<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Odile BAUDRIER &#8211; Live Aveyron</title>
	<atom:link href="https://www.liveaveyron.com/author/odile/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.liveaveyron.com</link>
	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
	<lastBuildDate>Thu, 14 Oct 2021 06:33:49 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.6.2</generator>

<image>
	<url>http://liveaveyron.com/wp-content/uploads/2020/04/favicon32.png</url>
	<title>Odile BAUDRIER &#8211; Live Aveyron</title>
	<link>https://www.liveaveyron.com</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Nicole PUECH, le combat contre le cancer</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/10/14/nicole-puech-le-combat-contre-le-cancer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Oct 2021 01:34:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Sud Aveyron Cancer]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8479</guid>

					<description><![CDATA[Après avoir été frappée par la maladie, Nicole Puech s’est impliquée pour la Ligue contre le Cancer, et depuis sept ans, elle se mobilise pour le projet de la Belle de Millau, qui a réuni plus de 2000 participants en 2019, sa dernière édition. La marche-course programmée le dimanche 24 octobre se prépare activement pour la 7ème année. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">Nicole PUECH, le combat contre le cancer</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Ni<span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">cole Puech compte parmi les chevilles ouvrières de la lutte contre le cancer en Aveyron. Après avoir été frappée par la maladie, la</span> Mi<span style="color:#cf2b54" class="has-inline-color">llavoise s’est impliquée pour la Ligue contre le Cancer, et depuis sept ans, elle se mobilise pour le projet de la Belle de Millau, qui a réuni plus de 2000 participants en 2019, sa dernière édition. La marche-course programmée le dimanche 24 octobre se prépare activement pour la 7<sup>ème</sup> année.</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8482" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <strong>Odile Baudrier </strong>: <em>Pour la 7<sup>ème</sup> année, tu es impliquée dans le projet de la « Belle de Millau », dans le cadre d’Octobre Rose, qui mobilise beaucoup de monde, avec également de nombreuses animations mises en place chaque samedi au cœur de Millau. Cette édition 2021 suscite visiblement beaucoup d’enthousiasme ?</em></p>



<p>. <strong>Nicole Puech</strong> : Oui, je suis agréablement surprise de voir l’enthousiasme des gens qui viennent s’inscrire. Depuis deux ans, ça leur manquait.</p>



<p>. <em>C’est aussi la preuve que la vie redevient normale.</em></p>



<p>. Tout à fait. Et une chose importante aussi est qu’on leur demande s’ils ont le pass sanitaire, et pratiquement tout le monde l’a. Seulement deux personnes ont indiqué qu’elles ne l’avaient pas.</p>



<p>. <em>Tu as commencé à t’impliquer dans ce projet il y a 7 ans, il s’est intégré dans Octobre Rose, une opération nationale qui est montée en charge depuis 4 ou 5 ans. Comment accueilles tu cet enthousiasme ?</em></p>



<p>. Déjà que je suis très enthousiaste, je suis vraiment ravie. Et je me repète, c’est grâce aux Templiers et à Kévin (Bertrand) qu’on a pu avoir cette belle manifestation. Nous, tous seuls, à Sud Aveyron Cancer, on aurait été incapables de mener cette opération. A l’origine, Sud Aveyron Cancer menait des quines, des ventes aux marchés, recevait des dons. Nous avons environ 250 adhérents, qui ramènent 2500 euros de recettes. Mais grâce à la Belle, nos dons pour la recherche ont beaucoup augmenté.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-3-1024x684.jpg" alt="" class="wp-image-8481" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <em>Comment avait été créée l’association Sud Aveyron Cancer ?</em></p>



<p>. Cela fait 14 ans, en 2007, qu’elle a été créée. Suite à ma maladie, un cancer du sein. J’ai été contactée par des gens de la Ligue contre le Cancer de Rodez pour représenter la Ligue sur Millau. Nous avons créé une association distincte, qui fait partie intégrante du Comité Départemental.</p>



<p>. <em>Qu’est ce qui a motivé qu’après cette maladie, tu aies voulu t’impliquer aux côtés des malades, de la recherche. Pourquoi vouloir aller plus loin que la plupart des malades, qui, finalement tournent la page et reprennent leur vie normale ?</em></p>



<p>. Il se trouve que trois ans après moi, j’ai aussi vécu la maladie d’une personne très proche de ma famille. Ma motivation a été multipliée, je ne peux pas dire par combien ! En plus, c’était une gamine qui avait 16 ans. Je l’ai accompagnée pendant une semaine dans un service en pédiatrie à l’hôpital. J’ai vu tellement d’enfants malades pendant une semaine que c’était impossible, une fois revenue à Millau, de m’arrêter là, de ne pas continuer cette aventure.</p>



<p>. <em>Cela t’a donné une motivation supérieure</em></p>



<p>. Oui, quand on l’a vécu vraiment, c’est vraiment différent que de simplement cotoyer les malades.</p>



<p>. <em>Le cancer marque aussi souvent un changement radical de la vie, un stop aux projets.</em></p>



<p>. Moi, j’avais 64 ans, je ne travaillais plus, je n’avais plus de projets de travail. Mais une gamine de 16 ans, ça change tout. Au point de vue projet scolaire, la personne est déboussolée. Elle est désemparée et se cherche pendant un moment.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8483" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>. <em>Tu as voulu t’impliquer dans cette lutte qui oblige à beaucoup de contacts avec des malades. N’est-ce pas parfois difficile d’être constamment plongée dans la maladie ?</em></p>



<p>. Non, pas du tout. Parce que je l’ai tellement vécu. Quand on l’a vécu, on ne peut pas ne pas s’intéresser aux autres.</p>



<p><em>. Pourtant beaucoup d’anciens malades ne s’y intéressent pas.</em></p>



<p>. Oui. C’est vrai aussi que certains ont envie d’en parler et d’autres non. On respecte.</p>



<p><em>. Tu es souvent une bouée de secours pour les malades ?</em></p>



<p>. Oui, beaucoup de téléphone. Beaucoup de rencontres. Mais c’est très intéressant et enrichissant.</p>



<p><em>. On recherche tes conseils ?</em></p>



<p>. Des conseils, je n’ai pas le droit d’en donner. C’est du domaine du médical. Chacun a sa façon d’être soigné. Moi, ce que j’amène, c’est de la joie, de la gaieté et l’envie de se battre. Toujours positif, jamais négatif.</p>



<p><em>. Cette aventure t’a aussi amenée à côtoyer des médecins, des chercheurs. Quelles sont les rencontres que tu as pu faire en 14 ans ?</em></p>



<p>. J’ai été marquée par ce premier samedi de décembre où l’on rencontre à Rodez ces chercheurs d’une simplicité incroyable. Ils sont là pour recevoir leur allocation de recherche, certains ont les larmes aux yeux. Ils sont tellement heureux de recevoir ces allocations. Il faut rappeler que la Ligue est le premier financeur privé de la recherche en France. Et les chercheurs disent bien que s’ils n’avaient pas les aides de la Ligue et des autres associations, ils ne savent pas trop où ils en seraient.</p>



<p><em>. Ensuite, as-tu eu l’occasion d’avoir des retours sur les études faites grâce à cet argent donné par le Comité de l’Aveyron ?</em></p>



<p>. Quand ils reviennent, ils nous expliquent ce qu’ils ont fait pendant l’année.</p>



<p><em>. Parfois, n’y a-t-il pas du découragement de voir qu’il y a beaucoup de chercheurs, de mobilisation, mais que malgré tout, la maladie ne diminue pas, voire augmente. Comment l’appréhendes-tu ?</em></p>



<p>. La maladie augmente, mais les traitements sont devenus de plus en plus pointus. Beaucoup de cancers se guérissent maintenant. Le cancer du sein, grâce à un dépistage. Un cancer dépisté, cela donne 90% de guérison. Le souci actuellement est le cancer du pancréas, qui guérit difficilement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/10/Nicole-Puech-La-Belle-de-Millau-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8484" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p><em>Justement, durant les confinements et cette crise du COVID, la prévention a beaucoup souffert.</em></p>



<p>Oui, le président de la Ligue a écrit à tous les adhérents, pour informer qu’il y avait de gros soucis. Et qu’il y a aussi des médicaments qui ont manqué. La Ligue s’en préoccupe.</p>



<p><em>Avant de t’engager dans Sud Aveyron Cancer, tu étais une commerçante à Millau. Avais-tu déjà eu des engagements associatifs&nbsp;?</em></p>



<p>Je m’occupe depuis de très longues années de l’association des Amis de l’Hôpital. Je suis trésorière depuis une douzaine d’années. L’association intervient financièrement ou physiquement dans les maisons de retraite, pour des animations auprès des pensionnaires, chorale, quines, peinture… Mais cela fait deux ans que c’est un peu à l’arrêt.</p>



<p><em>Comment t’es-tu intéressée à cette association&nbsp;?</em></p>



<p>Je ne peux pas rester sans rien faire. Il me faut le contact avec les gens. Quand je me suis arrêtée de travailler, il fallait que je trouve quelque chose à faire. Je dois dire aussi puisqu’on parle de l’hôpital, que l’association Sud Aveyron Cancer paie une esthéticienne pour épauler les malades du service oncologie. Cela fonctionne très bien. La semaine dernière, elle a reçu 22 personnes. Et la Ligue paie aussi une sophrologue pour aider aux soins, que la perfusion se passe mieux.</p>



<p><em>Toi-même, tu as bénéficié de soins de ce type&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, j’ai été opérée à Montpellier, et j’ai effectué mon protocole de soins à Rodez, où j’ai pu bénéficier d’une sophrologue. De tels soins sont importants pour les malades. La perfusion passe mieux quand on s’occupe d’eux. Et l’esthéticienne apporte du confort.</p>



<p><em>Tout le mois d’octobre, on te retrouve au Chalet de la Belle de Millau tous les après-midis pour recevoir les inscriptions. Est-ce de bons moments&nbsp;?</em> Oui, on voit plein de gens différents. Des malades, d’anciens malades. Un monsieur âgé du quartier vient souvent bavarder. Il y a aussi des animations tous les samedis, des majorettes, un danseur brésilien… C’est enthousiasmant de voir tous ces jeunes s’impliquer dans cette lutte&nbsp;!</p>



<p>Interview Odile Baudrier </p>



<p>Photos : Gilles Bertrand</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Serge Sécail, le sens du collectif</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/22/serge-secail-le-sens-du-collectif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Sep 2021 03:36:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Sécail]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8428</guid>

					<description><![CDATA[Voilà 47 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, qu’il adule pour son esprit collectif. Educateur sportif toute sa carrière, il a assumé durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, et la sortie de son livre, « Millau l’inspirante ». ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#11700a" class="has-inline-color">Serge Sécail, le sens du collectif</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color:#2d6706" class="has-inline-color"><strong>Voilà 57 ans que Serge Sécail a pris sa première licence au SOM Rugby, et depuis, de joueur à entraîneur et dirigeant, ce sport l’a façonné par cet esprit collectif qu’il conserve dans toutes les facettes de sa vie. Des années durant, cet éducateur a initié au sport les jeunes scolaires de Millau, avant d’assumer durant le mandat de Guy Durand, la fonction d’adjoint aux sports de la Ville. Tout récemment, Serge Sécail s’est distingué par la réussite du Forum des Associations, qu’il préside, en parallèle de la sortie de son livre, « Millau l’inspirante »</strong>,<strong> consacré aux grosses associations sportives de Millau.</strong></span></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8434" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Je voulais d’abord revenir sur le beau week-end associatif que tu as pu provoquer en reprenant la direction du Forum des Associations.</strong></em></li><li>Ce forum des associations est une chose très importante à la rentrée pour redémarrer la vie associative, et encore plus après cet épisode COVID où la vie associative a été pratiquement arrêtée. A ce moment-là, beaucoup de personnes ont remarqué que cet arrêt était préjudiciable à la vie de tous les jours, et encore plus pour les gens qui ne sont pas en activité professionnelle. Notamment les retraités, qui sont privés de contacts, de lien social. Je faisais partie de l’équipe précédente, mais je n’avais aucune fonction dirigeante. Quand l’équipe a arrêté, j’ai dit qu’il fallait faire quelque chose pour ne pas que ça s’arrête complètement. Il était question de le confier à la mairie, mais s’il n’y a pas une implication motivée et citoyenne pour donner une autre dimension que commerciale, ce n’est pas bon. Nous avons voulu ajouter un côté festif, convivial. Et la première décision a été de délocaliser le forum, de l’amener du centre ville avec les avantages et inconvénients que ça représentait, au Parc de la Victoire avec les avantages et inconvénients. Au vu des retours, 100% d’associations ont trouvé le lieu plus adapté. Au départ, nous l’avions choisi pour être plus aéré par rapport au COVID, mais il a permis d’ajouter une dimension d’animation et sportive très appréciée.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8432" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Un bilan très positif avec pour clôturer le forum, un spectacle inter-générationnel, réunissant des plus jeunes aux plus âgés.</strong></em></li><li>Là aussi, il s’est agi d’un pari. J’ai l’avantage et l’inconvénient d’avoir un peu d’âge. Donc j’ai un réseau associatif important. A travers une rubrique rédigée dans le journal de Millau, j’ai pu rencontrer des gens du milieu associatif. Dans ce cadre, j’ai rencontré Silva Ricard. Nous avons pu parler de sa vie antérieure. Silva, une femme de talent, qui a du caractère, de la pugnacité, m’a dit Il faut qu’on fasse quelque chose pour redonner le sourire aux gens. Dès le mois de mars, on a démarré sans savoir vraiment ce qu’on allait faire. Et puis de rencontre en rencontre, Silva, qui est très fédératrice, a su mobiliser une équipe à un moment où tout le monde était à l’arrêt. Malgré tout, elle a pu faire travailler par petits groupes,&nbsp;avec deux répétitions générales. Mais avec le cœur, elle a donné du bonheur aux gens. Cela n’a pas de valeur. Quand on voyait les personnes âgées du Foyer Soleil, avec la doyenne de 95 ans, prendre une bouffée d’oxygène, partager avec des petites. C’est beau&nbsp;! Le but du jeu était de redonner espoir et sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La réussite a donc été totale.</strong></em></li><li>Comme on n’avait pas de budget, on est passés par des moments difficiles. La sono a pris l’eau pendant l’averse de midi. Il a fallu trouver une sono de remplacement, Anne Marie Couvert nous a prêté une petite sono pour faire l’après-midi, mais cela ne suffisait pas pour le spectacle de Silva. J’ai appelé mon frère qui est dans la sonorisation, et vit à 1 heure d’ici. Je l’ai joint à 15 heures, et je lui ai demandé de venir nous dépanner. Mais tout cela a ses limites&nbsp;! L’année prochaine, on va repartir sur un format amélioré, avec des professionnels.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton automne est chargé, puisque tu publies le livre sur lequel tu travaillais depuis près d’une année, consacré à des associations de Millau. Comment est né ce projet&nbsp;?</strong></em></li><li>Ce projet est né avec l’arrêt de la vie associative. Moi qui suis impliqué tous les jours, je me suis retrouvé à l’arrêt. J’ai mis à profit cette période-là pour faire remonter toutes les belles initiatives locales que je connais pour y avoir trempé de près ou de loin, et pour apprécier les personnes qui portent ces grandes manifestations. L’idée est venue d’articles sur le Journal de Millau, en plusieurs chapitres. Et le directeur, Thierry Favier, m’a parlé d’un livre où je compile ces articles. Cela a été lancé à Noël dernier. J’ai donc publié ce livre que j’ai appelé <strong>Millau l’Inspirante</strong> car Millau inspire beaucoup de gens dans le milieu associatif, et beaucoup de gens sont peut-être venus à Millau à cause de cette qualité de la vie associative.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Combien d’associations sont présentées dans ce livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai limité par le fait que j’ai voulu transcrire que les associations porteuses d’une manifestation de notoriété et sur la longueur. Que ce ne soit pas éphémère, pour présenter des gens présents sur la durée qui permettent que Millau soit reconnu comme l’excellence associative.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-6-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8431" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>C’était la première fois que quelqu’un se lançait dans un tel projet. As-tu été bien accueilli&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai été très bien accueilli. Parfois, les gens étaient surpris. Puis on parle à bâtons rompus. Les gens me connaissent avec mes qualités et mes défauts. Mais ils savent que je ne suis pas un tricheur, et que j’aime les gens. Volontairement, j’ai limité à des manifestations de notoriété, et qui amenaient beaucoup à la ville.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce n’est pas ton premier livre.</strong></em></li><li>Mon premier livre était né d’une déception après l’échec aux Municipales en 2014. J’ai été un peu perturbé. Pour laver les esprits, je me suis mis à écrire un livre autobiographique, que j’ai appelé, en clin d’œil avec le rugby, «&nbsp;<strong>De mêlée en démêlé</strong>&nbsp;». Je lie ma vie à Millau, à travers l’école, le sport, la politique. Ce livre retrace une carrière de bénévole. Il a rencontré un bon succès, avec 550 exemplaires vendus. Les gens se reconnaissent à travers les anecdotes croustillantes de la vie millavoise.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>La déception avait été très forte lorsque tu n’as pas été réélu avec la liste de Guy Durand.</strong></em></li><li>Oui, très forte, car pour moi, elle était inattendue. Quand on n’est pas conditionné à quelque chose, cela a été un choc que j’ai maîtrisé grâce à l’écriture de ce livre, à ma famille, ma femme, qui me supporte depuis 45 ans.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu étais d’abord et avant tout un éducateur sportif dans les écoles. Sur quelle période&nbsp;?</strong></em></li><li>C’était une belle période, au service des sports de la ville de Millau, où on enseignait dans les écoles l’éducation physique à tous les enfants du CP au CM2. Avec une équipe d’éducateurs hors pair et innovants, puisque dès 1986, on avait mis en place des stages sportifs multi-activités, qui continuent encore aujourd’hui. Maintenant, c’est la troisième génération d’enfants qui arrivent, les parents, les grands-parents ont connu ces stages&nbsp;! j’ai eu la chance de travailler dans un milieu où nous étions des amis. Avec une très grosse solidarité entre nous, une très grosse confiance. Et je pense qu’on n’est pas étrangers à ce que Millau ait un développement associatif sportif de qualité. En 1986, déjà, on enseignait dans les écoles des sports qui n’étaient pas encore au goût du jour, le kayak, l’escalade. On a donné goût à l’effort. Millau peut se targuer d’être une petite capitale des sports, notamment de pleine nature.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-7-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8433" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ton implication dans l’associatif s’est surtout manifestée dans le rugby.</strong></em></li><li>Oui, je suis arrivé dans le rugby à 15-16 ans. Auparavant, j’étais passé par les Eclaireurs, l’Hirondelle Millavoise. A l’époque, il n’y avait pas d’école de sport, la seule société sportive qui accueillait des enfants était l’Hirondelle Millavoise. J’y suis resté trois ans. Puis à 12 ans, j’ai rejoint les Eclaireurs avec des copains, j’étais un peu aventureux. On sortait un week-end sur deux en autonomie, avec un chef de patrouille qui avait 14 ans. C’était système débrouille d’entrée&nbsp;!</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et après, tu as découvert le rugby.</strong></em></li><li>J’aurais aimé commencer avant, mais il n’y avait pas de cours. J’étais un petit gabarit. A l’époque, à 16 ans, certains faisaient 25 ou 30 kilos de plus que moi. Avec ténacité, je me suis fait ma place et j’ai trouvé un endroit où j’ai pu m’épanouir. Et on a eu une aventure fantastique puisqu’en 4 saisons, on a franchi 4 étapes, de division d’honneur à division nationale, avec le même groupe. Ce sont des moments uniques, qui te marquent à vie. Et tout le bonheur que j’ai pris, je voudrais le restituer. Donc transmission. C’est ce que je me suis appliqué à faire avec mes copains du service des sports, pour donner le goût, pour avoir envie. Maintenant, nous avons une équipe d’éducateurs, que, pour la plupart, j’ai eu en élèves. Cette transmission est une grande réussite pour moi. Donner envie, que des gens puissent continuer ce que toi, tu as commencé petitement, et qu’ils font maintenant avec plus de talent, c’est une grande satisfaction.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu commences le rugby à 15 ans, et depuis, tu n’en es jamais sorti&nbsp;?</strong></em></li><li>Non. Je suis rentré en 1964 à 15 ans. J’ai quitté le club pendant un an quand j’étais militaire, j’étais sur Toulon. J’ai joué un an, junior, à Toulon. Ma seule infidélité au club&nbsp;! Cela m’a permis de côtoyer des grands noms du rugby qui ont joué en Equipe de France. J’ai eu la chance de jouer avec Daniel Herrero, qui a mon âge, et était le capitaine de l’équipe junior. C’est un personnage, prof de sports, chercheur. C’est un gars qui avait beaucoup d’avance, et une façon de s’exprimer hors du commun. Grâce à ces gens-là, ça m’a permis de prendre confiance. A 20 ans, l’officier des sports m’a dit d’entraîner l’équipe de la base militaire, formée à 80% d’officiers. Moi, j’entraînais des capitaines et des commandants de la Marine, j’ai pris confiance. En rentrant de l’armée, je suis devenu éducateur au club, je me suis formé. A l’époque, ça ne se faisait pas beaucoup, c’était surtout empirique. Je suis parti dès 1971 faire des stages d’initiateur, pour une semaine. Je suis arrivé en 1978 au 3<sup>ème</sup> degré, qui était le plus haut niveau de l’époque. En 1978, je me suis retrouvé propulsé à 30 ans à entraîner l’équipe de Millau, formé de mes anciens partenaires&nbsp;! Moi, j’ai décroché rapidement le jeu, j’ai eu deux accidents de rugby, et je me suis reconverti dans l’encadrement.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu es ensuite devenu un dirigeant du club.</strong></em></li><li>Je suis devenu responsable de l’école de rugby pendant 20 ans. Puis je suis revenu en équipe 1. <strong>On m’appelait Manpower</strong>&nbsp;! Quand il y avait un problème, on faisait appel à moi. J’ai entraîné les seniors 2 fois en cinq ans, pour dépanner. Puis je suis devenu secrétaire du club. Je suis licencié au club depuis 1964.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-10-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8435" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Ce credo école de rugby, entraîneur, cela correspond aussi à des valeurs que tu souhaites transmettre&nbsp;?</strong></em></li><li>Ces valeurs sont importantes et primordiales. Ce sont des valeurs de respect. Le rugby est un sport de combat collectif, avec des règles. Si on transgresse ces règles, on peut tomber dans la violence. Ces règles strictes imposent le respect pour l’arbitrage, même s’il y a parfois des fautes d’arbitrage. Cette forme de respect perdure, et j’espère que malgré le rugby professionnel qui tire vers le haut, avec des exemples pas toujours à suivre, le rugby gardera ces valeurs de respect indispensables. On le voit dans notre société où plus personne ne respecte rien. Il faut qu’il y ait des règles, qu’elles soient acceptées, par tout le monde. N’importe quel joueur qui fait une bêtise doit être sanctionné même si c’est un bon joueur.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Et de quand datent tes opinions socialistes&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai toujours eu des idées de gauche parce que mon père a été militant dans ses jeunes années. J’ai toujours baigné dans le militantisme à la maison. Cela nous a donné le goût de la politique. Mon père avait des idées de gauche, il nous a transmis inconsciemment les valeurs dans lesquelles je me retrouvais et qui continuent à m’animer. Je n’ai adhéré au Parti Socialiste qu’en 2012 quand le PS était au plus mal. Moi, j’ai fait l’inverse de beaucoup, qui adhèrent quand tout va bien. J’ai pensé que c’était normal d’adhérer à un parti car sans partis, c’est l’anarchie. Même si ces règles sont parfois transgressées par le milieu politique. On a tendance à dire que c’était mieux avant. Je pense que c’est mieux maintenant. Avant, c’était pire, mais on ne le savait pas. Maintenant, les dérapages sont plus connus.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Lorsque tu as été élu en 2008 sur la piste de Guy Durand, tu n’étais donc pas encarté socialiste à ce moment-là. Tu avais donc été choisi car issu de la société civile et associative.</strong></em></li><li>Guy Durand m’avait choisi car venant de la société civile, et de l’associatif. J’étais à la fois éducateur sportif, et très engagé dans le club de rugby.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc connu un mandat d’élu de 6 ans et une très longue vie associative. Où t’es tu senti le plus utile&nbsp;?</strong></em></li><li>Moi, je dirais qu’on est utile partout. Mais à des postes différents. Educateur, donner de l’éducation, ça n’a pas de prix. C’est la base d’une société bien constituée. Après, quand je me suis retrouvé élu, le regard des autres a changé par rapport à moi. Mais moi, je n’ai pas changé ma façon de fonctionner. Je suis resté le même. Je n’étais pas Dieu le père. Je faisais le maximum pour être utile au milieu associatif à travers la délégation sports et vie associative. Je pense que j’ai été respecté, et que j’ai respecté les gens. Je pense avoir fait des erreurs comme tout le monde, mais je pense avoir été honnête. Mais j’ai vécu aussi comme un échec les «&nbsp;Pieds sur Terre&nbsp;» initiés pendant la campagne. Là, mon manque d’expérience politique a fait qu’on a manqué un acte fondateur. Nous étions en avance en 2009 pour créer cette grande fête autour de l’écologie. Je me suis fais manger par des gens qui, politiquement, avaient de l’expérience, et qui nous ont entraîné dans un créneau trop politisé, qui nous a fermés d’un certain milieu associatif. Alors que l’idée était noble et généreuse de faire de Millau une vitrine et un exemple de ce que pourrait être la vie associative, sport ou culture, en respectant l’environnement, les autres. Nous étions initiateurs d’une belle idée, mais on était peut-être trop en avance à l’époque pour un tel projet. Et on a jeté l’éponge au bout de deux ans.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-8-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8436" width="1160" height="760"/></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Concernant la nouvelle élection de 2020, pour quelle raison n’as-tu pas souhaité te représenter&nbsp;?</strong></em></li><li>On ne va pas poser le problème comme ça. C’est vrai que j’aurais aimé être pris sur la liste, mais comme toute liste d’ouverture que Manu Gazel a fait, il fallait faire des arbitrages, des équilibrages. Quand Manu m’en a parlé, je lui ai répondu Je viens d’un sport collectif, ne te fais pas de souci, je ne serai pas un caillou dans ta chaussure. Prends des gens plus jeunes, peut-être moins marqués que moi de l’époque Durand, et qui pourrait être un frein à cette envie de fédérer autour d’une belle personne qui est Manu Gazel.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Tu as donc renoncé sans amertume.</strong></em></li><li>Disons qu’il a fallu que je l’avale, que je le digère. Je n’ai pas du tout d’aigreur. Avec du recul, je me dis aussi que mon épouse est maintenant à la retraite, et qu’être élu est un engagement de tous les jours, matin et soir car moi, je ne me vois pas ne pas être sr le terrain à l’écoute des gens. Là, j’ai un peu plus de liberté, qui permet de faire des choses sans contrainte et avec grand plaisir. Mais je suis attentif à la vie associative et municipale. Manu, je la considère comme une amie, elle m’a d’ailleurs préfacé mon livre et j’ai beaucoup d’affection et d’estime pour cette fille. Mais il y avait trois personnes issues du Rugby sur sa liste, et avec moi, cela faisait quatre. C’était trop&nbsp;! Moi, j’ai 73 ans, j’ai fait mon temps, je serai utile autrement. Tant que j’ai la santé et la pêche, je le ferai.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>Le Forum des associations a aussi été un projet qui t’a permis d’atténuer cette déception et de t’impliquer dans un projet collectif comme tu les aimes.</strong></em></li><li>Moi, j’aime cet aspect collectif, comme le rugby. Rien n’est plus beau que les réussites collectives. Elles sont toujours boostées par des hommes et des femmes qui sont à la tête, mais sans cette capacité à fédérer les bénévoles…, on ne pourrait rien faire. Pour moi, et pour les autres personnes de Grands Causses Bénévolat, c’est une grande satisfaction d’avoir su fédérer le milieu associatif pour redonner un peu de couleur et de sourire.</li></ul>



<p></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>As-tu un autre projet de livre&nbsp;?</strong></em></li><li>J’ai un autre projet, toujours dans le milieu associatif local, mais dans d’autres domaines, celui du domaine social, où il y a de belles réussites associatives, avec de belles personnes qui portent ces projets. Cet hiver, je vais commencer les rencontres, je vais attaquer avec une amie, Josette Hart, pour le Jardin du Chayran, qui va fêter ces 20 ans, et qui est une réussite associative exemplaire, qui permet de donner de l’espoir à des gens mal embarqués dans la vie. Je vais m’atteler à ça cet hiver.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> le 20 septembre 2021</p>



<p>Photos&nbsp;: <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8454" width="1160" height="760"/></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/serge-secail-9-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8442" width="1160" height="760"/></figure></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Betty Gonzalez, un combat pour l’autisme</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/09/04/betty-gonzalez-un-combat-pour-lautisme/</link>
					<comments>https://www.liveaveyron.com/2021/09/04/betty-gonzalez-un-combat-pour-lautisme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 Sep 2021 09:03:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[autisme]]></category>
		<category><![CDATA[Betty Gonzalez]]></category>
		<category><![CDATA[Millau Autisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8379</guid>

					<description><![CDATA[Depuis près de deux ans, la Millavoise Betty Gonzales s’implique dans l’association « Millau Autisme » pour mieux faire comprendre ce handicap, qu’elle vit au quotidien avec son fils de huit ans. L’idée originale de « Millau Autisme » est de faciliter la participation des enfants autistes à des activités sportives.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Betty Gonzalez, un combat pour l’autisme</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Depuis près de deux ans, la Millavoise Betty Gonzalez s’implique dans l’association « Millau Autisme » pour mieux faire comprendre ce handicap, qu’elle vit au quotidien avec son fils de huit ans. L’idée originale de « Millau Autisme » est de faciliter la participation des enfants autistes à des activités sportives, avec l’objectif d’augmenter leur autonomie, et aussi de créer des moments de répit pour les familles confrontées à un handicap quelque peu méconnu, et si complexe à gérer.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8381" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1040624989-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Vous êtes présidente de l’Association «&nbsp;Millau Autisme&nbsp;», qui organise ce dimanche la «&nbsp;Marche Bleue&nbsp;» destinée à sensibiliser sur l’autisme. Pourquoi avoir créé «&nbsp;Millau Autisme&nbsp;»&nbsp;?</em></p>



<p>L’association a été créée en décembre 2019, suite à une période difficile que j’ai passée avec mon fils, qui est autiste, sur l’idée lancée par mon beau-père, Guy Marolleau, ancien directeur du Foyer Soleil à Millau, me voyant désespérée et en difficulté. Nous avions passé des vacances ensemble en Espagne. Moi, je n’avais pas pu manger avec eux, pas pu faire de sorties, car le quotidien était très lourd et je m’étais épuisée pendant ces vacances. En rentrant, il a dit « Il faut faire quelque chose pour les enfants, mais aussi pour vous, les parents, pour vous aider. Je te vois, tu es en train de sombrer. Ce n’est pas possible qu’il n’y ait pas un organisme, une association, qui vienne te soulager un petit peu, qui te permete de passer un bon moment, et lui aussi, pour que tu sois sereine un moment. » L’association est née de là. Guy Marolleau a fait toutes les démarches pour la créer, et m’a demandé de devenir présidente. Puis le COVID est arrivé, mais on n’a rien lâché et l’association a pris son envol depuis un an. Nous avons été suivis par la ville de Millau, le Département, à petites échelles, mais cela a permis de débuter les prises en charge. Nous avons commencé la « Marche Bleue » l’année dernière, avec le soutien des Gazelles, du Rotary.</p>



<p><em>Quelle est l’action choisie par cette association&nbsp;?</em></p>



<p>Nous proposons essentiellement du loisir et du sport, et nous n’agissons pas dans l’éducatif, comme le fait l’association «&nbsp;Autisme Aveyron&nbsp;». L’idée est plutôt de soulager les aidants et les parents de Millau et alentours, et de financer l’inscription à des activités sportives et de loisirs.&nbsp;Il y a une quinzaine de familles adhérentes et huit enfants autistes sont suivis régulièrement. Nous proposons des activités gratuites, par exemple Micropolis ou Pitchouland pendant les vacances, et nous finançons trois éducatrices spécialisées, qui accompagnent les enfants sur les activités sportives et extra-scolaires. Par exemple, un enfant faisait du vélo, c’était compliqué pour lui&nbsp;: on se moquait de lui car il avait des réactions différentes des autres. L’éducatrice a fait tout un travail d’accompagnement avec lui, et d’information auprès des autres enfants pour expliquer ses réactions. Mon fils fera du rugby cette année, accompagné de l’éducatrice. C’est du rugby entre guillemets&nbsp;: il va participer au cours, mais il n’a pas les compétences sociales, surtout qu’il est non verbal, pour effectuer les exercices. C’est plutôt de la psychomotricité, et lui, il s’amuse, il prend plaisir. Il est obligatoire de mettre quelqu’un avec ces enfants-là. Du coup, il peut prendre plaisir et moi, j’ai un peu de répit. L’autisme, c’est vaste, cela va de l’autisme lourd, comme pour mon fils, aux autistes Asperger, qui parlent très bien, et raisonnent. Mais les autistes, qui ont des difficultés au niveau du langage, doivent être accompagnés pour tout. L’accompagnement sur des activités régulières, surtout s’il démarre jeune, permet de gagner en autonomie. C’est aussi le but. Pourquoi pas un jour pourra-t-il y aller tout seul&nbsp;?</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="819" height="516" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1.png" alt="" class="wp-image-8382" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1.png 819w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1-300x189.png 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P3-1-768x484.png 768w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px" /></figure></div>



<p><em>Votre association s’implique dans le périscolaire et le loisir. Le problème scolaire est-il important en Aveyron pour les enfants autistes&nbsp;?</em></p>



<p>Nous sommes tout de même privilégiés en Aveyron, et à Millau. Nous n’avons pas les problèmes des grandes villes, où énormément d’enfants autistes ne sont pas scolarisés. Il y a de gros problèmes car il n’y a pas assez d’Assistantes de Vie Scolaire, qui doivent être en permanence en classe avec l’enfant. Mais à Millau, il n’y a pas trop ce problème-là, les enfants sont bien accompagnés. La prise en charge est bien faite, tous les professionnels de santé se mettent en lien, pour faire avancer ensemble l’enfant. Pour le mien, ça se passe ainsi. J’ai rencontré pas mal de familles, qui ont fait le même constat que les professionnels avancent ensemble.</p>



<p><em>Avant cette association, faisiez-vous partie d’un groupe de parole de parents d’enfants autistes ou bien viviez-vous plus cette situation en solitaire&nbsp;?</em></p>



<p>Je vivais ça toute seule. C’est lourd parfois car on a l’impression d’être seule à vivre ça. En créant l’association, j’ai rencontré énormément de parents d’enfants autistes. On se sent moins seule. Nous avons pu échanger, au niveau des professionnels de santé, ou des astuces de la vie courante, nous partageons nos expériences. L’association Millau Autisme organise aussi des rencontres parents-enfants, autour d’un repas, d’un apéritif, pour créer un moment d’échanges. Nous avons aussi invité un intervenant qui a fait une formation sur l’autisme pendant une journée, destinée aux adhérents, à tous les parents, et aux personnes intéressées d’en savoir plus sur l’autisme. Moi, avant que le diagnostic tombe pour mon fils, je ne savais pas ce qu’était l’autisme. J’en avais entendu parler, mais pas plus. Quand on est touchés, on s’implique plus, on est dedans toute la journée, on se renseigne, on a beaucoup plus de compétences.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="547" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1024x547.jpg" alt="" class="wp-image-8389" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1024x547.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-300x160.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-768x410.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-1536x821.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1415079752-1-2048x1095.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>L’autisme est souvent détecté très tardivement. Selon votre expérience, est-ce que dans l’Aveyron, la détection fonctionne bien&nbsp;?</em></p>



<p>Pour l’Aveyron, ça va. Il faut compter 6 à 9 mois avant d’avoir un diagnostic. Le bilan se fait au Centre Autisme de Rodez. C’est relativement correct quand on voit les délais dans d’autres départements. C’est plus rapide quand le médecin le voit avant les trois ans. Mais j’ai vu des ados de 16 ans en difficulté, et le diagnostic est plus long car ils ne sont pas prioritaires.</p>



<p><em>En quoi consiste le diagnostic&nbsp;?</em></p>



<p>Ce sont des tests, au niveau visuel, sonore, différents selon les âges. A partir de là, un bilan est établi. Mais déjà, on avait des éléments. Il ne regardait pas dans les yeux. Il ne répondait pas à son prénom. Tous les autistes ont des traits de caractère identiques. Ils sont tous captivés par la lumière. Les sons peuvent vraiment les déranger.</p>



<p><em>Pourquoi est-ce important d’effectuer le diagnostic tôt puisqu’il n’y a pas vraiment de traitement pour l’autisme. Est-ce que tout de même cela sécurise mentalement de voir un diagnostic posé sur les difficultés rencontrées&nbsp;avec son enfant ?</em></p>



<p>Généralement, les parents s’en doutent. Quand l’annonce se fait, c’est la douche froide bien sûr. Car là, il n’y a plus de doutes. Mais tous les parents le voient avant même les professionnels. C’est vrai qu’au début, on reste un peu dans le déni, on se dit que c’est une mauvaise période, que ça va passer. Mais en grandissant, on voit bien que ça ne passe pas, que les problèmes grandissent avec lui. Au départ, on se sent seuls, on a l’impression que ça n’arrive qu’à nous. Mais c’est bien que l’autisme soit pris en compte très très tôt car à l’époque, ce n’était pas le cas. On a la mauvaise expérience de voir que des autistes ont 30-35 ans et n’ont pas eu de prise en charge adaptée. Ils n’ont pas développé la parole, les gestes quotidiens. Alors qu’avec une prise en charge dès le plus jeune âge, il y aura une évolution, bien sûr en fonction des enfants. A force de travail, il y a une progression. Il ne faut rien lâcher. Ils peuvent essayer de se construire, et gagner en autonomie.</p>



<p><em>L’autonomie est votre objectif prioritaire.</em></p>



<p>Moi, mon objectif est qu’il parle, qu’il puisse s’habiller. Je ne demande pas grand-chose. Juste les gestes du quotidien. Il n’a que 8 ans, je ne peux pas trop voir l’avenir. Je ne sais pas s’il pourra vivre tout seul, dans un appartement, se faire à manger. C’est un chemin qu’on doit faire aussi dans la tête, nous les parents. Je pense qu’il va arriver à faire plein de choses, car il fait des choses étonnantes. Mais c’est dur pour lui.</p>



<p><em>Peut-on dire qu’il se situe plutôt comme un enfant de 4 ans&nbsp;??</em></p>



<p>En fait, l’autisme n’est pas de la déficience. Pour certains domaines, il réagit comme un enfant de son âge. Et pour d’autres domaines, il n’y arrive pas. Dessiner un bonhomme, il le fera comme un enfant de 4 ans, ou même 3 ans. Mais il comprend tout, il analyse tout différemment. En classe, pour des exercices, il fait différent, mais c’est logique. C’est vraiment une différence, ce n’est pas de la déficience mentale. Ils voient les choses différemment. J’ai fait une formation sur l’autisme. La formatrice nous montrait un landau, et disait que l’Autiste, lui, ne voit pas un landau, il voit 16 triangles, 8 cercles. Il visualise autrement. Les sons sont amplifiés. Tout est différent pour eux.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8384" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/shutterstock_1327619273-2048x1365.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p><em>C’est une maladie dont on tend à dire maintenant qu’elle est d’origine génétique. Mais durant toute une période, on a aussi beaucoup culpabilisé les mamans. Avez-vous été confrontée à ça&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, et encore maintenant. En fait, c’est un handicap, pas une maladie. Car une maladie, on en guérit. Mais on naît autiste et on meurt autiste. Il y a une progression durant la vie, mais il ne deviendra jamais non autiste. Oui, la culpabilité est le problème majeur des parents d’autistes. On me dit qu’il est comme ça car tu le couves trop, qu’il ne parle pas car tu ne fais pas bien. Et encore récemment, une maman m’en a parlé à l’association, je suis désespérée, les gens disent que c’est de ma faute. Toutes les mamans s’entendent dire qu’il est comme ça car tu le protèges trop. Mais c’est complètement faux. Et cela ajoute une difficulté. On peut même parler de sur-handicap. L’autisme, ce n’est pas facile, c’est un handicap, une différence, mais ce n’est pas facile de le faire accepter dès qu’on sort de la maison. Pour nous, on ne voit pas qu’il est autiste, ses deux sœurs vivent très bien avec lui. On l’aime comme il est, on l’accepte comme il est. Faire accepter cette différence est très compliqué, car elle est mal comprise. Et ce qui est aussi difficile, ce sont les dossiers de prises en charge, MDPH, trouver les bons professionnels, les problèmes financiers. Cela s’ajoute et c’est difficile à gérer.</p>



<p><em>Cette situation impose certainement une adaptation du travail pour la maman ou le papa. D’où les problèmes financiers que vous évoquez&nbsp;?</em></p>



<p>Cela pèse aussi sur les couples. C’est difficile à gérer, et parfois, cela provoque des séparations. Dans les parents de l’association, rarement les deux travaillent. Car il y a beaucoup de rendez-vous, et donc on doit diminuer le temps de travail. En parallèle, pour certaines familles, l’orthophoniste ou d’autres soins restent à leur charge en partie. Mais on a envie de les faire car on veut les faire avancer, et on veut tout tenter. L’orthophonie est à pratiquer au moins deux fois par semaine, dès le plus jeune âge, leur travail est remarquable, il faut que ce soit régulier et sur la durée. C’est pareil pour les accompagnements sur les activités sportives financés par l’association. Pour qu’il y ait un résultat, qu’ils gagnent en autonomie.</p>



<p><em>Avec l’objectif d’une amélioration pas seulement du point de vue physique, mais plus globalement.</em></p>



<p>Egalement par rapport au groupe. Pour aussi expliquer aux autres enfants ce qu’est l’autisme, et qu’ils l’acceptent mieux. Plus on fait accepter les choses jeunes, mieux c’est. L’année dernière, je suis intervenue pour la fête de l’autisme dans la classe de mon fils, auprès des enfants qui sont avec lui depuis l’âge de deux ans. Je leur ai demandé s’ils savaient ce qu’est l’autisme, et ils ne savaient pas. Je leur ai parlé de la différence de Yohan, ils m’ont répondu que c’est le petit garçon qui est timide. Pourtant, il crie en classe. Mais ils l’ont intégré&nbsp;! Il faut expliquer pourquoi il crie, pourquoi il fait du flapping. Les autistes sautent sur eux-mêmes, avec les mains qui bougent. Il faut expliquer qu’il ne faut pas avoir peur, leur dire que toi, tu as besoin de lunettes pour voir, et lui, il a besoin du flapping pour être bien.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1024x889.png" alt="" class="wp-image-8385" width="512" height="445" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1024x889.png 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-300x261.png 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-768x667.png 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-1536x1334.png 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P1-2048x1779.png 2048w" sizes="(max-width: 512px) 100vw, 512px" /></figure></div>



<p><em>Vous avez passé beaucoup d’heures sur internet pour essayer de comprendre l’autisme&nbsp;? Avez-vous suivi des formations ?</em></p>



<p>J’ai fait pas mal de formations. J’ai pris des infos un peu partout. J’ai passé beaucoup de temps à m’informer, à comprendre pourquoi il réagit comme ça. J’ai fait deux formations, dont une à Toulouse, une fois par semaine sur trois mois, financée par la Région. J’ai beaucoup appris là-bas, j’apprends tous les jours, avec mon enfant et les enfants de l’association.</p>



<p><em>Est-ce un choc de comprendre que toutes les dimensions de la vie de l’enfant seront modifiées&nbsp;par l’autisme&nbsp;?</em></p>



<p>Cela se fait petit à petit. Au début, je pensais que tout allait vite rentrer dans l’ordre, j’étais dans le déni complet. Maintenant, je veux faire accepter cette différence au maximum de personnes possibles. Et je veux aussi faire comprendre les compétences des enfants autistes. Ils sont extraordinaires. Ils ont des capacités énormes dans plein de domaines différents. C’est une richesse. La différence est une richesse pour les autres et pour nous-mêmes. Je vois des hommes politiques se servir du mot autisme, cela me choque. Cela veut dire «&nbsp;Ne fais pas semblant de ne pas m’entendre&nbsp;». Or l’autisme, ce n’est pas du tout ça. Au contraire, ils comprennent tout, ils entendent tout. Ces enfants sont extraordinaires, ils sont bienveillants, d’une gentillesse incroyable. Mais ils sont différents car ils réagissent différemment à plein de choses. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont fous. Il faut accepter cette différence comme plein d’autres différences.</p>



<p>Entretien réalisée par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="748" height="249" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2.png" alt="" class="wp-image-8386" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2.png 748w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/P2-300x100.png 300w" sizes="(max-width: 748px) 100vw, 748px" /></figure></div>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.liveaveyron.com/2021/09/04/betty-gonzalez-un-combat-pour-lautisme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Simon Massbaum, la mémoire de la déportation juive en Aveyron</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/08/12/simon-massbaum-la-memoire-de-la-deportation-juive-en-aveyron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Aug 2021 09:02:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Simon Massbaum]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8342</guid>

					<description><![CDATA[Simon Massbaum se consacre depuis plus de 20 ans à des recherches sur la déportation des Juifs d’Aveyron durant la seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1943, ce sont 398 personnes qui ont été raflées dans l’Aveyron et envoyées dans les camps, avec seulement 33 survivants. Ce travail de mémoire a levé le voile sur sa propre tragédie familiale, l’exécution de son grand-père par les Nazis dans le transport du dernier convoi parti de Drancy en août 1944.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">SIMON mASSBAUM, la mémoire de la déportation juive en Aveyron</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Simon Massbaum se consacre depuis plus de 20 ans à des recherches sur la déportation des Juifs d’Aveyron durant la seconde guerre mondiale. Entre 1942 et 1943, ce sont 398 personnes qui ont été raflées dans l’Aveyron et envoyées dans les camps, avec seulement 33 survivants. Par un travail minutieux dans les archives départementales et européennes, Simon Massbaum a ainsi pu identifier des dizaines de personnes mortes dans les camps de concentration, et leurs noms figurent sur les plaques commémoratives déposées dans huit villes de l’Aveyron par son association, l’ADEJMA. Ce travail de mémoire a levé le voile sur sa propre tragédie familiale, l’exécution de son grand-père par les Nazis dans le transport du dernier convoi parti de Drancy en août 1944. Une mission aux allures de quête qu’il a débutée en réaction aux positions racistes et antisémites du Front National, et qu’il poursuit inlassablement dans un contexte antisémite toujours plus pesant.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="885" height="500" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM.jpg" alt="" class="wp-image-8350" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM.jpg 885w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM-300x169.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/NASSBAUM-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 885px) 100vw, 885px" /><figcaption>Simon Massbaum</figcaption></figure></div>



<p><em>Une date importante dans l’histoire de la déportation juive pendant la guerre est celle du 17 août. Cette année marquera le 77<sup>ème</sup>ème anniversaire du départ du dernier convoi de Drancy vers Buchenwald, le 17 août 1944. Votre grand père Simon Zygler faisait partie des 53 personnes. A quel moment avez-vous découvert que votre grand père avait voyagé dans ce convoi&nbsp;? Et qu’il avait été victime de l’extermination&nbsp;? Car il semble que très souvent, ces tragédies demeurent secrètes dans les familles.</em></p>



<p>Effectivement, je suis né dans une famille de déportés. Vous évoquez celle qui concerne l’homme dont on m’a attribué le prénom. Mon grand père a été arrêté à Paris à deux reprises. La première fois lors de la première rafle importante, en mai 1941, qui touchait uniquement des hommes dans certains arrondissements où il y avait des juifs. On l’a appelée la rafle des billets verts. A tous les juifs d’origine étrangère, on avait remis un billet vert, qui les convoquait à différents endroits, pour clarifier les choses avec les occupants. L’inverse s’est produit. Tous ces hommes ont été piégés. Mon grand père a été envoyé à Drancy, qui venait juste d’ouvrir. Il a été libéré un an plus tard car chef de famille. Mes grands-parents tenaient un petit café-restaurant dans le Marais. Ce bien a été spolié et aryanisé, ils n’ont quasiment pas été dédommagés. Ma grand-mère a été femme de ménage, et pâtissière. Mon grand père était handicapé suite au traitement reçu dans le camp, il avait été tabassé et était devenu sourd, et il boîtait. Il ne pouvait plus travailler. Mais mes grands-parents étaient non pas naïfs, mais ils avaient l’attitude de beaucoup de juifs d’origine étrangère. Pour eux, la France avait une aura exceptionnelle, un proverbe yeddish dit «&nbsp;C’est là où Dieu vit&nbsp;». Mes grands parents ne pensaient pas que l’arrestation subie pouvait les mettre en danger. Les femmes certainement pas, et les enfants surtout pas. L’avenir montrera que c’est l’inverse. En 43, mon grand père refuse d’aller au Service du Travail Obligatoire. Il est arrêté quelques mois plus tard, et à nouveau envoyé à Drancy, puis dans un camp très dur, à Compiègne. Les conditions étaient terribles, 10 fois pire que celles de Drancy. On arrive à cette date fatidique du 17 août 44 où une cinquantaine de personnes sont embarquées dans un convoi qui porte le numéro 79.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30.jpg" alt="" class="wp-image-8344" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-30-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Pourquoi ce convoi a-t-il démarré aussi tardivement, alors que Paris est libéré entre le 19 et le 24 août ?</em></p>



<p>Il aurait dû partir plus tôt. Paris est quasiment libéré. Il s’agissait d’une tractation, entre les autorités parisiennes de l’époque, et le responsable de la SS en France, Alois Brunner, qui négocie son départ. Les nazis menacent de ravager Paris. Il demande à avoir 3 wagons, 1 au milieu avec 50 prisonniers et 2 wagons avec des militaires en armes, qui partent vers le Nord de l’Allemagne. Le train est d’abord empêché par la résistance locale des cheminots. Au bout de 2-3 jours, malgré tout, ce train s’en va. Il y a une vingtaine de résistants, Marcel Bloch (Dassault), René Frydman, la famille du Docteur Kohn. Ces personnalités sont là comme otages. Mon grand-père est arrivé le dernier dans ce wagon. Dans la nuit du 21 au 22 août, les résistants organisent leur évasion par un petit hublot du wagon à bestiaux. Mon grand-père, sourd, n’entend pas, et refuse sans doute de partir pour ne pas mettre en danger ses camarades. Le train s’arrête plus tard. Les SS ouvrent et fusillent mon grand-père dans le bois de Morteau. Le train continue, vers Buchenwald. Il s’arrête à Bergam, les enfants sont enlevés et font l’objet d’expériences sur leur corps&nbsp;: ils sont dépecés vivants. Il ne restera dans ce train que deux familles, dont les Smith, qui ont témoigné après la guerre, dans un livre «&nbsp;Le dernier convoi&nbsp;». Voilà l’histoire de mon grand-père.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25.jpg" alt="" class="wp-image-8346" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-25-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>L’autre partie de votre famille a également été victime de la déportation nazie.</em></p>



<p>Elle vivait en Pologne. La quasi-totalité a été assassinée, à Auschwitz, à Treblinka, ou dans le ghetto de Varsovie. Mon père a été l’un des rares survivants du Ghetto à être envoyé à Auschwitz. Il a fait partie des derniers «&nbsp;Sonderkommandos&nbsp;», ces hommes chargés de vider les chambres à gaz, de les mettre au crématoire. Mon père avait 17 ans, il a débuté dans l’ignoble. Je laisse imaginer la dureté de cet homme. Toute sa vie, il n’a eu peur de personne. Il s’est évadé d’Auschwitz avec une quarantaine de personnes quelques heures avant que l’Armée Russe arrive. Il a réussi à traverser vers l’Ouest de l’Europe en plein hiver. Cela montre la résistance de ces hommes, leur envie de vivre. Il a été récupéré dans un train par la Papauté, envoyé pour se remettre dans le sud de l’Italie, près de Bari. Ensuite, il a été envoyé en France, inséré dans le centre de réadaptation à la vie sociale et professionnelle de Rotschild. C’est ainsi qu’il est resté en France.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20.jpg" alt="" class="wp-image-8347" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-20-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Cette histoire familiale que vous décrivez, en aviez-vous eu connaissance étant petit&nbsp;?</em></p>



<p>Non, petit, j’ai connu le silence. Un silence parlant. Par bribes de mots. Ma grand-mère parlait yeddish pour éviter qu’on comprenne. Mais les enfants comprennent rapidement les choses. Ma grand-mère me disait, à ma sœur et moi, Ne pose pas de questions à ton père, ni à ta mère. Je comprenais que leur poser une question allait les mettre en souffrance. Donc c’était d’abord un grand mystère. Même si la guerre était finie, j’étais tout petit, quand on m’a expliqué de ne jamais dire à personne que tu es juif. C’est une position handicapante pour la suite de votre vie. C’est comme si on vous désidentifie, comme si c’est une maladie. Par rapport à mon grand-père, ma grand-mère a tout fait pour ne pas le mettre sur un piédestal. Pour éviter peut-être qu’il y ait une attirance pour l’héroïsme. Elle nous a raconté autre chose, qu’il était un joueur de cartes, qu’il avait été raflé pendant une partie de cartes. On l’a cru. Toute ma famille l’a cru. Ses filles l’ont cru. Moi, en 1989, j’avais commencé des recherches par rapport aux Juifs de l’Aveyron. J’ai alors entamé des recherches sur ma famille. Elles se sont révélées très difficiles psychologiquement. J’ai commencé en 92-93. Et j’arrêtais pendant 4-5 ans. Le temps que je digère, que je réintègre cette identité. J’ai eu les documents aux archives à Paris, prouvant que mon grand-père a vécu ce parcours. J’ai aussi appris qu’avant la guerre, mon grand-père était soupçonné d’appartenance au Parti Communiste. Il y a eu plusieurs fouilles à son domicile, mais ils n’ont rien trouvé de probant. Réellement et concrètement, j’ai appris l’histoire de mon grand-père en 2004. J’ai transmis ces informations aux rares membres de ma famille, dont son fils.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="754" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4.jpg" alt="" class="wp-image-8348" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4-300x226.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-4-768x579.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous aviez tenu à être présent au Mémorial de la Shoa en août 2019 pour un rappel de cet évènement tragique. Vous y aviez prononcé</em> <em>le nom de votre grand père. Cette date a représenté un moment important pour votre famille&nbsp;?</em></p>



<p>Oui, car le mythe du «&nbsp;par hasard&nbsp;», un peu «&nbsp;dilettante&nbsp;», s’effondre. Au contraire, on parle de résistant. Car quelqu’un qui ose dire non au STO alors qu’il est juif, c’est une forme de résistance. Je m’occupe de décerner les médailles des «&nbsp;Justes&nbsp;» parmi la nation, et j’ai appris que les résistances ne sont pas fermées. Me concernant, cela a déterré une partie sombre de ma mémoire. Cela m’a fait du bien. Cela m’a donné une sorte d’auto-légitimité par rapport aux autres. Hélas, Maman a perdu la mémoire au fur et à mesure. Elle ne comprenait pas quand je lui expliquais que son père était un héros. Longtemps, j’ai posé des questions. Quand mon grand-père a été arrêté pour la deuxième fois, en 43, la voisine cordonnière, qui était une bonne amie, a proposé d’aider à cacher le reste de la famille à travers sa famille agricultrice dans toute la France. D’où mon attachement à ces Justes. Quand je posais des questions à ma mère, c’était une souffrance pour elle. C’est par mes recherches que j’ai pu savoir, et en allant aussi à Chevilly Larue, où elle était cachée. Elle a été sauvée grâce au Commissaire de Police du 4<sup>ème</sup> arrondissement, il a prévenu de l’arrestation de mon grand-père. Ils ont pu être cachés. Ma mère a été cachée par une amie de la cordonnière, qui était mère supérieure au couvent de Chevilly Larue. Pour la transporter là-bas de manière légale, le commissaire a inventé un faux mandat d’arrêt, justifiant que ma mère était une délinquante. Elle a pu être envoyée dans ce couvent pour délinquantes qu’on appelait les «&nbsp;Fresnettes&nbsp;», par référence à Fresnes. Elle a vécu avec des délinquantes, a été traitée comme une délinquante pour sa propre protection, avec obligation de prières, des heures allongées sur un dallage en pierre. Je l’ai appris par mes recherches. Je lui en ai parlé, mais elle se mettait à pleurer. La seule chose qu’elle a réussi à me dire est que lorsque sa mère est venue la chercher en août 45, elle n’a pas reconnu sa mère, qui avait été cachée en Bretagne, et avait beaucoup maigri. Elle a demandé à la mère supérieure, qui s’appelait Mère Combat, qui elle était.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10.jpg" alt="" class="wp-image-8351" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-10-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Le mois d’août correspond également à plusieurs rafles de juifs dans l’Aveyron, 185 déportés en août 1942, incluant 48 à St Affrique, tous déportés à Auschwitz. Ce sont au total 398 Juifs qui ont été déportés, à Auschwitz, Sobibor, Maïdanek. Estimez-vous que ces faits étaient suffisamment connus quand vous êtes arrivé dans l’Aveyron, en 1976, il y a 40 ans&nbsp;?</em></p>



<p>Ce n’est pas une estimation. Ces faits étaient absolument inconnus. Il m’est même arrivé lors de recherches dans une archive municipale de rencontrer des résistants qui niaient l’existence des juifs. Or par exemple, à Villefranche de Rouergue, dans la rue de la République, la majorité des commerçants étaient juifs. C’était extrêmement minimisé par certaines associations d’anciens combattants. &nbsp;</p>



<p><em>Selon vous, pour quelle raison cette partie de l’histoire de l’Aveyron a-t-elle été gommée&nbsp;?</em></p>



<p>La première raison est historique. Le discours de De Gaulle est la France toute entière s’est battue et a été libérée. Alors la France n’a pas pu arrêter des gens parce qu’ils étaient juifs. Les seuls documents qui apparaissent dans un parti pro soviétique de l’époque font état d’étrangers. Le mot Juif n’est pas employé. Il y avait une volonté de minimisation pour mettre en valeur, à juste titre, la valeur profonde de la résistance. C’est mon analyse, un peu polémique, partagée par des historiens. Même si on comprend que De Gaulle ait voulu qu’il n’y ait pas cette continuité de guerre civile larvée, de règlements de comptes d’après-guerre. Un travail remarquable a été fait par mon ami Serge Klarsfeld, j’ai lu l’essentiel de ses ouvrages, historiques. Il a très vite fait cette analyse.</p>



<p><em>La majorité des juifs déportés n’a en fait pas été vraiment identifiée. Les nazis ont détruit beaucoup d’archives pour empêcher leur identification, et conserver leur anonymat. Estimez-vous que c’est une injustice supplémentaire pour vous&nbsp;dans cette tragédie&nbsp;?</em></p>



<p>C’est un double assassinat. Nier ce qui est arrivé à un être humain est un deuxième assassinat. Mais quand la guerre est finie, on n’en parle plus. Quand des juifs voulaient parler, il y avait un «&nbsp;essoufflement&nbsp;» dans leur entourage, y compris familial, et dans les institutions. On ne peut pas reconstruire la France sur un tel passé, on ne peut la reconstruire que sur un passé glorieux&nbsp;! D’où la mise en avant exceptionnelle de la Résistance. Même si dans certains pays, elle a agi beaucoup plus, et plus rapidement. En France, certains maquis n’ont pris leur importance qu’à l’été 44. Mais les réseaux existaient. En Grèce ou Yougoslavie, c’était massif. Selon des recherches d’historiens, 25% de la population juive européenne faisait partie d’un réseau de résistance. Pas obligatoirement résistance armée. Ainsi les Eclaireurs et Eclaireuses Israëlites de France ont créé des réseaux qui ont sauvé la vie de milliers d’enfants. Cela n’a pas empêché le massacre, mais a diminué le nombre de victimes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="736" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11.jpg" alt="" class="wp-image-8349" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11-300x221.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-11-768x565.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous êtes investi dans un travail de mémoire depuis de nombreuses années. Pourquoi vous êtes engagé dans cette recherche&nbsp;qui prend une allure de quête&nbsp;?</em></p>



<p>J’ai commencé en novembre 1989. J’étais en Aveyron depuis plusieurs années, heureux dans le paradis que je croyais être. Je pensais qu’il ne s’était rien passé dans le département. En 1989, je lis un article dans le Monde sur les 49 propositions du Front National. A l’époque, le Front National ne représente quasiment rien, environ 3%. Quand je lis ce programme, j’ai l’impression de relire le programme nazi de 1933, avec des naturalisations sur trois générations, et d’autres mesures sur les étrangers. Je rappelle que les premières lois antisémites sont des lois contre les étrangers, le mot juif n’est pas prononcé. J’ai reçu alors un choc terrible. On sait que les gens du Front national sont une bande de facistes et racistes primaires, mais là, ils écrivent un programme. D’un seul coup, j’ai eu une prise de conscience. D’abord de ma judaïté, que j’avais mise complètement de côté. Mes parents ne m’avaient pas envoyé en école religieuse, je n’avais pas fait ma «&nbsp;bat mitsvah&nbsp;». Le ciel m’est tombé sur la tête. J’ai téléphoné à beaucoup d’associations parisiennes, et j’ai été mis en relation avec l’association des Juifs et Juives de France, présidée par Serge Klarsfeld. J’ai demandé une entrevue, il m’a accueilli, m’a expliqué son travail. Et m’a demandé de faire une recherche dans les archives de l’Aveyron pour lui. Mais quand je suis arrivé aux archives départementales, la porte était difficilement ouvrable quand je prononçais le mot Juif. J’ai insisté, et j’ai découvert la quantité incroyable de documents concernant les Juifs. Je le dois au chef de la résistance en 1944, qui avait empêché la destruction à la fin de la guerre. J’ai commencé par curiosité à consulter ces archives. Ca a commencé en 1990-91-92. Puis j’ai créé avec trois amis une association, ADEMA (Association pour la Mémoire des Déportés Juifs de l’Aveyron). Le but essentiel est de transmettre au travers de plaques nominatives. Puis il y a quelques années, Serge Klarsfeld m’a dit que ce serait bien que j’écrive le parcours de chacun. Pour moi, qui ne suis pas un intellectuel, c’était difficile. Il m’a répondu «&nbsp;Tu connais l’alphabet, tu vas y arriver&nbsp;!&nbsp;» A partir de 2016, j’ai continué mes recherches dans toute la France et l’Europe, avec l’aide financière de mon association, et de dons, y compris d’associations juives et non juives et d’hommes politiques locaux. Cela a permis de couvrir tous les frais, de voyage, hébergement. J’ai recueilli environ 40.000 documents. Durant le premier confinement, j’ai commencé à écrire les parcours et je continue quotidiennement et inlassablement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12.jpg" alt="" class="wp-image-8354" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-12-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Que représente pour vous la découverte d’un nom supplémentaire&nbsp;? Comment réagissent les familles lorsque vous leur dévoilez l’identité d’un proche mort en déportation&nbsp;? Est-ce que des familles vous contactent pour vous demander d’effectuer des recherches&nbsp;?</em></p>



<p>C’est une bonne question. Chaque fois que je tombe sur un nom, j’ai un choc. Je me dis Encore un&nbsp;! Le pire est quand je tombe sur le nom d’un enfant. Il me faut un jour ou deux pour m’en remettre. En général, dès que j’ai la certitude, je fais tout pour me mettre en contact avec la famille. C’est assez difficile car quelques fois, les survivant.es ont changé de nom&nbsp;à travers 2 ou 3 générations. Grâce à certaines archives en Belgique, entre autres du Service des Victimes de la Guerre à Anderlecht, j’ai réussi à avoir des dossiers où il y a allusion à la personne qui demande les indemnités des déportés. Je me mets en relation avec eux. Je suis aussi en relation avec les Juifs qui ont réussi à survivre à la déportation. A chaque fois, c’est un soulagement de leur part, extraordinaire, vraiment extraordinaire. Car comme je l’ai vécu, les parents ont été généralement silencieux ou très vagues, sibyllins. Je leur apporte les documents, c’est un devoir. Ensuite nous gardons des relations. J’ai pu en revoir certains. Ils m’apportent quelques rares éléments. Grâce à ces recherches, on me connaît et certaines archives indiquent M. Massbaum en Aveyron aux personnes qui recherchent leurs origines. Ou cela vient de la mairie de Rodez ou de St Affrique. C’est ainsi que je trouve les contacts. Car parfois aussi, les noms se sont francisés.</p>



<p><em>Vous avez évoqué les plaques commémoratives posées en Aveyron par l’Association pour la Mémoire des Déportés Juifs de l’Aveyron. Combien de plaques ont été apposées&nbsp;? J’ai pu voir que vous les enrichissez régulièrement, pourquoi&nbsp;?</em></p>



<p>Il y a 8 plaques en Aveyron. Plus ou moins importante sur le village. La plus petite est à Entraygues, avec le peintre Weissberg, et un vieux monsieur arrêté le même jour. Les autres sont à St Affrique, Millau, Rodez, Nauviale, Espalion, Villefranche de Rouergue, Naucelle. Effectivement, suite à mes recherches, j’ai dû modifier les noms, souvent par homonymat. Hélas, parfois, il faut ajouter des noms, comme à Rodez et Millau. On va sans doute modifier un nom et ajouter deux noms sur la plaque d’Espalion.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15.jpg" alt="" class="wp-image-8356" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-15-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Comme vous l’avez fréquemment expliqué, vous avez souffert de l’anti sémitisme dès votre enfance. Estimez-vous aussi que l’anti sémitisme s’est accru dans les 10 dernières années&nbsp;? Est-ce également une motivation pour poursuivre ce travail de mémoire&nbsp;?</em></p>



<p>Dès que j’ai quitté le quartier du Marais, où j’étais né dans le 4<sup>ème</sup> arrondissement, j’ai découvert l’antisémitisme. D’abord de la part des enseignants. Un instituteur, puis un professeur. Puis dans ma vie militaire. Jamais dans ma vie professionnelle. J’ai découvert l’antisémitisme dans ma vie amicale. A travers un mot bien connu qui est l’antisionisme. Certains de mes copains en Aveyron étaient anti-sionistes. C’est un point de vue politique. Comme si on était anti-républicain parce que la France a colonisé la moitié du monde. Encore plus à partir des années 90 quand j’ai commencé à travailler sur l’histoire de l’Aveyron. J’ai entendu dire «&nbsp;C’était la guerre&nbsp;» ou encore «&nbsp;Il faut bien mourir un jour&nbsp;». Cela de gens intelligents et proches de ma pensée politique. J’ai connu l’antisémitisme. On m’a traité de sale juif. J’ai entendu dans un restaurant des ouvriers dire «&nbsp;Il n’y a pas de juifs dans le bâtiment, ils ne se salissent pas les mains.&nbsp;» Je suis venu leur montrer mes mains, et je leur ai dit «&nbsp;Ce sont les mains d’un ouvrier du bâtiment&nbsp;». Ils se sont excusés tout de suite. Ce que n’ont jamais fait les intellectuels de mes amis. Un jour, un ami, ou du moins je le croyais ami, est même venu me voir pour me dire «&nbsp;Simon, j’aimerais que tu me pardonnes d’avance, je suis antisémite, j’ai peur des Juifs&nbsp;». Tout cela vous remet à votre place, place que vous n’avez pas choisie. La chance que j’ai est que j’ai vécu dans une famille athée. La laïcité m’a construit et m’a donné les armes pour être vigilant.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6.jpg" alt="" class="wp-image-8361" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-6-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Dans ces dernières années, vous avez assisté à l’apparition de réactions hostiles lors de cérémonies commémoratives, comme en 2016 à Millau, où des manifestants contre la loi travail avaient perturbé la pose d’une plaque souvenir pour les juifs du Sud Aveyron. Est-ce que cette manifestation vous a surpris et choqué&nbsp;? Estimez-vous juste leur argument de refus que le ministre de l’intérieur, J. Cazeneuve, soit présent sur une telle commémoration&nbsp;?</em></p>



<p>Surpris, oui. Atterré, oui. Attristé, oui. J’ai été choqué de cette manifestation de la CGT, j’y ai été moi-même syndiqué. Les gens de ce syndicat, sous prétexte de profiter de la venue d’un Ministre, Cazeneuve, ont manifesté avec beaucoup de bruit. Au début de la cérémonie, je suis allé les voir pour leur demander pour qu’au moins pendant la chanson «&nbsp;Nuit et Brouillard&nbsp;», ils gardent le silence. Ils ont ricané et pendant la chanson, ils ont commis ce déshonneur. Ces gens-là ne font plus partie de ma sphère. D’autant qu’à l’endroit même où ils ont commis ça, c’était sous les fenêtres de deux jeunes résistants juifs qui avaient été arrêtés. Cela m’a profondément troublé, et chagriné à vie. La déception a été grande, sachant aussi qu’à la tête de ce syndicat, ils ont eu Krasucki, rescapé d’Auschwitz. La transmission ne s’est pas produite. Juste avant ou après, il y a aussi eu une manifestation à Paris, des «&nbsp;Gens en colère&nbsp;». Environ 10.000 personnes qui criaient devant les Juifs «&nbsp;La France n’est pas à toi&nbsp;». Je vais d’effondrement en effondrement. Ensuite, toutes les manifestations des Gilets jaunes. Avec cette agression contre le philosophe Finkielkraut, qui même s’il est de droite, ne mérite pas ce qu’on lui dit.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="532" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-532x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8353" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-532x1024.jpg 532w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-156x300.jpg 156w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-768x1477.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-799x1536.jpg 799w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-1065x2048.jpg 1065w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/PLAQUE-DEPORTES-MILLAU-scaled.jpg 1331w" sizes="(max-width: 532px) 100vw, 532px" /></figure></div>



<p><em>Ces dernières semaines, certaines personnes du mouvement hostile au Pass Sanitaire n’ont pas hésité à arborer des étoiles jaunes en estimant qu’elles seraient, elles aussi, désignées. Quelle réaction vous inspire cette attitude&nbsp;?</em></p>



<p>Cette évolution est historiquement prévisible. Ce qui se passe avec le vaccin était prévisible. A partir de 2014, beaucoup d’entre nous savions que les choses allaient progressivement se transformer. L’histoire nous montre que c’est toujours un climat social difficile, par désespoir de la population lassée par les partis politiques, et que la délégation ne fonctionne plus, que les Juifs, qu’ils soient riches ou pauvres, sont désignés. Beaucoup d’entre nous ne sont pas surpris, mais profondément attristés. Surtout de voir l’apathie de ceux qui devraient être extrêmement vigilants, et qui représentent la laïcité républicaine.</p>



<p><em>Vous avez évoqué Serge Klarsfeld, votre ami. Je pense qu’il a beaucoup compté dans votre parcours. A-t-il été une motivation pour votre engagement&nbsp;?</em></p>



<p>Pas dans mon engagement. Dans le soutien, oui. J’avais mon envie d’engagement dès 89. Par contre, n’étant pas un chercheur, ni un enseignant, je ne savais pas comment faire. Il m’a aidé, soutenu et encouragé. Lui, et un autre historien, qui est devenu un ami, Alexandre Duluth, qui n’est pas juif. Il a produit des ouvrages remarquables, très pédagogiques sur les parcours. Il me guide, me conseille. Ce sont deux hommes, un Juif, un non Juif, auxquels je rends hommage.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21.jpg" alt="" class="wp-image-8363" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-21-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Vous avez mentionné votre état d’esprit, votre tristesse. Est-ce que ces recherches absorbent votre vie au quotidien&nbsp;? Arrivez-vous à faire cohabiter deux sphères, celle des recherches, et celle de la vie personnelle&nbsp;?</em></p>



<p>Le travail que je fais est un travail inlassable. Quoi qu’il arrive&nbsp;! Je l’ai dit à mon épouse «&nbsp;Cela va durer de nombreuses années. Il est possible que je sois complètement pris&nbsp;». J’ai la contrainte de m’occuper de ma vieille maman. Mais dès que la minute le permet, je retourne dans mon bureau, dans un grenier à l’écart de tout. Ce qui se passe en-dehors confirme la crainte depuis longtemps. Il y a un proverbe juif inventé par un philosophe après la guerre qui dit «&nbsp;Les optimistes sont à Auschwitz&nbsp;». Je fais partie des pessimistes. Cela ne modifie pas la mission que je me suis donné, de réaliser cet ouvrage. Le climat social, le climat international sont lourds. La seule chose qui manque est un personnage didactique. Le seul où il sera là, homme ou femme, ce sera à craindre. Mais il manque encore…</p>



<p><strong>Entretien réalisé par Odile Baudrier à Rodez le 4 août 2021</strong> &#8211; <strong>Photos réalisées par Gilles Bertrand au Camp Auschwitz &#8211; Birkenau le 26 juillet</strong></p>



<h5 class="has-text-align-center wp-block-heading"><strong>LES RAFLES DES JUIFS EN AVEYRON par Simon Maussbam</strong></h5>



<p>Le 5 août 1942, le recensement des Juifs compte 899 juifs, étrangers et français, et environ 400 ont été déportés. Les rafles en Aveyron correspondent aux grandes rafles du Sud-Est. La première rafle des juifs étrangers s’est déroulée le <strong>26 août 1942</strong>, dans tout le sud de la France. Selon un accord entre Bousquet et le régime nazi, avec l’objectif de rafler 10.000 Juifs. Ils n’ont raflé que 6000. En Aveyron, dans une soixantaine de villages et villes, un peu plus de 200 Juifs ont été arrêtés : 185 ont été internés au camp de Rivesaltes, et ont été l&#8217;objet d&#8217;un &#8220;tri&#8221;. Cela en application des décisions de la commission de criblage, présente dans tous les départements, regroupant des officiels locaux, avec ou pas des représentants des Nazis. En Aveyron, il n’y avait que des autorités du département. La commission constatait si les personnes arrêtées correspondaient aux exemptions. Par exemple, on n’arrêtait pas les enfants de moins de 6 ans, les Français… cette commission faisait le tri. Ensuite, ce sont environ 145 personnes qui ont été déportées, avec femmes et enfants. C’était la première fois dans le Sud de la France (après Paris en juillet) que les femmes et enfants étaient arrêtées. Avant, seuls les hommes étaient arrêtés. D’où une certaine naïveté. En Aveyron, comme ailleurs, à la rumeur de cette rafle, les hommes s’étaient cachés. Ils se sont ensuite livrés, pour accompagner leur famille. Sur les 200 arrêtés, 145 ont été déportés et 11 sont revenus. Pour cette rafle, Rodez a été peu touchée. Peut-être parce que les autorités françaises ont craint un retentissement néfaste de la rafle dans cette ville très catholique.</p>



<p>A partir de ce moment-là, beaucoup de personnes se sont organisées pour cacher des Juifs. C’est aussi le côté magnifique de cette période sombre. Car non, tous les Français n’étaient pas des salauds. Toutefois l’Aveyron a la malchance d’être dirigée par un Préfet, Charles Marion, ancien militaire, collaborateur zélé et antisémite notoire. Il fait la chasse aux Juifs jusqu’en octobre 1942, avec l’aide des gendarmes. Dans les jours suivant cette rafle, des personnes réagissent, s’étonnent que des familles entières aient été raflées, à Millau, Villefranche de Rouergue, Decazeville, dans des petits villages.</p>



<p>Le <strong>11 novembre 1942</strong>, après le débarquement en Afrique, les Allemands envahissent toute la zone libre, qui devient zone sud. Tous les Juifs qui vivent sur une bande de 3 km sur la Méditerranée doivent être expulsés vers 4-5 départements à l’intérieur, dont l’Aveyron. Fin 1942, environ 150 juifs arrivent en Aveyron, puis seront transférés plus tard, vers le Cantal. Ils servent de stock aux autorités françaises et occupantes, en cas de manque de Juifs dans d’autres convois. Début janvier 43, ils arrivent en Aveyron, par le train.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23.jpg" alt="" class="wp-image-8367" width="500" height="375" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-23-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /></figure></div>



<p>Puis entre le <strong>15 et le 20 février 1943</strong>, dans tout le sud de la France, environ 80 Juifs, seulement des hommes, sont raflés. Ceci suite à un attentat à Paris contre des gradés SS abattus par la Résistance. Il est prévu l’arrestation de 2000 juifs en représailles, avec la complicité du gouvernement de Vichy. Jusqu’en novembre 1942, il n’y a aucun Allemand dans le Sud de la France, et en Aveyron. A nouveau, les rafles sont faites par les gendarmes français, sur ordre du Préfet Marion. Ils seront tous envoyés dans un camp situé dans les Basses Pyrénées, à Gurs, puis à Drancy. Puis dans deux convois, 50 et 51, les 4 et 6 mars 1943, à Maïdanek au sud de la Pologne, et exterminés à Sabibore.</p>



<p>Puis entre 42 et 43, ces hommes font partie de GTE, groupement de travailleurs étrangers. Ils partent à droite, à gauche selon les besoins de l’économie. A noter que beaucoup d’agriculteurs ont fait de fausses déclarations pour garder ces hommes en exagérant leurs capacités. Egalement, des médecins, sauf un, ont fait de faux certificats médicaux, car les gens malades et contagieux n’étaient pas raflés.</p>



<p>La dernière rafle aura lieu en <strong>avril 1944,</strong> exclusivement à Rodez. Elle concerne des juifs français, venus de Paris rejoindre leur famille. Environ 40 sont arrêtés, et enfermés à la Caserne Burloup, devenue l’Université Champollion. Certains sont tabassés, torturés, avec une seule question Ou se trouve votre argent&nbsp;? Ils ont été arrêtés par la Milice accompagnée de la Gestapo allemande, grâce au fichier constitué par le Préfet Marion. C’est à cause du travail minutieux de la Préfecture et des commissariats que la Gestapo a pu arrêter ces 38 personnes, y compris des enfants, les sœurs Blum au sein même de l’école. Toutes ont été déportées dans les convois 73 et 74. Une partie est partie en Estonie et en Lituanie. Toutes sont quasiment mortes dans des conditions atroces, sauf les plus jeunes d’entre elles. Madame Herzog, Jeanine Blum, et trois autres.</p>



<p>En tout, en Aveyron, 33 hommes, jeunes enfants, sont revenus de la déportation.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27.jpg" alt="" class="wp-image-8365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27-300x225.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/08/camp-dextermination-de-auschwitz-birkenau-27-768x576.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Vladislav Nikolov, un air de Bulgarie à Millau</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/29/vladislav-nikolov-un-air-de-bulgarie-a-millau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Jun 2021 10:49:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[RELAIS VIH 12]]></category>
		<category><![CDATA[Vladislav Nikolov]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8298</guid>

					<description><![CDATA[Il y a cinq ans que Barthelémy a convaincu Vladislav Nikolov, son compagnon, de s’installer à Millau, où le couple a été si bien accueilli. Vladislav Nikolov, ancien journaliste, a dupliqué en France l’engagement politique qu’il déploie en Bulgarie, son pays natal. Avec une volonté inébranlable, celle de défendre bec et ongles la démocratie. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Vladislav Nikolov, un air de Bulgarie à Millau</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>«&nbsp;Un endroit magique&nbsp;». C’est ainsi que Barthelémy a présenté Millau, qu’il avait connu dans son enfance, à Vladislav Nikolov, son compagnon, pour l’inciter à s’y installer il y a cinq ans. Un choix que le couple n’a jamais regretté tellement tous les deux s’y sont sentis très bien accueillis. Vladislav Nikolov, ancien journaliste, a dupliqué en France l’engagement politique qu’il déploie en Bulgarie, son pays natal. Avec une volonté inébranlable, celle de défendre bec et ongles la démocratie, et le droit de vote qu’il vénère après avoir vécu dans une Bulgarie totalitaire.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="693" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1024x693.jpg" alt="" class="wp-image-8300" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1024x693.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965-1536x1039.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3965.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Odile Baudrier&nbsp;: Vous êtes né en Bulgarie, vous avez été journaliste pour la BBC, RFI… Pouvez-vous nous détailler votre parcours de journaliste&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Vladislav Nikolov</strong>&nbsp;: Alors, voilà un peu de préhistoire&nbsp;! Je suis né en Bulgarie dans les années 70. J’ai voyagé dans mon enfance avec mes parents, on a passé du temps en Irak à Bagdad, puis à l’adolescence en Indonésie. Jeune adulte, j’ai commencé mes études en Union Soviétique, à Moscou. Mais je voulais absolument découvrir l’Occident, qui jusqu’à ce moment-là, avait été «&nbsp;imaginaire&nbsp;». Je la recevais beaucoup par les sons, car j’écoutais les radios internationales. Je me créais mon monde à moi, qui n’était que virtuel. En 1989, le lendemain de la chute du mur de Berlin, un coup d’état «&nbsp;de palais&nbsp;» est arrivé en Bulgarie. J’ai su alors que je devais partir assez rapidement. Car je voulais finir mes études ailleurs qu’à Moscou, où j’étais arrivé par accident. Et la deuxième raison qui me guidait aussi est que je voulais vivre ma vie comme je l’entendais, et donc mon homosexualité librement. Je me suis retrouvé à Paris un peu par hasard. J’étais seulement anglophone, je devais partir dans une université américaine ou britannique. Quand je suis allé à l’ambassade américaine pour voir les possibilités, le catalogue était très gros et il s’est fermé sur la dernière page, sur l’Université Américaine de Paris. C’est là que j’ai atterri&nbsp;! j’ai passé haut la main les examens d’entrée et du coup, j’ai été le premier d’Europe de l’Est dans cette Université, qui est assez internationale. Elle m’a aidé à plonger à Paris et dans le monde. Mes études étaient payées par une bourse vu mes résultats. Mais il me fallait aussi travailler en parallèle pour vivre. On m’a incité à contacter la rédaction de Radio Free Europe. Ils m’ont demandé de faire un petit reportage sur la France. Je débarquais, j’avais déjà écouté, mais jamais écrit. J’ai fait un sujet sur le thème de la rentrée, une institution en France. Et peu après, ils m’ont demandé d’autres sujets. Je suis ainsi devenu le correspondant pour la Bulgarie pour Radio Free Europe&nbsp;!</p>



<p><em>Vous vous retrouvez ainsi propulsé comme journaliste.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’ai appris sur le tas. J’ai fait un tour en Bretagne pour ma maîtrise. De retour à Paris, j’ai pu devenir stagiaire à Radio France Internationale, puis 5 ans au service des programmes. Puis le chemin m’a mené, avec des hauts et des bas. Début 2003, Radio Free Europe a fermé, le gouvernement Bush a coupé les financements. J’ai travaillé alors pour la BBC, comme correspondant pour la Bulgarie. Puis eux aussi ont fermé. J’ai aussi été correspondant pour le principal journal de Bulgarie, «&nbsp;&#8216;Dnevnik&nbsp;». Voilà ma carrière de journaliste.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8301" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3988.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Qu’est-ce qui vous a amené à vous installer à Millau&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>En 2006, la vie nous a fait rencontrer avec un garçon. On a vécu ensemble assez rapidement. Lui, il est du Nord. Il était venu en vacances dans le sud avec ses parents, et il avait de super souvenirs de Millau. Il s’y sentait bien. Chaque année, il achetait son cartable en cuir au Mandarous, chez André Sales. Il me disait «&nbsp;Il faut qu’on aille à Millau. C’est un endroit magique&nbsp;». Moi, je ne connaissais pas du tout le Sud-Ouest. Je me suis retrouvé là, il y a 5 ans, et pour tous les deux, c’est une sorte de révélation. On respire. Il y a les vibrations des causses. Les gens nous ont super accueillis. Après Paris, on était passés par la Bourgogne, et ce n’était pas pareil. On a passé deux années là-bas, ce n’était pas facile. Ici, on a été très agréablement surpris, ça a très bien marché pour tous les deux.</p>



<p><em>Vous avez découvert une ville séduisante, accueillante et tolérante. Je comprends que c’est un point compliqué à appréhender&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>C’est difficile. C’est vrai que c’est plus facile dans les grandes villes. Car il y a l’anonymat. Pourtant cela ne veut pas dire qu’on est plus acceptés que ça. Mais on a la possibilité d’y vivre plus facilement. C’est pour cela que les jeunes gays vont souvent dans les grandes villes. En Bourgogne, nous étions dans une ancienne ville industrielle de 10.000 habitants. Nous nous sommes faits jeter par les dentistes. Cela existe en France&nbsp;! Le contraste est important avec Millau, qui est une ville très ouverte. L’Aveyron peut être une terre assez conservatrice, avec un caractère propre. Les gens essaient d’abord de voir à qui ils ont affaire. Ce n’est pas comme dans le Sud est où on ouvre les bras à tout le monde. Ici, petit à petit, les choses se passent bien. Le fait d’arriver comme un couple n’a pas provoqué de remous. Les gens étaient juste un peu curieux.</p>



<p><em>Vous êtes donc un couple marié depuis combien de temps&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>On s’est mariés ici à Millau il y a 3 ans, en 2018. On a fait une grande fête avec une cinquantaine de personnes, venues d’un peu partout en France, et aussi une partie de ma famille est venue de Bulgarie, en décalé. Au début du mariage gay, ce n’était pas forcément important pour nous, mais ici, justement, cela symbolisait quelque chose. A l’époque, nous avons été le premier mariage gay à Millau, célébré par Hugues Richard. On essaie, par la vie qu’on mène ici, de servir d’exemple. Des jeunes gays de l’Aveyron peuvent se dire qu’ils ne sont pas obligés de partir à Montpellier. Même si c’est plus difficile pour eux car ils sont du coin, ils ont des racines.</p>



<p><em>Vous travaillez donc maintenant pour l’association Relais VIH 12.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’ai été d’abord bénévole. Mon mari et moi, nous sommes tous les deux séropositifs. Nous sommes suivis à l’hôpital de Rodez, et nous avons pu rencontrer cette association qui s’occupe très bien des patients, et fait de la prévention. Puis un poste s’est libéré, je l’ai pris en septembre dernier. C’est un job vraiment super. Cela me permet d’être utile, de faire quelque chose que je connais, d’avoir des convictions. Et concrètement de pouvoir faire bouger les choses. Sur une petite échelle, c’est vrai. Dans le journalisme, cela arrive aussi, mais c’est plus ténu. Là, c’est vraiment gratifiant. On a des permanences à l’accueil de jour, aux Restaus du Cœur, on fait des interventions dans les lycées, les missions locales. Petit à petit, on fait bouger. On les aide, même au niveau affectif. On est là pour dédramatiser certaines choses, pour les épauler pour les tests, les dépistages. C’est un travail et un plaisir. C’est un peu une «&nbsp;mission&nbsp;».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8302" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4003.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Etiez-vous déjà engagé dans la lutte contre le sida lorsque vous viviez à Paris&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Je suis un peu un vieux de la vieille&nbsp;! J’ai été contaminé peu de temps après mon arrivée en France, il y a 30 ans. J’ai connu tout le parcours. Au début, je n’étais pas tellement engagé. Je voulais faire partie des protocoles. A un moment, j’ai travaillé pour le Journal du Sida, j’ai pu réunir mes deux aspects. J’ai fait des enquêtes sur l’Europe de l’Est. J’ai eu une période pas forcément militante, mais où j’ai pu contribuer concrètement. J’ai eu des petits copains très engagés, je suivais la lutte. Puis avec Barthélémy, on a mis nos parcours ensemble. J’ai laissé un peu les choses de côté pendant un moment. Cela a été bienvenu de pouvoir s’impliquer à nouveau. L’année dernière, nous avons monté une petite réunion autour de l’homosexualité dans la ruralité. J’ai aussi été proche de l’association «&nbsp;Alertes&nbsp;», très active dans la région. D’autant plus que la nouvelle municipalité est ouverte et réceptive. Des choses se mettent en place. C’est gratifiant d’être dans le mouvement.</p>



<p><em>Quels liens conservez-vous avec votre pays, la Bulgarie&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Là, il me faudra 4 heures&nbsp;! Je suis devenu français en 2007, et j’ai pu voter pour la première fois. J’ai gardé exprès la double nationalité. Pour moi, ce n’est pas que symbolique. Je suis né là-bas même si physiquement, je n’y ai pas beaucoup vécu, j’y ai fait mon service militaire. Mais cela fait partie de moi. Avec la transition difficile qu’ils sont en train de vivre, du totalitarisme, c’est un peu un combat de Sisyphe. Là-bas, je fais partie du parti des «&nbsp;Verts&nbsp;», qui s’intègre dans une coalition de 3 partis, «&nbsp;Bulgarie Démocratique&nbsp;». C’est eux qui gardent la flamme de la démocratie dans un paysage politique très difficile car il y a eu 12 ans d’un gouvernement très lourd, avec des liens avec la mafia, beaucoup de corruption. Moi, je suis impliqué à distance, par les réseaux sociaux. Sur l’angle de la démocratie, et aussi de la communauté LGBT, qui a été très malmenée pendant la campagne par des forces conservatrices, chauvinistes. Il y a eu des violences contre des jeunes LGBT. J’essaie d’aider indirectement par des parallèles, par des appuis à des actions. C’est un peu dichotomie. J’y mets le pied rarement. D’un côté, je ne me sens pas vraiment en sécurité là-bas. J’y vais mais je sais que j’ai mon billet de retour&nbsp;!</p>



<p><em>L’insécurité est-elle surtout liée à votre activisme politique ou à votre statut de gay&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N. : </strong>Les deux. La société est difficile. Tout a été fait pour rompre les liens entre les gens, et cela a marché. On travaille sur les instincts très primaires, très basiques. Il y a vraiment un déclin sur plusieurs aspects. La distance me permet d’être préservé, de faire les choses et d’avoir un cercle de sécurité et de sérénité.</p>



<p><em>Et votre famille, vit-elle toujours là-bas&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Justement, je vais en Bulgarie en juillet pour quelques jours pour chercher ma mère, qui a 82 ans. Elle va venir vivre à Millau. Elle ne peut plus être autonome. Ma cousine et son mari vont partir en Angleterre. Il n’y aura plus personne là-bas. Cela me permettra de renouer les liens avec ma mère. Mon mari a beaucoup insisté pour la faire venir.</p>



<p><em>Votre famille a-t-elle approuvé vos choix de vie, par rapport à l’exil et à votre couple&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>C’était progressif. Ma mère a été une mère téléphonique pendant toutes ces années. Cela va changer. Par rapport à l’homosexualité, et à la séropositivité, la distance m’a aidé. J’avais le double verrou à faire sauter. Je voulais choisir le bon moment. Mais il n’y a en fait jamais de bon moment. Je me disais que j’allais le faire quand je serai heureux, mais ça ne n’est pas passé comme ça. Ca ne se passe jamais comme ça&nbsp;! Ce n’est pas arrivé à un très bon moment. Ce n’est pas par rapport à l’homosexualité, c’est par rapport à la séropositivité. Cela les a fait paniquer.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="673" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1024x673.jpg" alt="" class="wp-image-8303" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1024x673.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-300x197.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-768x505.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997-1536x1010.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3997.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Surtout à l’époque&nbsp;!</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, c’était début des années 2000. J’ai vécu une dizaine d’années sans problème. Puis quand les trithérapies ont commencé à marcher, il fallait expliquer. Moi, début des années 90, je le disais très peu, sauf à mes partenaires. J’ai toujours été assez serein par rapport à ça. Je l’utilisais comme une sorte de coup de pied.</p>



<p><em>Vous avez donc suivi une trithérapie.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, très tard. J’ai eu la chance de passer 15 ans sans en avoir besoin. C’est rare. Je me faisais suivre régulièrement. Quand on s’est rencontrés avec mon compagnon, j’avais commencé à en avoir besoin. Et on a commencé ensemble. Cela nous a aidés tous les deux. Cela remonte maintenant à 2007.</p>



<p><em>Pour la famille, cette maladie est une source d’inquiétudes&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Oui, c’est une source de peur. De me perdre. J’ai dû expliquer, rassurer. Ce n’est pas anodin, il y a des effets secondaires, il y a des fatigues. Même s’il y a maintenant un seul comprimé par jour, c’est à base de chimiothérapie. A la longue, il faut suivre ça de près. Et aussi, le virus demeure toujours présent, même s’il est indétectable. Il est tapi dans des réservoirs, l’infection est là.</p>



<p><em>Votre mère était-elle venue pour votre mariage&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Elle n’avait pas pu venir car elle était malade. Ma tante, ma cousine et son mari étaient venus, en décalé car mon neveu avait des examens. Ils ont bien aimé, ils ont raconté à ma mère.</p>



<p><em>Du coup, votre mère arrive dans une ville qu’elle ne connaît pas&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Elle était venue à Paris 2 ou 3 fois. Elle adore la France. Elle regarde la télé française de Bulgarie, même si elle ne parle pas français. Notamment le samedi soir, Patrick Sébastien&nbsp;! On a beaucoup parlé de son installation ici. J’essaie d’aplanir les choses pour que ça se passe bien pour tout le monde. Pour qu’on structure une famille.</p>



<p><em>Vous disiez que vous étiez impliqué dans la politique bulgarienne notamment via les réseaux sociaux, mais vous êtes également très actif en France dans ce domaine. On a pu voir que dans la période avant les régionales, vous avez beaucoup incite au vote en rappelant qu’en France, on a la chance de pouvoir voter car vous venez d’un pays où le droit de vote n’a pas toujours pu s’exercer.</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Pour moi, c’est viscéral. Je mesure la chance. Et pas seulement la chance car les gens se sont battus pour le droit de vote et ont réussi. Je suis admiratif par rapport à la vitalité de la démocratie française. C’est dommage que les gens la prennent pour acquise. Elle n’est jamais acquise. Moi, j’ai des souvenirs de la Bulgarie totalitaire, de mascarades de votes. C’était une fête avec la musique, tout le monde devait y aller, mais il y avait un seul candidat… C’était fantoche. J’ai participé un peu aux évènements de 1989. Il y a eu un grand rassemblement le 14 décembre 1989, mon copain de l’époque et moi, on était en première ligne, on avait encerclé le Parlement. On l’appelait le Parlement, mais ils confirmaient juste les décisions du Parti. On voyait les parlementaires derrière les rideaux, des visages terrifiés. Nous étions à côté, nous le peuple, et notre seule demande était l’abrogation de l’article 1<sup>er</sup> de la Constitution, qui postulait que le Parti est Père-Mère et tout sur terre. On voulait juste ça. On avait appris ensuite qu’à un moment, le Président de l’époque, qui avait remplacé le dictateur, qui était le Ministre des Affaires Etrangères, censé être un peu plus ouvert, avait appelé les chars. Cela a tenu à très peu que ça bascule. J’ai vécu ces tensions-là, et du coup, depuis que j’ai la possibilité de voter, depuis 2007, je n’ai pas raté une élection. J’ai tenu un bureau de vote à Paris, ici à Millau. Pour moi, c’est une fête, une vraie fête, ce n’est pas quelque chose qui nous est imposée. Effectivement, je suis impliqué à deux endroits. J’essaie de servir de facilitateur pour expliquer aux uns et aux autres ce qui se passe de l’autre côté, et apporter un regard. Je me suis retrouvé à défendre les mêmes valeurs. Ici, j’étais vert-PS. Là-bas, une coalition qui se disait de droite mais qui était progressiste car le Parti Communiste rebaptisé socialiste est conservateur et réactionnaire. Le pouvoir est mafieux, et ce petit pays est facile à contrôler.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="842" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1024x842.jpg" alt="" class="wp-image-8305" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1024x842.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-300x247.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-768x632.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029-1536x1263.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I4029.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Et en France, à quel moment, vous êtes-vous engagé politiquement&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>J’étais dans un bureau de vote à Paris. Mais c’est à Millau que je me suis vraiment engagé. J’avais besoin de contribuer là où j’étais. J’en avais envie. Je voulais aussi rendre à la ville, aux gens. C’était assez naturel. C’est aussi très gratifiant. Je peux à ma façon expliquer certaines choses. J’ai été un soutien proche de la liste d’Emmanuelle Gazel. Mais même ici, je revendique mon indépendance. C’est la première fois que je m’engage. Je le fais en fonction de mes sensations. Je l’ai fait il y a 4 ans pour la Présidentielle. Pour moi, venant de Bulgarie, les étiquettes n’ont pas d’importance. A l’époque, on était devant un ballotage Le Pen- Fillon. Pour nous, c’était l’horreur des deux côtés. Je me disais qu’il faudra monter sur le Larzac pour faire une résistance&nbsp;! Et j’ai entendu Emmanuel Macron parler de l’Europe en février 2017. J’étais convaincu. C’était un peu miraculeux, il nous a sauvé d’un grand danger. Car Fillon prenait son thé avec Poutine dans sa datcha de la Mer Noire. Et le Pen pareil. Pour moi, Poutine, c’est l’incarnation de la destruction. Il essaie de détruire la démocratie en Europe de l’Ouest. C’est plus dangereux en Bulgarie, mais il faut aussi se méfier ici. Je vois que plus les gens se désintéressent, et plus c’est dangereux pour la démocratie.</p>



<p><em>Allez-vous vous engager à nouveau pour la campagne présidentielle&nbsp;2022&nbsp;?</em></p>



<p><strong>V. N.&nbsp;: </strong>Maintenant, je m’engage différemment. J’ai eu une période militante, sur le terrain. Mais là, ma mère arrive, j’ai mon travail, je vais être engagé, mais peut-être pas directement. J’ai mes convictions. Paradoxalement, je me sens viscéralement français. Comme j’ai été si bien accueilli, je pense avoir le devoir de traduire ce que je comprends de la France, de son histoire, de ses traditions, et de défendre ça. C’est aussi mon rôle comme «&nbsp;nouveau&nbsp;» Français. J’y tiens beaucoup. C’est aussi une grande richesse pour la France, des gens comme moi. On s’implique, on s’intègre. Moi, je me sens complètement intégré. Je n’ai jamais senti de discrimination. J’ai des convictions tranquilles, mais sereines. J’échange avec des personnes partout en France avec lesquelles je me sens en proximité intellectuelle, où on se retrouve sur des valeurs fondamentales. Je m’intéresse à la Bulgarie, à la France, à l’Europe. C’est mon identité. Une identité un peu patchwork&nbsp;! &nbsp;</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong> à Millau le 26 juin 2021</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Laurent et Laurence Glinz, les autodidactes de la vente en ligne bio</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/17/laurent-et-laurence-glinz-les-autodidactes-de-la-vente-en-ligne-bio/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Jun 2021 18:00:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Espace bio santé]]></category>
		<category><![CDATA[Laurent Glinz]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8251</guid>

					<description><![CDATA[Il y a près de 15 ans, Laurence et Laurent Glinz n’ont pas hésité à bazarder leur travail et leur maison pour s’installer à Millau, pour y gérer une boutique de produits biologiques. Il y a huit ans, le couple décide de s’orienter vers un site de la vente de produits diététiques bio, entièrement créé par Laurent, un autodidacte d’internet]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Laurent et Laurence Glinz, autodidactes de la vente en ligne bio</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Sous leurs dehors tranquilles, Laurence et Laurent Glinz dissimulent un sérieux goût du risque. Il y a près de 15 ans, ces deux Parisiens bon teint n’ont pas hésité à bazarder leur travail et leur maison pour rompre avec leur vie parisienne et s’installer à Millau pour y gérer une boutique de produits biologiques. Un choix osé à considérer que le couple ne connaissait en fait même pas la ville ! Ce premier grand virage fut suivi d’un autre changement radical, il y a huit ans, l’abandon de l’activité d’épicerie biologique pour un site internet de ventes en ligne de produits diététiques et compléments alimentaires, espace-produits-bio.com, entièrement créé par Laurent, pourtant un autodidacte d’internet.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8262" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Pouvez-vous présenter votre activité de vente par internet de produits diététiques&nbsp;?</em></p>



<p>Laurent Glinz&nbsp;: Nous sommes arrivés ici en 2007, c’était une épicerie de fruits et légumes BIO, il n’y avait pas de site internet. Je n’y connaissais rien. D’ailleurs, à l’époque, je n’avais même pas un ordinateur&nbsp;! Et puis, je me suis dit Pourquoi ne pas vendre sur internet&nbsp;? J’ai mis une dizaine de produits sur internet, on a reçu des commandes avec règlement par chèque, après, j’ai travaillé avec PayPal et par carte bancaire. Puis, c’est monté, c’est monté, il y a eu beaucoup de commandes. Il devenait compliqué de gérer les fruits et légumes et le site internet. On a décidé d’arrêter les fruits et légumes en 2013. On a voulu garder le magasin, on l’a rénové, car à l’époque, il n’y avait pas de chauffage et pas de clim. Au départ, j’avais débuté internet avec un site très simple, gratuit. A ce moment-là, je suis passé sur un site plus perfectionné, avec beaucoup plus de choix pour mettre en valeur les produits, de plus belles photos. C’est un site vraiment professionnel, avec un abonnement élevé chaque mois. Je passe entre 3 et 4 heures par jour à installer de nouveaux produits, les mettre en valeur, vérifier les allégations, mettre de belles photos, avoir des prix compétitifs. Je fais un peu de pub sur Google, le budget peut vite devenir gros, un clic coûte environ 1 euro. Moi, je veux travailler, je fais des grosses journées, mais je ne veux pas me développer pour avoir 10 ou 20 employés. Je préfère que nous soyons seulement tous les deux, moi et ma femme. Un site internet demande beaucoup de travail&nbsp;! Même le week-end, je suis sur l’ordinateur.</p>



<p><em>Vous aviez déjà pris un premier virage de taille lorsque vous avez décidé de quitter Paris, et vous avez pris à nouveau un gros risque, de transformer une épicerie bio en site de vente de compléments alimentaires.</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8257" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-3.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p>Laurent&nbsp;: oui, c’est prendre un risque. C’est comme quand on a quitté la région parisienne. On est arrivés à Millau sans connaître personne. On a quitté les deux boulots, vendu la maison, on ne voulait pas la garder pour ne pas avoir la tentation de revenir un jour. Cela fait 14 ans qu’on est partis, et on ne regrette rien. Comme je dis à mes amis, ici, je suis en vacances tous les jours. Nous, on ne prend jamais de vacances, on prend juste des week-ends de 3-4 jours, et en 14 ans, on n’a pas pris 3 semaines de vacances.</p>



<p>Laurence&nbsp;: On suit le mouvement. On ne se projette pas dans le futur assez loin. Il y a des gens qui pensent les choses loin. Nous, certains changements se sont faits parce qu’on a suivi. On n’a pas subi, mais on a suivi. A un moment, on a bien vu que les fruits et légumes Bio, les céréales pouvaient se trouver dans les grandes surfaces. On s’est dit qu’il fallait prendre le tournant. Le site se développait, on a su prendre le virage. En fait, on a suivi l’évolution de la société&nbsp;: internet est incontournable. Même en local, et on l’a d’ailleurs vu pendant le premier confinement.</p>



<p>Laurent&nbsp;: on vend environ 90% sur internet et 10% en magasin. On savait qu’en arrêtant l’épicerie, on aurait moins de monde. Mais on savait aussi que le travail serait plus agréable pour nous. Chaque jour, il fallait trier, ranger, porter les cartons. Je recevais des palettes énormes. Maintenant, j’ai des livraisons tous les jours, mais de petits colis.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8254" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-5.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Avez-vous suivi une formation ou avez-vous été conseillé pour créer votre site&nbsp;? &nbsp;</em></p>



<p>Laurent&nbsp;: J’ai tout fait, j’ai intégré des produits qui me semblaient qu’ils allaient marcher. D’autres où j’hésitais. Sur internet, il faut être bien référencé, mettre de bonnes URL. J’ai tout appris par moi-même. J’ai acheté un bouquin il y a une dizaine d’années. Encore actuellement, je me forme. Je retravaille les URL, il faut avoir un bon code HTML. J’ai appris à aller dans le code source.</p>



<p><em>Combien de produits proposez-vous sur le site&nbsp;? Quels sont les produits phares&nbsp;? Qui sont vos clients&nbsp;?</em></p>



<p>J’ai environ 800 produits sur le site. Le produit phare, c’est le silicium, pour les articulations, les produits pour le transit, le sommeil, le stress, le foie, et les colorations cheveux. Les gens sont plus stressés avec le COVID. Les commandes viennent de toute la France et de l’étranger aussi, Suisse, Allemagne, Espagne, Italie, et aussi du Canada et du Japon. Nous avons beaucoup de clients d’Europe, d’Angleterre. L’important, c’est le référencement.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8255" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-4.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Pourquoi aviez-vous décidé de quitter Paris pour vous installer à Millau&nbsp;?</em></p>



<p>Laurence&nbsp;: mon mari était dans la restauration. Moi, j’étais gestionnaire de sinistres au siège d’une grande compagnie d’assurances, avec beaucoup d’avantages. Nous vivions à l’est de Paris, je travaillais à l’Ouest. Ce sont surtout les transports qui nous ont donné envie de quitter. On ne voulait pas imposer à nos enfants d’avoir la même vie que nous, de prendre les transports pour aller au collège. On s’est dit que ce n’était pas humain.</p>



<p>Laurent&nbsp;: avoir 3 heures de transport chaque jour, partir travailler, revenir pour faire les courses, s’occuper des enfants. Même maintenant, je me demande comment on faisait&nbsp;! Ma femme me répond «&nbsp;On le fait car on ne se pose pas de questions&nbsp;». Je disais toujours qu’on partirait dans le sud quand je serai à la retraite. Ma femme m’a dit «&nbsp;Quand tu vas arriver là-bas, tu vas connaître qui&nbsp;? tu seras tout seul dans ton coin&nbsp;». Puis j’ai laissé tomber, mais elle m’en reparlait souvent. Du coup, on s’est décidés. J’avais envisagé d’acheter un petit snack dans la restauration. Nous avons vu une annonce rue de la Capelle à Millau. En fait, nous ne connaissions pas Millau&nbsp;! Nous sommes venus au mois de novembre, la rue de la Capelle ne nous a pas plu. Nous sommes passés rue du Mandarous devant le magasin Bio. Ma femme a réalisé que l’agence nous l’avait proposé, et qu’on avait dit non. Comme nous étions là, nous sommes entrés. Nous avons fait une offre et voilà&nbsp;!</p>



<p><em>Souhaitiez-vous aussi bâtir un projet en couple&nbsp;?</em></p>



<p>Laurence&nbsp;: Pour les fruits et légumes, il fallait être deux. Pour le site, il faut être entre 1 et 2. Alors, je travaille à mi-temps pour le site, et j’ai un emploi à temps plein en plus, dans les assurances. L’avantage d’internet est qu’une partie du travail peut être faite à temps choisi. Le matin, on fait la facturation. A midi, je peux faire les colis, prêts à partir pour 14 heures. J’ai préféré saisir une opportunité dans les assurances, car on savait que nos enfants allaient partir en études supérieures, et qu’il fallait anticiper pour les budgets. Les deux boulots me plaisent. Je ne supporte pas de rester sans rien faire&nbsp;! Le soir, quand il va courir, je fais la compta. Finalement, ce rythme qu’on avait à Paris, on ne l’a pas complètement arrêté. J’ai besoin d’être en mouvement.</p>



<p><em>Comment se sont passés vos débuts à Millau&nbsp;? &nbsp;</em></p>



<p>Laurent : Au début, j’ai eu du mal car ce n’est pas évident quand on ne connaît personne, ce n’est pas évident. Cela a duré 2-3 ans. En fait, j’ai rencontré du monde quand j’ai commencé à courir. Maintenant, je connais plein de monde. Quand j’amène mes colis à la poste, je rencontre toujours quelqu’un. Je discute 5 minutes ou un quart d’heure, ou je reviens directement. J’ai une grande qualité de vie malgré les heures de travail. Jamais je ne voudrais repartir d&#8217;ici.</p>



<p>Laurence : au début, le magasin lui a demandé beaucoup de concentration. Il n’était pas ouvert aux autres. Moi, je voyais plus de monde, avec les enfants, l’école.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="688" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-8253" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1024x688.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-768x516.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6-1536x1032.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Bio-sante-choix-6.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>Aviez-vous déjà couru avant de reprendre ici à Millau&nbsp;?</em></p>



<p>Laurent&nbsp;: je n’avais jamais fait de sport de ma vie. J’avais couru une fois sur les bords de la Marne, et j’ai trouvé que ce n’était pas pour moi&nbsp;!</p>



<p>Laurence&nbsp;: Vous savez comment il est arrivé à la course à pied&nbsp;? J’avais une amie qui voulait faire la Course du Viaduc en 2014. J’ai dit Si tu le fais, chiche, moi aussi&nbsp;! Je me suis inscrite, je me suis préparée, et j’ai couru toute seule car elle était blessée. Quand je suis arrivée, il m’a dit Moi aussi, je peux le faire. Et il s’est mis à courir.</p>



<p>Laurent&nbsp;: Du jour au lendemain, je courais tous les jours 7 sur 7, pendant 2 ou 3 mois. J’étais à bout, je n’en pouvais plus. J’ai fait le Viaduc en 2016 et 2018. J’avais eu du mal. La deuxième année, j’avais mis le même temps, mais j’avais moins souffert. Moi, je suis plus trail que route. J’ai fait pas mal de courses du Festival des Templiers, j’ai été aussi bénévole pour l’association 12.COM. La première année, je courais seul, je faisais beaucoup de route. Ma femme me disait d’aller en club. Je suis rentré à 12.com. Les deux premières fois à la piste, j’avais l’impression qu’ils se connaissaient tous. Ils se parlaient, de leur oncle, de leur copain. Je pensais qu’ils n’allaient jamais me parler&nbsp;! Et puis, je me suis intégré. Maintenant, on se voit, on se fait des soirées, des restaus.</p>



<p>Je dis souvent à ma femme que j’aurais bien voulu naître à Millau. Je connaîtrai tout le monde. Ils ont une chance, ils ne s’en rendent pas compte. C’est un luxe d’aller quelque part et de connaître les gens, le garagiste, le pharmacien. A Paris, dans le métro, vous ne connaissez personne. J’aurais aimé avoir grandi ici pour connaître tout le monde. Je dis souvent Ici, c’est chez moi.</p>



<p>Laurence : il a fait le marathon de Paris, il ne s’est pas senti bien, il s’est assis sur les marches d’une station de métro. Les gens se sont attroupés, et lui ont demandé s’il était français. Et il a répondu « <strong>Je suis Aveyronnais</strong> ».</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos : <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<p><a href="https://www.espace-produits-bio.com/">www.espace-produits-bio.com</a></p>



<p><a href="https://www.espace-produits-bio.com/">https://www.espace-produits-bio.com/</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Charlotte Majorel et Victor Heck, de l’audit financier à l’Aubrac</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/06/03/charlotte-majorel-et-victor-heck-de-laudit-financier-a-laubrac/</link>
					<comments>https://www.liveaveyron.com/2021/06/03/charlotte-majorel-et-victor-heck-de-laudit-financier-a-laubrac/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 09:50:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Templiers]]></category>
		<category><![CDATA[Charlotte Majorel]]></category>
		<category><![CDATA[Les Clés de l&#039;Aubrac]]></category>
		<category><![CDATA[Victor Heck]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8235</guid>

					<description><![CDATA[Charlotte Majorel et Victor Heck étaient promis à de belles carrières dans la finance, mais l’attrait de l’Aubrac a ramené le couple à Laguiole pour y créer un projet ambitieux, de bâtir des séminaires d’entreprises. Le dynamique duo s’attaque maintenant au Sud Aveyron, en imaginant des séjours autour du Trail des Templiers. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Charlotte Majorel et Victor Heck, de l’audit financier à l’Aubrac</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Charlotte Majorel et Victor Heck étaient promis à de belles carrières dans la finance, mais l’attrait de l’Aubrac, terre natale de Charlotte Majorel, a ramené le couple à Laguiole pour y créer un projet ambitieux, de bâtir des séminaires d’entreprises dans ce cadre authentique. Le dynamique duo s’attaque maintenant au Sud Aveyron, en imaginant des séjours autour du Trail des Templiers. C’est du cousu main que fabriquent Charlotte et Victor, soucieux de promouvoir l’Aveyron, dans l’esprit d’un tourisme qualitatif, à taille humaine.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8233" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/A94I3586.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Charlotte Majorel, vous êtes originaire de l’Aveyron. Qu’est-ce qui vous a incité à revenir dans l’Aveyron avec Victor Heck, votre compagnon&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Je suis originaire d’Espalion, mon grand-père était le propriétaire de la Banque Majorel, et de Lacam du côté de maman. Nous, on a toujours vécu à Paris, fait des expériences à Paris, à l’étranger. On a commencé à travailler dans la finance. Et on a décidé de revenir sur ce territoire qu’on apprécie beaucoup. Victor le connaît depuis 10 ans. On a trouvé qu’il y a un énorme potentiel par rapport à ce territoire, qu’il fallait conserver, mettre en valeur. A notre échelle bien sûr, puisqu’on n’est que deux pour l’instant. Cela nous touchait beaucoup de pouvoir promouvoir ce territoire. On a trouvé que l’idée de l’événementiel et du tourisme était dans l’air du temps. Avec le côté retour à la nature, aux valeurs, se ressourcer.</li><li><em>Et vous, Victor, d’où êtes-vous originaire&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Moi, je ne suis pas du tout aveyronnais. Je pense qu’avant de rencontrer Charlotte, je ne savais pas placer l’Aveyron, et encore moins l’Aubrac sur une carte&nbsp;! Moi, ma famille est de Marseille du côté de ma mère, et Strasbourgeoise du côté de mon père. J’ai de très fortes attaches surtout sur la région marseillaise. Mais j’ai toujours vécu à Paris. C’est là où nous nous sommes rencontrés il y a 9 ans. J’ai découvert l’Aveyron avec Charlotte en venant en vacances. Très rapidement, on s’est rendus compte qu’il y avait un vrai potentiel dans cette région. Naturel, car c’est très beau, mais aussi économique et social. Les gens sont très dynamiques et ont la fibre entreprenariale, avec de très belles réussites économiques. Si on prend le village de Laguiole, qui a 8000 habitants, il y a une effervescence économique assez impressionnante. C’est singulier. Nous avions commencé notre carrière professionnelle sur Paris, et nous serions restés sur Paris si on n’avait pas eu ce projet. Car ce n’est pas un burn out&nbsp;: on n’a pas dit J’en ai marre de Paris, je quitte tout, je pars à l’autre bout de la France. Il y avait vraiment cette idée de construire un projet à deux, et de pouvoir contribuer à notre échelle, la préservation et à la promotion de cette région.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Une région où on s’épanouit aussi. On sent qu’on est utiles pour faire quelque chose qu’on aime et qui est utile au territoire.</li><li>Victor Heck&nbsp;: on est partis du Pourquoi on veut faire ça&nbsp;? Et pour créer cette vie à deux, on est arrivés aux Clés de l’Aubrac, cette agence événementielle et touristique, créée il y a deux ans. Aucun regret. Très épanouis.</li><li><em>Vos études se sont déroulées dans le domaine de la finance. Vos jobs précédents étaient-ils tournés vers le tourisme&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: pas du tout. Moi, j’ai travaillé un peu à l’étranger, j’ai eu un stage d’audit en Italie dans une agence de l’ONU. Puis je suis rentrée à la COFACE (assurance crédits pour les entreprises) pendant deux ans, en tant qu’analyste financière.</li><li>Victor Heck&nbsp;: moi, après mes études, j’ai été un an dans la Marine Nationale comme officier volontaire. Puis je suis parti au Maroc dans une entreprise française de conseils. Ensuite, j’ai bossé dans l’hôtellerie, dans la partie financière, dans une entreprise franchisée. Je faisais de l’analyse financière, du développement commercial. Donc pas vraiment de contacts avec le client.</li><li></li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-8234" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1024x682.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-768x511.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3-1536x1022.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-3.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Pour résumer votre projet, vous êtes tous les deux des analystes financiers qui ont choisi de devenir des acteurs du tourisme, mais d’un tourisme différent&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: c’est ce qu’on essaie de faire. On voulait développer un tourisme à taille humaine, quelque chose de qualitatif. Surtout pas de quantitatif, car on est sur un territoire qui ne s’y prête absolument pas. Et nous, on est plutôt opposés à ça. On n’a pas envie qu’il se mette en place un tourisme de masse, car c’est quelque chose qui détruit les régions. Par contre, un tourisme de qualité, on trouvait que c’était intéressant d’aider les gens à découvrir autrement notre région. Avec à chaque fois des activités, des expériences ancrées dans le territoire. On aime bien cette idée de dire que ce que vous avez fait sur l’Aubrac ou sur l’Aveyron, vous ne pourriez pas le faire ailleurs.</li><li><em>C’est donc un virage à 180 degrés de votre vie. Puisque vous vivez maintenant à Laguiole. Comment s’est passée votre intégration puisque tu n’avais pas grandi à Laguiole&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Moi, je n’avais jamais vécu sur l’Aubrac et l’Aveyron, toujours à Paris. Et finalement, ça a été un peu une évidence. Ca s’est très bien passé car on savait où on allait.</li><li>Victor Heck&nbsp;: En fait, on a commencé à Lacalm, dans la maison de famille. Ca s’est très bien fait. Car le projet était bien accueilli avec les personnes avec qui on avait échangé.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Notre métier nous permet de rencontrer beaucoup de gens. On travaille avec beaucoup de prestataires locaux. On a eu cette obligation, avec grand plaisir, d’aller voir ces prestataires, de nous présenter professionnellement et personnellement. Tout de suite, il y a eu un échange. L’intégration s’est faite aussi par le travail. Mais cela n’a pas été compliqué. Sur Laguiole, il y a pas mal de jeunes qui sont aussi dans cette démarche. Tout le monde est très aimant de l’Aubrac. On est tous sur la même longueur d’ondes. Il y a une belle dynamique.</li><li><em>L’accueil s’est-il bien fait pour vous&nbsp;? Contrairement à ce qu’on entend souvent, les gens du Nord Aveyron sont accueillants.</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: quand on s’est installés, beaucoup de personnes nous ont dit que ce serait compliqué. Mais ce n’est pas que les gens ne vous intègrent pas. C’est juste que les gens ne vous attendent pas. On est deux nouvelles personnes, on s’installe dans un territoire qu’on ne connaît pas. Il faut aller vers les gens. Sinon, les gens ne vont pas savoir que Charlotte et Victor se sont installés. C’est à nous de faire le premier pas.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: C’est vrai aussi que moi, étant originaire de là-bas, ça aide un peu les premiers contacts. Il y a une vraie volonté de partager avec les gens, d’écouter aussi. Beaucoup de personnes, surtout les Parisiens, nous disaient que ce serait très compliqué de s’intégrer. Mais finalement, cela n’a pas été le cas.</li><li>Victor Heck&nbsp;: il faut être pro-actif. Il faut aller rencontrer les gens. Il faut essayer de s’inclure dans la vie du village.</li><li><em>Et le projet économique, a-t-il vite pris tournure&nbsp;? Avec une réussite rapide&nbsp;?</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Il a fallu un peu de temps pour obtenir l’immatriculation obligatoire pour toute agence réceptive. Puis pour rencontrer les prestataires, monter nos produits. On a lancé l’activité concrètement en janvier 2020. Et en mars, il y a eu le confinement&nbsp;! Cela a un peu décalé. Je préfère parler de décalage du début d’activité. Après, on a eu de beaux séminaires l’année dernière, on a eu un été super intéressant. Le Covid a tué l’activité, on n’avait pas pris ça en compte dans notre business plan&nbsp;!</li><li>Victor Heck&nbsp;: Là, c’est en train de bien démarrer, on a de beaux partenariats. L’activité est en effervescence. On mesure le potentiel qu’il y a. Le Covid a renforcé nos convictions qu’il fallait qu’on continue. Cela n’a pas été simple tous les jours. Surtout car on n’avait pas de visibilité sur quand ça se terminait. Aujourd’hui, on voit plus le début de la fin. C’est dur quand on démarre une activité, qu’on démarre de zéro client, et qu’on se demande à partir de quand je vais pouvoir créer des choses.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8236" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-2.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Quel est le produit phare que vous proposez dans Les Clés de l’Aubrac&nbsp;? Celui qui représente le mieux votre état d’esprit&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: L’idée est de faire vivre une expérience, unique, exclusive aux personnes qui viendraient sur le plateau de l’Aubrac. Aujourd’hui, notre cible principale est les séminaires d’entreprises. Pour proposer une approche différente, de vivre un séminaire différent, vraiment axé sur l’Aubrac. On aime bien dire l’Aubrac, une terre d’inspiration. La formulation fait très marketing mais c’est vrai. Toutes les expériences sont ancrées sur le plateau de l’Aubrac, et sont uniques au Nord Aveyron. Et bientôt, on l’espère, à la région millavoise. L’idée est qu’on vient vivre une expérience unique pour une entreprise. L’Aubrac a beaucoup à offrir par ses paysages, sa quiétude.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: On met en avant trois valeurs&nbsp;: l’authenticité – le savoir-faire – la transmission. Ce sont des valeurs essentielles dans l’entreprise. Et aujourd’hui, avec ce qui s’est passé, l’entreprise a envie de se recentrer sur les valeurs premières, sur son identité. Et c’est quelque chose qui peut être réfléchi sur l’Aubrac car c’est un territoire où on se ressource. C’est un cadre propice à ce type de réflexions. Et aujourd’hui, beaucoup d‘entreprises se placent dans ce schéma-là. Nous sommes convaincus que l’Aubrac a un réel potentiel dans ce secteur-là.</li><li><em>Vous travaillez maintenant sur un projet lié au Festival des Templiers. Il est très différent, et il vous permet de vous orienter vers une autre sphère. Comment est né ce projet&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: La genèse est un évènement fait avec la JCE, la Jeune Chambre Economique de Rodez et Millau, en visio. Ils nous avaient invité pour qu’on présente notre projet, en octobre dernier. Le thème de la réunion était notre territoire, principale ressource. Kévin (Bertrand) avait présenté la démarche du Festival des Templiers, très ancré dans le territoire et dans les valeurs de l’Aveyron. Cela a fait écho à ce qu’on a proposé. En début d’année, on a recontacté Kévin par rapport à ça. Nous sommes une agence réceptive, les Templiers ont une notoriété nationale sur le territoire. On a parlé d’un partenariat à construire autour des Templiers et de l’Aveyron. Nous avions déjà réfléchi à créer des séjours sportifs sur le vélo de route et le trail, pour la découverte d’un territoire dans sa globalité. C’est ainsi qu’est née cette idée de partenariat Templiers Trail Expérience, où l’on reprend l’idée de la passion d’un sport et d’un territoire. L’idée est de proposer aux coureurs qui ont apprécié la course de revenir sur le territoire de l’Aveyron, et sur la région millavoise. Pouvoir courir sur les parcours des Templiers et venir avec leur accompagnant. Découvrir à plusieurs ce territoire en étant imprégnés de l’univers des Templiers. Nous organisons la totalité du séjour pour l’ensemble de la famille.</li><li><em>C’est un univers que vous ne connaissiez pas&nbsp;?</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Je connais le trail car mon père est un grand mordu. Il a d’ailleurs couru les Templiers il y a quelques années. Je l’ai toujours suivi dans ses courses, dans cette passion. On s’intéresse à l’univers du sport de pleine nature, l’Aveyron s’y prête tellement. Nous aurons l’expertise d’organisateurs de séjours, et en s’alliant avec les Templiers, on recherche l’expertise d’organisateurs d’évènements.</li></ul>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8237" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/Templiers-experience-1.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<ul class="wp-block-list"><li><em>Il y a aussi d’autres projets importants pour cette année. Comme celui monté autour du yoga avec le restaurant Bras.</em></li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: Nous sommes partis sur deux séjours, avec visite du jardin Bras, randonnée à pied, yoga et méditation, et deux repas au restaurant Bras. C’est un projet à petite échelle, avec des dates fixes pour les particuliers, en juin, et septembre. Nous envisageons de proposer des séminaires pour les entreprises au Suquet, dans l’idée de réflexion sur l’identité de l’entreprise. Il y a une vraie cohérence avec l’expérience de la famille Bras. Il y a des choses à créer pour les entreprises sur ces sujets. Ce sera plus des séminaires, qui seront cousus main en fonction des besoins des entreprises.</li><li><em>On peut dire que vous effectuez un travail de petite fourmi&nbsp;!</em></li><li>Victor Heck&nbsp;: Oui, c’est une forme d’artisanat à notre échelle. C’est ce qu’on aime aussi. On aime prendre le temps d’avoir les clients au téléphone, échanger avec eux, et à la fin, d’obtenir exactement ce que le client avait demandé.</li><li>Charlotte Majorel&nbsp;: c’est notre valeur ajoutée. Et c’est aussi ce que recherchent les entreprises sur l’Aubrac, du cousu main, du confidentiel, du sur mesure. C’est l’ADN des Clés de l’Aubrac.</li></ul>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos réalisées au Cade par <strong>Gilles Bertrand</strong></p>



<p></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-les-cles-de-l-039-aubrac wp-block-embed-les-cles-de-l-039-aubrac"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NurVsWksxM"><a href="https://lesclesdelaubrac.com/templiers-trail-experience/">Templiers Trail Experience</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Templiers Trail Experience » &#8212; Les Clés de l&#039;Aubrac" src="https://lesclesdelaubrac.com/templiers-trail-experience/embed/#?secret=NurVsWksxM" data-secret="NurVsWksxM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.liveaveyron.com/2021/06/03/charlotte-majorel-et-victor-heck-de-laudit-financier-a-laubrac/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LOLA CROS, journaliste passionnée par la ruralité de l&#8217;Aveyron</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/05/24/lola-cros-journaliste-passionnee-par-la-ruralite-de-laveyron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 May 2021 12:28:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Politique]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8189</guid>

					<description><![CDATA[Lola Cros a fait un choix osé, devenir journaliste indépendante, en créant FINTA !, podcast novateur, pour démontrer le dynamisme de l’Aveyron, et dévoiler des parcours sources d’inspiration. En continuité de cet engagement pour le territoire, elle est devenue récemment la collaboratrice parlementaire du député Stéphane Mazars.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">LOLA CROS, journaliste passionnée par la ruralité DE L&#8217;Aveyron</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Lola Cros a fait un choix osé, à 27 ans seulement, de devenir une journaliste indépendante, en créant FINTA&nbsp;!&nbsp;», un podcast novateur dédié à la ruralité. Depuis quelques mois, la Ruthénoise a tendu son micro à quelques personnes remarquables de l’Aveyron, avec un credo simple, celui de démontrer le dynamisme du département, et de dévoiler des parcours sources d’inspiration. En continuité de cette volonté de s’engager pour le territoire, cette jeune femme curieuse et enthousiaste a accepté récemment de devenir la collaboratrice parlementaire du député Stéphane Mazars, rencontré pour un podcast.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6.jpg" alt="" class="wp-image-8191" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-6-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Odile Baudrier&nbsp;: Je voudrais revenir sur ton parcours, qui t’a orientée vers le métier de journaliste indépendante et spécialisée dans le domaine du podcast, un média en grande émergence actuellement. Et ensuite, l’autre question sera celle de savoir pourquoi avoir choisi de travailler exclusivement sur l’Aveyron.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Pour moi, ce n’est pas une vocation d’être devenue journaliste. Ce n’est pas un rêve d’enfant. Je ne l’avais pas forcément tracé ou imaginé. Je crois que j’avais peu idée de ce qu’était le métier de journaliste avant mes 18 ans, mon bac et mes études supérieures. J’ai commencé une licence de sociologie sans trop savoir où j’allais, j’étais intéressée par plein de choses. Ce qui m’a amené au journalisme, c’est un petit stage après ma première année d’études, à Centre Presse. J’ai fait un mois de stage, puis je suis repartie à Londres pour un an. Ils m’ont rappelée pour me proposer un contrat d’alternant. Ils m’ouvraient les portes d’une école spécialisée à Paris, et en même temps, je travaillais sur le terrain. J’avais 20 ans, je n’avais pas fini mes études, j’étais câblée pour faire des études longues. Mais j’ai accepté, j’ai fait deux ans d’étude en alternance avec eux, puis ils m’ont embauchée. Je me suis retrouvée dans le métier, sans l’avoir trop imaginé. Je ne crois pas que j’aurais aimé ce métier si j’avais fait un cursus classique, une école de 5 ans. D’autant plus qu’il y a un truc à Paris, un aspect «&nbsp;hors sol&nbsp;», que je n’aimais pas du tout. Mais j’ai adoré d’apprendre en étant vraiment sur le terrain, en faisant un réseau. Et j’ai adoré le faire en Aveyron. Mais je n’ai pas adoré de grands journalistes, je n’avais pas un rapport fanatique à ce métier, je ne l’ai pas idéalisé non plus. Je l’ai découvert en commençant au CFPJ. J’étais la plus jeune de la promo, j’avais 19 ans, et les autres avaient entre 25 et 32 ans, ils avaient des expériences dans la presse, des masters et compagnie, ils allaient entrer dans la vie active. Alors que pour moi, c’est le début de mes études. Il y avait un décalage, ils avaient une grosse culture métier. J’ai été impressionnée de découvrir ce métier-là, mais je ne l’ai pas aimé à Paris. J’ai adoré faire ce métier en Aveyron. J’ai construit l’attachement pour le territoire. Il y a cette manière de regarder les territoires d’en haut, depuis Paris. Et de Paris, on va te faire l’actualité en province. Je n’avais pas du tout envie de laisser cette place-là aux journalistes parisiens. Moi, je voulais être sur le terrain, le faire en Aveyron et pas de loin.</p>



<p><em>Qu’est-ce qui provoque la rupture qui te pousse à décider de voler de tes propres ailes, après une expérience à Midi Libre Millau&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>C’est vraiment une rupture sociale. C’est la convergence de plein de tendances qui traversent le journalisme. Surtout la défiance. J’ai eu beaucoup de mal à l’accepter alors que tu essaies de faire le métier de la manière la plus honnête, et que tu te retrouves face à des critiques permanentes. C’était au moment des gilets jaunes. Il y avait eu des manifestations dures, on se fait confronter, on se fait insulter sur les réseaux sociaux, ça continue sur nos réseaux sociaux privés. Il y a une grosse pression des lecteurs, dure à gérer. Il y a aussi une grosse pression de la hiérarchie, des groupes, dans un moment où il y a moins de lecteurs, moins d’annonceurs. Il y a une crise économique qui te rappelle tous les jours que tu coûtes trop cher à ton journal. En même temps, ton lecteur te pense manipulée. Alors que le métier, tu l’aimes. Je me sentais prise entre ces deux tendances. Pour moi, la solution était la clef des champs. Il fallait que je m’en sorte. J’avais 25 ans. Je ne voulais pas faire ce métier coûte que coûte. L’idée a été pourquoi ne pas passer par l’indépendance et la pige. Je suis partie à Toulouse, j’ai travaillé à la pige pour différentes rédactions.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="674" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1.jpg" alt="" class="wp-image-8192" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-1-768x518.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Ensuite comment est venue l’idée de te lancer dans le podcast FINTA&nbsp;!&nbsp;? Car même si tu as été formée multi canal, tu étais plus une journaliste de presse écrite, à Centre Presse, puis Midi Libre.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>L’idée est venue d’un magazine, qui avait été lancé par deux étudiants de l’Aveyron. C’était un annuel, ils ne voulaient plus le gérer, ils me l’ont proposé. Je suis partie de Midi Libre avec ce projet dans les cartons. J’ai été dans un incubateur à Toulouse, pour essayer de le monter. Mais au bout de 3-4 mois, je comprends que c’est trop loin de mon métier de journaliste. La partie gestion, montage financier, je n’y comprends rien, cela ne m’intéresse pas trop. Le confinement arrive à ce moment-là. Je me dis que je ne vais pas partir sur un média écrit, qui est cher à produire. Et je convertis tout mon matériau dans l’idée du podcast. Pour plusieurs raisons. Je suis une grosse consommatrice de podcasts. Et dans l’esprit de la défiance envers les journalistes, j’avais des agriculteurs qui m’avaient demandé de lire leurs propos avant de les publier. C’est quelque chose auquel on est habitués avec des politiques, des communicants rôdés à gérer leur image, mais venant d’agriculteurs, cela m’avait travaillé. J’étais repartie en me demandant comment ils accepteraient de témoigner sans avoir peur d’être manipulé. C’était l’idée de donner à entendre les gens sans être un filtre. Une journaliste de presse écrite digère la matière donnée pour la remettre en forme. Cette étape-là est subjective. Alors comment réconcilier toutes ces parties&nbsp;? Je me suis dit que par l’oral, c’était bien. On voit dans les enquêtes d’opinion que c’est un média apprécié car il est proche, authentique, intime. J’ai pensé que c’était un média à aller chercher. Et aussi parce qu’en Aveyron, beaucoup de choses passent par l’oralité. Sur des sujets, on manque parfois d’archives écrites. A la croisée de toutes ces réflexions, j’ai pensé qu’un podcast rural pouvait être un défi. Car le podcast est plutôt un média urbain, consommé en ville par des jeunes. Je l’ai transformé en média de ruralité.</p>



<p><em>Obtiens-tu de bons scores&nbsp;sur tes podcasts&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Je n’ai pas trop d’éléments pour comparer. J’ai environ 1200 à 1500 écoutes par moi. Une fois que j’ai dit ça, je ne sais pas trop ce que ça représente. En moyenne, 600 écoutes par épisode. Cela paraît tout petit. Mais parfois, j’imagine 600 personnes dans une salle en train d’écouter un concert ou autre, je trouve que c’est pas mal. Surtout que le podcast est un média que tu vas chercher, à un moment où tu es disponible. C’est une écoute attentive. Ce n’est pas comme la radio qui traîne en fond dans la cuisine. Ce sont 600 personnes qui choisissent de venir, et qui reviennent ensuite. Je suis plutôt contente.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7.jpg" alt="" class="wp-image-8193" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-7-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /><figcaption>Avec le gantier Olivier Fabre, pour un futur podcast</figcaption></figure></div>



<p><em>Tu as choisi des profils très différents depuis la création de Finta&nbsp;!, avec Cinthia Born, Jérémy Bismuth, Vincent Benoît, Véronique Bras, Sébastien Gache, Stéphane Mazars, Emilie Vialettes. Puis récemment, tu as publié un Hors série, dédié aux «&nbsp;50 ans du Larzac&nbsp;». Ta baseline est «&nbsp;Exporer. Inspirer. S’engager&nbsp;». A travers tes portraits, ta démarche apparaît de positiver sur des gens engagés.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>En fait, j’ai envie de donner envie à des gens de s’engager sur le territoire. De donner des modèles. &nbsp;D’aller chercher des engagements qui habitent l’Aveyron. Pour donner des envies d’engagement, des inspirations. C’est ce qui rythme tous les entretiens. Aller chercher une parole inspirante. Et sur le Larzac, c’est un engagement riche. Il y avait une envie presque pédagogique d’expliquer cette lutte. Je me suis rendue compte que dans ma génération, et encore plus à Rodez où je vis, elle était moins connue. Alors qu’elle est porteuse de réflexion&nbsp;: je pense aux circuits courts, à l’écologie, à l’idée de remettre de la solidarité entre voisins pour se nourrir. Ce sont des problématiques qu’on entend beaucoup aujourd’hui. Pour moi, c’est un discours actuel que le Larzac a contribué à amorcer dans les années 70. Il y a une actualité qui mérite qu’on en parle, ce n’est pas pour aller dépoussiérer de vieux dossiers qui n’ont que peu d’impacts aujourd’hui. C’est d’éclairer aujourd’hui et demain à l’aune de ce passé-là, et montrer l’engagement. Moi, j’ai l’impression d’avoir manqué de modèles en Aveyron. J’ai eu l’impression que pour réussir ma vie, il fallait que je parte de l’Aveyron. Que si tu voulais être dans le coup, dans la tendance, à la pointe des nouvelles technologiques, il fallait être en ville. J’ai l’impression d’avoir grandi avec ça. Mais au-delà de l’exode urbain dont on parle actuellement, il y a déjà plein de gens qui ont fait le choix ici de vivre, de s’engager, et peut-être qu’on ne les connaît pas. Alors qu’il suffit de leur donner la parole pour donner envie à une génération des 20-30 ans, de revenir en Aveyron après leurs études. On m’a trop dit que les gens qui restaient en Aveyron était ceux qui n’avaient pas eu d’autre choix que d’y rester, par manque d’ambition, et qu’ils tombent dans un schéma plan plan.</p>



<p><em>Et toi, tu veux t’inscrire en faux sur cette idée&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Oui. Car je me base sur tous mes reportages sur le terrain pendant 7-8 ans comme journaliste de presse écrite. Tous les gens que je croisais sur le terrain me montraient que cette image était fausse, mais qu’il suffisait peut-être de le dire. C’est un peu la complémentarité entre savoir-faire et faire savoir. En Aveyron, on répète souvent «&nbsp;vivons heureux, vivons cachés&nbsp;». Mais il va peut-être falloir s’exprimer, donner des modèles pour impulser une dynamique commune. C’est peut-être utopiste de dire ça. Mais je veux faire savoir, défricher, pousser des portes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2.jpg" alt="" class="wp-image-8194" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-2-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Tu disais que tu n’aurais pas pu faire ce métier ailleurs qu’en Aveyron. Tu as essayé à Toulouse et ça ne t’a pas plu.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>A Toulouse, c’était essentiellement de la pige, pour Média Cité. De l’investigation locale, politique. J’ai fait très peu de piges à Toulouse, je n’ai pas mon réseau, je n’ai pas trouvé des sujets, et en plus dans une période covid, où la vie fonctionne différemment. Je n’ai rien trouvé dans mon regard d’intéressant à apporter en plus que ce que font les autres journalistes à Toulouse. Alors qu’en Aveyron, il n’y a pas beaucoup de journalistes, et je trouve qu’il y a un terrain de jeu tellement vaste que c’est ici que j’ai envie de m’amuser.</p>



<p><em>Finta n’est pas un média qui te rapporte sur le plan financier pour le moment. Tu travailles en parallèle pour des piges. Pour quels médias&nbsp;? Sur quels thèmes&nbsp;? Est-ce que ça colle parfois avec Finta ou bien est-ce vraiment dissocié ?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>L’idée est d’arriver à trouver des sujets communs. Là, j’ai passé beaucoup de temps sur le Larzac pour Finta. J’ai pensé mon travail de terrain pour Finta, mais il m’a permis de vendre une pige pour le Monde, qui sortira en mai. Essayer de faire se répondre un même travail dans différents médias, je trouve que c’est intéressant. Même si c’est difficile car tu ne parles pas du Larzac en Aveyron, comme tu parles du Larzac aux lecteurs du Monde. Il y a un équilibre à trouver. J’essaie d’utiliser la matière pour différents canaux. Je travaille encore beaucoup pour le groupe Dépêche, pour des suppléments thématiques, agriculture, économie, des portraits d’Aveyronnais expatriés. Pour le Monde occasionnellement, pour des sujets ruraux. Et à Toulouse, Media Cité, et dernièrement sur Street Press pour des procès judiciaires.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="651" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9.jpg" alt="" class="wp-image-8195" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9-300x195.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-9-768x500.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Est-ce que le Podcast, qui est basé sur une interview et un axe positif de la personne, ne trouve-t-il pas la limite de l’absence de contradiction sur la personne car ce n’est pas toujours facile en vis-à-vis de s’opposer&nbsp;? Réfléchis-tu aussi à cet aspect-là&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Oui, car j’ai eu du mal à accepter le côté qui peut paraître un peu gnan-gnan, de «&nbsp;Tu es inspirant, est-ce que je peux venir te poser des questions&nbsp;?&nbsp;» Il y a un côté léger que j’assume à moitié. Il y a des jours où j’assume très bien, et les retours sont plutôt positifs, les gens ont envie d’entendre quelque chose de positif et inspirant. Moi, je ne l’assume pas toujours. Je trouve que ça manque parfois de répartie et de contradiction. Mais je ne n’ai jamais été quelqu’un de rentre-dedans. C’est souvent le cas dans l’interview politique. Si tu vas direct contre la personne, tu n’obtiens rien. Je n’ai pas forcément envie d’être dans la contradiction et de pousser les gens dans leurs retranchements. J’ai beaucoup réfléchi à cette question. J’assume que dans Finta, je vais voir une personne, avec ses limites de personne, pour comprendre comment son environnement affectif a contribué à son engagement. C’est la construction d’un parcours qui m’intéresse, sa vie très personnelle. Et un moyen de s’identifier. Je me suis posée la question pour un épisode sur l’agriculture, je crois, d’arriver avec des chiffres à opposer à mon invité s’il me donne des chiffres différents. Je n’ai pas envie d’aller dans une confrontation de chiffres, un peu énervés, un peu froids. Par contre, je ne veux pas tout laisser passer. Sur Le Larzac, sur la SCTL, c’est un exemple vertueux, qui donne à réfléchir, mais qui est aussi critiqué en interne et en Aveyron. Je ne me suis pas gênée pour poser la question à Solveig Letort sur ces critiques d’un manque de transparence. J’ai donné la possibilité à Solveig de s’exprimer sur les critiques. Ok, j’aurais pu aller bien plus loin mais ce n’est pas mon approche.</p>



<p><em>Tu as eu une reconnaissance rapide de Finta&nbsp;! Avec une présentation dans «&nbsp;Carnets de Voyage&nbsp;», l’émission de France Inter, et «&nbsp;Elles font l’Occitanie&nbsp;», de la région Occitanie après seulement 6 mois de diffusion. Est-ce une satisfaction&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Je suis super contente du retour. Les médias locaux reconnaissent que j’apporte quelque chose d’autre par rapport à ce qui existe. C’est l’idée que je voulais. Je ne voulais pas prendre la place, ou venir en redite à la presse locale. Je voulais apporter autre chose. Moi, avec Finta&nbsp;!, je touche les 25-35 ans, une cible difficile à toucher pour la presse locale. J’ai réussi à prendre une petite place dans l’éco système local. Cela participe de la reconnaissance. J’ai été ravie que France Inter fasse un petit zoom sur moi. Plein de plateformes conseillent des podcasts, et je suis souvent citée pour les territoires ruraux. Cela va bien avec l’ambiance politique globale où il faut redorer les territoires.</p>



<p><em>C’est un média que tu produis seule. Est-ce facile d’être une rédaction à toi toute seule, et d’être isolée&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Je suis partagée. Le collectif me manque souvent. Même si je suis partie de Midi Libre avec presque une horreur du collectif. J’ai besoin d’être indépendante. Mais je me pose surtout la question de la pertinence de choisir, faire et monter des sujets seule. Je n’hésite pas à confronter mes idées. J’ai un ingénieur du son qui me mixe les épisodes, il a un regard intéressant. Il me confronte parfois sur la forme. Et j’ai aussi beaucoup de retours sur les réseaux sociaux, des gens m’écrivent, me donnent des idées, me disent Bof sur tel épisode. Quand j’ai sorti l’épisode sur Stéphane Mazars, on m’a écrit qu’on ne voulait pas voir de la politique sur Finta. Je l’entends. Ces retours-là me font sortir de ma solitude. Mais je suis partagée, car c’est un média personnel aussi. Je me suis demandée si Finta pouvait être un collectif. Mais je ne me vois pas donner le montage à quelqu’un. Par contre, dans la partie réflexion des sujets en amont, j’ai pensé à un petit groupe, qui pourrait faire évoluer Finta. Une petite bulle d’échanges serait sympa.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3.jpg" alt="" class="wp-image-8196" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3.jpg 1000w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-3-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure></div>



<p><em>Tu parles de l’épisode sur Stéphane Mazars. Et finalement cet épisode a provoqué une réorientation, je ne sais pas si elle est provisoire ou définitive, de ta vie. Avec le fait de devenir sa collaboratrice parlementaire. Est-ce une option que tu avais envisagée ou qui s’est improvisée dans ta vie&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Ce n’était pas du tout prévu. Je ne suis pas du tout attirée par la politique politicienne. Quand j’ai sorti l’épisode, Stéphane Mazars m’a demandé de passer le voir, et m’a proposé ce poste de collaborateur parlementaire. Des journalistes qui basculent dans la communication ou politique, on en connaît d’autres, et je n’avais pas du tout envie d’en faire partie. Mais cela a piqué ma curiosité. Je trouve que c’est dans la droite ligne de l’engagement que j’ai envie d’avoir pour le territoire. Avec Finta, il y a un engagement pour la ruralité. Ce que me propose Stéphane Mazars, c’est toute la partie communication, et au-delà, d’être ses yeux sur le territoire. Faire le lien entre son travail de parlementaire à Paris et son travail de terrain en Aveyron. Recevoir les gens qui veulent le voir, préparer les dossiers pour lui, sentir des tendances, des signaux faibles qui traversent le territoire et donc le député a besoin de se saisir. Je trouve que c’est dans la droite ligne de ce que je fais déjà comme journaliste. Le travail de terrain et défricher des sujets, c’est mon métier. L’idée que je mets toute cette matière sur son bureau, et que lui l’utilise pour son travail politique me convient. La politique fait partie de ces thématiques qu’on critique beaucoup. Il y a une défiance à l’encontre des politiques, que je trouve inquiétante. Je n’ai pas envie de me résoudre à cette défiance envers les politiques, les journalistes, les élites. Donc je me suis dis OK. Je ne crois pas que je ferai une carrière politique derrière. Je ne veux pas dire Jamais, car je ne sais pas de quoi demain sera fait. Je suis plutôt à suivre les opportunités, qu’à avoir un plan de carrière. En tout cas, ça m’intéresse de voir la politique de l’intérieur.</p>



<p><em>Sauf erreur, Stphane Mazars avait voté en faveur de la poursuite de l’utilisation des glyphosates. Tes choix de sujets te montrent plutôt engagée sur le plan de l’écologie. Est-ce que ce point pourrait achopper entre vous&nbsp;? L’as-tu questionné sur ça&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>J’ai commencé sur les chapeaux de roue. On n’a pas pris le temps de parler de ces sujets. Il est clair que je ne suis pas militante, pas encartée, et je ne partage pas toutes les idées de la majorité. Je me retrouve avec lui sur les envies un peu progressistes, et d’ancrage sur le territoire. Toutes les idées sur le territoire, on s’y retrouve. Sur les glyphosates, il a un discours plus pédagogique, il n’est pas forcément à l’aise. C’est un compromis entre le terrain, la nécessité de légiférer au niveau national alors qu’il y a des problématiques très aveyronnaises. Les problèmes autour de la PAC arrivent, elle sera bénéfique pour plein d’agriculteurs, mais pour ceux en zone montagne, elle sera catastrophique. Est-ce que ce sont les intérêts nationaux ou de ton territoire qui prennent le dessus dans ces cas-là&nbsp;? Je n’ai pas envie de tomber dans une approche manichéenne de la politique, car je ne maîtrise pas bien tous les sujets. Je n’ai pas envie d’être dans la confrontation. Et je trouve que Stéphane Mazars est dans cette optique-là. Je sais que sur les glyphosates, nous sommes d’accord qu’ils ne sont pas l’avenir de l’agriculture. Moi, je ne me gênerai pas pour lui dire les points où nous ne sommes pas d’accord. D’ailleurs, il l’attend, il me l’a clairement dit. Il ne cherche pas des petits soldats qui exécutent. Nous ne sommes pas ses secrétaires. Nous sommes là pour aller au fond des sujets avec lui. Mais son jeu politique lui appartient.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-1024x685.jpg" alt="" class="wp-image-8198" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-1024x685.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-768x513.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5-1536x1027.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/Lola-Cross-finta-5.jpg 1994w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<p><em>As-tu eu la crainte de l’avenir de Finta en acceptant cette proposition&nbsp;d’une fonction politique, même si tu n’es pas encartée&nbsp;? As-tu réfléchi à la poursuite de ton projet&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Oui. Cela a été clair avec lui, je lui ai demandé si c’était compatible, car il n’était pas question d’arrêter Finta. Je travaille à temps partiel pour lui. Moi, je voulais que ce soit compatible. Mais j’ai un peu peur que les gens pensent que je choisis les invités par rapport à l’action politique de Stéphane Mazars. J’espère que ce ne sera pas le cas. Après, la politique, elle est dans tous les sujets. Si je vais voir un agriculteur, un artisan, il y a toujours quelque chose qui va chercher la politique. Je ne m’interdirai pas de donner la parole à des personnes avec des idées opposées à lui. Là, je vais finir la saison de Finta avec José Bové, et ils ne sont pas en phase. Je ne vais pas m’interdire d’aller voir des gens. Mais je veux aussi être loyale. Il faut que ce soit transparent pour les auditeurs. J’ai encore des piges à paraître en mai. Mais je vais arrêter la pige pendant que je suis attachée parlementaire. Il n’est pas question que j’écrive pour Centre Presse dans cette période. Je veux être transparente</p>



<p><em>D’autant plus qu’il y a une échéance électorale proche avec la campagne des régionales.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Il y a une échéance pour Stéphane Mazars. Mais l’équipe parlementaire n’est pas associée à la campagne. On n’a pas le droit de travailler pour sa campagne.</p>



<p><em>L’expérience prouve que le monde journalistique et politique évolue souvent ensemble, et que beaucoup de journalistes sont passés du côté de la politique. Cela t’avait-il inspirée&nbsp;?</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Non, cela m’avait plutôt fait peur. J’avais plutôt l’image de journalistes en fin de carrière qui trouvent une voie dans des cabinets politiques. Moi, cela ne me faisait pas rêver. Et je pense d’ailleurs que cette proximité participe de cette défiance envers le journaliste et envers le politique. Je ne suis pas super à l’aise d’en faire partie. Mais à la fois, je trouve que le travail est assez proche de celui d’un journaliste en local. Les dossiers traités comme journaliste sont aussi ceux qui sont sur le bureau du député. Je me pose beaucoup de questions sur le métier de journaliste. Est-ce que couvrir la PAC dans les journaux suffit ou est-ce seulement poser des questions sur des choses où on n’a aucune prise&nbsp;? Avec le même dossier auprès du député, je vais peut-être voir ce qui se joue dans les cercles de décision, et pas seulement commenter. J’ai envie de découvrir l’autre aspect. Je suis sûrement naïve. C’est ma curiosité qui m’a amenée là.</p>



<p><em>Et sans doute aussi l’amour de l’Aveyron&nbsp;? Pour lui, comme pour toi, l’envie de montrer que ce département est riche, qu’on y agit.</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>C’est une ligne qu’on a en commun, la plus solide. C’est sûrement ce qui nous rapproche le plus. L’idée de faire avancer le département, d’en être fiers, de lui donner une voix au chapitre. D’incarner une ruralité qui en veut, dans sa spécificité. Je suis attachée à dire que la ruralité n’est pas en retard sur les villes. Elle existe différemment. C’est ce qui me guide. Et Stéphane Mazars est quelqu’un de consensuel, il n’est pas agressif ou clivant.</p>



<p><em>Tu termines chaque podcast par la même question posée à tous tes invités. Je vais donc te poser moi aussi cette question&nbsp;: «&nbsp;En quoi tu crois&nbsp;?&nbsp;»</em></p>



<p><strong>Lola Cros : </strong>Elle est dure, cette question&nbsp;! Moi, je crois à une forme de solidarité, en une échelle humaine pour tout. Je pense qu’à partir du moment où on connaît les gens autour de nous, qu’on sait qui va payer le prix de notre action, de notre choix, c’est aussi valable pour le journaliste qu’on va croiser la personne demain, pour le politique, qui va impacter sur son voisin. Quand on est connectés, cela remet du bon sens, de la solidarité, du respect dans les relations. Le fait de tout libéraliser, de voir qu’on évolue dans un monde immense, fait qu’on n’en vient à plus se soucier de celui qui est à côté de nous. Moi, je crois à plus de connexions pour aller vers plus de vertu. Je suis un peu bisounours. Mais je n’ai pas envie de me changer pour faire croire que je suis un roc. J’ai envie de garder cette naïveté. Je n’ai pas envie de me résigner. Il y a plein de sujets qui me révoltent dans la société, plein de sujets où j’ai envie de m’engager. Même si c’est trop gros. Je crois beaucoup à l’échelon local pour mettre de la vertu, et faire les choses en grand. J’ai souvent l’image d’un puzzle où chacun vit sa vie, et est aussi imbriqué aux autres. C’est une image qui me suit. Je crois en l’échelle locale qui est forcément responsabilisante.</p>



<p>Entretien réalisé par<strong> Odile Baudrier </strong></p>



<p>Photos réalisées par <strong>Gilles Bertrand </strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Flash Back 1988 : Véronique le Guen, dans le tréfonds du Causse Noir</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/04/26/flash-back-1988-veronique-le-guen-dans-le-trefonds-du-causse-noir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Apr 2021 18:32:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Flash Back]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Siffre]]></category>
		<category><![CDATA[Spéléo Club des Causses]]></category>
		<category><![CDATA[Thierry Martin]]></category>
		<category><![CDATA[Véronique le Guen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=8069</guid>

					<description><![CDATA[Il y a plus de trente ans que Millau et le Causse Noir ont servi de cadre à une expérience insolite, l’immersion pendant plus de 100 jours dans le Valat Nègre, de Véronique le Guen. Le Spéléo Club des Causses, et en particulier Thierry Martin, s’était mobilisé pour cet évènement du spécialiste Michel Siffre, tragiquement marqué par la suite par le suicide de la jeune femme.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">FLASH BACK 1988&nbsp;: Véronique le Guen, dans le tréfonds du Causse Noir</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Il y a plus de trente ans que Millau et le Causse Noir ont servi de cadre à une expérience insolite, l’immersion pendant plus de 100 jours au cœur de l’aven du Valat Nègre, de Véronique le Guen, qui réalisait une expérimentation «&nbsp;hors du temps&nbsp;» sous la conduite de Michel Siffre, un scientifique renommé pour de telles recherches. Le Spéléo Club des Causses s’était mobilisé pour la réussite de cet évènement, et Thierry Martin, en particulier, avait été très actif dans ce projet exceptionnel, tragiquement marqué par la suite par le suicide de la jeune femme.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="838" height="596" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1.jpg" alt="" class="wp-image-8070" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1.jpg 838w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1-300x213.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/LE-GUEN-1-768x546.jpg 768w" sizes="(max-width: 838px) 100vw, 838px" /></figure></div>



<p>«&nbsp;Je me rappelle très bien de ce projet. J’avais 19 ans. J’ai arrêté l’école pour participer à cette expérience. La spéléo est ensuite devenue mon métier&nbsp;!&nbsp;». Plus de trente ans plus tard, Thierry Martin n’a rien oublié de l’expérimentation «&nbsp;hors du temps&nbsp;» menée dans l’aven du Valat Nègre. Elle a radicalement modifié le parcours de celui qui est ensuite parti à l’aventure à travers le monde, avant de devenir Moniteur d’Etat de spéléo dès 1993, puis de créer la boutique Horizon, spécialisée dans la spéléologie, le parapente…</p>



<p>En 1988, <strong>Thierry Martin</strong> fait partie des membres actifs du Spéléo Club des Causses, il a débuté cette activité à l’âge de 12 ans. Et il n’hésite pas longtemps à s’engager dans ce projet que Michel Siffre vient proposer au club. &nbsp;Car pour le spéléo en herbe, Michel Siffre a tout d’un véritable mythe : «&nbsp;Je le connaissais par ses expériences. Les premiers livres qui ont amené la spéléo au grand public, c’est Michel Siffre qui les a faits, il y avait de belles photos, de tous les pays du monde. Ils faisaient rêver. C’est quelqu’un qu’il fallait rencontrer.&nbsp;»</p>



<p>Du haut de ses 82 ans, <strong>Michel Siffre</strong>, non plus, n’a rien oublié de cette période. Même si lorsque je lui explique la raison de mon appel, il s’exclame&nbsp;: «&nbsp;Mais cela remonte à 50 ans&nbsp;!&nbsp;» Et il prend tout son temps pour m’expliquer pourquoi il s’est retrouvé à Millau pour sa 10<sup>ème</sup> expérimentation sous terre&nbsp;: «&nbsp;J’habitais alors dans l’Hérault. Je recherchais quelque chose d’assez proche de chez moi. J’ai fait quelques repérages, et le Valat Nègre est apparu très bien sur le plan topographique.&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Veronique_Le_Guen_et_Michel_Siffre-1-1024x1012.jpg" alt="" class="wp-image-8079" width="768" height="759" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Veronique_Le_Guen_et_Michel_Siffre-1-1024x1012.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Veronique_Le_Guen_et_Michel_Siffre-1-300x296.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Veronique_Le_Guen_et_Michel_Siffre-1-768x759.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Veronique_Le_Guen_et_Michel_Siffre-1-1536x1518.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Veronique_Le_Guen_et_Michel_Siffre-1.jpg 1925w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p>Thierry Martin se souvient avoir visité avec lui trois cavités, l’une au-dessus de Creissels, l’Aven Bob, une autre qu’il a oubliée, puis le<strong> Valat Nègre</strong> sur le Causse Noir : «C’était la cavité idéale, un grand puits, un accès plutôt aisé pour descendre du matériel, et à moins 80 mètres, une base à installer pour faire un campement. »</p>



<p>C’est dans ce campement que Véronique Le Guen va s’installer pour une durée de 110 jours, la plus longue jamais effectuée par une femme. Au préalable, un gros travail technique de mise en place du matériel est entrepris par le Club Spéléo des Causses, et une multitude d’intervenants techniques, comme les équipes d’EDF chargées d’électrifier le site, avec la pose de 2 kilomètres de câbles.</p>



<p>L’installation dure deux mois, durant l’été 1988, Thierry Martin fait partie de cette équipe, et ne va plus quitter le Valat Nègre jusqu’au mois de novembre. Le jeune spéléologue a répondu présent à la sollicitation de Michel Siffre, à la recherche de bénévoles chargés de recevoir les appels de Véronique le Guen.</p>



<p>Un trio se forme, avec<strong> Christian Vasseur, </strong>et <strong>Christophe Vaysset</strong>, un autre membre du Spéléo Causses. La mission est lourde, il faut être présent nuit et jour&nbsp;: «&nbsp;On notait tout, ce qu’elle mangeait, ce qu’elle faisait. Il y avait plein de tests à réaliser. On se relayait avec des horaires totalement différents pour éviter qu’elle ait un rythme de vie par notre présence. Même en pleine nuit, il fallait être éveillé. Et bien éveillé&nbsp;!&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-915x1024.jpg" alt="" class="wp-image-8080" width="686" height="768" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-915x1024.jpg 915w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-268x300.jpg 268w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577-768x859.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2577.jpg 924w" sizes="(max-width: 686px) 100vw, 686px" /></figure></div>



<p>Car Michel Siffre mène avec Véronique le Guen une nouvelle étude sur les rythmes humains, dans la lancée de ce qu’il a débuté en 1962, en immersion pendant deux mois dans le gouffre de Scarasson dans le sud est. Ont suivi ensuite les expérimentations avec Antoine Senni en 1964, sous terre pendant 4 mois, Josiane Laures en 1966, pour trois mois, puis une succession à 10 reprises jusqu’à cette année 1988, incluant l’expérience américaine de Michel Siffre en 1972, avec 205 jours au fond d’une grotte au Texas, réalisée grâce à un financement de la<strong> NASA</strong>.</p>



<p>Avec à la clef, des découvertes très inédites, sur la fameuse horloge interne, un concept alors complètement méconnu. En 1962, Michel Siffre constate qu’en l’absence de repères externes, son organisme choisit par lui-même ses horaires de sommeil et veille. En 1964, autre nouveauté inconnue, celle que le rythme humain s’orchestre sur 48 heures, selon l’alternance de 34-36 heures d’éveil et de 12 à 14 heures de sommeil, d’où la conclusion qu’avec 1/3 de sommeil en plus, la durée de l’activité peut doubler. Autant de données très intéressantes dans de nombreux domaines, militaires bien sûr, recherches spatiales, ou encore pour la fixation du timing de la prise de médicaments.</p>



<p>Qu’est-il ressorti de l’immersion de Véronique le Guen au Valat Nègre&nbsp;? Rien de particulier, admet Michel Siffre&nbsp;: «&nbsp;Il n’y a pas eu de découverte. Mais cela n’a pas servi à rien. Les résultats se sont ajoutés aux autres données statistiques.&nbsp;» Car ce sont au total plus de <strong>300 expérimentations </strong>hors du temps qui se sont déroulées à travers le monde, 200 en Allemagne, 70 en ex-URSS, 10 en Grande Bretagne et 10 aux Etats-Unis.</p>



<p>Autant de chiffres qui, pour Michel Siffre, témoignent que de tels protocoles ne sont pas si difficiles à suivre pour les personnes plongées sous terre&nbsp;: «&nbsp;Les gens ne se sont pas plaints. L’isolement n’était pas le problème le plus important. C’était surtout de supporter une sonde rectale H24, d’avoir des électrodes sur les yeux, de subir des tests psychologiques, la prise de tension, la température.&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2576-1024x694.jpg" alt="" class="wp-image-8078" width="768" height="521" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2576-1024x694.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2576-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2576-768x520.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2576-1536x1040.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2576.jpg 1627w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p>Des contraintes évidemment présentées aux candidats à l’expérimentation. Comme le rappelle Michel Siffre, il n’a jamais lancé de recrutement, et ils avaient ainsi été plusieurs volontaires à postuler pour l’expérience&nbsp;du Causse Noir : «&nbsp;Il y avait 3 ou 4 personnes, hommes et femmes.&nbsp;». Véronique le Guen est retenue, au vu de son background dans la plongée spéléo, elle détient notamment le record de plongée en siphon souterrain avec 47 heures d’immersion en Australie.</p>



<p>Malgré tout, son démarrage dans le Valat Nègre fut compliqué, et Thierry Martin&nbsp;peut en témoigner : «&nbsp;Elle a eu des coups de mou au début. Rester dans une cavité à 10 degrés, c’est dur les premiers temps, il faut s’acclimater. Elle ne découvrait pas le milieu, elle était plongeuse spéléo. La cavité où on la mettait, elle pouvait la réaliser sous l’eau sous terre, cela ne l’effrayait pas. Mais là, il y avait l’humidité à 70%, la température 10 degrés, se retrouver seule. Ca ne la gênait pas. C’était un défi sportif. Son mari était habitué aux défis. C’était son expérience à elle, de vivre quelque chose d’exceptionnel.&nbsp;»</p>



<p>Avant cette expérience, Thierry Martin connaît <strong>Francis Le Guen</strong> de réputation, il est un plongeur spéléo de renom, connu pour ses livres, et il anime une émission à la télévision, «&nbsp;Carnets de l’Aventure&nbsp;». Le Millavois fait la connaissance de Véronique par son mari, et le feeling passe très bien&nbsp;: « On a eu une bonne relation quand elle appelait. Si elle avait des choses à dire, je l’écoutais. J’étais un peu le psychologue du groupe. Elle discutait ou pas. C’était elle qui gérait des appels.&nbsp;»</p>



<p>Durant ces 111 jours, une certaine routine se met en place entre la jeune femme, et le trio de veilleurs, supervisé par Michel Siffre. Au cœur du Causse Noir, la tente du camp de base voit un défilé constant de visiteurs. Thierry Martin se rappelle&nbsp;: «Il y avait une bonne équipe. Il y avait un cuisinier. Des scientifiques venaient aussi régulièrement. Beaucoup de monde passait, qui nous aidait. C’était l’esprit bénévoles. C’était magique de participer à ça.&nbsp;»</p>



<p>A mesure que l’expérience avance dans le temps, les curieux deviennent de plus en plus nombreux, jusqu’au final. C’est le <strong>29 novembre,</strong> que le décompte s’interrompt, pour se stopper sur une durée de 111 jours, nouveau record mondial au féminin.</p>



<p>Thierry Martin conserve un souvenir intact de cette ultime phase&nbsp;: «&nbsp;On a annoncé à Véronique la fin de l’expérience par téléphone. On est descendus la rejoindre. On a mis une petite semaine à la remettre en phase avec la vie extérieure, car elle était complètement à l’envers de nous sur les rythmes. Un film a été réalisé en bas par la 5. A la sortie, il y avait beaucoup de monde. Au début, pas grand monde y croyait. Là, il y avait un nombre de journalistes impressionnant.&nbsp;»</p>



<p>Les politiques sont également présents. Le projet a reçu un soutien fort de <strong>Gérard Deruy</strong>, maire de Millau, <strong>Jean Puech</strong> pour le département, qui a participé au financement de l’expérimentation, de même que le Conseil Régional, à travers <strong>Jean-Louis Esperce</strong> et Dominique Baudis.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-1024x703.jpg" alt="" class="wp-image-8081" width="768" height="527" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-1024x703.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-300x206.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-768x527.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2-1536x1055.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2575-2.jpg 1695w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p>Véronique Le Guen est alors propulsée d’une solitude totale vers une multitude de sollicitations, de nombreux médias nationaux. Elle rejoint ensuite l’hôpital de Nice, puis de Lyon, pour différents contrôles, en compagnie de Michel Siffre et de Thierry Martin, avide de poursuivre l’aventure.</p>



<p>Puis viendra le temps du retour à la vie «&nbsp;normale&nbsp;». Les bénévoles du club Spéléo démontent l’ensemble des installations du Valat Nègre, évacuent les déchets pour restituer un lieu parfaitement correct. Thierry Martin retrouve ensuite Véronique et son mari pour quelques sorties spéléos.</p>



<p>Et brutalement, 14 mois plus tard, survient le dramatique suicide de Véronique Le Guen, qui est retrouvée le <strong>18 janvier 1990 </strong>dans sa voiture à Paris, vaincue par une absorption massive de barbituriques. Thierry Martin avoue combien il a été choqué : «Ca nous a perturbés. On était très proches. C’était une amie.&nbsp;» &nbsp;</p>



<p>Cette disparition tragique fait les gros titres de la presse, qui relie ce suicide à l’expérience sous terre de la jeune femme. Avec en filigrane, cette question de savoir si ces trois longs mois ont laissé des traces irréversibles dans le mental de Véronique le Guen, et l’ont fragilisée au point qu’elle bascule dans le néant&nbsp;?</p>



<p>Michel Siffre se refuse à relier ce geste et cette longue et dure période de solitude, et le justifie par des problèmes de couple. Thierry Martin ne souhaite pas s’attarder sur cet épisode tragique, mais veut éluder tout lien&nbsp;: «&nbsp;Je ne pense pas que l’expérience ait eu un déclic là-dessus. Des gens ont une faiblesse dans leur couple. Des choses qui font qu’on en arrive là.&nbsp;Cela nous a surpris. On ne s’y attendait pas du tout, surtout de quelqu’un qui a un caractère comme elle. Mais j’ai du mal à croire que ce soit l’expérience qui ait eu un rôle.&nbsp;»</p>



<p>Pourtant dans le bulletin du Spéléo Club des Causses qui rend compte de cette épopée, <strong>Véronique Le Guen</strong> se montre plutôt vindicative sur cette expérience qu’elle qualifie de «&nbsp;travail de nègre&nbsp;», et elle livre un point de vue offensif&nbsp;: «&nbsp;Le génie Siffre avait une idée du tonnerre&nbsp;: enfermer une femme dans une grotte (même le criminel le plus endurci n’y aurait jamais pensé&nbsp;!) et les magiciens du S.C.C. ont modelé le lieu et les instruments du crime.&nbsp;»</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-1024x704.jpg" alt="" class="wp-image-8083" width="768" height="528" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-1024x704.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-300x206.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574-768x528.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/IMG_2574.jpg 1525w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p>Cette expérimentation marquera l’ultime projet de Michel Siffre, avec des personnes autres que lui. Sans qu’il n’établisse un quelconque lien entre cet arrêt et le drame de cette disparition. Et il évoque plutôt que le champ des découvertes s’était restreint à mesure que les projets s’étaient succédés depuis 1962. Il s’enfermera tout de même plus de deux mois dans la grotte de Clamouse, fin 1999.</p>



<p>Le spéléologue installé maintenant à Nice n’est jamais revenu au <strong>Valat Nègre</strong>. Au contraire, Thierry Martin, qui demeure toujours en contact régulier avec Michel Siffre, s’y immerge très régulièrement. Seul ou avec des clients. Et il avoue l’immense plaisir qu’il ressent à leur faire revivre cette fameuse épopée hors du temps.</p>



<ul class="wp-block-list"><li>Texte&nbsp;: <strong>Odile BAUDRIER</strong></li><li>Photos&nbsp;: D.R. et S.C.C.</li></ul>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Anita Afonso-Pellew, de Millau à Londres</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/04/13/anita-afonso-pellew-de-millau-a-londres/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Odile BAUDRIER]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Apr 2021 09:15:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Templiers]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.liveaveyron.com/?p=7958</guid>

					<description><![CDATA[Au milieu des années 90, Anita Afonso-Pellew a vécu quelques années à Millau, à la faveur de la fonction de Pasteur de son père. Son parcours éclectique l’a ensuite amenée à travers la France, puis à Londres, qu’elle a tout récemment retrouvé, avec toute sa famille. Mais Millau demeure toujours présent dans son cœur.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Anita Afonso-Pellew, de Millau à Londres</h2>



<p class="has-text-align-center"><strong>Au milieu des années 90, Anita Afonso-Pellew a vécu quelques années à Millau, à la faveur de la fonction de Pasteur de son père. Son parcours éclectique l’a ensuite amenée à travers la France, puis à Londres, qu’elle a tout récemment retrouvé, avec toute sa famille. Mais Millau demeure toujours présent dans son cœur. Vingt ans plus tard, elle continue à s’y immerger chaque année comme bénévole pour le Festival des Templiers.</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7960" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-2-768x1024.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-2-225x300.jpg 225w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-2-1152x1536.jpg 1152w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-2.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p><em>O.B. Quand as-tu vécu à Millau et dans quel contexte&nbsp;?</em></p>



<p>A.A. : Je suis arrivée à Millau pour la seconde, et j’ai fait tout mon lycée à Jean Vigo. Ensuite, je suis partie à Rodez pour mes études de STAPS. Jusqu’à la maîtrise, je suis revenue à Millau, voir mes parents, qui ont ensuite quitté la ville. J’étais arrivée à Millau car je suis fille de Pasteur. La fonction exige que le <strong>Pasteur</strong> déménage environ tous les 7 ans. Il a fait 9 ans à Talence, en banlieue de Bordeaux. Puis il a trouvé un poste sur la paroisse de Millau St Affrique. Il y avait d’ailleurs toujours des jeux de mots sur Un africain à Saint Affrique !!</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Que te rappelles-tu de ta découverte de Millau à l’époque&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Pour nous, c’était un sacré changement. On arrivait de la «&nbsp;ville&nbsp;» et ça faisait un peu comme si on retournait à la campagne. Et comme c’était l’année du lycée, où on espérait plutôt voir plus grand… Je me rappelle qu’on avait du mal avec l’accent. Aussi&nbsp;il n’y avait pas beaucoup de personnes d’origine africaine comme nous. Cela nous avait fait une sacrée transition. Mon frère n’avait pas aimé, il était reparti de suite sur Bordeaux. Au-delà de ça, c’est une jolie petite ville. Et moi, je m’adapte facilement. Je faisais du tennis, du violon, toutes les activités d’avant.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Le fait d’être parmi les rares Africains, cela t’a-t-il gênée&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Je ne l’ai jamais tellement ressenti. Je n’ai jamais eu de mal à m’intégrer, à me faire des amis. Et puis, dans mon cas, c’est un peu particulier. Un pasteur quand il arrive dans une nouvelle ville, en fait, il se retrouve au centre d’une communauté. Il y a un côté où les gens sont bienveillants, ils sont contents qu’on arrive. Le fait d’être dans cette bulle créée par le métier de mon père, on n’a jamais senti comme si on n’était pas les bienvenus. Au contraire. Tous mes déménagements se sont toujours bien passés. Pour moi, déménager a toujours été positif. On arrive dans une communauté où les gens sont contents. Je ne l’ai jamais vécu de manière négative ou comme un problème. C’était pareil à Bordeaux. On était la seule petite famille africaine, et ça se passait très bien.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Cela t’a bien préparée pour la suite, puisque tu as pas mal bougé ensuite dans ta vie.</em></p>



<p>A.A : Après Millau, je suis partie à Rodez pour mes études, puis à Toulouse pour mon DEUG. Ensuite je voulais faire une maîtrise, dans l’événementiel sportif. J’avais envie de faire la meilleure maîtrise possible pour avoir la meilleure ligne possible sur mon CV. J’ai vu un super maître de conférences à Paris, M. Desbordes. Je suis partie à <strong>Orsay</strong>. Et ensuite un master à Marseille en école de commerce. J’ai un peu traversé la France.</p>



<p><em>O. B.&nbsp;: Et toujours avec la même capacité d’adaptation&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Toujours. Ce n’est jamais un frein pour moi de partir ailleurs. Au contraire. C’est m’ouvrir à des opportunités. Cela veut dire que je vais rencontrer de nouvelles personnes. Il va falloir m’adapter à un nouveau cadre. C’est quelque chose que j’ai toujours aimé faire et qui ne m’a jamais freinée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-4-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7965" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-4-768x1024.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-4-225x300.jpg 225w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-4-1152x1536.jpg 1152w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/anita-4.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p><em>O.B.&nbsp;: Le hasard a fait que tu as effectué un nouveau séjour à Millau, professionnel cette fois.</em></p>



<p>A.A. : Oui, pendant mon master de Marseille, j’ai cherché un stage, et j’ai voulu le faire avec Evasion Sport, pour l’organisation des Templiers et Aubrac. Ce sont de gros évènements, avec une portée internationale. Cela a été une super opportunité, qui m’a énormément appris. Après le stage, j’ai fait quelques mois en contrat de travail. Et à ce moment-là, j’ai été appelée à Paris pour un entretien pour la <strong>Coupe du Monde de Rugby de 2007.</strong> J’ai eu un poste sur Bordeaux. J’étais assistante ressources humaines et chargée de mission pour les volontaires. Ma mission principale était de recruter les 600 bénévoles pour les 4 matchs. Et aussi gérer la partie ressources humaines du site de Bordeaux, le recrutement des assistants, des différents salariés.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Cela a été une très belle expérience</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Oui, très belle. C’était autre chose, car sur un évènement comme les Templiers, comme c’est un plus «&nbsp;petit&nbsp;» évènement entre guillemets, on est amenés à voir l’évènement dans sa globalité, à toucher à tout. Alors que sur la Coupe du Monde de rugby, le poste est centré sur une mission précise. Et au-delà de soi, il y a une équipe immense de centaines de gens qui travaillent sur d’autres missions, comme le service aux équipes, le service du tournoi… On sent qu’on travaille pour un évènement gigantesque. Il y a beaucoup de pression. Et beaucoup d’émotions. C’est ce que j’aime.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: On te retrouve ensuite en Angleterre.</em></p>



<p>A.A. : Après la Coupe du monde de Rugby, j’ai voulu avoir un anglais parfait car je voulais vraiment travailler dans l’évènementiel sportif international. J’ai hésité entre les Etats-Unis et Londres. J’ai appelé ma famille à Londres qui pouvait m’héberger pendant 2 ou 3 semaines. J’ai cherché le maximum d’entretiens avant de partir. J’ai obtenu deux entretiens. Un dans une boîte qui vendait des tickets dans le sport, et un autre chez Nike, pour être vendeuse dans le gros magasin <strong>Nike</strong> d’Oxford Circus. Je m’étais dit aussi que même s’il fallait travailler dans une crêperie ou autre, ce n’était pas grave, que l’important était d’améliorer mon anglais. Et puis cet entretien chez Nike, au lendemain de mon arrivée, s’est très bien passé. On m’a proposée un poste au-delà de ce que j’espérais. Celui de manager pour le foot, et au vu de mon expérience sur la Coupe du Monde de rugby, d’assister sur l’organisation d’évènements du magasin. Par exemple, si on sortait un nouveau maillot de foot pour l’équipe Arsenal, il fallait organiser pour faire venir les joueurs. On m’a aussi demandé de m’impliquer sur le recrutement de l’équipe. J’étais Team Leader, il fallait embaucher les vendeurs, je participais aux entretiens. Ca a été une super expérience de travailler chez Nike pendant un an. Pour moi, super passionnée de sports, c’était LA marque de référence. Mais surtout, c’est une mentalité intéressante par rapport à la France. C’est vraiment porté sur l’esprit d’équipe, il y a la notion qu’on « appartient » à la marque. Le matin, avant de démarrer, on fait des cris de guerre. C’est très américain. Quand on est française, c’est bizarre, mais cela motive les équipes. C’est vraiment intéressant.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-07-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7962" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-07-768x1023.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-07-225x300.jpg 225w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-07-1153x1536.jpg 1153w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-07.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p><em>O.B.&nbsp;: Après, tu es partie sur une expérience très différente, celle de Park Run, qui a duré 5-6 ans. Cet évènement a proliféré en Angleterre et dans tous les pays anglo-saxons. Et tu as ensuite tenté de l’importer en France.</em></p>



<p>A.A. : On m’a parlé de Park Run quand j’étais chez Nike. Le responsable marketing de l’époque travaillait sur le foot et le running. Il connaissait mon CV, que j’avais une expérience dans l’événementiel. Il m’a dit qu’il avait signé avec Park Run. Il m’explique que c’est un gars qui fait courir les gens tous les samedis matins dans les parcs à Londres, gratuitement. Il savait qu’il voulait recruter pour développer en Angleterre. Sur le moment, je n’ai pas trop compris de quoi il me parlait. Ce n’est pas vraiment un évènement, c’est plus convivial, ce sont des gens qui se réunissent. Il a fait passer mon CV à Paul, le créateur de Park Run. Il m’a dit Ton CV est intéressant, viens à un Park Run samedi matin, et on fera l’entretien après. Je me suis retrouvée à <strong>Wimbledon,</strong> un samedi matin à 9 heures, et il y avait plein de monde. Quelqu’un a dit « Allez tout le monde, on fait un parcours de 5 km. 1.2.3 Partez ». Et je me suis retrouvée à faire mes 5 km au milieu de plein de gens, des familles, des parents avec des poussettes, des gens avec des chiens. J’ai suivi le groupe. A la fin, j’ai retrouvé Paul. Je venais de faire mon premier Park Run, je n’avais eu besoin de rien, pas de m’inscrire, pas de dossard, pas de balisage. Il y avait juste de la farine par terre ! On s’est vus au café, j’ai eu mon entretien. Il y avait alors 6 Park Run au Royaume Uni. Il m’a dit qu’il voulait que ça se développe partout en Angleterre. Puis on a parlé des bénévoles, j’avais cette expérience sur les Templiers et sur la Coupe du Monde de Rugby. Car l’idée d’un Park Run est que ça n’est géré que par des bénévoles, et la communauté locale. J’ai été recrutée pour développer Park Run au Royaume Uni.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Et ce projet est devenu une sucess story.</em></p>



<p>A.A. : Absolument. Au début, en 2009, il y avait 5 Park Run, et quand j’ai quitté, en 2015, il y en avait plus de 200 au Royaume Uni. C’était devenu un phénomène incroyable. Aujourd’hui, c’est dans 22 pays dans le monde, il y a 2000 Park Run. Moi, du jour au lendemain, je me retrouve à voyager dans tout le pays, en Ecosse, au Pays de Galles, partout, pour aller dans les mairies, rencontrer des gens pour expliquer <strong>Park Run</strong>. Que c’est positif pour eux car ça crée des communautés, de la cohésion, et que c’est bon pour la santé des gens. C’est une super porte d’entrée, et ça permet d’avoir plus de gens dans les clubs, dans les salles de sport. Cela aide les gens à être en bonne santé, car en Angleterre, l’obésité est tout de même plus importante qu’en France.</p>



<p><em>O.B&nbsp;: En fait, en France, tu n’as pas réussi à vraiment implanter le concept malgré toute l’énergie déployée&nbsp;?</em></p>



<p>A.A. : En France, cela a été plus compliqué. La mentalité est différente. Il a fallu adapter le concept aux lois françaises, qui ne sont pas du tout pareilles en termes d’organisation du sport. Il y avait le problème du certificat médical obligatoire en France, au contraire de l’Angleterre. Aussi, après le succès de l’Angleterre, deux pays l’ont lancé en même temps, la France et l’Italie. Il n’y avait pas vraiment de stratégie de lancement, et l’idée était de démarrer très progressivement. Ensuite, pour d’autre pays, la technique a été de lancer 15 Park Run en même temps dans 15 villes, avec une grosse communication. Pour moi, personnellement, j’ai eu de belles expériences. Comme avec la <strong>Mairie de Paris</strong>, où ils étaient super motivés. On en a lancé 3 en Ile de France. Mais je sentais que j’étais arrivée au bout de quelque chose car c’était beaucoup de temps. Mais c’était une belle expérience de partir de zéro et de lancer dans un nouveau pays. Cela n’a pas été le succès voulu, mais au final, avec les 8 Park Run lancés en France, on a des belles histoires de vie de personnes qui nous disent que ça m’a changé la vie. Je pense qu’il y a un potentiel.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Même si Park Run est actuellement perturbé par le COVID.</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Il s’est complètement arrêté depuis mars 2020, et il n’y a que deux pays qui ont repris les Park Run, l’Australie et la Nouvelle Zélande. En Angleterre, le concept Park Run junior développé sur 2 km reprend le 12 avril. Et pour le 5 km, c’est encore en stand by.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-08-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-7963" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-08-768x1024.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-08-225x300.jpg 225w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-08-1152x1536.jpg 1152w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/PHOTO-2021-04-06-14-43-08.jpg 1200w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure></div>



<p><em>O.B.&nbsp;: Après cet épisode Park Run, tu es ensuite revenue vivre en France, et tu t’es orientée vers un travail plus administratif dans une Communauté de Communes près de Bordeaux.</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Oui, mais j’ai d’abord eu l’expérience ratée de la Ligue d’athlétisme de l’Aquitaine. Cela a été une expérience manquée. Derrière, j’ai trouvé un travail dans une Communauté de Communes dans le domaine événementiel. Mon premier poste dans le public.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Là, c’est un virage complet.</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Oui, virage complet. J’y vais pas à reculons, j’avais envie de travailler, je me suis dit qu’une expérience dans le public peut me servir, pour peut-être plus tard m’investir dans le sport dans une mairie ou une collectivité. Au final, je me suis rendue compte que le sport me manquait. Mais c’était une collectivité très portée sur l’environnement, le zéro déchet, les projets d’initiative publique respectueux de la nature. C’était très intéressant de travailler dans une collectivité où il y a un engagement fort. Mais je ne me voyais pas rester là-bas éternellement.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Qu’est-ce qui a motivé le retour à Londres&nbsp;?</em></p>



<p>A.A. : J’ai deux filles de 5 et 8 ans. Notre vie dans un village du sud-ouest de la France, près de Bordeaux, était particulière puisque mon mari avait conservé son emploi à<strong> Londres,</strong> et faisait donc des allers et retours permanents. C’était devenu plus compliqué pour les filles en grandissant. J’ai trouvé qu’il fallait qu’on se pose tous les quatre à un endroit précis. Alex avait son emploi à Londres. il ne pouvait pas se projeter professionnellement sur Bordeaux, et la seule possibilité aurait été Paris. On a préféré Londres, car les filles sont déjà bien bilingues, ça ne fera que les aider pour le bilinguisme. Il a eu une opportunité professionnelle au même moment. On a inscrit les filles à l’école française, car on pense rester quelques années. Londres reste une capitale, et ce n’est pas l’idéal pour élever nos filles dans le long terme. On se projette sur 2-3 ans, on pense revenir ensuite et les filles reprendront là où elles se sont arrêtées en France. En mai du confinement, on a obtenu une place à l’école française. On a dit, on vend la maison et on part.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: L’adaptation s’est bien faite pour toute la famille&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Oui, très bien comme d’habitude. Alex appréhendait beaucoup pour les filles car ça change leur vie. Moi, j’ai vécu une vie où j’ai toujours déménagé. J’en reviens à mon enfance, et comment j’ai grandi. Pour moi, déménager est une chance, c’est super. J’ai transmis toute cette positivité et cette excitation aux filles, et à Alex. Elles étaient ravies. Ca s’est super bien passé. Nouveaux copains, nouvelle vie, nouveau cadre. Tout est nouveau. Mais elles connaissaient déjà bien Londres, on venait souvent. On a de la famille ici, leur grand-mère, leur tante. On a des amis.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Et toi, tu te prépares à retrouver un nouvel environnement professionnel&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Par rapport au déménagement, c’était important que je me focalise sur la famille. J’avais prévu que jusqu’à début 2021, je sois là pour que les filles s’adaptent bien à leur nouvelle vie. Et maintenant que je commence plus à penser à moi, je me projette plus dans le sport. Il y a de gros évènements qui arrivent à Londres, l’Euro de foot dans quelques mois, avec les phases finales, et l’année prochaine, l’Euro féminines. Pourquoi pas&nbsp;? Mais je reste une maman, je n’ai pas envie de trop bouger.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Tu reviens souvent vers le foot, qui était ton sport. Tu le pratiquais d’ailleurs quand tu étais à Millau.</em></p>



<p>A.A. : En fait, j’ai commencé le foot à Creissels. Puis j’en ai fait à la Fac, en STAPS à Rodez. En arrivant à Londres, la première fois, je me suis inscrite au club local, <strong>Queens Park Rangers</strong>. Le foot féminin est beaucoup plus développé en Angleterre qu’en France. C’était un super club. J’ai progressé, je suis arrivée au niveau de l’équipe première, j’ai joué en semi- professionnelle. Ca a été une super expérience. Les hommes étaient en deuxième division, il y avait beaucoup de moyens, de gros investisseurs.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: C’est un beau parcours, du club de Creissels à semi-pro en Angleterre&nbsp;!</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: C’est ma petite fierté. L’année dernière, des garçons avaient dit à ma fille qu’elle ne pouvait pas jouer au foot, car c’était pas pour les filles. Je lui avais donné une photo de moi au foot.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Anita-Templiers-2-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-7964"/></figure></div>



<p><em>O.B.&nbsp;: Quelles relations entretiens-tu avec Millau maintenant&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: J’ai tissé plein de liens d’amitié à Millau. Le coin est magnifique. On revient chaque année pour les Templiers. Pendant une longue période, je n’ai raté aucun Templiers. Je revenais pour être bénévole, soit de Paris, de Marseille, de Londres. Je retrouvais aussi Sara, une amie connue à Millau. J’ai amené Alex de suite, et après, on est venus avec les filles. Eva dans le porte-bébé, elle avait 3 mois. J’ai aussi amené des amis de Londres, passionnés de course à pied. J’ai même amené Paul, le créateur de Park Run, il est venu deux fois, aussi avec des amis. Lui aussi, il adore. J’ai aussi couru plusieurs fois, la Templière, la Monna Lisa. Surtout au-delà de la course à pied, c’est un endroit où on aime se retrouver. On passe une semaine, on déconnecte. C’est un cadre tellement beau et sympa.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Tu mentionnes Sara (Tuoni), qui est ton amie depuis le lycée à Millau.</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Sara, c’est comme ma sœur. Elle a été témoin à mon mariage. On s’est connues à Millau, au lycée. Elle faisait partie d’une association créée par mon père pour aider les enfants victimes des mines anti-personnelles en Angola. On était plusieurs lycéens dans l’association. On allait vendre des gâteaux à la sortie de l’église ou du temple pour avoir un peu d’argent. Sara faisait partie de cette association. Elle est toujours motivée, impliquée. Les liens se sont resserrés. On était en S ensemble. On a fait STAPS ensemble, elle est partie en éducation motricité et moi en management. On est toujours restées très proches, même si on était loin. Et on se retrouvait aussi à chaque fois bénévole aux Templiers. On se retrouvait une semaine ensemble, on échangeait sur nos vies. On prenait plaisir à aider sur les Templiers. Chaque année, c’était devenu notre moment.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Tes parents étaient originaires de l’Angola, et tu as ensuite souhaité y retourner comme un retour aux sources.</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Oui, j’y suis retournée en 2010. Mes deux parents sont originaires d’Angola. Ils sont partis à cause de la guerre civile, pour habiter en République Démocratique du Congo, ex-Zaïre. Quand on était retournés avec eux en Afrique, on était allés au Zaïre. Moi, j’ai pu retourner en Angola, en 2010, l’année où ils organisaient la Coupe d’Afrique des nations en foot. J’en ai profité pour voir des matchs. Pour moi, c’était vraiment un retour aux sources. C’était très bizarre, je ne parlais pas la langue, le Portugais, ou le kicongo. Je ne me sentais pas légitime, je me sentais trop française. J’ai pu rencontrer ma famille, revoir ma grand-mère que je n’avais pas vu depuis longtemps, leur présenter Alex. On a été accueillis avec tellement de bienveillance et d’amour. Cela a été une expérience extraordinaire.</p>



<p><em>O. B.&nbsp;: C’était nécessaire dans ton parcours de vie.</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: Oh oui. Cela a changé beaucoup de choses. Même si mon père et ma mère avaient pris le temps de nous raconter. On connaît leur histoire. Mais de le vivre, de pouvoir marcher dans le village de son père, dans la campagne. Embrasser ses oncles, sa grand-mère. Voir l’école où il a grandi. C’était vraiment important pour moi.</p>



<p><em>O.B.&nbsp;: Comment se déroule l’épisode COVID pour vous maintenant en Angleterre&nbsp;?</em></p>



<p>A.A.&nbsp;: C’est assez marrant car quand l’épisode COVID a commencé, en mars 2020, on était en France. On a toujours le regard sur les deux pays. On avait Macron qui prenait les décisions, le confinement. Et Johnson, lui, ne voulait pas confiner, il attendait l’immunité collective. Quand on est arrivés en août, c’était mieux géré. Boris Johnson avait été tellement critiqué, il a pris les choses en mains. Il a pris la décision du confinement en décembre. Là, fin mars, on est sorti du tunnel. La vaccination a été très forte. On est maintenant à 50% de la population. Depuis hier, les magasins rouvrent après plus de 4 mois de fermetures. C’était vraiment un confinement strict, une seule sortie par jour. Mais avec les filles, on a fait des choses qu’on ne faisait pas avant. On a fait beaucoup de sorties dans les parcs. On a pris un abonnement à Kew Gardens, le jardin botanique, qui est vraiment extraordinaire. Et finalement, ce n’était pas désagréable&nbsp;!</p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Odile Baudrier</strong></p>



<p>Photos&nbsp;: Anita Afonso</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
