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	<title>A Millau &#8211; Live Aveyron</title>
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	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
	<lastBuildDate>Thu, 14 Oct 2021 06:33:49 +0000</lastBuildDate>
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	<title>A Millau &#8211; Live Aveyron</title>
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	<item>
		<title>Nicole PUECH, le combat contre le cancer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Oct 2021 01:34:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Aveyron Cancer]]></category>
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					<description><![CDATA[Après avoir été frappée par la maladie, Nicole Puech s’est impliquée pour la Ligue contre le Cancer, et depuis sept ans, elle se mobilise pour le projet de la Belle de Millau, qui a réuni plus de 2000 participants en 2019, sa dernière édition. La marche-course programmée le dimanche 24 octobre se prépare activement pour la 7ème année. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">Nicole PUECH, le combat contre le cancer</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Ni<span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">cole Puech compte parmi les chevilles ouvrières de la lutte contre le cancer en Aveyron. Après avoir été frappée par la maladie, la</span> Mi<span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">llavoise s’est impliquée pour la Ligue contre le Cancer, et depuis sept ans, elle se mobilise pour le projet de la Belle de Millau, qui a réuni plus de 2000 participants en 2019, sa dernière édition. La marche-course programmée le dimanche 24 octobre se prépare activement pour la 7<sup>ème</sup> année.</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8482" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <strong>Odile Baudrier </strong>: <em>Pour la 7<sup>ème</sup> année, tu es impliquée dans le projet de la « Belle de Millau », dans le cadre d’Octobre Rose, qui mobilise beaucoup de monde, avec également de nombreuses animations mises en place chaque samedi au cœur de Millau. Cette édition 2021 suscite visiblement beaucoup d’enthousiasme ?</em></p>



<p>. <strong>Nicole Puech</strong> : Oui, je suis agréablement surprise de voir l’enthousiasme des gens qui viennent s’inscrire. Depuis deux ans, ça leur manquait.</p>



<p>. <em>C’est aussi la preuve que la vie redevient normale.</em></p>



<p>. Tout à fait. Et une chose importante aussi est qu’on leur demande s’ils ont le pass sanitaire, et pratiquement tout le monde l’a. Seulement deux personnes ont indiqué qu’elles ne l’avaient pas.</p>



<p>. <em>Tu as commencé à t’impliquer dans ce projet il y a 7 ans, il s’est intégré dans Octobre Rose, une opération nationale qui est montée en charge depuis 4 ou 5 ans. Comment accueilles tu cet enthousiasme ?</em></p>



<p>. Déjà que je suis très enthousiaste, je suis vraiment ravie. Et je me repète, c’est grâce aux Templiers et à Kévin (Bertrand) qu’on a pu avoir cette belle manifestation. Nous, tous seuls, à Sud Aveyron Cancer, on aurait été incapables de mener cette opération. A l’origine, Sud Aveyron Cancer menait des quines, des ventes aux marchés, recevait des dons. Nous avons environ 250 adhérents, qui ramènent 2500 euros de recettes. Mais grâce à la Belle, nos dons pour la recherche ont beaucoup augmenté.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-3-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-8481" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <em>Comment avait été créée l’association Sud Aveyron Cancer ?</em></p>



<p>. Cela fait 14 ans, en 2007, qu’elle a été créée. Suite à ma maladie, un cancer du sein. J’ai été contactée par des gens de la Ligue contre le Cancer de Rodez pour représenter la Ligue sur Millau. Nous avons créé une association distincte, qui fait partie intégrante du Comité Départemental.</p>



<p>. <em>Qu’est ce qui a motivé qu’après cette maladie, tu aies voulu t’impliquer aux côtés des malades, de la recherche. Pourquoi vouloir aller plus loin que la plupart des malades, qui, finalement tournent la page et reprennent leur vie normale ?</em></p>



<p>. Il se trouve que trois ans après moi, j’ai aussi vécu la maladie d’une personne très proche de ma famille. Ma motivation a été multipliée, je ne peux pas dire par combien ! En plus, c’était une gamine qui avait 16 ans. Je l’ai accompagnée pendant une semaine dans un service en pédiatrie à l’hôpital. J’ai vu tellement d’enfants malades pendant une semaine que c’était impossible, une fois revenue à Millau, de m’arrêter là, de ne pas continuer cette aventure.</p>



<p>. <em>Cela t’a donné une motivation supérieure</em></p>



<p>. Oui, quand on l’a vécu vraiment, c’est vraiment différent que de simplement cotoyer les malades.</p>



<p>. <em>Le cancer marque aussi souvent un changement radical de la vie, un stop aux projets.</em></p>



<p>. Moi, j’avais 64 ans, je ne travaillais plus, je n’avais plus de projets de travail. Mais une gamine de 16 ans, ça change tout. Au point de vue projet scolaire, la personne est déboussolée. Elle est désemparée et se cherche pendant un moment.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8483" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <em>Tu as voulu t’impliquer dans cette lutte qui oblige à beaucoup de contacts avec des malades. N’est-ce pas parfois difficile d’être constamment plongée dans la maladie ?</em></p>



<p>. Non, pas du tout. Parce que je l’ai tellement vécu. Quand on l’a vécu, on ne peut pas ne pas s’intéresser aux autres.</p>



<p><em>. Pourtant beaucoup d’anciens malades ne s’y intéressent pas.</em></p>



<p>. Oui. C’est vrai aussi que certains ont envie d’en parler et d’autres non. On respecte.</p>



<p><em>. Tu es souvent une bouée de secours pour les malades ?</em></p>



<p>. Oui, beaucoup de téléphone. Beaucoup de rencontres. Mais c’est très intéressant et enrichissant.</p>



<p><em>. On recherche tes conseils ?</em></p>



<p>. Des conseils, je n’ai pas le droit d’en donner. C’est du domaine du médical. Chacun a sa façon d’être soigné. Moi, ce que j’amène, c’est de la joie, de la gaieté et l’envie de se battre. Toujours positif, jamais négatif.</p>



<p><em>. Cette aventure t’a aussi amenée à côtoyer des médecins, des chercheurs. Quelles sont les rencontres que tu as pu faire en 14 ans ?</em></p>



<p>. J’ai été marquée par ce premier samedi de décembre où l’on rencontre à Rodez ces chercheurs d’une simplicité incroyable. Ils sont là pour recevoir leur allocation de recherche, certains ont les larmes aux yeux. Ils sont tellement heureux de recevoir ces allocations. Il faut rappeler que la Ligue est le premier financeur privé de la recherche en France. Et les chercheurs disent bien que s’ils n’avaient pas les aides de la Ligue et des autres associations, ils ne savent pas trop où ils en seraient.</p>



<p><em>. Ensuite, as-tu eu l’occasion d’avoir des retours sur les études faites grâce à cet argent donné par le Comité de l’Aveyron ?</em></p>



<p>. Quand ils reviennent, ils nous expliquent ce qu’ils ont fait pendant l’année.</p>



<p><em>. Parfois, n’y a-t-il pas du découragement de voir qu’il y a beaucoup de chercheurs, de mobilisation, mais que malgré tout, la maladie ne diminue pas, voire augmente. Comment l’appréhendes-tu ?</em></p>



<p>. La maladie augmente, mais les traitements sont devenus de plus en plus pointus. Beaucoup de cancers se guérissent maintenant. Le cancer du sein, grâce à un dépistage. Un cancer dépisté, cela donne 90% de guérison. Le souci actuellement est le cancer du pancréas, qui guérit difficilement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8484" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p><em>Justement, durant les confinements et cette crise du COVID, la prévention a beaucoup souffert.</em></p>



<p>Oui, le président de la Ligue a écrit à tous les adhérents, pour informer qu’il y avait de gros soucis. Et qu’il y a aussi des médicaments qui ont manqué. La Ligue s’en préoccupe.</p>



<p><em>Avant de t’engager dans Sud Aveyron Cancer, tu étais une commerçante à Millau. Avais-tu déjà eu des engagements associatifs&nbsp;?</em></p>



<p>Je m’occupe depuis de très longues années de l’association des Amis de l’Hôpital. Je suis trésorière depuis une douzaine d’années. L’association intervient financièrement ou physiquement dans les maisons de retraite, pour des animations auprès des pensionnaires, chorale, quines, peinture… Mais cela fait deux ans que c’est un peu à l’arrêt.</p>



<p><em>Comment t’es-tu intéressée à cette association&nbsp;?</em></p>



<p>Je ne peux pas rester sans rien faire. Il me faut le contact avec les gens. Quand je me suis arrêtée de travailler, il fallait que je trouve quelque chose à faire. Je dois dire aussi puisqu’on parle de l’hôpital, que l’association Sud Aveyron Cancer paie une esthéticienne pour épauler les malades du service oncologie. Cela fonctionne très bien. La semaine dernière, elle a reçu 22 personnes. Et la Ligue paie aussi une sophrologue pour aider aux soins, que la perfusion se passe mieux.</p>



<p><em>Toi-même, tu as bénéficié de soins de ce type&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, j’ai été opérée à Montpellier, et j’ai effectué mon protocole de soins à Rodez, où j’ai pu bénéficier d’une sophrologue. De tels soins sont importants pour les malades. La perfusion passe mieux quand on s’occupe d’eux. Et l’esthéticienne apporte du confort.</p>



<p><em>Tout le mois d’octobre, on te retrouve au Chalet de la Belle de Millau tous les après-midis pour recevoir les inscriptions. Est-ce de bons moments&nbsp;?</em> Oui, on voit plein de gens différents. Des malades, d’anciens malades. Un monsieur âgé du quartier vient souvent bavarder. Il y a aussi des animations tous les samedis, des majorettes, un danseur brésilien… C’est enthousiasmant de voir tous ces jeunes s’impliquer dans cette lutte&nbsp;!</p>



<p>Interview Odile Baudrier </p>



<p>Photos : Gilles Bertrand</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Hervé Seitz, la biologie sans bornes, la course cent bornes</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/23/herve-seitz-la-biologie-sans-bornes-la-course-cent-bornes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Sep 2021 15:03:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[100 km de Millau]]></category>
		<category><![CDATA[CNRS]]></category>
		<category><![CDATA[Hervé Seitz]]></category>
		<category><![CDATA[micro-ARN]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 25 septembre 2021, Hervé Seitz aurait été au départ des 100 km de Millau pour la 12ème fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong><br /><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8463" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #a6690d;"><strong>HERVE S</strong><strong>EITZ, LA BIOLOGIE SANS BORNES, LA COURSE CENT BORNES</strong></span></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #c47b0c;"><strong>Le samedi 25 septembre 2021, Hervé Seitz se serait présenté au départ des 100 km de Millau pour la 12<sup>ème</sup> fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 2 secondes places et 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant dès le 26 mars les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.</strong></span></p>
<p> </p>
<p>Habituellement, le trajet Millau &#8211; Montpellier ne dure que 1h15. En ce mardi matin, il était donné pour 1h 45. Et pour une fois, je n&#8217;allais pas râler et trépigner, les mains crispées sur le volant sur ces inévitables bouchons asphyxiant les abords de Juvignac.</p>
<p>Cela me laisserait le temps de réviser cette petite fiche de bristol à portée de mains, collée sur l’écran de la radio, un œil sur la route, parfois le regard porté loin sur le St-Guiral se découpant dans la brume.</p>
<p>De ma plus belle écriture j&#8217;avais noté la définition du génome, de l&#8217;ARN, de la micro ARN, de l’acide nucléique…Les raisons d’un tel bachotage express, version la génétique pour les nuls, j&#8217;avais rendez-vous avec Hervé Seitz, biologiste émérite, chercheur spécialiste sur la micro-ARN et chef de laboratoire au CNRS de Montpellier mais pas que, également coureur de 100 kilomètres, connu dans la sphère ultra pour avoir remporté à quatre reprises l’épreuve iconique millavoise.  </p>
<p>Je l&#8217;avoue, même avec la meilleure volonté du monde, en me garant aux portes de la guérite marquant l&#8217;entrée de ce Centre National de Recherche Scientifique, je nageais encore en eaux troubles dans ces structures tridimensionnelles et le « plasma » de l&#8217;infiniment petit, grand ordonnancier et gouverneur du monde vivant.  J&#8217;ai présenté mon pass sanitaire, le QR code validant mon autorisation à pénétrer dans ces lieux sensibles et mon passeport, la barrière s&#8217;est levée, je suis rentré.</p>
<p>J’ai poussé la porte de l’entrée principale, j’ai descendu quelques marches, j’ai suivi les flèches « HERVE SEITZ, impact systémique des petits ARN régulateurs ».  Je n’ai pas eu de mal à trouver la pièce 506, à droite, d’un long couloir sombre. Sur la porte d’entrée, deux blouses blanches pendues, scotchée, l’annonce d’une conférence programmée symboliquement le 11 septembre, date anniversaire de l’attentat des Twin Towers à New York  « Epidémies, catastrophes, peurs, le terreau des sectes et des charlatans de la santé » et puis cette Une du Journal de Millau reconstituée « Hervé Seitz la déchéance ».</p>
<p>J’étais en avance, j’ai attendu en lisant sur un panneau d’affichage des bouts de BD découpés et punaisés. Sur l’une d’entre elles, Dieu se grattant la tête, un ange battant des ailes l’interpellant « ils ont découvert le génome humain », Dieu très perplexe de répondre « salops de hackers, il va falloir que je change le mot de passe ».</p>
<p>Hervé Seitz est arrivé, cinq minutes de retard, ce n’est rien. Il s’est excusé en garant dans la partie labo son demi-course au cadre rouge, marque Véran, nom de notre ministre de la santé…ça ne s’invente pas, comme un clin d’œil appuyé. Cheveux bouclés en bataille, barbe de deux jours, short long jusqu’aux genoux, jambes bronzées et musclées, tee-shirt des 100 km de Millau sur les épaules, pas vraiment le plus sexy, mais ce n’est plus à démontrer, au diable les convenances, l’habit ne fait pas le coureur, ni le chercheur, ni le patron d’un labo au CNRS, ni le pourfendeur des fraudeurs sur Youtube en pleine crise Covid, ni l’ancienne grosse tête de l’Ecole Normale Supérieure. Il raconte ce souvenir « l’ENS, j’y suis rentré en 1997. Ce fut l’un des évènements les plus heureux de ma vie. Là, j’ai les yeux qui se mouillent rien que d‘en parler. C’est un endroit, tu as moitié de scientifiques et l’autre moitié des littéraires dans chaque promotion. C’est l’endroit qui te sélectionne et qui met ensemble tous les asociaux, tous les intellos à lunettes comme j’avais l’impression d’avoir été ».</p>
<p>« On visite ? », pas d’entrée en matière, un franc-parler bien marqué avec un sourire de gamin juvénile sur les lèvres pour ce jeune quadra au verbe facile, au débit chute du Niagara. A la seconde porte ouverte sur une réserve de pipettes et d’éprouvettes, je savais déjà tout sur les difficultés à trouver des financements « là, je viens de trouver 500 000 euros sur 4 ans auprès de l’ANR », embrayant direct sur la mise en commun des équipements, le chercheur d’expliquer « On ne travaille plus comme les érudits du 17<sup>ème</sup> siècle, où chacun dans son château fait ses observations astronomiques avec son propre télescope. Là, on peut avoir un super télescope que tu partages. Pour notre science qui est une science expérimentale, l’important, ce sont les échanges humains. Tes collègues peuvent avoir une idée que toi tu n’as jamais eu même s’il s’agit de ton sujet de recherche depuis des années. Ils peuvent poser la question que tu ne t’es jamais posée et vice-versa. C’est de la confrontation des cerveaux que naît parfois la vérité ».</p>
<p>Puis, nous sommes allés saluer Sophie, au fond d’un petit bureau, le nez sur son écran à rédiger sa thèse. Bientôt, elle volera de ses propres ailes comme le jeune Hervé lorsqu’il s’envole pour les Etats Unis, quatre ans durant, avant d’être recruté par le CNRS pour monter son propre laboratoire.</p>
<p>Nous étions dans le couloir adjacent, un « éméritat » de passer à nos côtés, Hervé Seitz m’expliquant à brûle-pourpoint, qui sont ces chercheurs retraités autorisés à hanter les labos du CNRS. En deux couloirs et trois portes ouvertes, j’étais déjà bombardé d’informations, j’ai levé le nez de mon cahier noirci d’une écriture hiéroglyphe que j’étais bien incapable de relire. J’ai osé « Hervé, je pense que nous allons nous assoir pour mener l’entretien car, là, c’est comme si je devais te suivre sur 100 km. Je ne tiens pas le rythme ». Nous avons quitté le bâtiment, nous nous sommes assis près du parking, face à face, chacun les deux coudes sur une table en bois. Yeux dans les yeux, j’étais enfin à armes égales pour suivre la pensée vive de ce chercheur à la fois émotif mais explicite, un brin libertaire m’embarquant sur cette grande scène imaginaire où un chef d’orchestre à la baguette allume et éteint des gènes dans tout le génome comme on appuie bêtement sur un interrupteur pour ne pas descendre les escaliers dans le noir.</p>
<p>Un petit vent frissonnant s’invitait dans notre conversation. Je souhaitais revenir à ce 26 mars 2020, lorsque Hervé Seitz sortait de sa coquille, tel le bernard-l’hermite, pour croquer à vif le professeur Raoult. L’entretien pouvait débuter.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8461" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg" alt="" width="2048" height="1352" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1024x676.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1536x1014.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p><strong>. G.B. : En mars 2020, en pleine crise Covid, le biologiste que tu es, se fait connaître en rentrant dans le débat public en intervenant sur la plate-forme Youtube pour dénoncer ce que tu estimais être une fraude commise dans une étude menée par le professeur Raoult. Etait-ce un besoin de rétablir la vérité ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Là, la course à pied a joué un rôle très actif dans ce processus. Car mes collègues coureurs non seulement m’ont posé des questions mais surtout, ils n’ont pas voulu entendre les réponses. Nous sommes au début du premier confinement, dans un état de sidération et arrive un héros qui annonce « cette maladie respiratoire, c’est la plus facile du monde à soigner ». Ce héros, c’est le docteur Raoult, le professeur Raoult qui acquière très rapidement le titre de héros national et mondial en disant « on va vous soigner, on va vous sauver ».</p>
<p>Il se trouve que je suis toujours en contact avec des copains de Normale Sup. Un jour, nous discutions de l’actualité et on en vient à parler de cela et un de mes copains, chimiste, me dit « moi, mon petit frère qui est biologiste a fait son stage dans ce labo-là. Ce gars-là, c’est un tyran qui a son idée arrêtée sur ce que doit être le résultat. Et pour être étudiant dans son labo, tu as intérêt à avoir le résultat que le chef attend ». Et ça, c’est la porte ouverte à toutes les fraudes. C’est souvent comme cela que se passent les fraudes scientifiques et c’est plus fréquent que ce que le grand public peut penser. Et là où c’est très insidieux, c’est quand le chef a son idée de ce que doit être le résultat alors que c’est l’étudiant qui fait l’expérience. Et si la fraude est découverte, qui est coupable ? C’est l’étudiant qui prend les coups et qui est vite dégagé avec pertes et fracas, sa carrière scientifique terminée et le chef qui dit « j’ai été abusé par cet étudiant ». C’est un comportement très dangereux.</p>
<p><strong>G.B. : On sent que la curiosité du scientifique est piquée à vif. Ce qui explique sans doute ce désir d’en savoir plus sur les études réalisées dans le laboratoire du professeur Raoult ?</strong></p>
<p><strong>. H. S. :</strong> J’ai donc lu l’article en utilisant mon expertise en biologie. C’était de la médecine et des données statistiques, du jargon que je comprenais. Et là, je m’aperçois, mais je n’étais pas le premier à le signaler qu’il y avait une fraude statistique. Ils avaient exclu de leurs statistiques les patients traités à l’hydroxychloroquine pour qui cela c’était mal terminé. Alors évidemment, si tu élimines les décès de la cohorte et que tu gardes uniquement ceux pour qui cela se passe bien et qu’ensuite tu fais tes statistiques en concluant « regardez, ça s’est bien passé », mais c’est malhonnête. Et cela se voit dans l’article. Mais au moins il faut leur reconnaître qu’ils ont eu dans leur malhonnêteté, l’honnêteté de mettre les vraies données mais si tu sais lire la science, les données, tu te rends compte qu’ils avaient menti dans leurs analyses statistiques et dans leurs conclusions.</p>
<p><strong>. G.B. : Comment naît alors le besoin de communiquer pour dénoncer ce que tu estimes être une fraude ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Mon seul accès au grand public était Facebook. Je poste donc un message pour expliquer que le traitement du Professeur Raoult ne marche pas et qu’il ne va pas vous sauver. De plus, c’est un traitement qui n’est pas anodin donc prudence. Sur ma page, j’ai des amis scientifiques et des amis coureurs pour mon environnement loisir. Les scientifiques ont tous été plus ou moins d’accord avec moi, il n’y a pas eu trop de discussions. Mais chez les coureurs à pied, c’est l’autre moitié de ma vie, j’entendais « tu as tort de dire cela. Oui, ils n’ont pas fait cela dans les règles de l’art mais ils n’ont pas eu le temps. Ils n’ont pas fait comme vous les scientifiques vous l’entendez mais là c’est la médecine de guerre, c’est l’urgence et ils sauvent des vies, donc fermez votre gueule ». C’était l’état d’esprit de l’époque</p>
<p><strong>. G.B. : Comment as-tu répondu pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je me souviens avoir engagé une discussion avec un bon copain qui est Ludovic Dilmi. Il a eu un rôle moteur dans cette histoire. Il m’a battu aux 100 km de Millau en 2013 et je l’ai battu à mon tour aux 100 km de Belvès en 2016. Le mercredi 25 mars, je me couche en me disant, ça m’embête, Ludo c’est un copain, je lui explique mais en retour, il me poste une énième vidéo racontant des choses que je venais de démentir par écrit. Des vidéos réalisées par un youtuber, Idriss Aberkane, connu dans le milieu de la fake science. Il en a fait son métier, il raconte beaucoup de bêtises mais ça sonne bien aux oreilles du grand public. Et le 26 mars, lorsque je me réveille, je dis à ma femme « je vais faire une vidéo car tout ce que je dis est juste inaudible car c’est écrit ».</p>
<p> </p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8467" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p><strong>. G.B. : Cette date du 26 mars marque le début d’une série de 9 vidéos. Comment doit-on se positionner pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Le 26 mars, je fais donc cette vidéo sur Youtube. Il se trouve que dans le contexte de l’époque alors que Raoult était considéré comme un héros mondial, le monde politique se pressant pour le soutenir, il n’y avait pas de voix discordante pour le contredire. Déjà le monde politique n’avait pas les compétences pour comprendre qu’il s’agissait d’une fraude et nous scientifiques, nous n’avons pas cette culture d’aller dans cette espèce d’arène pour dire « vous êtes un menteur ». Il y avait bien des PDF qui circulaient pour dire dans un langage scientifique très soft « nous pensons que cette étude n’a pas été faite dans les règles de l’art » mais en réalité cela voulait dire « ça été mal fait, c’est un mensonge ». J’ai donc utilisé un langage clair « c’est un mensonge, c’est une fraude » et là pour le coup, j’ai été le premier à utiliser ce langage pour appeler un chat un chat. Et cette vidéo est devenue un peu virale car ensuite je suis intervenu plusieurs fois sur des chaînes comme LCI pour alimenter le débat, la controverse. Ils n’avaient personne à opposer à Raoult qui, lui-même, était une grande gueule.</p>
<p><strong>. G.B. : As-tu le sentiment d’avoir rempli ton rôle ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ici dans mon bâtiment mais d’une manière générale, j’ai reçu beaucoup de messages de félicitations et de remerciements de collègues qui ont dit « c’est génial ce que tu as fait, il fallait vraiment le faire ». Mais la question c’est « mais pourquoi eux ne l’ont-ils pas fait ? ». Même un an et demi après, des scientifiques qui ont pris la parole ouvertement contre Raoult, ils sont rares. L’Académie des Sciences a publié un petit communiqué mais dans le langage de l’Académie des Sciences qui n’a circulé qu’entre chercheurs, en vase clos, en atteignant que des gens déjà convaincus. J’ai également reçu beaucoup d’insultes des fanatiques de Raoult. Ce fut un peu pénible car moi, j’ai vraiment cet idéal un peu pédagogique pour répondre à chacun « alors que contestez-vous ? ».</p>
<p><strong>. G.B. : Finalement, as-tu réussi à convaincre ton cercle d’amis coureurs ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Dès le départ, sur cette question scientifique ou médicale, se sont greffées des considérations politiques. Aujourd’hui, des gens attribuent toute la politique sanitaire, les masques, les vaccins, à la personnalité de Macron. C’est pour cela que j’ai fait cette dernière vidéo pour dire « séparez la politique du scientifique, du médical. Si vous êtes un opposant à Macron faites-vous vacciner pour être certain de pouvoir voter contre Macron en 2022 ». Aujourd’hui, les gens que je croise comme à Grabels où j’habite m’interpellent « Hervé, toi qui es scientifique, tu ne trouves pas que ce vaccin est dangereux ? ». Donc on parle mais systématiquement, la discussion retombe sur «oui, mais Macron nous a mentis sur les masques au départ ». Ca, c’est le péché originel. Donc quand les gens te ramènent «le vaccin ne marche pas car je n’aime pas Macron «  tu réponds « mais c’est juste pas la même question ». Maintenant la question est tellement polarisée, tu peux donner les arguments les plus intelligents, il reste une frange impossible à convaincre.</p>
<p><strong>. G.B. : Par ces vidéos, as-tu le sentiment d’avoir affirmé d’une certaine façon tes convictions ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je ne me suis jamais engagé dans le débat politique. Je n’ai participé qu’à une seule manifestation dans ma vie, c’était en 2003 contre la guerre en Irak mais je ne m’étais pas senti à ma place. Moi, je n’aime pas le consensus, je n’aime pas l’unisson. C’est peut-être pour cela que j’ai pris position contre Raoult. Je me rends compte que quand quelqu’un devient vénéré, une espèce de maître à penser, moi systématiquement, dans mon fonctionnement inconscient, j’ai un mouvement épidermique de recul. J’ai été beaucoup froissé par cette ambiance que l’on vit depuis un an et demi avec ces gens qui sont de véritables héros de l’autoritarisme, de la malhonnête et qui ont réussi, c’est leur grand tour de passe-passe, à se faire passer pour des héros de la liberté, de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle alors qu’ils sont l’exact opposé. Je ne m’estime pas libertaire mais attaché aux valeurs de la liberté.</p>
<p>Avec mes vidéos, j’estime que j’ai apporté ma petite contribution à l’édifice. On a une responsabilité en tant que chercheur public car nous sommes des agents du service public. On a des comptes à rendre devant le public.</p>
<p><strong>. G.B. : D’où ce besoin de vouloir expliquer, vulgariser…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui je suis issu d’une famille d’enseignants. J’ai toujours eu ce grand attrait pour ces démarches intellectuelles, pour apprendre, dans les deux sens, moi apprendre en tant qu’élève mais également apprendre aux autres. J’aime beaucoup la vulgarisation scientifique en termes simples pour le grand public, les associations, les clubs de retraités, des collèges, des lycées. A Grabels, là où j’habite, il y a une association Rando Loisirs Culture pour laquelle j’ai donné un séminaire sur le thème de la génétique et je garde le souvenir d’une dame, une ancienne institutrice, une petite dame toute riquiqui qui s’appuyait sur sa canne et qui regardait avec des yeux pétillants au premier rang et à la fin je demandais « vous avez des questions ? » et elle levait toujours le doigt comme une élève. Tu vois, on a toujours besoin de connaissance et c’est cette philosophie qui m’a toujours guidé. Il y a peut-être aussi l’aspect course à pied où tu es habitué à souffrir, on sent une proximité avec le coureur à côté de toi, tu te sens égal et identique à l’autre. Moi mon souvenir de course à pied le plus intense, c’est mon arrivée aux 100 km de Millau en 2014 à la lutte avec Mickael Janne. Je fais second, il me bat, ce fut une défaite mais en termes de force de souvenirs, on courait comme des morts de faim, nous étions au bout de la souffrance, je perdais la lucidité, ma cervelle ne réfléchissait même plus. Je pense que si un jour, je suis sur mon lit de mort, dans les vapes, c’est l’image qui me restera car on a vécu ensemble un tel moment de proximité.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><strong><img decoding="async" class="size-full wp-image-8465 aligncenter" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg" alt="" width="2048" height="1380" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1024x690.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-768x518.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1536x1035.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p style="text-align: left;"><strong>. G.B. : Puisque que tu me tends une perche à propos des 100 km, quittons la sphère chercheur, pourfendeur des fraudes scientifiques, venons-en aux 100 km de Millau. Pourquoi avoir un tel attachement à cette épreuve avec 10 participations et pourquoi verser dans l’ultra. Pourquoi cette quête, toi le chercheur qui semble comblé ici dans cet institut ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Et s’il n’y avait pas eu le Covid, j’en serai peut-être à 12. C’est la course qui me correspond le mieux. Plus jeune, j’étais cycliste, j’ai commencé en minime 2 mais à cause de mes études, je n’avais plus trop le temps de rouler, je me suis mis à courir à Paris en 97-98 lorsque j’étais à l’ENS. Pour moi, les bonheurs intellectuels ont toujours été les plus intenses. Je t’ai parlé de l’intensité de cette lutte avec Mickael Jeanne, j’ai connu cela une fois dans ma vie. Mais des moments fusionnels avec l’intellect où tu t’oublies dans ton effort intellectuel, tu es tellement passionné par ce que tu fais, j’en ai connu plusieurs dans ma vie. Il y a une beauté intrinsèque là-dedans qui te donne une grande satisfaction « ha !!! quel soulagement », un peu orgasmique que j’aime énormément. Et comme tu le disais, maintenant que j’ai choisi d’être chef d’équipe avec beaucoup d’activités qui viennent parasiter cela, comme la recherche de financements, je tâche de garder beaucoup de temps pour discuter Science comme avec Sophie mon étudiante, ce sont des discussions qui me plaisent énormément. Et en même temps, j’ai besoin de me dépenser physiquement, j’ai besoin des deux pour être bien dans ma peau. Courir, ce n’est ni spécialement opposé à l’activité intellectuelle, ni automatiquement associé. Il se trouve que moi, j’aime la science et il se trouve que moi, j’aime la course à pied. Donc je fais les deux.</p>
<p><strong>. G.B. : Quel fut le déclic pour courir les 100 km de Millau ?</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : C’est Jérôme Cavaillé qui m’a décidé. Il était mon directeur de thèse à Toulouse. Il courait, on était devenu copains de course à pied puis on est devenu collègues quand je suis revenu travailler dans son labo. Il y avait aussi Denis Jullien, un autre grand copain. On était tous les trois à courir à Toulouse et dès qu’il y avait un relais, on faisait équipe. Fin 2009, je fais un long footing le long du canal du Midi et au bout de deux heures de course, je me sentais bien. Je me suis dit « un jour, il faudrait essayer une course encore plus longue que le marathon ». Je reviens au labo et je dis à Jérôme « il faudrait que l’on coure les 100 km de Millau ». Nous avions deux copains du labo qui les avaient courus en 14-15 heures et je me souviens de Yves raconter « dans la côte de St-Georges, tu vois les lumières du Viaduc à l’infini et tu avances comme cela et elles ne bougent pas, tu es dans ton monde. Tu souffres, t’as mal, t’es triste mais tu es content, tu as plein d’émotions mélangées » et nous, on disait « ouahh ».</p>
<p><strong>. G.B. : Les 100 km de Millau avaient contaminé le labo…</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : La course à pied, c’est vraiment un sport d’intello, je me souviens avoir expliqué cela à Guy Durand qui était le Maire de Millau à l’époque, à mon arrivée. Il m’avait dit « vous, vous devez être prof ?»… Je lui avais répondu « enfin presque, je suis chercheur, c’est un peu le même milieu »… « ah, oui, ça se voit à votre façon de parler, ah vous êtes chercheur et coureur à pied ?!»…Je lui réponds «la course à pied, c’est un sport d’intello ».</p>
<p>Donc en rentrant du footing, je dis à Jérôme « il faudrait qu’on fasse les 100 Bornes un jour ». Ca c’était en novembre et pour les fêtes de Noël, Jérôme nous envoie ses vœux en nous précisant « pour mes 40 ans, on va faire les 100 km de Millau ». On lui répond « ah mais t’es idiot, on n’y arrivera jamais ». Et ça a maturé un peu et au printemps, on s’est décidés et on s’est préparés.</p>
<p><strong>. G.B. : A la fin d’une première course de ce genre, on se dit « plus jamais ». Qu’en a-t-il été pour toi et tes 2 comparses ? </strong></p>
<p><strong>. H. S.</strong> : On y est venu par accident. Moi, je termine dixième ex-equo, on  a adoré. Bien évidemment, le soir, tu as mal partout, tu es fatigué. Alors effectivement, avec Jérôme et Denis, on s’est dit « oui, on l’a fait » et un mois après « peut-être qu’il faudrait qu’on le refasse un jour » et peut-être deux mois après « allez, on va le refaire l’an prochain ». Et donc en 2011 puis en 2012, nous étions encore là et depuis on n’a pas laissé passer une édition, tous les trois ensemble. Et pour Jérôme qui m’est très précieux, c’était mon directeur de thèse, il m’a beaucoup appris au labo, ce que je fais depuis quelque temps après mon arrivée, après l’interview qui peut être interminable, surtout avec moi (rires… !!!). Après la douche et manger un morceau, je prends un vélo et je vais le chercher. Ca me fait mal partout mais ça m’aide à récupérer. Et quelle que soit son allure, sans se coordonner, il y avait quelque chose de magique car on se retrouvait toujours au kilomètre 90.</p>
<p> </p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8464" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg" alt="" width="2048" height="1341" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-300x196.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1024x671.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-768x503.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1536x1006.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p><strong>. G.B. : Finalement, à Millau, il y a deux courses en une…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> En pleine nuit, ce n’est plus la même ambiance, ce sont deux courses différentes. Nous en tête de course, quand tu arrives, il y a un endroit que j’aime, c’est la borne 99 car il y a toujours une foule qui se masse. En 2015, à ma première victoire, j’ai eu les larmes qui ont coulé sur mes joues. Et mon suiveur, Jean Christophe, me dit « mais tu pleures ? »… «  ben oui, c’est trop beau » et on s’est mis à pleurer tous les deux en passant la borne.</p>
<p>C’est la fête, la kermesse (il s’excuse et se sèche les yeux…. !!!)  alors qu’à une heure du matin, c’est la lune, il n’y a plus personne, chaque coureur dans sa bulle avec sa petite loupiote. Tu vois une enfilade de petites loupiotes dans la côte du Viaduc, chacun dans son monde, dans son silence, tu entends pof pof pof. Les vrais héros sont là avec leur douleur.</p>
<p><strong>G.B. : Deux secondes places puis quatre victoires d’affilée, la victoire devient-t-elle un but ultime ? Une obsession ?  </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui, dans la période préparatoire de la course, je peux me dire « oui, il ne faut pas que je déçoive ». J’ai pu ressentir ce genre de pensée. Mais après, le jour de la course, c’est une telle fête, c’est une peu une délivrance des deux mois et demi d’entraînement vraiment intenses. Pour moi, c’est cela le plus dur. Et le jour où j’arrêterai de courir cette épreuve, ce ne sera pas à cause de la course mais à cause de l’entraînement qui me sera insupportable. Je me suis amusé à regarder les photos de mes départs, j’ai un sourire, je suis heureux de dévaler l’avenue Jean Jaurès, c’est une griserie. Je me revois, la même joie d’être là, la même joie qui se cumule aux joies passées. C’est le moment de l’année « on est à Millau » et la pression s’évapore.</p>
<p><strong>. G.B. : Aujourd’hui, pour cet entretien, tu as mis le tee-shirt de l’édition 2019. Cela a-t-il une signification particulière ? </strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : Mon dernier Millau, c’était donc en 2019. C’était mon premier 100 km de Millau en tant que Papa après un été spécial, avec moins de sommeil, beaucoup moins de temps, beaucoup moins de motivation pour aller courir et même pour aller à Millau. Même dans la voiture pour se rendre à Millau, je disais à Chloé mon accompagnatrice « j’ai l’impression d’abandonner ma fille ». Pendant tout le début de la course, je me suis posé la question de savoir ce que je faisais là et finalement je gagne. Mais c’est surtout lié au fait que Cédric Gazulla, qui était mon principal adversaire, a perdu en partant trop vite. Au sommet de Tiergues, en attaquant la descente sur St-Affrique, quand j’ai vu la voiture ouvreuse au détour d’un virage, j’ai compris que Cédric était là et j’ai retrouvé mes instincts. Et lorsque je l’ai dépassé, je suis revenu mentalement avec ma petite fille et il fallait rentrer à Millau, à la maison et j’ai gagné très détaché.</p>
<p><strong>. G.B. : Comme scientifique, tu as nécessairement un regard tourné vers l’avenir. Quel regard portes-tu sur les 100 km de Millau, une épreuve très attachée à ses racines, à son histoire, à une façon de faire que l’on pourrait juger hors du temps ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ce que j’apprécie beaucoup dans cette course, c’est l’aspect associatif. Tu vois les gens, chacun dans son village cherchant à faire mieux que le village d’à côté. Ils se déguisent, font de la musique et tu vois des gens qui ont beaucoup d’amour pour préparer les tartines. Cela fait partie de mon amour pour cette course. Ils sont heureux de te recevoir. Comme ce couple de personnes âgées, il y a longtemps que je ne les ai pas vues, j’espère qu’ils vont bien. Ils se mettaient toujours avant l’entrée de St-Georges au pied de la descente, kilomètre 53-54, avec des petites chaises de camping, un parasol. Ils avaient la liste des participants et ils s’amusaient à regarder les coureurs passer en entourant les numéros.</p>
<p>A Millau, tu as ton numéro de dossard en fonction du moment où ils reçoivent ton inscription. C’est une illustration de cette religion qu’ils se font de traiter tout le monde sur un même pied d’égalité.  C’est ce que j’adore, c’est cette particularité, il n’y a pas un prix pour le premier, on a tous le même cadeau souvenir, il n’y a même pas un trophée, même pas un podium protocolaire. Même Belvès qui est une course bon enfant, tu as qu’en même un podium et une coupe pour le premier et ils donnent des numéros de dossards aux favoris. Mais rien de cela à Millau.</p>
<p><strong>. G.B. : Cela ne cache-t-il un petit fond de superstition à propos de ton numéro de dossard ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Il se trouve que j’ai eu deux fois le même numéro, le 744 qui est multiple de 3 et en 2019, j’ai eu un dossard qui n’était pas un multiple de 3. Donc je me suis inquiété, le 1019, mais c’était un nombre premier et je n’avais jamais eu de nombre premier. Finalement, cela s’est bien passé aussi. Du coup avec 406 pour l’an prochain, ce n’est ni un multiple de 3, ni un nombre premier, il faudra que je fasse de mon mieux. Les dieux de la numérologie ne seront pas là pour moi.</p>
<p><strong>. G.B. : Tu parles des spectateurs assis sur le bord de la chaussée, j’ai le sentiment que cela s’est un peu perdu. Je me souviens de Tiergues où des fidèles venaient effectivement s’assoir chaque année face à la route de St-Rome marquant le sommet de la montée comme Jo Vors par exemple, une figure locale…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ah la côte de Tiergues, avec ces deux lacets, c’est mon passage préféré. Quand tu montes de St-Rome, c’est une route de montagne…(un silence)… Les deux lacets de Tiergues, ah, le jour où je serai enterré, je demanderai à être dirigé dans cette direction.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8462" width="1160" height="760"/></figure>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Serge Sécail, le sens du collectif</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/22/serge-secail-le-sens-du-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 03:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Sécail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8428</guid>

					<description><![CDATA[Voilà 47 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, qu’il adule pour son esprit collectif. Educateur sportif toute sa carrière, il a assumé durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, et la sortie de son livre, « Millau l’inspirante ». ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#11700a" class="has-inline-color">Serge Sécail, le sens du collectif</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color:#2d6706" class="has-inline-color"><strong>Voilà 57 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, et depuis, de joueur à entraîneur et dirigeant, ce sport l’a façonné par cet esprit collectif qu’il conserve dans toutes les facettes de sa vie. Des années durant, cet éducateur a initié au sport les jeunes scolaires de Millau, avant d’assumer durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, qu’il préside, en parallèle de la sortie de son livre, « Millau l’inspirante »</strong>,<strong> consacré aux grosses associations sportives de Millau.</strong></span></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8434" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Je voulais d’abord revenir sur le beau week-end associatif que tu as pu provoquer en reprenant la direction du Forum des Associations.</strong></em></li><li>Ce forum des associations est une chose très importante à la rentrée pour redémarrer la vie associative, et encore plus après cet épisode COVID où la vie associative a été pratiquement arrêtée. A ce moment-là, beaucoup de personnes ont remarqué que cet arrêt était préjudiciable à la vie de tous les jours, et encore plus pour les gens qui ne sont pas en activité professionnelle. Notamment les retraités, qui sont privés de contacts, de lien social. Je faisais partie de l’équipe précédente, mais je n’avais aucune fonction dirigeante. Quand l’équipe a arrêté, j’ai dit qu’il fallait faire quelque chose pour ne pas que ça s’arrête complètement. Il était question de le confier à la mairie, mais s’il n’y a pas une implication motivée et citoyenne pour donner une autre dimension que commerciale, ce n’est pas bon. Nous avons voulu ajouter un côté festif, convivial. Et la première décision a été de délocaliser le forum, de l’amener du centre ville avec les avantages et inconvénients que ça représentait, au Parc de la Victoire avec les avantages et inconvénients. Au vu des retours, 100% d’associations ont trouvé le lieu plus adapté. Au départ, nous l’avions choisi pour être plus aéré par rapport au COVID, mais il a permis d’ajouter une dimension d’animation et sportive très appréciée.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8432" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Un bilan très positif avec pour clôturer le forum, un spectacle inter-générationnel, réunissant des plus jeunes aux plus âgés.</strong></em></li><li>Là aussi, il s’est agi d’un pari. J’ai l’avantage et l’inconvénient d’avoir un peu d’âge. Donc j’ai un réseau associatif important. A travers une rubrique rédigée dans le journal de Millau, j’ai pu rencontrer des gens du milieu associatif. Dans ce cadre, j’ai rencontré Silva Ricard. Nous avons pu parler de sa vie antérieure. Silva, une femme de talent, qui a du caractère, de la pugnacité, m’a dit Il faut qu’on fasse quelque chose pour redonner le sourire aux gens. Dès le mois de mars, on a démarré sans savoir vraiment ce qu’on allait faire. Et puis de rencontre en rencontre, Silva, qui est très fédératrice, a su mobiliser une équipe à un moment où tout le monde était à l’arrêt. Malgré tout, elle a pu faire travailler par petits groupes,&nbsp;avec deux répétitions générales. Mais avec le cœur, elle a donné du bonheur aux gens. Cela n’a pas de valeur. Quand on voyait les personnes âgées du Foyer Soleil, avec la doyenne de 95 ans, prendre une bouffée d’oxygène, partager avec des petites. C’est beau&nbsp;! Le but du jeu était de redonner espoir et sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La réussite a donc été totale.</strong></em></li><li>Comme on n’avait pas de budget, on est passés par des moments difficiles. La sono a pris l’eau pendant l’averse de midi. Il a fallu trouver une sono de remplacement, Anne Marie Couvert nous a prêté une petite sono pour faire l’après-midi, mais cela ne suffisait pas pour le spectacle de Silva. J’ai appelé mon frère qui est dans la sonorisation, et vit à 1 heure d’ici. Je l’ai joint à 15 heures, et je lui ai demandé de venir nous dépanner. Mais tout cela a ses limites&nbsp;! L’année prochaine, on va repartir sur un format amélioré, avec des professionnels.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton automne est chargé, puisque tu publies le livre sur lequel tu travaillais depuis près d’une année, consacré à des associations de Millau. Comment est né ce projet&nbsp;?</strong></em></li><li>Ce projet est né avec l’arrêt de la vie associative. Moi qui suis impliqué tous les jours, je me suis retrouvé à l’arrêt. J’ai mis à profit cette période-là pour faire remonter toutes les belles initiatives locales que je connais pour y avoir trempé de près ou de loin, et pour apprécier les personnes qui portent ces grandes manifestations. L’idée est venue d’articles sur le Journal de Millau, en plusieurs chapitres. Et le directeur, Thierry Favier, m’a parlé d’un livre où je compile ces articles. Cela a été lancé à Noël dernier. J’ai donc publié ce livre que j’ai appelé <strong>Millau l’Inspirante</strong> car Millau inspire beaucoup de gens dans le milieu associatif, et beaucoup de gens sont peut-être venus à Millau à cause de cette qualité de la vie associative.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Combien d’associations sont présentées dans ce livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai limité par le fait que j’ai voulu transcrire que les associations porteuses d’une manifestation de notoriété et sur la longueur. Que ce ne soit pas éphémère, pour présenter des gens présents sur la durée qui permettent que Millau soit reconnu comme l’excellence associative.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8431" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>C’était la première fois que quelqu’un se lançait dans un tel projet. As-tu été bien accueilli&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai été très bien accueilli. Parfois, les gens étaient surpris. Puis on parle à bâtons rompus. Les gens me connaissent avec mes qualités et mes défauts. Mais ils savent que je ne suis pas un tricheur, et que j’aime les gens. Volontairement, j’ai limité à des manifestations de notoriété, et qui amenaient beaucoup à la ville.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce n’est pas ton premier livre.</strong></em></li><li>Mon premier livre était né d’une déception après l’échec aux Municipales en 2014. J’ai été un peu perturbé. Pour laver les esprits, je me suis mis à écrire un livre autobiographique, que j’ai appelé, en clin d’œil avec le rugby, «&nbsp;<strong>De mêlée en démêlé</strong>&nbsp;». Je lie ma vie à Millau, à travers l’école, le sport, la politique. Ce livre retrace une carrière de bénévole. Il a rencontré un bon succès, avec 550 exemplaires vendus. Les gens se reconnaissent à travers les anecdotes croustillantes de la vie millavoise.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La déception avait été très forte lorsque tu n’as pas été réélu avec la liste de Guy Durand.</strong></em></li><li>Oui, très forte, car pour moi, elle était inattendue. Quand on n’est pas conditionné à quelque chose, cela a été un choc que j’ai maîtrisé grâce à l’écriture de ce livre, à ma famille, ma femme, qui me supporte depuis 45 ans.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu étais d’abord et avant tout un éducateur sportif dans les écoles. Sur quelle période&nbsp;?</strong></em></li><li>C’était une belle période, au service des sports de la ville de Millau, où on enseignait dans les écoles l’éducation physique à tous les enfants du CP au CM2. Avec une équipe d’éducateurs hors pair et innovants, puisque dès 1986, on avait mis en place des stages sportifs multi-activités, qui continuent encore aujourd’hui. Maintenant, c’est la troisième génération d’enfants qui arrivent, les parents, les grands-parents ont connu ces stages&nbsp;! j’ai eu la chance de travailler dans un milieu où nous étions des amis. Avec une très grosse solidarité entre nous, une très grosse confiance. Et je pense qu’on n’est pas étrangers à ce que Millau ait un développement associatif sportif de qualité. En 1986, déjà, on enseignait dans les écoles des sports qui n’étaient pas encore au goût du jour, le kayak, l’escalade. On a donné goût à l’effort. Millau peut se targuer d’être une petite capitale des sports, notamment de pleine nature.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8433" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton implication dans l’associatif s’est surtout manifestée dans le rugby.</strong></em></li><li>Oui, je suis arrivé dans le rugby à 15-16 ans. Auparavant, j’étais passé par les Eclaireurs, l’Hirondelle Millavoise. A l’époque, il n’y avait pas d’école de sport, la seule société sportive qui accueillait des enfants était l’Hirondelle Millavoise. J’y suis resté trois ans. Puis à 12 ans, j’ai rejoint les Eclaireurs avec des copains, j’étais un peu aventureux. On sortait un week-end sur deux en autonomie, avec un chef de patrouille qui avait 14 ans. C’était système débrouille d’entrée&nbsp;!</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et après, tu as découvert le rugby.</strong></em></li><li>J’aurais aimé commencer avant, mais il n’y avait pas de cours. J’étais un petit gabarit. A l’époque, à 16 ans, certains faisaient 25 ou 30 kilos de plus que moi. Avec ténacité, je me suis fait ma place et j’ai trouvé un endroit où j’ai pu m’épanouir. Et on a eu une aventure fantastique puisqu’en 4 saisons, on a franchi 4 étapes, de division d’honneur à division nationale, avec le même groupe. Ce sont des moments uniques, qui te marquent à vie. Et tout le bonheur que j’ai pris, je voudrais le restituer. Donc transmission. C’est ce que je me suis appliqué à faire avec mes copains du service des sports, pour donner le goût, pour avoir envie. Maintenant, nous avons une équipe d’éducateurs, que, pour la plupart, j’ai eu en élèves. Cette transmission est une grande réussite pour moi. Donner envie, que des gens puissent continuer ce que toi, tu as commencé petitement, et qu’ils font maintenant avec plus de talent, c’est une grande satisfaction.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu commences le rugby à 15 ans, et depuis, tu n’en es jamais sorti&nbsp;?</strong></em></li><li>Non. Je suis rentré en 1964 à 15 ans. J’ai quitté le club pendant un an quand j’étais militaire, j’étais sur Toulon. J’ai joué un an, junior, à Toulon. Ma seule infidélité au club&nbsp;! Cela m’a permis de côtoyer des grands noms du rugby qui ont joué en Equipe de France. J’ai eu la chance de jouer avec Daniel Herrero, qui a mon âge, et était le capitaine de l’équipe junior. C’est un personnage, prof de sports, chercheur. C’est un gars qui avait beaucoup d’avance, et une façon de s’exprimer hors du commun. Grâce à ces gens-là, ça m’a permis de prendre confiance. A 20 ans, l’officier des sports m’a dit d’entraîner l’équipe de la base militaire, formée à 80% d’officiers. Moi, j’entraînais des capitaines et des commandants de la Marine, j’ai pris confiance. En rentrant de l’armée, je suis devenu éducateur au club, je me suis formé. A l’époque, ça ne se faisait pas beaucoup, c’était surtout empirique. Je suis parti dès 1971 faire des stages d’initiateur, pour une semaine. Je suis arrivé en 1978 au 3<sup>ème</sup> degré, qui était le plus haut niveau de l’époque. En 1978, je me suis retrouvé propulsé à 30 ans à entraîner l’équipe de Millau, formé de mes anciens partenaires&nbsp;! Moi, j’ai décroché rapidement le jeu, j’ai eu deux accidents de rugby, et je me suis reconverti dans l’encadrement.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu es ensuite devenu un dirigeant du club.</strong></em></li><li>Je suis devenu responsable de l’école de rugby pendant 20 ans. Puis je suis revenu en équipe 1. <strong>On m’appelait Manpower</strong>&nbsp;! Quand il y avait un problème, on faisait appel à moi. J’ai entraîné les seniors 2 fois en cinq ans, pour dépanner. Puis je suis devenu secrétaire du club. Je suis licencié au club depuis 1964.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8435" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce credo école de rugby, entraîneur, cela correspond aussi à des valeurs que tu souhaites transmettre&nbsp;?</strong></em></li><li>Ces valeurs sont importantes et primordiales. Ce sont des valeurs de respect. Le rugby est un sport de combat collectif, avec des règles. Si on transgresse ces règles, on peut tomber dans la violence. Ces règles strictes imposent le respect pour l’arbitrage, même s’il y a parfois des fautes d’arbitrage. Cette forme de respect perdure, et j’espère que malgré le rugby professionnel qui tire vers le haut, avec des exemples pas toujours à suivre, le rugby gardera ces valeurs de respect indispensables. On le voit dans notre société où plus personne ne respecte rien. Il faut qu’il y ait des règles, qu’elles soient acceptées, par tout le monde. N’importe quel joueur qui fait une bêtise doit être sanctionné même si c’est un bon joueur.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et de quand datent tes opinions socialistes&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai toujours eu des idées de gauche parce que mon père a été militant dans ses jeunes années. J’ai toujours baigné dans le militantisme à la maison. Cela nous a donné le goût de la politique. Mon père avait des idées de gauche, il nous a transmis inconsciemment les valeurs dans lesquelles je me retrouvais et qui continuent à m’animer. Je n’ai adhéré au Parti Socialiste qu’en 2012 quand le PS était au plus mal. Moi, j’ai fait l’inverse de beaucoup, qui adhèrent quand tout va bien. J’ai pensé que c’était normal d’adhérer à un parti car sans partis, c’est l’anarchie. Même si ces règles sont parfois transgressées par le milieu politique. On a tendance à dire que c’était mieux avant. Je pense que c’est mieux maintenant. Avant, c’était pire, mais on ne le savait pas. Maintenant, les dérapages sont plus connus.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Lorsque tu as été élu en 2008 sur la piste de Guy Durand, tu n’étais donc pas encarté socialiste à ce moment-là. Tu avais donc été choisi car issu de la société civile et associative.</strong></em></li><li>Guy Durand m’avait choisi car venant de la société civile, et de l’associatif. J’étais à la fois éducateur sportif, et très engagé dans le club de rugby.</li></ul>



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<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc connu un mandat d’élu de 6 ans et une très longue vie associative. Où t’es tu senti le plus utile&nbsp;?</strong></em></li><li>Moi, je dirais qu’on est utile partout. Mais à des postes différents. Educateur, donner de l’éducation, ça n’a pas de prix. C’est la base d’une société bien constituée. Après, quand je me suis retrouvé élu, le regard des autres a changé par rapport à moi. Mais moi, je n’ai pas changé ma façon de fonctionner. Je suis resté le même. Je n’étais pas Dieu le père. Je faisais le maximum pour être utile au milieu associatif à travers la délégation sports et vie associative. Je pense que j’ai été respecté, et que j’ai respecté les gens. Je pense avoir fait des erreurs comme tout le monde, mais je pense avoir été honnête. Mais j’ai vécu aussi comme un échec les «&nbsp;Pieds sur Terre&nbsp;» initiés pendant la campagne. Là, mon manque d’expérience politique a fait qu’on a manqué un acte fondateur. Nous étions en avance en 2009 pour créer cette grande fête autour de l’écologie. Je me suis fais manger par des gens qui, politiquement, avaient de l’expérience, et qui nous ont entraîné dans un créneau trop politisé, qui nous a fermés d’un certain milieu associatif. Alors que l’idée était noble et généreuse de faire de Millau une vitrine et un exemple de ce que pourrait être la vie associative, sport ou culture, en respectant l’environnement, les autres. Nous étions initiateurs d’une belle idée, mais on était peut-être trop en avance à l’époque pour un tel projet. Et on a jeté l’éponge au bout de deux ans.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-8-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8436" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Concernant la nouvelle élection de 2020, pour quelle raison n’as-tu pas souhaité te représenter&nbsp;?</strong></em></li><li>On ne va pas poser le problème comme ça. C’est vrai que j’aurais aimé être pris sur la liste, mais comme toute liste d’ouverture que Manu Gazel a fait, il fallait faire des arbitrages, des équilibrages. Quand Manu m’en a parlé, je lui ai répondu Je viens d’un sport collectif, ne te fais pas de souci, je ne serai pas un caillou dans ta chaussure. Prends des gens plus jeunes, peut-être moins marqués que moi de l’époque Durand, et qui pourrait être un frein à cette envie de fédérer autour d’une belle personne qui est Manu Gazel.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc renoncé sans amertume.</strong></em></li><li>Disons qu’il a fallu que je l’avale, que je le digère. Je n’ai pas du tout d’aigreur. Avec du recul, je me dis aussi que mon épouse est maintenant à la retraite, et qu’être élu est un engagement de tous les jours, matin et soir car moi, je ne me vois pas ne pas être sr le terrain à l’écoute des gens. Là, j’ai un peu plus de liberté, qui permet de faire des choses sans contrainte et avec grand plaisir. Mais je suis attentif à la vie associative et municipale. Manu, je la considère comme une amie, elle m’a d’ailleurs préfacé mon livre et j’ai beaucoup d’affection et d’estime pour cette fille. Mais il y avait trois personnes issues du Rugby sur sa liste, et avec moi, cela faisait quatre. C’était trop&nbsp;! Moi, j’ai 73 ans, j’ai fait mon temps, je serai utile autrement. Tant que j’ai la santé et la pêche, je le ferai.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Le Forum des associations a aussi été un projet qui t’a permis d’atténuer cette déception et de t’impliquer dans un projet collectif comme tu les aimes.</strong></em></li><li>Moi, j’aime cet aspect collectif, comme le rugby. Rien n’est plus beau que les réussites collectives. Elles sont toujours boostées par des hommes et des femmes qui sont à la tête, mais sans cette capacité à fédérer les bénévoles…, on ne pourrait rien faire. Pour moi, et pour les autres personnes de Grands Causses Bénévolat, c’est une grande satisfaction d’avoir su fédérer le milieu associatif pour redonner un peu de couleur et de sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>As-tu un autre projet de livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai un autre projet, toujours dans le milieu associatif local, mais dans d’autres domaines, celui du domaine social, où il y a de belles réussites associatives, avec de belles personnes qui portent ces projets. Cet hiver, je vais commencer les rencontres, je vais attaquer avec une amie, Josette Hart, pour le Jardin du Chayran, qui va fêter ces 20 ans, et qui est une réussite associative exemplaire, qui permet de donner de l’espoir à des gens mal embarqués dans la vie. Je vais m’atteler à ça cet hiver.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> le 20 septembre 2021</p>



<p>Photos&nbsp;: <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8454" width="1160" height="760"/></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8442" width="1160" height="760"/></figure></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Betty Gonzalez, un combat pour l’autisme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Sep 2021 09:03:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
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					<description><![CDATA[Depuis près de deux ans, la Millavoise Betty Gonzales s’implique dans l’association « Millau Autisme » pour mieux faire comprendre ce handicap, qu’elle vit au quotidien avec son fils de huit ans. L’idée originale de « Millau Autisme » est de faciliter la participation des enfants autistes à des activités sportives.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Betty Gonzalez, un combat pour l’autisme</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Depuis près de deux ans, la Millavoise Betty Gonzalez s’implique dans l’association « Millau Autisme » pour mieux faire comprendre ce handicap, qu’elle vit au quotidien avec son fils de huit ans. L’idée originale de « Millau Autisme » est de faciliter la participation des enfants autistes à des activités sportives, avec l’objectif d’augmenter leur autonomie, et aussi de créer des moments de répit pour les familles confrontées à un handicap quelque peu méconnu, et si complexe à gérer.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8381" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Vous êtes présidente de l’Association «&nbsp;Millau Autisme&nbsp;», qui organise ce dimanche la «&nbsp;Marche Bleue&nbsp;» destinée à sensibiliser sur l’autisme. Pourquoi avoir créé «&nbsp;Millau Autisme&nbsp;»&nbsp;?</em></p>



<p>L’association a été créée en décembre 2019, suite à une période difficile que j’ai passée avec mon fils, qui est autiste, sur l’idée lancée par mon beau-père, Guy Marolleau, ancien directeur du Foyer Soleil à Millau, me voyant désespérée et en difficulté. Nous avions passé des vacances ensemble en Espagne. Moi, je n’avais pas pu manger avec eux, pas pu faire de sorties, car le quotidien était très lourd et je m’étais épuisée pendant ces vacances. En rentrant, il a dit « Il faut faire quelque chose pour les enfants, mais aussi pour vous, les parents, pour vous aider. Je te vois, tu es en train de sombrer. Ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas un organisme, une association, qui vienne te soulager un petit peu, qui te permete de passer un bon moment, et lui aussi, pour que tu sois sereine un moment. » L’association est née de là. Guy Marolleau a fait toutes les démarches pour la créer, et m’a demandé de devenir présidente. Puis le COVID est arrivé, mais on n’a rien lâché et l’association a pris son envol depuis un an. Nous avons été suivis par la ville de Millau, le Département, à petites échelles, mais cela a permis de débuter les prises en charge. Nous avons commencé la « Marche Bleue » l’année dernière, avec le soutien des Gazelles, du Rotary.</p>



<p><em>Quelle est l’action choisie par cette association&nbsp;?</em></p>



<p>Nous proposons essentiellement du loisir et du sport, et nous n’agissons pas dans l’éducatif, comme le fait l’association «&nbsp;Autisme Aveyron&nbsp;». L’idée est plutôt de soulager les aidants et les parents de Millau et alentours, et de financer l’inscription à des activités sportives et de loisirs.&nbsp;Il y a une quinzaine de familles adhérentes et huit enfants autistes sont suivis régulièrement. Nous proposons des activités gratuites, par exemple Micropolis ou Pitchouland pendant les vacances, et nous finançons trois éducatrices spécialisées, qui accompagnent les enfants sur les activités sportives et extra-scolaires. Par exemple, un enfant faisait du vélo, c’était compliqué pour lui&nbsp;: on se moquait de lui car il avait des réactions différentes des autres. L’éducatrice a fait tout un travail d’accompagnement avec lui, et d’information auprès des autres enfants pour expliquer ses réactions. Mon fils fera du rugby cette année, accompagné de l’éducatrice. C’est du rugby entre guillemets&nbsp;: il va participer au cours, mais il n’a pas les compétences sociales, surtout qu’il est non verbal, pour effectuer les exercices. C’est plutôt de la psychomotricité, et lui, il s’amuse, il prend plaisir. Il est obligatoire de mettre quelqu’un avec ces enfants-là. Du coup, il peut prendre plaisir et moi, j’ai un peu de répit. L’autisme, c’est vaste, cela va de l’autisme lourd, comme pour mon fils, aux autistes Asperger, qui parlent très bien, et raisonnent. Mais les autistes, qui ont des difficultés au niveau du langage, doivent être accompagnés pour tout. L’accompagnement sur des activités régulières, surtout s’il démarre jeune, permet de gagner en autonomie. C’est aussi le but. Pourquoi pas un jour pourra-t-il y aller tout seul&nbsp;?</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="819" height="516" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1.png" alt="" class="wp-image-8382" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1.png 819w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1-300x189.png 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1-768x484.png 768w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure></div>



<p><em>Votre association s’implique dans le périscolaire et le loisir. Le problème scolaire est-il important en Aveyron pour les enfants autistes&nbsp;?</em></p>



<p>Nous sommes tout de même privilégiés en Aveyron, et à Millau. Nous n’avons pas les problèmes des grandes villes, où énormément d’enfants autistes ne sont pas scolarisés. Il y a de gros problèmes car il n’y a pas assez d’Assistantes de Vie Scolaire, qui doivent être en permanence en classe avec l’enfant. Mais à Millau, il n’y a pas trop ce problème-là, les enfants sont bien accompagnés. La prise en charge est bien faite, tous les professionnels de santé se mettent en lien, pour faire avancer ensemble l’enfant. Pour le mien, ça se passe ainsi. J’ai rencontré pas mal de familles, qui ont fait le même constat que les professionnels avancent ensemble.</p>



<p><em>Avant cette association, faisiez-vous partie d’un groupe de parole de parents d’enfants autistes ou bien viviez-vous plus cette situation en solitaire&nbsp;?</em></p>



<p>Je vivais ça toute seule. C’est lourd parfois car on a l’impression d’être seule à vivre ça. En créant l’association, j’ai rencontré énormément de parents d’enfants autistes. On se sent moins seule. Nous avons pu échanger, au niveau des professionnels de santé, ou des astuces de la vie courante, nous partageons nos expériences. L’association Millau Autisme organise aussi des rencontres parents-enfants, autour d’un repas, d’un apéritif, pour créer un moment d’échanges. Nous avons aussi invité un intervenant qui a fait une formation sur l’autisme pendant une journée, destinée aux adhérents, à tous les parents, et aux personnes intéressées d’en savoir plus sur l’autisme. Moi, avant que le diagnostic tombe pour mon fils, je ne savais pas ce qu’était l’autisme. J’en avais entendu parler, mais pas plus. Quand on est touchés, on s’implique plus, on est dedans toute la journée, on se renseigne, on a beaucoup plus de compétences.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="547" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1024x547.jpg" alt="" class="wp-image-8389" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1024x547.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-300x160.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-768x410.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1536x821.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-2048x1095.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>L’autisme est souvent détecté très tardivement. Selon votre expérience, est-ce que dans l’Aveyron, la détection fonctionne bien&nbsp;?</em></p>



<p>Pour l’Aveyron, ça va. Il faut compter 6 à 9 mois avant d’avoir un diagnostic. Le bilan se fait au Centre Autisme de Rodez. C’est relativement correct quand on voit les délais dans d’autres départements. C’est plus rapide quand le médecin le voit avant les trois ans. Mais j’ai vu des ados de 16 ans en difficulté, et le diagnostic est plus long car ils ne sont pas prioritaires.</p>



<p><em>En quoi consiste le diagnostic&nbsp;?</em></p>



<p>Ce sont des tests, au niveau visuel, sonore, différents selon les âges. A partir de là, un bilan est établi. Mais déjà, on avait des éléments. Il ne regardait pas dans les yeux. Il ne répondait pas à son prénom. Tous les autistes ont des traits de caractère identiques. Ils sont tous captivés par la lumière. Les sons peuvent vraiment les déranger.</p>



<p><em>Pourquoi est-ce important d’effectuer le diagnostic tôt puisqu’il n’y a pas vraiment de traitement pour l’autisme. Est-ce que tout de même cela sécurise mentalement de voir un diagnostic posé sur les difficultés rencontrées&nbsp;avec son enfant ?</em></p>



<p>Généralement, les parents s’en doutent. Quand l’annonce se fait, c’est la douche froide bien sûr. Car là, il n’y a plus de doutes. Mais tous les parents le voient avant même les professionnels. C’est vrai qu’au début, on reste un peu dans le déni, on se dit que c’est une mauvaise période, que ça va passer. Mais en grandissant, on voit bien que ça ne passe pas, que les problèmes grandissent avec lui. Au départ, on se sent seuls, on a l’impression que ça n’arrive qu’à nous. Mais c’est bien que l’autisme soit pris en compte très très tôt car à l’époque, ce n’était pas le cas. On a la mauvaise expérience de voir que des autistes ont 30-35 ans et n’ont pas eu de prise en charge adaptée. Ils n’ont pas développé la parole, les gestes quotidiens. Alors qu’avec une prise en charge dès le plus jeune âge, il y aura une évolution, bien sûr en fonction des enfants. A force de travail, il y a une progression. Il ne faut rien lâcher. Ils peuvent essayer de se construire, et gagner en autonomie.</p>



<p><em>L’autonomie est votre objectif prioritaire.</em></p>



<p>Moi, mon objectif est qu’il parle, qu’il puisse s’habiller. Je ne demande pas grand-chose. Juste les gestes du quotidien. Il n’a que 8 ans, je ne peux pas trop voir l’avenir. Je ne sais pas s’il pourra vivre tout seul, dans un appartement, se faire à manger. C’est un chemin qu’on doit faire aussi dans la tête, nous les parents. Je pense qu’il va arriver à faire plein de choses, car il fait des choses étonnantes. Mais c’est dur pour lui.</p>



<p><em>Peut-on dire qu’il se situe plutôt comme un enfant de 4 ans&nbsp;??</em></p>



<p>En fait, l’autisme n’est pas de la déficience. Pour certains domaines, il réagit comme un enfant de son âge. Et pour d’autres domaines, il n’y arrive pas. Dessiner un bonhomme, il le fera comme un enfant de 4 ans, ou même 3 ans. Mais il comprend tout, il analyse tout différemment. En classe, pour des exercices, il fait différent, mais c’est logique. C’est vraiment une différence, ce n’est pas de la déficience mentale. Ils voient les choses différemment. J’ai fait une formation sur l’autisme. La formatrice nous montrait un landau, et disait que l’Autiste, lui, ne voit pas un landau, il voit 16 triangles, 8 cercles. Il visualise autrement. Les sons sont amplifiés. Tout est différent pour eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8384" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><em>C’est une maladie dont on tend à dire maintenant qu’elle est d’origine génétique. Mais durant toute une période, on a aussi beaucoup culpabilisé les mamans. Avez-vous été confrontée à ça&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, et encore maintenant. En fait, c’est un handicap, pas une maladie. Car une maladie, on en guérit. Mais on naît autiste et on meurt autiste. Il y a une progression durant la vie, mais il ne deviendra jamais non autiste. Oui, la culpabilité est le problème majeur des parents d’autistes. On me dit qu’il est comme ça car tu le couves trop, qu’il ne parle pas car tu ne fais pas bien. Et encore récemment, une maman m’en a parlé à l’association, je suis désespérée, les gens disent que c’est de ma faute. Toutes les mamans s’entendent dire qu’il est comme ça car tu le protèges trop. Mais c’est complètement faux. Et cela ajoute une difficulté. On peut même parler de sur-handicap. L’autisme, ce n’est pas facile, c’est un handicap, une différence, mais ce n’est pas facile de le faire accepter dès qu’on sort de la maison. Pour nous, on ne voit pas qu’il est autiste, ses deux sœurs vivent très bien avec lui. On l’aime comme il est, on l’accepte comme il est. Faire accepter cette différence est très compliqué, car elle est mal comprise. Et ce qui est aussi difficile, ce sont les dossiers de prises en charge, MDPH, trouver les bons professionnels, les problèmes financiers. Cela s’ajoute et c’est difficile à gérer.</p>



<p><em>Cette situation impose certainement une adaptation du travail pour la maman ou le papa. D’où les problèmes financiers que vous évoquez&nbsp;?</em></p>



<p>Cela pèse aussi sur les couples. C’est difficile à gérer, et parfois, cela provoque des séparations. Dans les parents de l’association, rarement les deux travaillent. Car il y a beaucoup de rendez-vous, et donc on doit diminuer le temps de travail. En parallèle, pour certaines familles, l’orthophoniste ou d’autres soins restent à leur charge en partie. Mais on a envie de les faire car on veut les faire avancer, et on veut tout tenter. L’orthophonie est à pratiquer au moins deux fois par semaine, dès le plus jeune âge, leur travail est remarquable, il faut que ce soit régulier et sur la durée. C’est pareil pour les accompagnements sur les activités sportives financés par l’association. Pour qu’il y ait un résultat, qu’ils gagnent en autonomie.</p>



<p><em>Avec l’objectif d’une amélioration pas seulement du point de vue physique, mais plus globalement.</em></p>



<p>Egalement par rapport au groupe. Pour aussi expliquer aux autres enfants ce qu’est l’autisme, et qu’ils l’acceptent mieux. Plus on fait accepter les choses jeunes, mieux c’est. L’année dernière, je suis intervenue pour la fête de l’autisme dans la classe de mon fils, auprès des enfants qui sont avec lui depuis l’âge de deux ans. Je leur ai demandé s’ils savaient ce qu’est l’autisme, et ils ne savaient pas. Je leur ai parlé de la différence de Yohan, ils m’ont répondu que c’est le petit garçon qui est timide. Pourtant, il crie en classe. Mais ils l’ont intégré&nbsp;! Il faut expliquer pourquoi il crie, pourquoi il fait du flapping. Les autistes sautent sur eux-mêmes, avec les mains qui bougent. Il faut expliquer qu’il ne faut pas avoir peur, leur dire que toi, tu as besoin de lunettes pour voir, et lui, il a besoin du flapping pour être bien.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1024x889.png" alt="" class="wp-image-8385" width="512" height="445" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1024x889.png 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-300x261.png 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-768x667.png 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1536x1334.png 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-2048x1779.png 2048w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px" /></figure></div>



<p><em>Vous avez passé beaucoup d’heures sur internet pour essayer de comprendre l’autisme&nbsp;? Avez-vous suivi des formations ?</em></p>



<p>J’ai fait pas mal de formations. J’ai pris des infos un peu partout. J’ai passé beaucoup de temps à m’informer, à comprendre pourquoi il réagit comme ça. J’ai fait deux formations, dont une à Toulouse, une fois par semaine sur trois mois, financée par la Région. J’ai beaucoup appris là-bas, j’apprends tous les jours, avec mon enfant et les enfants de l’association.</p>



<p><em>Est-ce un choc de comprendre que toutes les dimensions de la vie de l’enfant seront modifiées&nbsp;par l’autisme&nbsp;?</em></p>



<p>Cela se fait petit à petit. Au début, je pensais que tout allait vite rentrer dans l’ordre, j’étais dans le déni complet. Maintenant, je veux faire accepter cette différence au maximum de personnes possibles. Et je veux aussi faire comprendre les compétences des enfants autistes. Ils sont extraordinaires. Ils ont des capacités énormes dans plein de domaines différents. C’est une richesse. La différence est une richesse pour les autres et pour nous-mêmes. Je vois des hommes politiques se servir du mot autisme, cela me choque. Cela veut dire «&nbsp;Ne fais pas semblant de ne pas m’entendre&nbsp;». Or l’autisme, ce n’est pas du tout ça. Au contraire, ils comprennent tout, ils entendent tout. Ces enfants sont extraordinaires, ils sont bienveillants, d’une gentillesse incroyable. Mais ils sont différents car ils réagissent différemment à plein de choses. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont fous. Il faut accepter cette différence comme plein d’autres différences.</p>



<p>Entretien réalisée par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="748" height="249" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2.png" alt="" class="wp-image-8386" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2.png 748w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2-300x100.png 300w" sizes="(max-width: 748px) 100vw, 748px" /></figure></div>
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			</item>
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		<title>Antoine Dubruel, la peinture, c&#8217;est un moment de grâce</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jul 2021 14:37:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Antoine Dubruel]]></category>
		<category><![CDATA[artiste peintre]]></category>
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					<description><![CDATA[Antoine Dubruel, artiste peintre, a posé son chevalet et sa besace de « vagabond », écartelé entre les gorges de la Dourbie à St-Jean du Bruel et les Gorges du Tarn pour trouver l’inspiration à créer des paysages « rêvés », un monde, son monde, entre réalité et tumultes de ses souvenirs d’une jeunesse révoltée. Rencontre, entretien et portrait]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><img decoding="async" width="2048" height="1365" class="alignright size-full wp-image-8321" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10.jpg" alt="" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></h2>



<p></p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#0b549d" class="has-inline-color">ANTOINE DUBRUEL, LA PEINTURE, C’EST UN MOMENT DE GRACE</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#0b549d" class="has-inline-color">Antoine Dubruel, artiste peintre, a posé son chevalet et sa besace de «vagabond» dans le Sud-Aveyron, écartelé entre les gorges de la Dourbie à St-Jean du Bruel et les Gorges du Tarn pour trouver l’inspiration à créer des paysages «&nbsp;rêvés&nbsp;», un monde, son monde, entre réalité et tumultes de ses souvenirs d’une jeunesse révoltée. Rencontre, entretien et portrait.</span></strong></p>



<p>J’ai sonné à la porte de cette belle demeure de la rue de Planard. Un déclic, j’ai entendu distinctement «c’est au second, le chien est imposant mais il n’est pas méchant». Je suis monté.</p>



<p>En grimpant sur la pointe des pieds, marche après marche, comment se défaire de cette petite appréhension à franchir la porte d’un inconnu ? A poser sa besace dans le recoin d’une pièce sans que cela ne gêne, à découvrir un visage, une posture, à découvrir une voix, son intonation, sa gravité ou sa fragilité, à découvrir une lumière, des odeurs, à poser son regard sur des titres de livres soigneusement rangés ou nonchalamment posés sur un guéridon ou sur ces morceaux de bois sec tortueux et noueux allongés comme des lézards pétrifiés sur les rebords de fenêtres. Est-ce de l’audace ? Le premier pas, la première impression, le premier regard, une main tendue que l’on évite, que l’on ne peut saisir. Un bonjour poing fermé contre poing fermé. J’étais chez Antoine Dubruel, artiste peintre. Je suis rentré.</p>



<p>Le chien était bien imposant, pattes puissantes, babines palpitantes, mais pas méchant, juste reniflant. Quelques caresses, quelques gratouilles et chatouilles, il s’est frotté puis il s’est couché sur le carrelage d’une pièce demi-ovale, baignée d’une lumière douce. Une fenêtre était ouverte, petit air frais, la Pouncho en ligne de mire. Je me suis assis dans le moelleux d’un fauteuil. Devant moi, une table basse, face à moi, accroché au mur, le tableau «&nbsp;les sillons de la Colère&nbsp;» pour plonger droit sans retenue dans l’univers d’Antoine Dubruel, comme debout, les deux pieds sur le vernis craquelé d’une table d’orientation, le vide sous vos pieds à caresser les lignes de fuite, un océan imaginaire et l’horizon sous tension.</p>



<p>Le cadre était posé. Nous étions l’un en face de l’autre dans cette pièce en forme de boudoir et de fumoir où autrefois les bourgeoises, épouses de gantiers et mégissiers bien nommés, les soirs de dîners, devaient jacasser en sourdine et rires pincés sur les infidélités des unes et les caprices des autres. Nous avons bu un café. Devant moi, un homme au visage sec, les bras secs, fine moustache en arc de cercle, regards sombres, un petit air d’aviateur époque illustre de l’Aérospatiale ou de danseur argentin. Entre deux clopes roulées et fumées sur le balcon, on a parlé basket «je voulais être pro, j’étais meneur de jeu. J’étais fan de Freddy Hufnagel. Il jouait à Pau – Orthez». On a parlé tango. Les airs de Francisco Canaro ont vite bourdonné à nos oreilles dans l’énergie de l’abrazo et du milonga «A Toulouse, pendant deux ans, j’ai été de tous les bals, je dansais dans la rue à St Georges, j’allais au Tangueando, la maison du Tango, rue Bayard». On a parlé du grand père, André Dubruel, résistant dans le réseau Brutus, puis au front avec une unité de 40 hommes et blessé à la frontière allemande. L’artiste raconte «nous avions des réunions de famille très animées. Souvent, il disait «vous voyez là, en montrant son entre jambe, si la balle avait dévié de 2 centimètres, y’a aucun de vous qui serait ici ce soir» et d’ajouter «&nbsp;avec lui, je suis même allé assister au procès Papon&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-4-1024x695.jpg" alt="" class="wp-image-8316" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Il faut toujours une intro pour se découvrir, un café, une clope, des anecdotes, des potins «&nbsp;je suis d’ici, je suis de là&nbsp;» pour que les épaules se relâchent, que le dos s’arrondisse, que la respiration s’apaise, que les jambes se croisent. Simplement pour être bien, pour quitter le pardessus d’une histoire parfois lourde à porter, pour dégrafer le col de chemise et laisser filer les mots comme on saute à cloche pied pour traverser un cours d’eau. La trouille des miradors et des sables mouvants, qu’importe, la vie à fleur de peau, ses intrigues, ses énigmes, le grand voyage, Bordeaux, Arcachon, Toulouse, Sète, Dolan dans les gorges du Tarn et enfin Millau, l’itinéraire de ce «vagabond«&nbsp;était déjà brièvement tracé sur ce vaste échiquier où les pions entre reines et rois, entre fous et cavaliers avancent souvent dans l’imprévu, dans l’indécision avant que les portes du palais ne s’entrouvrent. Le chien dormait allongé sur une carpette, les yeux mi-clos. Peut-être nous écoutait-il&nbsp;?</p>



<p><strong>. Gilles Bertrand</strong>&nbsp;<strong>: Dans vos entretiens accordés aux médias dans l’avant-première d’une exposition, vous revenez souvent sur les origines sociales de votre famille, sur une période de révolte qui vous écarte d’un chemin tout tracé. Pouvons-nous refaire ce bout de chemin qui est peut-être fondateur dans votre parcours d’artiste&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Antoine Dubruel</strong> : Je suis originaire d’une vieille famille de notables du Bordelais et du Lot. Mon arrière-grand père a créé la faculté de droit à Beyrouth, mon grand-père fut, lui aussi, juriste et mon père, lui aussi, est rentré en fac de droit. Gosse, j’aimais le droit mais j’ai traversé une période intense de révolte. J’étais un dilettante et peu studieux mais j’ai quand même obtenu ma licence en droit. J’étais en révolte contre le père, contre un milieu, dans une forme d’autodestruction. Ma vie était débridée.  Je lisais le Monde Diplomatique, je le lis d’ailleurs toujours (il me montre du doigt le dernier numéro posé plié sur la table ronde devant nous). Je connaissais la marche du monde, je regardais ce monde en me disant « mais quelle horreur ! ». J’ai tourné le dos au droit et je me suis inscrit en histoire de l’art, un univers qui m’était totalement étranger. Un jour, en cours, on nous passe une diapo, c’était une représentation d’un tableau de Van Gogh « Le Semeur » et là, je me suis dit « c’est cela que je veux faire ». Et pendant un an, je disais « je vais peindre, je vais peindre », mais j’avais peur de passer à l’acte. Un jour, avec ma compagne d’alors, nous passons devant une vieille boutique à Toulouse, elle me prend par le bras et nous rentrons. J’ai acheté un pinceau, un couteau et trois tubes, trois couleurs primaires et un blanc et un noir.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Comment pourriez-vous qualifier cette période de révolte&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : J’étais un homme révolté. Je prenais des risques. Comme de grimper dans une grue  à mains nues. Je n’étais pas suicidaire mais nihiliste. C’était comme au poker, on joue tout sur un coup même si j’avais qu’en même cet instinct de survie. La musique était très importante pour moi, ma famille était fan de jazz, j’ai assisté aux concerts de Stan Getz, Miles Davis, Michel Portal, Michel Petrucciani. Ce fut une période de grande désillusion, très sombre, très noire. Mes premiers coups de pinceau, ce fut sur du carton mais très vite, c’est devenu une obsession. J’enchaînais les petits boulots mais ma vie prenait enfin du sens. Ma vie ne tournait plus qu’autour de la peinture. Je peux dire que la peinture m’a sauvé. J’étais en lutte contre le système, à ma façon, j’avais besoin de donner une autre représentation du monde, de dire les choses à ma façon. J’étais prêt à tout sacrifier. C’était la peinture ou rien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-7-1024x666.jpg" alt="" class="wp-image-8319" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: La vie d’artiste débute parfois par une période plus ou moins longue d’errance, de vaches maigres, une quête pour s’affirmer, pour se réaliser. Avez-vous connu cette période délicate ?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : A 30 ans, je suis parti pour Sète. Je me souviens, je cherchais un appartement. Un jour, je rentre dans un immeuble, vraiment affreux, je monte et j’arrive dans un taudis mais je m’y suis installé et pendant six mois, je l’ai rénové et j’en ai fait un petit bijou. C’est devenu mon atelier. J’avais la vue sur l’Etang de Thau au soleil couchant et le matin le lever de soleil sur toute la ville qui descend, le vieux port, la mer et le ciel. C’était rue de la Révolution dans un quartier populaire. Et là, je peux dire que j’ai connu la pauvreté. J’avais souvent le frigo vide. Plusieurs fois, j’ai eu recours à la distribution alimentaire organisée par le CCAS, le lieu s’appelait le Café de la Paix.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Ici, dans cet appartement, nous sommes entourés de toiles exprimant des paysages, certaines ont été exposées dernièrement à Carcassonne. Mais dans quel style avez-vous évolué à vos premiers coups de pinceaux&nbsp;?&nbsp; </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: J’ai commencé par le corps humain. C’est devenu obsessionnel. Je me suis formé avec le nu et le vivant en travaillant le corps abstrait. Puis j’ai été influencé par le peintre Jackson Pollock. J’avais une table anglaise et comme lui, je peignais en tournant autour de la toile. Et en prenant des cours, j’ai fini par redresser mes tableaux et travailler sur chevalet. Puis j’ai été formé par le peintre Jean Louis Ducros, il m’a enseigné l’histoire de l’art à sa façon, au broyage des pigments. Il apprenait sans apprendre. Il parlait peu mais ça me parlait beaucoup.</p>



<p><strong>.G.B.</strong> <strong>: Aujourd’hui vous vivez dans le Sud-Aveyron et vous partagez votre temps entre St Jean du Bruel où vous avez votre atelier et Millau après un séjour long à Dolan au-dessus des Vignes. Les Gorges du Tarn semblent avoir pris une place importante dans votre inspiration, comment l’expliquez-vous ? </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: Fin 2019, je me suis installé à Dolan dans une maison de famille d’une amie. Comme à Sète, j’ai rénové cette maison qui n’avait pas de chauffage. J’ai souvent fait cela dans ma vie. Et le premier confinement est arrivé. J’étais sidéré. Une période qui m’a beaucoup perturbé. J’étais très en colère. J’avais besoin de liberté, de me sentir libre pour peindre. Dans les Gorges du Tarn, j’étais loin de tout, ces paysages m’ont obsédé. J’ai passé beaucoup de temps à regarder la lune, le soleil. Nous avions des lunes exceptionnelles. J’ai un rapport cosmogonique avec le ciel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8313" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;: <strong>Sur certaines de vos toiles, soit à l’encre de chine ou bien à l’huile, une boule trouve une place prenante dans le ciel, cela exprime-t-il votre colère, ce feu interne, intense qui brûle&nbsp;encore en vous ?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: La boule de feu, c’est une révolte, c’est une révolte lumineuse. Pierre Bourdieu disait «&nbsp;la sociologie, c’est un sport de combat&nbsp;». Moi aussi, quand je peins, je rentre sur le ring et ça dure le temps que cela doit durer. Quand je peins, c’est un contre un. C’est le feu qui monte. Je suis comme un débutant. J’ai le sentiment de repartir à zéro. A ce moment-là, y’a plus personne. A Sète, je vivais dans un quartier très bruyant. Je me disais «&nbsp;tu ne peux pas arriver à peindre&nbsp;» mais au premier coup de crayon, je n’entendais plus rien et à la signature du tableau, le bruit revenait. Ma peinture, c’est un sport de combat. Dans le geste, je danse, c’est une danse. C’est l’instant où je suis serein, je suis en accord avec moi-même.</p>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;<strong>: L’homme, la femme, sont absents de vos tableaux, par contre des éléments naturels sont récurrents dans vos composition. Comment expliquez-vous cette présence d’arbres aux formes si particulières, ces rangées de piquets…&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : Ces végétaux sont comme des monstres, comme des figures anthropiques. On ne sait pas s’il s’agit d’un arbre ou d’un être. J’aime le motif de l’arbre mort. Ca me parle. Oui, on peut y trouver un geste propre au tango. Les piquets, ce sont ceux du bassin d’Arcachon. Cela me permet d’accentuer la profondeur du tableau. Le bois n’a plus de vie mais l’eau lui redonne vie.</p>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;: <strong>Sur certains de vos tableaux, on reconnaît très distinctement certains lieux dans les Gorges du Tarn ou comme ici la Pouncho d’Agast mais vous ne vous arrêtez pas à une représentation fidèle de ces paysages, vous ajoutez votre propre monde. De quel monde s’agit-il&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: C’est tout d’abord un état d’esprit dans lequel je suis. Tel que je vois le monde, tel que je le ressens. Je fais un tableau monde. J’ai un rapport au monde très particulier, j’ai un rapport politique au monde. J’ai toujours été en conflit avec certaines valeurs actuelles. Je me sens dissident dans ma façon de vivre. Il y a des évènements qui me marquent et cela se traduit dans ma peinture, dans mes titres de tableaux qui ne sont pas choisis par hasard.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-6-1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-8318" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Extraire un monde pour reconstruire un monde, Antoine Dubruel «le vagabond» en équilibre, en transe, au pas de danse, funambule sur son échafaudage à bâtir de nouveaux horizons, dans cette pièce balayée d’une lumière montante. Midi était proche, les Gorges du Tarn devenaient envahissantes, majestueuses, impératrices et magnétiques.&nbsp; Nous étions entourés de grands cadres &nbsp;vernis de noir, étreignant de grandes falaises plongeantes, le minéral titubant dans le végétal. En contre bas, ce Tarn devenu vaste mer avant même qu’il ne se jette dans la Garonne, ces couleurs rougeoyantes, des contrastes, le trait fort, puissant où le pigment du jaune trouve des brèches pour s’extraire, pour jaillir. Et puis cet arbre torturé comme une vénérable danseuse de flamenco claquant des doigts et du talon et ces piquets comme des balises pour s’accrocher au romantisme de ces doux souvenirs, les plus doux pour apaiser des souvenirs de jeunesse malmenée passés à caboter dans la baie d’Arcachon, ses odeurs, des saveurs, les embruns, le sel mordant les lèvres, à combattre les fièvres. L’artiste l’affirme «&nbsp;je crée un monde qui est le mien. J’arrive en position haute et j’ouvre le paysage. Quand je pense peinture, je pense au paysage qui est en moi&nbsp;» pour faire renaître en urgence, comme une brusque résurgence, l’île aux oiseaux, ces prés salés, ces ciels zébrés du bassin d’Arcachon, «&nbsp;des oeuvres qui s’« oxygènent » et se « végétalisent » chaque jour un peu plus au sein d’une nature luxuriante, désormais omniprésente&nbsp;» comme l’écrit Elida Fabre témoin de cette mutation.. L’artiste s’échappe ainsi «&nbsp;je rentre dans ma peinture. Plus rien d’autre n’existe que la toile. C’est un moment de grâce. Je ne suis plus vraiment sur terre. Puis à la fin, je me fais un café. Je regarde mon tableau en biais. J’ai un sourire qui dure trois à quatre jours. J’ai décollé&nbsp;».</p>



<p>Le site internet d&#8217;Antoine Dubruel : <strong>www.antoinedubruel.fr</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8315" width="1159" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-5-1024x698.jpg" alt="" class="wp-image-8317" width="1160" height="760"/></figure>



<p></p>
]]></content:encoded>
					
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		<title>Vladislav Nikolov, un air de Bulgarie à Millau</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/29/vladislav-nikolov-un-air-de-bulgarie-a-millau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jun 2021 10:49:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[RELAIS VIH 12]]></category>
		<category><![CDATA[Vladislav Nikolov]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a cinq ans que Barthelémy a convaincu Vladislav Nikolov, son compagnon, de s’installer à Millau, où le couple a été si bien accueilli. Vladislav Nikolov, ancien journaliste, a dupliqué en France l’engagement politique qu’il déploie en Bulgarie, son pays natal. Avec une volonté inébranlable, celle de défendre bec et ongles la démocratie. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Vladislav Nikolov, un air de Bulgarie à Millau</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>«&nbsp;Un endroit magique&nbsp;». C’est ainsi que Barthelémy a présenté Millau, qu’il avait connu dans son enfance, à Vladislav Nikolov, son compagnon, pour l’inciter à s’y installer il y a cinq ans. Un choix que le couple n’a jamais regretté tellement tous les deux s’y sont sentis très bien accueillis. Vladislav Nikolov, ancien journaliste, a dupliqué en France l’engagement politique qu’il déploie en Bulgarie, son pays natal. Avec une volonté inébranlable, celle de défendre bec et ongles la démocratie, et le droit de vote qu’il vénère après avoir vécu dans une Bulgarie totalitaire.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="693" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1024x693.jpg" alt="" class="wp-image-8300" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1024x693.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1536x1039.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Odile Baudrier&nbsp;: Vous êtes né en Bulgarie, vous avez été journaliste pour la BBC, RFI… Pouvez-vous nous détailler votre parcours de journaliste&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Vladislav Nikolov</strong>&nbsp;: Alors, voilà un peu de préhistoire&nbsp;! Je suis né en Bulgarie dans les années 70. J’ai voyagé dans mon enfance avec mes parents, on a passé du temps en Irak à Bagdad, puis à l’adolescence en Indonésie. Jeune adulte, j’ai commencé mes études en Union Soviétique, à Moscou. Mais je voulais absolument découvrir l’Occident, qui jusqu’à ce moment-là, avait été «&nbsp;imaginaire&nbsp;». Je la recevais beaucoup par les sons, car j’écoutais les radios internationales. Je me créais mon monde à moi, qui n’était que virtuel. En 1989, le lendemain de la chute du mur de Berlin, un coup d’état «&nbsp;de palais&nbsp;» est arrivé en Bulgarie. J’ai su alors que je devais partir assez rapidement. Car je voulais finir mes études ailleurs qu’à Moscou, où j’étais arrivé par accident. Et la deuxième raison qui me guidait aussi est que je voulais vivre ma vie comme je l’entendais, et donc mon homosexualité librement. Je me suis retrouvé à Paris un peu par hasard. J’étais seulement anglophone, je devais partir dans une université américaine ou britannique. Quand je suis allé à l’ambassade américaine pour voir les possibilités, le catalogue était très gros et il s’est fermé sur la dernière page, sur l’Université Américaine de Paris. C’est là que j’ai atterri&nbsp;! j’ai passé haut la main les examens d’entrée et du coup, j’ai été le premier d’Europe de l’Est dans cette Université, qui est assez internationale. Elle m’a aidé à plonger à Paris et dans le monde. Mes études étaient payées par une bourse vu mes résultats. Mais il me fallait aussi travailler en parallèle pour vivre. On m’a incité à contacter la rédaction de Radio Free Europe. Ils m’ont demandé de faire un petit reportage sur la France. Je débarquais, j’avais déjà écouté, mais jamais écrit. J’ai fait un sujet sur le thème de la rentrée, une institution en France. Et peu après, ils m’ont demandé d’autres sujets. Je suis ainsi devenu le correspondant pour la Bulgarie pour Radio Free Europe&nbsp;!</p>



<p><em>Vous vous retrouvez ainsi propulsé comme journaliste.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’ai appris sur le tas. J’ai fait un tour en Bretagne pour ma maîtrise. De retour à Paris, j’ai pu devenir stagiaire à Radio France Internationale, puis 5 ans au service des programmes. Puis le chemin m’a mené, avec des hauts et des bas. Début 2003, Radio Free Europe a fermé, le gouvernement Bush a coupé les financements. J’ai travaillé alors pour la BBC, comme correspondant pour la Bulgarie. Puis eux aussi ont fermé. J’ai aussi été correspondant pour le principal journal de Bulgarie, «&nbsp;&#8216;Dnevnik&nbsp;». Voilà ma carrière de journaliste.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8301" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Qu’est-ce qui vous a amené à vous installer à Millau&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>En 2006, la vie nous a fait rencontrer avec un garçon. On a vécu ensemble assez rapidement. Lui, il est du Nord. Il était venu en vacances dans le sud avec ses parents, et il avait de super souvenirs de Millau. Il s’y sentait bien. Chaque année, il achetait son cartable en cuir au Mandarous, chez André Sales. Il me disait «&nbsp;Il faut qu’on aille à Millau. C’est un endroit magique&nbsp;». Moi, je ne connaissais pas du tout le Sud-Ouest. Je me suis retrouvé là, il y a 5 ans, et pour tous les deux, c’est une sorte de révélation. On respire. Il y a les vibrations des causses. Les gens nous ont super accueillis. Après Paris, on était passés par la Bourgogne, et ce n’était pas pareil. On a passé deux années là-bas, ce n’était pas facile. Ici, on a été très agréablement surpris, ça a très bien marché pour tous les deux.</p>



<p><em>Vous avez découvert une ville séduisante, accueillante et tolérante. Je comprends que c’est un point compliqué à appréhender&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>C’est difficile. C’est vrai que c’est plus facile dans les grandes villes. Car il y a l’anonymat. Pourtant cela ne veut pas dire qu’on est plus acceptés que ça. Mais on a la possibilité d’y vivre plus facilement. C’est pour cela que les jeunes gays vont souvent dans les grandes villes. En Bourgogne, nous étions dans une ancienne ville industrielle de 10.000 habitants. Nous nous sommes faits jeter par les dentistes. Cela existe en France&nbsp;! Le contraste est important avec Millau, qui est une ville très ouverte. L’Aveyron peut être une terre assez conservatrice, avec un caractère propre. Les gens essaient d’abord de voir à qui ils ont affaire. Ce n’est pas comme dans le Sud est où on ouvre les bras à tout le monde. Ici, petit à petit, les choses se passent bien. Le fait d’arriver comme un couple n’a pas provoqué de remous. Les gens étaient juste un peu curieux.</p>



<p><em>Vous êtes donc un couple marié depuis combien de temps&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>On s’est mariés ici à Millau il y a 3 ans, en 2018. On a fait une grande fête avec une cinquantaine de personnes, venues d’un peu partout en France, et aussi une partie de ma famille est venue de Bulgarie, en décalé. Au début du mariage gay, ce n’était pas forcément important pour nous, mais ici, justement, cela symbolisait quelque chose. A l’époque, nous avons été le premier mariage gay à Millau, célébré par Hugues Richard. On essaie, par la vie qu’on mène ici, de servir d’exemple. Des jeunes gays de l’Aveyron peuvent se dire qu’ils ne sont pas obligés de partir à Montpellier. Même si c’est plus difficile pour eux car ils sont du coin, ils ont des racines.</p>



<p><em>Vous travaillez donc maintenant pour l’association Relais VIH 12.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’ai été d’abord bénévole. Mon mari et moi, nous sommes tous les deux séropositifs. Nous sommes suivis à l’hôpital de Rodez, et nous avons pu rencontrer cette association qui s’occupe très bien des patients, et fait de la prévention. Puis un poste s’est libéré, je l’ai pris en septembre dernier. C’est un job vraiment super. Cela me permet d’être utile, de faire quelque chose que je connais, d’avoir des convictions. Et concrètement de pouvoir faire bouger les choses. Sur une petite échelle, c’est vrai. Dans le journalisme, cela arrive aussi, mais c’est plus ténu. Là, c’est vraiment gratifiant. On a des permanences à l’accueil de jour, aux Restaus du Cœur, on fait des interventions dans les lycées, les missions locales. Petit à petit, on fait bouger. On les aide, même au niveau affectif. On est là pour dédramatiser certaines choses, pour les épauler pour les tests, les dépistages. C’est un travail et un plaisir. C’est un peu une «&nbsp;mission&nbsp;».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8302" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Etiez-vous déjà engagé dans la lutte contre le sida lorsque vous viviez à Paris&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Je suis un peu un vieux de la vieille&nbsp;! J’ai été contaminé peu de temps après mon arrivée en France, il y a 30 ans. J’ai connu tout le parcours. Au début, je n’étais pas tellement engagé. Je voulais faire partie des protocoles. A un moment, j’ai travaillé pour le Journal du Sida, j’ai pu réunir mes deux aspects. J’ai fait des enquêtes sur l’Europe de l’Est. J’ai eu une période pas forcément militante, mais où j’ai pu contribuer concrètement. J’ai eu des petits copains très engagés, je suivais la lutte. Puis avec Barthélémy, on a mis nos parcours ensemble. J’ai laissé un peu les choses de côté pendant un moment. Cela a été bienvenu de pouvoir s’impliquer à nouveau. L’année dernière, nous avons monté une petite réunion autour de l’homosexualité dans la ruralité. J’ai aussi été proche de l’association «&nbsp;Alertes&nbsp;», très active dans la région. D’autant plus que la nouvelle municipalité est ouverte et réceptive. Des choses se mettent en place. C’est gratifiant d’être dans le mouvement.</p>



<p><em>Quels liens conservez-vous avec votre pays, la Bulgarie&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Là, il me faudra 4 heures&nbsp;! Je suis devenu français en 2007, et j’ai pu voter pour la première fois. J’ai gardé exprès la double nationalité. Pour moi, ce n’est pas que symbolique. Je suis né là-bas même si physiquement, je n’y ai pas beaucoup vécu, j’y ai fait mon service militaire. Mais cela fait partie de moi. Avec la transition difficile qu’ils sont en train de vivre, du totalitarisme, c’est un peu un combat de Sisyphe. Là-bas, je fais partie du parti des «&nbsp;Verts&nbsp;», qui s’intègre dans une coalition de 3 partis, «&nbsp;Bulgarie Démocratique&nbsp;». C’est eux qui gardent la flamme de la démocratie dans un paysage politique très difficile car il y a eu 12 ans d’un gouvernement très lourd, avec des liens avec la mafia, beaucoup de corruption. Moi, je suis impliqué à distance, par les réseaux sociaux. Sur l’angle de la démocratie, et aussi de la communauté LGBT, qui a été très malmenée pendant la campagne par des forces conservatrices, chauvinistes. Il y a eu des violences contre des jeunes LGBT. J’essaie d’aider indirectement par des parallèles, par des appuis à des actions. C’est un peu dichotomie. J’y mets le pied rarement. D’un côté, je ne me sens pas vraiment en sécurité là-bas. J’y vais mais je sais que j’ai mon billet de retour&nbsp;!</p>



<p><em>L’insécurité est-elle surtout liée à votre activisme politique ou à votre statut de gay&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N. : </strong>Les deux. La société est difficile. Tout a été fait pour rompre les liens entre les gens, et cela a marché. On travaille sur les instincts très primaires, très basiques. Il y a vraiment un déclin sur plusieurs aspects. La distance me permet d’être préservé, de faire les choses et d’avoir un cercle de sécurité et de sérénité.</p>



<p><em>Et votre famille, vit-elle toujours là-bas&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Justement, je vais en Bulgarie en juillet pour quelques jours pour chercher ma mère, qui a 82 ans. Elle va venir vivre à Millau. Elle ne peut plus être autonome. Ma cousine et son mari vont partir en Angleterre. Il n’y aura plus personne là-bas. Cela me permettra de renouer les liens avec ma mère. Mon mari a beaucoup insisté pour la faire venir.</p>



<p><em>Votre famille a-t-elle approuvé vos choix de vie, par rapport à l’exil et à votre couple&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>C’était progressif. Ma mère a été une mère téléphonique pendant toutes ces années. Cela va changer. Par rapport à l’homosexualité, et à la séropositivité, la distance m’a aidé. J’avais le double verrou à faire sauter. Je voulais choisir le bon moment. Mais il n’y a en fait jamais de bon moment. Je me disais que j’allais le faire quand je serai heureux, mais ça ne n’est pas passé comme ça. Ca ne se passe jamais comme ça&nbsp;! Ce n’est pas arrivé à un très bon moment. Ce n’est pas par rapport à l’homosexualité, c’est par rapport à la séropositivité. Cela les a fait paniquer.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="673" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-8303" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1024x673.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-300x197.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-768x505.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1536x1010.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Surtout à l’époque&nbsp;!</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, c’était début des années 2000. J’ai vécu une dizaine d’années sans problème. Puis quand les trithérapies ont commencé à marcher, il fallait expliquer. Moi, début des années 90, je le disais très peu, sauf à mes partenaires. J’ai toujours été assez serein par rapport à ça. Je l’utilisais comme une sorte de coup de pied.</p>



<p><em>Vous avez donc suivi une trithérapie.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, très tard. J’ai eu la chance de passer 15 ans sans en avoir besoin. C’est rare. Je me faisais suivre régulièrement. Quand on s’est rencontrés avec mon compagnon, j’avais commencé à en avoir besoin. Et on a commencé ensemble. Cela nous a aidés tous les deux. Cela remonte maintenant à 2007.</p>



<p><em>Pour la famille, cette maladie est une source d’inquiétudes&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, c’est une source de peur. De me perdre. J’ai dû expliquer, rassurer. Ce n’est pas anodin, il y a des effets secondaires, il y a des fatigues. Même s’il y a maintenant un seul comprimé par jour, c’est à base de chimiothérapie. A la longue, il faut suivre ça de près. Et aussi, le virus demeure toujours présent, même s’il est indétectable. Il est tapi dans des réservoirs, l’infection est là.</p>



<p><em>Votre mère était-elle venue pour votre mariage&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Elle n’avait pas pu venir car elle était malade. Ma tante, ma cousine et son mari étaient venus, en décalé car mon neveu avait des examens. Ils ont bien aimé, ils ont raconté à ma mère.</p>



<p><em>Du coup, votre mère arrive dans une ville qu’elle ne connaît pas&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Elle était venue à Paris 2 ou 3 fois. Elle adore la France. Elle regarde la télé française de Bulgarie, même si elle ne parle pas français. Notamment le samedi soir, Patrick Sébastien&nbsp;! On a beaucoup parlé de son installation ici. J’essaie d’aplanir les choses pour que ça se passe bien pour tout le monde. Pour qu’on structure une famille.</p>



<p><em>Vous disiez que vous étiez impliqué dans la politique bulgarienne notamment via les réseaux sociaux, mais vous êtes également très actif en France dans ce domaine. On a pu voir que dans la période avant les régionales, vous avez beaucoup incite au vote en rappelant qu’en France, on a la chance de pouvoir voter car vous venez d’un pays où le droit de vote n’a pas toujours pu s’exercer.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Pour moi, c’est viscéral. Je mesure la chance. Et pas seulement la chance car les gens se sont battus pour le droit de vote et ont réussi. Je suis admiratif par rapport à la vitalité de la démocratie française. C’est dommage que les gens la prennent pour acquise. Elle n’est jamais acquise. Moi, j’ai des souvenirs de la Bulgarie totalitaire, de mascarades de votes. C’était une fête avec la musique, tout le monde devait y aller, mais il y avait un seul candidat… C’était fantoche. J’ai participé un peu aux évènements de 1989. Il y a eu un grand rassemblement le 14 décembre 1989, mon copain de l’époque et moi, on était en première ligne, on avait encerclé le Parlement. On l’appelait le Parlement, mais ils confirmaient juste les décisions du Parti. On voyait les parlementaires derrière les rideaux, des visages terrifiés. Nous étions à côté, nous le peuple, et notre seule demande était l’abrogation de l’article 1<sup>er</sup> de la Constitution, qui postulait que le Parti est Père-Mère et tout sur terre. On voulait juste ça. On avait appris ensuite qu’à un moment, le Président de l’époque, qui avait remplacé le dictateur, qui était le Ministre des Affaires Etrangères, censé être un peu plus ouvert, avait appelé les chars. Cela a tenu à très peu que ça bascule. J’ai vécu ces tensions-là, et du coup, depuis que j’ai la possibilité de voter, depuis 2007, je n’ai pas raté une élection. J’ai tenu un bureau de vote à Paris, ici à Millau. Pour moi, c’est une fête, une vraie fête, ce n’est pas quelque chose qui nous est imposée. Effectivement, je suis impliqué à deux endroits. J’essaie de servir de facilitateur pour expliquer aux uns et aux autres ce qui se passe de l’autre côté, et apporter un regard. Je me suis retrouvé à défendre les mêmes valeurs. Ici, j’étais vert-PS. Là-bas, une coalition qui se disait de droite mais qui était progressiste car le Parti Communiste rebaptisé socialiste est conservateur et réactionnaire. Le pouvoir est mafieux, et ce petit pays est facile à contrôler.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="842" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1024x842.jpg" alt="" class="wp-image-8305" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1024x842.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-300x247.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-768x632.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1536x1263.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Et en France, à quel moment, vous êtes-vous engagé politiquement&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’étais dans un bureau de vote à Paris. Mais c’est à Millau que je me suis vraiment engagé. J’avais besoin de contribuer là où j’étais. J’en avais envie. Je voulais aussi rendre à la ville, aux gens. C’était assez naturel. C’est aussi très gratifiant. Je peux à ma façon expliquer certaines choses. J’ai été un soutien proche de la liste d’Emmanuelle Gazel. Mais même ici, je revendique mon indépendance. C’est la première fois que je m’engage. Je le fais en fonction de mes sensations. Je l’ai fait il y a 4 ans pour la Présidentielle. Pour moi, venant de Bulgarie, les étiquettes n’ont pas d’importance. A l’époque, on était devant un ballotage Le Pen- Fillon. Pour nous, c’était l’horreur des deux côtés. Je me disais qu’il faudra monter sur le Larzac pour faire une résistance&nbsp;! Et j’ai entendu Emmanuel Macron parler de l’Europe en février 2017. J’étais convaincu. C’était un peu miraculeux, il nous a sauvé d’un grand danger. Car Fillon prenait son thé avec Poutine dans sa datcha de la Mer Noire. Et le Pen pareil. Pour moi, Poutine, c’est l’incarnation de la destruction. Il essaie de détruire la démocratie en Europe de l’Ouest. C’est plus dangereux en Bulgarie, mais il faut aussi se méfier ici. Je vois que plus les gens se désintéressent, et plus c’est dangereux pour la démocratie.</p>



<p><em>Allez-vous vous engager à nouveau pour la campagne présidentielle&nbsp;2022&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Maintenant, je m’engage différemment. J’ai eu une période militante, sur le terrain. Mais là, ma mère arrive, j’ai mon travail, je vais être engagé, mais peut-être pas directement. J’ai mes convictions. Paradoxalement, je me sens viscéralement français. Comme j’ai été si bien accueilli, je pense avoir le devoir de traduire ce que je comprends de la France, de son histoire, de ses traditions, et de défendre ça. C’est aussi mon rôle comme «&nbsp;nouveau&nbsp;» Français. J’y tiens beaucoup. C’est aussi une grande richesse pour la France, des gens comme moi. On s’implique, on s’intègre. Moi, je me sens complètement intégré. Je n’ai jamais senti de discrimination. J’ai des convictions tranquilles, mais sereines. J’échange avec des personnes partout en France avec lesquelles je me sens en proximité intellectuelle, où on se retrouve sur des valeurs fondamentales. Je m’intéresse à la Bulgarie, à la France, à l’Europe. C’est mon identité. Une identité un peu patchwork&nbsp;! &nbsp;</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> à Millau le 26 juin 2021</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Laurent et Laurence Glinz, les autodidactes de la vente en ligne bio</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/17/laurent-et-laurence-glinz-les-autodidactes-de-la-vente-en-ligne-bio/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jun 2021 18:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Espace bio santé]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Glinz]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a près de 15 ans, Laurence et Laurent Glinz n’ont pas hésité à bazarder leur travail et leur maison pour s’installer à Millau, pour y gérer une boutique de produits biologiques. Il y a huit ans, le couple décide de s’orienter vers un site de la vente de produits diététiques bio, entièrement créé par Laurent, un autodidacte d’internet]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Laurent et Laurence Glinz, autodidactes de la vente en ligne bio</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Sous leurs dehors tranquilles, Laurence et Laurent Glinz dissimulent un sérieux goût du risque. Il y a près de 15 ans, ces deux Parisiens bon teint n’ont pas hésité à bazarder leur travail et leur maison pour rompre avec leur vie parisienne et s’installer à Millau pour y gérer une boutique de produits biologiques. Un choix osé à considérer que le couple ne connaissait en fait même pas la ville ! Ce premier grand virage fut suivi d’un autre changement radical, il y a huit ans, l’abandon de l’activité d’épicerie biologique pour un site internet de ventes en ligne de produits diététiques et compléments alimentaires, espace-produits-bio.com, entièrement créé par Laurent, pourtant un autodidacte d’internet.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8262" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Pouvez-vous présenter votre activité de vente par internet de produits diététiques&nbsp;?</em></p>



<p>Laurent Glinz&nbsp;: Nous sommes arrivés ici en 2007, c’était une épicerie de fruits et légumes BIO, il n’y avait pas de site internet. Je n’y connaissais rien. D’ailleurs, à l’époque, je n’avais même pas un ordinateur&nbsp;! Et puis, je me suis dit Pourquoi ne pas vendre sur internet&nbsp;? J’ai mis une dizaine de produits sur internet, on a reçu des commandes avec règlement par chèque, après, j’ai travaillé avec PayPal et par carte bancaire. Puis, c’est monté, c’est monté, il y a eu beaucoup de commandes. Il devenait compliqué de gérer les fruits et légumes et le site internet. On a décidé d’arrêter les fruits et légumes en 2013. On a voulu garder le magasin, on l’a rénové, car à l’époque, il n’y avait pas de chauffage et pas de clim. Au départ, j’avais débuté internet avec un site très simple, gratuit. A ce moment-là, je suis passé sur un site plus perfectionné, avec beaucoup plus de choix pour mettre en valeur les produits, de plus belles photos. C’est un site vraiment professionnel, avec un abonnement élevé chaque mois. Je passe entre 3 et 4 heures par jour à installer de nouveaux produits, les mettre en valeur, vérifier les allégations, mettre de belles photos, avoir des prix compétitifs. Je fais un peu de pub sur Google, le budget peut vite devenir gros, un clic coûte environ 1 euro. Moi, je veux travailler, je fais des grosses journées, mais je ne veux pas me développer pour avoir 10 ou 20 employés. Je préfère que nous soyons seulement tous les deux, moi et ma femme. Un site internet demande beaucoup de travail&nbsp;! Même le week-end, je suis sur l’ordinateur.</p>



<p><em>Vous aviez déjà pris un premier virage de taille lorsque vous avez décidé de quitter Paris, et vous avez pris à nouveau un gros risque, de transformer une épicerie bio en site de vente de compléments alimentaires.</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8257" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p>Laurent&nbsp;: oui, c’est prendre un risque. C’est comme quand on a quitté la région parisienne. On est arrivés à Millau sans connaître personne. On a quitté les deux boulots, vendu la maison, on ne voulait pas la garder pour ne pas avoir la tentation de revenir un jour. Cela fait 14 ans qu’on est partis, et on ne regrette rien. Comme je dis à mes amis, ici, je suis en vacances tous les jours. Nous, on ne prend jamais de vacances, on prend juste des week-ends de 3-4 jours, et en 14 ans, on n’a pas pris 3 semaines de vacances.</p>



<p>Laurence&nbsp;: On suit le mouvement. On ne se projette pas dans le futur assez loin. Il y a des gens qui pensent les choses loin. Nous, certains changements se sont faits parce qu’on a suivi. On n’a pas subi, mais on a suivi. A un moment, on a bien vu que les fruits et légumes Bio, les céréales pouvaient se trouver dans les grandes surfaces. On s’est dit qu’il fallait prendre le tournant. Le site se développait, on a su prendre le virage. En fait, on a suivi l’évolution de la société&nbsp;: internet est incontournable. Même en local, et on l’a d’ailleurs vu pendant le premier confinement.</p>



<p>Laurent&nbsp;: on vend environ 90% sur internet et 10% en magasin. On savait qu’en arrêtant l’épicerie, on aurait moins de monde. Mais on savait aussi que le travail serait plus agréable pour nous. Chaque jour, il fallait trier, ranger, porter les cartons. Je recevais des palettes énormes. Maintenant, j’ai des livraisons tous les jours, mais de petits colis.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8254" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Avez-vous suivi une formation ou avez-vous été conseillé pour créer votre site&nbsp;? &nbsp;</em></p>



<p>Laurent&nbsp;: J’ai tout fait, j’ai intégré des produits qui me semblaient qu’ils allaient marcher. D’autres où j’hésitais. Sur internet, il faut être bien référencé, mettre de bonnes URL. J’ai tout appris par moi-même. J’ai acheté un bouquin il y a une dizaine d’années. Encore actuellement, je me forme. Je retravaille les URL, il faut avoir un bon code HTML. J’ai appris à aller dans le code source.</p>



<p><em>Combien de produits proposez-vous sur le site&nbsp;? Quels sont les produits phares&nbsp;? Qui sont vos clients&nbsp;?</em></p>



<p>J’ai environ 800 produits sur le site. Le produit phare, c’est le silicium, pour les articulations, les produits pour le transit, le sommeil, le stress, le foie, et les colorations cheveux. Les gens sont plus stressés avec le COVID. Les commandes viennent de toute la France et de l’étranger aussi, Suisse, Allemagne, Espagne, Italie, et aussi du Canada et du Japon. Nous avons beaucoup de clients d’Europe, d’Angleterre. L’important, c’est le référencement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8255" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Pourquoi aviez-vous décidé de quitter Paris pour vous installer à Millau&nbsp;?</em></p>



<p>Laurence&nbsp;: mon mari était dans la restauration. Moi, j’étais gestionnaire de sinistres au siège d’une grande compagnie d’assurances, avec beaucoup d’avantages. Nous vivions à l’est de Paris, je travaillais à l’Ouest. Ce sont surtout les transports qui nous ont donné envie de quitter. On ne voulait pas imposer à nos enfants d’avoir la même vie que nous, de prendre les transports pour aller au collège. On s’est dit que ce n’était pas humain.</p>



<p>Laurent&nbsp;: avoir 3 heures de transport chaque jour, partir travailler, revenir pour faire les courses, s’occuper des enfants. Même maintenant, je me demande comment on faisait&nbsp;! Ma femme me répond «&nbsp;On le fait car on ne se pose pas de questions&nbsp;». Je disais toujours qu’on partirait dans le sud quand je serai à la retraite. Ma femme m’a dit «&nbsp;Quand tu vas arriver là-bas, tu vas connaître qui&nbsp;? tu seras tout seul dans ton coin&nbsp;». Puis j’ai laissé tomber, mais elle m’en reparlait souvent. Du coup, on s’est décidés. J’avais envisagé d’acheter un petit snack dans la restauration. Nous avons vu une annonce rue de la Capelle à Millau. En fait, nous ne connaissions pas Millau&nbsp;! Nous sommes venus au mois de novembre, la rue de la Capelle ne nous a pas plu. Nous sommes passés rue du Mandarous devant le magasin Bio. Ma femme a réalisé que l’agence nous l’avait proposé, et qu’on avait dit non. Comme nous étions là, nous sommes entrés. Nous avons fait une offre et voilà&nbsp;!</p>



<p><em>Souhaitiez-vous aussi bâtir un projet en couple&nbsp;?</em></p>



<p>Laurence&nbsp;: Pour les fruits et légumes, il fallait être deux. Pour le site, il faut être entre 1 et 2. Alors, je travaille à mi-temps pour le site, et j’ai un emploi à temps plein en plus, dans les assurances. L’avantage d’internet est qu’une partie du travail peut être faite à temps choisi. Le matin, on fait la facturation. A midi, je peux faire les colis, prêts à partir pour 14 heures. J’ai préféré saisir une opportunité dans les assurances, car on savait que nos enfants allaient partir en études supérieures, et qu’il fallait anticiper pour les budgets. Les deux boulots me plaisent. Je ne supporte pas de rester sans rien faire&nbsp;! Le soir, quand il va courir, je fais la compta. Finalement, ce rythme qu’on avait à Paris, on ne l’a pas complètement arrêté. J’ai besoin d’être en mouvement.</p>



<p><em>Comment se sont passés vos débuts à Millau&nbsp;? &nbsp;</em></p>



<p>Laurent : Au début, j’ai eu du mal car ce n’est pas évident quand on ne connaît personne, ce n’est pas évident. Cela a duré 2-3 ans. En fait, j’ai rencontré du monde quand j’ai commencé à courir. Maintenant, je connais plein de monde. Quand j’amène mes colis à la poste, je rencontre toujours quelqu’un. Je discute 5 minutes ou un quart d’heure, ou je reviens directement. J’ai une grande qualité de vie malgré les heures de travail. Jamais je ne voudrais repartir d&#8217;ici.</p>



<p>Laurence : au début, le magasin lui a demandé beaucoup de concentration. Il n’était pas ouvert aux autres. Moi, je voyais plus de monde, avec les enfants, l’école.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="688" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-8253" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1024x688.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-768x516.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1536x1032.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Aviez-vous déjà couru avant de reprendre ici à Millau&nbsp;?</em></p>



<p>Laurent&nbsp;: je n’avais jamais fait de sport de ma vie. J’avais couru une fois sur les bords de la Marne, et j’ai trouvé que ce n’était pas pour moi&nbsp;!</p>



<p>Laurence&nbsp;: Vous savez comment il est arrivé à la course à pied&nbsp;? J’avais une amie qui voulait faire la Course du Viaduc en 2014. J’ai dit Si tu le fais, chiche, moi aussi&nbsp;! Je me suis inscrite, je me suis préparée, et j’ai couru toute seule car elle était blessée. Quand je suis arrivée, il m’a dit Moi aussi, je peux le faire. Et il s’est mis à courir.</p>



<p>Laurent&nbsp;: Du jour au lendemain, je courais tous les jours 7 sur 7, pendant 2 ou 3 mois. J’étais à bout, je n’en pouvais plus. J’ai fait le Viaduc en 2016 et 2018. J’avais eu du mal. La deuxième année, j’avais mis le même temps, mais j’avais moins souffert. Moi, je suis plus trail que route. J’ai fait pas mal de courses du Festival des Templiers, j’ai été aussi bénévole pour l’association 12.COM. La première année, je courais seul, je faisais beaucoup de route. Ma femme me disait d’aller en club. Je suis rentré à 12.com. Les deux premières fois à la piste, j’avais l’impression qu’ils se connaissaient tous. Ils se parlaient, de leur oncle, de leur copain. Je pensais qu’ils n’allaient jamais me parler&nbsp;! Et puis, je me suis intégré. Maintenant, on se voit, on se fait des soirées, des restaus.</p>



<p>Je dis souvent à ma femme que j’aurais bien voulu naître à Millau. Je connaîtrai tout le monde. Ils ont une chance, ils ne s’en rendent pas compte. C’est un luxe d’aller quelque part et de connaître les gens, le garagiste, le pharmacien. A Paris, dans le métro, vous ne connaissez personne. J’aurais aimé avoir grandi ici pour connaître tout le monde. Je dis souvent Ici, c’est chez moi.</p>



<p>Laurence : il a fait le marathon de Paris, il ne s’est pas senti bien, il s’est assis sur les marches d’une station de métro. Les gens se sont attroupés, et lui ont demandé s’il était français. Et il a répondu « <strong>Je suis Aveyronnais</strong> ».</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos : <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<p><a href="https://www.espace-produits-bio.com/">www.espace-produits-bio.com</a></p>



<p><a href="https://www.espace-produits-bio.com/">https://www.espace-produits-bio.com/</a></p>
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		<item>
		<title>Charlotte Majorel et Victor Heck, de l’audit financier à l’Aubrac</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/03/charlotte-majorel-et-victor-heck-de-laudit-financier-a-laubrac/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 09:50:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
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		<category><![CDATA[Charlotte Majorel]]></category>
		<category><![CDATA[Les Clés de l&#039;Aubrac]]></category>
		<category><![CDATA[Victor Heck]]></category>
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					<description><![CDATA[Charlotte Majorel et Victor Heck étaient promis à de belles carrières dans la finance, mais l’attrait de l’Aubrac a ramené le couple à Laguiole pour y créer un projet ambitieux, de bâtir des séminaires d’entreprises. Le dynamique duo s’attaque maintenant au Sud Aveyron, en imaginant des séjours autour du Trail des Templiers. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Charlotte Majorel et Victor Heck, de l’audit financier à l’Aubrac</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Charlotte Majorel et Victor Heck étaient promis à de belles carrières dans la finance, mais l’attrait de l’Aubrac, terre natale de Charlotte Majorel, a ramené le couple à Laguiole pour y créer un projet ambitieux, de bâtir des séminaires d’entreprises dans ce cadre authentique. Le dynamique duo s’attaque maintenant au Sud Aveyron, en imaginant des séjours autour du Trail des Templiers. C’est du cousu main que fabriquent Charlotte et Victor, soucieux de promouvoir l’Aveyron, dans l’esprit d’un tourisme qualitatif, à taille humaine.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8233" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Charlotte Majorel, vous êtes originaire de l’Aveyron. Qu’est-ce qui vous a incité à revenir dans l’Aveyron avec Victor Heck, votre compagnon&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Je suis originaire d’Espalion, mon grand-père était le propriétaire de la Banque Majorel, et de Lacam du côté de maman. Nous, on a toujours vécu à Paris, fait des expériences à Paris, à l’étranger. On a commencé à travailler dans la finance. Et on a décidé de revenir sur ce territoire qu’on apprécie beaucoup. Victor le connaît depuis 10 ans. On a trouvé qu’il y a un énorme potentiel par rapport à ce territoire, qu’il fallait conserver, mettre en valeur. A notre échelle bien sûr, puisqu’on n’est que deux pour l’instant. Cela nous touchait beaucoup de pouvoir promouvoir ce territoire. On a trouvé que l’idée de l’événementiel et du tourisme était dans l’air du temps. Avec le côté retour à la nature, aux valeurs, se ressourcer.</li><li><em>Et vous, Victor, d’où êtes-vous originaire&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Moi, je ne suis pas du tout aveyronnais. Je pense qu’avant de rencontrer Charlotte, je ne savais pas placer l’Aveyron, et encore moins l’Aubrac sur une carte&nbsp;! Moi, ma famille est de Marseille du côté de ma mère, et Strasbourgeoise du côté de mon père. J’ai de très fortes attaches surtout sur la région marseillaise. Mais j’ai toujours vécu à Paris. C’est là où nous nous sommes rencontrés il y a 9 ans. J’ai découvert l’Aveyron avec Charlotte en venant en vacances. Très rapidement, on s’est rendus compte qu’il y avait un vrai potentiel dans cette région. Naturel, car c’est très beau, mais aussi économique et social. Les gens sont très dynamiques et ont la fibre entreprenariale, avec de très belles réussites économiques. Si on prend le village de Laguiole, qui a 8000 habitants, il y a une effervescence économique assez impressionnante. C’est singulier. Nous avions commencé notre carrière professionnelle sur Paris, et nous serions restés sur Paris si on n’avait pas eu ce projet. Car ce n’est pas un burn out&nbsp;: on n’a pas dit J’en ai marre de Paris, je quitte tout, je pars à l’autre bout de la France. Il y avait vraiment cette idée de construire un projet à deux, et de pouvoir contribuer à notre échelle, la préservation et à la promotion de cette région.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Une région où on s’épanouit aussi. On sent qu’on est utiles pour faire quelque chose qu’on aime et qui est utile au territoire.</li><li>Victor Heck&nbsp;: on est partis du Pourquoi on veut faire ça&nbsp;? Et pour créer cette vie à deux, on est arrivés aux Clés de l’Aubrac, cette agence événementielle et touristique, créée il y a deux ans. Aucun regret. Très épanouis.</li><li><em>Vos études se sont déroulées dans le domaine de la finance. Vos jobs précédents étaient-ils tournés vers le tourisme&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: pas du tout. Moi, j’ai travaillé un peu à l’étranger, j’ai eu un stage d’audit en Italie dans une agence de l’ONU. Puis je suis rentrée à la COFACE (assurance crédits pour les entreprises) pendant deux ans, en tant qu’analyste financière.</li><li>Victor Heck&nbsp;: moi, après mes études, j’ai été un an dans la Marine Nationale comme officier volontaire. Puis je suis parti au Maroc dans une entreprise française de conseils. Ensuite, j’ai bossé dans l’hôtellerie, dans la partie financière, dans une entreprise franchisée. Je faisais de l’analyse financière, du développement commercial. Donc pas vraiment de contacts avec le client.</li><li></li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-8234" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1024x682.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-768x511.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1536x1022.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Pour résumer votre projet, vous êtes tous les deux des analystes financiers qui ont choisi de devenir des acteurs du tourisme, mais d’un tourisme différent&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: c’est ce qu’on essaie de faire. On voulait développer un tourisme à taille humaine, quelque chose de qualitatif. Surtout pas de quantitatif, car on est sur un territoire qui ne s’y prête absolument pas. Et nous, on est plutôt opposés à ça. On n’a pas envie qu’il se mette en place un tourisme de masse, car c’est quelque chose qui détruit les régions. Par contre, un tourisme de qualité, on trouvait que c’était intéressant d’aider les gens à découvrir autrement notre région. Avec à chaque fois des activités, des expériences ancrées dans le territoire. On aime bien cette idée de dire que ce que vous avez fait sur l’Aubrac ou sur l’Aveyron, vous ne pourriez pas le faire ailleurs.</li><li><em>C’est donc un virage à 180 degrés de votre vie. Puisque vous vivez maintenant à Laguiole. Comment s’est passée votre intégration puisque tu n’avais pas grandi à Laguiole&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Moi, je n’avais jamais vécu sur l’Aubrac et l’Aveyron, toujours à Paris. Et finalement, ça a été un peu une évidence. Ca s’est très bien passé car on savait où on allait.</li><li>Victor Heck&nbsp;: En fait, on a commencé à Lacalm, dans la maison de famille. Ca s’est très bien fait. Car le projet était bien accueilli avec les personnes avec qui on avait échangé.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Notre métier nous permet de rencontrer beaucoup de gens. On travaille avec beaucoup de prestataires locaux. On a eu cette obligation, avec grand plaisir, d’aller voir ces prestataires, de nous présenter professionnellement et personnellement. Tout de suite, il y a eu un échange. L’intégration s’est faite aussi par le travail. Mais cela n’a pas été compliqué. Sur Laguiole, il y a pas mal de jeunes qui sont aussi dans cette démarche. Tout le monde est très aimant de l’Aubrac. On est tous sur la même longueur d’ondes. Il y a une belle dynamique.</li><li><em>L’accueil s’est-il bien fait pour vous&nbsp;? Contrairement à ce qu’on entend souvent, les gens du Nord Aveyron sont accueillants.</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: quand on s’est installés, beaucoup de personnes nous ont dit que ce serait compliqué. Mais ce n’est pas que les gens ne vous intègrent pas. C’est juste que les gens ne vous attendent pas. On est deux nouvelles personnes, on s’installe dans un territoire qu’on ne connaît pas. Il faut aller vers les gens. Sinon, les gens ne vont pas savoir que Charlotte et Victor se sont installés. C’est à nous de faire le premier pas.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: C’est vrai aussi que moi, étant originaire de là-bas, ça aide un peu les premiers contacts. Il y a une vraie volonté de partager avec les gens, d’écouter aussi. Beaucoup de personnes, surtout les Parisiens, nous disaient que ce serait très compliqué de s’intégrer. Mais finalement, cela n’a pas été le cas.</li><li>Victor Heck&nbsp;: il faut être pro-actif. Il faut aller rencontrer les gens. Il faut essayer de s’inclure dans la vie du village.</li><li><em>Et le projet économique, a-t-il vite pris tournure&nbsp;? Avec une réussite rapide&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Il a fallu un peu de temps pour obtenir l’immatriculation obligatoire pour toute agence réceptive. Puis pour rencontrer les prestataires, monter nos produits. On a lancé l’activité concrètement en janvier 2020. Et en mars, il y a eu le confinement&nbsp;! Cela a un peu décalé. Je préfère parler de décalage du début d’activité. Après, on a eu de beaux séminaires l’année dernière, on a eu un été super intéressant. Le Covid a tué l’activité, on n’avait pas pris ça en compte dans notre business plan&nbsp;!</li><li>Victor Heck&nbsp;: Là, c’est en train de bien démarrer, on a de beaux partenariats. L’activité est en effervescence. On mesure le potentiel qu’il y a. Le Covid a renforcé nos convictions qu’il fallait qu’on continue. Cela n’a pas été simple tous les jours. Surtout car on n’avait pas de visibilité sur quand ça se terminait. Aujourd’hui, on voit plus le début de la fin. C’est dur quand on démarre une activité, qu’on démarre de zéro client, et qu’on se demande à partir de quand je vais pouvoir créer des choses.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8236" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Quel est le produit phare que vous proposez dans Les Clés de l’Aubrac&nbsp;? Celui qui représente le mieux votre état d’esprit&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: L’idée est de faire vivre une expérience, unique, exclusive aux personnes qui viendraient sur le plateau de l’Aubrac. Aujourd’hui, notre cible principale est les séminaires d’entreprises. Pour proposer une approche différente, de vivre un séminaire différent, vraiment axé sur l’Aubrac. On aime bien dire l’Aubrac, une terre d’inspiration. La formulation fait très marketing mais c’est vrai. Toutes les expériences sont ancrées sur le plateau de l’Aubrac, et sont uniques au Nord Aveyron. Et bientôt, on l’espère, à la région millavoise. L’idée est qu’on vient vivre une expérience unique pour une entreprise. L’Aubrac a beaucoup à offrir par ses paysages, sa quiétude.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: On met en avant trois valeurs&nbsp;: l’authenticité – le savoir-faire – la transmission. Ce sont des valeurs essentielles dans l’entreprise. Et aujourd’hui, avec ce qui s’est passé, l’entreprise a envie de se recentrer sur les valeurs premières, sur son identité. Et c’est quelque chose qui peut être réfléchi sur l’Aubrac car c’est un territoire où on se ressource. C’est un cadre propice à ce type de réflexions. Et aujourd’hui, beaucoup d‘entreprises se placent dans ce schéma-là. Nous sommes convaincus que l’Aubrac a un réel potentiel dans ce secteur-là.</li><li><em>Vous travaillez maintenant sur un projet lié au Festival des Templiers. Il est très différent, et il vous permet de vous orienter vers une autre sphère. Comment est né ce projet&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: La genèse est un évènement fait avec la JCE, la Jeune Chambre Economique de Rodez et Millau, en visio. Ils nous avaient invité pour qu’on présente notre projet, en octobre dernier. Le thème de la réunion était notre territoire, principale ressource. Kévin (Bertrand) avait présenté la démarche du Festival des Templiers, très ancré dans le territoire et dans les valeurs de l’Aveyron. Cela a fait écho à ce qu’on a proposé. En début d’année, on a recontacté Kévin par rapport à ça. Nous sommes une agence réceptive, les Templiers ont une notoriété nationale sur le territoire. On a parlé d’un partenariat à construire autour des Templiers et de l’Aveyron. Nous avions déjà réfléchi à créer des séjours sportifs sur le vélo de route et le trail, pour la découverte d’un territoire dans sa globalité. C’est ainsi qu’est née cette idée de partenariat Templiers Trail Expérience, où l’on reprend l’idée de la passion d’un sport et d’un territoire. L’idée est de proposer aux coureurs qui ont apprécié la course de revenir sur le territoire de l’Aveyron, et sur la région millavoise. Pouvoir courir sur les parcours des Templiers et venir avec leur accompagnant. Découvrir à plusieurs ce territoire en étant imprégnés de l’univers des Templiers. Nous organisons la totalité du séjour pour l’ensemble de la famille.</li><li><em>C’est un univers que vous ne connaissiez pas&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Je connais le trail car mon père est un grand mordu. Il a d’ailleurs couru les Templiers il y a quelques années. Je l’ai toujours suivi dans ses courses, dans cette passion. On s’intéresse à l’univers du sport de pleine nature, l’Aveyron s’y prête tellement. Nous aurons l’expertise d’organisateurs de séjours, et en s’alliant avec les Templiers, on recherche l’expertise d’organisateurs d’évènements.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Il y a aussi d’autres projets importants pour cette année. Comme celui monté autour du yoga avec le restaurant Bras.</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Nous sommes partis sur deux séjours, avec visite du jardin Bras, randonnée à pied, yoga et méditation, et deux repas au restaurant Bras. C’est un projet à petite échelle, avec des dates fixes pour les particuliers, en juin, et septembre. Nous envisageons de proposer des séminaires pour les entreprises au Suquet, dans l’idée de réflexion sur l’identité de l’entreprise. Il y a une vraie cohérence avec l’expérience de la famille Bras. Il y a des choses à créer pour les entreprises sur ces sujets. Ce sera plus des séminaires, qui seront cousus main en fonction des besoins des entreprises.</li><li><em>On peut dire que vous effectuez un travail de petite fourmi&nbsp;!</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Oui, c’est une forme d’artisanat à notre échelle. C’est ce qu’on aime aussi. On aime prendre le temps d’avoir les clients au téléphone, échanger avec eux, et à la fin, d’obtenir exactement ce que le client avait demandé.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: c’est notre valeur ajoutée. Et c’est aussi ce que recherchent les entreprises sur l’Aubrac, du cousu main, du confidentiel, du sur mesure. C’est l’ADN des Clés de l’Aubrac.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos réalisées au Cade par <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<p></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-les-cles-de-l-039-aubrac wp-block-embed-les-cles-de-l-039-aubrac"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NurVsWksxM"><a href="https://lesclesdelaubrac.com/templiers-trail-experience/">Templiers Trail Experience</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Templiers Trail Experience » &#8212; Les Clés de l&#039;Aubrac" src="https://lesclesdelaubrac.com/templiers-trail-experience/embed/#?secret=NurVsWksxM" data-secret="NurVsWksxM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>OLIVIER FABRE, L&#8217;EXCELLENCE DU GANT</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Anais Bertrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 May 2021 15:43:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[#Millau #Aveyron #gants #ganterie #gantsdeluxe]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div id="vc_row-685c8eb2d1ef0" class="vc_row wpb_row vc_row-fluid thegem-custom-685c8eb2d1ec42827"><div class="wpb_column vc_column_container vc_col-sm-12 thegem-custom-685c8eb2d26621223"><div class="vc_column-inner "><div class="wpb_wrapper">
	
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				<p><strong>OLIVIER FABRE, L&#8217;EXCELLENCE DU GANT</strong></p>
<p>Olivier Fabre perpétue la tradition familiale de l’excellence, portée par la Maison Fabre depuis 1924. Le petit fils des créateurs de la ganterie conserve l&#8217;héritage précieux de la maison avec son frère. Une maison de l&#8217;excellence, qui s&#8217;est imposée à travers toute l’Europe et à travers les siècles grâce à la qualité de ses gants et leur sublime esthétisme. Olivier Fabre est animé d’une recherche constante de nouvelles technologies en accord avec l’environnement, et a dernièrement sorti une gamme de gants et de masques sanitaires durant la pandémie. Le maître gantier s&#8217;entoure également de nombreux artistes et réalise des collaborations prestigieuses. Rencontre avec cet orfèvre, heureux de faire découvrir sa Maison, son héritage.</p>

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		<title>Paule Haminat au 36 quai des Orfèvres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 May 2021 06:30:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Festival Polar et Vin]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Polar]]></category>
		<category><![CDATA[Puale Haminat]]></category>
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					<description><![CDATA[Ambiance polar dans une ruelle du vieux Millau pour rencontrer Paule Haminat l’organisatrice d’un Festival consacré aux romans policiers organisé du 12 au 20 juin à Millau avec des invités d’exception dans l’univers du thriller et du roman noir.  Entretien en feuilletant du Séverac, du del Arbol, du Le Corre et du Tixier.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#ab7e02" class="has-inline-color">PAULE HAMINAT AU 36 QUAI DES ORFEVRES</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#ab841a" class="has-inline-color">Ambiance polar dans une ruelle du vieux Millau pour rencontrer Paule Haminat l’organisatrice d’un Festival consacré aux romans policiers, le Festival Polar, Vin et Compagnie organisé du 12 au 20 juin à Millau avec des invités d’exception dans l’univers du thriller et du roman noir. &nbsp;Entretien en feuilletant du Séverac, du del Arbol, du Le Corre et du Tixier.</span></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3502-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8212" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Le rendez-vous était fixé à 15 heures, place Foch. Signe distinctif, une besace en tissu noir. Sans en savoir plus. Taille, couleur de cheveux, âge, tenue vestimentaire. Rien.</p>



<p>J’arrive par la rue du Théâtre, 67<sup>ème</sup> jour d’occupation, des banderoles noires, des slogans blancs, sur les vitres des photos noir et blanc, des portraits, des hommes, des femmes assis, assises le cul sur le goudron, un carton sur les genoux, le regard fixe, des messages au feutre «&nbsp;on se fout de nous&nbsp;».</p>



<p>Je n’ai pas de montre, je pense «&nbsp;ce n’est pas à moi d’être à l’heure&nbsp;».</p>



<p>Au pied du musée, j’aperçois une silhouette, le sac noir en bandoulière, en évidence, sans fausse apparence. La fontaine est à sec, les bars de la place encore au pain sec, les gosiers à sec.&nbsp; Je me rapproche, elle se retourne. J’hésite, signe de politesse ou l’esquisse d’un geste timide et discret «&nbsp;c’est bien moi&nbsp;». Je réponds «allons-y», j’ajoute «vous avez ce qu’il faut&nbsp;?» Elle porte une main sur la toile noire de son cabas. Je suis rassuré.</p>



<p>Je ne l’imaginais pas ainsi, cinquante ans, peut-être plus, blouson et grand foulard pour les derniers frimas, pour l’anonymat, des mèches blondes, des lunettes rondes, nous marchons. Nous passons sous le porche, lumière jaunasse, odeur de pisse et merde de chien, ça me traverse « sale cabot ». Nous tournons à droite, on ne se dit rien. Impasse des Cordeliers, je baisse la tête. Au fond, un garage, une porte grillagée, un tag « pas de pub », sur les murs vieilles peintures défraichies, dans les coins et recoins vieilles maçonneries décrépies. Une boîte aux lettres, un nom au feutre, NICOLA en majuscules curieusement sans le S. Deux jeunes en survêt, casquette, baskets blancs, passent dans notre dos. Un bonjour discret, inquiet, regards en coin, l’air de dire «vous foutez quoi là ?». A gauche, un escalier sombre, une ampoule se dandinant, ils grimpent l’escalier. Claquement de porte, bruit de voix, j’entends « tu mets quoi là ?». Je reconnais Damso dans le noir, le lugubre, quai des brumes «j’connais la chanson, casses toi sale négro. Ça tire, ça tire le jour, ça tire la nuit, mon peuple est mort ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3458-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8213" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Paule Haminat se colle le dos au portail, les jambes légèrement croisées, les deux pieds croisés sur une grille de soupirail. Léger soupir «&nbsp;vous avez raison, ça fait vraiment polar». Elle plonge une main dans son sac, couverture vert amande, deux ombres, un homme, un gamin, un livre, un titre «tuer le fils&nbsp;», l’auteur Benoît Séverac, berger sur le Larzac, musicien touche à tout, œnologue, mille vies, mille passions, cœur chaloupé, écriture branchée et romancier, le polar sans bains de sang, sans vacheries nauséabondes et délires psychotiques. L’énigme du polar, elle tient en une ligne «Matthieu&nbsp; Fagas a tué parce qu’il voulait prouver qu’il était un homme».</p>



<p>Dans cette impasse du vieux Millau aux petits apparts étriqués et imbriqués, aux cloisons de plâtres écaillés, aux lumières blafardes, nous étions dans l’ambiance, Paule Hanimat présidente du Festival Polar, Vin et Compagnie pouvait être bavarde. Je l’ai écoutée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3506-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8214" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Gilles Bertrand&nbsp;: Désolé de vous posez cette question, mais il faut bien un point de départ comme une première page à un roman, comment en arrive-t-on à créer un Festival dédié au roman policier&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Paule Haminat :</strong> J’étais allée à Frontignan où existe un Festival Polar avec une copine. Le soir, j’ai lancé «et si on faisait la même chose à Millau ». Madeleine qui est très sérieuse m’a répondu «c’est une bonne idée». Au départ, nous n’étions que trois, Madeleine, mon mari et moi et nous avons créé l’association Culture Art et Polar Sud Aveyron. Puis en juillet 2017, nous sommes allés à des rencontres avec des auteurs en Lozère, Hervé Le Corre était présent. Je lui ai dit «nous allons organiser un festival Polar», il m’a répondu «oui pas de souci, c’est un premier festival, je viens». J’étais trop heureuse. Même si tout le monde nous disait «vous n’y arriverez jamais» et pour la première édition, nous avions 22 auteurs.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: On n’organise pas un Festival Polar sans être passionnée par la littérature et plus précisément par le roman noir. Désolé pour cette seconde question d’introduction, mais cette passion, elle remonte à quand&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong> Je lis du polar depuis que je sais lire. J’ai débuté par la littérature enfants avec les collections Bibliothèque Rose et Verte. Puis adolescente, je me suis tournée vers des auteurs comme Artaud, Gide ou bien encore Pasolini, des personnages forts, à un âge où l’on cherche à donner un sens à sa vie, à comprendre le monde dans lequel on vit. Puis je suis passé sur des auteurs américains comme James Ellroy. Aujourd’hui, j’adore les nouveautés. J’ai toujours un à trois livres dans mon sac. J’ai la chance qu’aujourd’hui, les éditeurs nous envoient des livres. Comme Hervé Le Corre, Victor del Arbol avec une très belle écriture, Benoît Séverac, Jean Christophe Tixier avec un univers tragi-comique, Benoît Phillipon, Jacky Schwartzmann avec ses personnages décalés, improbables sur le ton de l’humour.&nbsp; Ces auteurs seront tous présents cette année au Festival.</p>



<p><strong>. G.B.&nbsp;:</strong> <strong>Le roman policier vous poursuit depuis votre jeunesse, comment expliquez-vous cet attrait pour le roman noir, pour cette part sombre de l’humanité&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong>&nbsp; Vous savez la vie, ce n’est pas toujours marrant. La société est difficile et plus pour certains. C’est ce qui m’intéresse sur le plan émotionnel. La part d’ombre de l’humain et de la société. Cela explique beaucoup de choses sur l’humain et sur nous-même. Mais je ne suis pas sombre pour autant. J’ai fait du clown pour apprendre à gérer ses émotions par le rire. Le clown, il est mal habillé, il dérange, il ne trouve pas toujours sa place. C’est lui-aussi un personnage décalé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3468-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8215" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: Monter un tel Festival avec autant d’intervenants, de tables rondes, d’animations demande une certaine expérience. De quel univers arrivez-vous&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong> Auparavant, j’étais infirmière en chirurgie à Belfort. Puis j’ai passé le concours de cadre hospitalier et il y a 20 ans, avec mon mari qui travaillait en usine comme responsable en maintenance, nous avons fait le choix de venir vivre à Millau après un séjour en vacances. Je suis donc rentrée cadre en milieu psychiatrique. Je n’étais plus dans les soins mais dans l’organisation, en assistant aux réunions cliniques, en travaillant sur les projets des patients, en organisant la vie du service. En parallèle de cela, nous avions acheté une ferme sur le Lévezou à la Devèze près de la Tâcherie pour ouvrir un gîte puis nous nous sommes installés à Millau après avoir acheté l’hôtel du Commerce. Là, je me suis mise en dispo après avoir longtemps hésité car j’aimais mon travail. Aujourd’hui pour le Festival, c’est cette expérience qui m’aide, je coordonne, j’anticipe beaucoup, je suis également hyper curieuse et je rebondis toujours.</p>



<p><strong>G.B.&nbsp;: Je vous vois bien assise à la réception de l’hôtel dans l’attente des clients un bouquin sur les genoux…</strong></p>



<p><strong>P.H.&nbsp;:</strong> Oui, c’est un peu ça, l’après-midi, j’ai le temps de lire. C’est d’ailleurs pour profiter de ce temps libre que je me suis lancée dans la radio, avec Radio Larzac. J’avais une émission d’une heure par mois. Le titre, c’était «Est-ce ainsi que les hommes vivent&nbsp;?» un poème d’Aragon chanté par Léo Ferré (elle fredonne la chanson). J’ai adoré. Au début, j’ai débuté seule, je commentais un article du Monde Diplomatique, sur des sujets de société. J’étais engagée dans mes thèmes. Puis j’ai été en binôme avec Nicolas Wöhrel, le coordinateur de la radio.</p>



<p><strong>G.B.&nbsp;: Lorsque vous précisez «&nbsp;je rebondis, je suis très curieuse&nbsp;», est-ce cette curiosité qui vous pousse aujourd’hui à construire le programme de ce Festival&nbsp;?</strong></p>



<ol class="wp-block-list"><li><strong> H.</strong>: Nous sommes un groupe de dix au conseil d‘administration. On tire la rallonge de la table et on se réunit chez moi. Le choix des auteurs, on en discute puis nous passons par les maisons d’édition pour les invitations. Ce qui fait la différence avec les autres festivals, c’est que nous, nous donnons une couleur très sociétale. L’éditrice d’Hervé Le Corre nous le disait «il aime venir chez vous car dans ce festival, on ne parle pas que de polar, on parle de tout». Et cette année nous aurons 30 auteurs.</li></ol>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3477-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8222" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3446-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8216" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>G.B.&nbsp;: Alors vous allez parler de quoi, sous la présidence de la très prestigieuse Danielle Thiéry ?</strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong> Cette année, nous aurons en conférence Olivier Tesquet journaliste à Télérama. IL est l’auteur de «A la trace». Il interviendra sur le thème «enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance». Puis il y aura Pierre Piazza pour la dimension scientifique. Il est l’auteur de «aux origines de la police scientifique». Il est maître de conférences en sciences politique à Cergy Pontoise et membre de Criminocorpus (…revue d’histoire de la justice et des peines) sur le thème «&nbsp;aux origines de la reconnaissance faciale à des fins d’identification&nbsp;». Nous aurons également Benoît Séverac qui interviendra à la maison d’arrêt de Rodez. Il a conduit de nombreux ateliers d’écriture en prison. Et le lendemain, il animera une table rond sur le thème «prison, un déni d’humanité». Son dernier livre (…Tuez le fils) qui a été présenté à La Grande Libraire, part d’une histoire de détenu.</p>



<p>Le programme de ce Festival était plus long que ces quelques noms énoncés et piochés en vrac, aussi riche qu’une longue diatribe essoufflée à la Ellroy avec tables rondes, dédicaces, lecture musicale et prix Robin Cook, analyse de scènes de crime avec deux experts de la police scientifique, diffusion du documentaire «&nbsp;Des Hommes&nbsp;» réalisé par Jean Robert Viallet en immersion pendant 25 jours à la prison des Baumettes pour saisir «les destins brisés, les espoirs, la violence, justice et injustices de la vie».</p>



<p>J’osais une dernière question, Festival Polar et Pinard…pour quelle raison ? J’avais en tête le héros des romans de Ken Bruen, l’agent Jack Taylor, au café brandy dès le matin, poursuivant sa journée de labeur dans les entrailles du mal et dans l’écume de la Guinness pour finir dans les vapeurs de la tequila à fuir la noirceur des ténèbres. Non, soyez rassuré, Polar et Pinard ne fricote pas avec ce genre d’énergumène dégénéré, archétype du détective à la couenne épaisse, à l’haleine épaisse, irrécupérable poivrot et amant minable zigzaguant et divaguant en route vers l’échafaud. Pour répondre, Paule Haminat se pinça d’un petit sourire poli «le vin, c’est pour la dimension festive et conviviale. Pour découvrir des terroirs, un savoir-faire. Les auteurs sont généralement des bons vivants». J’étais rassuré, pas de canaillerie, pas de soûlerie déjantée, à Millau, au 36 quai des Orfèvres, le polar sera sans limitation et le pinard, avec modération. Quoique ?!</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-1024x667.jpg" alt="" data-id="8219" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8219" class="wp-image-8219" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-1024x667.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-300x195.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-768x500.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-1536x1000.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-1024x683.jpg" alt="" data-id="8220" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8220" class="wp-image-8220" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li></ul></figure>



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