t’a pas plu.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>A Toulouse, c’était essentiellement de la pige, pour Média Cité. De l’investigation locale, politique. J’ai fait très peu de piges à Toulouse, je n’ai pas mon réseau, je n’ai pas trouvé des sujets, et en plus dans une période covid, où la vie fonctionne différemment. Je n’ai rien trouvé dans mon regard d’intéressant à apporter en plus que ce que font les autres journalistes à Toulouse. Alors qu’en Aveyron, il n’y a pas beaucoup de journalistes, et je trouve qu’il y a un terrain de jeu tellement vaste que c’est ici que j’ai envie de m’amuser.</p>



<p><em>Finta n’est pas un média qui te rapporte sur le plan financier pour le moment. Tu travailles en parallèle pour des piges. Pour quels médias&nbsp;? Sur quels thèmes&nbsp;? Est-ce que ça colle parfois avec Finta ou bien est-ce vraiment dissocié ?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>L’idée est d’arriver à trouver des sujets communs. Là, j’ai passé beaucoup de temps sur le Larzac pour Finta. J’ai pensé mon travail de terrain pour Finta, mais il m’a permis de vendre une pige pour le Monde, qui sortira en mai. Essayer de faire se répondre un même travail dans différents médias, je trouve que c’est intéressant. Même si c’est difficile car tu ne parles pas du Larzac en Aveyron, comme tu parles du Larzac aux lecteurs du Monde. Il y a un équilibre à trouver. J’essaie d’utiliser la matière pour différents canaux. Je travaille encore beaucoup pour le groupe Dépêche, pour des suppléments thématiques, agriculture, économie, des portraits d’Aveyronnais expatriés. Pour le Monde occasionnellement, pour des sujets ruraux. Et à Toulouse, Media Cité, et dernièrement sur Street Press pour des procès judiciaires.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="651" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9.jpg" alt="" class="wp-image-8195" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9-300x195.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9-768x500.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Est-ce que le Podcast, qui est basé sur une interview et un axe positif de la personne, ne trouve-t-il pas la limite de l’absence de contradiction sur la personne car ce n’est pas toujours facile en vis-à-vis de s’opposer&nbsp;? Réfléchis-tu aussi à cet aspect-là&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Oui, car j’ai eu du mal à accepter le côté qui peut paraître un peu gnan-gnan, de «&nbsp;Tu es inspirant, est-ce que je peux venir te poser des questions&nbsp;?&nbsp;» Il y a un côté léger que j’assume à moitié. Il y a des jours où j’assume très bien, et les retours sont plutôt positifs, les gens ont envie d’entendre quelque chose de positif et inspirant. Moi, je ne l’assume pas toujours. Je trouve que ça manque parfois de répartie et de contradiction. Mais je ne n’ai jamais été quelqu’un de rentre-dedans. C’est souvent le cas dans l’interview politique. Si tu vas direct contre la personne, tu n’obtiens rien. Je n’ai pas forcément envie d’être dans la contradiction et de pousser les gens dans leurs retranchements. J’ai beaucoup réfléchi à cette question. J’assume que dans Finta, je vais voir une personne, avec ses limites de personne, pour comprendre comment son environnement affectif a contribué à son engagement. C’est la construction d’un parcours qui m’intéresse, sa vie très personnelle. Et un moyen de s’identifier. Je me suis posée la question pour un épisode sur l’agriculture, je crois, d’arriver avec des chiffres à opposer à mon invité s’il me donne des chiffres différents. Je n’ai pas envie d’aller dans une confrontation de chiffres, un peu énervés, un peu froids. Par contre, je ne veux pas tout laisser passer. Sur Le Larzac, sur la SCTL, c’est un exemple vertueux, qui donne à réfléchir, mais qui est aussi critiqué en interne et en Aveyron. Je ne me suis pas gênée pour poser la question à Solveig Letort sur ces critiques d’un manque de transparence. J’ai donné la possibilité à Solveig de s’exprimer sur les critiques. Ok, j’aurais pu aller bien plus loin mais ce n’est pas mon approche.</p>



<p><em>Tu as eu une reconnaissance rapide de Finta&nbsp;! Avec une présentation dans «&nbsp;Carnets de Voyage&nbsp;», l’émission de France Inter, et «&nbsp;Elles font l’Occitanie&nbsp;», de la région Occitanie après seulement 6 mois de diffusion. Est-ce une satisfaction&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Je suis super contente du retour. Les médias locaux reconnaissent que j’apporte quelque chose d’autre par rapport à ce qui existe. C’est l’idée que je voulais. Je ne voulais pas prendre la place, ou venir en redite à la presse locale. Je voulais apporter autre chose. Moi, avec Finta&nbsp;!, je touche les 25-35 ans, une cible difficile à toucher pour la presse locale. J’ai réussi à prendre une petite place dans l’éco système local. Cela participe de la reconnaissance. J’ai été ravie que France Inter fasse un petit zoom sur moi. Plein de plateformes conseillent des podcasts, et je suis souvent citée pour les territoires ruraux. Cela va bien avec l’ambiance politique globale où il faut redorer les territoires.</p>



<p><em>C’est un média que tu produis seule. Est-ce facile d’être une rédaction à toi toute seule, et d’être isolée&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Je suis partagée. Le collectif me manque souvent. Même si je suis partie de Midi Libre avec presque une horreur du collectif. J’ai besoin d’être indépendante. Mais je me pose surtout la question de la pertinence de choisir, faire et monter des sujets seule. Je n’hésite pas à confronter mes idées. J’ai un ingénieur du son qui me mixe les épisodes, il a un regard intéressant. Il me confronte parfois sur la forme. Et j’ai aussi beaucoup de retours sur les réseaux sociaux, des gens m’écrivent, me donnent des idées, me disent Bof sur tel épisode. Quand j’ai sorti l’épisode sur Stéphane Mazars, on m’a écrit qu’on ne voulait pas voir de la politique sur Finta. Je l’entends. Ces retours-là me font sortir de ma solitude. Mais je suis partagée, car c’est un média personnel aussi. Je me suis demandée si Finta pouvait être un collectif. Mais je ne me vois pas donner le montage à quelqu’un. Par contre, dans la partie réflexion des sujets en amont, j’ai pensé à un petit groupe, qui pourrait faire évoluer Finta. Une petite bulle d’échanges serait sympa.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3.jpg" alt="" class="wp-image-8196" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Tu parles de l’épisode sur Stéphane Mazars. Et finalement cet épisode a provoqué une réorientation, je ne sais pas si elle est provisoire ou définitive, de ta vie. Avec le fait de devenir sa collaboratrice parlementaire. Est-ce une option que tu avais envisagée ou qui s’est improvisée dans ta vie&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Ce n’était pas du tout prévu. Je ne suis pas du tout attirée par la politique politicienne. Quand j’ai sorti l’épisode, Stéphane Mazars m’a demandé de passer le voir, et m’a proposé ce poste de collaborateur parlementaire. Des journalistes qui basculent dans la communication ou politique, on en connaît d’autres, et je n’avais pas du tout envie d’en faire partie. Mais cela a piqué ma curiosité. Je trouve que c’est dans la droite ligne de l’engagement que j’ai envie d’avoir pour le territoire. Avec Finta, il y a un engagement pour la ruralité. Ce que me propose Stéphane Mazars, c’est toute la partie communication, et au-delà, d’être ses yeux sur le territoire. Faire le lien entre son travail de parlementaire à Paris et son travail de terrain en Aveyron. Recevoir les gens qui veulent le voir, préparer les dossiers pour lui, sentir des tendances, des signaux faibles qui traversent le territoire et donc le député a besoin de se saisir. Je trouve que c’est dans la droite ligne de ce que je fais déjà comme journaliste. Le travail de terrain et défricher des sujets, c’est mon métier. L’idée que je mets toute cette matière sur son bureau, et que lui l’utilise pour son travail politique me convient. La politique fait partie de ces thématiques qu’on critique beaucoup. Il y a une défiance à l’encontre des politiques, que je trouve inquiétante. Je n’ai pas envie de me résoudre à cette défiance envers les politiques, les journalistes, les élites. Donc je me suis dis OK. Je ne crois pas que je ferai une carrière politique derrière. Je ne veux pas dire Jamais, car je ne sais pas de quoi demain sera fait. Je suis plutôt à suivre les opportunités, qu’à avoir un plan de carrière. En tout cas, ça m’intéresse de voir la politique de l’intérieur.</p>



<p><em>Sauf erreur, Stphane Mazars avait voté en faveur de la poursuite de l’utilisation des glyphosates. Tes choix de sujets te montrent plutôt engagée sur le plan de l’écologie. Est-ce que ce point pourrait achopper entre vous&nbsp;? L’as-tu questionné sur ça&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>J’ai commencé sur les chapeaux de roue. On n’a pas pris le temps de parler de ces sujets. Il est clair que je ne suis pas militante, pas encartée, et je ne partage pas toutes les idées de la majorité. Je me retrouve avec lui sur les envies un peu progressistes, et d’ancrage sur le territoire. Toutes les idées sur le territoire, on s’y retrouve. Sur les glyphosates, il a un discours plus pédagogique, il n’est pas forcément à l’aise. C’est un compromis entre le terrain, la nécessité de légiférer au niveau national alors qu’il y a des problématiques très aveyronnaises. Les problèmes autour de la PAC arrivent, elle sera bénéfique pour plein d’agriculteurs, mais pour ceux en zone montagne, elle sera catastrophique. Est-ce que ce sont les intérêts nationaux ou de ton territoire qui prennent le dessus dans ces cas-là&nbsp;? Je n’ai pas envie de tomber dans une approche manichéenne de la politique, car je ne maîtrise pas bien tous les sujets. Je n’ai pas envie d’être dans la confrontation. Et je trouve que Stéphane Mazars est dans cette optique-là. Je sais que sur les glyphosates, nous sommes d’accord qu’ils ne sont pas l’avenir de l’agriculture. Moi, je ne me gênerai pas pour lui dire les points où nous ne sommes pas d’accord. D’ailleurs, il l’attend, il me l’a clairement dit. Il ne cherche pas des petits soldats qui exécutent. Nous ne sommes pas ses secrétaires. Nous sommes là pour aller au fond des sujets avec lui. Mais son jeu politique lui appartient.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-8198" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-1024x685.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-768x513.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-1536x1027.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5.jpg 1994w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>As-tu eu la crainte de l’avenir de Finta en acceptant cette proposition&nbsp;d’une fonction politique, même si tu n’es pas encartée&nbsp;? As-tu réfléchi à la poursuite de ton projet&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Oui. Cela a été clair avec lui, je lui ai demandé si c’était compatible, car il n’était pas question d’arrêter Finta. Je travaille à temps partiel pour lui. Moi, je voulais que ce soit compatible. Mais j’ai un peu peur que les gens pensent que je choisis les invités par rapport à l’action politique de Stéphane Mazars. J’espère que ce ne sera pas le cas. Après, la politique, elle est dans tous les sujets. Si je vais voir un agriculteur, un artisan, il y a toujours quelque chose qui va chercher la politique. Je ne m’interdirai pas de donner la parole à des personnes avec des idées opposées à lui. Là, je vais finir la saison de Finta avec José Bové, et ils ne sont pas en phase. Je ne vais pas m’interdire d’aller voir des gens. Mais je veux aussi être loyale. Il faut que ce soit transparent pour les auditeurs. J’ai encore des piges à paraître en mai. Mais je vais arrêter la pige pendant que je suis attachée parlementaire. Il n’est pas question que j’écrive pour Centre Presse dans cette période. Je veux être transparente</p>



<p><em>D’autant plus qu’il y a une échéance électorale proche avec la campagne des régionales.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Il y a une échéance pour Stéphane Mazars. Mais l’équipe parlementaire n’est pas associée à la campagne. On n’a pas le droit de travailler pour sa campagne.</p>



<p><em>L’expérience prouve que le monde journalistique et politique évolue souvent ensemble, et que beaucoup de journalistes sont passés du côté de la politique. Cela t’avait-il inspirée&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Non, cela m’avait plutôt fait peur. J’avais plutôt l’image de journalistes en fin de carrière qui trouvent une voie dans des cabinets politiques. Moi, cela ne me faisait pas rêver. Et je pense d’ailleurs que cette proximité participe de cette défiance envers le journaliste et envers le politique. Je ne suis pas super à l’aise d’en faire partie. Mais à la fois, je trouve que le travail est assez proche de celui d’un journaliste en local. Les dossiers traités comme journaliste sont aussi ceux qui sont sur le bureau du député. Je me pose beaucoup de questions sur le métier de journaliste. Est-ce que couvrir la PAC dans les journaux suffit ou est-ce seulement poser des questions sur des choses où on n’a aucune prise&nbsp;? Avec le même dossier auprès du député, je vais peut-être voir ce qui se joue dans les cercles de décision, et pas seulement commenter. J’ai envie de découvrir l’autre aspect. Je suis sûrement naïve. C’est ma curiosité qui m’a amenée là.</p>



<p><em>Et sans doute aussi l’amour de l’Aveyron&nbsp;? Pour lui, comme pour toi, l’envie de montrer que ce département est riche, qu’on y agit.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>C’est une ligne qu’on a en commun, la plus solide. C’est sûrement ce qui nous rapproche le plus. L’idée de faire avancer le département, d’en être fiers, de lui donner une voix au chapitre. D’incarner une ruralité qui en veut, dans sa spécificité. Je suis attachée à dire que la ruralité n’est pas en retard sur les villes. Elle existe différemment. C’est ce qui me guide. Et Stéphane Mazars est quelqu’un de consensuel, il n’est pas agressif ou clivant.</p>



<p><em>Tu termines chaque podcast par la même question posée à tous tes invités. Je vais donc te poser moi aussi cette question&nbsp;: «&nbsp;En quoi tu crois&nbsp;?&nbsp;»</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Elle est dure, cette question&nbsp;! Moi, je crois à une forme de solidarité, en une échelle humaine pour tout. Je pense qu’à partir du moment où on connaît les gens autour de nous, qu’on sait qui va payer le prix de notre action, de notre choix, c’est aussi valable pour le journaliste qu’on va croiser la personne demain, pour le politique, qui va impacter sur son voisin. Quand on est connectés, cela remet du bon sens, de la solidarité, du respect dans les relations. Le fait de tout libéraliser, de voir qu’on évolue dans un monde immense, fait qu’on n’en vient à plus se soucier de celui qui est à côté de nous. Moi, je crois à plus de connexions pour aller vers plus de vertu. Je suis un peu bisounours. Mais je n’ai pas envie de me changer pour faire croire que je suis un roc. J’ai envie de garder cette naïveté. Je n’ai pas envie de me résigner. Il y a plein de sujets qui me révoltent dans la société, plein de sujets où j’ai envie de m’engager. Même si c’est trop gros. Je crois beaucoup à l’échelon local pour mettre de la vertu, et faire les choses en grand. J’ai souvent l’image d’un puzzle où chacun vit sa vie, et est aussi imbriqué aux autres. C’est une image qui me suit. Je crois en l’échelle locale qui est forcément responsabilisante.</p>



<p>Entretien réalisé par<strong> Odile Baudrier </strong></p>



<p>Photos réalisées par <strong>Gilles Bertrand </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Millau, comment retrouver la liberté ?</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/03/19/millau-comment-retrouver-la-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Mar 2021 11:29:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
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		<category><![CDATA[Culture essentielle]]></category>
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		<category><![CDATA[Maison du Peuple Occupée]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
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					<description><![CDATA[Les Boudeuses, Le Retour d’Ulysse, le Plus Petit Espace Possible, trois compagnies installées dans le sud Aveyron. Pour les représenter, Maeva, Justine et Séverine, trois comédiennes, autrices et metteuses en scène aujourd’hui sur le front de la lutte pour reconquérir ces lieux d’expression culturelle. Rencontre au cœur d’une agora créée à la Maison du Peuple de Millau occupée par une coordination  des luttes sociales.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-7.jpg" alt="" class="wp-image-7800" width="1160" height="760"/></figure></div>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #22228a;">MILLAU, COMMENT RETROUVER LE CHEMIN DE LA LIBERTE</span> ?</h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color: #22228a;"><strong>Les Boudeuses, Le Retour d’Ulysse, le Plus Petit Espace Possible, trois compagnies installées dans le sud Aveyron. Pour les représenter, Maeva, Justine et Séverine, trois comédiennes, autrices et metteuses en scène aujourd’hui sur le front de la lutte pour reconquérir leurs lieux d’expression culturelle. Rencontre au cœur d’une agora créée à la Maison du Peuple de Millau occupée par une coordination &nbsp;des luttes sociales.</strong></span></p>



<p></p>



<p>Le vent du nord se moque bien de nous. Il descend du Lévezou, à fond. Il dévale la République, à fond. Il s’enroule dans le Mandarous en rond. Puis il hésite, pas bien longtemps, La Capelle ou la rue du Mandarous&nbsp;? Vas-y pour la rue piétonne, à cette heure ci, ça ronronne. Là, personne ne l’emmerde. Vent de révolte, vent désinvolte, il prend de la puissance, il bute sur les Halles, il passe en force, place Foch, pour finir en sifflant la meute rue Pasteur, sans peur et sans reproche. Là, au passage, il balaye les banderoles, les coins s’envolent, s’enroulent, la toile noire claque au vent. Il est 8 heures du mat et la Maison du Peuple s’éveille.</p>



<p>Dehors, sur le parvis, ça parle. Je salue Benoît, je ne le dérange pas. J’entends un nom «Gazel». Je pense «ah tiens, sa venue est donc prévue&nbsp;?».Je pousse la porte, je longe le bar. Quelques têtes connues, ça parle. Au fond, coin gauche, pas loin du grand rideau noir, ça parle. Au centre, une table ronde, ça parle. J’hésite à me faufiler. J’ai besoin de repères, je tourne sur mes talons, une jeune femme se précipite sur moi. Elle est grande, les cheveux redressés, petit chignon tressé vite fait au sommet. Pantalon jaune, pull noir, à droite un badge, je lis les Boudeuses. C’est pratique, les présentations sont presque faites. On s’assoie l’un en face de l’autre et on parle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-20.jpg" alt="" class="wp-image-7813" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-21.jpg" alt="" class="wp-image-7814" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Maeva est de la compagnie les Boudeuses. Les Boudeuses, c’est du théâtre de rue, c’est de la criée publique, de la criée populaire et participative, jouissive et incisive. Ca se joue à pleine voix et gorges profondes, avec prestance, à la lame de rasoir parfois, au balai brosse souvent pour pousser du manche toutes les méchancetés de ce bas monde. C’est parfois rocambolesque et croquignolesque lorsque&nbsp;«Josiane et Chantal» dans le style «Catherine et Liliane» jouent à carton plein et guichets fermés. Parfois ça glisse, parfois ça rentre au chausse-pied. C’est du quotidien, du près de chez soi, des gens d’ici et de l’autre côté de la rue, du politique, du féminisme et de l’écologie avec ou sans poésie mais avec des mots pour lutter contre les maux. Ca déplaît et on se sauve, ça plaît et on s’incruste, alors on participe, on met la main au panier en osier et on rigole un bon coup.</p>



<p>Cette compagnie purement aveyronnaise compte sept boudeuses, des curieuses et des gouailleuses. Aujourd’hui, dans ce hall d’accueil de la Maison du Peuple occupé, Maeva est très sérieuse «nous, habituellement, on joue beaucoup et nous avons beaucoup de chance. Mais là, nous avons annulé 83 représentations». Alors Maeva, Elodie, Claire-Pomme et Marion ont remisé perruques, grosses lunettes et robes rose bonbon pour «découvrir la sédentarité» explique ma metteuse en scène «car nous n’étions jamais chez nous». Le chez nous, c’est ici et à St Georges de Luzençon où la troupe se réunit pour répéter dans une ancienne laiterie. Maeva précise «c’est un lieu glamour». Je fais répéter «glamour ou pas glamour&nbsp;?» elle répète «faut dire glamour. C’est un prêt plus que précieux. Nous sommes très chanceuses».&nbsp; Agenda raturé, sur-raturé, des dates annulées, reportées, encore annulées, seuls trois contrats leur ont été honorés, une misère. Elle ajoute fataliste «notre agenda est plein mais nous restons tributaires de la crise». Ici, dans ce hall, elle gravite autour des commissions, un temps pour construire une réflexion, des actions. Le 13 mars, elle était l’avocate, perchée sur un piano, face aux grilles de la préfecture, chevelure à la Roselyne Bachelot, c’est elle qui le précise. Le samedi 20 mars, était programmée place Foch, une performance artistique, le thème, une inauguration surprise. Le soir même, annulation surprise.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-1.jpg" alt="" class="wp-image-7794" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-6.jpg" alt="" data-id="7799" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-6.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7799" class="wp-image-7799" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-6-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-6-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-25.jpg" alt="" data-id="7818" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-25.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7818" class="wp-image-7818" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-25.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-25-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-25-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Maeva s’interrompt, les mots se bousculent, elle porte une main à sa bouche masquée. Elle toussote, elle se racle la gorge, elle marmonne «mets tes mots dans ta bouche». Justine s’assoit à ses côtés «alors on le fait à deux&nbsp;cet entretien ?». Maeva s’éclipse, Justine prend le relais. Une autre compagnie, le «Retour d’Ulysse», installée sur le Larzac au Mas Razal. Le Mas Razal, au pied de son sotch, niché, dans le secret et la bravoure des grands causses,&nbsp; dans le triangle sacré Pierrefiche – Montredon et St-Sauveur. Un lieu improbable pour une compagnie théâtrale. C’est l’histoire de Justine Wojtyniak, devant moi, habillée de noir, mains fines, yeux claires, peau claire, curieuse, voix chaude et parfois accrocheuse, elle souligne «désolé, j’ai gardé mon accent de Pologne». Le parcours de cette vagabonde des mots se dessine sur une carte, deux punaises et un fil rouge tendu entre Cracovie et Paris «ma mère m’a dit «&nbsp;tu as eu ton diplôme, tu as beaucoup travaillé, je t’offre des vacances. Depuis, ma mère le regrette».</p>



<p>La boîte noire n’a pas de frontières. On rentre là où elle vous aspire. Le grand rideau se lève là où l’imaginaire, l’utopie vous conduisent à espérer, à créer. Les planches craquent là où la poésie se fout des bruits de couloir, de bottes et des parloirs. La petite lumière de la metteuse en scène brille là où l’on malaxe les mots, les âmes, la chair et les corps pour écrire des ballets parlés, dansés, chantés. Justine est l’une d’entre elles. Portant en elle l’histoire d’un peuple encore marqué profondément par la tragédie, le ghetto de Varsovie, la rafle, la déportation de 300&nbsp;000 juifs, le macabre, l’ignominie. Ce fut le thème de l’une de ses pièces, adaptée des poèmes de Wladyslaw Szlengen «Ce que je lisais aux morts».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-5.jpg" alt="" class="wp-image-7798" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Justine fut donc Parisienne presque vingt ans dont sept années comme intermittente du spectacle avec une évidence, le rideau baissé, les loges fermées &nbsp;«tu fais quoi de ton métier&nbsp;? Tu es toujours redevable des périodes de résidence. C’est improductif». Sur son ordinateur, elle tape le mot «Larzac» puis elle tape «bergerie Larzac«, elle raconte «et&nbsp;là, je tombe sur Mas Razal, la vie c’est dingue, il s’agissait d’une annonce de la SCTL. Nous avons donc proposé un projet culturel. Et le premier jour, nous sommes arrivés avec Stéphano, mon compagnon, en pleine transhumance. Nous étions au milieu des brebis. C’était incroyable». Depuis Mas Razal a retrouvé vie, les pierres ont été remontées, les portes sur leurs gongs, le toit rapiécé. Certes le chemin y conduisant demeure fantomatique les jours d’épais brouillard mais n’était-ce pas essentiel&nbsp;dans ce décor grand large, grand vent, démesurément ? Elle avoue l’œil pétillant «nous avions notre nouvelle liberté».</p>



<p>Comme Maeva pour les Boudeuses, Justine est fiévreuse face à la situation de crise touchant le monde du spectacle. Sa nouvelle création inspirée d’un roman d’Olga Tokarczuk «Sur les ossements des morts» est au point mort. Sera-t-il programmé l’été venu&nbsp;? Les portes des financements se sont fermées pour cette pièce mise en scène pour être jouée en milieu ouvert au cœur de ce petit bois de pins attenant au Mas Razal. L’idée centrale, se coller, se frotter, s’endurcir à cette histoire se déroulant dans une communauté forestière, une invitation, une expérience, une déambulation dans les pas d’une vieille femme portée par la folie et la vengeance.</p>



<p>Autour de nous, se préparait l’AG de 13 heures et la venue des élus, prévue le lendemain au petit matin, à l’heure des croissants, des yeux gonflés et de la revue de presse, Arnaud Viala en tête de liste suivi d’Emmanuelle Gazel. Justine au centre de cette agora souligne «on est là pour tout défricher, pour libérer la parole» comme lorsqu’elle crée le «Laboratoire Impossible» au Cent-Quatre à Paris. Dans cette Maison du Peuple sous le regard d’une Sophie Aram un brin aguicheuse en affiche d’un spectacle annulé, Justine virevolte «l’énergie est incroyable. Il y a l’idée de se rassembler mais surtout de réfléchir au monde que l’on veut habiter. C’est mettre en œuvre quelque chose de nécessaire pour se réveiller. Pour poser la question de la place de l’imaginaire».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-3.jpg" alt="" class="wp-image-7796" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-4.jpg" alt="" data-id="7797" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7797" class="wp-image-7797" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-4.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-4-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-4-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1000" height="664" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-27.jpg" alt="" data-id="7820" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-27.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7820" class="wp-image-7820" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-27.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-27-300x199.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-27-768x510.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Devant moi, Séverine a le dos courbé sur son ordi. Elle me dit « j’en ai pour cinq minutes. J’ai trois mails à envoyer». Les cinq minutes sont passées, elle me rejoint, elle demande «c’est bon, je ne suis pas en retard ?». Elle cherche une prise pour son téléphone, cachée sous un rideau. On s’assoie, elle croise les jambes, magnéto. Séverine représente la «Compagnie le Plus Petit Espace Possible». Sur le Larzac, Justine, Séverine et Elise, sa compagne de scène et de création, sont voisines. Mas Razal, Fontvive, à tout casser, c’est à une portée de canon de la 13<sup>ème</sup> DB. Elles ont cela en commun, s’être installées dans un lieu cassé, effondré, à rebâtir, à reconstruire. Séverine précise «on nous a proposé un tas de cailloux. Mais on était bricoleuses, nous avions déjà remonté un café culturel dans le Cantal et puis autour de nous, la solidarité a joué en organisant des chantiers collectifs». Depuis Séverine et Elise n’ont pas quitté la salopette et chaussures à bouts renforcés. Le 13 mars, ensemble, en déambulation, de La Capelle à la Préfecture, elles menaient sans baguette mais avec trompettes, le Larzaco Poët Poët, créé dès leur arrivée dans l’esprit expérimenté de la Fanfare de la Touffe «nous avions des cuivres de rebus. Avec, nous avons monté une fanfare avec nos voisins non musiciens».</p>



<p>Comme le Mas Razal, Fontvive est également un lieu de création artistique pour la Compagnie «Le plus petit espace possible» créée en 2009 par les deux bricoleuses. Ce terme leur va bien, elle le confirme en précisant «nous avons une grosse boîte à outils avec laquelle on improvise&nbsp;». De l’impro sans un mot, histoire sans paroles, juste des sons sans partition, selon la situation, sur l’eau, sur un pédalo, dans la rue, dans l’imprévu, de blanc vêtu, en fonction des bruits, des lieux, trombones et saxos en échos «finalement, on ne sait jamais ce que l’on va faire. On modifie le quotidien. On joue avec des objets sonores comme une mobylette par exemple, c’est d’ailleurs le titre de l’un de nos spectacles. On peut même rentrer chez les gens et jouer sur le canapé» sous le nez enjoué, médusé du proprio&#8221;&#8230; qui n’a plus qu’à payer le café ou l’apéro.</p>



<p>Pour l’heure, les glaçons ne sont pas encore à tinter dans les verres pour arroser une fin de spectacle. La crise est là, une compta à plat, une saison comme un soufflet brûlé, 40 spectacles prévus, 32 annulés, 6 joués, 4 reportés et 31 non indemnisés, envolés, circuler, y&#8217;a rien à voir, rien à écouter. Séverine précise &#8220;avec Les Arts Oseurs, une compagnie basée à Octon, nous avons joué &#8220;Traversées&#8221; dans des lieux sans spectateurs convoqués, surtout en fin d’été jusqu’à la mi-octobre. Mais aujourd’hui, le plus dur, c’est de ne pas pouvoir se projeter. Nous n’avons aucune projection possible. Il nous a fallu comprendre les aides possibles et gérer nos économies, comprendre l’activité ponctuelle».</p>



<p>Depuis une année, Maeva, Justine et Séverine sont dans l’instant présent. Dans l’attente qu’une porte s’ouvre, que la rue se libère, que la boîte noire s’illumine, que le rideau se lève, que la grosse caisse résonne, que le tuba joue la falbala pour repousser le loup noir. Séverine au regard lointain ajoute «devons-nous vivre désormais dans l’instant T&nbsp;? Mais est-ce vraiment la solution&nbsp;?». Dans la survie du quotidien, dans l’invisible, dans l’imprévisible, dans l’instant donné, concédé, accordé, encadré, la liberté peut-elle vraiment s’exprimer&nbsp;?</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-13.jpg" alt="" class="wp-image-7806" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-17.jpg" alt="" class="wp-image-7810" width="1160" height="760"/></figure>



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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-22.jpg" alt="" class="wp-image-7815" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-2.jpg" alt="" class="wp-image-7795" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-26.jpg" alt="" class="wp-image-7819" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-24.jpg" alt="" class="wp-image-7817" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/millau-maison-du-peuple-occupee-23.jpg" alt="" class="wp-image-7816" width="1160" height="762"/></figure>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Jacques BREFUEL, la plume du jeudi</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/03/09/jacques-brefuel-la-plume-du-jeudi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Mar 2021 08:19:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[100 km de Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Bréfuel]]></category>
		<category><![CDATA[Journal de Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
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					<description><![CDATA[Après 31 ans de bons et loyaux services comme journaliste au Journal de Millau, après avoir été au cœur de la vie politique locale, Jacques Bréfuel a tiré sa référence. Il reste cependant très investi dans l’associatif. Il sera cette année aux commandes du 50ème anniversaire des 100 km de Millau, épreuve qu’il a vue naître et seul bénévole à avoir été présent lors des 49 éditions. Entretien.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#5c3580" class="has-inline-color">JACQUES BREFUEL, LA PLUME DU JEUDI</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#5c3580" class="has-inline-color">Après 31 ans de bons et loyaux services comme journaliste au Journal de Millau, après avoir été au cœur de la vie politique locale, Jacques Bréfuel a tiré sa référence. Il reste cependant très investi dans l’associatif. Il sera cette année aux commandes du 50<sup>ème</sup> anniversaire des 100 km de Millau, épreuve qu’il a vue naître et seul bénévole à avoir été présent lors des 49 éditions. Entretien.</span></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-5.jpg" alt="" class="wp-image-7679" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Le journaliste ne se fait guère d’illusions, surtout après 30 ans de métier. On peut écrire avec un crayon de bois, on peut nettoyer son style pour le rendre académique à l’excès, dépouillé de toute sensibilité. A l’inverse, on peut s’aventurer dans la pensée et l’analyse, en jouant sur la réserve et le recul ou bien à l’inverse, en lâchant les chevaux et prendre position au risque de créer des polémiques et courroucer la classe politique …. au final, on ne pourra jamais plaire à tous ses lecteurs. L’écriture est en effet plurielle et diverse et les lecteurs et lectrices le sont tout autant.</p>



<p>Jacques Bréfuel en sait quelque chose. Il a cette phrase résumant bien la position du rédacteur localier qu’il fut «les gens de droite ont souvent pensé que j’étais de gauche. Et les gens de gauche, ont souvent pensé le contraire&nbsp;».</p>



<p>Fin 2020, après une année palpitante sur le plan de la vie locale, la crise sanitaire, une élection à rallonge et un résultat tendu à l’extrême se jouant à un cil, la crue du 12 juin, les annulations en rafale des grands évènements assurant la richesse de ce territoire, Jacques Bréfuel a posé son BIC et tiré sa révérence. 31 ans de bons et loyaux services au sein d’une même rédaction «Le Journal de Millau», une institution dans la cité du gant, le JDM sans qui un jeudi ne serait pas un jeudi. A décortiquer, à effeuiller, à dépouiller la vie locale au plus près des citoyens avec ses temps forts comme tous les 6 ans, les Municipales. 31 années dans l’œilleton du quotidien du Mandarous, ce sont six mandats, six maires, Manuel Diaz, Gérard Deruy, puis Jacques Godfrain, Guy Durand, Christophe Saint Pierre et pour finir en sprint inachevé Emmanuelle Gazel pour voir une ville ankylosée par un passé défunt, se moderniser enfin, se rénover, enfin.</p>



<p>Du plomb aux côtés de Dell Duchon Doris, à l’internet, du minitel à la PAO en naviguant bien sûr dans la toile géante dressée par les réseaux sociaux, Jacques Bréfuel a traversé toutes les grosses évolutions et révolutions qui ont bouleversé la presse. Né dans l’après guerre, le vénérable hebdo a résisté, vaille que vaille, en luttant contre l’usure de la presse régionale. Le JDM, niche respectable et respectée dans l’info locale, c’est aujourd’hui contre vents et marées, un exemple de presse anachronique dans un paysage digitalisé où l’info se consomme comme du chewing gum, vite mâché, vite craché. Un mercredi matin, Jacky pour les intimes et JB pour les lecteurs accepta de se confier mais en posant, avant la toute première question, cette ligne de défense «je n’aime pas être en lumière, je préfère rester dans l’ombre». Nous avons donc branché les lumières, Jacques Bréfuel en chemise bleue a posé ses deux coudes sur la table noire, téléphone éteint…Entretien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-3.jpg" alt="" class="wp-image-7680" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Gilles Bertrand, pour débuter, j’ai une question qui fait appel à ta mémoire, te soutiens-tu de ton premier article comme jeune journaliste&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Bonne question, on rentre dans le vif du sujet. De par mon parcours, mon premier article fut consacré à une équipe de foot-ball corpo. Car avant de rentrer directement au JDM, je pigeais pour Midi Libre. Je devais avoir 20, 21 ans. Et chaque semaine, je faisais un papier sur une équipe corpo car il y avait à cette époque un championnat très intense. Je ne sais pas si tu connais mon parcours. Au départ, j’étais parti pour être prof de gym puis j’ai eu un accident de moto assez grave avec trauma crânien. Un an après l’accident, j’ai fait une crise d’épilepsie temporale et le sport intense me fut interdit. Mon père est décédé, je suis revenu sur Millau et j’ai eu la possibilité de travailler à la SNCF où l’on m’a offert la possibilité de postuler pour un emploi. J’ai fait un dossier mais entre temps, j’ai travaillé rue de la Paulèle dans un magasin de pièces auto car j’étais déjà passionné par le sport automobile. Et au bout de 2 ou 3 ans, Patrick Gineste qui travaillait à l’ANPE me dit «&nbsp;tiens Midi Libre, cherche un jeune comme toi sans formation journalistique particulière, tu devrais postuler. J’ai postulé. Nous étions trois, il y avait Damien Vidal, Hervé Costecalde et moi-même.</p>



<p><strong>. Et c’est toi qui a eu le job&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Non, car est arrivée une quatrième personne en l’occurrence une dame qui avait été secrétaire de Jacques Godfrain pendant les Législatives et c’est elle qui fut recrutée par Henri Martin, le directeur départemental de l’époque. Mais moi je savais que de part l’annonce, ils ne voulaient pas d’une femme, donc au bout d’un an, cela n’a pas fait l’affaire et Ménadier qui était chef d’agence à Midi Libre est venu me chercher. J’ai donc signé mon premier contrat le 1<sup>er</sup> août 1980 et j’ai débuté en travaillant à 80% à Midi Libre et 20% au Journal de Millau.</p>



<p><strong>. Comme journaliste, tu as traversé 31 années de vie locale, six maires, quelle sont les difficultés à exercer ce métier lorsque l’on a cette forte proximité avec le milieu local qu’il soit politique, social, économique&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> J’ai réalisé que les gens de gauche me prenaient pour quelqu’un de droite et ceux de droite me croyaient de gauche. C’était idéal, c’était à la fois habile et confortable. Dans une petite ville, plus on avance dans l’âge, et plus des copains et copines avec toi au collège puis au lycée prennent des responsabilités. Il se trouve que moi et Guy Durand, nous nous connaissions très bien, Christophe Saint-Pierre aussi et dans leurs équipes également. Cela facilite les contacts, certains comprennent très bien, d’autres non. Il faut rester le plus objectif possible même si ce n’est pas toujours facile. On a ses propres convictions et on a aussi un vécu. Il faut rester sur les faits. Mais finalement, je n’ai jamais vraiment eu de gros clashs avec les élus.</p>



<p><strong>. Peut-on devenir le confident de certains, certaines&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>.J.B.&nbsp;:</strong> Si on reste honnête avec le personnage politique, s’il te dit «&nbsp;je te le dis mais ne l’écris pas&nbsp;», on établit une certaine complicité mais il ne faut surtout pas trahir cette confiance. C’est le problème d’une petite ville comme Millau, tu te croises tous les jours, si tu trahis la confiance de quelqu’un…Parfois tu râles, m…, j’aurais bien aimé le sortir mais tu te dis «&nbsp;si je le sors, je me grille&nbsp;» et ceci, ce n’est pas valable que pour les politiques.</p>



<p><strong>. Comment expliques-tu que le Journal de Millau a su lutter contre cette érosion de la presse écrite&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Lorsque je suis arrivé, il y avait une agence La Dépêche, un correspondant Centre Presse, l’agence Midi Libre et nous étions deux hebdos à l’époque avec également l’Avenir qui appartenait à Diaz. La presse locale a suivi le déclin de la presse nationale avec la Dépêche, Midi Libre et Centre Presse qui n’ont plus fait qu’un. Alors pourquoi avons-nous résisté et pourquoi on résiste encore&nbsp;? C’est parce que l’on reste proche de nos lecteurs. On reste à l’écoute. On ne traite pas l’actualité nationale. On essaie surtout de trouver des sujets proches du terrain et proches des lecteurs (<em>dans son édition du 4 mars, le JDM publiait un entretien bien ficelé consacré à Jérémy, le jeune chanteur millavois sélectionné pour The Voice</em>). D’ailleurs, ce fut tout l’intérêt de mon travail, cette grande diversité de rencontres, comme de rencontrer aussi bien le président de la République que le cantonnier du coin. Cette proximité avec nos lecteurs fait le succès du Journal de Millau qui, au départ, lorsque je suis rentré, n’avait que 6 pages. Le Journal de Millau, beaucoup de Millavois le considèrent comme à eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-2.jpg" alt="" class="wp-image-7682" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Dans </strong>q<strong>uel état d’esprit as-tu abordé ce cap parfois difficile à prendre, celui de la retraite&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Je l’avoue, j’ai pris la retraite…<em>long silence</em>…je n’étais pas mécontent de la prendre. Oui, il y a une forme d’usure car les gens deviennent de plus en plus agressifs. Le moindre mot de travers, cela prend vite des proportions. Car ce qui a fait très mal à la presse écrite, ce sont les réseaux sociaux où l’on dit tout et son contraire. Nous, le BA BA de notre travail de journalistes, aussi bien pour toi que pour moi, c’est de vérifier l’information que tu écris. Malheureusement, ce n’est pas ce qui se passe sur les réseaux sociaux. C’est la libre pensée, la libre parole et cela prend des proportions….Malheureusement les gens ne font pas l’analyse et ne s’interrogent pas sur la véracité de ce qu’ils lisent.</p>



<p><strong>. D’une manière générale, archivais-tu toute l’information qui te passait entre les mains&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>J.B.&nbsp;:</strong> J’ai toujours archivé, à l’ancienne, en apprenant sur le tas et en me formant car je n’avais aucune formation de journaliste, j’ai fait des stages au CFPJ à Paris. Mais pour te donner une anecdote, quand j’ai vidé mon bureau, j’ai dû faire quinze gros sacs qui sont partis à la déchèterie. Dans ce que j’ai jeté, il y avait les résultats et les articles sur toutes les élections locales. Et j’ai seulement gardé quatre ou cinq sacs que j’ai archivés chez moi, ce sont des dossiers qui peuvent être intéressants….<em>rires</em>…même si je n’ai aucune intention d’écrire un livre…<em>rires à nouveau</em>.</p>



<p><strong>. Les maires passent, le journaliste reste. Tu as vu défiler 6 maires, quel fut le mandat le plus intéressant, le plus palpitant&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Le mandat le plus palpitant, ce fut celui de Gérard Deruy car il a profondément transformé Millau. C’est lui qui a imposé le CREA malgré un gros conflit avec le Crédit Immobilier qui voulait faire des magasins. Puis on lui doit toute la zone du Cap du Crès, c’est lui qui s’est battu pour que Millau ait son premier hyper marché car la ville était vraiment en retard. Je me souviens des manifestations des commerçants devant la mairie. Je ne veux pas dire de bêtises mais ils avaient même fait cramer des pneus, c’était tendu. Gérard Deruy a fait deux mandats et cela lui a laissé du temps.</p>



<p><strong>. En qualité de journaliste local, la période avant élection est un temps fort de la vie de la cité. Lors de la dernière élection, nous n’y avons pas échappé. Comment as-tu vécu ces périodes intenses sur le plan journalistique&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> L’an passé, nous avons essayé de proposer quelque chose de novateur avec Thierry Fabié et Tristan Durand. Et cela a plu car les ventes ont augmenté. Il s’agissait de partir en ballades avec chacun des candidats sur six points différents de la ville, quatre de leur choix et deux que nous proposions. Ce fut ma dernière campagne mais une des plus intenses journalistiquement parlant. Le second tour a été l’un des plus tendus que j’ai pu observer à cause du Covid et de la marge de manœuvre entre les deux candidats. C’est la première fois que nous observions un écart aussi long entre les deux tours (3 mois) où l’on a vu Emmanuelle Gazel réaliser une dernière ligne droite plus punchy.</p>



<p><strong>. Venons-en aux anecdotes, elles ne doivent pas manquer car tu as côtoyé des élus qui avaient de l’étoffe…</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Manuel Diaz, maire, j’ai le souvenir de son cri, enfin façon de parler. C’était un jour de Conseil Municipal, c’était l’époque du Larzac et la salle fut envahie par les militants. Et Diaz a crié «descendez, descendez, sinon le plancher va s’écrouler». Car soit disant la salle du Conseil Municipal ne pouvait supporter qu’un certain poids. Je le revois lever les bras au ciel et répéter «le plancher va s’écrouler&nbsp;». J’ai également servi de chauffeur pour Lionel Jospin pour le 20<sup>ème</sup> anniversaire des 100 km de Millau. J’ouvrais la route, j’avais une 205 décapotable et Deruy, le maire à ce moment-là, me dit «tu es tout seul, ça serait bien que le ministre vienne avec toi». Je lui ai répondu «&nbsp;il n’y a pas de problèmes sauf que je n’ai que trois places et que vous êtes quatre&nbsp;» car il y avait l’agent de sécurité et le préfet. L’agent est resté sur place, le préfet est venu à mes côtés et Jospin et Deruy se sont mis debout pour donner le départ. Cette année là, on partait de la cité du stade et je dis à Jospin «&nbsp;attention, dès que le départ est donné, j’accélère au coup de pétard&nbsp;». J’accélère et pouf, je les retrouve tous les deux assis de manière un peu….<em>silence</em>&#8230; brutale. Puis Jospin est revenu pour les Municipales, on lui avait offert un tee-shirt des 100 km et il me dit «j’ai eu l’occasion d’aller au Marathon de New York et j’ai porté votre tee-shirt et j’ai plein de gens qui m’ont interpellé». Bon, peut-être qu’il disait cela pour me faire plaisir.</p>



<p><strong>. Comme nous l’avons évoqué, les Municipales sont des moments forts dans la vie d’une commune. Quel est pour toi le souvenir le plus marquant de ta carrière&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Ce n’est pas un souvenir à proprement parler mais plus une photo. Il s’agit de Guy Durand lorsqu’il part de la salle des fêtes avec une grosse déception lors de sa défaite alors que Saint Pierre arrive souriant. Cette photo, c’est une image forte car il ne s’attendait absolument pas à être battu. La différence dans le visage des deux était saisissante.</p>



<p><strong>. Pour revenir à Manuel Diaz, nous sommes au début des années 80, François Mitterrand est élu en 81. Donc tu as connu la fin de la lutte du Larzac avec l’annonce officielle de l’arrêt du projet d’extension du camp militaire, comment avez-vous traité cela&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Je me souviens, le 10 mai 1981, au soir, j’étais monté à la ferme de l’Hôpital pour faire des photos des paysans du Larzac. Ils s’étaient regroupés là haut pour fêter la victoire. Puis, ils sont descendus à Creissels car il y avait un rassemblement de prévu. C’est ensuite, avec le recul que j’ai réalisé que j’avais joué un bon coup car j’étais le seul à avoir eu ce réflexe de monter sur le plateau.</p>



<p><strong>. Toujours à propos de Manuel Diaz pour faire suite à l’anecdote sur ce Conseil Municipal, j’ai le sentiment que tu as toujours excellé dans l’exercice très complexe d’écrire le papier retour sur chaque conseil… </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> Un Conseil Municipal, parfois tu arrives à la fin en te disant «mais sur quoi je vais titrer&nbsp;?» et puis arrivent les questions diverses et sur une ou deux questions, ça part en live, il y a débat et cela te fait le sujet. Le Conseil Municipal, c’est aussi une tribune pour notamment l’opposition pour faire passer ses idées car ils savent que nous allons reprendre. Surtout quand il y a des sujets comme l’hôpital qui a très souvent animé des Conseils avec la venue de gens extérieurs. Les plus perturbés ont toujours été ceux consacrés à l’avenir de l’hôpital, de sa fusion, un sujet récurrent et qui n’est pas terminé. Et chacun des maires que j’ai connus, ils ont tous eu affaire avec des manifestations sur l’hôpital.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-4.jpg" alt="" class="wp-image-7681" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>Ton nom est connu pour avoir été rédacteur du Journal de Millau mais tu es également très présent sur la scène de l’évènementiel millavois avec deux épreuves phares, les 100 km et les Cardabelles. Ma première question est simple, elle va permettre de dissimuler les doutes, est-ce vrai que tu étais présent à la première édition des 100 km&nbsp;en 1971 ? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;:</strong> oui oui, car je faisais de l’athlétisme, j’avais 14 ans et j’étais ami avec François Vidal, le fils de Bernard Vidal donc automatiquement on est en âge de s’investir et on se retrouve embringué dans l’organisation. Et à 5 heures du matin, je suis dans la voiture de Bernard Vidal avec François pour le départ et on passe place de l’Industrie. Je m’en souviendrai toujours, il y avait un seul spectateur et qui nous fait comme cela…<em>il met son index sur la tempe</em>…l’air de nous dire ils sont dingues les gars. Et il faut se souvenir du premier parcours, à Raujolles, il n’y avait pas le rond point, on prenait à droite la route qui longe le Tarn en face de Peyre. C’était un peu trail sur le petit chemin et on ressortait à mi côte de St-Georges puis St Geniez de Bertrand, Labro, Brunas, on redescendait et les coureurs faisaient trois fois le parcours. Et dès la seconde année, c’est parti sur le parcours actuel sauf que le départ était donné à la Capelle et on faisait Paulhe, Le Rozier et on revenait par Aguessac. Et depuis cette première édition, je n’en ai manqué aucune et j’ai pris la présidence en 98 ou 99.</p>



<p><strong>. Tout comme ton parcours de journaliste, tu es un grand témoin de cette belle aventure, en 49 éditions, quelle fut ta plus belle émotion&nbsp;ressentie ?</strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;: </strong>Une qui me…<em>hésitations</em>…en parlant…<em>hésitations</em>…on arrivait encore au stade municipal et Bernard Rosetti était venu la veille, il était allé voir des gamins au Sacré Cœur pour parler des 100 kilomètres. Mais le jour de la course, ça n’a pas marché comme il l’espérait mais il a tenu à arriver jusqu’au bout car il savait que les gamins l’attendaient au stade pour l’applaudir. C’était…<em>hésitations</em>…<em>silence</em>…il y avait…<em>hésitations</em>…beaucoup d’émotions.</p>



<p><strong>. Au fil du temps, vous êtes restés sur une ligne historique sans changer une ligne, pas de primes, pas de cadeaux pour les premiers, pas de podiums sauf pour les championnats de France, pour quelles raisons&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.&nbsp;: </strong>Car c’était l’ADN de l’épreuve pour rester fidèle aux vœux de Bernard Vidal et de Serge Cottereau. Cela permet aux 100 kilomètres de garder cette spécificité.</p>



<p><strong>. La 50<sup>ème</sup> édition est donc dans l’œil du viseur. Je te propose deux choix, réussir une édition telle que la 20<sup>ème</sup> avec 3500 coureurs au départ ou bien décrocher le scoop qui pourrait te donner une notoriété nationale voire plus. Que choisis-tu&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. J.B.</strong>&nbsp;: La première évidemment car je préfère faire plaisir à 3500 coureurs et à l’entourage, aux bénévoles par exemple. D’ailleurs, je continue à piger, j’ai débuté une série sur les bénévoles dans le Journal de Millau. Comme je l’ai dit, je préfère l’ombre à la lumière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/Jacques-Brefuel-Journal-de-Millau-1.jpg" alt="" class="wp-image-7685" width="1160" height="760"/></figure>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>AHMED EDDARRAZ, la politique dans la peau, à Paris ou à Millau</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/12/30/ahmed-eddarraz-la-politique-dans-la-peau-a-paris-ou-a-millau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Dec 2020 04:23:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Eddarraz]]></category>
		<category><![CDATA[Guy Durand]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est assez récemment que le parcours d’Ahmed Eddarraz l’a amené de Millau à Paris, pour y mener un projet novateur pour la recherche d’emploi. Cet autodidacte, connu à Millau pour son engagement politique, sous l’étiquette du Parti Socialiste, était apparu au grand jour suite à sa proximité avec Emmanuel Macron durant sa campagne]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p></p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#0a5d8d" class="has-inline-color">LES MILLAVOIS EN EXIL</span></h2>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#0a5d8d" class="has-inline-color">Ahmed eddarraz, la pOLITIQUE dans la peau, a paris ou a millau</span></h2>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="400" height="400" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ.jpg" alt="" class="wp-image-6728" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ.jpg 400w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-300x300.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-150x150.jpg 150w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-256x256.jpg 256w" sizes="(max-width: 400px) 100vw, 400px" /></figure></div>



<p></p>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#0a5d8d" class="has-inline-color">C’est assez récemment que le parcours d’Ahmed Eddarraz l’a amené de Millau à Paris, pour y mener un projet novateur pour la recherche d’emploi. Auparavant, le jeune homme de 35 ans s’était distingué à Millau pour son engagement politique, présent au Conseil Municipal avec Guy Durand, sous l’étiquette du Parti Socialiste. Mais cet autodidacte, qui a grandi à Cantarane, est apparu au grand jour à la faveur de son soutien précoce à Emmanuel Macron, présent à ses côtés durant toute la campagne électorale.</span></strong></p>



<p><strong>Comme tu le rappelles souvent, tu es un autodidacte. Peux-tu expliquer comment tu t’es construit&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis né juste derrière à Cantarane, en 1985. Dans une famille qu’on qualifie de nombreuse, on est 6 enfants. Mon papa a commencé à l’usine Pechdo, il y a passé 43 ans. Ma maman est au foyer. Elle nous a tous élevés avec beaucoup d’amour et de valeurs. Quand on 6 enfants, qu’on est seul à travailler, ouvrier au SMIC, habitant dans un HLM, il faut trouver toujours des solutions pour que nos enfants soient propres, puissent manger à leur faim, aller à l’école. Moi, très jeune, avec mes frères et ma sœur, on a vite compris qu’il fallait qu’on se responsabilise. Et très vite, on a commencé à travailler sur les marchés. Autrefois, le placier s’appelait Monsieur Saint Pierre, il est le papa du maire Christophe Saint Pierre. Il était formidable. Il me protégeait sur le marché pour qu’on puisse aller déballer et remballer. On recevait 50 francs le matin, 50 francs le soir. Ca nous permettait d’aider nos parents. On avait cette vision de la famille et du sens du collectif, qui nous avait été inculquée, avec un père qui nous a vraiment donné les valeurs du travail, du respect. Très jeune, je suis rentré dans le monde des grands. Du coup, on a des problèmes de grands, et on doit trouver des solutions de grands. Très vite, je me suis intéressé à ce que voulaient dire les responsabilités, l’engagement. Comme à la maison, tous les soirs, on regardait le 20 heures de France 2, toujours France 2, jamais TF1. Avec Daniel Bililalian, Béatrice Schönberg. J’ai grandi avec ces journalistes, j’ai été très sensible au monde politique. Il y a des visages qui revenaient, les politiques et les hommes d’affaires. Et en particulier, un m’a passionné.</p>



<p><strong>De qui s’agit-il&nbsp;?</strong></p>



<p>Je sais que ce n’est pas politiquement correct de le citer. Il s’agit de Bernard Tapie. Certains diront que c’est un voyou. Mais moi, je pense que si nous avions plus d’hommes politiques comme lui, la société pourrait se sentir un peu mieux. Car c’est quelqu’un qui parlait comme nous, sincère, sans écran de fumée, et il parlait directement aux Français à travers les écrans de la télé. Je comprenais cet homme-là. Sa gouaille, son sourire, sa gueule, sa forte personnalité, son charisme t’amenaient à l’écouter. Et puis à l’adolescence, tu t’intéresses plus à cet homme. Tu sais que c’est un héros car il a amené une étoile aux Marseillais, il fait du théâtre, de la musique. Cela devient un exemple dans ta vie. Tu ne t’occupes pas tellement de ses affaires, mais tu sais que cet homme-là parle vrai, direct et franc. Et il s’ajoute qu’il a un parcours qui ressemble au tien, à celui que tu construis. Il est ton exemple. Une société apaisée est celle où il y a des exemples qui donnent envie, qui t’amènent à être à l’intérieur de la nation, plutôt qu’à l’extérieur. Un soir, Bernard Tapie vient à la télé se disputer contre celui que tes parents qualifient de monstre, Jean-Marie Le Pen. Et tu as l’impression que cet homme va défendre tes parents, et toi aussi. Il va tenir des propos qui vont te toucher, et qui te mènent à l’honneur. Ca donne une cohésion à la nation. Ca ne te montre pas que des Zemmour, qui bien après, te détesteront, et te ramèneront uniquement à ton origine. Cela te montre des gens qui sont dans l’amour et le partage, pour qu’on puisse se construire comme un Français à part entière. Voilà comment je suis rentré dans le monde politique. Cet exemple devient un accélérateur, quelqu’un qui te donne envie de t’engager. Tu regardes d’abord des associations locales, Myriade, dans ton quartier, puis tu deviens délégué de classe, conseiller départemental junior, conseiller régional des jeunes. Tout cela t’amène à avoir encore plus d’amour et d’ambition car tu as l’impression de contribuer à l’intérêt général. Mais tu ne connais pas les travers de la politique politicienne. C’est le coup fatal, qui peut revenir te fracasser. Tu n’es pas averti, tes parents n’ont pas la grille de lecture et autour, personne ne va t’avertir.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-3.jpg" alt="" class="wp-image-6729" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-3.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-3-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-3-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><strong>Ton parcours politique a débuté très tôt. A quel moment as-tu basculé pour choisir une étiquette politique</strong>&nbsp;?</p>



<p>A un moment, j’ai rencontré des gens intéressants pour m’amener à un éveil politique. Je suis allé dans des groupes de réflexion politiques. J’ai tourné autour du mouvement des jeunes Communistes, car il y avait une aliénation entre lui, et les jeunes Socialistes et le syndicat des jeunes lycéens. Ces deux partis structuraient le syndicat UNL. J’ai eu un passage rapide et court. Je n’ai pas du tout trouvé ma place, ça ne me représentait pas. J’ai rencontré plein de gens. Dont un homme remarquable, conférencier, professeur, Guy Durand. Avec lui, je sentais moins de colère, on était moins dans la lutte des classes, on était plus dans la construction d’une société apaisée. Là, j’ai trouvé ma place au sein du Parti Socialiste, j’ai rencontré plein de belles personnes. J’ai fait un mandat à la mairie avec Guy Durand, j’ai énormément appris. Mais toujours pareil quand on est jeune, on est un peu fougueux, on croit que le monde dépend de nous, on se prend pour les champions du monde, on bombe le torse. Plus tard, on comprend que pour qu’on puisse changer le monde, les mentalités, ça ne se fait pas seul, ça ne se fait pas de façon non réfléchie. Il faut du débat, de l’argumentation. Il faut travailler. Ca m’a amené à me dépasser. Moi qui n’étais pas lecteur, j’ai appris à beaucoup lire. Moi, avant d’être un militant béni oui-oui, je suis quelqu’un qui aime les relations humaines. Cela fait partie de mon ADN. Je suis dans l’affect.</p>



<p></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="960" height="720" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-4.jpg" alt="" class="wp-image-6733" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-4.jpg 960w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-4-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-4-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure></div>



<p><strong>Justement dans ton parcours, à un moment, la politique paraît avoir été mise sur la touche pour te concentrer sur ton travail d’entrepreneur.</strong></p>



<p>J’aime les challenges. J’aime relever les défis. D’abord, car j’ai besoin de reconnaissance. J’en suis conscient. Je cherche parfois un peu à être reconnu. C’est le mal du siècle. Je suis autant touché qu’un jeune de ma génération. Aujourd’hui, c’est moins exacerbé. Je me suis engagé dans les affaires car je trouvais que c’était une chose nouvelle que je ne connaissais pas. Il fallait aussi montrer mon talent, et me confronter à la réalité. Je ne pouvais pas faire de la politique en ne montrant que des parcours de gens qui avaient vécu que de la politique. Je n’ai d’ailleurs jamais vécu de la politique, ça ne m’a jamais profité financièrement. Ainsi je suis libre là-dessus, je peux dire ce que je veux. Je ne suis pas le subordonné de quiconque, et pas non plus le béni oui-oui d’un supérieur politique. Je peux poser mon désaccord sur la table. C’est une force en politique. J’ai voulu me confronter au monde économique, car je voulais comprendre le terme RSI, payer des charges, avoir des salariés. On ne peut pas faire de politique sans avoir été réellement sur le bitume, avoir sué. Moi, j’ai commencé intérimaire à la COVED, j’ouvrais les sacs poubelles, j’ai travaillé à Roquefort, j’ai tenu des panneaux pour Sévigné, j’ai travaillé aux cerises, dans la grande distribution, j’ai été caissier, j’ai été homme de ménage, j’ai été agent de sécurité, assistant kiné pendant 5 ans à l’hôpital Ste Anne. J’ai essayé de m’ouvrir à un maximum de métiers, je me suis éclaté dans tous les métiers. J’ai même été directeur de boîte de nuit. Quand on ne me connaît pas, on se dit que je suis mythomane, que je n’ai pas fait tout ça à 35 ans. Je peux le prouver. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de meilleur qu’un autre&nbsp;? Non. Mais ça fait de moi quelqu’un qui comprend la réalité de nos concitoyens. Elle est faite d’une vraie expérience.</p>



<p><strong>Cette expérience, on comprend en filigrane qu’elle a comporté la découverte du racisme&nbsp;?</strong></p>



<p>Je ne l’ai jamais porté comme drapeau, comme étendard. Car ça reste des sujets qui me touchent. J’ai toujours été fier de ma double origine. Je sais ce que je dois à la France, j’aime la France, je suis français avec une fierté immense. Je suis blessé à chaque fois que la France est touchée, par des attentats ou des choses cruelles. Car c’est mon pays. En même temps, je suis fier d’être d’origine marocaine, d’un pays qui a des liens forts et séculaires avec la France. Je suis fier de mes origines. Par contre, tout acte de racisme à mon égard ne restera jamais sans condamnation et sanction. Si je subis une insulte ou une discrimination, je ferai immédiatement appel à la loi. Ce n’est pas une pensée, c’est un délit. Je ne veux pas que la génération qui suit ait à supporter ce cancer qui nous divise. Je continuerai à défendre les personnes qui se sentent stigmatisées, discriminées, par leur origine, leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur choix politique. Moi, je peux discuter avec tout le monde. Mais une catégorie de gens n’a pas droit de cité avec moi. Ceux qui sont dans le racisme, l’antisémitisme, la discrimination, le fanatisme. Je ne veux pas discuter avec ces gens-là.</p>



<p><strong>Ton parcours politique est passé par le parti socialiste. Puis on te retrouve plus dans le business. Et tu reviens dans la lumière lors de la campagne d’Emmanuel Macron, que tu as rejoins très tôt quand il n’était encore qu’un outsider. Que s’est-il passé pour que tes convictions se déplacent du Parti Socialiste vers Emmanuel Macron&nbsp;?</strong></p>



<p>Je suis un homme de gauche. Aujourd’hui, je suis de gauche. Hier, je l’étais. Demain, je le serai. Rien n’a changé. Mes principes d’hier seront ceux de demain. Il n’y a pas le moindre millimètre qui ait pu s’orienter vers une droite, ou une radicalité de ma pensée vers l’ultralibéralisme ou la pensée capitaliste. Au sein du Parti Socialiste, il y a plusieurs courants de pensée. Emmanuel Macron était dans un gouvernement de gauche, passionné par des gens de gauche, soutenu par des gens de gauche. On ne va pas faire un procès à Daniel Cohn Bendit ou José Bové de dire qu’ils ne sont pas de gauche&nbsp;! Moi, j’ai rencontré un homme, un couple, Emmanuel et Brigitte Macron. Un couple passionnant car j’aime les gens cultivés. Je prends plaisir à aller voir un Soulages chez lui, ou de passer un moment avec Edgar Morin, ou avec des hommes d’affaires qui ont toujours la vision de demain, comme Eric Léandri, le patron de Qwant. Ces gens me fascinent. Emmanuel Macron me fascinait, par son intelligence, sa vision de la société de demain, rempli de doutes, sauf de la haine et de la discrimination. Il a une vraie vision sociale démocrate. Il rejoint le courant strausskahnien, Moscovicci, Cambadélis. Je n’ai pas dévié dans ma pensée. Mais avec un Parti Socialiste qui s’est rabougri, renfermé sur lui, à la course à qui sera le plus extrême à gauche. On a fini par avoir des fruits et des légumes. Les verts ont fini comme des laitues, mi vert, mi blanc. Le parti socialiste, comme une pastèque, vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur. Moi, je suis un homme de gauche, qui continue à croire en cet homme.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="800" height="568" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-2.jpg" alt="" class="wp-image-6730" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-2.jpg 800w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-2-300x213.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/EDDARRAZ-2-768x545.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>



<p></p>



<p><strong>Est-ce que du fait de cette rencontre, Millau est devenu trop petit pour toi, et cela t’a poussé à partir&nbsp;?</strong></p>



<p>Non. Millau me donne le sourire. A Paris, on m’appelle le Petit Millavois. Victor Hugo dit «&nbsp;On part de chez soi, car on a besoin de distraction. On revient car on a besoin de bonheur.&nbsp;» Si je suis parti, c’est parce que je n’arrivais plus à trouver quelque chose qui m’anime. J’aime les challenges, me confronter à la réalité, découvrir les autres. Je devenais presque malheureux à l’idée d’avoir fait le tour. Je me suis lancé dans un bureau de tabac, ça a cartonné. Un restaurant, pareil. J’ai récupéré mes billes derrière. J’ai fait un peu de placement immobilier. Il me semblait que je n’étais plus utile pour personne, et pas pour moi-même. Plutôt que de finir aigri, ou malheureux, j’ai préféré partir voir autre chose. Après presque 2 ans à Paris, je pense avoir fait le bon choix.</p>



<p><strong>Avec un joli projet, celui de Swipe my Job.</strong></p>



<p>Avec d’abord des belles rencontres. Je crois que le projet est bien. Les investisseurs le disent aussi. Swipe my job, c’est une histoire dans l’histoire. L’idée était d’aller me dépasser, me confronter au monde numérique. Je ne le connaissais pas. Et je me retrouve associé avec Eric Leandri, qui a créé un moteur de recherche, qui fait partie des génies du digital. Il a digitalisé la Banque de France, il a créé la terminologie de la souveraineté numérique. C’est un monsieur exceptionnel. J’ai rencontré des personnes merveilleuses. Ce qui me passionne, ce sont les rencontres avec les gens, leurs histoires.</p>



<p><strong>Est-ce que ces rencontres ont été facilitées par le fait que tu es identifié comme un proche d’Emmanuel Macron&nbsp;?</strong></p>



<p>Ca a pu être le cas. Très franchement, il ne faut pas se raconter d’histoires. Oui, les gens ont pu l’interpréter comme ça. En même temps, je pense que je ne suis pas le seul. Ces gens-là n’ont pas besoin de quelqu’un qui puisse connaître le Président car ils ont fait leurs preuves dans leur domaine.</p>



<p><strong>Pour mener ce projet, a-t-il fallu lever beaucoup d’argent&nbsp;?</strong></p>



<p>Il faudra en lever beaucoup pour aller sur l’international. Mais l’argent, on en trouve partout quand on a un beau projet. On va voir des banques, la Caisse des Dépôts et Consignations, des actionnaires. On finit toujours par avoir des gens intéressés. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de savoir combien de gens vont pouvoir trouver un emploi grâce à cette application.</p>



<p><strong>Et la politique dans tout ça&nbsp;? A Millau ou ailleurs&nbsp;?</strong></p>



<p>Millau, je l’aime. C’est un peu charnel. C’est un peu Tu m’aimes, moi non plus. J’entretiens une relation bizarre avec Millau. Je sais aussi combien je peux susciter des interrogations, des questionnements. Et en même temps, c’est étonnant le nombre de gens qui veulent me voir, mais discrètement, ou à l’extérieur de Millau. Les gens ont peur des politiques. Et il y a le mythe qui s’est créé. J’ai commencé à travailler pour Louis Nicollin. On ne sait pas trop qui je suis. Mais qu’ils soient rassurés, je suis quelqu’un de droit et d’honnête. Quand j’ai eu le bureau de tabac, j’ai eu des contrôles fiscaux chaque année. Et puis pour revenir à la question de tout à l’heure, est-ce que quand on est différent, on a plus de difficultés&nbsp;??? Maintenant, savoir si j’ai envie de revenir un poste à Millau&nbsp;? Si c’est pour m’engager pour satisfaire un niveau personnel, ou juste pour assouvir un plaisir d’ego, j’espère que les Millavois ne me laisseront même pas passer la porte. Si c’est pour apporter quelque chose de totalement nouveau, car j’ai créé des réseaux partout, si je peux être facilitateur, c’est volontiers. Si je suis quelqu’un qui peut aller voir des chefs d’entreprises pour faire créer de l’emploi à Millau, ce serait une grande fierté pour moi. Car le grand pari de demain sera celui de l’emploi. Je suis un vrai pragmatique. Il faut une vision à long terme. Il faut une vraie stratégie. L’emploi doit être une priorité, matin-midi et soir. Je crée l’emploi. Je fais construire les logements. Je renforce les services publics. Je fais du social. Dans cet ordre.</p>



<p><strong>Vas-tu te réengager dans la campagne d’Emmanuel Macron&nbsp;? Pour la même fonction que dans la campagne précédente aux côtés de Brigitte Macron&nbsp;?</strong></p>



<p>S’il décide d’y aller, je serai le premier à le soutenir. S’il se décide, il s’engagera plus tard dans la campagne, puisqu’il est président sortant. La campagne sera plus courte, il y aura moins de meetings. Est-ce que je serai aussi proche de lui&nbsp;? ce serait différent. Je serai plus intéressé de m’engager sur un aspect politique que sur un aspect technique. Avoir une vraie vision, et porter des vraies propositions pour améliorer le programme. Mais je ne le ferai que si je sens qu’à aucun moment, je ne porterai pas atteinte à mon entreprise. Pas pour moi, mais pour les gens qui se sont engagés dans le projet. Je ne m’impliquerai que si je sens que l’ossature est solide.</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrie</strong>r</p>



<p>Photos&nbsp;: D.R</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Inaki Aranceta, on se sent auto-emprisonné</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/12/14/inaki-aranceta-on-se-sent-auto-emprisonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Dec 2020 17:35:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Bar La Loco]]></category>
		<category><![CDATA[Inaki Aranceta]]></category>
		<category><![CDATA[La Loco]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Pays Basque]]></category>
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					<description><![CDATA[La Loco, c’est avant tout un personnage incontournable de la vie politique locale, Iñaki Aranceta. Mais, aujourd’hui c’est un café musical, alternatif et militant où l’on refait le monde entre amis, camarades et touristes  curieux de trouver un tel lieu de vie culturel totalisant plus de 2000 concerts en 30 ans. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6666" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-7.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-7.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-7-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p></p>
<h2 style="text-align: center;"><strong><span style="color: #993366;">INAKI ARANCETA, ON SE SENT AUTO-EMPRISONNE</span></strong></h2>
<p>Sur cette petite table de bistrot, posé, plié en deux, le journal l’Anticapitaliste version papier de l’organe de presse du NPA. N° 450 daté d’octobre 2020. Son prix, 1,5 euros. Le titre, il en jette, style Gueule Ouverte, pour cracher le morceau. Deux mots en coup de poing, COLERE et SOLIDARITE. A côté, trois calendriers, deux des pompiers, l’un du WWF. Au crayon de papier, des noms de groupes musicaux griffonnés, mais pas que, du théâtre impro, des dates de manifs….Sur le haut de l’un d’eux, un post-it, une liste de 10 noms d’artistes ou groupes, brassage musical assuré avec de la techno, du blues, du reggae, du latino…quelques noms… Auguste Wood, Lena Arnaud, Tortilla Flat, Marius Docteur Flat…Iñaki compte du doigt en laissant glisser son index sur l’éphéméride «&nbsp;voilà, on avait annulé depuis mars 33 évènements. En juillet – août, 12 autres ont annulé. Et là, je viens d’annuler jusqu’à Pâques».</p>
<p>La Loco, comme les 21 bistrots de Millau, a tiré son rideau. La porte est cependant grande ouverte. A l’intérieur, le froid est pénétrant, une petite odeur de troquet &nbsp;prend aux narines. Dehors, il pleut à sceaux, ciel gris, poisseux, migraineux. Boulevard Gambetta, ça roule fort, ça engage fort.</p>
<p>Iñaki Aranceta, le Basque surnommé ainsi par ceux qui ne sont pas intimes avec lui, se tient le dos droit, lunettes sur le front, masque sous le menton, près de son bar, les deux coudes sur l’une de ces petites tables rondes. Il épluche la liste des concerts annulés puis ouvre son courrier. Une lettre retient son attention. Un instant perplexe «ah oui, c’est pour mon fils quand il s’est fait prendre dans une manif à Aurillac en soutien pour les sans papiers&nbsp;». Montant de l’amande 130 euros&nbsp;sur décision de justice.</p>
<p>La Loco, au-delà de cette enseigne et de cette terrasse, c’est avant tout un personnage incontournable de la vie politique locale encore dernièrement inscrit sur la liste d’extrême gauche conduite par Camille Valabrègue lors des Municipales 2020. Sur ce coin de trottoir, entre la Capelle et le pont de Cureplat, La Loco, ce n’est pas vraiment un café de quartier. Il le fut autrefois, lorsque Jeannot tenait ce Routier. Aujourd’hui c’est un café musical, alternatif et militant où l’on refait le monde entre amis, fidèles, camarades et touristes baguenaudant entre camping et centre ville curieux de trouver un tel lieu de vie culturel et sa scène musicale totalisant plus de 2000 concerts en 30 ans. Je me suis assis en face du patron. Il faisait froid. Devant moi, je pouvais lire les affiches aux slogans antifascistes, anti BAC et antiracistes. Iñaki apporta une cafetière et deux tasses de café. L’entretien pouvait débuter.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6662" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-3.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-3.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-3-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6671" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-12.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-12.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-12-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-12-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6660" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-1.jpg" alt="" width="1000" height="655" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-1.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-1-300x197.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-1-768x503.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong>Gilles Bertrand&nbsp;: Tu es l’une des grandes figures du militantisme local. Où et quand prend racine cet engagement toujours chevillé au corps après 45 ans de lutte&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. Iñaki Aranceta&nbsp;:</strong> J’étais sans doute fait pour cela. Toute ma jeunesse, je l’ai passée avec la fin du franquisme et la lutte contre le fascisme. Car nous vivions la répression dans toute la société mais pas que, dans les usines aussi comme ici, dans mon «bled», à Mondragon qu’on appelle maintenant Arrasate. Dans une ville de 22&nbsp;000 habitants comme celle-ci, avec le nombre d’exilés, de tués et d’emprisonnés, on se sentait tous concernés. Qui n’avait pas été au moins une fois au commissariat pour une garde à vue&nbsp;? Par exemple, quand on parle de couvre-feu ici dans cette période de confinement, moi, j’ai vécu cette situation, ces restrictions. Nous avions le droit de nous promener mais uniquement par deux dans la rue.</p>
<p><strong>. De quel milieu social étais-tu originaire&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Mon père, Bénito, travaillait à l’usine comme tourneur-fraiseur. Il est décédé, j’avais seulement 5 ans d’une blessure à l’œil qui a dégénéré. Ma mère, elle, travaillait à la chaîne chez Fagor. A l’origine, Fagor était une société anonyme puis elle est passée coopérative. Mais finalement, le travail est resté le même. C’était du travail à la chaîne où tu t’auto-exploites.</p>
<p><strong>. A la fin du franquisme, nous sommes donc en 76 – 77, tu as tout juste 20 ans, quel est ton statut&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> J’ai fait partie de la première génération d’instituteurs de l’après franquisme. C’est un métier que j’avais choisi et mon premier fut à Vitoria. Nous pensions tous que nous irions vers un changement radical surtout pour l’économie mais pas nécessairement en rapport avec la question basque. Nous souhaitions renoncer à l’éducation de l’époque, comme le lever du drapeau, la prière matin et soir. Mais plus généralement, nos convictions portaient sur la libération et l’amnistie des prisonniers, pour l’acquisition d’une vraie démocratie et le soutien à la classe ouvrière. Arrasate était une ville très ouvrière. J’étais membre de l’LAIA, l’organisation des travailleurs basques révolutionnaires».</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6672" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-13.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-13.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-13-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-13-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong>. A cette époque, la répression est sévère. On surnomme celle-ci de «&nbsp;terreur blanche&nbsp;». Ceci explique-t-il ta fuite pour la France&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> J’étais reconnu comme militant et nous comme militants, nous avons souffert d’une très forte répression. Lors d’une embuscade en 1978, deux de mes amis furent tués par la Garde Civile, Roberto et Zapa (membres des commandements anticapitalistes autonomes) ainsi qu’Emilia, la mère d’un des blessés de cette fusillade. Nous étions très intimes, des amis d’enfance. Nous avions fait nos études ensemble, on jouait au foot ensemble (Arrasate est une ville qui a formé de nombreux joueurs professionnels). A la suite de cela, j’ai décidé de fuir et je me suis réfugié en France près de Bayonne comme clandestin. Puis j’ai été victime d’une rafle et j’ai été emprisonné deux mois à Bayonne. Dans un premier temps, j’ai été condamné au tribunal de Pau puis en appel j’ai été relâché au bénéfice du doute avec une interdiction de séjour dans 9 départements.</p>
<p><strong>. Ce qui explique ton arrivée sur le Larzac, chez José Bové. Comment expliques-tu ce point d’ancrage&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Je cherchais un lieu d’accueil et franchement, je n’avais pas envie de m’enfermer dans un appartement à Paris. Je connaissais des paysans basques. Ils étaient en lien avec José Bové (ils étaient membres de l’ELB, un syndicat paysan proche de la Confédération Paysanne). Ils m’ont parlé du Larzac et je suis arrivé chez José. Je peux dire que le Larzac m’a servi pour construire une nouvelle vie. Je travaillais à la ferme, au foin, à la traite. Puis j’ai fait l’école d’agriculture à St-Affrique puis à la Roque à Rodez pour monter un élevage de lapins.</p>
<p><strong>. Avec succès&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Non, ce n’était pas bon financièrement. Les lapins avaient de l’eau et pas nous. Ce furent des moments très durs. Avec des hivers très froids. On avait une maison sans fenêtre. On allait au puits, on cassait l’eau avec des pierres. Dans la maison, on avait même des stalactites. (Rires…). Je me souviens, un jour, on revient du super marché. On pose la viande sur la table. On retourne à la voiture chercher le reste. En revenant, la viande était déjà congelée. Cette maison, c’était une machine à congeler. On était jeunes et forts&nbsp;! La nuit, on pensait même qu’on allait crever. Heureusement, Christian Barbu et Claudine Randon nous ont sauvés, on est allés vivre chez eux et j’ai commencé une nouvelle vie.</p>
<p><strong>. En arrivant à Montredon chez José Bové, quelle personne découvrez-vous&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> silence….</p>
<p><strong>. Je reformule ma question. A cette époque, quelle était la nature de son engagement et quelles étaient les convictions de José Bové&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> silence….J’ai encore la lettre qui m’a permis de venir ici et d’être accueilli sur le plateau. Bové, il m’a permis le fait de sortir de là-bas….Silence….(Iñaki hésite quelques secondes)…Aujourd’hui, on se parle, on se respecte mais on se connaît.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6673" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-14.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-14.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-14-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-14-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6668" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-9.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-9.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-9-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-9-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong>. Tu viens de préciser qu’au contact de Christian Barbu, ce fut le point de départ d’une nouvelle vie.&nbsp; Qu’en fut-il réellement&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> J’étais vraiment dans une galère financière. Ce fut tout d’abord la caravane à frite, un coup de bol. Il s’agissait d’une caravane verte, elle était installée au Four à Chaux. Mais lorsque l’on a su que le Pont du Larzac allait se créer, on a cherché une alternative. Il y avait ce café, chez Jeannot qui était pratiquement à l’abandon. On a eu l’idée de faire un lieu musical. On n’avait jamais fait tavernier, mais bon pourquoi pas&nbsp;? Notre idée, c’était plus de faire des bœufs, d’offrir un lieu pour des répétitions. Je me souviens encore lorsque je suis allé à la banque, au Crédit Agricole, avec José Bové. J’y étais allé pour placer l’argent que je recevais de la famille. On n’avait donc que la caravane comme caution. Et là, je me retrouve au guichet avec Gérard Deruy (l’ancien maire de 1983 à 1995). Le commercial, c’était Bernard Montader, il lui demande «&nbsp;vous le connaissez&nbsp;?». Et Deruy répond «oh oui, tu peux y aller».</p>
<p><strong>. Je passe tous les jours devant la Loco. Et très souvent, je me suis interrogé sur l’origine de ce nom. Car on n’est pas vraiment à côté de la gare. Alors pourquoi&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> On s’est inspiré du Rockstore à Montpellier (lieu mythique de la musique, rue de Verdun, salle de spectacle ouverte en 1986) qui avait une voiture encastrée dans la façade. Et dans Montpellier, un jour, on voit une belle locomotive qui servait à faire griller des marrons chauds avec lampions. Finalement, on a gardé le nom, la Loco, mais on n’a jamais pu acheter la locomotive. Nous n’avions plus d’argent pour cela.</p>
<p><strong>. Te souviens-tu de ta première soirée&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Finalement, la Loco est devenu un café-concert. Car jamais, je n’aurais pu tenir un café classique. Notre premier concert, ce fut Sabor Latino, un groupe de Chiliens, des copains. Puis il y a eu Zebda. On se connaissait car on militait ensemble à Ras le Front et dans les mouvements antifascistes. Je me souviens, ils m’appellent, ils me demandent «on a un Peugeot G7-G9, vous êtes sûr que ça passe dans les rues avec notre camion&nbsp;?». C’est là qu’ils ont enregistré leur première K7. Et on est devenu amis. On s’est revus récemment avec Mouss et Akim lors d’une manif pour demander la libération des prisonniers basques et le rapprochement des prisonniers avec les familles. Car c’est vraiment la double peine. A l’époque, on en comptait 1000, aujourd’hui, ils sont encore 300.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6661" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-2.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-2.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-2-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong>. La salle ne doit faire plus de 50 mètres carrés. Comment la Loco, au fil du temps, &nbsp;acquière-t-elle cette notoriété&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Depuis des années, je n’appelle plus. Ce sont les groupes qui appellent. Même si parfois, je fais un petit caprice en voulant tel ou tel artiste comme les Massilia, la Ruda Salska, Bernardo Sandoval. Au total, en 30 ans, ça doit faire pas loin de 2000 groupes.</p>
<p><strong>. Finalement, ces groupes qui viennent toquer à la porte de la Loco pour se produire, en dehors d’une scène «ouverte», que viennent-ils chercher ?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> C’est que les gens, ici, ils écoutent. Je me souviens lorsque Bernardo Sandoval s’est produit, on a été contraint de ne plus faire de cafés pour ne pas perturber les silences. Et puis après le concert, les musiciens sont de suite intégrés au public.</p>
<p><strong>. Mais ce succès à un prix, avec pas mal de tracas avec les riverains, la BAC…</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Il se retourne, au fond, sur le mur, une petite affiche défraîchie punaisée, trois grosses lettres écrites au feutre, B-A-C pour trois mots «Brigade Archi Criminelle». Les plus gros problèmes, nous les avons eus avec Jacques Godfrain. Je crois même que c’était écrit dans sa profession de foi lors d’une élection. Il voulait la fermeture de la Loco. Mais finalement, c’est nous qui l’avons plié. Puis, il y a eu Guy Durand. Ce fut très dur. Il nous disait «oui» et le contraire aux voisins. Sous Durand, nous nous sommes retrouvés plusieurs fois au tribunal. La BAC nous harcelait. Presque tous les soirs, ils étaient là. Sous Saint-Pierre, on amenait notre programme et c’était bon. Car même si la Loco est lieu privé, on joue qu’en même un rôle associatif et culturel. Aujourd’hui avec Gazel, nous n’avons aucune relation. Personne ne se préoccupe de savoir si on est encore vivant.</p>
<p><strong>. Bien d’autres auraient craqué avec le temps face à ces tracasseries. Quelle est la flamme qui permet de tenir&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Non, ce n’est pas cela qui peut me démoraliser. Douter&nbsp;? Non, non jamais. Ce qui me démoralise, c’est la lutte lorsqu’elle n’avance pas. C’est ce qui se passe actuellement.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6669" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-10.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-10.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-10-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-10-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6663" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-4.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-4.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-4-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-4-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></strong></p>
<p><strong>. Tu es membre du NPA, le parti anticapitaliste de Philippe Poutou. Est-ce que pour toi, la lutte est globale ou segmentée&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Pour moi, la lutte est globale même si certaines me touchent plus que d’autres comme la libre circulation des personnes, des migrants, la défense des services publics, comme la défense des hôpitaux. Et d’ailleurs, les évènements actuels nous donnent raison sur le problème de l’hôpital.</p>
<p>Il ouvre le journal l’Anticapitaliste. Il s’arrête sur un texte et commente…&nbsp;«&nbsp;Aujourd’hui le gouvernement nous a réduits à cette expression travail – famille et patrie. Travail car seul aujourd’hui le travail justifie nos déplacements. Famille car on doit s’enfermer uniquement en famille et patrie car c’est l’obéissance à un chef. Et on est réduit à cela.&nbsp;»</p>
<p><strong>. Lors des récentes Elections Municipales 2020, tu étais membre de la liste anticapitaliste, pourquoi un tel engagement&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> S’engager pour les Municipales, ce n’est pas une envie de pouvoir mais c’est important car c’est là que se joue la vie de tous les jours. Il faut prendre comme exemple le cas de Bordeaux avec la liste Poutou. Bordeaux en Lutte a fait naître une dynamique fabuleuse. Ils ont apporté au Conseil Municipal la lutte de tous les jours. C’est donner une voix à ceux qui n’en n’ont jamais. Et puis une élection, ça te laisse une expérience. Ce n’est qu’un passage pour poursuivre la lutte comme maintenant avec la Convergence des Luttes. Tu prends l’exemple du compteur Linky. On s’y est pris un peu tard, mais on a gagné le droit de ne pas l’avoir. Beaucoup de gens qui n’avaient jamais combattu sont venus dans cette lutte, même des personnes âgées, et aujourd’hui on les revoit au marché et ils nous demandent pour d’autres luttes. Même si aujourd’hui, c’est un peu plus difficile de mobiliser car les gens ont d’autres peurs.</p>
<p><strong>. Aujourd’hui, tous les bistrots et restaurants de Millau sont fermés. Pour la Loco, la situation est-elle critique après 14 semaines de fermeture&nbsp;?</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Depuis mars, nous avons annulé 33 évènements et cet été, la moitié a été annulée soit 12 concerts et là, je viens d’annuler toute la programmation jusqu’à Pâques. Ma femme s’est même inscrite en intérim. Tous les jours, je suis en contact avec les artistes. Plein n’ont plus de revenus alors que les groupes continuent à payer le loyer de la salle de répétition. Chanter, c’est un métier, ils ont envie de montrer ce qu’ils savent faire. C’est la première fois que l’on se sent auto-emprisonné et privé de libertés.</p>
<p><strong>. La vie du café doit manquer, les copains, les clients fidèles, les voisins, &nbsp;les concerts bien sûr…</strong></p>
<p><strong>. I.A.&nbsp;:</strong> Le café, c’est un lieu de vie sociale, un lieu de rencontres, d’expression culturelle. Oui, ça manque, les discussions, les engueulades aussi. La Loco, c’est tout cela, des débats d’idées, des amitiés, ces clients amis depuis 30 ans. On parle de politique mais c’est surtout parler de la vie de tous les jours, le copain qui n’a pas de boulot, pas d’appartement. On discute et ça, on ne peut plus le faire. Finalement, on est en République, on peut aller à l’église mais on ne peut plus aller à la Maison du Peuple. On peut aller au culte mais on n’a plus accès à la culture. Finalement, pour la fin de l’année, on a donné priorité à Noël mais on a sacrifié le 1<sup>er</sup> janvier. Cela nous donne encore de bonnes raisons de lutter.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6674" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-15.jpg" alt="" width="1000" height="667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-15.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-15-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-15-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></p>


<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-11.jpg" alt="" class="wp-image-6670" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-11.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-11-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-11-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-8.jpg" alt="" class="wp-image-6667" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-8.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-8-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-8-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-6.jpg" alt="" class="wp-image-6665" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-6-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/inaki-aranceta-cafe-concert-la-loco-6-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>
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		<title>Marina Di Giorno, concertiste, pianiste et chanteuse (PART II)</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/12/09/rencontre-avec-marina-di-giorno-concertiste-pianiste-et-chanteuse-part-ii/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Anais Bertrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Dec 2020 16:39:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[artiste]]></category>
		<category><![CDATA[chanteuse]]></category>
		<category><![CDATA[concertiste]]></category>
		<category><![CDATA[Covid19]]></category>
		<category><![CDATA[marinadigiorno]]></category>
		<category><![CDATA[pianiste]]></category>
		<category><![CDATA[piano]]></category>
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					<description><![CDATA[]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div id="vc_row-685c7b91e8d1a" class="vc_row wpb_row vc_row-fluid thegem-custom-685c7b91e8cef8751"><div class="wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12 thegem-custom-685c7b91e95097934"><div class="vc_column-inner "><div class="wpb_wrapper">
	
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				<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #a87b36;">MARINA DI GIORNO, CONCERTISTE, PIANISTE ET CHANTEUSE (PART II)</span></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #a87b36;"><strong>Bon nombre de métiers ont été sévèrement impacté par la crise sanitaire cette année . Marina Di Giorno, pianiste concertiste et chanteuse fait partie des artistes qui ont vu leurs concerts reportés de multiples fois avant d&#8217;être annulés. Plus question de voyages à travers le monde ou de représentations devant une salle comble. L&#8217;artiste touche à tout, qui a créé le festival Classico Frenzy sur Millau, a dû puiser dans ses idées et sa motivation pour faire face à la covid. Entre incompréhension, déception et ténacité, la jeune artiste se livre dans ce deuxième épisode. </strong></span></p>

			</div>
		</div>
	
</div></div></div></div><div id="vc_row-685c7b91e99d7" class="vc_row wpb_row vc_row-fluid thegem-custom-685c7b91e99d19443"><div class="wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12 thegem-custom-685c7b91e9aeb9693"><div class="vc_column-inner "><div class="wpb_wrapper"><div class="gem-youtube gem-wrapbox gem-wrapbox-style-no-style rounded-corners gem-wrapbox-position-below" style="width: 100%;"><div class="gem-wrapbox-inner gem-ratio-style" style="padding-top: 56.25%"><iframe class="gem-wrapbox-element img-responsive" width="100%" height="300" allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="//www.youtube.com/embed/Tq_q0OGzapo?rel=0&amp;wmode=opaque"></iframe></div></div></div></div></div></div>
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		<title>SIDA, une journée mondiale morose</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/12/01/sida-une-journee-mondiale-morose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Dec 2020 13:01:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Noëlle Tardieu]]></category>
		<category><![CDATA[RELAIS VIH 12]]></category>
		<category><![CDATA[SIDA Journée Mondiale contre le Sida]]></category>
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					<description><![CDATA[La journée mondiale contre le SIDA du 1er décembre n’aura pas l’habituel retentissement en raison de la crise du COVID, qui monopolise les médias. En Aveyron, Noëlle Tardieu, qui œuvre contre cette maladie au sein l’association RELAIS VIH 12, le regrette en soulignant aussi combien cette période difficile perturbe les actions de prévention et dépistage.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#961b1b" class="has-inline-color">SIDA, Une journée mondiale morose</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#a41616" class="has-inline-color">La journée mondiale contre le SIDA du 1<sup>er</sup> décembre n’aura pas l’habituel retentissement en raison de la crise du COVID, qui monopolise les médias. En Aveyron, Noëlle Tardieu, qui œuvre contre cette maladie au sein l’association RELAIS VIH 12, le regrette en soulignant aussi combien cette période difficile perturbe les actions de prévention et dépistage.</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-medium is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/SIDA-2-300x240.jpg" alt="" class="wp-image-6544" width="348" height="278" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/SIDA-2-300x240.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/SIDA-2-1024x818.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/SIDA-2-768x614.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/SIDA-2-1536x1228.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/SIDA-2-2048x1637.jpg 2048w" sizes="(max-width: 348px) 100vw, 348px" /></figure></div>



<p>Un premier décembre très fade. <strong>Noëlle Tardieu</strong> ne dissimule pas sa déception de voir cette journée mondiale du SIDA passer au deuxième plan : «&nbsp;Je le ressens beaucoup aujourd’hui. Ce matin, comme d’habitude, j’ai écouté France Inter et ne l’ai pas entendu citer une seule fois. Heureusement, il y a eu le film hier soir sur France 3.&nbsp;»</p>



<p>Certes, elle admet qu’elle s’attendait à ce passage à la trappe du SIDA dans cette année dominée par l’actualité du COVID et maintenant de son vaccin. Mais elle s’indigne tout de même des conséquences&nbsp;: «&nbsp;Si on laisse de côté le VIH, c’est dangereux. Déjà en réalité, on ne maîtrise pas cette maladie, puisqu’on enregistre <strong>6000 à 6500</strong> nouvelles contaminations chaque année. Il ne faut pas se relâcher&nbsp;!&nbsp;»</p>



<p>Et depuis près de 20 ans qu’elle-même a été diagnostiquée du VIH, elle ne s’est jamais relâchée. D’abord pour se soigner, car sidéenne, elle est passée à deux doigts de la mort. Ensuite depuis 2008, pour s’engager au quotidien dans l’association <strong>RELAIS VIH 12.</strong></p>



<p>Avec un credo très simple&nbsp;: «&nbsp;L’idée est que si ce que j’ai vécu et surmonté peut servir à quelque chose. Même si c’est seulement pour une personne&nbsp;! Je peux parler de ma vie pour expliquer pourquoi il faut se faire dépister. Et mon ancienneté dans la maladie me permet aussi d’aider les nouveaux cas, en leur rendant la vie plus facile.&nbsp;»</p>



<p>Avec aussi en ligne de mire, l’envie de modifier cette «&nbsp;<strong>SEROPHOBIE</strong>&nbsp;», encore tellement présente dans le grand public. Comme elle le résume&nbsp;: «&nbsp;Les mentalités n’ont pas évolué aussi vite que les traitements. C’est aussi parce que nous, les malades, on vit caché, on n’en parle pas. En Aveyron, on a peur de s’avouer SEROPO&nbsp;».</p>



<p><strong><span style="color:#911a1a" class="has-inline-color">200 à 300 personnes porteuses du VIH en Aveyron</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/sida-7-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-6553" width="271" height="361" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/sida-7-768x1024.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/sida-7-225x300.jpg 225w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/12/sida-7.jpg 1134w" sizes="(max-width: 271px) 100vw, 271px" /></figure></div>



<p>Ce sont pourtant 200 à 300 personnes vivant dans l’Aveyron, qui sont positives au VIH, avec environ 190 personnes suivies sur l’hôpital de Rodez, seule structure habilitée, et les autres tantôt sur Montpellier pour la zone Millau, tantôt sur Cahors pour la zone Villefranche de Rouergue.</p>



<p>L’association «<a href="http://www.relaisvih12.fr/"> RELAIS VIH 12</a> » intervient, elle, sur deux aspects, la prévention, et l’accompagnement et suivi, en s’épaulant sur un groupe de personnes, vivant toutes avec le VIH, et deux salariés à temps partiel, Noëlle Tardieu et <strong>Vladislav Nikolov</strong>.</p>



<p>Cette année, la crise sanitaire a largement perturbé leur travail. Les actions de prévention, qui se concentrent sur les publics en difficulté, n’ont pu se dérouler normalement pendant plusieurs mois, de mars à juin, puis à nouveau pour ce deuxième confinement. Les lieux habituels de rencontres, Restaus du Cœur, Centre d’hébergements, Missions Locales pour les jeunes, n’ont pu être investis, pour transmettre le message de l’efficacité d’une détection précoce, qui touche habituellement environ 5 à 6000 personnes en Aveyron.</p>



<p>Comme l’explique Noëlle Tardieu&nbsp;: «&nbsp;Maintenant, la prévention ce n’est pas que le préservatif. Les traitements médicaux sont aussi efficaces. Le médicament curatif peut aussi se prendre en cure après un rapport à risque, ou avant une période où les relations sexuelles peuvent être multiples.&nbsp;»</p>



<p><strong><span style="color:#951b1b" class="has-inline-color">On ne meurt plus du SIDA !</span> </strong></p>



<p>Le message transmis intègre aussi un constat simple&nbsp;: «&nbsp;Il n’y a pas de vaccin. On ne guérit pas du SIDA. Il y a seulement un traitement.&nbsp;» Un traitement très efficace, puisque cette «&nbsp;ancienne&nbsp;» souligne&nbsp;: «&nbsp;On ne meurt plus du SIDA&nbsp;! Le traitement est maintenant bien plus léger, avec un seul cachet par jour. Les effets secondaires sont plus faibles. Sans oublier aussi qu’un SEROPO sous traitement depuis plus de 6 mois ne transmet plus le virus. D’où l’importance de le détecter et de le traiter le plus tôt possible. Pour lui, et aussi pour ne pas le transmettre. C’est important pour l’entourage.&nbsp;»</p>



<p>«&nbsp;<strong>RELAIS VIH 12</strong>&nbsp;» s’engage également pour cette détection précoce, car habilitée depuis trois ans à effectuer un test rapide à partir d’un prélèvement d’une goutte sur le doigt, utile pour retrouver le VIH et l’hépatite. Ce sont ainsi environ 50 à 60 tests effectués chaque année, essentiellement auprès de personnes éloignées du système de santé.</p>



<p>Avec la crise sanitaire, la prévention a pris une tournure inédite, avec l’organisation de quelques visio-conférences avec les jeunes des Missions Locales, et l’intervention sur des sites de rencontres dédiés aux personnes gay.</p>



<p>Pour Noëlle Tardieu, le téléphone est devenu l’outil privilégié pour poursuivre son travail d’accompagnement des malades. Et d’autant que le confinement, surtout le premier, a provoqué une montée de l’anxiété chez les personnes atteintes, en particulier des plus anciens contaminés. Ceux-là, touchés dans les années 80-90, ont vécu un véritable retour en arrière. Le COVID 19 leur a rappelé cette douloureuse période de leur vie, et a fait monter la crainte que ce virus-là les terrasse.</p>



<p><span style="color:#8c1818" class="has-inline-color"><strong>Les malades décrochent du suivi médical</strong> </span></p>



<p>Mais les messages d’apaisement distillés par RELAIS VIH 12 et l’infirmière du service des Maladies Infectieuses de l’hôpital de Rodez ont limité les manifestations d’angoisse. Avec tout de même à noter, un décrochage au niveau du suivi des examens médicaux, de certains malades inquiets de se rendre à l’hôpital.</p>



<p>Cette journée du 1<sup>er</sup> décembre a permis à quelques <strong>spécialistes du SIDA</strong> de prendre la parole pour insister sur les risques provoqués par la diminution des soins médicaux et des détections, avec la création de véritables bombes à retardement en raison des décalages trop grands entre la contagion, le dépistage et le traitement.</p>



<p>Mais la poursuite d’un demi-confinement n’a pas permis aux équipes de RELAIS VIH 12 d’intervenir dans les lycées de Rodez, et la Roque, comme à l’habitude, pour véhiculer des infos précises sur cette maladie. C&#8217;est le plus grand regret de Noëlle Tardieu&nbsp;: «&nbsp;C’était l’occasion de s’adresser à tous les publics, pas seulement aux défavorisés. Tout le monde peut être concerné. Car un gay est forcément passé par le lycée.&nbsp;»</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Texte : <strong>Odile Baudrier</strong></li><li>Photo : D.R.</li></ul>



<p>RELAIS VIH 12 : <a href="http://www.relaisvih12.fr/">www.relaisvih12.fr</a></p>
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		<title>Quel avenir pour la Halle Viaduc</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2020/11/27/quel-avenir-pour-la-halle-viaduc/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Nov 2020 18:15:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Halle Viaduc]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Viaduc de Millau]]></category>
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					<description><![CDATA[Après des années fastes avec notamment les visites du chantier en bus - cabriolet, la Halle Viaduc connait depuis une décade un destin précaire sans trouver une vraie orientation pour ce bel espace placé dans un lieu stratégique de Millau. Quel avenir pour la Halle...notre dossier]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-6528" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-2.jpg" alt="" width="1000" height="657" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-2.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-2-300x197.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-2-768x505.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></h2>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #333399;">QUEL AVENIR POUR LA HALLE VIADUC ?</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#1129b2" class="has-inline-color">Après des années fastes avec notamment les visites du chantier en bus &#8211; cabriolet, la Halle Viaduc connait depuis une décade un destin précaire sans trouver une vraie orientation pour ce bel espace placé dans un lieu stratégique de Millau. Quel avenir pour la Halle&#8230;notre dossier</span></strong></p>



<p>«Attendez, ne partez pas, je vais vous montrer quelque chose&nbsp;». <strong>Christian Combemale</strong> s’éclipse de cette grande salle de séjour chargée de nombreux souvenirs de voyage, dont cette belle collection de masques africains.</p>



<p>Quelques instants plus tard, nous nous installons, les deux coudes sur le bois d’un long bar vernis «tenez, regardez…». Dans ses mains, le Livret-Guide du Touriste édité pour la saison 1921 – 1922, ainsi que le Guide Michelin année 1923 vendu au prix de 20 francs et cette note éditée par le Syndicat d’Initiative de Millau datée de février 1923.</p>



<p>Cette année là, le S.I., fondé le 5 avril 1911, compte déjà 450 membres. Dans le Comité de Pilotage, nous retrouvons des noms prestigieux, la cantatrice Emma Calvé, le sculpteur Denys Puech, le romancier et poète François Fabié et l’homme politique André Balitrand.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright"><img decoding="async" width="300" height="289" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-1-300x289.jpg" alt="" class="wp-image-6527" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-1-300x289.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-1-768x740.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-1.jpg 1000w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure></div>



<p>Dans ces documents d’époque, balayés d’un regard curieux et amusé, quelques phrases en feuilletant ces pages jaunies sautent aux yeux. Elles sont savoureuses. En voici quelques-unes «Il faut encourager le Syndicat d’Initiative travaillant dans un esprit patriotique et désintéressé&nbsp;»…&nbsp;» «&nbsp;Le Syndicat d’Initiative est une association amicale de bons Millavois qui se propose d’entretenir la bonne santé physique et mentale de tous ses adhérents et de cimenter des liens de fraternelle amitié entre tous&nbsp;»…Quant aux grandes orientations du S.I., elles se résument en quatre grandes lignes «Faire de Millau le centre de tourisme des Causses et Gorges du Tarn…» «&nbsp;Protéger les sites et les curiosités artistiques ou naturelles»…&nbsp;» «&nbsp;Développer le commerce et l’industrie»…et enfin&nbsp; «attirer et retenir les étrangers et les touristes en leur rendant un séjour facile et agréable». Comme quoi, il y a cent ans déjà, attractivité, environnement et communication étaient déjà &nbsp;les maîtres mots d’un directoire présidé par <strong>François Bompaire</strong>, l’ancien maire de la ville.</p>



<p>Christian Combemale, l’ancien voyagiste et autocariste, n’est pas peu fier d’exhumer de sa collection d’archives ces documents d’un temps pas si ancien que cela. Car entre publicités pour les Galeries Parisiennes, pour l’hôtel Nogarède à La Roque, pour le garage de premier ordre A. Gombert avec son école de chauffeurs ou bien encore pour la <strong>Bière de Millau</strong> et la brasserie Touren, ces pièces authentiques témoignent à leur lecture que finalement rien ne s’invente réellement, les intentions, les ambitions restent les mêmes et traversent les époques, juste les mots changent.</p>



<p>Christian Combemale est dans le tourisme depuis sa plus tendre enfance. Sur l’une des photos anciennes ornant l’un des murs d’un long couloir, on le voit en culotte courte, habillé d’un pull au col blanc dépassant, accroché à la portière d’une belle décapotable des années 50, trois jeunes filles à sa gauche, les parents encadrant ce gros modèle familial.</p>



<p>Le père Combemale, René, était cafetier à <strong>Meyrueis </strong>mais également bistrotier, restaurateur et taxi. «Lui aussi, il faisait déjà des visites en décapotable» commente le fils. A droite de cette photo, une autre, tout aussi évocatrice, a trouvé bonne place dans ce mur à souvenirs. Elle montre les premiers bus décapotables pour visiter les gorges du Tarn surmontés d’une capote en toile en cas de pluie «&nbsp;vous voyez, je me suis inspiré de cela&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="637" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1-1024x637.jpg" alt="" data-id="6532" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=6532" class="wp-image-6532" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1-1024x637.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1-300x187.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1-768x478.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1-1536x956.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-1.jpg 1803w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="766" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2-1024x766.jpg" alt="" data-id="6533" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=6533" class="wp-image-6533" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2-1024x766.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2-300x224.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2-768x574.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2-1536x1149.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/meyrueis-2.jpg 1762w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Christian Combemale n’a pas eu à retourner mille clapas pour trouver la bonne aventure et dénicher l’idée lumineuse qui fut celle de créer une ligne de bus décapotables pour assurer pendant les années «folles» du <strong>Viaduc de Millau</strong> les visites du chantier dans un premier temps puis celles de l’ouvrage lorsque celui-ci fut inauguré en décembre 2004. Une succes story bien de chez nous que cet infatigable promoteur du tourisme local raconte toujours avec la petite flamme qui a servi à nourrir, pour lui et son épouse, une force de travail dévorante. Cette aventure-là voici «au départ, personne n’y a cru. On commençait juste à faire des trous. J’ai finalement réussi à les convaincre et j’ai signé un contrat de trois ans avec l’exclusivité d’emprunter la piste Nord en payant une redevance de 20&nbsp;000 euros par an».</p>



<p>Mine de ne pas y toucher, le regard plissé, ce flibustier des Gorges du Tarn a le bon flair. Il débute avec un petit bus de 15 places. Trois mois plus tard, 900 visites sont assurées par week-end pour grimper à 89&nbsp;000 rotations par an «c’est à partir de là que j’ai fait construire en Espagne deux bus cabriolets&nbsp;»&nbsp; poursuit-il en expliquant les petites astuces de ce vieux brisquard à qui on ne l’a fait pas «&nbsp;je me souviens, je téléphonais à <strong>Boubal</strong>. Je lui disais «il y aura une giclée dans 15 minutes. Tiens-toi prêt». Une giclée dans le langage codé, c’était 50 visiteurs redescendus du Viaduc, les yeux émerveillés mais le gosier asséché «à peine descendus, on les guidait chez Boubal. Tout était déjà prêt et en 15 minutes la tournée était servie. Je peux le dire «c’était peut-être une niche, mais on a travaillé, c’était des temps heureux».</p>



<p>Un temps, l’épicentre de ces visites fut le Mandarous avant de migrer à la Halle Viaduc enfin inaugurée où les touristes se pressent pour grimper dans ces bus jaunes et rouges aux couleurs de la ville, avec ou sans poncho selon la météo et la Pouncho en immuable fond d’écran.</p>



<p>Si des initiatives privées naissent rapidement dans l’irrésistible souffle créé par la construction de cet ouvrage d’exception, citons les bateliers du Viaduc, les bus «impérial», les produits dérivés créés par Daniel Jamme et l’entreprise l’Ourson, les élus se chamaillent et ferraillent pour accrocher Millau à cette dynamique. Frédéric Dune alors directeur de la CEVM se souvient «effectivement, dans le cœur de ville, nous avions la base de départ des cars mais chacun voulait son expo pour attirer et fixer les touristes». <strong>Jacques Godfrain</strong> alors député &#8211; maire de la ville crée le Musée du Viaduc dans l’enceinte d’une ancienne école proche des Halles. Commentaire de Frédéric Dune «si le Viaduc fut construit dans de bonnes conditions, c’est aussi grâce à Jacques Godfrain car il s’est battu à nos côtés&nbsp;mais sur ce projet de musée, ce n’était pas une bonne idée. Pour moi, parler du Viaduc, ce devait être soit au <strong>Cazalous</strong>, soit à <strong>Brocuéjouls</strong>. Et la preuve, ces deux sites furent de grands succès».</p>



<p>A chaque décade, ses modes, ses courants d’idées, les années 2000, c’est effectivement la mode des centres d’interprétation, des maisons en tout genre, la maison de la truffe, de la cerise, le musée de l’eau, <strong>Micropolis</strong>…les projets sortent des cartons et fleurissent dans chaque canton. Jean-François Dumas, alors directeur des services de la communauté des communes, est au cœur de ce tourbillon qui empare la ville de Millau. Une décade heureuse, des saisons touristiques à rallonge, le grand rêve de tous les directeurs d’O.T., des restaus, des bistrots, des hôtels over-bookés à l’année, des entrepreneurs qui triment carnets de commandes à bloc, de l’intérim en pagaille, le baromètre de l’économie locale tape dans le beau fixe. Cela marque la fin de la déprime d’une amère période post-ganterie. Millau l’Eldorado, c’est presque Durango dans le Colorado. Jean François Dumas explique «la ville et la com-com allèrent bénéficier d’un plan de valorisation du Viaduc avec la création d’un comité de pilotage&nbsp;pour que Millau bénéficie d’un maximum de retombées en offrant une vitrine stratégique».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-5.jpg" alt="" class="wp-image-6530" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p></p>



<p>Après une grosse année de travaux évalué à 3 millions d’euros, ainsi naît la Halle Viaduc, ce carré de verre posé au corner de la rue du Rajol sur l’assise d’anciens lavoirs. Un projet lancé dans un contexte politique tendu entre Jacques Godfrain le maire et Jean Luc Gayraud, son dauphin, alors président de la Communauté des Communes et vice-président du département. Ca ferraille dur entre les deux hommes, le Journal de Millau s’en fait les choix gras. L’ancien élu, désormais installé à Albi, totalement affranchi de la politique locale, revient en plongeant dans ses souvenirs, sur la genèse de cette création «notre crainte était que tout se passe en dehors de Millau. Nous avons donc imaginé une triangulation en reliant la ville au Viaduc. Que cela parte d’un bâtiment, qu’il soit le point de départ des navettes et en faire le pivot de l’attractivité du territoire». Par ailleurs, la communauté s’élargit, les conseils communautaires sont à l’étroit, le besoin d’un amphithéâtre est réel pour réunir les 50 élus. Dans sa phase de réalisation, ce projet ne rencontre que peu d’opposition. <strong>Jean-Louis Esperce</strong> fut l’une des rares voix locales à critiquer ce concept. Dans une tribune récente n’écrivait-il pas pour rafraîchir la mémoire</p>



<p> de certains «Personnellement je m’étais opposé à ce concept consistant à créer un centre d’interprétation…Cette formule ne pouvait attirer les utilisateurs de l’A75. J’avais indiqué qu’il était préférable d’avoir un lieu d’accueil à l’aire de Brocuéjouls…Rapidement elle s’est donc révélée effectivement en décalage complet par rapport aux ambitions de ceux qui l’avaient voulue».</p>



<p><strong>Jean Luc Gayraud</strong> se souvient des échanges qu’il qualifie de «musclés&nbsp;» avec Eiffage «nous avons réussi à garder le pont bleu mais également les pistes de chantiers qui devaient disparaître. Nous n’avions pas tout à fait les mêmes objectifs. Je pense qu’ils se sont mis au tourisme à notre contact» mais il admet néanmoins qu’à l’arrêt brutal des visites, aucune réflexion ne s’est engagée sur l’avenir d’une telle structure. Les bus cabriolets mettent le clignotant, les visiteurs toujours attirés par la grandeur de cet ouvrage, préfèrent le contact physique, nez au vent et regard émerveillé proposé sur le promontoire de l’aire de Brocuéjouls. Jean Luc Gayraud le reconnaît «nous aurions dû faire évoluer cet espace mais la question de laisser tomber ce lien entre la ville et le viaduc ne s’est jamais posée» une position rejoignant celle de <strong>Jean François Dumas</strong> «il n’y a pas eu de vraies études approfondies. Nous avions finalement trois pôles mais un s’est révélé de trop. Les expos présentées nécessitaient une certaine culture. C’était trop virtuel. Finalement, les visiteurs souhaitaient avant tout être en contact avec le viaduc, le toucher».</p>



<p>Le Viaduc et ses 5 millions de passage annuels, installé immuablement dans le paysage des causses, le filon des visites se tarit et l’aire d’autoroute prend le pouvoir, une réussite pourtant loin d’être imaginée comme le rappelle en un clin d’œil amusé &nbsp;le journaliste Jacques Bréfuel dans une édition du Journal de Millau de juillet 2020 «à ce sujet aucune des nombreuses études réalisées sur “l’après-viaduc” n’avait prévu cette importante fréquentation de l’aire, jugée par ces études, comme une simple aire de repos pour soulager des besoins naturels !&nbsp;». Fin de l’état de grâce, la fonctionnalité de la Halle Viaduc se pose&nbsp;: que faire de cet espace stratégique, 200 mètres carrés de plein pied situé au cœur même du projet Capelle où s’est recentrée l’activité commerciale du centre urbain&nbsp;?</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/11/Halle-Viaduc-.jpg" alt="" class="wp-image-6526" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p></p>



<p>La Halle Viaduc désormais à quai, pourtant arrimée au centre commercial, connaîtra des fortunes diverses. Après de lourds investissements, cette baleine, c’est ainsi que l’on qualifie ce type de lieu urbain à la dérive, devient sous la municipalité Durand un lieu de formation pour les étudiants du M.E.S. Puis la partie haute est transformée en Maison des Grands Evènements. Là encore, cet espace ne trouve pas sa vocation. Dernier projet en date, l’implantation de la Maison de la Région Occitanie retoqué en une volte face de la communauté des communes provoquant la colère d’Emmanuelle Gazel.</p>



<p>Aujourd’hui la Halle du Viaduc, partie haute, coule des jours de solitude, portes closes et vitres teintées empoussiérées. Curieusement lors de la dernière campagne municipale, le devenir de ce bâtiment ne s’est jamais invité dans les débats, écrasé par les dossiers sensibles, hôpital, EPHAD, piscine, cœur de ville…</p>



<p>Cinq mois après un second tour se jouant à une lame de rasoir, <strong>Christophe Saint-Pierre</strong>, le maire sortant battu pour 47 voix, le reconnaît «oui, ce fut une interrogation régulière. C’est un peu le serpent de mer. Mais lorsqu’un bâtiment a été construit avec une orientation précise, il est toujours délicat d’arriver à le requalifier». L’archéologue aujourd’hui engagé sur un projet&nbsp; d’expertise sur le site de Sylvanès confirme qu’à la fin de son mandat, une réflexion fut lancée à propos de l’Hôtel de Galy, la Maison des Entreprises et deux sites directement liés à l’histoire du Viaduc, les Cazalous en jachère dévorés par les ronces et les herbes folles et la Halle Viaduc pour une meilleure gestion des services de la com de com. En cas de victoire pour un second mandat, quelle était donc sa vision pour la Halle&nbsp;? Sa réponse rejoint la position de la liste Ramondenc «soit en lien avec l’éducation, soit en lien avec sa vocation touristique. Pour dans un cas, apporter un complément pour le pôle d’enseignement supérieur notamment pour l’accueil ou soit créer une maison des guides pour les sports de pleine nature».</p>



<p>Avant les élections municipales, le dernier projet en date pour redonner vie à cette Halle fut celui visant à implanter la Maison de la Région Occitanie, un dossier retoqué en une brusque volte face de la communauté des communes provoquant la colère d’Emmanuelle Gazel. Mais désormais installée dans le fauteuil de maire, la nouvelle élue n’a pas dit son dernier mot sur ce dossier. Son analyse débute par un constat de simple bon sens «&nbsp;c’est un lieu idéalement placé avec La Capelle, en cœur de ville, avec une vitrine ouverte sur la rue. C’est un lieu qui a du potentiel mais qui n’a pas trouvé son attribution. Sous Guy Durand, il y a bien eu des projets comme celui de la Maison des Grands Evènements mais ce n’était pas au niveau du bâtiment. Ou bien encore comme l’an passé avec l’exposition sur la filière brebis et le cuir, mais c’est trop ponctuel». &nbsp;En conclusion de cette première expertise, elle ajoute «les Millavois ne se sont pas appropriés ce lieu».</p>



<p>L’ambition d’Emmanuelle Gazel ne fait donc aucun mystère, réactiver ce dossier au niveau de la Région et le représenter au niveau local car affirme-t-elle «ce lieu tel qu’il est correspond exactement au cahier des charges d&#8217;une Maison de la Région pour devenir un lieu d’animation, un lieu de vie et de service public utile à la population&nbsp;et au plus proche des gens comme par exemple celle de Mende qui marche très bien». Avec trois compétences bien définies, les transports, l’économie et la formation, le secteur dont elle est en charge au niveau de la Région et de citer cet exemple «avec des agents présents pour accompagner, nous pourrions travailler sur l’image de certains métiers. Comme ceux du bâtiment qui souffrent d’idées préconçues. Nous pourrions organiser des rencontres, des journées d’animation&nbsp;avec les Compagnons du Devoir par exemple pour chasser les mauvaises idées sur ces métiers. Au final pour mieux répondre aux demandes locales».</p>



<p>En ces temps de crise et de doute, l’accueil, l’écoute, le soutien n’ont jamais été aussi cruciaux pour commerçants, restaurateurs, cafetiers, entrepreneurs petits et grands sans oublier le monde associatif également très impacté par la crise sanitaire. Dans un premier temps, la Halle Viaduc peut-elle ré-ouvrir ses portes comme lieu d’accompagnement pour chasser les démons, pour limiter à court terme la casse sociale et économique&nbsp;? Ne serait-ce que pour la génération covid en grand désarroi, il y a urgence.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/layerslider/Millau-2020-Emmanuelle-Gazel-démocratie-participative/Emmanuelle-Gazel-Démocratie-participative-Millau-2020-29-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-3551" width="1160" height="760"/></figure>
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