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	<title>Gilles BERTRAND &#8211; Live Aveyron</title>
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	<description>Le quotidien des Aveyronnais</description>
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	<title>Gilles BERTRAND &#8211; Live Aveyron</title>
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		<title>Hervé Seitz, la biologie sans bornes, la course cent bornes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Sep 2021 15:03:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 25 septembre 2021, Hervé Seitz aurait été au départ des 100 km de Millau pour la 12ème fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: center;"><strong><br /><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8463" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-3-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></h2>
<h2 style="text-align: center;"><span style="color: #a6690d;"><strong>HERVE S</strong><strong>EITZ, LA BIOLOGIE SANS BORNES, LA COURSE CENT BORNES</strong></span></h2>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #c47b0c;"><strong>Le samedi 25 septembre 2021, Hervé Seitz se serait présenté au départ des 100 km de Millau pour la 12<sup>ème</sup> fois auréolé d’un palmarès exceptionnel avec 2 secondes places et 4 victoires. Ce biologiste de renom, chef de laboratoire au CNRS à Montpellier, s’est distingué l’an passé en pleine crise Covid, en dénonçant dès le 26 mars les fraudes statistiques constatées dans les études menées par le professeur Raoult. Dans cet entretien, ce chercheur émérite s’explique sur cette démarche de vérité et sur son amour pour les 100 km de Millau.</strong></span></p>
<p> </p>
<p>Habituellement, le trajet Millau &#8211; Montpellier ne dure que 1h15. En ce mardi matin, il était donné pour 1h 45. Et pour une fois, je n&#8217;allais pas râler et trépigner, les mains crispées sur le volant sur ces inévitables bouchons asphyxiant les abords de Juvignac.</p>
<p>Cela me laisserait le temps de réviser cette petite fiche de bristol à portée de mains, collée sur l’écran de la radio, un œil sur la route, parfois le regard porté loin sur le St-Guiral se découpant dans la brume.</p>
<p>De ma plus belle écriture j&#8217;avais noté la définition du génome, de l&#8217;ARN, de la micro ARN, de l’acide nucléique…Les raisons d’un tel bachotage express, version la génétique pour les nuls, j&#8217;avais rendez-vous avec Hervé Seitz, biologiste émérite, chercheur spécialiste sur la micro-ARN et chef de laboratoire au CNRS de Montpellier mais pas que, également coureur de 100 kilomètres, connu dans la sphère ultra pour avoir remporté à quatre reprises l’épreuve iconique millavoise.  </p>
<p>Je l&#8217;avoue, même avec la meilleure volonté du monde, en me garant aux portes de la guérite marquant l&#8217;entrée de ce Centre National de Recherche Scientifique, je nageais encore en eaux troubles dans ces structures tridimensionnelles et le « plasma » de l&#8217;infiniment petit, grand ordonnancier et gouverneur du monde vivant.  J&#8217;ai présenté mon pass sanitaire, le QR code validant mon autorisation à pénétrer dans ces lieux sensibles et mon passeport, la barrière s&#8217;est levée, je suis rentré.</p>
<p>J’ai poussé la porte de l’entrée principale, j’ai descendu quelques marches, j’ai suivi les flèches « HERVE SEITZ, impact systémique des petits ARN régulateurs ».  Je n’ai pas eu de mal à trouver la pièce 506, à droite, d’un long couloir sombre. Sur la porte d’entrée, deux blouses blanches pendues, scotchée, l’annonce d’une conférence programmée symboliquement le 11 septembre, date anniversaire de l’attentat des Twin Towers à New York  « Epidémies, catastrophes, peurs, le terreau des sectes et des charlatans de la santé » et puis cette Une du Journal de Millau reconstituée « Hervé Seitz la déchéance ».</p>
<p>J’étais en avance, j’ai attendu en lisant sur un panneau d’affichage des bouts de BD découpés et punaisés. Sur l’une d’entre elles, Dieu se grattant la tête, un ange battant des ailes l’interpellant « ils ont découvert le génome humain », Dieu très perplexe de répondre « salops de hackers, il va falloir que je change le mot de passe ».</p>
<p>Hervé Seitz est arrivé, cinq minutes de retard, ce n’est rien. Il s’est excusé en garant dans la partie labo son demi-course au cadre rouge, marque Véran, nom de notre ministre de la santé…ça ne s’invente pas, comme un clin d’œil appuyé. Cheveux bouclés en bataille, barbe de deux jours, short long jusqu’aux genoux, jambes bronzées et musclées, tee-shirt des 100 km de Millau sur les épaules, pas vraiment le plus sexy, mais ce n’est plus à démontrer, au diable les convenances, l’habit ne fait pas le coureur, ni le chercheur, ni le patron d’un labo au CNRS, ni le pourfendeur des fraudeurs sur Youtube en pleine crise Covid, ni l’ancienne grosse tête de l’Ecole Normale Supérieure. Il raconte ce souvenir « l’ENS, j’y suis rentré en 1997. Ce fut l’un des évènements les plus heureux de ma vie. Là, j’ai les yeux qui se mouillent rien que d‘en parler. C’est un endroit, tu as moitié de scientifiques et l’autre moitié des littéraires dans chaque promotion. C’est l’endroit qui te sélectionne et qui met ensemble tous les asociaux, tous les intellos à lunettes comme j’avais l’impression d’avoir été ».</p>
<p>« On visite ? », pas d’entrée en matière, un franc-parler bien marqué avec un sourire de gamin juvénile sur les lèvres pour ce jeune quadra au verbe facile, au débit chute du Niagara. A la seconde porte ouverte sur une réserve de pipettes et d’éprouvettes, je savais déjà tout sur les difficultés à trouver des financements « là, je viens de trouver 500 000 euros sur 4 ans auprès de l’ANR », embrayant direct sur la mise en commun des équipements, le chercheur d’expliquer « On ne travaille plus comme les érudits du 17<sup>ème</sup> siècle, où chacun dans son château fait ses observations astronomiques avec son propre télescope. Là, on peut avoir un super télescope que tu partages. Pour notre science qui est une science expérimentale, l’important, ce sont les échanges humains. Tes collègues peuvent avoir une idée que toi tu n’as jamais eu même s’il s’agit de ton sujet de recherche depuis des années. Ils peuvent poser la question que tu ne t’es jamais posée et vice-versa. C’est de la confrontation des cerveaux que naît parfois la vérité ».</p>
<p>Puis, nous sommes allés saluer Sophie, au fond d’un petit bureau, le nez sur son écran à rédiger sa thèse. Bientôt, elle volera de ses propres ailes comme le jeune Hervé lorsqu’il s’envole pour les Etats Unis, quatre ans durant, avant d’être recruté par le CNRS pour monter son propre laboratoire.</p>
<p>Nous étions dans le couloir adjacent, un « éméritat » de passer à nos côtés, Hervé Seitz m’expliquant à brûle-pourpoint, qui sont ces chercheurs retraités autorisés à hanter les labos du CNRS. En deux couloirs et trois portes ouvertes, j’étais déjà bombardé d’informations, j’ai levé le nez de mon cahier noirci d’une écriture hiéroglyphe que j’étais bien incapable de relire. J’ai osé « Hervé, je pense que nous allons nous assoir pour mener l’entretien car, là, c’est comme si je devais te suivre sur 100 km. Je ne tiens pas le rythme ». Nous avons quitté le bâtiment, nous nous sommes assis près du parking, face à face, chacun les deux coudes sur une table en bois. Yeux dans les yeux, j’étais enfin à armes égales pour suivre la pensée vive de ce chercheur à la fois émotif mais explicite, un brin libertaire m’embarquant sur cette grande scène imaginaire où un chef d’orchestre à la baguette allume et éteint des gènes dans tout le génome comme on appuie bêtement sur un interrupteur pour ne pas descendre les escaliers dans le noir.</p>
<p>Un petit vent frissonnant s’invitait dans notre conversation. Je souhaitais revenir à ce 26 mars 2020, lorsque Hervé Seitz sortait de sa coquille, tel le bernard-l’hermite, pour croquer à vif le professeur Raoult. L’entretien pouvait débuter.</p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8461" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg" alt="" width="2048" height="1352" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1024x676.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-1-1536x1014.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p><strong>. G.B. : En mars 2020, en pleine crise Covid, le biologiste que tu es, se fait connaître en rentrant dans le débat public en intervenant sur la plate-forme Youtube pour dénoncer ce que tu estimais être une fraude commise dans une étude menée par le professeur Raoult. Etait-ce un besoin de rétablir la vérité ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Là, la course à pied a joué un rôle très actif dans ce processus. Car mes collègues coureurs non seulement m’ont posé des questions mais surtout, ils n’ont pas voulu entendre les réponses. Nous sommes au début du premier confinement, dans un état de sidération et arrive un héros qui annonce « cette maladie respiratoire, c’est la plus facile du monde à soigner ». Ce héros, c’est le docteur Raoult, le professeur Raoult qui acquière très rapidement le titre de héros national et mondial en disant « on va vous soigner, on va vous sauver ».</p>
<p>Il se trouve que je suis toujours en contact avec des copains de Normale Sup. Un jour, nous discutions de l’actualité et on en vient à parler de cela et un de mes copains, chimiste, me dit « moi, mon petit frère qui est biologiste a fait son stage dans ce labo-là. Ce gars-là, c’est un tyran qui a son idée arrêtée sur ce que doit être le résultat. Et pour être étudiant dans son labo, tu as intérêt à avoir le résultat que le chef attend ». Et ça, c’est la porte ouverte à toutes les fraudes. C’est souvent comme cela que se passent les fraudes scientifiques et c’est plus fréquent que ce que le grand public peut penser. Et là où c’est très insidieux, c’est quand le chef a son idée de ce que doit être le résultat alors que c’est l’étudiant qui fait l’expérience. Et si la fraude est découverte, qui est coupable ? C’est l’étudiant qui prend les coups et qui est vite dégagé avec pertes et fracas, sa carrière scientifique terminée et le chef qui dit « j’ai été abusé par cet étudiant ». C’est un comportement très dangereux.</p>
<p><strong>G.B. : On sent que la curiosité du scientifique est piquée à vif. Ce qui explique sans doute ce désir d’en savoir plus sur les études réalisées dans le laboratoire du professeur Raoult ?</strong></p>
<p><strong>. H. S. :</strong> J’ai donc lu l’article en utilisant mon expertise en biologie. C’était de la médecine et des données statistiques, du jargon que je comprenais. Et là, je m’aperçois, mais je n’étais pas le premier à le signaler qu’il y avait une fraude statistique. Ils avaient exclu de leurs statistiques les patients traités à l’hydroxychloroquine pour qui cela c’était mal terminé. Alors évidemment, si tu élimines les décès de la cohorte et que tu gardes uniquement ceux pour qui cela se passe bien et qu’ensuite tu fais tes statistiques en concluant « regardez, ça s’est bien passé », mais c’est malhonnête. Et cela se voit dans l’article. Mais au moins il faut leur reconnaître qu’ils ont eu dans leur malhonnêteté, l’honnêteté de mettre les vraies données mais si tu sais lire la science, les données, tu te rends compte qu’ils avaient menti dans leurs analyses statistiques et dans leurs conclusions.</p>
<p><strong>. G.B. : Comment naît alors le besoin de communiquer pour dénoncer ce que tu estimes être une fraude ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Mon seul accès au grand public était Facebook. Je poste donc un message pour expliquer que le traitement du Professeur Raoult ne marche pas et qu’il ne va pas vous sauver. De plus, c’est un traitement qui n’est pas anodin donc prudence. Sur ma page, j’ai des amis scientifiques et des amis coureurs pour mon environnement loisir. Les scientifiques ont tous été plus ou moins d’accord avec moi, il n’y a pas eu trop de discussions. Mais chez les coureurs à pied, c’est l’autre moitié de ma vie, j’entendais « tu as tort de dire cela. Oui, ils n’ont pas fait cela dans les règles de l’art mais ils n’ont pas eu le temps. Ils n’ont pas fait comme vous les scientifiques vous l’entendez mais là c’est la médecine de guerre, c’est l’urgence et ils sauvent des vies, donc fermez votre gueule ». C’était l’état d’esprit de l’époque</p>
<p><strong>. G.B. : Comment as-tu répondu pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je me souviens avoir engagé une discussion avec un bon copain qui est Ludovic Dilmi. Il a eu un rôle moteur dans cette histoire. Il m’a battu aux 100 km de Millau en 2013 et je l’ai battu à mon tour aux 100 km de Belvès en 2016. Le mercredi 25 mars, je me couche en me disant, ça m’embête, Ludo c’est un copain, je lui explique mais en retour, il me poste une énième vidéo racontant des choses que je venais de démentir par écrit. Des vidéos réalisées par un youtuber, Idriss Aberkane, connu dans le milieu de la fake science. Il en a fait son métier, il raconte beaucoup de bêtises mais ça sonne bien aux oreilles du grand public. Et le 26 mars, lorsque je me réveille, je dis à ma femme « je vais faire une vidéo car tout ce que je dis est juste inaudible car c’est écrit ».</p>
<p> </p>
<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8467" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-7-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p><strong>. G.B. : Cette date du 26 mars marque le début d’une série de 9 vidéos. Comment doit-on se positionner pour tenter de convaincre ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Le 26 mars, je fais donc cette vidéo sur Youtube. Il se trouve que dans le contexte de l’époque alors que Raoult était considéré comme un héros mondial, le monde politique se pressant pour le soutenir, il n’y avait pas de voix discordante pour le contredire. Déjà le monde politique n’avait pas les compétences pour comprendre qu’il s’agissait d’une fraude et nous scientifiques, nous n’avons pas cette culture d’aller dans cette espèce d’arène pour dire « vous êtes un menteur ». Il y avait bien des PDF qui circulaient pour dire dans un langage scientifique très soft « nous pensons que cette étude n’a pas été faite dans les règles de l’art » mais en réalité cela voulait dire « ça été mal fait, c’est un mensonge ». J’ai donc utilisé un langage clair « c’est un mensonge, c’est une fraude » et là pour le coup, j’ai été le premier à utiliser ce langage pour appeler un chat un chat. Et cette vidéo est devenue un peu virale car ensuite je suis intervenu plusieurs fois sur des chaînes comme LCI pour alimenter le débat, la controverse. Ils n’avaient personne à opposer à Raoult qui, lui-même, était une grande gueule.</p>
<p><strong>. G.B. : As-tu le sentiment d’avoir rempli ton rôle ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ici dans mon bâtiment mais d’une manière générale, j’ai reçu beaucoup de messages de félicitations et de remerciements de collègues qui ont dit « c’est génial ce que tu as fait, il fallait vraiment le faire ». Mais la question c’est « mais pourquoi eux ne l’ont-ils pas fait ? ». Même un an et demi après, des scientifiques qui ont pris la parole ouvertement contre Raoult, ils sont rares. L’Académie des Sciences a publié un petit communiqué mais dans le langage de l’Académie des Sciences qui n’a circulé qu’entre chercheurs, en vase clos, en atteignant que des gens déjà convaincus. J’ai également reçu beaucoup d’insultes des fanatiques de Raoult. Ce fut un peu pénible car moi, j’ai vraiment cet idéal un peu pédagogique pour répondre à chacun « alors que contestez-vous ? ».</p>
<p><strong>. G.B. : Finalement, as-tu réussi à convaincre ton cercle d’amis coureurs ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Dès le départ, sur cette question scientifique ou médicale, se sont greffées des considérations politiques. Aujourd’hui, des gens attribuent toute la politique sanitaire, les masques, les vaccins, à la personnalité de Macron. C’est pour cela que j’ai fait cette dernière vidéo pour dire « séparez la politique du scientifique, du médical. Si vous êtes un opposant à Macron faites-vous vacciner pour être certain de pouvoir voter contre Macron en 2022 ». Aujourd’hui, les gens que je croise comme à Grabels où j’habite m’interpellent « Hervé, toi qui es scientifique, tu ne trouves pas que ce vaccin est dangereux ? ». Donc on parle mais systématiquement, la discussion retombe sur «oui, mais Macron nous a mentis sur les masques au départ ». Ca, c’est le péché originel. Donc quand les gens te ramènent «le vaccin ne marche pas car je n’aime pas Macron «  tu réponds « mais c’est juste pas la même question ». Maintenant la question est tellement polarisée, tu peux donner les arguments les plus intelligents, il reste une frange impossible à convaincre.</p>
<p><strong>. G.B. : Par ces vidéos, as-tu le sentiment d’avoir affirmé d’une certaine façon tes convictions ? </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Je ne me suis jamais engagé dans le débat politique. Je n’ai participé qu’à une seule manifestation dans ma vie, c’était en 2003 contre la guerre en Irak mais je ne m’étais pas senti à ma place. Moi, je n’aime pas le consensus, je n’aime pas l’unisson. C’est peut-être pour cela que j’ai pris position contre Raoult. Je me rends compte que quand quelqu’un devient vénéré, une espèce de maître à penser, moi systématiquement, dans mon fonctionnement inconscient, j’ai un mouvement épidermique de recul. J’ai été beaucoup froissé par cette ambiance que l’on vit depuis un an et demi avec ces gens qui sont de véritables héros de l’autoritarisme, de la malhonnête et qui ont réussi, c’est leur grand tour de passe-passe, à se faire passer pour des héros de la liberté, de l’intelligence et de l’honnêteté intellectuelle alors qu’ils sont l’exact opposé. Je ne m’estime pas libertaire mais attaché aux valeurs de la liberté.</p>
<p>Avec mes vidéos, j’estime que j’ai apporté ma petite contribution à l’édifice. On a une responsabilité en tant que chercheur public car nous sommes des agents du service public. On a des comptes à rendre devant le public.</p>
<p><strong>. G.B. : D’où ce besoin de vouloir expliquer, vulgariser…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui je suis issu d’une famille d’enseignants. J’ai toujours eu ce grand attrait pour ces démarches intellectuelles, pour apprendre, dans les deux sens, moi apprendre en tant qu’élève mais également apprendre aux autres. J’aime beaucoup la vulgarisation scientifique en termes simples pour le grand public, les associations, les clubs de retraités, des collèges, des lycées. A Grabels, là où j’habite, il y a une association Rando Loisirs Culture pour laquelle j’ai donné un séminaire sur le thème de la génétique et je garde le souvenir d’une dame, une ancienne institutrice, une petite dame toute riquiqui qui s’appuyait sur sa canne et qui regardait avec des yeux pétillants au premier rang et à la fin je demandais « vous avez des questions ? » et elle levait toujours le doigt comme une élève. Tu vois, on a toujours besoin de connaissance et c’est cette philosophie qui m’a toujours guidé. Il y a peut-être aussi l’aspect course à pied où tu es habitué à souffrir, on sent une proximité avec le coureur à côté de toi, tu te sens égal et identique à l’autre. Moi mon souvenir de course à pied le plus intense, c’est mon arrivée aux 100 km de Millau en 2014 à la lutte avec Mickael Janne. Je fais second, il me bat, ce fut une défaite mais en termes de force de souvenirs, on courait comme des morts de faim, nous étions au bout de la souffrance, je perdais la lucidité, ma cervelle ne réfléchissait même plus. Je pense que si un jour, je suis sur mon lit de mort, dans les vapes, c’est l’image qui me restera car on a vécu ensemble un tel moment de proximité.</p>
<p> </p>
<p style="text-align: center;"><strong><img decoding="async" class="size-full wp-image-8465 aligncenter" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg" alt="" width="2048" height="1380" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-300x202.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1024x690.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-768x518.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-5-1536x1035.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
<p> </p>
<p style="text-align: left;"><strong>. G.B. : Puisque que tu me tends une perche à propos des 100 km, quittons la sphère chercheur, pourfendeur des fraudes scientifiques, venons-en aux 100 km de Millau. Pourquoi avoir un tel attachement à cette épreuve avec 10 participations et pourquoi verser dans l’ultra. Pourquoi cette quête, toi le chercheur qui semble comblé ici dans cet institut ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Et s’il n’y avait pas eu le Covid, j’en serai peut-être à 12. C’est la course qui me correspond le mieux. Plus jeune, j’étais cycliste, j’ai commencé en minime 2 mais à cause de mes études, je n’avais plus trop le temps de rouler, je me suis mis à courir à Paris en 97-98 lorsque j’étais à l’ENS. Pour moi, les bonheurs intellectuels ont toujours été les plus intenses. Je t’ai parlé de l’intensité de cette lutte avec Mickael Jeanne, j’ai connu cela une fois dans ma vie. Mais des moments fusionnels avec l’intellect où tu t’oublies dans ton effort intellectuel, tu es tellement passionné par ce que tu fais, j’en ai connu plusieurs dans ma vie. Il y a une beauté intrinsèque là-dedans qui te donne une grande satisfaction « ha !!! quel soulagement », un peu orgasmique que j’aime énormément. Et comme tu le disais, maintenant que j’ai choisi d’être chef d’équipe avec beaucoup d’activités qui viennent parasiter cela, comme la recherche de financements, je tâche de garder beaucoup de temps pour discuter Science comme avec Sophie mon étudiante, ce sont des discussions qui me plaisent énormément. Et en même temps, j’ai besoin de me dépenser physiquement, j’ai besoin des deux pour être bien dans ma peau. Courir, ce n’est ni spécialement opposé à l’activité intellectuelle, ni automatiquement associé. Il se trouve que moi, j’aime la science et il se trouve que moi, j’aime la course à pied. Donc je fais les deux.</p>
<p><strong>. G.B. : Quel fut le déclic pour courir les 100 km de Millau ?</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : C’est Jérôme Cavaillé qui m’a décidé. Il était mon directeur de thèse à Toulouse. Il courait, on était devenu copains de course à pied puis on est devenu collègues quand je suis revenu travailler dans son labo. Il y avait aussi Denis Jullien, un autre grand copain. On était tous les trois à courir à Toulouse et dès qu’il y avait un relais, on faisait équipe. Fin 2009, je fais un long footing le long du canal du Midi et au bout de deux heures de course, je me sentais bien. Je me suis dit « un jour, il faudrait essayer une course encore plus longue que le marathon ». Je reviens au labo et je dis à Jérôme « il faudrait que l’on coure les 100 km de Millau ». Nous avions deux copains du labo qui les avaient courus en 14-15 heures et je me souviens de Yves raconter « dans la côte de St-Georges, tu vois les lumières du Viaduc à l’infini et tu avances comme cela et elles ne bougent pas, tu es dans ton monde. Tu souffres, t’as mal, t’es triste mais tu es content, tu as plein d’émotions mélangées » et nous, on disait « ouahh ».</p>
<p><strong>. G.B. : Les 100 km de Millau avaient contaminé le labo…</strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : La course à pied, c’est vraiment un sport d’intello, je me souviens avoir expliqué cela à Guy Durand qui était le Maire de Millau à l’époque, à mon arrivée. Il m’avait dit « vous, vous devez être prof ?»… Je lui avais répondu « enfin presque, je suis chercheur, c’est un peu le même milieu »… « ah, oui, ça se voit à votre façon de parler, ah vous êtes chercheur et coureur à pied ?!»…Je lui réponds «la course à pied, c’est un sport d’intello ».</p>
<p>Donc en rentrant du footing, je dis à Jérôme « il faudrait qu’on fasse les 100 Bornes un jour ». Ca c’était en novembre et pour les fêtes de Noël, Jérôme nous envoie ses vœux en nous précisant « pour mes 40 ans, on va faire les 100 km de Millau ». On lui répond « ah mais t’es idiot, on n’y arrivera jamais ». Et ça a maturé un peu et au printemps, on s’est décidés et on s’est préparés.</p>
<p><strong>. G.B. : A la fin d’une première course de ce genre, on se dit « plus jamais ». Qu’en a-t-il été pour toi et tes 2 comparses ? </strong></p>
<p><strong>. H. S.</strong> : On y est venu par accident. Moi, je termine dixième ex-equo, on  a adoré. Bien évidemment, le soir, tu as mal partout, tu es fatigué. Alors effectivement, avec Jérôme et Denis, on s’est dit « oui, on l’a fait » et un mois après « peut-être qu’il faudrait qu’on le refasse un jour » et peut-être deux mois après « allez, on va le refaire l’an prochain ». Et donc en 2011 puis en 2012, nous étions encore là et depuis on n’a pas laissé passer une édition, tous les trois ensemble. Et pour Jérôme qui m’est très précieux, c’était mon directeur de thèse, il m’a beaucoup appris au labo, ce que je fais depuis quelque temps après mon arrivée, après l’interview qui peut être interminable, surtout avec moi (rires… !!!). Après la douche et manger un morceau, je prends un vélo et je vais le chercher. Ca me fait mal partout mais ça m’aide à récupérer. Et quelle que soit son allure, sans se coordonner, il y avait quelque chose de magique car on se retrouvait toujours au kilomètre 90.</p>
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<p><strong><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8464" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg" alt="" width="2048" height="1341" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-300x196.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1024x671.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-768x503.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-4-1536x1006.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></strong></p>
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<p><strong>. G.B. : Finalement, à Millau, il y a deux courses en une…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> En pleine nuit, ce n’est plus la même ambiance, ce sont deux courses différentes. Nous en tête de course, quand tu arrives, il y a un endroit que j’aime, c’est la borne 99 car il y a toujours une foule qui se masse. En 2015, à ma première victoire, j’ai eu les larmes qui ont coulé sur mes joues. Et mon suiveur, Jean Christophe, me dit « mais tu pleures ? »… «  ben oui, c’est trop beau » et on s’est mis à pleurer tous les deux en passant la borne.</p>
<p>C’est la fête, la kermesse (il s’excuse et se sèche les yeux…. !!!)  alors qu’à une heure du matin, c’est la lune, il n’y a plus personne, chaque coureur dans sa bulle avec sa petite loupiote. Tu vois une enfilade de petites loupiotes dans la côte du Viaduc, chacun dans son monde, dans son silence, tu entends pof pof pof. Les vrais héros sont là avec leur douleur.</p>
<p><strong>G.B. : Deux secondes places puis quatre victoires d’affilée, la victoire devient-t-elle un but ultime ? Une obsession ?  </strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Oui, dans la période préparatoire de la course, je peux me dire « oui, il ne faut pas que je déçoive ». J’ai pu ressentir ce genre de pensée. Mais après, le jour de la course, c’est une telle fête, c’est une peu une délivrance des deux mois et demi d’entraînement vraiment intenses. Pour moi, c’est cela le plus dur. Et le jour où j’arrêterai de courir cette épreuve, ce ne sera pas à cause de la course mais à cause de l’entraînement qui me sera insupportable. Je me suis amusé à regarder les photos de mes départs, j’ai un sourire, je suis heureux de dévaler l’avenue Jean Jaurès, c’est une griserie. Je me revois, la même joie d’être là, la même joie qui se cumule aux joies passées. C’est le moment de l’année « on est à Millau » et la pression s’évapore.</p>
<p><strong>. G.B. : Aujourd’hui, pour cet entretien, tu as mis le tee-shirt de l’édition 2019. Cela a-t-il une signification particulière ? </strong></p>
<p><strong>. H.S.</strong> : Mon dernier Millau, c’était donc en 2019. C’était mon premier 100 km de Millau en tant que Papa après un été spécial, avec moins de sommeil, beaucoup moins de temps, beaucoup moins de motivation pour aller courir et même pour aller à Millau. Même dans la voiture pour se rendre à Millau, je disais à Chloé mon accompagnatrice « j’ai l’impression d’abandonner ma fille ». Pendant tout le début de la course, je me suis posé la question de savoir ce que je faisais là et finalement je gagne. Mais c’est surtout lié au fait que Cédric Gazulla, qui était mon principal adversaire, a perdu en partant trop vite. Au sommet de Tiergues, en attaquant la descente sur St-Affrique, quand j’ai vu la voiture ouvreuse au détour d’un virage, j’ai compris que Cédric était là et j’ai retrouvé mes instincts. Et lorsque je l’ai dépassé, je suis revenu mentalement avec ma petite fille et il fallait rentrer à Millau, à la maison et j’ai gagné très détaché.</p>
<p><strong>. G.B. : Comme scientifique, tu as nécessairement un regard tourné vers l’avenir. Quel regard portes-tu sur les 100 km de Millau, une épreuve très attachée à ses racines, à son histoire, à une façon de faire que l’on pourrait juger hors du temps ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ce que j’apprécie beaucoup dans cette course, c’est l’aspect associatif. Tu vois les gens, chacun dans son village cherchant à faire mieux que le village d’à côté. Ils se déguisent, font de la musique et tu vois des gens qui ont beaucoup d’amour pour préparer les tartines. Cela fait partie de mon amour pour cette course. Ils sont heureux de te recevoir. Comme ce couple de personnes âgées, il y a longtemps que je ne les ai pas vues, j’espère qu’ils vont bien. Ils se mettaient toujours avant l’entrée de St-Georges au pied de la descente, kilomètre 53-54, avec des petites chaises de camping, un parasol. Ils avaient la liste des participants et ils s’amusaient à regarder les coureurs passer en entourant les numéros.</p>
<p>A Millau, tu as ton numéro de dossard en fonction du moment où ils reçoivent ton inscription. C’est une illustration de cette religion qu’ils se font de traiter tout le monde sur un même pied d’égalité.  C’est ce que j’adore, c’est cette particularité, il n’y a pas un prix pour le premier, on a tous le même cadeau souvenir, il n’y a même pas un trophée, même pas un podium protocolaire. Même Belvès qui est une course bon enfant, tu as qu’en même un podium et une coupe pour le premier et ils donnent des numéros de dossards aux favoris. Mais rien de cela à Millau.</p>
<p><strong>. G.B. : Cela ne cache-t-il un petit fond de superstition à propos de ton numéro de dossard ?</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Il se trouve que j’ai eu deux fois le même numéro, le 744 qui est multiple de 3 et en 2019, j’ai eu un dossard qui n’était pas un multiple de 3. Donc je me suis inquiété, le 1019, mais c’était un nombre premier et je n’avais jamais eu de nombre premier. Finalement, cela s’est bien passé aussi. Du coup avec 406 pour l’an prochain, ce n’est ni un multiple de 3, ni un nombre premier, il faudra que je fasse de mon mieux. Les dieux de la numérologie ne seront pas là pour moi.</p>
<p><strong>. G.B. : Tu parles des spectateurs assis sur le bord de la chaussée, j’ai le sentiment que cela s’est un peu perdu. Je me souviens de Tiergues où des fidèles venaient effectivement s’assoir chaque année face à la route de St-Rome marquant le sommet de la montée comme Jo Vors par exemple, une figure locale…</strong></p>
<p><strong>. H.S. :</strong> Ah la côte de Tiergues, avec ces deux lacets, c’est mon passage préféré. Quand tu montes de St-Rome, c’est une route de montagne…(un silence)… Les deux lacets de Tiergues, ah, le jour où je serai enterré, je demanderai à être dirigé dans cette direction.</p>


<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/Herve-Seitz-100-km-de-Millau-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8462" width="1160" height="760"/></figure>
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		<title>Fest&#8217;Trail, ce serait bien pour mamie Galtier</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Sep 2021 07:26:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
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		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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		<category><![CDATA[Vieux pont de Lapeyre]]></category>
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					<description><![CDATA[FEST’TRAIL : « ce serait bien pour mamie Galtier » &#160; Au pied de la vierge, sur le marbre craquelé,...]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="kvgmc6g5 cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<h2 dir="auto" style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8412" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011.jpg" alt="" width="2048" height="1367" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-1024x684.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-768x513.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8011-1536x1025.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></h2>
<h2 dir="auto" style="text-align: center;"><span style="color: #808080;">FEST’TRAIL : « ce serait bien pour mamie Galtier »</span></h2>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Au pied de la vierge, sur le marbre craquelé, une bouteille de lait et des fleurs séchées, composition incongrue, posée là sans savoir pourquoi. A côté, une bougie, sur le verre, de fines gouttelettes en dégoulinade, un message « Vierge Miraculeuse, priez pour nous ».</div>
<div dir="auto">&nbsp;</div>
<div dir="auto">9 heures du mat, un dimanche à déambuler dans les ruelles du village de Lapeyre par un temps saule pleureur sous un ciel pleurnicheur. Je croise Joël, Monsieur chemin de rando au Parc des Grands Causses. Il habite à deux pas, sa maman encore plus près, la maison au-dessus du porche où autrefois une petite bergerie sous la roche abritait les brebis à l’abris du loup. Joel porte des bottes et un ciré «mon cheval a de la fièvre. Il a sans doute été piqué par une tique». Il ne dissimule pas son inquiétude, il craint une piroplasmose.</div>
</div>
<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En cette journée du patrimoine, petite visite guidée, improvisée dans les pas de ce fin connaisseur du moindre sentier, du moindre ravin, du moindre muret bâti par des mains caleuses et râpeuses. Nous descendons vers la rivière, nous passons sous le porche, au centre d’une placette, posée sur un socle, une ancienne roue pour autrefois, écraser le plâtre, dernier vestige sauvé de la mine de la Frégière.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">En remontant, nous passons dans une petite ruelle, grande baie vitrée, quelques pots de fleurs bien alignés, Joël raconte « autrefois, c’était l’épicerie ». Derrière le carreau, une mamie assise dans un fauteuil prend son petit déjeuner « c’est Madame Galtier, c’est notre centenaire, elle a 103 ans ». Je suis impressionné, je quitte Joël, son cheval l’attend dans son pré détrempé sur l’autre versant de la vallée. Je rejoins le vieux pont de Lapeyre.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Le ravitaillement du Fest’Trail est installé juste en contrebas. On devine le toit pointu de la petite tente bienfaitrice protégeant de la pluie trois bénévoles enrôlés au service du jour. Au menu, coca local, chips artisanales, fruits secs, carrés de melons et grappes de raisins. Des fidèles de toutes les courses locales, des discrets, des enjoués, parfois le dossard sur la poitrine, parfois à donner le coup de main. Il y a Samuel, le nouveau président du comité des sports de St-Affrique, également président d’un club de tir à l’arc. Il plaisante en parlant de Mathias Hervas l’organisateur de cette course « Si Mathias est un bon organisateur, c’est qu’il a eu un bon prof de sport ». Christine à ses côtés se marre, elle a le sourire facile et éclatant, elle désigne du doigt Samuel « le prof de sport, c’était lui ».</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">La pluie crépite sur la bâche mais n’attaque pas le moral du trio en attente des premiers. Chacun y va de son pronostic « Mathias a dit, le premier, il sera là au bout de 30 minutes ». On fait la moue le temps de recalculer la moyenne, le troisième larron interpelle le tireur à l’arc « attends un peu mais ça fait du 24 km/heure ». Samuel se marre «il a juste dit cela pour être certains que nous soyons à l’heure ».</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Le premier passe, à fond, le second passe, à fond, le troisième passe, à fond, le quatrième toujours à fond. Ca chasse, ça se pourchasse. Pas même un regard aux grappes de raisin. Qu’importe, les trois bénévoles n’en prennent pas ombrage et encouragent. La suite du peloton, des crispés, des détrempés, des timides, des réservés, des bavards, des souriants, des cools, des inquiets mais au final, une fois le verre de coca colt avalé, une fois les talons tournés, c’est toujours un petit « merci » de dégainé et en retour un « bonne course « décroché pour encourager.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">11 heures au clocher de l&#8217;église, le ciel ne s’est toujours pas déchiré, sur les hauteurs, des nuages accrocheurs, moqueurs. En prévision, un dimanche canapé pour certains, un dimanche champignon pour les plus courageux, un dimanche Fest’Trail qui prend déjà fin pour les plus valeureux.</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
<div dir="auto">Samuel part à la rencontre du fermeur attardé. je m&#8217;esquive avec moi aussi un « merci » de l’accueil et de la petite causette, Christine me renvoie «à bientôt aux Templiers ». Sur le chemin du retour, dans la petite rue conduisant à l’église, Mamie Galtier est toujours devant sa fenêtre, assise, un plaide sur les genoux. A mon passage, elle jette un regard vif. Par politesse, je fais un signe de tête. Une idée perce l&#8217;écran de pluie et me traverse « si la course passait là, devant sa fenêtre, ce serait bien pour mamie Galtier ».</div>
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<div class="o9v6fnle cxmmr5t8 oygrvhab hcukyx3x c1et5uql ii04i59q">
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<div dir="auto"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8414" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8019.jpg" alt="" width="2048" height="1383" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8019.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8019-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8019-1024x692.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8019-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8019-1536x1037.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></div>
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<div dir="auto"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8413" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8014.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8014.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8014-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8014-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8014-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I8014-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></div>
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<div dir="auto"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8408" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7966.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7966.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7966-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7966-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7966-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7966-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></div>
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<div dir="auto"><img decoding="async" class="aligncenter size-full wp-image-8402" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822.jpg" alt="" width="2048" height="1365" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/09/A94I7822-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></div>


<p class="has-text-align-center"><strong><span class="has-inline-color has-cyan-bluish-gray-color">Photographies réalisées le 19 septembre 2021 au vieux pont de Lapeyre, vallée de la Sorgue, à l&#8217;occasion du Fest&#8217;Trail des 7 Collines</span></strong></p>
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			</item>
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		<title>Antoine Dubruel, la peinture, c&#8217;est un moment de grâce</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/07/02/antoine-dubruel-la-peinture-cest-un-moment-de-grace/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jul 2021 14:37:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[Antoine Dubruel, artiste peintre, a posé son chevalet et sa besace de « vagabond », écartelé entre les gorges de la Dourbie à St-Jean du Bruel et les Gorges du Tarn pour trouver l’inspiration à créer des paysages « rêvés », un monde, son monde, entre réalité et tumultes de ses souvenirs d’une jeunesse révoltée. Rencontre, entretien et portrait]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><img decoding="async" width="2048" height="1365" class="alignright size-full wp-image-8321" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10.jpg" alt="" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10.jpg 2048w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-10-1536x1024.jpg 1536w" sizes="(max-width: 2048px) 100vw, 2048px" /></h2>



<p></p>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#0b549d" class="has-inline-color">ANTOINE DUBRUEL, LA PEINTURE, C’EST UN MOMENT DE GRACE</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#0b549d" class="has-inline-color">Antoine Dubruel, artiste peintre, a posé son chevalet et sa besace de «vagabond» dans le Sud-Aveyron, écartelé entre les gorges de la Dourbie à St-Jean du Bruel et les Gorges du Tarn pour trouver l’inspiration à créer des paysages «&nbsp;rêvés&nbsp;», un monde, son monde, entre réalité et tumultes de ses souvenirs d’une jeunesse révoltée. Rencontre, entretien et portrait.</span></strong></p>



<p>J’ai sonné à la porte de cette belle demeure de la rue de Planard. Un déclic, j’ai entendu distinctement «c’est au second, le chien est imposant mais il n’est pas méchant». Je suis monté.</p>



<p>En grimpant sur la pointe des pieds, marche après marche, comment se défaire de cette petite appréhension à franchir la porte d’un inconnu ? A poser sa besace dans le recoin d’une pièce sans que cela ne gêne, à découvrir un visage, une posture, à découvrir une voix, son intonation, sa gravité ou sa fragilité, à découvrir une lumière, des odeurs, à poser son regard sur des titres de livres soigneusement rangés ou nonchalamment posés sur un guéridon ou sur ces morceaux de bois sec tortueux et noueux allongés comme des lézards pétrifiés sur les rebords de fenêtres. Est-ce de l’audace ? Le premier pas, la première impression, le premier regard, une main tendue que l’on évite, que l’on ne peut saisir. Un bonjour poing fermé contre poing fermé. J’étais chez Antoine Dubruel, artiste peintre. Je suis rentré.</p>



<p>Le chien était bien imposant, pattes puissantes, babines palpitantes, mais pas méchant, juste reniflant. Quelques caresses, quelques gratouilles et chatouilles, il s’est frotté puis il s’est couché sur le carrelage d’une pièce demi-ovale, baignée d’une lumière douce. Une fenêtre était ouverte, petit air frais, la Pouncho en ligne de mire. Je me suis assis dans le moelleux d’un fauteuil. Devant moi, une table basse, face à moi, accroché au mur, le tableau «&nbsp;les sillons de la Colère&nbsp;» pour plonger droit sans retenue dans l’univers d’Antoine Dubruel, comme debout, les deux pieds sur le vernis craquelé d’une table d’orientation, le vide sous vos pieds à caresser les lignes de fuite, un océan imaginaire et l’horizon sous tension.</p>



<p>Le cadre était posé. Nous étions l’un en face de l’autre dans cette pièce en forme de boudoir et de fumoir où autrefois les bourgeoises, épouses de gantiers et mégissiers bien nommés, les soirs de dîners, devaient jacasser en sourdine et rires pincés sur les infidélités des unes et les caprices des autres. Nous avons bu un café. Devant moi, un homme au visage sec, les bras secs, fine moustache en arc de cercle, regards sombres, un petit air d’aviateur époque illustre de l’Aérospatiale ou de danseur argentin. Entre deux clopes roulées et fumées sur le balcon, on a parlé basket «je voulais être pro, j’étais meneur de jeu. J’étais fan de Freddy Hufnagel. Il jouait à Pau – Orthez». On a parlé tango. Les airs de Francisco Canaro ont vite bourdonné à nos oreilles dans l’énergie de l’abrazo et du milonga «A Toulouse, pendant deux ans, j’ai été de tous les bals, je dansais dans la rue à St Georges, j’allais au Tangueando, la maison du Tango, rue Bayard». On a parlé du grand père, André Dubruel, résistant dans le réseau Brutus, puis au front avec une unité de 40 hommes et blessé à la frontière allemande. L’artiste raconte «nous avions des réunions de famille très animées. Souvent, il disait «vous voyez là, en montrant son entre jambe, si la balle avait dévié de 2 centimètres, y’a aucun de vous qui serait ici ce soir» et d’ajouter «&nbsp;avec lui, je suis même allé assister au procès Papon&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-4-1024x695.jpg" alt="" class="wp-image-8316" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Il faut toujours une intro pour se découvrir, un café, une clope, des anecdotes, des potins «&nbsp;je suis d’ici, je suis de là&nbsp;» pour que les épaules se relâchent, que le dos s’arrondisse, que la respiration s’apaise, que les jambes se croisent. Simplement pour être bien, pour quitter le pardessus d’une histoire parfois lourde à porter, pour dégrafer le col de chemise et laisser filer les mots comme on saute à cloche pied pour traverser un cours d’eau. La trouille des miradors et des sables mouvants, qu’importe, la vie à fleur de peau, ses intrigues, ses énigmes, le grand voyage, Bordeaux, Arcachon, Toulouse, Sète, Dolan dans les gorges du Tarn et enfin Millau, l’itinéraire de ce «vagabond«&nbsp;était déjà brièvement tracé sur ce vaste échiquier où les pions entre reines et rois, entre fous et cavaliers avancent souvent dans l’imprévu, dans l’indécision avant que les portes du palais ne s’entrouvrent. Le chien dormait allongé sur une carpette, les yeux mi-clos. Peut-être nous écoutait-il&nbsp;?</p>



<p><strong>. Gilles Bertrand</strong>&nbsp;<strong>: Dans vos entretiens accordés aux médias dans l’avant-première d’une exposition, vous revenez souvent sur les origines sociales de votre famille, sur une période de révolte qui vous écarte d’un chemin tout tracé. Pouvons-nous refaire ce bout de chemin qui est peut-être fondateur dans votre parcours d’artiste&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Antoine Dubruel</strong> : Je suis originaire d’une vieille famille de notables du Bordelais et du Lot. Mon arrière-grand père a créé la faculté de droit à Beyrouth, mon grand-père fut, lui aussi, juriste et mon père, lui aussi, est rentré en fac de droit. Gosse, j’aimais le droit mais j’ai traversé une période intense de révolte. J’étais un dilettante et peu studieux mais j’ai quand même obtenu ma licence en droit. J’étais en révolte contre le père, contre un milieu, dans une forme d’autodestruction. Ma vie était débridée.  Je lisais le Monde Diplomatique, je le lis d’ailleurs toujours (il me montre du doigt le dernier numéro posé plié sur la table ronde devant nous). Je connaissais la marche du monde, je regardais ce monde en me disant « mais quelle horreur ! ». J’ai tourné le dos au droit et je me suis inscrit en histoire de l’art, un univers qui m’était totalement étranger. Un jour, en cours, on nous passe une diapo, c’était une représentation d’un tableau de Van Gogh « Le Semeur » et là, je me suis dit « c’est cela que je veux faire ». Et pendant un an, je disais « je vais peindre, je vais peindre », mais j’avais peur de passer à l’acte. Un jour, avec ma compagne d’alors, nous passons devant une vieille boutique à Toulouse, elle me prend par le bras et nous rentrons. J’ai acheté un pinceau, un couteau et trois tubes, trois couleurs primaires et un blanc et un noir.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Comment pourriez-vous qualifier cette période de révolte&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : J’étais un homme révolté. Je prenais des risques. Comme de grimper dans une grue  à mains nues. Je n’étais pas suicidaire mais nihiliste. C’était comme au poker, on joue tout sur un coup même si j’avais qu’en même cet instinct de survie. La musique était très importante pour moi, ma famille était fan de jazz, j’ai assisté aux concerts de Stan Getz, Miles Davis, Michel Portal, Michel Petrucciani. Ce fut une période de grande désillusion, très sombre, très noire. Mes premiers coups de pinceau, ce fut sur du carton mais très vite, c’est devenu une obsession. J’enchaînais les petits boulots mais ma vie prenait enfin du sens. Ma vie ne tournait plus qu’autour de la peinture. Je peux dire que la peinture m’a sauvé. J’étais en lutte contre le système, à ma façon, j’avais besoin de donner une autre représentation du monde, de dire les choses à ma façon. J’étais prêt à tout sacrifier. C’était la peinture ou rien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-7-1024x666.jpg" alt="" class="wp-image-8319" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: La vie d’artiste débute parfois par une période plus ou moins longue d’errance, de vaches maigres, une quête pour s’affirmer, pour se réaliser. Avez-vous connu cette période délicate ?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : A 30 ans, je suis parti pour Sète. Je me souviens, je cherchais un appartement. Un jour, je rentre dans un immeuble, vraiment affreux, je monte et j’arrive dans un taudis mais je m’y suis installé et pendant six mois, je l’ai rénové et j’en ai fait un petit bijou. C’est devenu mon atelier. J’avais la vue sur l’Etang de Thau au soleil couchant et le matin le lever de soleil sur toute la ville qui descend, le vieux port, la mer et le ciel. C’était rue de la Révolution dans un quartier populaire. Et là, je peux dire que j’ai connu la pauvreté. J’avais souvent le frigo vide. Plusieurs fois, j’ai eu recours à la distribution alimentaire organisée par le CCAS, le lieu s’appelait le Café de la Paix.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Ici, dans cet appartement, nous sommes entourés de toiles exprimant des paysages, certaines ont été exposées dernièrement à Carcassonne. Mais dans quel style avez-vous évolué à vos premiers coups de pinceaux&nbsp;?&nbsp; </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: J’ai commencé par le corps humain. C’est devenu obsessionnel. Je me suis formé avec le nu et le vivant en travaillant le corps abstrait. Puis j’ai été influencé par le peintre Jackson Pollock. J’avais une table anglaise et comme lui, je peignais en tournant autour de la toile. Et en prenant des cours, j’ai fini par redresser mes tableaux et travailler sur chevalet. Puis j’ai été formé par le peintre Jean Louis Ducros, il m’a enseigné l’histoire de l’art à sa façon, au broyage des pigments. Il apprenait sans apprendre. Il parlait peu mais ça me parlait beaucoup.</p>



<p><strong>.G.B.</strong> <strong>: Aujourd’hui vous vivez dans le Sud-Aveyron et vous partagez votre temps entre St Jean du Bruel où vous avez votre atelier et Millau après un séjour long à Dolan au-dessus des Vignes. Les Gorges du Tarn semblent avoir pris une place importante dans votre inspiration, comment l’expliquez-vous ? </strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: Fin 2019, je me suis installé à Dolan dans une maison de famille d’une amie. Comme à Sète, j’ai rénové cette maison qui n’avait pas de chauffage. J’ai souvent fait cela dans ma vie. Et le premier confinement est arrivé. J’étais sidéré. Une période qui m’a beaucoup perturbé. J’étais très en colère. J’avais besoin de liberté, de me sentir libre pour peindre. Dans les Gorges du Tarn, j’étais loin de tout, ces paysages m’ont obsédé. J’ai passé beaucoup de temps à regarder la lune, le soleil. Nous avions des lunes exceptionnelles. J’ai un rapport cosmogonique avec le ciel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8313" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;: <strong>Sur certaines de vos toiles, soit à l’encre de chine ou bien à l’huile, une boule trouve une place prenante dans le ciel, cela exprime-t-il votre colère, ce feu interne, intense qui brûle&nbsp;encore en vous ?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: La boule de feu, c’est une révolte, c’est une révolte lumineuse. Pierre Bourdieu disait «&nbsp;la sociologie, c’est un sport de combat&nbsp;». Moi aussi, quand je peins, je rentre sur le ring et ça dure le temps que cela doit durer. Quand je peins, c’est un contre un. C’est le feu qui monte. Je suis comme un débutant. J’ai le sentiment de repartir à zéro. A ce moment-là, y’a plus personne. A Sète, je vivais dans un quartier très bruyant. Je me disais «&nbsp;tu ne peux pas arriver à peindre&nbsp;» mais au premier coup de crayon, je n’entendais plus rien et à la signature du tableau, le bruit revenait. Ma peinture, c’est un sport de combat. Dans le geste, je danse, c’est une danse. C’est l’instant où je suis serein, je suis en accord avec moi-même.</p>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;<strong>: L’homme, la femme, sont absents de vos tableaux, par contre des éléments naturels sont récurrents dans vos composition. Comment expliquez-vous cette présence d’arbres aux formes si particulières, ces rangées de piquets…&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong> : Ces végétaux sont comme des monstres, comme des figures anthropiques. On ne sait pas s’il s’agit d’un arbre ou d’un être. J’aime le motif de l’arbre mort. Ca me parle. Oui, on peut y trouver un geste propre au tango. Les piquets, ce sont ceux du bassin d’Arcachon. Cela me permet d’accentuer la profondeur du tableau. Le bois n’a plus de vie mais l’eau lui redonne vie.</p>



<p><strong>.G.B.</strong>&nbsp;: <strong>Sur certains de vos tableaux, on reconnaît très distinctement certains lieux dans les Gorges du Tarn ou comme ici la Pouncho d’Agast mais vous ne vous arrêtez pas à une représentation fidèle de ces paysages, vous ajoutez votre propre monde. De quel monde s’agit-il&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>.A.D.</strong>&nbsp;: C’est tout d’abord un état d’esprit dans lequel je suis. Tel que je vois le monde, tel que je le ressens. Je fais un tableau monde. J’ai un rapport au monde très particulier, j’ai un rapport politique au monde. J’ai toujours été en conflit avec certaines valeurs actuelles. Je me sens dissident dans ma façon de vivre. Il y a des évènements qui me marquent et cela se traduit dans ma peinture, dans mes titres de tableaux qui ne sont pas choisis par hasard.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-6-1024x689.jpg" alt="" class="wp-image-8318" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Extraire un monde pour reconstruire un monde, Antoine Dubruel «le vagabond» en équilibre, en transe, au pas de danse, funambule sur son échafaudage à bâtir de nouveaux horizons, dans cette pièce balayée d’une lumière montante. Midi était proche, les Gorges du Tarn devenaient envahissantes, majestueuses, impératrices et magnétiques.&nbsp; Nous étions entourés de grands cadres &nbsp;vernis de noir, étreignant de grandes falaises plongeantes, le minéral titubant dans le végétal. En contre bas, ce Tarn devenu vaste mer avant même qu’il ne se jette dans la Garonne, ces couleurs rougeoyantes, des contrastes, le trait fort, puissant où le pigment du jaune trouve des brèches pour s’extraire, pour jaillir. Et puis cet arbre torturé comme une vénérable danseuse de flamenco claquant des doigts et du talon et ces piquets comme des balises pour s’accrocher au romantisme de ces doux souvenirs, les plus doux pour apaiser des souvenirs de jeunesse malmenée passés à caboter dans la baie d’Arcachon, ses odeurs, des saveurs, les embruns, le sel mordant les lèvres, à combattre les fièvres. L’artiste l’affirme «&nbsp;je crée un monde qui est le mien. J’arrive en position haute et j’ouvre le paysage. Quand je pense peinture, je pense au paysage qui est en moi&nbsp;» pour faire renaître en urgence, comme une brusque résurgence, l’île aux oiseaux, ces prés salés, ces ciels zébrés du bassin d’Arcachon, «&nbsp;des oeuvres qui s’« oxygènent » et se « végétalisent » chaque jour un peu plus au sein d’une nature luxuriante, désormais omniprésente&nbsp;» comme l’écrit Elida Fabre témoin de cette mutation.. L’artiste s’échappe ainsi «&nbsp;je rentre dans ma peinture. Plus rien d’autre n’existe que la toile. C’est un moment de grâce. Je ne suis plus vraiment sur terre. Puis à la fin, je me fais un café. Je regarde mon tableau en biais. J’ai un sourire qui dure trois à quatre jours. J’ai décollé&nbsp;».</p>



<p>Le site internet d&#8217;Antoine Dubruel : <strong>www.antoinedubruel.fr</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8315" width="1159" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/07/antoine-dubruel-5-1024x698.jpg" alt="" class="wp-image-8317" width="1160" height="760"/></figure>



<p></p>
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		<title>Benoît Séverac, ton personnage faut le faire bouillir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Jun 2021 17:15:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[atelier d'écriture]]></category>
		<category><![CDATA[Benoît Séverac]]></category>
		<category><![CDATA[Festival Polar et Vin]]></category>
		<category><![CDATA[Polar]]></category>
		<category><![CDATA[roman policier]]></category>
		<category><![CDATA[Tuer le Fils]]></category>
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					<description><![CDATA[Benoît Sévenac est auteur de polars à succès. Invité au Festival Polars et Vins, le romancier acceptait un temps de lecture à la Maison d’Arrêt de Rodez. Devant 6 détenus, il expliquait son métier d’écrivain et la genèse de son dernier livre « Tuer le fils » inspiré d’une expérience personnelle pour avoir conduit un atelier de lecture mené en 2017 à la prison de Muret. Nous l’avons suivi et écouté.]]></description>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/benoit-severac-polar-2.jpg" alt="" class="wp-image-8272" width="1160" height="760"/></figure></div>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #262669;">BENOIT SEVERAC, TON PERSONNAGE FAUT LE FAIRE BOUILLIR</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color: #1d3682;"><strong>Benoît Séverac est auteur de polars à succès. Invité au Festival Polars et Vins, le romancier acceptait un temps de lecture à la Maison d’Arrêt de Rodez. Devant 6 détenus, il expliquait son métier d’écrivain et la genèse de son dernier livre «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» inspiré d’une expérience personnelle pour avoir conduit un atelier de lecture mené en 2017 à la prison de Muret. Nous l’avons suivi et écouté.</strong></span></p>



<p>J’étais prévenu «je ne viendrai pas en moto mais en 2 CV». Nous avions rendez-vous à 8h45. A 8h45 précise, la deuche est arrivée.</p>



<p>Couleur crème, peinture flaque, vitre avant gauche à demi ouverte, une série «&nbsp;Spécial&nbsp;». De toute façon, une Deuche, c’est toujours spécial, comme un art de vivre, comme un art de conduire, pied au plancher, la route à 80, au max, le pif sur ce gros volant, le dos rond dans le moelleux des sièges, les genoux au menton, le cliquetis dans les oreilles, les freins en pédalage, les courbes en tangage.</p>



<p>Devant le 971 de la Rue des Routiers, Benoît Séverac s’extirpa de sa docile «&nbsp;Deux Pattes&nbsp;», veste en jean froissé et jean fripé. Devoir accompli, une petite virée matinale, un Toulouse – Rodez sans encombre, à bon port, le pilote mal rasé, un genou endolori mais la mine réjouie, ça valait bien une petite claque amicale sur le capot bombé.</p>



<p><strong>Benoît Séverac</strong> est auteur de roman noir. Une notoriété enfin bien installée dans l’univers du polar, un récent passage remarqué à La Grande Librairie du très lettré et stylé François Busnel, avec en poche son dernier roman à succès «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» et un CV dans lequel on peut fouiller et piocher à foison pour construire un personnage de roman, il fut même à 15 ans gardien de troupeau chez un cousin du côté du Caylar et du Pas de l’Escalette dans le Sud Larzac.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/benoit-severac-polar-1.jpg" alt="" class="wp-image-8271" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p></p>



<p>Lorsque Paule Haminat, la présidente du Festival Polar et Vins, lui propose un temps de lecture à la Maison d’Arrêt de Rodez, l’auteur ne peut décemment refuser. Il viendra en moto ou en deuche mais il sera présent, comme en 2018, fidèle à ce salon littéraire où le noir de l’écriture fait bon ménage avec le rouge carmin d’un bon merlot. Car son dernier opus «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» prend justement&nbsp; source et inspiration dans un atelier de lecture que Benoît Séverac anima en 2017 dans le centre de détention de Muret pendant sept mois dans le cadre du «Marathon des Mots».</p>



<p>Sur le bas côté de la chaussée, nous sommes attendus par Marion, elle bosse depuis 2016 dans le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation comme coordinatrice des actions culturelles. Un petit bout de femme, vive et enjouée, pétillante et chaleureuse «&nbsp;faut respecter les horaires, on est juste à l’heure, on va monter, on aura le temps de prendre un café&nbsp;». Entre le parking et la porte d’entrée verrouillée, présentation vite faite «&nbsp;le SPIP, c’est quoi&nbsp;?&nbsp;» elle résume vite fait, bien fait, les actions de son service allant de la lutte contre l’illettrisme à faciliter les accès aux aides sociales et au travail lorsque vient le temps du retour à une liberté retrouvée.</p>



<p>Premier sas, une surveillante derrière une vitre teintée, lumière basse. Elle est blonde, elle est grande, un avant bras tatoué, sur son épaule gauche, un écusson, Marion taquine «&nbsp;c’est autorisé ça&nbsp;?&nbsp;». Un message en surpiqure sur le macaron «&nbsp;la patronne, c’est qui&nbsp;?&nbsp;». Benoît Séverac plaisante «&nbsp;ça, ça va se retrouver dans un polar&nbsp;».</p>



<p>Nous vidons nos poches, nous dégrafons nos ceintures et nos montres. Le casier 15 nous est attribué pour nos sacs. Pas de clefs dans les poches, pas de téléphone,&nbsp; nous passons le portique, puis une seconde porte. Grande cour, un mat blanc porte drapeau, de grands massifs de lavande, nous suivons Marion. Une porte, un ascenseur, étage 3, un couloir, une odeur de café, surveillants et cadres sont réunis dans le bureau de droite. Ca discute entre collègues «&nbsp;tu devrais visiter cette prison, elle a du être construite dans les années soixante dix, ça c’est une prison&nbsp;!».</p>



<p>Sur la grande table, une radio, le magazine «&nbsp;Etapes&nbsp;», la revue des personnels de l’administration pénitentiaire. Dans un angle du couloir, une photo de cette prison construite en 2013 posée sur un chevalet «&nbsp;tu vois, nous sommes là&nbsp;» précise Marion.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><span style="color: #000080;">TROIS SYMBOLES DE LA RESISTANCE ET DE LA LIBERTE</span></strong></h3>



<p>Nous nous esquivons poliment. Maggie nous rejoint, étudiante en droit à Toulouse, en stage pour découvrir l’univers carcéral. Nous rejoignons un second sas, la salle des API, nous écoutons attentivement les explications sur le fonctionnement de cette alarme portative. Benoît Séverac se saisit de la radio et clipse l’émetteur sur sa ceinture. Nous sortons.</p>



<p>Sur notre gauche, encore un grand escalier métallique à grimper, nuages en édredon, ciel sous tension, quelques gouttes de pluie, sur notre droite, le terrain de foot, grand rectangle de lumière posé comme un drap blanc. Nous saluons Martine en charge du quartier socio-culturel. Grand couloir, peinture verte pâle, lumière acide, de grandes fresques au mur, les visages de Simone Weil, Nelson Mandela, Jean Moulin, trois symboles de la résistance et de la liberté. Nous entrons.</p>



<p>Romuald passe la tête. En mars dernier, à la libération de Karim, la direction le choisit pour gérer la bibliothèque de la Maison d’Arrêt. Avec Marion, ils se vouvoient. Tous les deux se tiennent dans l’embrasure de la porte «&nbsp;j’ai réorganisé la bibliothèque, j’ai trié les livres, les BD, par genres. J’avais besoin de cela, pour moi, c’est une ouverture. J’aimerais créer une activité littéraire en formule libre&nbsp;». Marion écoute «&nbsp;j’aimerais que l’on travaille sur l’idée de la liberté lorsque nous en sommes privés. Pour réfléchir à plusieurs. Quand on travaille l’esprit, on peut changer la donne&nbsp;».&nbsp; Marion l’encourage, il précise «&nbsp;en ce moment je passe une licence en droit commercial&nbsp;».</p>



<p>Romuald se tourne vers moi, il croise mon regard, je lui pose cette question «&nbsp;mais vous aviez le Bac&nbsp;pour rentrer en licence&nbsp;?&nbsp;». Il répond «&nbsp;moi, j’ai quitté l’école à la fin de mes 16 ans. J’ai enchaîné les petits boulots, en menuiserie, en boulangerie&nbsp;». Il sourit et ajoute avec la formule suivante «&nbsp;moi, je suis passé de Bac – 2 à Bac +2 en obtenant un BTS en transport&nbsp;». Il enchaîne «&nbsp;Moi, mon objectif, c’est d’avancer dans la vie. Même ici. Le choc carcéral, ça a duré deux jours et je me suis dit «&nbsp;faut que j’avance. Car la vie, ce n’est pas d’attendre. J’avais ma propre entreprise, je l’ai perdue, mais j’ai bon espoir de la rouvrir. Vous savez, de ma cellule, j’ai la chance de voir la route. Je vois passer les camions. Les camions, c’est ma passion. Quand ils passent, je les regarde, je suis comme un gamin, c’est ma liberté&nbsp;».</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignright"><img decoding="async" width="176" height="240" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/mail.ovh_.jpg" alt="" class="wp-image-8278"/></figure></div>



<p>Six détenus arrivent dans la salle. Des bonjours polis, rien de plus. Nous organisons les chaises en cercle. Marion se charge de l’introduction «&nbsp;si vous êtes curieux, n’hésitez jamais à vous inscrire à ces temps d’échanges et de rencontres. Des fois, ça plaît, des fois non. Ca ne rapporte pas de RPS mais d’être ensemble, parfois, on peut voir où on peut aller&nbsp;».</p>



<p>Benoît Séverac se présente, le buste plié en deux, les deux coudes sur les genoux, son livre «&nbsp;Tuer le fils&nbsp;» serré entre les mains comme un missel de messe. Des pages sont annotées, des morceaux choisis quand viendra le temps de la lecture «je vous proposerai quelques lectures et ensuite on parle&nbsp;» il s’excuse en précisant «&nbsp;je ne m’attends à rien&nbsp;» pour laisser filer les mots, capter des regards, ouvrir des brèches aussi étroites soient-elles, la taille de la pointe d’un BIC pour lâcher une impression, un sentiment «&nbsp;je suis dans le roman noir. Finalement, les enquêtes de police ne m’intéressent pas&nbsp;». Une première question fuse d’un jeune homme, cheveux mi-longs assis face à l’auteur «&nbsp;et Mary Higgins Clark, ça ne vous intéresse pas&nbsp;?&nbsp;». Réponse du romancier «&nbsp;moi, j’aime les enquêtes simples. On n’est jamais dans une scène de crime. Je suis là pour explorer les phénomènes de société. Je rentre par le biais de la psychologie. Ca part d’un coup de gueule. Ca part d’une émotion forte. Mon dernier livre est né d’une expérience personnelle en prison à l’occasion d’un atelier de lecture. On faisait ce que l’on voulait. On parlait de ce que l’on voulait. J’y ai vu des gens avec leur sensibilité, à parler de leur enfance, à revenir sans cesse à leur relation avec le père, ça m’a marqué. Ce fut une expérience super forte. Pour le livre, j’ai exploré ces relations père &#8211; fils&nbsp;».</p>



<p>Les hommes sont attentifs, parfois regards directs, parfois yeux mi-clos, jambes croisées, l’un d’entre d’eux griffonne des notes en triturant nerveusement son stylo. Parfois des petits mouvements de tête pour acquiescer aux propos du narrateur, sans mot dire. Benoît Séverac en vient aux faits «&nbsp;je vais vous faire le pitch du livre. Le père, c’est un salopard&nbsp;». Ca fuse encore en face «&nbsp;c’est un gentil mot&nbsp;»…&nbsp;» le mot juste serait délétère&nbsp;». Le jeune homme poursuit «&nbsp;vous faisiez quoi comme boulot&nbsp;?&nbsp;»…&nbsp;«&nbsp;j’ai longtemps été prof&nbsp;»…&nbsp;»Ah, je m’en doutais, à cause de votre dégaine&nbsp;». Dégaine des détenus, baskets Nike, tee-shirt, pantalon souple. Le jeune homme a 27 ans dont 7 dans la rue, gare du Nord, gare de l’Est, le soir à dormir sous une tente à fumer une saloperie achetée avec le fric de la mendicité «&nbsp;je me faisais 400, 600 mais tout partait dans la cocaïne. Le soir, j’étais à zéro sous la tente. J’ai quitté la rue pour ma copine. Pourtant, je m’y plaisais même si c‘était la crasse. J’ai arrêté pour elle. D’un coup, j’ai fumé deux galettes et je suis parti, j’ai tout arrêté&nbsp;».</p>



<p>Premier instant de lecture, le silence s’installe dans cette salle où la lumière des dix néons plaqués au plafond est écrasante. Le romancier balaie les pages, un marque page de fortune indique le passage à lire. Voix posée, débit lent, brève respiration après chacune des phrases, petit accent toulousain dans les déliés. Le morceau choisi, le chapitre consacré à présenter Sylvia, l’épouse du flic Cérisol, chargé de l’enquête. Ecoute attentive, seul l’homme de gauche s’écroule sur sa chaise, le buste penché sur une table, yeux fermés. Benoît Séverac explique les contours de ce personnage «&nbsp;c’est la seule femme du livre. Son rôle est important car c’est grâce à elle que beaucoup de choses avancent&nbsp;». Le bibliothécaire intervient «&nbsp;comme lecteur, on s’attache à un personnage comme par exemple dans les romans d’Harlan Coben. On apprend à les connaître, on devient presque copains&nbsp;». Rien de tel dans les romans de Benoît Séverac, pas d’inspecteur fétiche comme chez Mankell avec Kurt Wallander ou Harry Bosch chez Michael Connelly, l’auteur précise «&nbsp;j’adore mes personnages mais mes héros «&nbsp;meurent&nbsp;» à la fin et Cérisol va mourir à la fin&nbsp;». S’en suit une digression entre thriller et polar, Romuald précise sa pensée «&nbsp;les gens sont fascinés car potentiellement au fond de nous, nous sommes fascinés par cette ligne rouge qu’il ne faut pas franchir&nbsp;»…réponse du romancier «&nbsp;on est attiré par les grands fauves&nbsp;». Dans la salle, on se tortille sur sa chaise, des noms fusent de policiers héros des vieilles séries policières, Colombo, Maigret, Derrick. Ca rigole, l’atmosphère se détend, il est temps de se plonger à nouveau dans les pages de ce roman pour mieux comprendre qui est Matthieu Fabas, tout juste sorti de taule après avoir commis un crime homophobe odieux et déjà présumé coupable du meurtre de son père. Chapitre 4, lecture du carnet intime écrit par Matthieu Fabas participant à un atelier d’écriture lors de ses 13 années à l’ombre à purger une peine longue. Le morceau choisit se termine ainsi «&nbsp;«&nbsp;il y en a dehors pour considérer que nous jouissons de conditions bien trop confortables. «&nbsp;Ils ont même la télévision dans leur cellule&nbsp;!&nbsp;»&#8230;.&nbsp;» «&nbsp;et on a même le frigo» L’homme que l’on croyait endormi brame une phrase, l’auteur est interrompu net, Benoît Séverac envoie un direct «&nbsp;Tu m’as pété ma dernière phrase&nbsp;». Un détenu se retourne «&nbsp;allez, continue à faire dodo&nbsp;». Benoît reprend son souffle et termine sa phrase «&nbsp;comme si la télévision rendait libre&nbsp;».</p>



<h3 class="wp-block-heading"><span style="color: #000080;">&#8220;Vous êtes motard ? Vous roulez avec quoi ?</span></h3>



<p>Troisième temps de lecture, l’heure tourne, le temps autorisé est dépassé, une surveillante baraquée comme David Douillet met une épaule dans la porte déverrouillée «&nbsp;OK, vous pouvez aller jusqu’à 25-30&nbsp;». Nous remercions, la porte claque, Benoît Séverac ouvre son roman, ses doigts s’arrêtent sur le chapitre 15. En haut de page 94 est précisé en gras «&nbsp;cahier de Matthieu Fabas, centre de détention de Poissy, mardi 3 avril 2018, atelier d’écriture n°4&nbsp;». Matthieu écrit dans son carnet intime «&nbsp;j’ai choisi de parler du concert de Johnny que je suis allé voir avec mon père en 2012 au stade de France. J’avais 18 ans. C’est un des souvenirs les plus forts de ma vie, et les plus amers&nbsp;». Les détenus écoutent avec plus d’attention que lors des deux premiers passages. Il est question  d’un concert et d&#8217;un Johnny endiablé, de moto et de motards enflammés, est-ce la raison&nbsp;? Un détenu qui, jusqu’alors, était resté muet et impassible sur sa chaise demande d’une voix douce «&nbsp;vous êtes motard, vous roulez avec quoi&nbsp;?&nbsp;»…&nbsp;«&nbsp;je roule avec une XSR 900&nbsp;» le détenu de répondre «&nbsp;moi, j’ai une SV1000&nbsp;». Benoît Séverac explique «je suis motard et dans mon roman, j’ai voulu montrer certains aspects méconnus de la moto. Car vous savez, dans ce milieu, il n&#8217;y a pas que des anges. A Toulouse, j’étais pote avec un chef d’atelier d’un garage. Le soir, les copains s’y retrouvaient à la fermeture. On passe par derrière, on sert le whisky, ça fume, ça picole, ça bricole. Je laisse trainer mes oreilles et je récolte du matériau dont je me sers dans mes romans…». Le détenu motard embraye «&nbsp;j’ai grandi aux Antilles, quand un gars avait la peau plus noire que les autres, on lui disait «&nbsp;t’es noir comme un Haïtien&nbsp;».</p>



<p>Sans temps mort, sans craindre une réponse fuyant dans les corridors, le bibliothécaire pose cette question très personnelle «&nbsp;lorsque tu as une âme littéraire, que tu as toujours écrit, comment sais-tu que tu peux passer du texte personnel à un roman&nbsp;?&nbsp;». Peut-être était-ce l’instant attendu pour Romuald, dans l’urgence du temps qui passe si vite à écouter l’homme porte-plume à la fois fragile et robuste de dire «&nbsp;je suis assez désespéré par l’être humain mais j’aime trop l’humain. Je suis toujours entre dépression et exaltation » à écouter l’album Harvest de Niel Young «&nbsp;allons-nous lâcher prise ou nous fondre dans le soleil&nbsp;?&nbsp;» saoulé par une ravageuse mais savoureuse mélancolie. La réponse de l’auteur aux 17 romans est directe «&nbsp;il n’y a que toi qui peut le sentir. Il n’y a que toi qui sait que tu as un truc important à raconter, qu’il est urgent de raconter pour les autres. C’est non contrôlable. C’est un acte très fragilisant. Ca va devenir une obsession et tu vas te donner le droit de le faire en passant du temps à donner de la chair à un personnage. Je t’ai entendu parler de discipline, là c’est pareil. Tu dois écrire tous les jours&nbsp;». Romuald tient &nbsp;un journal de bord, déjà 80 pages noircies. Il glisse «&nbsp;Ca canalise l’esprit. Tu pars moins en vrille car parfois tu as des remontées». &nbsp;Le romancier ajoute «&nbsp;tu vas faire vivre tes personnages dans ta tête. Il faut les faire bouillir pour les faire sortir&nbsp;»… Pour tuer le fils ou tuer le père&nbsp;?</p>



<p><strong>. RPS :</strong> Réduction de Peines Supplémentaires</p>



<p>. Tous les prénoms ont été modifiés</p>



<p><strong>. Tuer le Fils</strong> aux éditions <strong>La Manufacture des Livres</strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/06/benoit-severac-polar-3.jpg" alt="" class="wp-image-8273" width="1160" height="760"/></figure></div>
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		<title>Paule Haminat au 36 quai des Orfèvres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 May 2021 06:30:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Festival Polar et Vin]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Polar]]></category>
		<category><![CDATA[Puale Haminat]]></category>
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					<description><![CDATA[Ambiance polar dans une ruelle du vieux Millau pour rencontrer Paule Haminat l’organisatrice d’un Festival consacré aux romans policiers organisé du 12 au 20 juin à Millau avec des invités d’exception dans l’univers du thriller et du roman noir.  Entretien en feuilletant du Séverac, du del Arbol, du Le Corre et du Tixier.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#ab7e02" class="has-inline-color">PAULE HAMINAT AU 36 QUAI DES ORFEVRES</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#ab841a" class="has-inline-color">Ambiance polar dans une ruelle du vieux Millau pour rencontrer Paule Haminat l’organisatrice d’un Festival consacré aux romans policiers, le Festival Polar, Vin et Compagnie organisé du 12 au 20 juin à Millau avec des invités d’exception dans l’univers du thriller et du roman noir. &nbsp;Entretien en feuilletant du Séverac, du del Arbol, du Le Corre et du Tixier.</span></strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3502-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8212" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Le rendez-vous était fixé à 15 heures, place Foch. Signe distinctif, une besace en tissu noir. Sans en savoir plus. Taille, couleur de cheveux, âge, tenue vestimentaire. Rien.</p>



<p>J’arrive par la rue du Théâtre, 67<sup>ème</sup> jour d’occupation, des banderoles noires, des slogans blancs, sur les vitres des photos noir et blanc, des portraits, des hommes, des femmes assis, assises le cul sur le goudron, un carton sur les genoux, le regard fixe, des messages au feutre «&nbsp;on se fout de nous&nbsp;».</p>



<p>Je n’ai pas de montre, je pense «&nbsp;ce n’est pas à moi d’être à l’heure&nbsp;».</p>



<p>Au pied du musée, j’aperçois une silhouette, le sac noir en bandoulière, en évidence, sans fausse apparence. La fontaine est à sec, les bars de la place encore au pain sec, les gosiers à sec.&nbsp; Je me rapproche, elle se retourne. J’hésite, signe de politesse ou l’esquisse d’un geste timide et discret «&nbsp;c’est bien moi&nbsp;». Je réponds «allons-y», j’ajoute «vous avez ce qu’il faut&nbsp;?» Elle porte une main sur la toile noire de son cabas. Je suis rassuré.</p>



<p>Je ne l’imaginais pas ainsi, cinquante ans, peut-être plus, blouson et grand foulard pour les derniers frimas, pour l’anonymat, des mèches blondes, des lunettes rondes, nous marchons. Nous passons sous le porche, lumière jaunasse, odeur de pisse et merde de chien, ça me traverse « sale cabot ». Nous tournons à droite, on ne se dit rien. Impasse des Cordeliers, je baisse la tête. Au fond, un garage, une porte grillagée, un tag « pas de pub », sur les murs vieilles peintures défraichies, dans les coins et recoins vieilles maçonneries décrépies. Une boîte aux lettres, un nom au feutre, NICOLA en majuscules curieusement sans le S. Deux jeunes en survêt, casquette, baskets blancs, passent dans notre dos. Un bonjour discret, inquiet, regards en coin, l’air de dire «vous foutez quoi là ?». A gauche, un escalier sombre, une ampoule se dandinant, ils grimpent l’escalier. Claquement de porte, bruit de voix, j’entends « tu mets quoi là ?». Je reconnais Damso dans le noir, le lugubre, quai des brumes «j’connais la chanson, casses toi sale négro. Ça tire, ça tire le jour, ça tire la nuit, mon peuple est mort ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3458-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8213" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Paule Haminat se colle le dos au portail, les jambes légèrement croisées, les deux pieds croisés sur une grille de soupirail. Léger soupir «&nbsp;vous avez raison, ça fait vraiment polar». Elle plonge une main dans son sac, couverture vert amande, deux ombres, un homme, un gamin, un livre, un titre «tuer le fils&nbsp;», l’auteur Benoît Séverac, berger sur le Larzac, musicien touche à tout, œnologue, mille vies, mille passions, cœur chaloupé, écriture branchée et romancier, le polar sans bains de sang, sans vacheries nauséabondes et délires psychotiques. L’énigme du polar, elle tient en une ligne «Matthieu&nbsp; Fagas a tué parce qu’il voulait prouver qu’il était un homme».</p>



<p>Dans cette impasse du vieux Millau aux petits apparts étriqués et imbriqués, aux cloisons de plâtres écaillés, aux lumières blafardes, nous étions dans l’ambiance, Paule Hanimat présidente du Festival Polar, Vin et Compagnie pouvait être bavarde. Je l’ai écoutée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3506-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8214" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Gilles Bertrand&nbsp;: Désolé de vous posez cette question, mais il faut bien un point de départ comme une première page à un roman, comment en arrive-t-on à créer un Festival dédié au roman policier&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Paule Haminat :</strong> J’étais allée à Frontignan où existe un Festival Polar avec une copine. Le soir, j’ai lancé «et si on faisait la même chose à Millau ». Madeleine qui est très sérieuse m’a répondu «c’est une bonne idée». Au départ, nous n’étions que trois, Madeleine, mon mari et moi et nous avons créé l’association Culture Art et Polar Sud Aveyron. Puis en juillet 2017, nous sommes allés à des rencontres avec des auteurs en Lozère, Hervé Le Corre était présent. Je lui ai dit «nous allons organiser un festival Polar», il m’a répondu «oui pas de souci, c’est un premier festival, je viens». J’étais trop heureuse. Même si tout le monde nous disait «vous n’y arriverez jamais» et pour la première édition, nous avions 22 auteurs.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: On n’organise pas un Festival Polar sans être passionnée par la littérature et plus précisément par le roman noir. Désolé pour cette seconde question d’introduction, mais cette passion, elle remonte à quand&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong> Je lis du polar depuis que je sais lire. J’ai débuté par la littérature enfants avec les collections Bibliothèque Rose et Verte. Puis adolescente, je me suis tournée vers des auteurs comme Artaud, Gide ou bien encore Pasolini, des personnages forts, à un âge où l’on cherche à donner un sens à sa vie, à comprendre le monde dans lequel on vit. Puis je suis passé sur des auteurs américains comme James Ellroy. Aujourd’hui, j’adore les nouveautés. J’ai toujours un à trois livres dans mon sac. J’ai la chance qu’aujourd’hui, les éditeurs nous envoient des livres. Comme Hervé Le Corre, Victor del Arbol avec une très belle écriture, Benoît Séverac, Jean Christophe Tixier avec un univers tragi-comique, Benoît Phillipon, Jacky Schwartzmann avec ses personnages décalés, improbables sur le ton de l’humour.&nbsp; Ces auteurs seront tous présents cette année au Festival.</p>



<p><strong>. G.B.&nbsp;:</strong> <strong>Le roman policier vous poursuit depuis votre jeunesse, comment expliquez-vous cet attrait pour le roman noir, pour cette part sombre de l’humanité&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong>&nbsp; Vous savez la vie, ce n’est pas toujours marrant. La société est difficile et plus pour certains. C’est ce qui m’intéresse sur le plan émotionnel. La part d’ombre de l’humain et de la société. Cela explique beaucoup de choses sur l’humain et sur nous-même. Mais je ne suis pas sombre pour autant. J’ai fait du clown pour apprendre à gérer ses émotions par le rire. Le clown, il est mal habillé, il dérange, il ne trouve pas toujours sa place. C’est lui-aussi un personnage décalé.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3468-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8215" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: Monter un tel Festival avec autant d’intervenants, de tables rondes, d’animations demande une certaine expérience. De quel univers arrivez-vous&nbsp;? </strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong> Auparavant, j’étais infirmière en chirurgie à Belfort. Puis j’ai passé le concours de cadre hospitalier et il y a 20 ans, avec mon mari qui travaillait en usine comme responsable en maintenance, nous avons fait le choix de venir vivre à Millau après un séjour en vacances. Je suis donc rentrée cadre en milieu psychiatrique. Je n’étais plus dans les soins mais dans l’organisation, en assistant aux réunions cliniques, en travaillant sur les projets des patients, en organisant la vie du service. En parallèle de cela, nous avions acheté une ferme sur le Lévezou à la Devèze près de la Tâcherie pour ouvrir un gîte puis nous nous sommes installés à Millau après avoir acheté l’hôtel du Commerce. Là, je me suis mise en dispo après avoir longtemps hésité car j’aimais mon travail. Aujourd’hui pour le Festival, c’est cette expérience qui m’aide, je coordonne, j’anticipe beaucoup, je suis également hyper curieuse et je rebondis toujours.</p>



<p><strong>G.B.&nbsp;: Je vous vois bien assise à la réception de l’hôtel dans l’attente des clients un bouquin sur les genoux…</strong></p>



<p><strong>P.H.&nbsp;:</strong> Oui, c’est un peu ça, l’après-midi, j’ai le temps de lire. C’est d’ailleurs pour profiter de ce temps libre que je me suis lancée dans la radio, avec Radio Larzac. J’avais une émission d’une heure par mois. Le titre, c’était «Est-ce ainsi que les hommes vivent&nbsp;?» un poème d’Aragon chanté par Léo Ferré (elle fredonne la chanson). J’ai adoré. Au début, j’ai débuté seule, je commentais un article du Monde Diplomatique, sur des sujets de société. J’étais engagée dans mes thèmes. Puis j’ai été en binôme avec Nicolas Wöhrel, le coordinateur de la radio.</p>



<p><strong>G.B.&nbsp;: Lorsque vous précisez «&nbsp;je rebondis, je suis très curieuse&nbsp;», est-ce cette curiosité qui vous pousse aujourd’hui à construire le programme de ce Festival&nbsp;?</strong></p>



<ol class="wp-block-list"><li><strong> H.</strong>: Nous sommes un groupe de dix au conseil d‘administration. On tire la rallonge de la table et on se réunit chez moi. Le choix des auteurs, on en discute puis nous passons par les maisons d’édition pour les invitations. Ce qui fait la différence avec les autres festivals, c’est que nous, nous donnons une couleur très sociétale. L’éditrice d’Hervé Le Corre nous le disait «il aime venir chez vous car dans ce festival, on ne parle pas que de polar, on parle de tout». Et cette année nous aurons 30 auteurs.</li></ol>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3477-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8222" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3446-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8216" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>G.B.&nbsp;: Alors vous allez parler de quoi, sous la présidence de la très prestigieuse Danielle Thiéry ?</strong></p>



<p><strong>. P.H.&nbsp;:</strong> Cette année, nous aurons en conférence Olivier Tesquet journaliste à Télérama. IL est l’auteur de «A la trace». Il interviendra sur le thème «enquête sur les nouveaux territoires de la surveillance». Puis il y aura Pierre Piazza pour la dimension scientifique. Il est l’auteur de «aux origines de la police scientifique». Il est maître de conférences en sciences politique à Cergy Pontoise et membre de Criminocorpus (…revue d’histoire de la justice et des peines) sur le thème «&nbsp;aux origines de la reconnaissance faciale à des fins d’identification&nbsp;». Nous aurons également Benoît Séverac qui interviendra à la maison d’arrêt de Rodez. Il a conduit de nombreux ateliers d’écriture en prison. Et le lendemain, il animera une table rond sur le thème «prison, un déni d’humanité». Son dernier livre (…Tuez le fils) qui a été présenté à La Grande Libraire, part d’une histoire de détenu.</p>



<p>Le programme de ce Festival était plus long que ces quelques noms énoncés et piochés en vrac, aussi riche qu’une longue diatribe essoufflée à la Ellroy avec tables rondes, dédicaces, lecture musicale et prix Robin Cook, analyse de scènes de crime avec deux experts de la police scientifique, diffusion du documentaire «&nbsp;Des Hommes&nbsp;» réalisé par Jean Robert Viallet en immersion pendant 25 jours à la prison des Baumettes pour saisir «les destins brisés, les espoirs, la violence, justice et injustices de la vie».</p>



<p>J’osais une dernière question, Festival Polar et Pinard…pour quelle raison ? J’avais en tête le héros des romans de Ken Bruen, l’agent Jack Taylor, au café brandy dès le matin, poursuivant sa journée de labeur dans les entrailles du mal et dans l’écume de la Guinness pour finir dans les vapeurs de la tequila à fuir la noirceur des ténèbres. Non, soyez rassuré, Polar et Pinard ne fricote pas avec ce genre d’énergumène dégénéré, archétype du détective à la couenne épaisse, à l’haleine épaisse, irrécupérable poivrot et amant minable zigzaguant et divaguant en route vers l’échafaud. Pour répondre, Paule Haminat se pinça d’un petit sourire poli «le vin, c’est pour la dimension festive et conviviale. Pour découvrir des terroirs, un savoir-faire. Les auteurs sont généralement des bons vivants». J’étais rassuré, pas de canaillerie, pas de soûlerie déjantée, à Millau, au 36 quai des Orfèvres, le polar sera sans limitation et le pinard, avec modération. Quoique ?!</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-1024x667.jpg" alt="" data-id="8219" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8219" class="wp-image-8219" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-1024x667.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-300x195.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-768x500.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483-1536x1000.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3483.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-1024x683.jpg" alt="" data-id="8220" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8220" class="wp-image-8220" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-1024x683.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-768x512.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486-1536x1024.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3486.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li></ul></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/A94I3528-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-8218" width="1160" height="760"/></figure>
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		<title>Rock&#8217;N Bike, bottes de paille et livret Caisse d&#8217;Epargne</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/05/12/rockn-bike-bottes-de-paille-et-livret-caisse-depargne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 May 2021 16:17:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Flash Back]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
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		<category><![CDATA[Mountain Bike]]></category>
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		<category><![CDATA[VTT]]></category>
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					<description><![CDATA[Alors que le gravel fait une entrée remarquée sur notre territoire, il y a près de 35 ans, le VTT explose en terre caussenarde avec l’organisation de la première compétition, la Rock’N Bike, créée en 1988 au Maubert sur le Causse Noir. Flash back sur cette épreuve pionnière qui ouvre une voie royale pour le développement des sports de pleine nature et du VTT en particulier. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#c2951a" class="has-inline-color">ROCK’N BIKE, BOTTES DE PAILLE ET LIVRET CAISSE D&#8217;EPARGNE</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#bb911b" class="has-inline-color">Alors que le gravel fait une entrée remarquée sur notre territoire, il y a près de 35 ans, le VTT explose en terre caussenarde avec l’organisation de la première compétition, la Rock’N Bike, créée en 1988 au Maubert sur le Causse Noir. Flash back sur cette épreuve pionnière qui ouvre une voie royale pour le développement des sports de pleine nature et du VTT en particulier.&nbsp;&nbsp;</span></strong></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="654" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1024x654.jpg" alt="" class="wp-image-8174" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1024x654.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-300x191.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-768x490.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651-1536x980.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2651.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Jean Gabriel Cordier, pionnier du VTT à Millau</figcaption></figure></div>



<p>Un âne, cinq bottes de paille, une baignoire pour enfant, un égouttoir à spaghetti et un livret Caisse d’Epargne….j’en conviens, cela demande des explications.</p>



<p>Nous sommes donc le 17 avril 1988, un petit matin malin qui n’a rien d’ordinaire du côté du Maubert, cette ferme du Causse Noir, repère de la famille Robert et du grand Louis, et porte d’entrée pour fureter dans le chaos rocheux de Montpellier le Vieux.</p>



<p>Voici donc quelques explications. Commençons par l’âne, ce quadrupède mal luné, mal léché venu fourrer son museau là où il ne faut pas. Se dandinant, l’œil torve, au beau milieu de ces bipèdes la coupe au bol, un pied sur la pédale de droite, une demi-fesse sur la selle, les mains gantées et ce drôle de vélo aux allures de crapaud entre les pattes.</p>



<p>Nous étions donc à quelques minutes du départ de la première édition de la Rock’N Bike, baptisée pompeusement «premier grand raid des causses en VTT». Pas de banderoles, pas d’oriflammes, pas de ganivelles, pas de sono, tout juste deux arbres pour encadrer, gauche droite ce peloton de pionniers et…un âne. Morveux et baveux à renifler de près les gambettes de ces poilus du VTT, mountain bikers de la première heure. Immuable, indécrottable, indéboulonnable, l’air de dire «là, les gars, je suis chez moi, basta».</p>



<p>Ainsi fut donné le départ de cette course pas vraiment officielle, un peu sauvage, non affiliée à la toute jeune Association Française de Mountain Bike lancée par Stéphane Hauvette le créateur du Roc d’Azur en 1984 avec 7 concurrents au départ dont Raymond Creuset le patron visionnaire de Mécacycle et Larbi Midoune, le vainqueur historique de cette grande première.</p>



<p>Argumentaire de cette organisation visionnaire proposant un parcours de 60 km tracés entre Ramatuelle et Fréjus «Il y avait un site enchanteur, baigné de mer et de soleil. Il y avait un long parcours de rêve, à une époque où tous les circuits restaient encore à découvrir. Il y avait tout simplement l&#8217;idée de faire du vélo autrement, plus en contact avec la nature, et de faire partager cette passion avec le plus grand nombre&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="697" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-697x1024.jpg" alt="" data-id="8175" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8175" class="wp-image-8175" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-697x1024.jpg 697w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-204x300.jpg 204w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-768x1129.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1-1045x1536.jpg 1045w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN1.jpg 1393w" sizes="(max-width: 697px) 100vw, 697px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="708" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-708x1024.jpg" alt="" data-id="8176" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8176" class="wp-image-8176" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-708x1024.jpg 708w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-207x300.jpg 207w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-768x1112.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4-1061x1536.jpg 1061w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN4.jpg 1415w" sizes="(max-width: 708px) 100vw, 708px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Dans l’énergie du Roc d’Azur, les Grands Causses découvrent ainsi cette discipline naissante. Le calendrier des épreuves s’étoffe. En1988, 8 courses sont déjà affiliées à un pseudo championnat de France, sans oublier les 24 Heures du Rouret, la Fox Sand, le Trophée des Alpes, le Tour du Sancy, les 24 Heures d’Auvergne, la Paris – Deauville, Gigondas &nbsp;et la Rock’N Bike en Occitanie.</p>



<p>Ces épreuves participent à la démocratisation de la discipline avec&nbsp; l’arrivée des premiers destriers à pneus crantés, le Tracker chez MBK, le Maverick chez Raleigh, le VTT1 chez Peugeot, imposantes montures, long cadre en acier, guidon large, triple plateau et le poids d’un âne mort sur la bascule. Pour accompagner ce développement foudroyant, 40&nbsp;000 VTT vendus en 1989 et déjà 1000 concurrents au Roc d’Azur cette année là, Vélo Vert sort en kiosque et sillonne les sites de courses avec sa célèbre caravane, une rutilante et vintage «Airstream» symbole d’un sport new age.</p>



<p>Mais revenons à notre énigme&nbsp;: «un âne, quatre bottes de paille, une baignoire pour enfant, un égouttoir à spaghetti et un livret de Caisse d’Epargne&nbsp;». 33 ans après cette première édition, quelques souvenirs &nbsp;émoussés et quelques vieux clichés troublés, ils demeurent les symboles de cette première Rock’N Bike, organisation à la bonne franquette, un brin amateur, pas vraiment sécuritaire. Les bottes de pailles, vous l’avez compris, ce fut pour le podium.&nbsp; Une baignoire pour enfant, rien de mieux pour nettoyer les salades prévues au repas d’arrivée saupoudrées de noix de Roquefort. L’égouttoir à spaghetti, il était prévu mais fut oublié, comme les louches et bien d’autres ustensiles, vous l’avez compris, le repas pour 200 coureurs servi dans la grange du Maubert fut certes authentique mais couronné d’une grosse galère. Quant au livret de Caisse d’Epargne, ce fut le lot offert par notre banquier, cette fois adoré, pour les premiers, au total 20&nbsp;000 francs pour la seconde édition en 1989.</p>



<p>Le Livret Caisse d’Epargne, Jean-François Vayssette en garde un souvenir ému. En 1988, c’est un grand gaillard aux larges épaules, ado vadrouilleur, déjà aspiré par la grandeur des causses et leurs pistes se débinant à l’infini.&nbsp; De sa voix douce, il raconte «je devais avoir 16 – 17 ans, je faisais déjà du VTT avec mon frère Pierre et un copain Teddy Got. Pour Noël, j’avais eu un MBK acheté chez William Orts, c’est un cadeau qui marque. Je me souviens à l’époque, on ne cherchait pas les descentes. La première fois que l’on a descendu le cirque de Madasse vers l’Ermitage St-Michel (aujourd’hui zone de silence protégée interdite aux VTT, randonneurs, coureurs), on a croisé un paysan, il nous a prévenus «mais vous ne passerez jamais».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="737" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-737x1024.jpg" alt="" data-id="8177" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8177" class="wp-image-8177" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-737x1024.jpg 737w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-216x300.jpg 216w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-768x1067.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5-1106x1536.jpg 1106w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN5.jpg 1474w" sizes="(max-width: 737px) 100vw, 737px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="722" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-722x1024.jpg" alt="" data-id="8180" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8180" class="wp-image-8180" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-722x1024.jpg 722w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-212x300.jpg 212w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-768x1089.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6-1083x1536.jpg 1083w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/SCAN6.jpg 1444w" sizes="(max-width: 722px) 100vw, 722px" /></figure></li></ul></figure>



<p>La Rock’N Bike se déroule non loin de Madasse, sur le Causse Noir, au total 48 kilomètres par le Riou Sec, Montplo, Roquesaltes puis plongée dans le Riou Sec et belle traversée du causse par Puech Margue, Longuiers, Betpaumes, Longuiers et pour finir le Caoussou, rien d’original certes mais un grand classique du genre. Jean François est donc au départ avec son gros «clou», coiffé d’un bol rigide noir, l’intérieur en mousse épaisse «je n’étais pas majeur. Je me souviens encore être venu rue de la Paulèle glisser mon bulletin dans la boîte aux lettres pour m’inscrire». Des souvenirs de la course, il cherche, silence, regard lointain «&nbsp;non pas vraiment. Je peux juste dire que le retour, ce fut dur. J’ai fini avec Joël Costecalde. Dans tout le Caoussou, j’ai poussé. Je me souviens d’un gars allongé au sol. Il avait des crampes, on s’est arrêté pour lui tirer la jambe».&nbsp; Quant au Livret Caisse d’Epargne, Jean François se fend d’un grand sourire «je termine premier jeune et je gagne un livret. Il était blanc. Il y avait dessus 500 ou 700 francs, je ne me souviens plus très bien&nbsp;».</p>



<p>Changeons de braquet, passons sur la grosse plaque et remontons la tête de course. Première édition, la course fait le plein des coursiers de la grande région de Bordeaux à Marseille, les premières «caté» sont là, affûtés, pattes rasées, un Américain est même au départ, inévitablement bête curieuse mais pas vraiment le biker killer attendu, sans oublier les Millavois en force, Philippe Gilleron en patron et Jean Gabriel Cordier en embuscade.</p>



<p>Pour raconter cette Rock’N Bike opus 1, Jean Gab. est arrivé les mains chargées, une dizaine de photos d’époque en éventail comme des cartes à jouer représentant la première course de descente dans le ravin de Cartayre, le premier trial disputé à la Maladrerie où des casse-cous tentent de grimper sur le toit d’une voiture. Pionnier du triathlon avec son frère Yves (cinq fois vainqueur à Embrun, champion de France en 1988 et champion d’Europe en&nbsp; 1989), Jean Gabriel Cordier, membre du team Go Sport managé par le terrible Alain Dallenbach, serre les cale-pieds et tourne les manivelles sur les chemins du Causse Noir qui n’ont plus de secrets pour lui. La légende veut qu’il fût le premier à craquer pour un gros, grand et lourd MBK, un Tracker, véritable charrue à deux roues «&nbsp;je l’avais acheté chez Alain Odier, un cadre en acier, il était lourd, horrible. Mais très vite, je suis passé sur un Cannondale rigide en alu. En fait, l’hiver je faisais de la route et du VTT pour me préparer pour la saison de tri».</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-4 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="1024" height="685" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1024x685.jpg" alt="" data-id="8179" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8179" class="wp-image-8179" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1024x685.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-768x514.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655-1536x1028.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2655.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="709" height="1024" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-709x1024.jpg" alt="" data-id="8182" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8182" class="wp-image-8182" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-709x1024.jpg 709w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-208x300.jpg 208w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-768x1110.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1-1063x1536.jpg 1063w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2653-1.jpg 1417w" sizes="(max-width: 709px) 100vw, 709px" /></figure></li></ul><figcaption class="blocks-gallery-caption">Dans les années qui vont suivre la Rock&#8217;N Bike, plusieurs épreuves seront organisées à Millau par le club local du SOM</figcaption></figure>



<p>A Gigondas, nos parcours se croisent. Au pied des Dentelles de Montmirail, Jean Gab et Philippe Gilleron sont là pour rafler la mise «on est reparti avec le coffre plein de bouteilles», la Rock’N Bike est là pour promotionner une première édition se profilant à l’horizon. Sur le tract, on ne parle pas de flyer, est mentionné «&nbsp;le VTT, c’est l’aventure, des paysages sauvages, la convivialité. Pour la Rock’N Bike, ces trois ingrédients seront réunis et liés par le piment de la compétition&nbsp;». On y parle également d’avens, de lavognes et de buffet caussenard. A Gigondas, le tandem Gilleron &#8211; Cordier explose le suisse Albert Zweifel champion du monde en 1986 et la Rock’N Bike fait son petit trou.</p>



<p>Et qui retrouve-t-on aux commandes de la RNB dans la descente du Riou Sec, Philippe Gilleron auréolé d’une victoire à Gigondas avec l’intention affirmée de faire la peau aux Andouard, Le Peurien, Marty et consorts. Jean Gabriel se souvient «le parcours, on le connaissait par cœur. Il n’y avait que deux marches à passer, une au départ et une autre sur le causse. Le niveau était vraiment relevé, je termine 9<sup>ème</sup> alors que Philippe ne prend que la 5<sup>ème</sup> place».</p>



<p>Philippe Andouard monte ainsi sur la plus haute botte de paille et reçoit une paire de gants de cyclisme made in Millau (offert à tous les participants et réalisés par la ganterie Viguié) et son Livret de Caisse d’Epargne avant de s’assoir au banquet pasta, roquefort et fouace, le début d’une histoire belle, insouciante mais écourtée.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="692" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1024x692.jpg" alt="" class="wp-image-8183" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1024x692.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-300x203.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-768x519.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654-1536x1037.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/05/IMG_2654.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Epreuve de VTT Trial organisée à la Maladrerie ainsi qu&#8217;en indoor à la salle des fêtes</figcaption></figure></div>



<p>Le soir de l’épreuve alors que les dernières nouilles restent collées au fond de la casserole, au fond de la grange du Maubert bien mal éclairée, un petit homme barbu apparaît dans la pénombre, dialogue reconstitué «vous êtes bien l’organisateur ?» «Oui Monsieur, que puis-je pour vous ?» «Est-ce que vous savez que vous avez détruit toutes les anémones en passant dans le chemin du Riou Sec ?» «Mais Monsieur, sauf erreur de ma part, les concurrents n’étaient pas là pour faire des bouquets de fleur ? Ils étaient là pour découvrir notre territoire mais pas pour le détruire ?». Malgré l’heure tardive, nous proposons à cet honorable caussenard d’établir un constat sur place. L’homme en maugréant refuse et tourne les talons. Fin de l’altercation. D’anémones écrasées, il n’y en eut point mais nous allions découvrir pour la première fois à quel point le territoire est si complexe à partager et à savourer à sa façon.</p>



<p>L’année suivante, la seconde édition accueille 400 vettistes, l’âne est couronné mascotte de l’épreuve et Jean Yves Couput remporte l’épreuve. Mais l’organisation jette le sifflet aux buis et le chrono aux orties. La FFC impose son diktat et interdit les manifestations «&nbsp;libres&nbsp;» non affiliées. La Rock’N Bike disparaît trop précipitamment en laissant son tapis de regrets bien vite fanés mais ouvre une voie royale pour le développement du sport de pleine nature.</p>



<p><strong>PS&nbsp;:</strong> <em>La Caussenarde prendra rapidement le relais de la RNB sur une distance de 100 km à l’initiative des cyclos de Millau alors que de nombreuses épreuves régionales auront lieu également dont une épreuve à Verrières à l’initiative de Jean Gabriel Cordier.</em></p>
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		<title>Benoit Lacombe, sixième génération d&#8217;ébéniste à Millau</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/04/29/benoit-lacombe-sixieme-generation-debeniste-a-millau/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 07:53:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Benoit Lacombe]]></category>
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		<category><![CDATA[Lacombe meubles]]></category>
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		<category><![CDATA[Millau]]></category>
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					<description><![CDATA[Années 30 - 40, Millau est connu pour ses gants, son cuir et ses meubles avec une myriade d'artisans et de petites entreprises travaillant le bois avec excellence. Aujourd'hui, Benoit Lacombe est l'un des derniers survivants de cette période faste. En 2007, il n'échappe pas à son destin d'ébéniste. Il reprend l'affaire familiale, sixième génération à maintenir une tradition, un savoir-faire dans l'art de fabriquer ou restaurer des meubles de style. Rencontre dans son atelier de la rue du Barry. ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #8c1c1c;">Benoit Lacombe, sixième génération d&#8217;ébéniste</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color: #8c1c1c;"><strong>Années 30 &#8211; 40, Millau est connu pour ses gants, son cuir et ses meubles avec une myriade d&#8217;artisans et de petites entreprises travaillant le bois avec excellence. Aujourd&#8217;hui, Benoit Lacombe est l&#8217;un des derniers survivants de cette période faste. En 2007, il n&#8217;échappe pas à son destin d&#8217;ébéniste. Il reprend l&#8217;affaire familiale, sixième génération à maintenir une tradition, un savoir-faire dans l&#8217;art de fabriquer ou restaurer des meubles de style. Rencontre dans son atelier de la rue du Barry.&nbsp;</strong></span></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-17.jpg" alt="" class="wp-image-8107" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p>Joseph Oeller dit «Le Suisse». Voilà bien un personnage que j’aurai aimé rencontrer au coin d’un billard dans la pénombre d’une arrière salle de bistrot enfumé. Grand amateur du tapis vert, ce tourneur sur bois réalisait lui-même les boules en ivoire et les queues de billard tournées en fuseau, un travail d’une délicatesse et d’une finesse comme la peau d’une princesse.</p>



<p>Connu pour son habilité mais également pour son caractère de cochon mal léché, cet artisan&nbsp; officiait rue de la Capelle, de 1935 à 1940, dernière adresse connue, dans un petit atelier où l’homme craint pour ses colères homériques, travaillait à façon pour les ébénistes de Millau et de la région. Colonnes, crédences, galeries garnies de bobines n’avaient pas de secrets pour cet artiste spécialiste des buffets style Henry II.</p>



<p>Mais il avait un défaut, espiègle et facétieux, l’artisan travaillait comme bon lui semble, c’est ce que révèle le livre «Le meuble en Aveyron» cosigné de deux mains par Claude et Raymonde Lacombe. Au printemps, l’homme courait les bois humides pour la cueillette du muguet vendu à la sauvette. L’automne, c’était vendanges et chasse, le fusil sur l’épaule arpentant les causses car «grand amateur de gibiers, préférant la dégustation d’un lapin sauvage préparé par la cuisinière du bistroquet du Pont de la Cabre, à son travail au tour», une anecdote savoureuse comme les petits oignons cuits confis au fond de la cocotte.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-12.jpg" alt="" class="wp-image-8102" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Années 30 – 40, la bourgeoisie locale enrichie par la prospérité liée à l’économie du gant et du cuir s’amourache des sculptures sur lit Louis XV Rocaille, des tables à pieds tournés, des armoires à balustres et commodes style Régence, des secrétaires aux incrustations de cuivre type Boule, des bahuts à pointes de diamants style Louis XIII, du buffet millavois fin XIXème, des lits à rouleau, des buffets Louis Philippe, «néo-rustiques» et de type Saint Izaire. La cité du gant et de la peausserie brille tout autant pour la fabrication et le commerce du meuble avec année 1936, 230 ouvriers recensés, 53 ébénistes menuisiers et 35 sculpteurs répertoriés. Un temps défunt où dans chaque rue, ruelle et avenue s&#8217;étaient installés tous les corps de métiers touchant le bois, à la scie, à la gouge, au rabot, tourneurs, ébénistes, menuisiers, sculpteurs sans oublier sabotiers, tonneliers pour satisfaire vignerons et mégisseries et charrons au temps des chars, binards et autres corbillards. Epoque révolue où s’échappaient de ces modestes échoppes les effluves prenantes, colle, cire, encaustique et vernis et autres essences de bois, le noyer de la vallée de la Dourbie, l’hêtre du Lévezou, le châtaigner du Ségala, le chêne en provenance de Bourgogne. &nbsp;Nostalgie d’un siècle évanoui où les sculpteurs, ces blouses blanches respectés se formaient à l’Ecole des Beaux Arts ou comme compagnons du tour de France, où en bas de l’échelle sociale, les apprentis respectaient des principes sur lesquels on ne transigeait pas tel que «l’interdiction de s’accouder sur un établi considéré comme un signe de faiblesse et de paresse», ou pire encore s’assoir sur l’établi,&nbsp; l‘inacceptable, considéré blasphématoire.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-18.jpg" alt="" class="wp-image-8108" width="1160" height="760"/></figure>



<p></p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-19.jpg" alt="" class="wp-image-8109" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Il faut pousser la porte du 45 rue du Barry, une belle porte aux insignes L M sculptées dans un bois clair légèrement bruni par le temps, pour retrouver l’ambiance d’autrefois, la finesse, la précision, l’élégance du geste, le souffle sur les copeaux, le doigt caressant les courbes du bois poli et nervuré, le doigt lissant les chanfreins, le feu dans la cheminée, les odeurs fortement imprégnées. A ce tableau d’époque, il ne manque que Marcel Jammes ébéniste émérite, connu pour enchanter le quartier populaire de la rue du Barry de sa belle voix de ténor à l’arrivée des beaux jours lorsque l’atelier ouvrait grand portes et fenêtres. Aujourd’hui, il est 9h, &nbsp;France Inter en sourdine, la voix chaude, coquine, parfois piquante d’Augustin Trapenard. Près de la porte, Olivier, la barbe généreuse prenant la poussière de son établi, est penché à calculer les cotes d’une petite pièce de bois. Le patron est au téléphone dans une pièce attenante, Olivier prend le temps de m’expliquer «j’avais fait des études littéraires puis je me suis cherché. Mes parents voulaient que j’ai le BAC et que je fasse des études. Finalement à 37 ans, je me suis reconverti à l’ébénisterie et j’ai eu la chance d’être pris ici après un stage au GRETA».</p>



<p>J’étais donc chez Lacombe Meubles, vénérable institution créée par François Lacombe originaire de Saint-Beauzély, lui-même fils de menuisier. En 1904, il épouse Emilie Bellugou, la fille d’un tonnelier de Sauclières là où le causse vient mourir au pied du massif du St-Guiral. François s’installe dans un modeste atelier de la rue de l’ancienne tour à Millau alors que son épouse ouvre en 1910 un magasin d’exposition de meubles au 19 boulevard de l’Ayrolle. C’est le début d’une longue saga, d’un savoir-faire, d’une tradition qui se transmettra de génération en génération.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-5 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-4.jpg" alt="" data-id="8094" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8094" class="wp-image-8094" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-4.jpg 900w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-4-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-4-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-15.jpg" alt="" data-id="8105" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-15.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8105" class="wp-image-8105" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-15.jpg 900w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-15-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-15-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure></li></ul></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-14.jpg" alt="" class="wp-image-8104" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Il peut y avoir une certaine hésitation à rentrer dans un tel atelier. De la rue, deux gros néons se devinent, traits de lumière timides et balbutiants, malgré tout, il y a de la méfiance ou de la timidité à pénétrer dans ce lieu chargé d’histoire. L’atelier est resté dans son jus. A droite en rentrant, l’âtre dégage une douce chaleur, comme autrefois lorsque l’arpet chauffait la colle. Au fond, un meuble imposant est à restaurer. Il prend la poussière. Style renaissance italien fin XVIIème d’inspiration Flandres avec caryatides, placage en loupe d’orme et tiroirs à cacher des secrets de famille. Au centre de la pièce, deux gros établis, face à face, un pour Olivier, un pour Benoît le dernier des Lacombe à reprendre en 2007 la destinée d’une entreprise familiale ayant connu les belles heures de l’ébénisterie avant l’arrivée à grands fracas des Leroy Merlin, But, IKEA&nbsp; et Conforama.</p>



<p>Benoît, c’est un grand gaillard athlétique, la petite quarantaine sportive, un tablier en cuir de cheval noué sur les hanches, bien connu dans le monde de la grimpe locale du côté de la Boffi ou des falaises de la Jonte.  Présentation vite faite, je reconnais le jeune homme passionné de sport aventure croisé aux premières heures des XDays et des Templiers. On fait le tour du propriétaire , à gauche, son petit bureau, bas de plafond, lumière chaude, sol craquelé, l’ordinateur, la table à dessin, quelques meubles exposées dont une jolie table basse contemporaine au bois clair. Dans une vitrine, des classeurs noirs, sous plastique, la reproduction au rötring et à l’encre de Chine de tous les meubles qui au fil des décades ont fait la renommée et le sérieux de la maison Lacombe. Nous poussons une porte, c’est la salle des machines, à gauche, sous une magnifique voûte, du bois entreposé, à sécher. Benoît demande à Olivier «tu peux m’allumer la cave ?». Premiers pas hésitants dans le noir, les mains à raser les murs, Benoît précise «sous nos pieds coule un canal. Ici, autrefois, c’était une mégisserie. En sortant, tu peux voir encore tous les crochets pour sécher les peaux». Nous arrivons dans une cave voûtée, une ampoule nous éclaire, l’ombre de Benoît se colle au mur. Les bassins cimentés de la mégisserie sont encore présents sur lesquels sont couchées des plaques guère plus épaisses qu’une croûte de sel, craquantes et cassantes. Benoît caresse ces feuilles de bois fin à la surface étrange, telles des peaux de boas ou monstres momifiés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-6.jpg" alt="" class="wp-image-8096" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-6 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-7.jpg" alt="" data-id="8097" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-7.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8097" class="wp-image-8097" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-7.jpg 900w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-7-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-7-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-9.jpg" alt="" data-id="8099" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-9.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=8099" class="wp-image-8099" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-9.jpg 900w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-9-300x200.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-9-768x512.jpg 768w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Nous remontons dans l’atelier. Olivier cherche une lame métallique aiguisée devant un tableau échantillonnant toutes les pièces susceptibles de travailler le bois. Benoit lève le nez vers le plafond «là, ce sont toutes nos formes, c’est un peu comme chez un styliste». Nous retrouvons son bureau, Benoit se dirige vers une longue bibliothèque incrustée sous pente. Il en sort un gros ouvrage relié «&nbsp;c’est notre bible&nbsp;», le «Traité d’Ebénisterie» de Lucien Chanson publié en 1959 et depuis quinze fois réédité, uniquement basé sur le dessin et le trait, langage graphique comme le définit l’auteur pour traduire «les techniques traditionnelles appliquées à des œuvres aux styles passés, témoignages du grand mobilier français».&nbsp; Benoît, entre espérance et survivance, à la croisée des chemins, au coin de son établi, devant lui, un ciseau à bois, un pied de table Louis XIV en finition, une pièce d’essai pour se refaire la main, il était temps qu’il m’explique.</p>



<p><strong>. Nous sommes ici dans un atelier centenaire. S’agit-il d’un lieu de résistance&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Benoit Lacombe&nbsp;:</strong> Tous les artisans ont effectivement migré vers les zones artisanales. Nous y avons bien sûr pensé de force mais nous avons repoussé l’échéance. Avec la construction du nouvel Ehpad, nous devions être rasés, mais le projet a été annulé. Mais pour moi, l’artisan, il a sa place en centre ville.</p>



<p><strong>. A l’époque, le travail du bois était très segmenté, à chacun sa spécialité. Peux-tu expliquer cette classification&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. B.L.&nbsp;:</strong> Par exemple, mon grand père a eu cinq enfants, une fratrie avec cinq garçons (François, Emile, Raymond, Elie et Jean). Deux étaient sculpteurs, un ébéniste, un tapissier et un vernisseur. Ici, on partait de la planche jusqu’à la finition, la mise en teinte et le vernis qui était un métier à part. Par exemple, on faisait du sommier avec la caisse en peuplier et le tonton faisait la tapisserie. Tous les cinq traitaient tous les corps de métier. Mon père Pierre était sculpteur formé par mon grand père. Il n’a jamais monté un meuble. Jean Marie, mon cousin lui était ébéniste, il partait de la planche et il allait jusqu’au traçage des meubles.</p>



<p><strong>. Peut-on dire que la génération de ton grand-père puis celle de ton père et de tes oncles ont connu la période faste de l’ébénisterie&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. B.L.&nbsp;:</strong> Ce fut l’époque glorieuse avec jusqu’à 80 ébénistes à Millau entre 1900 et 1990. C’était le plein boom. La devise de Millau c’était «Millau, ses gants, ses cuirs, ses meubles». A cette époque, si tu ne t’entendais pas avec un patron, tu traversais la rue et tu te faisais embaucher sur le champ. Le métier se transmettait le plus souvent de père en fils. A l’époque, les enfants n’avaient peut-être pas le choix. On leur disait «&nbsp;allez, au boulot&nbsp;!&nbsp;». Nous avons eu cinq ouvriers (Marcel Jammes, René Sicard, Pierre Fabre, Jean Muret, Jean Vernhet) et nous sommes allés jusqu’à neuf. On faisait dix fois plus de meubles qu’aujourd’hui.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-3.jpg" alt="" class="wp-image-8093" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-11.jpg" alt="" class="wp-image-8101" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Tu viens de le préciser «les enfants n’avaient pas le choix». Dans ton cas, ce choix de poursuivre cette tradition a-t-il été imposé par ton père&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>&nbsp;B.L.&nbsp;:</strong> «&nbsp;Non, moi, je suis tombé dedans. J’ai passé toute ma jeunesse dans l’atelier. Ici, tous les ouvriers que j’appelle les compagnons, ils ont tous fait 40 ans chez nous. Ils m’ont vu naître. Je ne me suis pas posé de question. J’ai passé deux ans à Revel dans un lycée traitant tout de l’ameublement puis j’ai passé deux années à Rodez chez Monsieur Encausse. Nous réalisions des meubles qui partaient essentiellement pour l’Allemagne». Et j’ai repris ici en 2007, dans un contexte difficile. Quand je reprends, Jean Marie part en pré-retraite et Claude mon oncle disparaît brutalement à six mois de sa retraite et Alain nous quitte également alors qu’il avait encore cinq ou six années à faire. Ce fut cinq à six années vraiment tumultueuses. Pendant quatre à cinq ans, je n’ai plus touché au bois, à l’établi. Je disais à mon banquier «mais moi, je suis ébéniste».</p>



<p><strong>. Tu arrives ainsi en pleines turbulences mais également dans un contexte global totalement chamboulé dans l’industrie de l’ameublement et dans les habitudes d’achat.&nbsp; Comment peut-on résister&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. B.L.&nbsp;:</strong> Moi, je ne veux pas stigmatiser les grandes surfaces. Le changement est surtout lié à l’évolution de l’architecture des maisons avec des grandes pièces de 50 mètres carrés avec un îlot central donc plus de table, plus de desserte. Les chambres, elles aussi, ont évolué avec de grands placards alors qu’à l’époque une chambre, c’était un lit, une commode, une coiffeuse et deux armoires d’où le déclin. Autrefois, le mariage c’était «je te paie la chambre à coucher». Aujourd’hui, nous avons un carnet de travail de presque une année alors que nous avancions six mois par six mois. Nous avons une clientèle de retraités qui veut profiter mais nous avons également de jeunes couples qui souhaitent investir sur du durable. Nous sommes sur du travail intéressant, du sur mesure entre murs, sous plafond, de gros meubles. Nous venons de réaliser deux belles bibliothèques d’angle style Directoire, tout en noyer. Nous venons d’aménager un bureau en style contemporain en bouleau avec radiateurs intégrés. Aujourd’hui, la tendance est au ton clair.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-13.jpg" alt="" class="wp-image-8103" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Dans la préface du livre «Le meuble en Aveyron» rédigé par ton oncle Claude,&nbsp; lui-même ébéniste, Jacques Cros-Saussol&nbsp; parle d’artiste pour qualifier ces artisans du bois. La phrase est la suivante «ces ouvriers millavois ont porté jusqu’au scrupule la perfection de l’ouvrage conçu amoureusement réalisé par des doigts d’artistes». Dans quelle catégorie te ranges-tu&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. B.L.&nbsp;:</strong> Je préfère le mot artisan. Je ne me qualifie pas d’artiste même si je considère que le travail du bois est gracieux et esthétique. Plus c’est tordu et plus on se régale. Comme cette commode Bordelaise style Louis XV. On a gardé tous les plans. J’aimerais m’y relancer. On ne peut pas trouver plus compliqué. Cela représente jusqu’à deux mois de travail pour une pièce tout en respectant le style. Ici, nous avons toujours travaillé dans le respect du style,&nbsp; ce qui oblige à l’étude de l’histoire de l’art. Moi, je suis pour la sauvegarde des styles et du bâti.</p>



<p><strong>. Sans être indiscret, comment se meuble un ébéniste imprégné d’une pareille tradition&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. B.L.&nbsp;:</strong> Moi, mon style, c’est l’Art Déco, école de Nancy, des meubles années 1880, des meubles Ruhlmann aux lignes très fluides. Mais comme l’on dit, (rires…), &nbsp;je suis le cordonnier le plus mal chaussé. J’ai de tout, du contemporain, du Lacombe, de la récupération. J’avais un client qui avait deux filles qui se disputaient un buffet, il vient me voir et me demande «il faut que vous me fassiez une copie conforme». Et bien, j’ai trouvé et acheté le même chez Emmaüs «Mais ça, c’est moi qui l’ai fait&nbsp;?». Le meuble était signé L et M. Il était devenu joli avec de la patine. Le voir à Emmaüs, ça m’a fait mal au cœur. Parfois, ça m’arrache les tripes de voir disparaître des pièces ou du bâti. Personne ne peut imaginer le travail réalisé, parfois du travail que plus personne ne sait faire. Le meuble valait à l’époque 17&nbsp;000 francs, je l’ai acheté pour 250 euros. &nbsp;C’est triste.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-millau-1.jpg" alt="" class="wp-image-8112" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-16.jpg" alt="" class="wp-image-8106" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-5.jpg" alt="" class="wp-image-8095" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-2.jpg" alt="" class="wp-image-8092" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-20.jpg" alt="" class="wp-image-8110" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-10.jpg" alt="" class="wp-image-8100" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/benoit-lacombe-ebeniste-21.jpg" alt="" class="wp-image-8111" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. Sources historiques&nbsp;:</strong> «&nbsp;Le meuble en Aveyron, les ébénistes et menuisiers millavois&nbsp;» par Claude et Raymonde Lacombe, 232 pages, édité en 2010.</p>
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		<title>Jérémy, Clip, Prod et Mob sur le Larzac</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/04/22/jeremy-clip-prod-et-mob-sur-le-larzac/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Apr 2021 10:00:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[En Une]]></category>
		<category><![CDATA[chanson française]]></category>
		<category><![CDATA[d.week prod]]></category>
		<category><![CDATA[Fiona Petot]]></category>
		<category><![CDATA[Jérémy]]></category>
		<category><![CDATA[La Graine]]></category>
		<category><![CDATA[Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Petit Jérémy]]></category>
		<category><![CDATA[The Voice]]></category>
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					<description><![CDATA[Le Boudoulaou, la Pouncho, Brunas et sa lavogne, la Croix des Scout, le Larzac en liberté et une mob bleue année 50, tel fut le décor du premier clip orchestré par le rappeur La Graine pour promotionner un des tous nouveaux titres composés par Jérémy, le chanteur révélé au grand public par The Voice. Nous avons passé ce bel après-midi de lumière et de musique en la compagnie de l’équipe de D.Week Prod et de Fiona Petot, danseuse de Flamenco. Un clap et c’est parti.]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Jeremy-the-voice-la-graine-clip-52.jpg" alt="" class="wp-image-8030" width="1160" height="760"/></figure>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#117314" class="has-inline-color">JEREMY, CLIP Prod AND mob SUR LE LARZAC</span></h2>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#117314" class="has-inline-color">Le Boudoulaou, la Pouncho, Brunas et sa lavogne, la Croix des Scouts, le Larzac en liberté et une mob bleue année 50, tel fut le décor du premier clip orchestré par le rappeur La Graine pour promotionner un des tous nouveaux titres composés par Jérémy, le chanteur révélé au grand public par The Voice. Nous avons passé ce bel après-midi de lumière et de musique en la compagnie de l’équipe de D.Week Prod et de Fiona Petot, danseuse de Flamenco. Un clap, une mob et c’est parti.</span></strong></p>



<p><strong>13h15</strong>, place de l’Industrie, un chien et son maître son sac à dos au sol, maigre fortune&nbsp; et besace à infortune. Une Clio se gare, la vitre se baisse, <strong>La Graine</strong> au volant, rapide présentation. Bob sur la tête, chemise en lainage épaisse, lunettes teintées, je ne l’aurai pas reconnu.</p>



<p>Il embraye, on prend sa roue, direction Creissels. Au rond-point de Raujolles, le cligno à gauche, la Clio tourne à gauche, direction la route du camping et du Boudoulaou. Une maison à gauche, un petit pavillon propet, on se gare.</p>



<p>Des palmiers emmaillotés, un petit moulin qui bat des ailes, une pelouse épaisse comme un dunlopillo, sur une table de salon d’été, une boîte de sucre, des tasses à café, Jérémy sort d’une porte vitrée «bonjour, je suis Jérémy. Attention, le café il est fort». Dans l’embrasure de la porte, Fiona se prépare, elle s’esquive &nbsp;«je vais me maquiller».</p>



<p>Puis arrive <strong>Mads</strong>, il épelle son nom «&nbsp;moi c’est Mads, M.A.D.S&nbsp;». Tenue d’été, tenue de plage version Palavas les Flots, claquettes aux pieds. <strong>Oni</strong>, n’est pas loin, il n’épelle pas son nom, il revient une poche pleine du supermarché pas loin, «j’ai fait le plein». Dans le cabas, des madeleines Pitch, de l’eau, du gazeux, la journée s’annonce chaude et longue.</p>



<p>Puis à franchir le portillon de ce pavillon, à fouler l’herbe fraîche, à poser sacs et bardas, un duo France 3, Tristan du Journal de Millau, le vidéaste et son toutou matou chéri bibi, Jérémy entouré, à serrer des pinces, des regards collés sur la bonne bouille du petit Prince, un poil nerveux, anxieux «mes parents le sont encore plus que moi».&nbsp; Derniers accords sur sa guitare, ça calme, y’a pas de webcam. Fiona sort de la salle de bain maquillée, le fond de teint clair, la robe virevoltante, les ray ban sur le bout du nez, elle enlace son mec, faut décoller.</p>



<p>Nouvelle chanson, nouvelle équipe, premier clip, La Graine aux manettes, le grand frère, l’ordonnancier de cette journée marathon entre RP, clip à enregistrer, équipe à souder et entretiens en rafale, le premier organisé dans le pré du grand père. Hors micro, il évoque Vianney «on a des points en commun, comme lui, j’ai parcouru l’Europe, l’Allemagne, la Suisse. Comme moi, il a été scout. Comme moi, il aime la chanson française. Quand je dis que j’écoute du Brel, on me regarde toujours bizarrement». Oni demande «&nbsp;c’est où la croix des Scouts&nbsp;?&nbsp;».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Jeremy-the-voice-la-graine-clip-60.jpg" alt="" class="wp-image-8038" width="1160" height="760"/></figure>



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<p><strong>14h30</strong>, la Graine rassemble son petit monde. Première prise, à deux solos d’ici, dans l’encolure du Boudoulaou. Jérémy grimpe sur une vielle Motobécane «ah, je pense qu’elle doit bien dater des années 50». En deux tours de pédales, elle pète, Jérémy en cavale sur l’engin fumant et pétaradant. Guitare ajustée, premiers accords, il marche seul au milieu de la chaussée un 50 mm stabilisé sous le nez. Le plan est simple, rejoindre Fiona, l’enlacer, regard amoureux, un brun langoureux, le refrain donne le ton, Oni lâche «tu ne changes rien, tu es parfaite». En deux prises, le refrain cavale déjà dans le cerveau de chacun, déjà incrusté, de la bonne pop, le message en périscope pour scruter du côté des hits et du Top 50. Mads ajoute «ça y est, je l’ai déjà dans la tête pour un bon moment».</p>



<p><strong>15h30</strong>, La Graine lâche «on est dans le timing, on est dans le timing. Toi, en mob, tu montes par la route, nous on monte par là». Là, c’est la piste rejoignant l’aire d’atterrissage de Brunas.&nbsp; Sur ce contre-plateau, vent du nord, manche à air gonflé, le viaduc dans une lumière aveuglante et des curieux&nbsp; discrets «c’est Jérémy, c’est le gars de The Voice». Second plan, seconde prise, faire péter la mob, Fiona aux manettes, Jérémy assis à l’arrière sur un bout de planche en bois. Mads branche une enceinte, le go est donné, la mob cale, noyée. Pas le moment de faire monter la pression, Oni prend l’engin récalcitrant et dompte la bécane sortie des pénates. La prise peut reprendre, long traveling à contre jour sans abat-jour. La Graine crie «Stop», &nbsp;c’est parfait.</p>



<p>Seconde prise, Fiona rentre dans le jeu, la danseuse de Flamenco élégante sans miroir, sur ce promontoire, dans un pas de séduction, ondulante et flamboyante, le duende pour tournoyer et enflammer son «Paco di Lucia».&nbsp; Le refrain coule et joue les TGV dans nos cerveaux, Jérémy pour jongler avec les mots, simples, accrocheurs, vite inoculés, au milieu de cette nature qu’il affectionne «je suis né ici, je suis bien ici». Le jeune interprète, jean troué, écharpe de soie nouée, n’a pas le sourire ampoulé, le stress tombe, la musique prend le dessus, le clip se construit, un hit à l’affût <em>&#8220;j&#8217;écrirai sur des pétales une histoire par jour&#8221;</em> vision cinéphile à 100 images seconde et chanson qui sent bon la chlorophylle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/Jeremy-the-voice-la-graine-clip-28.jpg" alt="" class="wp-image-8006" width="1160" height="760"/></figure>



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<p><strong>17h30</strong>, la lumière tombe de quelques lux. Le vidéaste est formel «il faut encore attendre pour les plans drones. Là, on assure la scène de la lavogne». &nbsp;La Graine valide, on reprend les voitures, la côte de Brunas est vite avalée, dans un lacet, un cycliste tire la langue et du braquet, au sommet, les voiles sont gonflées. La lavogne de Brunas, cette mare posée là comme une soucoupe volante, multi-filmée, multi-photographiée où les têtards et les grenouilles jouent les andouilles. Le stabilisateur est rangé dans sa mallette, le vidéaste explique «moi, j’aime bien les plans fixes, je ne suis pas fan quand ça bouge tout le temps». Le trépied est posé, mise au point sur le couple, Fiona sur la mob et Jérémy dans le bon tempo. Une loupe sur le rétro, une autre sur la main dans la poignée dans le coin. En second plan, la lavogne et Mads qui se baignerait bien les mollets. La Graine reçoit un coup de fil bref. Il se tourne vers Mads et Oni «les gars, je l’ai le rendez vous&nbsp;». Ca blague «&nbsp;je te le dis, on va se la louer cette villa à L.A.».</p>



<p>Question de La Graine «on le fait ce plan drone sur la route&nbsp;?». &nbsp;Le Mavic sort de sa mallette, posée au sol, la gosse libellule prend son envol, dans un arbre les abeilles d’affolent. Au loin, direction la Devez Nouvel, Jérémy et Fiona, cheveux au vent, jouent la Dolce Vita, la mob file droit, le drone tire droit, le Larzac en liberté, le causse défenestré.</p>



<p><strong>19h00</strong>, voilà nous y sommes, au bord de la falaise, le vide, la Pouncho en pyramide. Dernier plan avant que la nuit ne prenne le dessus et vienne fondre sur Millau écrasé sous nos pieds. Trois accords, air libre, Jérémy en équilibre, prêt pour son envol. Il dit, la guitare dans le dos «maintenant, c’est à moi de m’affirmer».</p>



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		<title>Jean Paul Austruy, le chef de gare du Larzac</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/04/09/jean-paul-austruy-le-chef-de-gare-du-larzac/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Apr 2021 09:27:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Aveyron]]></category>
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					<description><![CDATA[Quel challenge de rénover cette ligne de chemin de fer qui autrefois reliait Tournemire au Vigan. Jean Paul Austruy après une longue bataille administrative et d’importants travaux de réhabilitation accueille en 2001 les premiers voyageurs en vélo rail sur une ligne rebaptisée Larzac Express. Rencontre un jour de printemps hivernal et entretien au coin du feu sur ce projet aventureux couronné de succès.  ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/jean-paul-austruy-train-du-larzac-1.jpg" alt="" class="wp-image-7949" width="1160" height="760"/></figure></div>



<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color: #6e0d3d;"><strong>JEAN PAUL AUSTRUY, LE CHEF DE GARE DU LARZAC</strong></span></h2>



<p class="has-text-align-center"><span style="color: #6e0d3d;"><strong>Quel challenge de rénover cette ligne de chemin de fer qui autrefois reliait Tournemire au Vigan. Jean Paul Austruy après une longue bataille administrative et d’importants travaux de réhabilitation accueille en 2001 les premiers voyageurs en vélo rail sur une ligne rebaptisée Larzac Express. Rencontre un jour de printemps hivernal et entretien au coin du feu sur ce projet aventureux couronné de succès. &nbsp;</strong></span></p>



<p>Vent glacial, vent frontal. Bien dans l’axe de la ligne, droit comme un fil, un début de printemps sur ses gardes, une fin d’hiver par mégarde. Gare de Sainte Eulalie de Cernon, y’a pas de salle d’attente, pas de salle des pas perdus non plus, pour tuer le temps à faire des allers et venues en se planquant du vent mordant. L’hiver fait du rab, le Larzac joue les bravades vachardes.</p>



<p>Petite pièce de gauche, le chef de gare est au chaud. Dans cette salle à tout faire, le poêle tire à fond, un gros Qlima, flamme rougeoyante, chaleur bienveillante. Jean Paul Austruy est au téléphone, conversation saisie au vol «là, j’attends, je perds mon temps. J’ai bien les boulons quart de tour. J’ai la péteuse automatique. Les gars de la SNCF m’ont donné des conseils. J’ai les traverses, les tire fond, mais ce qu’il me manque c’est une scie à rail». J’écoute discrètement sans vraiment comprendre les mots techniques et le pourquoi des travaux à réaliser. Une voie à restaurer&nbsp;? Y’a de ça&nbsp;! Sous mon nez, posé sur une table ronde, le magazine «Voie Etroite». Au sommaire,&nbsp; un dossier spécial sur les 50 ans du petit train de la Haut Somme. Papier glacé, photos historiques, en image des hommes droits et fiers de passion comme des prolos, en second plan des grosses locos.</p>



<p>J’ai devant moi, un chef de gare pas comme les autres. Pas de képi, pas de sifflet, pas de drapeau rouge à la main…aujourd’hui habillé d’un gilet matelassé que les bartasses lui ont dévoré et cisaillé, Jean Paul, les cheveux en bataille, mèches en pagaille s’excusant «je pensais avoir le temps d’aller couper des branches».</p>



<p>Jean Paul Austry n’est ni avare, ni blasé, ni impatient, bien au contraire, il le dit «j’ai le temps» pour raconter s’il le faut, les débuts d’une belle aventure, vieille de 20 ans déjà, assis au coin d’un feu crépitant, à sa façon, avec du mordant et du fondant, avec délice et de la malice, entre deux coups de fil, les paniers repas à aller chercher au village et une réparation d’urgence sur un tableau électrique bloquant le démarrage d’une grosse machine. La voici donc.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/jean-paul-austruy-train-du-larzac-6.jpg" alt="" class="wp-image-7948" width="1160" height="760"/></figure>



<p>Il faut le rappeler, le maître des lieux est devenu «&nbsp;chef de gare&nbsp;» par hasard en…sautant à l’élastique. Années 90,&nbsp; on fait comprendre aux jeunes cadres dynamiques que s’envoyer en l’air un fil à la patte permet de se libérer. Lui, il est du coin, il aime le vide, l’escalade, il grimpe du 7b à vue, il goûte lui aussi au plaisir du saut de l’ange du haut d’un viaduc noyé dans une forêt rampante sur les flancs du Larzac. C’est le coup de foudre pour ce site délaissé, pour cette voie ferrée abandonnée en deux temps, une première fois par la SNCF en 1954, puis par l’armée nouvel acquéreur pour approvisionner le camp militaire du Larzac. Sauf que François Mitterrand élu en 1981, signe l’abandon du projet d’extension. La gare de Ste Eulalie ferme ses portes à jamais, livrée aux vandales et à une végétation dévorante.</p>



<p>Jean Paul Austruy n’a jamais joué au petit train en étant gamin. Ce n’est donc pas dans cette voie qu’il faut chercher pour comprendre les raisons poussant un jeune Millavois à se lancer dans le défi d’acquérir ces lieux dans un seul but, faire revivre une activité «&nbsp;ferroviaire&nbsp;» bien particulière sur cette ligne abandonnée. Jean Paul Austruy est un mécano, il aime la nature. Il traficote les moteurs, ça lui connait, il a piloté en rallye dans une autre vie. La soudure, ça aussi il connaît. Se balancer au bout d’une corde dans des falaises vertigineuses, ça aussi car il se spécialise dans les travaux acrobatiques, notamment sur le Viaduc de Millau. &nbsp;En une phrase, il résume son projet&nbsp;«&nbsp;Je me suis passionné par le devenir de la voie ferrée».</p>



<p>Il travaille alors sur un chantier, les immeubles du Haut du Lièvre à Nancy. Un ami lui dit «&nbsp;tu te souviens ton idée de créer un vélo rail, va voir du côté de Manières&nbsp;». L’idée prend forme, le début d’un long marathon pour que cette profonde entaille creusée à vif sur la croupe du Larzac retrouve vie. Un vrai parcours du combattant, au sens propre, car son premier interlocuteur pour acheter le site n’est autre que l’armée. Ses copains l’ont prévenu «l’armée ne te répondra jamais». Qu’à cela ne tienne, il prend sa plume pour écrire de sa main une lettre convaincante. Le colonel Lefèvre à Rodez le reçoit puis le Colonel Billoret, ce dernier accroche «votre idée est intelligente». Deux longues années de procédure suivront, une seule banque de la place croit en son projet, un seul politique aussi, Jacques Godfrain. Le député – maire de Millau réussit à convaincre Alain Richard, alors ministre de la Défense, de signer l’acte de vente.</p>



<p>Mais localement,&nbsp; le projet est accueilli avec scepticisme «mais quel est ce farfelu avec son gros Unimog qui coupe, qui tranche, qui tronçonne à tout va pour éclaircir cette forêt qui a dévoré ce serpent de roches, de tunnels, de viaducs&nbsp;?».&nbsp; Il rebâtit également la gare de Ste Eulalie livrée aux quatre vents où autrefois le vin de messe arrivait en barricou. Il se souvient «les souris venaient nous manger les miettes entre les pieds». Il cure les fossés, il purge les arches, un travail de bénédictin avec douze tunnels et six grands viaducs à préserver. Un terrain de foot est prévu sur la plate forme de la gare, Jean Paul est un teigneux, un besogneux, la tête dure et les mains calleuses, il se bat avec succès pour que ce projet soit annulé.</p>



<p>En juillet 2001, les premiers «&nbsp;voyageurs&nbsp;» arrivent à nouveau à la gare de Ste Eulalie, les premiers coups de pédale sont donnés pour le vélorail. 5000 voyageurs sont dénombrés la première année, c’est un succès pour ce «&nbsp;Larzac Express&nbsp;». Le propriétaire des lieux le répète «&nbsp;j’ai un slogan qui me tient à cœur, «&nbsp;la voie ferrée en liberté&nbsp;», c’est mon mot d’ordre».</p>



<p>Le grand blond, un peu trappeur, un brin frondeur, sans doute jalousé mais aujourd’hui respecté, a finalement trouvé sa cabane au Canada, les 40&nbsp;000 visiteurs annuels et un record à 50&nbsp;000 en 2017 attestent du succès de son entreprise. Cette année, devaient se fêter les 20 ans de cette ligne et du Vélo Rail du Larzac. Entre deux confinements, c’était donc le bon moment pour faire le point avec le chef de gare de Ste-Eulalie. Entre petites et grandes histoires, entre coups de gueule bien sentis et vérités qu’il est toujours bon de rappeler, entre passé et avenir, Jean Paul Austruy s’est confié sans se préoccuper du temps qui file sur cette grosse horloge Garnier sauvée des décombres. Je l’ai écouté.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/jean-paul-austruy-train-du-larzac-5.jpg" alt="" class="wp-image-7947" width="1160" height="760"/></figure></div>



<p></p>



<p><strong>. Gilles Bertrand&nbsp;: Nous nous étions rencontrés il y a 4 ans. A cette époque tu avais déclaré «il faut savoir tirer parti de ce qu’il manque, il faut observer, mettre en valeur et pourquoi pas développer une passion. C’est créer du bonheur». Aujourd’hui après 20 ans d’exploitation, comment expliques-tu ce succès&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. Jean Paul Austruy&nbsp;:</strong> J’ai gagné un concours de circonstances….(<em>petit silence</em>)… J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Ce que je vais dire n’est pas très optimiste mais j’ai le sentiment qu’aujourd’hui, être curieux, c’est presque considéré comme un travers. Mais en étant curieux, on s’amende, c’est du savoir. Certains me disent «&nbsp;mais toi, tu ne penses qu’à valoriser». Mais oui, c’est nécessaire. Et ne pas saisir l’opportunité de gagner le concours de circonstances, c’est un peu de la bêtise.</p>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: Notre territoire ne manque pas d’opportunités à développer, as-tu des exemples de projets qui n’ont pu aboutir&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> J’ai un exemple qui me tient particulièrement à cœur. Lorsque tu prends la route de Peyre, tu distingues un crassier, celui de l’ancienne mine de Picpoul. Un jour, j’ai pensé «je vais essayer de l’exploiter et de la faire visiter». A l’intérieur, c’est labyrinthique, il y a pas loin d’un kilomètre de galeries. Il se trouve que mon père était un passionné de minéraux. Il connaissait Monsieur Roux qui était inspecteur des finances. Celui-ci avait négocié avec l’exploitant qui avait des problèmes de fisc. Il lui confiait la clef et mon père allait gratter. J’expose mon projet au propriétaire qui était médecin à Uzès. Il me répond «&nbsp;oui mais les terrains sont en Comoda, je ne suis donc plus décisionnaire&nbsp;». Je rencontre la personne en question, on visite la mine. On va chez le notaire, jusque là tout va bien. Mais il revient me voir et me dit «ça m’embête car je vais avoir l’impression que vous allez en faire une bonne affaire et j’en serai éloigné&nbsp;». Je lui ai donné l’étude qui avait été réalisée par les Mines d’Alès. Je lui ai dit «&nbsp;tiens, je te donne l’étude et vas-y». Mais il n’a jamais fait sortir l’idée. Voilà, comment on est capable de détruire une idée par sottise alors que cela permettait de créer des emplois.</p>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: En 2000, comment as-tu été perçu lorsque tu arrives avec ce projet&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> A l’époque, certains élus ont pensé que j’étais dingue. Moi, je répondais «mais vous vous êtes renseignés de rien. Vous n’y avez pas réfléchi uniquement par manque de curiosité. C’est un état d’esprit sans doute général». Quand je me suis installé ici, il n’y avait pas de cadre pour exploiter un vélorail. J’apprends qu’un cadre se met en place. Et là, je tombe sur un fonctionnaire zélé qui nous pond un référentiel technique absurde, impossible à mettre en œuvre car les contraintes étaient trop fortes. J’appelle à Grenoble «je lui dis «mais c’est impossible à appliquer»….Il me répond «nous, on nous a demandé d’élaborer un cadre mais on n’y connaît rien»…Je lui dis «et bien venez nous voir et on va créer un groupe de travail. C’est comme cela que la Fédération fut créée».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/jean-paul-austruy-train-du-larzac-4.jpg" alt="" class="wp-image-7946" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: Aujourd’hui le contexte d’exploitation des anciennes voies ferrées a beaucoup évolué. Sauf erreur de ma part, vous tombez en concurrence directe avec la création de voies vertes cyclables. Quelle est ton analyse&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> On a un vrai conflit avec les voies vertes qui sont beaucoup plus écoutées. C’est une aberration car on démolit du patrimoine alors que nous, on préserve ce patrimoine et nous créons des emplois, de l’économie. Les anciennes voies ferrées sont la propriété de la SNCF. Les voies vertes sont effectivement une bonne opportunité pour notamment dépolluer les sites et les plates formes. Le démantèlement coûte très cher et on se frotte les mains quand les communautés prennent cela en charge. La SNCF se débarrasse ainsi de son patrimoine. A certains endroits, cela se justifie mais comme à St- Cirq Lapopie (<em>la voie verte de la &nbsp;vallée du Lot</em>), j’ai des doutes. C’est le projet de voie verte qui l’emporta pour un budget de 60 millions d’euros. A l’inverse, en Ardèche, la création du Mastrou (<em>le train touristique dans les gorges du Doux</em>), se méritait et ne se discute pas même si là aussi, des millions d’euros ont été investis (un budget prévisionnel de 3,3 millions d’euros pour 12 kilomètres de vélorail).</p>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: Quelles sont finalement tes relations avec la SNCF&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;: </strong>Sans eux, il serait difficile d’exister. La SNCF s’est entendue avec notre fédération pour rendre service aux gestionnaires de trains touristiques. &nbsp;On peut donc négocier l’achat de matériels ferroviaires. Par exemple, à Sotteville les Rouen, il y a la plus grande casse de trains, de wagons, de locomotives qui n’ont jamais été démantelés où nous avons l’opportunité de chercher des pièces. Avec l’équipe de mécanos de Béziers, j’ai aussi des relations, ils peuvent te dépanner. Un jour, je vais les visiter, je leur dis «&nbsp;si j’avais cela pour travailler&nbsp;?&nbsp;». Ils me répondent «mais tout ça, ça part à la casse pour être démantelé à Sotteville». C’est comme que j’ai sauvé de la démolition une loco de 77 avec un moteur Euro3 fiable, révisé et que j’ai fait acheminer en gare ici.</p>



<p><strong>. G.B . : Pendant 20 ans, &nbsp;tu as enrichi ce patrimoine délaissé, tu as porté à bout de bras ce projet avec succès, mais curieux comme tu l’es, as-tu eu le désir d’aller voir ailleurs avec ton savoir-faire pour développer de nouvelles idées&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> Oui comme au Viaduc de Garabit, voilà une bonne opportunité. Un jour, je vais skier au Lioran. Il fait un temps de chien. On décide de rentrer et puis on se dit «si on s’arrêtait au viaduc de Garabit&nbsp;?». Et on se retrouve dans la structure comme si on faisait une via ferrata. Et là, je me dis «tiens, je pourrai me pencher sur cette idée». Je rencontre la maire de Coren, elle me répond «votre idée est super». Dans mes relations, j’avais également un polytechnicien qui avait en charge les ouvrages d’art. Je lui soumets mon idée «&nbsp;tu me dis oui ou non, est ce que c’est un sujet que l’on peut aborder&nbsp;?»…Il me répond «oui». Je revisite le viaduc et c’est juste extraordinaire comme à Porto au Portugal où l’on peut visiter des viaducs de même style. Mais finalement, la Maire n’a pas accroché. Voilà un champ des possibles mais je n’ai pas trouvé l’engouement alors que l’on ne prenait vraiment pas de grands risques à s’y jeter».</p>



<p><strong>. G.B. : Non seulement tu exploites cette ligne privée mais tu as en parallèle de cela une activité de production de vélorail. En cette période de crise, cette seconde corde à ton arc a-t-elle été bénéfique pour supporter la crise&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> Il faut le dire, les activités touristiques ont été très bien soutenues. L’Etat est venu pour nous soutenir et il n’y a aucun motif à se plaindre, c’en est même étonnant. Mais oui, notre activité de production de vélorail nous a aidés à mieux supporter la crise. Cette année, nous en avons produit 70.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Quand as-tu débuté cette activité annexe&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> En 2010. J’avais acheté mes premiers vélorails chez Valdener, un des derniers producteurs de vélos notamment pour la Poste. Ils avaient, eux aussi, commencé une production de vélorails. Mais rapidement, j’ai compris que cela ne correspondait pas à ce que je recherchais. Avec Aymeric Vacquier, nous avons mis au point un modèle moins cher et plus performant. Et là encore, ce fut un coup de chance en trouvant une personne qui était capable de me&nbsp; fabriquer en Chine deux postes de pédalage avec des filetages différents, sens horaire et anti horaire.</p>



<p><strong>. G.B.&nbsp;: Puis est venue la création de ce grand atelier…</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> Oui car le container qui nous servait d’atelier n’était pas assez confortable. Chaque année, pour la construction des vélorails, on louait un lieu différent qui nous obligeait à tout transborder. Un jour, on a crevé la tirelire et on a construit ce bâtiment. Et pour l’anecdote,&nbsp; tu vas voir, ça démontre le non respect de l’entreprise. Je reçois une facture à régler, 11&nbsp;500 euros de taxes d’aménagement alors que les agriculteurs, eux, en sont exonérés. Je me mets en colère, j’appelle le maire avec qui je suis en bon terme «Thierry, tu trouves normal qu’on me punisse». Comme il était noté que je pouvais être exonéré, Thierry (<em>Cadenet</em>) a fait des pieds des mains pour obtenir le remboursement mais seulement à 50% et j’ai payé le reste. C’est un signe, moi, ce que je demande, ce n’est pas que l’on fasse mon travail, ce n’est pas que l’on me finance. En te collant des contraintes incroyables, cela altère l’envie d’entreprendre. On veut juste être encouragés.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/jean-paul-austruy-train-du-larzac-2.jpg" alt="" class="wp-image-7944" width="1160" height="760"/></figure>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Cette année, tu devais fêter les 20 ans de cette ligne par une belle fête qui, finalement, vient d’être annulée pour les raisons que nous connaissons. Au final, quel bilan personnel tires-tu de cette aventure&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> J’ai le sentiment aujourd’hui d’avoir fait ma part de travail. On m’a fait confiance lorsque l’on m’a cédé cette voie ferrée et j’ai fait un joli parcours avec l’aide de beaucoup de gens. Mais aujourd’hui, ce qui me préoccupe, c’est la pérennité de l’entreprise qui emploie trois salariés et jusqu’à 16 personnes en saison. Je suis le personnage clef et lorsqu’il n’y a qu’une personne clef, c’est dangereux. Je réfléchis à vendre à des gens qui pourront se partager la tâche.</p>



<p><strong>.G.B.&nbsp;: Il y a quatre ans tu évoquais ton souhait de faire circuler sur cette voie une belle locomotive à vapeur. Est-ce un regret de ne pas avoir fait aboutir ce projet&nbsp;?</strong></p>



<p><strong>. J.P. A.&nbsp;:</strong> Cette année, pour notre anniversaire, je voulais en faire venir une, une 141R, une grosse machine livrée par les Américains lors du plan Marshall après la seconde guerre. Elle serait venue de La Tremblade où circule le train des Mouettes (<em>21 km de train touristique entre Saujon et La Tremblade</em>). Ils acceptaient de me prêter la loco contre une bonne bouffe. A moi de payer le transport par camion soit 8000 euros. Elle devait fonctionner pendant deux week end. Mais quant à acquérir une machine à vapeur pour notre ligne, cela n’a pas abouti. Une machine diesel, tu fais le contact et ça roule. Une locomotive, c’est une bête à chagrin. C’est souvent en panne, la mécanique est peu fiable. Cela nécessite beaucoup de connaissance, il faut au moins trois personnes pour la faire rouler. Et quand l’été, il fait 60° en machine, c’est très laborieux. Il faut aimer le cambouis, l’effort, il faut trouver les gars qui veulent mettre le charbon et nettoyer pour que le feu tire bien. Tu sais l’expression «la bête humaine», ce n’est pas une légende.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/04/jean-paul-austruy-train-du-larzac-3.jpg" alt="" class="wp-image-7945" width="1160" height="760"/></figure>
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			</item>
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		<title>Paul Texier, ultrabiker avant l&#8217;heure</title>
		<link>https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier-ultrabiker-avant-lheure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gilles BERTRAND]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Mar 2021 16:58:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A Millau]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[brevet audax]]></category>
		<category><![CDATA[cyclo randonneur]]></category>
		<category><![CDATA[Paris Brest Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Texier]]></category>
		<category><![CDATA[ultrabike]]></category>
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					<description><![CDATA[A l’âge de 55 ans, tout jeune retraité de la SNCF, Paul Texier s’installe à Millau. Un homme discret connu pour ses œuvres d’art tournées sur bois précieux. Mais ce que l’on sait moins de lui, c’est qu’il fut un ultra-cyclorandonneur collectionnant dès l’âge de 20 ans toutes les grandes aventures françaises et européennes à vélo qu’il archiva minutieusement dans trois petites valises en bois. Par amitié, il accepta d’ouvrir ces petits coffres-forts. Rencontre et émotions.  ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="has-text-align-center wp-block-heading"><span style="color:#b26f1d" class="has-inline-color"><strong>PAUL TEXIER,</strong> ultrabiker avant l&#8217;heure</span></h2>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7848" width="1160" height="760"/></figure>



<p class="has-text-align-center"><strong><span style="color:#b26f1d" class="has-inline-color">A l’âge de 55 ans, tout jeune retraité de la SNCF, Paul Texier s’installe à Millau. Un homme discret connu pour ses œuvres d’art tournées sur bois précieux. Mais ce que l’on sait moins de lui, c’est qu’il fut un ultra-cyclorandonneur collectionnant dès l’âge de 20 ans toutes les grandes aventures françaises et européennes à vélo qu’il archiva minutieusement dans trois petites valises en bois. Par amitié, il accepta d’ouvrir ces petits coffres-forts. Rencontre et émotions. &nbsp;</span></strong></p>



<p>De loin, j’ai vite reconnu la silhouette de Paul, les deux mains jointes dans le dos. Sur le trottoir de droite, rue Charles Dutheil, là où la chaussée se partage en deux en un croissant de lune. Il m’attendait à la hauteur du cèdre majestueux, vénérable gendarme des lieux, paisible et impassible et grand sage solitaire.</p>



<p>Il leva la main, j’ai freiné. A sa hauteur, j’ai mis pied à terre, je lui ai souri. Il était pressé de me dire «je savais que vous alliez passer. J’ai quelque chose pour vous. Je sais que vous pourriez être intéressé».</p>



<p>Paul, je l’ai rencontré la première fois à la croisée d’un chemin, loin après la Croix des Prisonniers, à l’aplomb de la cabane forestière du Prat dans la montée du St-Guiral. Moi, plié à affronter les morsures d’un arbuste épineux, lui courbé à affronter d’un bon pas cette longue montée en direction du Col de la Guérite. Nous avions parlé brièvement, lui visiblement intimidé, pour ma part étonné que ce petit bonhomme, d’un âge avancé, mais d’un bon pas alerte, puisse affronter en solitaire le parcours des Templiers.</p>



<p>Puis, nous nous croisions. Une fois par an, parfois plus, à papoter sur le bord d’un trottoir, en voisins, «bonjour, bonsoir», moi toujours un peu pressé, lui en partance pour sa randonnée quotidienne, les mains toujours jointes dans le dos, le buste courbé, d’un pas assuré.</p>



<p>Finalement, je ne connaissais pratiquement rien de cet homme. Peut-être n’avais-je pas été assez curieux&nbsp;? Seulement deux, trois anecdotes, guère plus, celle-ci par exemple, il avait été le suiveur de Claude Faquet, un marcheur de grand fond sur la route de Strasbourg – Paris. C’est peut-être cela qui me reliait à lui. Peut-être avais-je évoqué avec lui mon bref passage dans ce monde suranné de la marche de grand fond à un âge où habituellement on roule en vespa pour affoler les cœurs tendres à chercher l’âme avec qui roucouler.</p>



<p>J’ai laissé traîner cette petite intrigue comme un message mal griffonné que l’on effleure du regard chaque matin sans en faire cas, pour enfin me décider. Je fus hésitant sur l’adresse mais je trouvais avec l’aide d’Hervé, un bénévole croisé sur mon chemin «ah oui, c’est César que tu cherches, c’est la porte là». J’ai pensé «César, ça doit être Paul, alors allons-y». Immeuble années soixante, larges couloirs, murs jaunis mais l’ensemble bien entretenu, j’ai empoigné la rambarde et j’ai grimpé les quatre étages. Avec lenteur, bruits de mes pas claquant, résonnant, sur chaque palier, bruits d’appart en sourdine et odeurs de cuisine. Sur les pas de portes, paillassons gisant, dans les coins, cactus agonisant. J’ai sonné, j’ai entendu «c’est ouvert». J’ai reconnu la voix, j’étais bien chez Paul et non pas chez César.</p>



<p>Je suis entré, au-dessus de la porte, un fer à cheval sur son clou, j’ai pensé «&nbsp;je suis protégé&nbsp;». A gauche, la salle à manger baignée d’un généreux soleil de printemps, la baie vitrée ouverte sur le sud. Il faisait bon, j’ai quitté ma veste, je me suis assis. Devant moi, sur la longue table aux pieds ciselés, Paul avait étalé trois petites valises en bois, du fait main assurément. Il posa ses lunettes sur le bout de son nez, nous étions l’un face à l’autre. Voilà, j’allais enfin en savoir plus. Il n’y a pas eu d’introduction, ni de préalable «voilà, c’est cela que je voulais vous montrer».</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7850" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-7 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6.jpg" alt="" data-id="7861" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-6/" class="wp-image-7861" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-6-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5.jpg" alt="" data-id="7862" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-5/" class="wp-image-7862" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-5-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Je me suis penché, la première valisette contenait rangés, année après année, serrés à ne pas glisser un onglet, des centaines de carnets de route, brevets sportifs de cyclotourisme, brevets routiers, feuilles de contrôle, des petites cartes froissées, jaunies publiées à l’encre violette. Dépassant du lot, l’annonce du Paris – Brest – Paris année 56, prévu du 6 au 7 septembre et le programme complet des Audax qualificatifs allant de 200 km à 600 km. Rien que ça&nbsp;!</p>



<p>C’était donc cela le secret de Paul Texier, un secret bien gardé, très peu dévoilé même auprès de ses anciennes amitiés, une vie passée sur un vélo à sillonner la France et l’Europe, longues et foldingues chevauchées fantastiques sur deux roues, les mains sur un guidon comme on met les mains sur les hanches de sa bien aimée, sa petite reine, sa fiancée puis sa belle mariée pour une éternité.</p>



<p>Dans ces trois valises, toute une vie, une passion née à la suite d’une petite annonce lue dans un journal de Rennes là où réside le jeune Paul, menuisier de profession dans l’entreprise familiale aux côtés de ses trois frères «venez rouler ce premier dimanche d’automne»… «j’avais 19 ans, bah…on a du faire 40, 50 kilomètres. Je ne sais plus». Ce fut le début d’une histoire, d’une sacrée histoire. Pas de celles qui se consument et s’évanouissent en un clic avec quelques likes et trois selfies à peine le cul sur la selle. De celles qui appartiennent au silence de l’intime, au secret des &nbsp;grandes aventures et épopées solitaires qui se vivent bien plus que ce qu’elles se racontent.</p>



<p>De la première rangée, j’ai tiré soigneusement une vingtaine de documents rangés sous l’onglet 1955. J’ai feuilleté, le premier sur le devant, un carton rouge, le Tour du Finistère, 340 km, départ et arrivée de Morlaix, face au café de la Renaissance, 7 tampons authentifiant le passage du jeune cycliste chevauchant son destrier, un René André, cadre acier. Second document, le Tour de la Suisse Normande, 165 km, départ devant le restaurant Dadon, la Rando Hague et Saire, 167 km, les 12 heures de Chanteloup, à Rouen un Audax sur 200 km, à Paris un Audax sur 400 km, le Brevet Fédéral du Cyclocampeur, le Brevet des Villes Normandes…</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-3-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7851" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-8 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3.jpg" alt="" data-id="7856" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7856" class="wp-image-7856" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-3-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="675" height="900" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2.jpg" alt="" data-id="7855" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/?attachment_id=7855" class="wp-image-7855" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2.jpg 675w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-2-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Seconde rangée, année 56, je découvre un petit passeport, format paquet de cigarettes, le livret de son premier Paris – Brest – Paris. Il n’a que 21 ans, 1200 km à parcourir, sans compteur, sans GPS, plaque de cadre le N°76 et la liste des 21 points de contrôle avec pour arrivée finale le Parc des Princes s’il vous plaît. Paul sera au départ de la célèbre PBP, 10 fois, 10 fois finisseur, sans chichi, sans grigri. Enchaînant même en 1971 la version Audax et Randonneur soit 2400 km en 9 jours. Question développement, au rayon des connaisseurs, 26 – 40 et 48 à l’avant et à l’arrière un 5 vitesses étagées de 15 à 25 dents pour mordre les cols de l’arc alpin et pyrénéen. Il sera membre de l’Ordre du Col Dur, commandeur avec 500&nbsp;000 mètres positifs soit l’équivalent de 360 fois le Tourmalet&nbsp;!</p>



<p>Question équipement, un vélo solide comme compagnon de fortune «car quand tu voyages en train pour le retour, on peut te le casser», une selle Brooks en cuir à tanner, pour l’éclairage, une bonne vieille dynamo et une torche à trois piles rondes scotchée au guidon, du Cetavlon pour les fesses en feu, une petite sacoche à l’avant et le plus souvent une chemisette par-dessus le maillot de club car dit-il d’un ton ferme «je n’ai jamais porté un maillot à réclame, pareil pour les gants, je n’ai jamais porté de gants». Sans oublier une housse à se trimballer, bien roulée, bien pliée, pour le retour en train, une simple évidence pour ce cheminot, embauché en 1960 aux ateliers de la maquetterie, Plaine St Denis, banlieue Nord de Paris, comme menuisier affecté à la réalisation des prototypes &nbsp;grandeur nature pour Alsthom ou Dietrich.</p>



<p>«Vous voyez, j’étais sûr que vous seriez intéressé». Peut-être avait-il percé au fil de nos rencontres même furtives, mon côté nostalgie avoué et assumé ? Penché au dessus de ces trois valises, je n’avais pas assez de mains pour aller de l’une à l’autre, extirpant un document puis un autre, tous imprégnés d’une forte odeur de papier jauni, puis d’une boîte en fer, une médaille, un médaillon au bronze terni, vert de gris, une plaque de cadre rouillée.. avec le désir impatient de serrer les courroies et refaire la route, de bistrots en restaus Routiers comme autrefois, accouder au zinc, pour tamponner le carton au nez et barbe de l’aubergiste. De ressortir les Michelin au 200 000ème, le Bic à la main pour suivre d’un trait rouge ces périples, 20 km/heure exigés, &nbsp;dans le grand chambardement d’une France Gaullienne à la dure épreuve des changements de société et d’une Europe en pleine construction. Au hasard, dépassant, les coins écornés, je sortais méticuleusement une feuille A4, au risque de la déchirer, celle-ci rédigée à la main, divisée en 6 cases pour 6 étapes. Départ de Quimper, arrivée à Munich le 26 août 1972 pour l’inauguration des Jeux Olympiques, 1420 km en 6 jours, en bas de la feuille une mention, un conseil, «soyez prudents, bonne route». &nbsp;A son actif également les Traits d’Union Européens, pour relier chacune des capitales européennes, Paris – Vienne et ses 1510 km, Paris – Rome et ses 1612 km…bien avant la naissance des Eurovélos, de l’ultrabike de nos jours en pleine renaissance et du bikepacking, une mode qui n’a strictement rien de plus ni de mieux à offrir que les Audax et leurs musettes bourrées d’audace et de culot. Moralité, on n&#8217;invente jamais rien.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-7852" width="1160" height="760"/></figure>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-9 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="675" height="900" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1.jpg" alt="" data-id="7864" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-1/" class="wp-image-7864" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1.jpg 675w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-1-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 675px) 100vw, 675px" /></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" width="750" height="1000" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4.jpg" alt="" data-id="7857" data-full-url="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4.jpg" data-link="https://www.liveaveyron.com/2021/03/26/paul-texier/paul-texier-feuille-de-route-4/" class="wp-image-7857" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4.jpg 750w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-feuille-de-route-4-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 750px) 100vw, 750px" /></figure></li></ul></figure>



<p>Paul Texier traversa ainsi un demi-siècle, les mains sur les cocottes, le nez bien au-dessus du guidon pour s’imprégner de cette France des champs et des coqs qui gueulent au petit matin, à peine le jour levé, après une nuit passée à dormir dans une grange ou dans un abri de fortune «si on ne trouvait rien pour dormir, on s’arrêtait dans un coin avec de la paille. Mais dans les villages, c’était pas toujours évident car il y avait de la méfiance». &nbsp;Car dans cette France laborieuse, mais de quel bois pouvaient bien se chauffer ces privilégiés mal rasés, ces vagabonds aux nez brûlés&nbsp;? Avec leurs jambes épilées et bronzées, la cuisse galbée, la casquette la houppette relevée, sur leur frêle machine à petits pneus, traversant la France, de Diagonale en Directissime, sans craindre la fatigue, les orages, la faim au ventre, les nuits noires d’encre, les nids de poule, &nbsp;sur ces départementales rugueuses aux allures de vicinales. Pour 5 francs, ils reliaient Brest à Menton ou bien Hendaye à Strasbourg ou pire et mieux encore ce Tour de France Audax, 4300 km en 17 jours. Dans quel but&nbsp;? Pourquoi, pourquoi&nbsp;? Sans que le coursier ne puisse vraiment trouver la bonne réponse, ne sachant peut-être pas l’exprimer, par timidité, par simple et noble sagesse. J’ai osé cette question «mais aviez-vous le sentiment de réaliser des choses extraordinaires&nbsp;«&nbsp;? L’homme de répondre sans forfanterie «mais non, car ce que j’ai fait, tout le monde pouvait le faire» et d’ajouter sans changer de braquet «alors je vous donne le tout, vous le prenez&nbsp;?».</p>



<p>Nous avons refermé ensemble les trois valises ainsi qu’une petite boîte en fer de gâteaux bretons pleine de médailles. J’ai pris les deux plus lourdes, Paul la plus légère. Dans l’escalier, il s’est excusé «je dois me tenir car avec mes oreilles, je peux avoir des problèmes d’équilibre, c’est pour cela que j’ai arrêté le vélo». &nbsp;Nous avons posé les trois valises, dans le coffre, bien alignées. Paul venait de me confier les archives de toute une vie, c’était précieux, j’étais ému.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="677" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-1024x677.jpg" alt="" class="wp-image-7873" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-1024x677.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1-1536x1015.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-1.jpg 1648w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="667" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-1024x667.jpg" alt="" class="wp-image-7875" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-1024x667.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-300x195.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-768x500.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2-1536x1001.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-2.jpg 1773w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="688" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-7877" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-1024x688.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-300x201.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-768x516.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4-1536x1031.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-4.jpg 1543w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="676" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-1024x676.jpg" alt="" class="wp-image-7876" srcset="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-1024x676.jpg 1024w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-300x198.jpg 300w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-768x507.jpg 768w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3-1536x1013.jpg 1536w, https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-3.jpg 1784w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Paul Texier à gauche avec une équipe avec laquelle il réalise tous groupés  630 km en 24 heures</figcaption></figure></div>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.liveaveyron.com/wp-content/uploads/2021/03/paul-texier-selection-5-1024x688.jpg" alt="" class="wp-image-7849" width="865" height="567"/><figcaption>A la retraite, Paul Texier s&#8217;est spécialisé dans le tournage sur bois précieux pour réaliser de belles oeuvres d&#8217;art</figcaption></figure></div>
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